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Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 DgxnSujet: (ARANYSS) please say you won't let go of me
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: (ARANYSS) please say you won't let go of me    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptySam 1 Aoû 2015 - 12:04
please say you won't let go of me

{#}Aranyss{/#} 3
and tightly hold me so

« Si tu n'as pas peur que Gwen vienne encore me taquiner. » Les yeux s'écarquillent. « Gwen sait ? » La panique fait valser les aigüs dans la voix, le rose éclate sur ses joues en ton sur ton sur les rougeurs d'allergie. Gwen sait. Est-ce qu'il lui a raconté ? « On a laissé la porte ouverte. » La porte ? Qu- ... Oh. Cette porte. Le souvenir vient mordre ses pommettes qui se chargent d'un rosissement charmant. « Enfin j'ai laissé. » La main frotte la tempe, et les doigts ramènent une mèche brune derrière l'oreille, également colorée du rose tendre de ces amours pudiques. « J'aurais préféré qu'elle l'apprenne autrement ... » Merlin, la situation est gênante, embarrassante. Bien sûr, Gwen connait ses excès. La Lestrange est familière des peines jamais exprimées, toujours moquées sous l'ivresse. Mais ça ... c'était tellement plus qu'une banale désinhibition. C'est toute sa mesure qui a explosé en éclats tranchants. C'est toute sa démesure qui s'est exprimée dans les pires excès.

C'est cet amour, ce besoin pour lui. C'est sa façon d'aimer.
Sa manière trop égoïste, trop possessive. Trop désespérée.
Trop de tout ce qui rend l'amour laid.

Pitoyable.

« Je veux venir. Je peux, ce soir ? » Un sourire heureux fait briller ses yeux, et elle acquiesce aussitôt. Bien sûr qu'il peut. Bien sûr qu'elle veut. Alors elle ne réfléchit pas vraiment - elle ne réfléchit jamais tellement avec lui. Elle en oublie un petit détail. Du genre majeur, le détail. « J'apporterai du gâteau au chocolat noir. » Que fais-tu encore chez toi alors ?. Les mots pétillent déjà dans sa bouche, ils laissent une traînée de promesses et de défis contre sa langue. Mais soudain, la mâchoire se contracte, les dents éclatent la malice entre leur émail. Et elle est presque certaine que c'est ça qu'elle a entendu. Et pas l'autre, encore, qui s'amuse à saccager son appartement pour imprimer sa colère jusque dans les (ses) murs. Clac. Le bruit vient de l'étage, trop faible pour passer à travers les cheminées connectées. Trop fort pour qu'elle puisse l'ignorer. Le regard se perd un instant vers l'escalier, la volée de marches vers l'enfer des ressentiments et des confrontations qui l'accueillent tous les soirs. « Avant que tu viennes, parce qu'Aramis va venir - et Nyssandra éloignera Jeremiah s'il le faut, elle est fatiguée de composer avec les reproches de l'américain, avec les mots salés qu'il lui lance à la gueule tous les soirs (il ne veut pas être son ami ? bien. bien. alors elle le sauvera et ne fera aucun autre effort) : il faut que tu saches que une personne que je connais a été arrêtée et j'ai ... je l'ai achetée comme rebut. » Clac. Elle a surtout invité le chaos dans sa maison. Dans son refuge. Et, parfois, l'espace d'un instant, l'Ollivander regrette d'avoir fait ça. Puis elle réalise qu'elle regrette d'avoir aidé un a-une connaissance et elle prend le temps de se trouver affreuse, horrible. Elle ne devrait pas rechigner à gâcher un peu de tranquillité. Pas « pour lui éviter de retourner à Azkaban. » La brune sait ce qu'il pense des rebuts. C'est pour ça qu'elle veut lui expliquer. Lui faire comprendre. Elle l'aime, elle ne veut pas qu'il la méprise de nouveau. Que la fracture se creuse entre eux comme autrefois. Que les cris soient leur seul moyen de briser les silences dans lesquels elle se mure naturellement. « Il n'est pas dangereux, glisse-t-elle, précipitamment : Tu l'as déjà rencontré (elle n'est plus vraiment sûre qu'Aramis et Jeremiah aient échangé plus que des banalités à ses fiançailles, elle se souvient surtout des retrouvailles avec ses meilleures amies et ses disputes avec lui) quand tu es venu à Boston. Tu te souviens de Jeremiah Anderson ? » Et la langue laisse échapper le prénom, sans savoir les jalousies qu'elle déclenche : « Le meilleur ami de Ian ? »
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 DgxnSujet: ARANYSS #4 ► There is always another secret
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: ARANYSS #4 ► There is always another secret    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptySam 25 Juil 2015 - 17:18
there is always another secret

I'm out on the edge and I'm screaming my name
Like a fool at the top of my lungs
Sometimes when I close my eyes I pretend I'm alright
But it's never enough
10 JUILLET 2002 ; {#}Aranyss{/#} 4
 

La migraine ne veut pas partir.
Pensivement, elle se masse la nuque, les doigts distraits traînent contre le pli du cou et de l'épaule où une marque s'étalait hier encore en robe purpurine. La trace laissée par Aramis est presque effacée désormais, estompée jusqu'à disparaître comme une peinture d'amour délavé par le temps. Mais l'horreur, elle, reste douloureusement intacte, exhibant ses couleurs vives et indécentes sur l'épaule meurtrie par Rookwood. Et contre la clavicule, le violet s'éclate en cinq doigts qui, cruels et impitoyables, l'avaient enchaînée aux douleurs et aux angoisses des interrogés.

Mécaniques, les gestes se font et l'empathe cache les vérités immondes qui hantent sa peau. L'hématome se fond, les traits tirés se défont. Un peu de rose se dissout sur le blanc de craie, comme un peu de vie sur un teint trop malade. Les mouvements sont lents, un peu maladroits. La prise de ses doigts se familiarise peu à l'aubépine. C'est toujours un peu étrange, dans sa main, de ne plus avoir l'acacia et la plume. Lorsqu'elle est allée déclarer la perte de son ancienne baguette aux registres du Ministère, elle a eu l'impression d'annoncer la disparition d'une vieille amie. Dans sa voix traînaient encore des espoirs stupides de retrouvailles inespérées. Maintenant, elle comprend la frustration de Draco. La magie accroche, parfois, comme avec une plume trop neuve et la sensation contre sa paume est tellement différente, loin de la chaleur réconfortante d'une vieille complicité.

Quand elle termine son office, Nyssandra a de nouveau des airs de banalité pour cacher son anormalité. Les traces ont disparu de nouveau, les pièces à conviction ont été subtilisées. D'un dernier coup de baguette, peut-être trop sec, elle détruit la dernière évidence ; les cheveux négligés et abîmés par le stress des derniers jours prennent leurs aises en ondulations paresseuses et des airs plus soyeux.

Et la vérité s'estompe en filigrane, sous un joli mensonge, rassurant et élégant.
Ne restent que la migraine en tempête de sable sur les ruines de son esprit et la baguette d'aubépine au brillant trop neuf.
(Merlin, qu'elle déteste cette baguette qui hurle au monde tous ses manques et ses conflits.)

Une dernière fois, ses mains tirent nerveusement sur la chemise, froissée des cauchemars et des insomnies de la nuit dernière. C'est le dernier vêtement d'Aramis où l'odeur citronnée traîne encore sur la trame du tissu. C'est la dernière chose qui lui rappelle l'amour au-delà des terreurs nocturnes en solitaire et des monstres tapis dans les ombres. Un ersatz de contact humain, un substitut de tendresse, le fantôme de sa chaleur contre sa peau.

Tant pis, décide-t-elle quand les faux plis s'empilent de nouveau sur le tissu précieux. L'idée de quitter cette chemise lui donne des envies d'enterrement sous couette et de noyades de sanglots incontrôlables.
De toute façon, elle n'a pas vraiment l'intention de croiser quelqu'un. Ni Gwen, ni Aramis, convalescents tous deux. (Elle veut juste les voir, s'assurer qu'ils respirent, déposer ses présents et repartir sans les déranger) (Elle ne les dérangera pas, elle ne s'attardera pas - elle veut juste voir leurs visages) Ni même leur mère qui, elle le sait bien, la déteste presque autant qu'Esther et ne la laisse jamais entrer dans la demeure que contrainte.

Alors elle transplane directement dans l'aile du manoir où logent Aramis et Gwen, non loin de l'escalier où Aramis l'a rattrapée, presque deux moins plus tôt. Instinctivement, sa main s'accroche à la rambarde quand elle manque de dévaler les marches, poussée par ses déséquilibres et le manque de précision dans sa magie. Derrière elle, un tableau solennel s'agite un peu, dérangé par l'arrivée soudaine de cette petite malpolie : « C'est encore cette fille qui est venue crier sur le fils de Madame ? ne doit-on pas prévenir Madame ? ». Mais Madame n'est pas là, Nyssandra s'en est assurée, rongeant son frein jusqu'à l'heure pile où sa propre mère tient salon chez les Ollivander.

Contre le parquet, on est loin des claquements de talon de sa dernière visite, c'est à peine si ses pas froissent le silence qui habite toujours les lieux. Mal à l'aise, ses bras se croisent contre sa poitrine et son sac tape contre sa hanche. Nyssandra n'a jamais aimé les demeures ataviques des vieilles familles, poussiéreuses d'un prestige étouffant et solennelles comme des cimetières d'ancêtres prestigieux. On n'y vit jamais vraiment bien, au final. Ce n'est pas pour rien qu'ils disent tous la demeure de mes ancêtres, et jamais chez moi.

Doucement, la porte menant à la chambre de Gwen est poussée et révèle un champ de bataille, une terre de désastres et d'objets brisés, dérangés, malmenés, bien loin du caractère soigneux de son amie. Serguei lui a dit que son amie a été prise en otage et grièvement blessée par un roux (un des Weasley, sûrement, bien que Nyssandra ignore lequel exactement). La sorcière se demande ce qui se passe dans le cœur de la Lestrange, l'incompréhension lui vrille le cœur et lui creuse les tripes. Mais, assommée par la potion avalée plus tôt, l'empathie ne répond à rien, sinon aux abonnés absents. Et Nyssandra ne peut que s'inquiéter sans comprendre, sans savoir. Sans pouvoir aider. Sa cadette semble dormir, c'est ce qu'elle pense du moins, avec juste ses pauvres yeux pour voir dans cette pénombre de fin de soirée. Alors, sans un bruit, elle s'approche du lit à pas précautionneux. (Elle ne va pas déranger Gwen, elle a juste besoin de la regarder respirer, de se persuader que sa pâleur n'est que temporaire) Et lorsqu'enfin elle est rassurée sur la santé de son amie, elle dépose une boîte pleine des mignardises préférés de la convalescente et un petit mot de bon rétablissement, timide et inquiet, avant de s'éclipser vers la chambre d'Aramis.

Aramis qui, lui, est bien réveillé par contre, quand elle passe la tête dans la chambre.

Le fauve se perd dans le bleu, déstabilisé un instant de le trouver éveillé, dérangé dans une lecture par son arrivée. L'instant s'étire, s'étale dans un silence devenu soudainement angoissant sans empathie pour le lire, pour le voir et le deviner. Sans rien pour esquisser ses sentiments. « Je, excuse-moi. Je ne voulais pas .. déranger. » Glisse-t-elle, dans un murmure précipité, la main encore serrée contre la poignée de la porte. L'hésitation retient ses pas sur le seuil de la chambre. Elle n'est pas certaine d'être désirée ici, elle n'a pas vraiment envie de rester, de risquer l'aveu de faiblesse sous ses yeux trop clairvoyants. (Mais par tous les enchanteurs, elle n'a pas envie de partir non plus) « J'avais juste besoin de te voir. » Elle a un peu espéré le sentir, le caresser du cœur. Stupidement. Comme si l'amour changeait les lois de la Magie. Elle a sans doute trop écouté les histoires romantiques d'Eris, ça a désaxé sa logique. « Et de te déposer ça. » Rapidement, elle s'avance jusqu'au chevet et une boîte senteur fruits rouges est tirée de son sac. Ce sont ses préférées. Depuis qu'ils sont en couple, elle prend toujours soin d'en avoir chez elle. (non, elle ne les prépare pas, mais elle les achète chez le meilleur pâtissier de Londres rien que pour lui) « Tu vas mieux ? » Souffle-t-elle du bout de la langue, rêvant d'un peu d'affection contre les lèvres bien aimées sans oser faire, sans oser dire.

Il est juste en face d'elle. Et jamais elle n'a eu l'impression de l'avoir si loin d'elle.
Ils sont ensemble. Ensemble. Et jamais elle n'a eu l'impression d'être si seule.
Ca la tue un peu de ne pas pouvoir le sentir.

« J'ai eu peur pour toi ... » Avoue-t-elle, les doigts serrés contre l'ourlet de la chemise.

Elle a encore peur.
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 DgxnSujet: ARANYSS #2 (nc-16) ► Stop messing up with my heart
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: ARANYSS #2 (nc-16) ► Stop messing up with my heart    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptyMer 15 Juil 2015 - 1:49
Stop messing up with my heart

Do you need a reason to not want to lose ?
19 MAI 2002 ; {#}Aranyss{/#} 2
 

Elle va mourir et il sera sa perte.
C'est la seule certitude qu'elle a.

On ne peut pas se perdre là-haut, si haut ; décoller pour de célestes hauteurs sur un coup de tête un peu con, un coup de cœur un peu fou et espérer s'en sortir. Autour d'elle, l'air se raréfie, l'odeur d'Aramis l'intoxique, la tête lui tourne pendant la montée et les axes, les dimensions se sont échappés, ont explosé quand il a foutu le feu aux poudres avec son damné sourire, quand ses mains ont glissé le long de son échine cambrée. « Hell please. » Supplie-t-elle, sans honte et sans pudeur. Elle a le cœur au bord de l'arrêt, la poitrine qui brûle si fort qu'un feu d'enfer est probablement ce qui lui crame tout son oxygène.

Contre ses jambes, elle sent encore le pantalon qui la nargue de sa simple existence et l'empêche de l'avoir lui, uniquement lui. Ca la frustre, elle ne veut que lui, elle ne veut même pas d'air à respirer. Elle n'a besoin que de lui. Alors ses doigts impatients s'agacent, s'agitent sur la hanche, cherchent à agripper le tissu, à le retirer, à le déchirer. Leur maladresse érafle la peau, s'épelle contre les nerfs. « Ne t'énerve pas. » Dans l'ordre, roulent des braises, coulent des laves. Un instant, la surprise arrête les mains qui apposent leur chaleur sur la peau et Nyssandra relève les yeux sur Aramis, le fauve se noie dans leur eau claire. « Tu vas m'avoir. » Un grognement insatisfait roule sur sa langue, ses ongles impriment leurs marques sur la chair. Le futur lui déplaît. Souveraine des présents, princesse de l'immédiat, l'Ollivander ne se conjugue plus qu'au présent. Ses instincts ne savent plus appréhender que l'instant. Celui d'avant est déjà effacé, anéanti sous le besoin impérieux de lui. Celui d'après est trop loin, trop évanescent dans son abstraction. C'est maintenant qu'elle le veut ; « Fuckin' claim me. » et après ... après, elle ne sait plus.

Au fond, elle s'en fout.
Merlin, elle s'en fout tellement.

Quand il la renverse sur les draps, quand son dos s'écrase contre la chaleur qu'il a laissée, un gémissement impatient se glisse entre les lèvres et Nyssandra s'enroule autour de lui aussitôt qu'il vient contre elle ; bras, jambes, mains. Avides. Affamés. Dans ses entrailles, elle a des tempêtes solaires, tourbillons furieux qui s'écrasent contre ses reins et réclament l'explosion. « Je suis à toi. » Il est à elle, n'est-ce pas ? Même si ce n'est que maintenant, même si ça ne dure qu'un temps. Il est à elle, pas vrai ? Parce qu'elle n'est qu'à lui, défaite de ses vêtements, imparfaite sans ses barrières.

Et soudainement, elle inhale un soleil brun, comme une fournée d'étoiles embrasées entre les jambes. C'est l'impact électrique d'une comète qui lui troue le cœur. C'est une météorite qui la fissure de bas en haut et libère les désirs et les plaisirs en torrents de lave incandescente. Nyssandra croit gémir son nom, un « Aramis » entre plaisir et douleur (et c'est parfait, car c'est exactement comme ça qu'est leur relation entre le sucré et l'amer, entre l'obscurité de leurs parties et les lumières de leurs oppositions), mais elle n'est pas certaine. Peut-être qu'il a avalé ses mots et ses soupirs quand leurs bouches se sont écrasées l'une contre l'autre, car rien n'arrive à ses oreilles sinon le bourdonnement de son sang et les battements vivo de son cœur. « Pour toujours ... A toi.. » Et pourtant, ce n'est pas assez. C'est loin d'être assez. Les yeux plantés là-haut dans deux iris couleur d'un ciel d'orage, d'un cyclone infernal, ses doigts cherchent la main large et chaude, pour s'y accrocher quand il la possède un peu plus. « Encore ? » Pour toute réponse, ses hanches roulent, affluent et refluent comme une mer furieuse. Cherchant désespéramment l'extinction des volcans qui courent sous les courbes et les creux de son corps.

Elle va devenir folle, probablement. Son esprit plie sous les désirs, son identité se dissout dans les plaisirs. Elle se met à dire des choses hallucinées, pas vraiment réfléchies et pourtant plus vraies que jamais. Elle appelle son nom comme on se gave de son péché mignon, elle demande des « encore » et promet des « toujours ». Elle lui dit « j'ai tellement besoin de toi » aussi, une fois. Elle jette ses mots en vrac, sans arrangement, ni rubans. Elle n'est pas certaine que ça ait du sens. Plus grand chose n'a de sens, Aramis est devenu son unique centre.
Et c'est comme si toutes les pièces étaient enfin à leur place. La vraie, la bonne.

Quand l'orgasme l'abat en explosion solaire, c'est presque avec surprise. Comme un coup de revolver en plein ventre qu'elle attendait mais qu'elle n'a pas vu venir. Et ses yeux bruns s'ouvrent en grand avec une stupeur d'assassinée pas vraiment innocente. Contre Aramis, son corps tout entier se crispe dans sa petite mort et elle l'enserre, l'enlace jusqu'à ce qu'il s'effondre à son tour, jusqu'à la collision finale.

Puis, toujours accrochée à son cou et la bouche contre son oreille, elle en rit d'un ravissement innocent, gamine pas du tout repentante, pas décente pour un sou.

Elle n'est pas désolée.
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: (ARANYSS) please say you won't let go of me    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptyLun 13 Juil 2015 - 4:02
please say you won't let go of me

{#}Aranyss{/#} 3
and tightly hold me so

Elle n'aime pas vraiment lui parler comme ça. Par cheminées interposées, elle a l'impression qu'un monde les sépare, l'empêche d'aller caresser l'émotion. Avec seulement ses yeux pour observer, Nyssandra a l'impression de ne pas vraiment voir. En face d'elle, l'émail s'écrase sur la pulpe, traduit la tension et la brune ignore de quel genre elle est faite. Et ça l'agace un peu, cette myopie. Elle n'arrive pas à savoir ce qu'il ressent. De la colère ? Du ressentiment ? Est-ce son silence qui l'a agacé ? Ou est-ce simplement qu'il lui en veut encore (qu'il lui en voudra toujours) ?

Douce ironie, elle lui reproche de lui mentir ouvertement. Elle dit qu'elle déteste ça, ce mépris pour elle, si grand qu'il s'en foute de mentir et de se faire prendre la main dans le sac.
Bizarrement, maintenant, ça l'angoisse de ne pas savoir. De ne pas voir.

Alors elle est obligée de demander, de gratter la surface en quête d'indices. C'est tellement énervant tout ce silence entre eux, ce nouveau jeu de fouilles émotionnelles. Tellement différent d'eux. Comme lui qui bute sur les mots, brusquement hésitant sans qu'elle comprenne. Comme ces prunelles claires dont le courant dévie brusquement à sa question. « Je sais. » lâche-t-il en guise d'excuses. Mais il n'est pas vraiment apaisé, le prince frondeur. Et elle non plus, empathe aveuglée.

La question finit par tomber et seulement vêtue de franchise, elle délivre ses conclusions de liseuse de coeurs. Il lui en veut encore, pas vrai ? Elle aurait dû prendre le temps d'aller le voir. Ou au moins de lui envoyer un hibou. Pour la première fois depuis longtemps, elle abaisse les armes dans une excuse. Elle n'a pas envie de se battre. Pas avec lui. Plus maintenant. Ces derniers jours l'ont bouffée, assassinée. Aujourd'hui (juste aujourd'hui), elle voudrait éviter qu'ils se déchirent, qu'ils finissent dans leurs écueils habituels. « Si tu m'en veux, il suffisait de me le dire. » proprose-t-elle, doucement. C'est un peu comme ça que se résume leur relation. Ils ne savent plus se parler, ils ne savent que se blesser de non-dits. « Ollivander ! » L'emploi du nom de ses parents la prend par surprise, la fait sursauter et le chocolat s'écrase contre le parquet clair, laissant une trace brune sans qu'elle y prête attention. « Tu n'étais pas forcée de me recontacter. » Comment ça ? Est-ce qu'il ne vient pas pour ça ? Les pivoines n'étaient pas sa façon de se venger pour son silence ? La tête se penche sur le côté, façon chaton perdu. « Tu n'as pas à être désolée si je n'ai été .. » Le mot flotte entre eux, assourdissant et pesant dans le silence. Un moment, Nyssandra veut s'énerver, se lever en agitant les mains comme elle le fait quand elle est agacée. Ou croiser les bras contre elle comme lorsqu'elle se sent blessée. Elle n'est pas ce genre de femmes. Elle le voulait tellement à elle. Merlin, elle le veut encore toujours rien que pour elle. Sa bouche s'ouvre, prête à libérer l'outrage ou l'aveu, ou peut-être les deux. La sorcière n'est pas vraiment décidée. « Je voulais juste ... Eris m'a dit de faire ça. » Eris Burke ? Pourquoi sa meilleure amie ne lui a rien dit ? Elle ne savait même pas que la Burke et le Lestrange étaient amis. « J'ignorais que vous vous fréquentiez. » En dehors des occasions où je vous invite tous les deux à une réception. La jalousie lui pique le cœur, c'est inattendu mais pas si surprenant que ça finalement. Elle n'a jamais trop voulu perdre sa place dans la vie d'Aramis, même si c'était celle de l'emmerdeuse, de l'indigne, de la méprisable, au fond. Possessive à l'excès, elle a accepté tous les titres dont il voulait bien la parer. « Parce que je lui ai demandé des conseils. J'avais besoin de conseils. Parce que j'ai besoin de toi. » L'aveu trace un sourire timide sur sa bouche, peint un peu de bonheur fébrile dans les yeux. Ce n'est pas juste la passion du moment qui a fait parler Aramis. Il n'a pas déglingué ses barrières pour la laisser nue, et seule, et désespérée de lui.

Il n'a pas joué, il ne s'est pas vengé.
Il ne les a pas effacés. Il l'a gardée.
Elle en est bêtement soulagée.

Pourtant, un soupir lui échappe, à peine audible. Elle ne sait pas quoi dire, comment l'avouer à son tour. Il l'a prise de court, elle voulait être la première. C'est plus facile de passer d'abord parce qu'on appelle ça tenter sa chance. Alors que le second n'est rien d'autre que celui qui prend le risque. Si Aramis finit par se lasser, elle ne pourra s'en prendre qu'à elle-même. « Je suis désolé. » En toute honnêteté, Nyssandra ne peut pas lui dire de ne pas l'être. Oui, elle a aimé les fleurs, mais ça n'a duré que l'espace d'un instant. Celui juste avant qu'elle se mette à éternuer de façon incontrôlable alors que ses yeux rougissaient et pleuraient sous l'irritation. « Le chocolat noir est toujours une bonne idée, offre-t-elle à la place, et le geste souligne les paroles quand elle grignote, gourmande, un morceau de la sucrerie : Et les pivoines étaient belles. Je les ai déposées sur le lac. Tu peux venir les voir si tu veux. » L'invitation se glisse, aussi évidente qu'une porte laissée entrouverte.
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: (ARANYSS) please say you won't let go of me    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptyDim 12 Juil 2015 - 1:54
please say you won't let go of me

{#}Aranyss{/#} 3
and tightly hold me so

Nyssandra n'est pas bien jolie.
Pas qu'elle soit vraiment belle en temps normal. Elle n'a pas la distinction de Sue, les iris bien clairs de Gwen ou encore les jambes interminables d'Eris. Mais là, les cheveux débraillés, les yeux gonflés, la prunelle cerclée de rouge et les vêtements froissés d'avoir eu à évacuer toutes les pivoines dans le lac ? Elle n'est même pas un peu jolie. Et ses petits éternuements sans fin, toujours par série de trois, n'arrangent rien et tuent le peu de dignité qu'elle pourrait avoir.

Quand elle saura qui a cru drôle de lui envoyer autant de fleurs, elle tuera le plaisantin.

En attendant ... « Nyssandra ? » Aramis est déjà là, ponctuel comme elle l'a toujours connu. Réticente, la sorcière s'approche de la cheminée, ses doigts grattant nerveusement l'avant-bras. « Je, elle s'interrompt et renifle encore gênée par le pollen qui a colonisé sa maison : Je suis là. » Jetant un coussin à terre, elle s'installe en tailleur, face à la cheminée. « Tu as reçu mes fleurs ? » Le chocolat noir se perd quelque part entre le paquet et sa bouche, restée entrouverte, alors que les sourcils se froncent au-dessus en arcs pleins d'interrogation. Ses mots se chargent d'hésitation quand elle demande : « ... Est-ce que tu essaies de me tuer avec mes fleurs préférées ou quelque chose de ce style ? » Instinctivement, son regard tombe sur la sucrerie avant de revenir vers Aramis. Est-ce que c'est une sorte de raffinement malsain de vouloir achever une personne avec ce qu'elle préfère ? Honnêtement, elle ne comprend pas le message qu'il essaie de lui envoyer. « Tu te rappelles que je suis allergique ? » Et soudain, elle semble réaliser quelque chose tandis que sa main frotte furieusement ses yeux rouges et larmoyants (fichue allergie, vraiment). « Tu m'en veux parce que je ne t'ai pas recontacté, n'est-ce pas ? » Nyssandra ne l'a pas vraiment évité, pas tellement esquivé. Les circonstances se sont simplement entassées, empilées - travail, Jeremiah, Scorpius et encore le travail. Le silence s'est éternisé sans qu'elle le veuille vraiment, sans qu'elle ait le temps de le réaliser. Elle n'a fait exprès. « Ecoute ... je suis désolée. » La sincérité glisse entre les lèvres, y imprime une moue contrite. « Si tu m'en veux, il suffisait de me le dire. »
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: ARANYSS #2 (nc-16) ► Stop messing up with my heart    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptyDim 14 Juin 2015 - 19:08
Stop messing up with my heart

Do you need a reason to not want to lose ?
19 MAI 2002 ; {#}Aranyss{/#} 2
 

Sa main bouge, elle craque l'allumette, encore, encore, encore. Enfant incendiaire, Icare imprudente. Et avec le désir d'Aramis, c'est son brasier qu'elle alimente. Entre ses reins, c'est un feu d'enfer qui la ravage et dévore le fil ténu de sa conscience.
C'est à peine si elle a assez de contrôle pour ne pas répondre à l'invitation de leurs hanches qui entrent en collision, leurs corps vaincus par l'attraction et la gravité. A peine si elle garde assez de cohérence pour ne pas tout calciner avec les craquements vifs et sensuels d'allumettes aux crânes brûlés. Contre la peau sensible de son cou, les cheveux d'Aramis sont une soie taquine, Nyssandra y égare aussitôt sa main, celle qui n'est pas occupée à allumer des feux de joie, et les doigts s'écartent comme une toile de soie. Pour le retenir encore tout contre elle. Pour réclamer plus de baisers, plus d'aveux. Plus de départs d'incendie.

Peau contre peau, Nyssandra sent les vents contraires qui s'agitent entre ses côtes, elle sent les tremblements de son coeur qui s'agite. Ou peut-être que c'est elle plutôt que lui. « Par Merlin. » Que c'est sa tête qui tourne sous le manque d'oxygène (et elle cherche son air, sa bouche s'ouvre mais ce n'est que pour laisser échapper un collier de gémissements alanguis quand il lui parle à fleur de peau). Que c'est son coeur qui a perdu sa sourdine et égraine un compte à rebours infernal contre sa cage d'os. « Nyssandra. » Ca la tue d'un frisson de coeur. Délicieusement. Tendrement. Son nom sur sa langue. Déparé des acides et des corrosifs, des menaces et des avertissements. Les intonations sont un velours contre son âme cassée. Merlin, s'il pouvait ne l'appeler que comme ça. Comme si elle lui était essentielle. Ca la tue tant c'est doux, chaud et sucré. « Dis-le encore, demande-t-elle, un peu désespérée, un peu transportée vers d'autres hauteurs : Mon prénom. Dis-le encore. » Ca la bouleverse plus encore que de le sentir contre elle. Elle a la sensation d'être précieuse.

Elle pourrait s'y perdre.
Lâcher prise. Sombrer ou s'envoler, qu'importe au final.
Ce n'est jamais que se perdre dans un infini.

Quand une paume large et chaude vient kidnapper ses doigts, Nyssandra entend un grognement bas rouler contre les draps, sans comprendre que ces sons viennent d'elle, que c'est sa gorge qui vibre sous la frustration. « Assez. » La brune secoue la tête. Ca ne sera jamais assez, elle n'en aura jamais assez. Jamais jamais jamais. « Reste. » Supplie-t-elle, défaite, et ses mains se précipitent pour le garder, l'emprisonner mais Aramis dégringole déjà, va se réchauffer près des braises qui lui incendient les reins. « J'ai froid. » Elle veut qu'il la brûle de ses incendies, il lui semble que c'est la seule chose qui peut la réchauffer maintenant. Mais, tyran d'amour, il n'a aucune pitié et il n'écoute rien.

Dans ses suppliques soupirées (brûle-moi, brûle-moi), Nyssandra remarque à peine la caresse du tissu contre ses jambes mais, soudain, l'air trop froid embrasse la cicatrice qui barre la jointure de la hanche et en tombant sur Aramis, le regard ne peut rien faire d'autre que de déraper sur la marque bien visible, trop visible. L'unique trace que la guerre a laissée sur son corps, la conséquence de ses erreurs encore et toujours répétées, de ses espoirs juvéniles, trop futiles, tellement inutiles. Un faux pli trop rose, trop pâle sur sa toile d'indépendance qu'une main recouvre quand elle expose tout le reste, lui offre tout le reste.

Elle veut juste être un peu parfaite. Un peu plus comme il a dit.
(un peu plus belle)
Pour lui.

« Nyssandra. »

Elle soupire de contentement.
Voilà.
Elle veut être comme ça.

« Encore. »

Mon prénom sur tes lèvres, sur ta langue.
Encore.

Et la suppliante se cambre, elle se cambre quand il s'égratigne contre sa cuisse. Elle veut forcer le baiser qu'il tarde à lui donner, qu'il lui promet en bas sans lui accorder. Quand, enfin enfin enfin, il la découvre plus bas, ses deux mains s'enfoncent dans les cheveux avec une brutalité au goût de désespoir, une autorité qui capitule sans condition. « Enc- » Ses mots s'étranglent dans un gémissement pantelant quand ses terminaisons nerveuses crient grâce. Elle n'est plus Nyssandra. Elle n'est plus Ollivander. Son identité s'est effacée, désagrégée sous les brûlures et les cratères que sa bouche assassine trace sur sa peau. Ses boucliers se sont effondrés. Elle est nue, complètement. Entièrement. Elle est. Elle est.

Désir. Envie. Besoin.

Elle frissonne. Tremble. S'effondre. Elle ne sent rien. Pas les draps sous elle. Pas l'air froid qui s'invite sur son épiderme quand elle retombe, poupée désarticulée, terrassée par une avidité de lui sans logique, sans cohérence. Elle ne sent rien d'autre que lui. Partout. Lui lui lui. Contre elle. Sur elle. Dans son coeur qui déborde de leurs désirs entremêlés. En elle de ce ricanement cruel et délicieux d'amant tyran qui résonne, la fait frisonner.

Il est partout. Il est son monde.
L'étoile qui l'attire inexorablement dans son champ gravitionnel.
Et ce n'est jamais assez.

« Qu'est-ce que tu veux, Nyss ? »  « Damnit. » Plainte. Sa voix s'effiloche en un collier brisé, perles échappées de syllabes. Son souffle se défait, se délite, inexorablement, fil trop fragile prêt à se briser. « Please. » Supplique. Reste. Viens. Réchauffe-moi, perds-moi. Ses mains s'accrochent à Aramis, elle est désespérée. Elle n'en peut plus, elle sent qu'elle va imploser. « Hell ..., nouveau gémissement alors qu'elle s'écrase contre sa bouche, force la rencontre et joue à renverser la gravité entre eux : Hell please. » Le souffle se perd sur les accents de l'autre côté de l'océan, plus brutes, plus rugueux. Plus honnêtes dans leur simplicité. Comme ces lèvres qui viennent se perdre sur la morsure pour marquer l'appartenance dans un carmin plus profond, jusque dans les muscles, jusque dans les os. Ou ces mains qui s'effondrent contre les hanches étroites, trébuchent maladroitement sur le tissu importun, cherchent à l'écorcher du vêtement gênant, creusent de leurs griffes leurs invisibles cratères sur la carnation. Sur ses lèvres, un nouveau juron trahit l'urgence incendiaire, dans sa poitrine brûle le besoin d'explosion solaire.

« Fuckin' claim me. »

Dans le regard fauve qui se plante dans les abysses sombres de désir, la prunelle se dilate en éclipse solaire, le noir dévore tout pour ne laisser que l'essentiel.

Que lui en reflets à l'infini.
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: ARANYSS #2 (nc-16) ► Stop messing up with my heart    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptyMer 3 Juin 2015 - 2:38
Stop messing up with my heart

Do you need a reason to not want to lose ?
19 MAI 2002 ; {#}Aranyss{/#} 2
 

Les dents s'enfoncent dans la chair, impitoyables, brutales. Violentes. Contre sa poitrine, elle sent le sifflement qui le fait trembler et ses lèvres prennent une courbe de sourire canaille. « Nyss ! Bordel. » Le défi éclate dans les prunelles, et leur écorce prend feu. Efface-moi si tu peux. Elle va l'ouvrir, elle va le défaire. Le ravager. Ici. Entre les côtes. Juste sous les doigts qui s'égarent en courbes et en motifs. Là où il ne pourra jamais l'effacer, jamais l'oublier. Et alors il l'aura dans la peau comme elle l'a dans le sang parce que Nyssandra Ollivander n'en acceptera pas moins. Arrogante insolente, la brune refuse les excuses, repousse le pardon. Assise sur lui, ses mains apposent leurs marques invisibles sur le torse et interdisent la fuite. Et sous elle, les muscles jouent au rythme de sa respiration, se contractent au contact des cuisses sur les hanches. Par tous les esprits, elle ne le laisserait plus partir. La sentence est épelée contre la pâle carnation, entre les cicatrices. Tu as assez fui, Aramis. « Nyssandra. Tu vas me faire craquer. » Accuse-t-il, et en réponse, ses sourcils se froncent. Les traits se froissent sous la contrariété comme les parchemins piégés sous eux. Ce n'est pas cet Aramis qu'elle veut. Elle ne le veut pas sérieux, elle ne le veut pas calme. Morgane, elle déteste son contrôle, elle hait sa retenue. Elle les mettrait en pièces et les jetterait au feu si elle le pouvait. Prince des glaces, elle le veut brûlant. Elle le veut, passions déchaînées et envies en tempête. Elle ne veut pas être la seule qui se consume, elle refuse d'être la seule à se perdre. Il leur faut être deux, leurs jeux ne se jouent qu'à deux.

Ils doivent être eux.

Ses vêtements se défont, s'échouent à leurs côtés et, enfin, il cède. Les mains qui retracent ses courbes l'achèvent, un incendie gronde entre ses entrailles, allumé par leurs désirs entremêlés. Une dent vient torturer sa lèvre, assassinant un soupir sous l'émail. Un rose tendre s'étale sur ses pommettes quand il la détaille. Sous ce regard clair, elle se sent belle. Désirable. Elle est désirée, elle désire et ça fait longtemps, si longtemps qu'elle ne s'est pas aimée. Et même si c'est artificiel, même si ce n'est pas vraiment elle, même si Aramis se trompe, Nyssandra s'en moque. Ca lui fait du bien. Un bien fou. Elle pourrait s'y habituer, y prendre goût. Merlin, qu'est-ce qu'il lui fait ?
Il est sa cocaïne personnelle.

Le souffle fragile tremble, vacille quand les doigts glissent contre la peau sensible de ses cuisses. L'impatience fait ses griffes contre sa raison et ses boucliers, la dénudant complètement. « On devrait. » Elle en frissonne sous la reddition qu'il lui offre, et sous ses lèvres, elle signe elle-même sa propre condamnation. Coupable avec préméditation. Avec plaisir. Elle ouvre les bras pour l'y accueillir, offerte à son envie curieuse. A la gourmandise de cette bouche experte qui lui tire un gémissement entre la plainte et la supplique. Dans sa poitrine, son coeur accélère à chaque preuve laissée à fleur de peau, et dans sa frénésie, le myocarde indocile en oublie si bien les mesures intermédiaires qu'elle pense un moment qu'elle va en crever. Et elle est certaine qu'Aramis goûte de la langue et des lèvres son pouls affolé en même temps que sa peau. « Nyss, tu es tellement belle. » Mais Nyssandra refuse ses mots de la tête. Pas maintenant, pas quand elle est si vulnérable. Elle pourrait le croire. Déparée de ses boucliers, elle pourrait laisser l'idée prendre racine en elle. Alors sa main glisse contre la nuque, ses doigts remontent, fébriles et autoritaires, dans les cheveux au brun soyeux pour le forcer à relever le visage vers elle. « Shht. » Murmure-t-elle avant de s'emparer de cette bouche trop bavarde et de forcer le passage entre les lèvres. Pas un mot, c'est leur accord, non ? Plus de cicatrices à fleur de coeur. Ils pourront reprendre les armes plus tard, pas vrai ?

Pour l'instant ...

« J'ai envie ... » Et elle aussi. Elle est affamée de sa passion, de son corps, de ses bras autour d'elle, de ses lèvres contre les siennes. De lui tout entier. (Merlin, elle a tellement envie, tellement besoin - elle pourrait en mourir s'il l'abandonnait maintenant). Alors elle hoche la tête. Acquiescement fébrile, cette fois. C'est presque timide jusqu'à qu'elle sente la sincérité baiser son coeur. Elle elle elle. C'est elle qu'il veut. Le soulagement explose en braises chaudes contre elle et le rose coule de ses joues, fleurit jusque dans son cou en un carmin plein de gêne. Un petit rire, clair, féminin, dépouillé de ses acides habituels, vient s'écraser dans l'oreille d'Aramis quand ses lèvres viennent frôler le cartillage sensible. Les bras qui s'enroulent autour des larges épaules sont moins agressifs, plus tendres. Sans qu'elle le réalise, ils se font étreinte langoureuse, caresse amoureuse. « Mais pas ici. » Ici. Ou ailleurs. Elle s'en moque. Peu importe. Mais, vite, elle brûle déjà. Elle se consume. Les hanches roulent contre lui, ses jambes se nouent dans le dos, les talons s'enfoncent là où se courbe l'échine. Viles aguicheuses, les dents s'invitent sur le pavillon de l'oreille, s'égarent sur le lobe. « S'il te plaît. » Souffle-t-elle sur les lèvres qui la font chavirer. Délirer.

A bout de souffle, Nyssandra tombe dans les draps comme un naufragé tombe à la mer. « Mieux. » Elle se noie dans la passion, dans l'impatience. Sa chaleur l'engloutit, l'assassine ; son odeur est un poison qui lui donne le vertige et la jette dans l'abysse. Sa bouche cherche son air contre chaque parcelle de peau qu'elle peut atteindre. Embrassant, léchant, mordant. Et chaque inspiration attise à l'infini les braises, nourrit l'incendie.

Sa main tombe entre le cou et l'épaule et veut chercher celle du brun, plus large. S'entremêler. Ne plus se lâcher. Ne jamais s'abandonner. Mais déjà, Aramis joue d'elle, de ses failles. D'elles-mêmes, les jambes s'écartent, livrent l'accès alors que les talons poignardent les draps. Et sur ses lèvres, elle n'a plus qu'une mélopée langoureuse. Quémandeuse. « Aramis. » Le prénom a une saveur de paradis quand il roule sur sa langue, comme la peau sensible qui recouvre les côtes et qu'elle attaque, féline taquine. Soudain, une caresse plus traîtresse la fauche et la terrasse, ses doigts s'enfoncent dans l'épaule, les ongles laissent leurs marques dans la chair. Le dos s'arque avec violence, ses hanches viennent percuter leurs jumelles alors que la tête se renverse et expose le cou fragile.

De soupirs en gémissements (Aramis. Aramis. Aramis.), elle vient lui voler son souffle à même les lèvres. Sa main coule contre la colonne vertébrale avant de s'attarder, mutine, là où le tissu s'accroche encore à la hanche. Au rythme de ses propres envols, les doigts pianotent le désir et l'envie contre l'angle de la hanche. Un instant, le pouce se glisse sous l'élastique, caresse la peau avant de redessiner en cercles paresseux la courbe d'une cuisse musclée sous la toile sombre. Contre sa mâchoire où elle plante ses baisers légers, un sourire se dessine juste avant que sa paume aventureuse, audacieuse ne vienne se glisser contre son désir.

Ne vienne l'allumer en caresses terriblement lentes, petite aguicheuse.
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: ARANYSS #2 (nc-16) ► Stop messing up with my heart    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptyVen 29 Mai 2015 - 1:09
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Do you need a reason to not want to lose ?
19 MAI 2002 ; {#}Aranyss{/#} 2
 

Derrière la violence de ces bouches percutées, il y a la frustration d'un sommeil volé. Derrière l'agressivité des dents contre ses lèvres, il y a le besoin maladif de remporter l'échange. Et derrière le frisson qui s'abat sur ses reins, ce n'est pas du désir. Ce n'est pas un gémissement qui roule sur sa langue quand il la rapproche, quand il l'enveloppe dans sa chaleur. Ce ne sont pas ses doigts qui remontent, tracent la clavicule et s'accrochent à l'épaule. Elle ne veut pas le conquérir, elle ne veut pas l'obtenir. Elle veut juste gagner. Elle veut, elle veut, elle veut. Elle le veut.

Tu. Ne. Peux. Pas. Les alarmes s'éveillent, les alertes hurlent. Les sirènes s'excitent. Brutalement, Nyssandra se détache, s'arrache. Ca la défait un peu, ce feu au creux du ventre, au fond des yeux. Impitoyable, elle abat ses dernières cartes en feignant l'indifférence, elle lance ces mots vitriolés de sa hauteur. Dans son coeur, crame l'espoir de reproduire la situation de leur dernière rencontre et de s'attribuer le beau rôle cette fois. Brûle le besoin de ne pas être la seule.

A désirer, à vouloir.
A les perdre.

Puis la voilà qui part, princière et royale en apparence. Jamais une revanche n'a eu un goût aussi sucre-amer. Mais elle l'a voulue, elle s'en contentera. Elle ne peut pas le laisser jouer plus longtemps. Se moquer d'elle. Nyssandra n'est pas de ces dociles poupées qu'on élève en batterie dans les familles de Sang Pur. Elle est sortie du corset, du carcan, du cadre. Elle ne sera jamais plus le jouet de sa famille, ni celui de personne d'autre.

Elle n'a besoin de personne. Elle peut avancer seule.
(Sale menteuse)

Le verre fumé la protège à nouveau, ses mains sont tremblantes dans les poches de cette veste trop grande. Nyssandra a claqué toutes les portes de son esprit. Les braises ... Les éteindre, ne pas les étreindre. Les étouffer, ne pas les encourager. Le souffle tremble sous le contrôle qu'elle s'impose. Bordel, elle a encore le goût de lui sur ses lèvres. Sa paume de sa main vient frotter contre sa bouche. « Nyssandra ! » Sa voix grave et impérieuse résonne derrière elle et ça agite quelque chose en elle. Quelque chose qui le réclame et qu'elle essaie d'apaiser. Pourtant, elle ne s'arrête pas. Ce n'est pas un des romans chéris par Eris. Elle ne va pas s'arrêter. Elle ne va pas l'attendre. « Nyss ... » Le rythme de ses pas s'accélère, il claque au rythme d'une fuite qu'Aramis avorte en la ramenant contre lui. Son équilibre s'effondre, elle retombe contre son torse. Un frisson l'ébranle. Ses boucliers en tremblent sous les désirs qui veulent s'entremêler. Sous les colères qui cherchent à s'entrechoquer. « Tu n'avais pas le droit. » Oui, elle n'aurait pas dû. Elle s'en rend compte maintenant. Elle a joué avec le feu - et elle va s'y cramer les doigts et les ailes. Dire qu'elle se vante de ne jamais commettre deux fois la même erreur. La voilà qui a réitéré, poussée par son stupide besoin de revanche. Et maintenant, ça brûle tout en elle. Est-ce qu'il sent, contre son bras, ces braises qui lui bouffent les entrailles ? Il les sent, cette certitude lui étreint le coeur. Alors, pour donner le change, elle rétorque, toute d'accusations acides : « Tu as commencé. » Car il n'avait pas le droit de l'effacer non plus. Il. N'a. Pas. Le. Droit. Elle le refuse. Que croit-il ? Qu'il a le droit de la laisser seule ? De lui voler sa tranquillité et de s'accorder l'oubli ?

Jamais.

Un cri. Un glapissement. Quand il la soulève comme rien pour la percher sur son épaule. Ses doigts viennent fourrager furieusement dans la poche intérieure de la veste. Nyssandra ne joue pas fairplay. Ce n'est pas une de leurs parties d'échecs. Il n'y a pas de règles dans leurs confrontations, pas de limite pour marquer les précipices où ils se jettent. Pas de panneau pour les guider sur de plus sains chemins. Et puis, ils n'ont jamais joué fairplay dans le jeu de la vie, les enfants terribles. « Et tu penses t'en tirer comme ça ? » Quand il abat sa main sur ses fesses, une surprise indignée lui arrache la baguette des mains et ses doigts s'agitent pour rattraper l'objet - pour rattraper son seul atout - qui va rouler sur le tapis. « Tu penses pouvoir me fuir ? » La main contre sa cuisse brûle. Sa gorge pleine de bile brûle. Tout brûle, tout se consume et s'embrase. « Tu t'es foutue le doigt dans l’œil jusqu'au coude, Ollivander. » Ses boucliers tombent en cendres chaudes à leurs pieds.

« Tu vas voir que je suis pire que Travers. Je prends de force & je retiens de force, moi. » Ils sont dans la chambre désormais, et la sorcière ne le remarque même pas, occupée à se dégager. Elle veut partir. Loin de lui, loin d'eux. Loin des feux qui bouffent ses masques. « Arrête, ça suffit, tu as assez joué, Aramis. » Mais son ton autoritaire se dilue dans l’ambiguïté de ses mots. Elle ne sait plus si elle lui demande d'être sérieux avec elle ou d'arrêter d'être avec elle tout court. Le corps se tord et s'agite, le plat de la main s'abat sur le crâne du brun. Et soudain, ils perdent leur équilibre. Les yeux se ferment, attendent l'impact avec le sol qui se rapproche. Mais contre sa joue, c'est l'épaule d'Aramis qu'elle sent. Chaude. Elle a envie de marquer cette peau. Il suffirait de tourner la tête pour y déposer ses lèvres. Le marquer, qu'il ne l'oublie pas. Qu'il ne puisse pas. « C'est de ta faute. » La main de l'homme allume de nouveaux incendies en elle. Elle en gémit quand il frôle sa nuque sensible. « Tu- » Nyssandra inspire brusquement quand s'écartant, son regard accroche l'azur brûlant. Troublant. Mais déjà il la coupe. « Ah Nyss, qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? » Nyssandra ne tressaille même pas quand ses lèvres la retracent, mais sa peau vibre déjà sous leurs attentions. Dans les caresses brûlantes de leurs bouches assoiffées, elle s'abandonne. Elle redécouvre avec une curiosité avide la sensation de ces lèvres, embrassant de ses paumes le visage et s'émerveillant presque de sentir le pouls furieux qui court sous ses doigts. C'est comme un instant d'éternité.

Son front vient s'appuyer contre l'épaule. Son souffle court se perd sur la peau nue, bientôt suivis par des doigts trop curieux. « Pardon. » Ses dents s'enfoncent brusquement, brutalement dans l'épaule. Y laissent leur marque. Qu'il n'oublie pas, qu'il ne puisse pas. « Je ne suis pas désolée. » Les doigts s'égarent plus bas, contre le coeur. L'ongle y trace doucement ses pentacles, marquant subtilement son territoire. « Arrête de t'excuser. Arrête. » Ordonne-t-elle en se redressant, ses cuisses viennent épouser les hanches étroites alors qu'elle bascule pour s'asseoir sur lui. Elle en a assez de ses excuses, de ses fuites en avant. Assez. Ses bras font glisser la veste dans un froissement soyeux avant de la débarrasser de son haut. Déjà, elle frissonne, l'impatience court dans ses veines. « On, on devrait juste arrêter de parler. » Arrêter de s'envoyer des reproches mordants, arrêter de se lancer des mots tranchants au coeur. Juste arrêter de se blesser. Ils ne savent pas se parler sans se laisser des cicatrices. Et, là, maintenant, tout de suite, elle le veut seulement contre elle, avec elle. Elle veut sa peau contre la sienne et rien pour les séparer, pas même l'air. Elle veut ses doigts qui dessinent les contours d'Aramis. Elle veut ... le dévorer comme il la dévore.

Elle veut le marquer. Qu'il ne l'oublie pas. Qu'il ne puisse pas.
Et après.

Après.
Après.
Après.

Après, elle ne sait pas.
Elle ne sait plus.
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: ARANYSS #2 (nc-16) ► Stop messing up with my heart    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptyLun 25 Mai 2015 - 21:09
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Do you need a reason to not want to lose ?
19 MAI 2002 ; {#}Aranyss{/#} 2
 

Qu'il dorme peu ou pas n'est guère son souci. L'idée ne lui traverse même pas l'esprit, ce serait lui accorder plus d'attention qu'il ne mérite. Alors elle s'en moque, gamine égoïste comme toujours. Elle piétine les heures paisibles, les éclate sous sa colère, les crève sous son talon. Elle n'a pas pu dormi en paix pendant presque une semaine, et il est coupable. Alors ses grincements de colère et ses crissements amers, ce n'est que le juste retour des choses à ses yeux. La balance qui s'équilibre un peu dans leurs déchirements permanents.

Quand la porte glisse sur ses gonds, Nyssandra est surprise de le trouver juste derrière la porte et torse nu. Pendant un instant, elle se souvient du corps chaud qui l'a tenue, qui l'a enlacée. Elle se souvient qu'il n'est plus ni l'enfant charmant, ni l'adolescent colérique mais bien un homme, et un homme séduisant. Sous la réalisation, ses bras manquent de se croiser contre elle, réflexe stupide de gamine, avant que son esprit ne proteste brusquement et ne fourre ses mains dans les poches de la veste. Ce béotien a bien assez d'influence sur elle et sur sa vie sans qu'elle lui fasse le plaisir de lui montrer tout l'effet qu'il lui fait. « Oh tiens, tu as réussi à ouvrir la porte ? Moi qui croyais que tu ne savais que manier la plume et ne rien faire d'autre de tes dix doigts. » Sa main écarte l'accusation d'un geste dédaigneux, presque méprisant. Et, pourtant, elle flanche un peu sous l'accusation d'inutilité. Le regard a cillé derrière le verre fumé, la mâchoire s'est violement crispée. Tu ne sers vraiment à rien, Eudoxie. (merde, ce n'est pas le moment, elle n'a pas besoin de ça maintenant) Merde, Nyssandra se déteste tellement de leur donner autant de pouvoir sur elle. C'est peut-être pour ça qu'elle rétorque, hargneuse : « Je suppose que c'est la différence avec les manuels et les intellectuels. » Dans sa bouche, ça sonne très british Elite, c'est de l'acide perfusé par un sourire trop poli.

Quand il rappelle son chien de garde (et il fait bien parce qu'elle jure sur Merlin et tous les Grands Sorciers, qu'elle l'aurait transformé en descente de lit autrement), elle annonce l'objet de sa visite. Comme si Aramis ne s'en doutait pas déjà. « T'embrasser ? » Pardon ? Sa main vient soulever la paire de lunettes de soleil comme si l'objet de mode était responsable de sa mauvaise audition. Aussitôt, les barrières s'abaissent et l'empathie vient capter la surprise. « Bien sûr, Aramis. As-tu besoin que je te l'épèle ? » Le regard qui accroche les iris clairs se fait exaspéré. Puis blessé par le rire. « Toi & moi ? S'embrasser ? Ma pauvre Ollivander, tu as un peu trop fumé le parfum d'Eris Burke. » Il a oublié. Le sentiment qui s'impose dans l'esprit de Nyssandra l'espace d'une seconde n'a absolument rien à voir avec le soulagement. Parce que Monsieur Aramis Lestrange n'a pas eu le bon goût de garder en mémoire la stupidité de son comportement. Pire, Nyssandra est persuadée pendant un moment qu'il l'a effacé. Comme si ça ne compte pas, comme si ça n'est rien. « Je ne suis pas Roman Travers qui te suppliait pour un baiser. » Assène-t-il avec une satisfaction moqueuse qu'elle ne sent que trop bien. Il s'amuse de son désarroi. Alors c'était ce qu'était leur baiser ? Un jeu pervers pour satisfaire son ennui et prendre sa putain de revanche sur elle ? Un mouvement sournois sur l'échiquier pour la piétiner ? « Oh, tu es exactement comme Roman Travers. Tu ne fais que prendre par la force ce dont tu as envie. Aramis Lestrange est un putain d'enfant capricieux. Tu. Es. Un. Enfant. »

Et. Il. A. Oublié.
Et elle lui en veut ! Elle lui en veut comme une gamine blessée dans son amour propre, un comment as-tu pu effacer ça, connard ? sur ses lèvres brusquement pincées. Elle lui en veut parce qu'elle n'a rien oublié et rien effacé. Parce qu'elle a trouvé ça important, parce qu'elle est la seule à s'être repassé le film tragique de cette visite. Parce qu'elle est désormais la seule à languir de retrouver un instant, même un seul, le contact de cette bouche sur ses lèvres, leur douceur timide qui s'assortit si bien (trop bien) avec des bras attentifs et tendres. Elle est la seule à savoir qu'elle a failli céder. Parce que lui s'en fout. Merlin, ce qu'elle a été conne. Le rire qui s'échappe de sa bouche se teinte d'un jaune sale, elle le vomit comme une insulte. La colère embrasse ses poings, les phalanges en blanchissent sous ses baisers.

Déjà il l'ignore, retourne à son quotidien alors qu'elle est là, plantée sur le pas de sa porte, pétrifiée. « Je suppose que si tu n'as rien d'autres à me dire, tu peux gentiment refermer la porte derrière toi, mh ? »

La fureur (d'être si facilement tombée dans le piège).
La déception (d'avoir cru si stupidement que ça voulait dire quelque chose).
Et l'amertume (de ne pas être importante).

Tout ça bout en elle, alourdit ses chevilles. Un moment, elle se demande si elle doit partir et l'effacer de sa vie, définitivement. Chasser Aramis Lestrange de sa vie sous un Oubliettes. Elle est certaine que Davius Llewellyn lui rendrait ce service. Elle se demande si elle ne doit pas plutôt le frapper pour l'avoir humiliée de cette façon.

Peut-être.
Peut-être.
Peut-être.

« Ou peut-être veux-tu fantasmer encore un peu sur moi ? »

Peut-être qu'elle devrait lui rendre la monnaie de sa pièce, songe-t-elle alors que son regard tombe sur le torse dénudé, barré de cicatrices à peine perceptibles. Elle devrait. Oui. Le marquer. Qu'il ne l'oublie pas. Qu'il ne puisse pas. Puis écraser chacun de leurs souvenirs communs comme lui l'a fait avec le baiser.

Nyssandra n'aime pas ne pas avoir le dernier mot. Elle déteste ça.

« Quelle idée ridicule. » Soudain, un sourire féroce retrousse ses lèvres et les lunettes retirées dévoilent un regard furieux et brûlant. Elle ne prend même pas garde aux parchemins qu'elle envoie voler en froissements affolés ou aux piles de livres qu'elle fait s'effondrer en fatras étouffés. En deux pas, Nyssandra est plantée devant lui et profite d'être plus haut perchée que lui pour le toiser. « Je vais te rafraîchir la mémoire. » Assure-t-elle, et sa main vient emprisonner la nuque de l'homme, tyrannique, tandis que l'autre main appuie sur le torse pour l'empêcher de fuir. Cette fois, c'est elle qui a le dessus. Et Nyssandra est blessée dans son amour propre, piétinée dans ses espoirs inavoués, frustrée par l'insomnie. Alors ses lèvres ne sont ni timides, ni douces ; elles s'écrasent violemment sur la bouche, ses dents s'invitent dans la partie, l'émail mordant la pulpe, alors que pour se rapprocher, elle glisse son genou entre les cuisses musclées et prend appui sur le canapé.

« Voilà ce que tu es venu me donner Lundi, la voix est un rien rauque et le souffle trop court, mais il est impossible de manquer la lueur victorieuse qu'elle affiche des yeux jusqu'à la bouche quand elle s'éloigne : Je te le rends avec les intérêts. »

Bourreau qui s'éloigne, elle tourne les talons et les lunettes rejoignent l'arête du nez, dissimulant au tout venant le feu liquide d'un regard troublé. Ballerine de l'Elite, elle se donne des airs victorieux et se couronne du laurier des vainqueurs alors que ses pas claquent dans le couloir. Mais, à nouveau, elle a manqué de se laisser déborder. Contre la pulpe de ses doigts, elle sent encore la peau chaude contre laquelle sa main a glissé en caresse jusqu'à l'épaule pour le rapprocher d'elle, juste avant qu'elle s'échappe.
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 Nonew12Sujet: ARANYSS #2 (nc-16) ► Stop messing up with my heart    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 6 EmptyDim 24 Mai 2015 - 17:41
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Do you need a reason to not want to lose ?
19 MAI 2002 ; {#}Aranyss{/#} 2
 

En ce paisible Dimanche matin, c'est une sonnette furieuse qui vient troubler le silence religieux et le sommeil paisible des Lestrange. Furieusement obstinée et furieusement indécente. A l'image de Nyssandra, perchée sur ses hauts talons et perdue dans une veste oversized, qui attend qu'un elfe de maison vienne lui ouvrir. Cet idiot d'Aramis a intérêt à être là, sans quoi la liste déjà salée de ses reproches s'agrémentera d'une nouvelle note et cette fois, elle s'assurera d'en recevoir le paiement plein et entier. Les nuits blanches, Nyssandra en a par-dessus la tête. Quand l'angoisse de voir débarquer la Brigade de Police ne l'empêche pas de dormir, c'est Aramis et son baiser qui s'invitent dans son sommeil et la réveillent en sursaut. Récupérer sa tranquillité, est-ce trop demander ?

Contre la pierre du perron, elle tape du pied avec une impatience agacée. Dans la poche de son short, ses doigts se crispent. Elle est fébrile, le talon claque sur le pavé. Elle se demande si elle a bien fait de prendre toutes ces potions revitalisantes sur la fin de la semaine (en même temps, il fallait bien qu'elle soit en état de faire son travail, non ? elle ne vit pas chez ses parents, elle et elle a des frais). Ou peut-être que la réponse est encore plus simple que ça et qu'elle a bu trop d'expresso, attendant que ce paresseux de Soleil se lève à son tour pour se rendre chez les Lestrange. Elle ne veut pas se présenter à leur porte au milieu de la nuit, ce n'est pas poli.

Aux premières lueurs de l'aube, par contre, c'est une autre histoire. Humpf.

Quand la porte s'ouvre et qu'un elfe de maison apparaît entre timidité et frayeur, Nyssandra ne lui jette qu'un « Je viens voir Aramis Lestrange, pas la peine de m'accompagner. » avant d'entrer dans la demeure. Elle gratifie à peine le petit être d'un regard sous le verre fumé de ses lunettes tandis que ses pas se dirigent en claquements furieux vers l'étage. Pourquoi s'embarasser de politesse en laissant l'elfe annoncer sa présence ? Ce béotien ne s'est gêné ni pour venir fouiller sa maison après tout, ni pour s'immiscer dans ses précieuses heures de sommeil.

« Aramis ! » Le poing s'abat sur le bois de la porte, l'ébranle. Une fois, deux fois. « Aramis ! Ouvre cette porte. » Elle se moque bien que sa colère éclate en cris furieux capables de troubler le repos de Mrs Lestrange, cette mondaine méprisable qui échange des cancans avec sa propre mère. Elle se soucie peu aussi de savoir si Gwen est là ou pas, à pouvoir entendre leurs règlements de compte. Ca fait trop longtemps qu'elle le laisse faire ce qu'il veut, qu'elle pose des questions sans obtenir de réponses. Si elle doit lui arracher la vérité, alors soit. « Ouvre. » Ses doigts impatients se referment sur la poignée finement ciselée. « Cette. » Une secousse brutale est imprimée contre la porte, et la sorcière ne prend pas garde au grognement qui répond de l'autre côté. « Porte. » Son pied la démange, elle manque de le coller dans le bois précieux et heureusement, la porte cède enfin le passage. Le chien de garde, non. « Aramis, rappelle ton chien avant que je n'en fasse un tapis. » Exige-t-elle avec un tout de suite en note de fond. Et elle est mortellement sérieuse. S'il est un domaine où Nyssandra n'a pas à rougir de ses performances magiques, c'est bien la Métamorphose. « Tu me dois une explication concernant ta dernière visite. »

Sur tes accusations mal placées.
Sur ta jalousie qui ne fait sens à rien.
Sur la chaleur de ton étreinte.
Sur la douceur de tes lèvres.

Sur tes regrets qui me font mal au cœur.

« Pourquoi m'as-tu embrassée ? » Pourquoi tu as fait ça si tu me détestes ?
Si elle comprend, si elle arrive à un raisonnement logique, peut-être que ça cessera de la hanter.
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