sujet; les roses sont plus présentables
MessageSujet: les roses sont plus présentables   les roses sont plus présentables EmptyMar 25 Nov 2014 - 4:52

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Le 21 novembre 2001

Il hésite depuis près d'une heure quand finalement il prend son courage à deux mains et sort de l'Allée des Embrumes pour se rendre jusque chez Ollivander d'un pas vif, caché sous un sortilège de Désillusion qu'il lèvera une fois à l'intérieur de la boutique. Son pas est si rapide qu'il court presque, il ne doit pas traîner, mais heureusement, il ne croise personne. Les rues sorcières sont désertes, depuis l'attaque perpétrées sur celles-ci. Une bonne chose.

Il se sent idiot, avec son bouquet de pivoines à la main. À quoi pensait-il, quand il les a volé, sous le coup de l'impulsion, chez une fleuriste moldue ? Des foutues fleurs, surtout moldues, ne peuvent rien changer à ce qu'il a fait.

Il se regarde, par réflexe, dans une vitrine, mais rien ne s'y voit. Tant mieux, c'est bien ce qu'il vérifiait ! Qu'y verrait-il, de toute manière ? Rien de glorieux. Ses yeux pâles perdus dans un visage aux traits tirés de fatigue, la joue encore violette et traversée d'une déchirure en pleine cicatrisation.
Les marbrures sur son torse et son visage ont commencé à disparaître, mais la torture appliquée par Voldemort a été profonde. Sa magie lui échappe encore. Il a mal. La magie noire s'est distillée dans ses veines, la douleur également, et chaque battement de son cœur est affreusement douloureux. Il a dû être accompagné par un autre insurgé, qui attend qu'il ait fini son affaire chez l'artisane de baguettes pour transplaner avec lui. Incapable de transplaner pour le moment, encore – la dernière fois qu'il a essayé, il a oublié un bras derrière lui et ce désartibulement a été horrible. Une douleur, oui, rapidement réglée par un ancien Médicomage, mais aussi un échec dans son être orgueilleux. C'est en partie pourquoi il est ici.
L'affaire n'est cela dit pas un simple propos de baguette et de magie. Il est plus profond que cela. Sinon, il ne serait pas là avec son stupide bouquet de pivoines même pas magiques.

La boutique ferme bientôt. Il le sait. Bien trop. Il ne sait même pas si elle sera là. Il prend un pari. Il entre subrepticement à l'intérieur, la clochette qui annonce son entrée résonne affreusement à ses oreilles, referme la porte et la colle d'un simple Collaporta. Il en est là. Aux sorts de base. Il n'en pleure pas, maintenant, mais il l'a fait. Le sortilège de Désillusion est levé d'un Finite Incantatem silencieux et il a seulement le temps de ranger sa baguette dans son manteau que la silhouette impérieuse de Nyssandra Ollivander se dresse devant lui. La baguette levée. Pointée sur lui. Menaçante. Il a de la chance qu'elle ne l'ait pas attaqué, tout simplement, sans attendre son reste, reconnaissant là l'infâme qui l'a laissée inconsciente il y a trois semaines. Il a l'air idiot. Planté dans la boutique d'Ollivander, pivoines dans une main, l'autre ouverte et bien en vue, montrant qu'il n'a pas sa baguette entre les doigts. Il se sent vulnérable. Plus que devant Voldemort. Quel étrange sentiment. Ça n'a aucun sens. Cloué là par le regard de la jeune femme, qu'il soutient sans ciller. Il ouvre finalement la bouche pour déclarer la première idiotie qui lui vient en tête, dans un commentaire rauque et piteux : « Je ne veux pas vous attaquer. » Pas cette fois.


Dernière édition par Davius Llewellyn le Mer 28 Jan 2015 - 20:22, édité 2 fois
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• DASSANDRA #1 •

Tellement de choses sont fragiles, après tout.
Les gens se brisent si facilement, tout comme
les rêves et les cœurs.


Stérile. Les yeux secs, elle lève le regard vers son père et sa mère. Ce n'est pas comme si elle a réellement besoin de ça pour savoir quelle sera leur réaction. Leur déception est si grande que Nyssandra a l'impression que ça va l'écraser toute entière. Elle a du mal à soutenir le regard de ses parents, accusateurs. Comme si c'était de sa faute. « Vous êtes stérile. » La sorcière qui s'occupe d'elle le répète encore une fois, comme si ils sont stupides ou attardés. Comme si ils ne comprennent pas. Tout au contraire. Ils ne comprennent que trop bien. Elle est stérile. Une histoire de tissu cicatriciel, d'utérus abîmé. Elle n'a pas tout écouté, peut-être qu'Esther l'a fait, elle, afin d'excuser l'incompétence crasse de sa fille aînée en assommant ses amies mondaines avec les détails sordides de l'affaire. Mais les détails, le jargon médical et tout le reste, ça n'intéresse pas Nyssandra. Tout ce qui l'intéresse, c'est qu'elle ne peut plus porter d'enfant (pas sans risquer votre santé et votre vie, lui a-t-on dit et l'espace d'un instant, elle se demande si ça ne vaut pas le coup de tenter sa chance avant de repousser l'idée). Elle n'est plus bonne à marier, les Travers vont annuler l'arrangement. Non pas qu'elle tienne vraiment à épouser ce Roman Travers, Sang Pur à la fierté piétinée, Mangemort de la première heure et homme lunatique au possible. Mais ... « Tu n'es vraiment bonne à rien, Eudoxie. » Elle a naïvement espéré que ça lui donnerait une place dans sa famille. Et ça fait mal de se voir à nouveau rejeter.

Nyssandra ravale ses larmes, ses cicatrices. Elle ravale la déception et la douleur qui suppurent de son coeur. Ca n'est rien de nouveau, tu as l'habitude. L'habitude de son père qui la regarde avec un dédain manifeste, l'habitude de sa mère qui l'accuse (parce qu'il faut bien un coupable et Nyssandra n'a pas simplement pu être la victime du hasard, n'est-ce pas ?). Elle a l'habitude de la gêne de la petite médicomage qui ne sait plus où se mettre. « Au lieu de nous démontrer à nouveau votre incompétence crasse, peut-être pourriez-vous me rapporter les parchemins de sortie anticipée ? » Si elle ne peut rien contre les sentiments de ses parents, il en est autrement de la médicomage qui s'enfuit presque, outrée. De l'indignation et du reproche, elle préfère encore ça à la pitié.

———————— ͼҨͽ ————————


Parfaitement capable, pas vrai ? De quoi exactement ? Avec sa fierté obstinée, elle a joué les bravaches, une fois encore, et s'en mord les doigts maintenant. Son assurance se fissure et s'évapore en volutes insaisissables alors que la clochette de l'entrée annonce le départ de son frère Lorcàn. Un client à voir. Il n'a pas voulu la laisser seule, mais elle a insisté : elle ne va pas l'accompagner chez ce client, Ardal doit les rejoindre ici, elle peut parfaitement attendre ici. Sombre idiote trop arrogante, elle le réalise maintenant. Sous ses pas, le craquement du plancher est sinistre, et dehors, le vent souffle des fantômes. Dans un recoin de l'avant-boutique où elle s'est terrée sous l'excuse d'y lire en paix la Gazette, brûlent des bougies enchantées et un air résonne pour emplir le silence. Mais ça ne suffit pas à cacher les monstres qui se terrent dans les coins sombres de sa cervelle. Et ça lui susurre ses peurs au creux des oreilles, ça lui fredonne sa pitoyable mortalité sur une clé de sol. La vérité, c'est qu'elle ne se sent plus en sécurité nulle part. Cette voix basse et rocailleuse qui crache son sort, ça la suit partout. Nyssandra l'entend tout le temps.

D'un regard qui se veut détaché, elle scrute l'heure avec un pli de bouche anxieux. Que fiche Ardal ? Lorcàn a dit qu'ils veulent l'emmener dans son restaurant préféré comme dans le temps, tu sais celui où on n'était pas pris dans cette guerre meurtrière qui assassine tout jusqu'aux idéaux des gens, une soirée pour la fratrie Ollivander. Des retrouvailles, peut-être. Un cessez-le feu, sûrement. Ardal et elle n'ont pas été en bons termes récemment. Jamais en fait. Il incarne trop facilement ce qu'elle aurait dû être, ce qu'elle aurait voulu être. La jalousie a toujours pourri leurs rapports. Lorcàn, comme toujours, joue les conciliateurs. Pour le geste, elle a accepté du bout des lèvres, pas vraiment enthousiaste, mais maintenant, elle a hâte qu'ils arrivent. Qu'ils la sortent d'ici avant que ses peurs ne la bouffent toute crue.

Elle en sursaute quand elle entend la cloche sonner en même temps qu'une pointe de gêne vient se fracasser contre ses boucliers fissurés et elle se force à se lever pour s'avancer le comptoir de la boutique. Elle a l'impression d'entendre le bruit de succion d'un Collaporta. C'est stupide, pas vrai ? Ce sont probablement ces fichues angoisses qui distordent la réalité. Comme la fois où elle a presque arraché une baguette des mains d'un sorcier du Royals qui voulait sécher son manteau. Elle a cru qu'il voulait l'attaquer. C'est proprement stupide, c'est sûrement un de ses frères, mais elle se colle contre une étagère pleine de baguettes pour observer ... un vide qui se remplit soudain d'une silhouette familière. Lui. Son coeur s'affole, ses veines se tachent aussi bien d'adrénaline que de peur. Trois semaines. Elle en cauchemarde encore, parfois. Est-ce qu'il veut la tuer ? Elle ne ressent aucune émotion franchement hostile à son égard, mais après tout, il a bien failli le faire une fois. Pourquoi est-il de retour ? Pour achever son travail ? Sa peur lui met sa baguette dans la main et elle tend le bras, un bras beaucoup trop raide et presque tremblant, tandis qu'elle sort de sa cachette pour le confronter. « Je ne veux pas vous attaquer. » Un rire acide éclate contre ses dents serrés, ne laissant qu'un bruit de gorge broyé par la peur. « Pourquoi je devrais vous croire ? » Elle ne voit pas qu'il n'est armé que d'un bouquet et qu'il a l'air défait des vaincus. Elle n'est pas logique. Mais sa peur n'a rien de vraiment rationnel, ça la prend juste aux tripes et ça enrobe ses mots. « Vous venez finir le travail ? Ou juste admirer l'oeuvre ? » C'est la seule explication qu'elle voit et pour être sûre, juste pour être sûre, elle lève le bras vers la gorge du sorcier. Une autre erreur de débutant.

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Dernière édition par Nyssandra Ollivander le Lun 4 Mai 2015 - 14:00, édité 4 fois
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Le Lord fait peur – chose que ne fait pas Nyssandra Ollivander. C'est devant elle qu'il ne s'agrippe pas furieusement à sa baguette et qu'il laisse pointer sa gorge sans craindre, la dominant nettement autant en taille qu'en carrure. C'est pourtant devant elle qu'il est pâle et faible. La bouche sèche et le cerveau tout autant. Intimidé par une femme qui a peut-être quinze ans de moins que lui.

Les questions fusent, sarcasmes étranglé, peut-être apeurés. A-t-elle peur ? Sûrement pas. C'est elle qui tient la baguette, n'est-ce pas ? Elle lève un peu plus sa baguette et comme par défi, par habitude, il relève le menton, exposant mieux sa gorge. Sa poigne est trop raide, son maintien nerveux, il ne peut s'empêcher de le noter, sans même y penser. Sa voix est prudente quand il répond : « Non. » Il ne vient pas l'attaquer. Ni finir un quelconque travail, ou pire, admirer une œuvre. Il sait de quoi elle parle et cette seule pensée lui fait mal au cœur, le lui lève. Une nausée persistante depuis quelques jours revient s'installer dans son corps, lui qui avait réussi à l'oublier. Ses iris descendent brièvement sur son corps, effleurent du regard son ventre et remontent ensuite à son visage. Ses joues se sont empourprées, subitement, et il a le souffle un peu court.
Davius vient de se souvenir qu'il a vu cette si jeune femme nue. Pas qu'il ait porté beaucoup d'attention à son corps, au moment où il a pris son apparence et n'a pas hésité à dénuder Nyssandra pour lui prendre ses vêtements et les remplacer par ses propres loques trop grandes pour elle, laissant son corps menu flotter dans ses frusques sales. Pas que la nudité le gêne non plus, la sienne ou celle des autres. La situation est différente, seulement. Il a conscience de ses gestes, en ce moment. De tout ce qu'il a fait. Une acuité qui le choque, presque, alors que sa magie est éteinte et que seuls ses sens lui rappellent qu'il est encore vivant.

Il reprend son souffle. Ses mains sont toujours en suspends. « Je veux me... m'excuser. »

Il agite faiblement le bouquet de fleurs, dont les pivoines sont aussi rouges que ses joues. Il a ridiculement chaud, sous son lourd manteau, et a la bête pensée qu'il aurait au moins pu en choisir des blanches, ou des roses, mais pas des rouges.

De toute façon. Offrir des fleurs à une femme que l'on a rendu stérile et dont on a gâché la vie amoureuse.
(quoique la débarrasser de Travers n'est pas une mauvaise chose, elle sera sûrement bien plus heureuse sans lui)
C'est pire que tout.

« Je voulais pas vous... Les mots lui manquent. Sa voix tremble un peu. Davius n'a jamais été un orateur, n'a jamais été de ceux qui envoûtent par les mots. Son charme a toujours été autre. ... vous blesser. » Il ne ment même pas. Il a voulu l'attaquer, oui, mais la blesser ? Autant ? Bien sûr qu'il a voulu la blesser, dans une moindre mesure, dans la juste part des choses, mais jamais à ce point. Son enthousiasme patent, mêlé à une magie qu'il a toujours eu explosive, a été plus que dommageable et il s'en veut. Il s'en veut parce que les Médicomages infiltrés à Sainte-Mangouste ont rapporté que la miss Ollivander était désormais stérile. Il s'en veut parce que les journaux à potins ont rapidement rapporté la rupture des fiançailles de la miss Ollivander avec ce sombre crétin de Roman Travers. Il s'en veut parce qu'il a blessé trop profondément quelqu'un qu'il ne voulait pas blesser, quelqu'un qui ne le méritait pas, et que même en tant que Belliqueux peu regardant des pertes humaines, il a toujours ses scrupules d'homme honnête qui ne sont jamais bien loin. Certaines choses ne disparaissent jamais complètement.
Oui, Nyssandra Ollivander collabore au régime du Lord. Oui, elle est donc une ennemie des insurgés. Pourtant, son esprit rigide et loyal refuse de se placer ainsi. Fred lui a parlé d'elle. Il se fie à Fred.
Sa langue passe sur ses lèvres sèches. « Mais c'est... ridicule. » Tout à fait. C'est tout ce qu'il est, ce qu'il pense, ce qu'il a fait, ce pourquoi il est là, le fait qu'il soit là. Ridicule. Pathétique. Coupable.


Dernière édition par Davius Llewellyn le Mer 28 Jan 2015 - 21:21, édité 2 fois
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• DASSANDRA #1 •

Tellement de choses sont fragiles, après tout.
Les gens se brisent si facilement, tout comme
les rêves et les cœurs.


« Non. » Menteur, veut-elle siffler, pleine de cette peur furieuse qui bouillonne en elle depuis des jours. Mais quand elle lève les yeux sur son visage, ça la frappe presque physiquement et elle en recule d'un pas, inconsciemment, pour mettre de la distance entre elle et lui. Le malaise de l'homme est épais, si épais qu'elle pourrait tendre la main et enfoncer ses doigts dans le sentiment poisseux et gras. Nyssandra secoue la tête, comme pour remettre un peu d'ordre dans ses idées et ses émotions, et ajoute un pas de plus entre eux. Depuis l'attaque, ses boucliers mentaux sont fragiles, fissurés. Les mots de son père n'ont pas aidé, c'est pour ça qu'elle vit loin d'eux : elle a toujours été faible face à ses parents, leurs reproches sont autant de grains de sable qui viennent éroder ses barrières. Et, maintenant, son empathie éponge tout ce qu'elle trouve. Jusqu'à la gêne de Davius qui répand du carmin sur ses joues, ses oreilles, jusque dans sa nuque fine. « Ne regardez pas ! » exige-t-elle à mi-chemin entre l'ordre et le cri quand elle réalise qu'il l'a vue nue. Elle n'est pas pudique (pas plus que la moyenne, suppose-t-elle) mais ça ne signifie pas qu'elle aime être exposée aux regards et aux jugements des autres.

« Je veux me... m'excuser. » Son regard le quitte une seconde pour les pivoines qu'il présente et stupidement, elle remarque qu'il a pris ses fleurs favorites. Des pivoines. Rondes comme des boules de douceur, mais d'un rouge aussi sanglant que ... sa main, celle qui ne tient pas la baguette cherche à se perdre vers ce ventre qu'on a barré d'une entaille pour atteindre la blessure interne. Mais Nyssandra la retient juste à temps, la fourre dans une poche pour s'épargner un geste aussi cliché que ridicule. Elle ne veut pas du rôle de la femme brisée, pitoyable et faible. C'est ce qu'elle est, bien sûr, elle ne le sait que trop bien. Mais elle n'est pas obligée de le laisser le voir. Il a déjà bien trop vu d'elle. « Je voulais pas vous... vous blesser. » A travers ses boucliers effilochés, s'infiltre la culpabilité de Davius. C'est maladroit, un peu abîmé sur les bords - mais, au moins, c'est sincère. Mieux que tout ce qu'on a pu lui jeter à la figure ces derniers temps. Ses parents qui l'ont rejetée de nouveau. Son chef qui lui a demandé d'écrire un article sur ce qui lui est arrivé (comme si elle allait étaler sur le parchemin en lettres noires !). Les compassions sucrées, mielleuses et écoeurantes d'une Elite hypocrite. Alors l'honnêteté de Davius, c'est reposant. C'est presque suffisant. « Mais c'est... ridicule. » « Si vous passez votre temps à vous excuser auprès de vos victimes, ça l'est probablement. » Les mots sont sortis seuls, sans même qu'elle prenne le temps de les goûter, et elle se mord la lèvre. La sorcière s'en sentirait presque coupable de fouler du pied ses excuses, de se moquer de sa sincérité. A moins que ça ne soit sa culpabilité à lui qui l'imprègne et qui dilue ses propres émotions ? Tout est mélangé, tout se diffuse et elle a dû mal à faire le tri. A nouveau, elle secoue la tête. Elle est fatiguée. Par la guerre, par les gens, par le monde. Tout la fatigue, et surtout elle-même. « Qu'importe. » Elle tend le bras, celui sans baguette, vers lui pour réclamer les pivoines. Nyssandra ne lui donne pas son pardon, elle a bien failli mourir à cause de lui et l'idée la terrifie, mais elle accepte ses excuses. Elle admet ses remords, c'est le mieux qu'elle puisse offrir maintenant. « Vous n'avez pas risqué la capture uniquement pour ça, n'est-ce pas ?, et sa baguette ne rejoint pas tout de suite sa poche, mais elle pointe maintenant le sol alors que la sorcière marmonne, plus pour elle que pour lui : Ou alors les insurgés sont des personnes plus fréquentables que je ne le pensais. » L'acide de ses mots n'est là que pour cacher les cicatrices d'anciennes déceptions. Parce qu'après tout, le monde est pourri et les gens sont pires encore avec leurs petites mesquineries, leurs jalousies et tout le reste. Les autres, ceux qui ont la chance de ne pas être empathes, ont simplement la chance de ne pas le voir à longueur de journée.

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Dernière édition par Nyssandra Ollivander le Lun 4 Mai 2015 - 14:00, édité 6 fois
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Il lui tend les fleurs sans autre mot, quand elle tend le bras, ne réagissant même pas à sa façon de prendre ses excuses tout en marchant dessus. Elle accepte les fleurs et pour lui, c'est bien assez pour lui prouver qu'à quelque part, elle comprend. Même si c'est infime. Qu'à quelque part, elle lui pardonne, même si ce ne sera jamais assez par rapport à tout le mal causé. Son regard, qui s'est détourné quand elle l'a ordonné, dans un cri à peine retenu, ose revenir à elle. Elle est maligne, comme le prouve son questionnement. « Vous n'avez pas risqué la capture uniquement pour ça, n'est-ce pas ? Ou alors les insurgés sont des personnes plus fréquentables que je ne le pensais. » Il regarde la baguette, désormais pointée vers le sol. Mentir ne sert à rien. Alors il hausse les épaules et enfouit ses mains vides dans les poches de son manteau, caressant sa propre baguette de sa main droite. « Non. » Davius est quelqu'un d'honnête et même insurgé, il ne cache pas ce qu'il pense. Sa plus grande faiblesse – Fol'Oeil lui a toujours dit qu'il ferait un affreux Occlumens et il a toujours eu raison sur ce point. Encore plus depuis le début de la guerre.

Par contre, il ne sait pas comment aborder la chose. Mieux vaut le faire de front – de ce même front qu'il a tout autour de la tête pour oser venir demander un service à Nyssandra Ollivander, avec qu'il lui ait fait ce qu'il lui a fait. Davius n'a jamais prétendu être fréquentable, insurgé ou pas. Ça, elle va en avoir la confirmation. « J'ai eu le... privilège... de combattre le Lord. Et de survivre. Sa voix se fait un peu distante, alors que lui revient en tête son combat contre le mage noir qu'il poursuit depuis tant d'années. Vivant, mais pas indemne. »

C'est une bonne introduction. Posée. Claire. Amenant tout ce qu'il y a à comprendre. Puis, Nyssandra sait voir. Il ne sait pas qu'elle sait sentir les émotions, mais elle peut au moins voir que Davius Llewellyn n'a rien de glorieux, en cet instant, et que son teint grisâtre, accompagné de ses blessures apparentes et de celles cachées, est un témoin de ce qu'il a vécu. Il sort prudemment sa baguette de sa poche, toujours avec des gestes lents, comme pour ne pas effaroucher un animal sauvage. Il en fixe le bois clair et légèrement cendré, sa ligne droite et rigide, avant d'encore une fois regarder la sorcière. L'hésitation flottant toujours dans ses prunelles. « Je ne sais pas si c'est moi le problème, ou si c'est elle. Lui, sa magie, ou celle de la baguette. Il ne sait pas ce qu'il préfère de ces deux options. Juste... la regarder. » Elle n'est absolument pas obligée. Il y aurait moyen de l'obliger, évidemment, il peut se montrer très convaincant avec les récalcitrants, mais pas maintenant. Pas alors qu'il courbe l'échine et tend la joue avec obligation. Sa langue humecte encore ses lèvres sèches et sa tête commence à tourner légèrement – il s'oblige à s'appuyer contre le comptoir pour garder son équilibre, sa main gauche mordant la poussière de la boutique. « Fred m'a parlé de vous. » De ce qu'il a fait pour lui. Certes, Fred ne l'a pas presque tuée, mais l'espoir reste.
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• DASSANDRA #1 •

Tellement de choses sont fragiles, après tout.
Les gens se brisent si facilement, tout comme
les rêves et les cœurs.


« Je ne sais pas si c'est moi le problème, ou si c'est elle. » A travers ses barrières, l'empathe sent la douleur diffuse des muscles meurtris, les nerfs magiques qui grincent. De l'homme émane la sensation d'une mécanique déréglée, de rouages qui ne s'emboîtent plus correctement. Mais la jeune femme ne comprend pas pourquoi il lui parle de ça, pourquoi il sort sa baguette magique. Pourquoi il hésite. (Que veut-il exactement ? Elle n'est pas guérisseuse, elle n'est que la plume pourrie qui trace en encre noire les débauches de l'Elite pendant que les gens crèvent de faim - il devrait le savoir, non ?). Puis les mots qui sortent de sa bouche éclairent tout avec la brutalité d'une ampoule nue : « Juste... la regarder. » Nyssandra regarde fixement l'objet, vaguement dégoûtée. Ca ne vient pas de Davius, ça ne vient même pas de l'audace de sa requête. Ca vient de ce que ça représente. Ca fait remonter toutes ces fois où son père lui a tendu une baguette à examiner, son regard brillant d'une déception décidée d'avance parce que quoi qu'elle fasse, elle ne serait jamais ce qu'il voulait. Ca fait remonter toutes les attentes de sa famille, des attentes qu'elle n'a jamais su combler. Cette baguette qu'on lui tend, ce sont tous ses échecs incarnés dans la ligne sèche du bois, toutes ses incapacités tracées dans les nervures enchantées. « Fred m'a parlé de vous. » Ses sourcils se froncent sous le mécontentement. « Fred est un crétin. » Ce sont les seuls mots qui lui viennent, sa mordante éloquence étouffée par la colère. Fred Weasley est, définitivement, un idiot. Elle l'a fait une fois ! Rien qu'une fois pour un ami. Et que fait Fred ? Il la poignarde dans le dos en lui envoyant une autre personne. Oh, Nyssandra n'est pas stupide. Le Weasley a donné son nom à l'insurgé, il sait pertinement qu'elle ne saura pas refuser. Pas quand l'homme suinte le désespoir et qu'elle-même pourrit sous la culpabilité. Si c'était possible (si elle l'avait sous la main, si elle savait où il se cache, si, si, si), elle étranglerait ce maudit rouquin. « Je ne suis pas une Ollivander. » Explique-t-elle, peu encline à attraper l'objet magique, le produit de sa famille. Et même si c'est la vérité (ce n'est pas parce que ce nom lui colle à la peau que ça fait d'elle une Ollivander), ça fait mal d'avouer qu'elle n'est pas vraiment une part de cette famille, ça lui lacère la gorge. « Je ne suis pas une Ollivander. » Fixant son regard dans celui de Davius, la sorcière répète les mots, les martèle presque, pour être certaine qu'ils s'impriment correctement dans l'esprit de son vis-à-vis. Ses connaissances en artisanat magique n'égalent pas celles de son géniteur, ni même celles de ses frères. Et sa pratique ... oh, sa pratique est franchement rouillée. Depuis les baguettes jumelles de Weasley, elle n'a examiné que sa propre baguette, mais c'est comme respirer. C'est si familier qu'on le fait sans même y penser. Où est Lorcàn quand on a besoin de lui ? Son cadet aurait fait merveille pour la baguette de Davius et contrairement à Ardal, il n'est pas aussi obstiné sur la question de la neutralité politique. Elle, elle n'est que l'enfant ratée des Ollivander. Une déception.

Sa gorge se serre quand elle prend la seule décision qu'elle peut prendre et son regard glisse nerveusement vers l'horloge qui tique au-dessus de l'entrée. « Si elle a été touchée par un Sort Noir du Magister, le titre vibre sous le mépris, c'est comme de laisser sortir un peu de la pression accumulée récemment : je ne sais pas si je saurais la réparer. » Nyssandra ne veut pas qu'il se fasse des illusions. Qu'il soit déçu (et c'est stupide, vraiment, parce qu'il l'a attaquée, il l'a presque tuée, pas vrai ? mais la déception, c'est encore l'émotion qu'elle supporte le moins chez les autres - ça la fait se sentir minable, en-dessous de tout). Les dix lettres qui s'accolent à son prénom ne sont ni plus, ni moins qu'un titre d'opérette. « Et je..., elle déglutit et ses mots tremblent, elle sait déjà qu'elle va les regretter : Suivez-moi dans l'arrière-boutique. » La sorcière tourne sur ses talons, déverrouillant l'accès à l'arrière du comptoir pour Davius. Son père hurlerait en découvrant qu'elle viole encore une fois le secret de l'atelier. Mais elle s'en fout, elle ne fait pas partie du culte Ollivander alors elle se donne le droit de profaner tous les temples qu'elle veut. De toute façon, elle ne peut pas examiner sa baguette ici, pas avec ses frères qui risquent de revenir n'importe quand. Et, au fond, elle espère que Davius changera d'avis. Qu'il fera demi-tour, sortira de la boutique et de sa vie aussi.

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Dernière édition par Nyssandra Ollivander le Lun 4 Mai 2015 - 14:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: les roses sont plus présentables   les roses sont plus présentables EmptyVen 27 Fév 2015 - 16:28

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Bien sûr que Fred est un crétin. Autant que lui. Mais elle est la seule piste qu'il ait, la seule solution – et son « Je ne suis pas une Ollivander » ne réussit même pas à le décourager. Il ne bouge pas d'un iota, sa baguette toujours entre ses doigts, vibrant au bout de ceux-ci. Elle n'est pas une Ollivander – il n'en a rien à faire. Lui fera-t-elle croire qu'elle ne sait pas ? Qu'elle n'a pas se savoir infusé dans ses veines, dans son éducation, qu'elle n'y connaît rien ? « Je ne suis pas une Ollivander. » La répétition martèle son esprit, sans pourtant qu'il daigne partir, ou se laisser intimider plus longtemps par la jeune femme.

Nyssandra est nerveuse. Il le voit, alors qu'elle tourne ses yeux vers l'horloge, que les mots hésitent dans sa bouche. Nerveuse pourquoi ? Aucune idée. Il a pris pour acquis qu'elle serait libre, qu'elle pourrait le recevoir, parce que la simple notion d'horaire, de normalité, de vie libre n'est plus rien pour lui. Davius hoche légèrement la tête quand elle lui dit qu'elle pourrait bien ne pas être en mesure de la réparer si elle a bien été touchée par un sort noir – le mépris qu'elle place sur le mot « Magister » ne lui échappe pas non plus, mais il est trop heureux de ce que cette phrase révèle pour réellement s'y attarder. Elle accepte. Il remercie Fred intérieurement, ainsi que tous les mages qu'il connaît, de Merlin à Helga Hufflepuff.

Il la suit derrière le comptoir, puis dans l'arrière-boutique, retenant ses remerciements pour plus tard. Peu importe la nouvelle qu'elle lui annoncera, ce sera mieux que l'incertitude actuelle, n'est-ce pas ? Une certaine déception vaut mieux que le noir, le flou, que la peur.

Curieux, il regarde autour de lui, mais il sent son regard chavirer quelque peu. La fatigue commence déjà à l'envahir, c'est sa plus grosse activité depuis Halloween et il sent qu'il aurait peut-être dû attendre un peu plus. Il en aurait bien été incapable, cela dit : c'était maintenant, ou jamais. Le Poufsouffle s'arrête une seconde pour prendre son souffle, longuement, la main sur la poitrine. Il sent son cœur se débattre et son souffle se coincer dans sa gorge, sans raison pourtant. Une chance qu'un insurgé l'attend pour le transporter ensuite... Il la sent mal, cette aventure pourtant inoffensive. Un goût de sang commence déjà à réapparaître dans sa bouche. Il déglutit et retourne aux côtés de Nyssandra, cachant mal le mal qui le prend lentement. Il aurait dû écouter les Médicomages... tant pis. Il irait se reposer ensuite. Julian n'aurait qu'à l'engueuler aimablement et à engueuler les Pacifistes de ne pas être capable de le retenir couché dans un lit (si ce n'était que d'elle, elle l'y aurait attaché). Il lui donne sa baguette quand elle la lui demande, obligeant, mais ne peut s'empêcher de lui poser une question, avant qu'elle débute un examen dont il ne perdra aucune miette : « Pourquoi restez-vous ici ? Ici ? De ce côté des... choses. » Il a lui-même précisé. Parce que si elle fait cela, c'est qu'il y a quelque chose - et ce quelque chose l'intrigue. Il y a le nom du Magister, aussi, plein de mépris. Peut-être n'y a-t-il pas de raison. Peut-être ne lui dira-t-elle rien non plus. Il en demande déjà beaucoup. Elle n'a pas à lui répondre. Elle n'a pas à écouter la voix fatiguée de l'insurgé.
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• DASSANDRA #1 •

Tellement de choses sont fragiles, après tout.
Les gens se brisent si facilement, tout comme
les rêves et les cœurs.


Derrière elle, Nyssandra le sent fatigué, las - et elle suppose si ça vient de cette sensation de mécanique déréglée qui émane de lui. Son regard erre autour d'elle à la recherche d'une chaise ou d'un tabouret. Dans l'atelier familial, elle évolue comme une étrangère. De vagues souvenirs de cette pièce lui reviennent. Mais c'est tout ce que c'est : de vagues images d'un passé qu'elle voudrait laisser derrière. La jeune femme déteste l'endroit presqu'autant qu'elle déteste le manoir de son enfance. Parce qu'il l'oblige à y revenir, elle a envie de maudire Davius Llewellyn. Faut-il toujours que l'homme lui crée de nouvelles cicatrices ? Pourtant, elle secoue la tête, comme pour disperser ses pensées, et son bras passe sous une des tables pour en tirer un tabouret. Quand elle se tourne vers lui, elle est étonnée de le trouver à ses côtés, elle en sursaute même et la surprise serre son coeur un instant tandis que ses doigts relâchent le tabouret qui retombe sur ses quatre pieds dans un bruit sec. « Pardon. » Marmonne-t-elle, agacée contre sa réaction disproportionnée (il a bien dit qu'il n'était pas là pour l'attaquer, n'est-ce pas ? idiote.), et Nyssandra agite la main vers le siège qu'elle lui offre comme si elle chassait les mouches.

Entre ses doigts, la baguette de Davius est à la fois familière et étrangère. La magie qui habite l'objet s'insurge de sa présence étrangère, mais la fille d'Ascleus Ollivander connait encore les gestes et les moyens d'adoucir et d'apprivoiser une baguette qui n'est pas la sienne. Elle entend presque son grand-père les lui expliquer, de son baryton grave et autoritaire, et c'est agaçant. Alors sans un mot, elle s'apprête à commencer son examen quand Davius décide de la prendre de court : « Pourquoi restez-vous ici ? Ici ? De ce côté des... choses. » Son regard remonte et accroche automatiquement celui de l'insurgé. Un instant, la surprise flashe dans les iris de la jeune femme. Puis ça s'évanouit tout aussi vite, et elle hausse les épaules sans trop savoir quels mots utiliser. Il n'y a pas vraiment de réponse, ou peut-être que ça ne vaut pas la peine qu'elle le dise. Elle ne sait pas trop. C'est la première fois qu'on lui demande son avis sur la guerre. Pourquoi est-ce qu'elle reste ? Pour rien en particulier, est-elle tentée de dire en reportant ses yeux vers la baguette de Davius - elle n'est pas attachée à sa famille, du moins elle essaie, et son statut lui est utile mais il l'indiffère. Au fond, elle reste là parce qu'elle est ici. Parce que ... qu'est-ce que ça change ? Est-ce que ça change même quelque chose au fond ? « Est-ce que ça changera quelque chose ? » Puis, à peine les mots échappés de sa bouche que Nyssandra réalise l'ambiguité de sa question alors elle ajoute rapidement : « Je déteste la situation tout le temps, et depuis toujours. Et celle-ci est moins juste que tout ce que j'ai connu. Mais le monde est pourri quoi qu'on fasse. » Un côté ou un autre, ça ne change rien : les humains sont des humains. Alors ce sera toujours un monde plein d'humains envieux et menteurs. Ce sera toujours un monde où elle essayera de se faire une place et où elle échouera pitoyablement. Ce sera toujours un monde où elle n'aura rien qu'elle voudrait vraiment défendre, rien qu'elle voudrait vraiment protéger. « Les humains se battent pour défendre quelque chose, non ? Et je n'ai rien que je ne supporterai pas de perdre. » Nouveau haussement d'épaules. Elle ne s'apitoie pas sur sa vie, ce n'est que l'indifférence née de l'habitude qui se tisse entre ses mots. On dirait une Serdaigle qui débiterait son exposé. C'est froid et détaché sous l'accent féminin. « Donc je n'ai pas vraiment de raison de me battre, je suppose. » Conclut-elle, ses doigts courant sur le bois magique en cherchant une aspérité, une irrégularité. Mais si le bois est moyennement entretenu, elle n'en trouve aucune alors elle tire la lampe magique vers le plan de travail, intensifie la lumière et continue son examen. Dans l'atelier, il n'y a que le bruit de sa propre baguette qui touche parfois celle de l'insurgé et leurs respirations, silencieuse pour elle et laborieuse pour lui. Dans sa tête, pourtant, les mots se bousculent et elle se demande de quoi parler. Elle a besoin de parler pour le distraire du malaise qui monte en lui - pas vraiment par charité, mais aussi parce qu'elle sent tout à son tour et qu'en plus de la distraire, ça s'infiltre à travers ses barrières fissurées. Et elle ne va pas lui demander s'il va bien. Déjà parce qu'il a failli la tuer (et il y a des limites à ce qu'elle peut faire par culpabilité) et ensuite parce que c'est une question proprement stupide. Bien sûr qu'il ne va pas bien, c'est écrit partout sur les traits défaits de son visage. « Et vous ? Pourquoi est-ce que vous mettez votre vie en danger de l'autre côté ? » Demande-t-elle, soudainement mais sans aggressivité. Elle a même de la curiosité. Elle se demande ce qui pousse quelqu'un à s'engager dans une cause ou dans une autre. Elle aimerait comprendre. Mourir pour des idées ? Pour des principes ? Elle n'y a jamais cru. En revanche, elle croit profondément en l'égoïsme humain. L'avidité des gens. Pour le pouvoir, pour l'argent, pour l'amour. Ou pour le sang versé qu'on veut venger. « Ca fait plus de trois ans, maintenant. Qu'est-ce qui pousse un homme à défendre si ardemment une cause après tellement de temps ? » Elle n'appelle pas ça une cause perdue. Perdue ou gagnée, qu'importe - ce n'est pas à elle de juger, elle ne s'investit dans rien d'autre que sa petite personne. Et puis, ça reste une cause.

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Dernière édition par Nyssandra Ollivander le Lun 4 Mai 2015 - 14:00, édité 3 fois
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Il ne se fait pas prier et prend place sur le tabouret qu'elle a apporté. La position assise est déjà meilleure pour sa santé, il réussit à reprendre un certain contrôle sur sa respiration, et les quelques points gris qui commençaient à danser devant ses yeux disparaissent et laissent sa vision claire. Il est aux premières loges des opérations qu'effectue la Ollivander avec sa baguette magique et il observe le tout avec placidité, curieux. Il est privilégié, il le sait, et même si elle n'est pas une Ollivander, pas dans le sens classique de la chose, pas dans le sens où on l'entend, il est tout de même invité dans un des plus grands secrets de la magie.

La surprise a pris la jeune femme, cela dit, lorsqu'il a posé sa question. Les gestes attentifs ne sont pas interrompus, mais il sent tout de même qu'elle réfléchit – jusqu'à ce qu'elle lui réponde. Davius tente de rester impassible, mais il ne peut empêcher ses lèvres de se pincer.
Il en serait incapable. De laisser les choses aller dans un sens qui lui déplaît, le tout sans agir. Même si son action est infime. Même s'il n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan.
Pourtant, sa réponse le satisfait quelque peu. Elle le contrarie, dans le sens qu'il ne peut pas comprendre ceux qui ne se battent pas, mais il est tout de même satisfait de savoir qu'elle trouve cette situation injuste. Qu'elle n'est pas d'accord avec celle-ci. Il ne comprend pas pourquoi elle mentionne avoir toujours détesté la situation, cette femme est un mystère, mais il n'a pas la force, ni l'intérêt en ce moment, de chercher pourquoi. De connaître plus amplement Nyssandra Ollivander. Il est tellement fatigué.

Il ferme ses yeux momentanément et cette fois, c'est à son tour de les rouvrir avec surprise quand elle lui retourne la politesse. « Et vous ? Pourquoi est-ce que vous mettez votre vie en danger de l'autre côté ? Un clignement d'yeux un peu confus. Ça fait plus de trois ans, maintenant. Qu'est-ce qui pousse un homme à défendre si ardemment une cause après tellement de temps ? » Pourquoi pas, en fait ? L'homme regarde sa baguette dans la mains de Nyssandra, si fragile lui semble-t-il, un simple bout de bois, et la première réponse qui passe ses lèvres est celle de l'évidence, celle qui ne demande même pas de question : « Je suis Auror. J'ai juré de consacrer ma vie à chasser les mages noirs. » C'est une réponse si facile. Une réponse convenable, tout à fait vraie, mais qui ne révèle pas tout. Davius Llewellyn est un Auror, un chasseur de mages noirs, un enragé qui a mis sa baguette au service de ce qu'il considère le bien. Il est loyal jusqu'au fond de son corps, loyal aux engagements qu'il a pris il y a plus de vingt ans.

Je suis Auror. La réalité est là. L'actualité de la chose. Pas de passé, quand il parle de sa profession : elle est plus vivace que jamais.

La réponse n'est pourtant pas complète. Et Davius ne saurait mentir : il en est incapable, de toute manière. La réponse n'est pas complète parce que s'il est aussi furieux, aussi dévoué à la cause, c'est qu'il a bien quelque chose d'autre, n'est-ce pas ? Quelque chose qui a noirci son sang et ses idées. « J'ai perdu des amis. Des collègues. Un silence. Il réussit à maîtriser sa voix. Le noir revient devant ses yeux, il se masse le front et les tempes. Ma femme. Mes filles. » Mortes par sa faute, tuées devant lui, pour lui, pour qu'il parle, pour qu'il craque. Laissé pour mort. Si ce n'était de... Lazarus... Son esprit se révolte contre cette idée, il ne doit rien à Lazarus Carrow, et il revient à l'examen qu'effectue Nyssandra, une flamme furieuse dans les yeux. Étrangement, parler de ça le remet quelque peu sur les rails. On ne se questionne pas, chez les insurgés, on n'embête pas les autres sur leurs motivations : on se contente de leur engagement. « Il est hors de question qu'elles soient mortes en vain. » Et c'est tout ce qu'il dira. Pour le moment. Ses iris bleus détaillent la pièce, puis la journaliste. « Vous changez quelque chose. » En faisant cela. En acceptant d'examiner sa baguette. Elle apporte quelque chose à un camp, à son camp. C'est plus que bien des gens.


Dernière édition par Davius Llewellyn le Ven 1 Mai 2015 - 22:33, édité 2 fois
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• DASSANDRA #1 •

Tellement de choses sont fragiles, après tout.
Les gens se brisent si facilement, tout comme
les rêves et les cœurs.


Il est Auror, dit-il, et Nyssandra ne peut s'empêcher de laisser aussi échapper un Tch mécontent. Parce que la baguette ne présente aucun défaut handicapant. Et ça aurait été plus simple si ça avait été le cas, non ? Ca aurait offert une explication rapide, une solution rapide. Un départ rapide de cet homme qui lui sort des lieux communs. Il est Auror, vraiment ? En lui, elle ne sent ni mensonge, ni duplicité. Rien que de la certitude. Pourtant, elle n'est pas satisfaite. L'Irlandaise ne doute pas de la véracité de ses propos, mais la réponse est d'une banalité navrante et lui laisse un goût amer. Un serment. Le devoir. Ca fait rêver les gens, ça peuple les romans et les légendes de ses dorures brillantes. Mais, à ses yeux, ce n'est  plus qu'une chose froide et impersonnelle. C'est comme les Ollivander et leur sacro-saint honneur. C'est comme son géniteur et ce devoir familial qu'elle déteste. Il y a eu un temps où elle a essayé, vraiment et honnêtement essayé de satisfaire les exigences de son père. A cette époque, il lui a semblé que les dix lettres qui lui servent de nom comme de titre étaient un serment en soi, une promesse qu'elle a fait en naissant. Puis, parce que c'était inutile, parce que ses efforts ne changeaient rien (ne changeraient rien), elle a simplement arrêté. Il n'y a qu'une certaine quantité de désespoir qu'un être humain peut accepter avant d'abandonner. Est-ce qu'on peut vraiment avoir ses serments aussi bien chevillés au coeur ? Ou est-ce que c'est seulement qu'il n'est pas encore assez désespéré ? Nyssandra a la question sur le bout de la langue mais quand il évoque les proches perdus, elle préfère ravaler ses mots. Ca lui laisse un goût acide dans la gorge, elle se promet qu'elle lui posera la question. Plus tard. « Il est hors de question qu'elles soient mortes en vain. » Elle acquiesce. Elle ne comprend pas l'envie de vengeance, pas vraiment. Comme elle l'a dit, elle n'a rien à protéger, rien qui lui soit assez cher et précieux pour ça. Et elle doit avouer qu'elle envie un peu ses filles. D'avoir un père qui tient autant à elles. Les seuls mots de réconfort que son géniteur lui a offert résonnent encore à ses oreilles et ça érode ses barrières aussi sûrement que le flux et reflux de la mer. Tu n'es vraiment bonne à rien, Eudoxie. Elle est presque certaine qu'Ascleus se dirait que c'est de sa faute si elle se fait tuer. Pour le reste ... « Je suis désolée pour vous. » Son regard brun ne se tourne même pas vers lui, se concentrant uniquement sur l'examen de la baguette et les sorts d'analyse qu'elle lance, mais ses mots sont sincères. Elle sait ce que c'est que de perdre sa famille. Ian était sa famille il n'y a pas si longtemps (si la guerre n'en est pas la cause, ça n'enlève rien au tragique de la chose, décide-t-elle). Mais elle sait aussi qu'elle a détesté les gens qui lui ont servi ces trois mots vides de sens. « Pas que ça soit d'une grande utilité. » Marmonne-t-elle finalement alors qu'il observe l'atelier. Je suis désolé, ça ne sert rien quand on fait son deuil.

Nyssandra croit presque l'avoir vexé. C'est la réaction qu'elle aurait eu, à sa place (Merlin, c'est même la réaction qu'elle a eue à sa place). Au milieu de la fatigue qui émane de lui, elle se doute bien qu'elle n'a pas une lecture claire des émotions de l'homme - et son esprit est fatigué, lui aussi, de faire le tri entre ce qui est à Davius et ce qui est à elle. Quand, à nouveau, il reprend la parole : « Vous changez quelque chose. » Brusquement ses mains cessent de s'activer au dessus de la baguette et à nouveau, ses yeux se braquent sur lui. Nyssandra ne sait pas trop quoi faire de ces mots. C'est la première fois, peut-être, qu'on lui dit ça. Que ce n'est pas inutile, qu'elle n'est pas inutile. Elle ignore ce qu'elle doit faire, alors elle rit, un peu. Pas beaucoup. Juste quelques notes qui vont s'écraser par terre au lieu de s'envoler. Et le naturel revient au galop. « Je n'en suis pas aussi certaine. Je change peut-être quelque chose pour vous, mais pour le reste ? » Sa voix est teintée d'un pessimisme détaché. « Sauf si vous me dites que vous tuerez le Magister ? » Un sourcil s'arque au-dessus de son regard où brille le défi mais la sorcière sait déjà que s'il l'affirmait, elle serait tentée de le croire. Alors elle bat en retraite, elle n'aime pas les espoirs inutiles. « Merci, ajoute-t-elle précipitamment, et contre sa lèvre, l'email blanc d'une dent qui joue sur la pulpe rose. Une main passe nerveusement dans ses cheveux : De le penser. » De la main, elle montre le plan de travail où elle a abandonné leurs baguettes sous la surprise.

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Dernière édition par Nyssandra Ollivander le Sam 16 Mai 2015 - 5:23, édité 2 fois
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