sujet; (Rabhÿx) ‣ the shadow on the moon at night

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I'm only a man with a candle to guide me,
I'm taking a stand to escape what's inside me.
A monster, a monster,
I've turned into a monster
E
lle n’avait eu de cesse de regarder en arrière, comme si l’ombre qui la suivait pouvait être l’inquisitrice de ses méfaits, qu’elle viendrait bientôt s’élever au dessus d’elle pour gronder son mépris et la satisfaction d’avoir main sur l’acte. Ce n’était que sa fidèle compagne pourtant, cette partie inhérente d’elle-même et veillant du sol sur son âme, le propre dessin de sa silhouette seulement visible lorsque la lumière froide venait éclairer les pavés. Ses mains bientôt, vinrent de nouveau arranger la capuche de sa cape, cachant soigneusement son visage de poupée de la face du monde. Nul doute qu’elle tenait à son identité, aussi sérieusement qu’à sa propre existence. Fut-ce pour cela que l’homme qui l’accompagnait ajusta un rire satirique, se moquant délibérément de la poupée dont il était le jouet, la propriété et le garde du corps ? « On a peur ? » Laissa t’il finalement échapper, alors qu’elle tournait son visage pour mieux l’observer. Auparavant, Elias Rosier ne ressemblait plus à un homme, il n’était plus que l’ombre de lui-même, un chiffon usé et délavé. Ce n’était qu’à force d’ordres pincés et de désintérêt de la dite maîtresse qu’il avait retrouvé son apparence d’antan. Mais le mordant de son ton à son égard ? Jamais elle n’avait put le faire disparaître, et visiblement peu intéressée à l’idée de le faire. Pour autant, la réplique du rebut n’eut pour effet que d’inciter la maitresse à plisser le nez, avant de finalement lui lancer un regard frondeur. Peur ? Il aurait été idiot de le reconnaître, et pourtant, mensonge que de penser le contraire. Elle n’avait pas pour habitude de se promener dans les quartiers les plus tristes et les moins fréquentés, d’autant plus en pleine nuit. Cimetière bien moins encore. « Ai-je l’air effrayée ? Avançons. Je n’aime pas les cimetières. » Une confession sous son accent chantant, une ironie quelque part, lorsque l’on connaissait sa véritable nature. Une nécromancienne abhorrant les catacombes et autres lieux de repos ? Que le rebut se moque sous sa mimique effrontée, la cadette Dolohov possédait la meilleure raison de craindre ces endroits plus que quiconque : les maitres des morts sont rares, et empiéter sur le territoire d’un autre peut être de plus mauvais augure encore. Elle ne tenait pas à rencontrer les pantins d’un compère et adversaire ; si tant est qu’il puisse en exister un ; sans être capable de s’en défendre. De toute évidence, être nécromancien n’a jamais été le don le moins dangereux qu’il soit. D’autant plus si elle s’en référait aux mises en garde de son aîné et chef de famille : tout maitre des morts n’étant pas à la solde du magister pouvait bien vite voir sa propre existence annihilée. Et cela… elle ne pouvait le permettre. Elle tenait à la vie autant qu’à sa propre liberté, raisons principales pour lesquelles elle n’avait pas rejoint l’ordre de son frère, allant jusqu’à le lier sous le sceau du secret.

Et bien que le profil bas soit une mesure indispensable, n’en demeurait pas moins que ses travaux ne pouvaient être mit de côté par simple souci de précaution. Son objectif demeurait inchangé depuis des années. Si créer des inferi obéissants était devenu aisé, n’en demeurait pas moins que leur accorder une volonté propre demeurait plus délicat que jamais. Son dernier échec, trop cuisant pour sa fierté, l’avait hélas poussé à brûler tous les inferi dont elle disposait, légion fidèle dont elle avait pourtant prit grand soin jusqu’à présent. Les rares demeurant n’était que protection, défenses du manoir contre qui voudrait s’en prendre à la bâtisse, répondant à un ordre précis et n’ayant aucun autre but que celui-là. Elle ne pouvait se permettre de reprendre ses recherches sur ceux-là, pas plus qu’elle ne pouvait s’éparpiller sur tant d’autres. Ne lui restait alors qu’une solution : trouver le mort idéal. Le sujet test, l’ultime et peut-être l’unique. Un être mort en parfait état, récent au possible. Nul doute que le rebut aurait put faire lui-même cette course, mais elle ne pouvait rien laisser au hasard. « Sommes-nous bientôt arrivés ? » soupira t’elle finalement, ses doigts trainant le long d’une pierre tombale, le regard obstinément fixe, comme à la recherche d’un point étranger aux ténèbres. « D’ici deux tombes. », fut son unique réponse, l’incitant à inspirer profondément. D’ordinaire, elle ne faisait appel à personne pour relever un mort. D’ordinaire, il lui suffisait de volonté propre pour en appeler à sa légion. Mais finalement, une faible lueur de bougie capta son attention, puis un faciès aussi grisâtre que la mort elle-même : le gardien du cimetière visiblement, fossoyeur à ses heures perdues, trop nombreuses par les temps qui courent. Et tandis qu’elle pouvait se permettre de cacher plus encore son visage sous son capuchon, son rebut vint lui aussi en faire de même. Prudence est mère de survie murmure t’on.

« ‘Soir. Fais pas bin chaud c’te nuit, j’bin cru qu’vous viendriez pas. » Une grimace sous le couvert de l’obscurité, et voilà que la jeune femme tourne son visage légèrement sur son rebut, lui intimant finalement sous silence de prendre les choses en main. Bien que parlant à la perfection la langue du pays, certaines façons de parler lui demeuraient encore mystérieuses, comme cette étrange manie de couper les mots. « Mmmh. Ma dame a besoin de voir vos derniers morts. » « Beh, j’veux bin, mais j’vous préviens, sont pas de toute beauté. Y’en a qu’ont été abîmés. Faudrait pas qu’vot’ dame ait l’cœur fragile. » Un rire émanent des lèvres du rebut, et déjà la nécromancienne fait preuve d’impatience. L’endroit ne lui inspire pas confiance, pas plus que cet étrange pressentiment qui l’oblige à être un peu plus sur ses gardes, ses doigts pianotant l’extrémité de sa baguette. Et puis quelques craquements de branches, et voilà qu’elle se tourne sur l’origine du bruit, alors que son compagnon demeure occupé.
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