sujet; Souvent une évolution est une révolution sans en avoir l’R

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     Picture, you're the queen of everything, as far as the eye can see. Under your command, I will be your guardian. When all is crumbling, I steady your hand. You can never say never while we don't know when. Time, time, time again, younger now than we were before.

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Je ne pus m'empêcher de rire face à ce que la fille de sang-pur devait faire. La femme semblait y être infantilisée, rabaissée. Le pire aspect était celui où la femme ne devait parler que lorsqu'il le lui était demandé. Certes la danse, cela avait des vertus d'élégance, de grâce mais les brimer ainsi... Quelle honte. Ma mère était aux antipodes de ce genre de choses. Dans mon souvenir, elle avait beau être élégante et gracieuse, pour autant, elle menait le domaine d'une main de fer et si elle n'avait jamais levé la main sur moi, le seul poids de son regard suffisait. Nous avions été libres, nous avions toujours été plus libres que ces gens-là et ils nous ont pris cette liberté, par jalousie, par envie. Cela ne faisait que les rendre plus détestables et à la fois plus pitoyables. Je ne savais pas à quoi ressemblait la vie d'un sang-pur mais vu le portrait dressé par la belle Lestrange, il n'y avait aucun doute, je préférais être libre plutôt que soumis à des codes. Je compris alors que Gwen, finalement, n'avait jamais été libre, contrairement à ce que j'avais pu croire auparavant, lorsqu'elle avait mis fin à notre correspondance. Je pensais que cela avait été son choix, et non quelque chose qui avait été imposé. Ses paroles furent un électrochoc. Quelque part, elle était rebut de la volonté des autres, sa mère, son père, le Magister. Tous étaient les rebuts du Magister. Ses esclaves et bourreaux volontaires. Mon rire finit par s'éteindre à mesure que je me rendis compte de la gravité des choses. « Bon, tu as de la chance, j'aime beaucoup le piano mais je suis très mauvais danseur. Pendant que tu apprenais à être convenable pour ces gens-là, j'apprenais à.. Comment dire, à escalader et à plonger, tout ce qui est convenable pour un irlandais. » Je grattais ma nuque et l'arrière de mon crâne, bandé avant de me mettre à rire. Je n'avais pas l'intention de lui dire que j'apprenais à être semi-loup, non. Une vipère et un semi-loup, quel mélange...

Peu habitué au lit et à la chaleur des draps, je ne me sentais pas très à l'aise, souhaitant échanger aisément le sol pour le matelas. J'avais peur de ce confort, comme j'avais eu peur d'aimer Gwen et surtout, de la laisser m'aimer en retour. La jeune Serpentard semblait à son aise ici, presque comme si elle se sentait chez elle, vraiment chez elle. C'était comme si elle connaissait les moindres recoins de la maison, l'emplacement de chaque objet comme si c'était du fait de son rangement. J'apprenais beaucoup sur elle ce soir, à l'occasion de notre première nuit, bien méritée mais à quel prix. Elle avait souffert, elle avait été blessée par la folie inondant Londres. J'ignorais s'il y avait bien un lien causal entre les choses. Peut-être que je pensais trop, au final. Gwen semblait ne pas avoir ce souci, s'endormant paisiblement. Ma respiration devint plus lente, presque inexistante tant la détente s'imprégnait de mon corps. Continuant mes caresses et mes massages sur son épaule, une petite voix endormie vint briser le silence réconfortant car paisible qui s'était installé. Un large sourire s'étira sur mes lèvres alors que j'embrassais son front. « Je t'aime, Gwen. » Le sommeil m'arracha ces derniers mots, avant de m'inviter dans le royaume de Morphée, s'il existait.

Tombé dans un sommeil de plomb, tout y était noir, abstrait mais faussement reposant. Au début, calme et détendu, l'invasion de mauvais souvenirs vint perturber mon sommeil et rendre confus mes rêves. Au début, il y avait Glendalough, l'enfilade des lacs et le wiggentree. Et, soudainement, il prit feu, embrasant la contrée jusqu'au domaine. Le corps, inanimé, de ma mère gisait sur le sol alors que cinq hommes encapuchonnés, portant l'habit noir, se délectant du spectacle. J'essayais de parvenir à ses côtés, ma respiration s'était décuplée, je commençais à transpirer alors que mes mains vinrent saisir le drap. La suite du cauchemar m'amena directement à Azkaban et, au premier sort lancé en guise de bienvenue de la part du tortionnaire, mes poings finirent par arracher les draps, les déchirant par la même occasion. Le second sort, brutal, m'arracha un spasme musculaire et un grognement, alors que je me réveillais en sursaut. Gouttes de sueurs dégoulinant sur mon corps échaudé, j'étais essoufflé, apeuré. Je ne savais plus où est-ce que j'étais. Complètement déboussolé, je cherchais des points de repère, en vain. Et puis, mon regard se posa à nouveau sur cette photographie de Gwen et son amie, me rappelant les événements passés. Encore sous l'effet de ces sensations désagréables, la porte s'ouvrit et je jetais un regard noir en sa direction, grognant encore, les poings serrés.
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Oui, les femmes étaient infantilités. C’était le lot de bon nombre de femmes dans les familles patriarcales. Les mariages arrangés étaient monnaie courantes afin de tisser des liens solides entre les plus grandes familles de sang-pur. La femme était alors offerte et on attendait d’elle à ce qu’elle enfante, un garçon de préférence pour l’héritage. Ma « mère » avait bien fait les choses en ayant avant moi deux garçons et il y avait eu Cedrella. Aucun de nous trois n’était marié ce qui faisait de ma mère une grande égoïste qui voulait conserver ses enfants auprès d’elle… Ce qui n’était pas complétement faux, concernant ses fils en tout cas. Elle avait eu trop de peine vis-à-vis de son mariage arrangé qu’elle tentait de laisser plus de liberté aux garçons. En vain maintenant que Rabastan était libre de ses mouvements. Il n’allait pas tarder à placer ses pions, nous trois, sur son échiquier afin de rassembler la « famille ». Non, nous n’étions pas libre et nous ne l’avions jamais été… personne ne pouvait comprendre ce que représentait le carcan familial avant d’y avoir vécu pleinement. Je souriais lorsqu’il me parla de lui de ce qu’il faisait plus jeune pour être un parfait petit Irlandais. Je t’apprendrais…   Parce que j’aimais danser et qu’il ferait un parfait partenaire. Je n’avais jamais grimpé aux arbres et encore moins à une montagne, l’escalade n’était pas un sport très féminin. En revanche je volais, vite. La course en balais n’était pas une pratique féminine mais c’était le seul moment où je pouvais me sentir libre. Ma mère ignorait ma passion pour cette pratique mais Liam, lui, la connaissait, c’était ainsi que nous nous étions rencontrés. Je sais nager mais concernant l’escalade je ferai une piètre Irlandaise…   J’aimais l’eau mais je n’avais pas le loisir d’en profiter souvent. Il était agréable d’en découvrir davantage l’un sur l’autre, des petits détails qui n’importaient qu’à nous. Je n’avais pas eu le courage ni la force de conserver plus longtemps les yeux ouverts, la potion m’aidait à trouver le sommeil rapidement. Comme toujours mon esprit n’était pas peuplé que de rêve et je me réveillais deux fois en pleine nuit. La présence de Liam à mes côtés m’avait permis de me rendormir plus aisément. Au petit matin j’avais quitté la chaleur de ses bras et après avoir repris de la potion antidouleur et avoir passé une nuisette bleu nuit pour être plus à l'aise j’avais rejoint la cuisine ou j’avais retrouvé Absynthe saine et sauve. Nous avions toutes deux discuté tout en préparant un copieux petit déjeuner. Elle allait « bien » et c’était l’essentiel. Je préparais un plateau avec de quoi déjeuner pour deux et le faisait lévité non sans entendre les commentaires de mon amie qui semblait amusée de la situation… Je n’avais jamais emmené de garçon ici, ni personne d’autres d’ailleurs. Lorsqu’elle ne me vit plus elle me lança néanmoins un « nettoie les draps après » qui me fit sourire. Elle n’en loupait décidément pas une. Je m’appuyais sur la rambarde d’une main afin d’éviter de mettre mon poids sur ma cheville blessée, heureusement que les potions agissaient. Alors que j’ouvrais la porte mon regard se posa sur Liam qui… oui il me grognait dessus. D’abord surprise je pénétrais tout de même dans la chambre lui offrant un sourire que je voulais réconfortant. Je déposais le plateau sur la table de chevet que j’avais placé entre les deux fauteuils avant de partir et je refermais la porte derrière moi. Claudiquant je me rapprochais du lit pour prendre place près de lui. Ce n’est que moi… désolée si je t’ai réveillé. J’ai préparé le petit déjeuner, j’ai pensé que tu aurais faim…   Je posais ma main sur la sienne avant de l’embrasser avec douceur. Il pouvait se détendre, nous serions parfaitement tranquille ici. Je l’observais lui puis les draps… et me mordais la lèvre inférieure. Tu as fait un mauvais rêve…  j’aurai dû rester près de toi…   L’odeur du petit déjeuner se répandait dans la pièce. Il y avait des œufs, du bacon, des tomates, des toasts, du jus d’orange et du thé. Un petit déjeuner complet qui n’attendait que nous.


Dernière édition par C. Guenièvre Lestrange le Ven 10 Avr 2015 - 16:26, édité 1 fois
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Perdu, égaré dans un sentiment d'insécurité, je revivais les pires instants. Ces instants qui avaient fait de moi plus un animal qu'un homme. Plus une bête qu'un sorcier. Plus objet que toute autre chose. Le sang, la violence. Je détestais dormir pour ces raisons. Je détestais rêver car je me perdais un peu plus. Je ne savais plus qui j'étais, peu de personnes arrivaient à réveiller cette part sorcière, humaine en moi. Mais, une fois seul, j'étais à nouveau confronté à ces démons-là. Ces images, violentes, retournaient mon cerveau et me faisaient tout oublier. Mais dans un mauvais sens. Tout ne pouvait être que mauvais, sachant toute la magie noire qui pouvait en être à la base. La haine, la noirceur putride, j'en avais la marque sur mon avant-bras. Ce mal ne souffrait d'aucune comparaison possible. Il ne pouvait souffrir que de contrastes, composés d'instants légers et lumineux. Des rires, de tendres regards échangés, des gestes chaleureux. Méfiant et presque agressif, j'étais complètement déboussolé. Il n'y avait nulle raison, juste un instinct de survie, presque animal qui avait pris l'ascendant sur tout le reste. Le torse luisant, les cicatrices argentées, je me trahissais physiquement. La porte s'ouvrit et je me retournais instinctivement, presque machinalement.

Une silhouette brune se distingua de la lumière qui brûlait la rétine de mes yeux encore endormis. Elle s'approchait, avec un air innocent, presque enfantin. Mes yeux oscillaient vers un violet clair alors que ma respiration devenait plus sombre, bestiale. Je ne comprenais plus rien, je perdais le contrôle. Il était très rare que cela arrive mais, d'un autre côté, je n'avais jamais été confronté à de telles épreuves auparavant. Voir la mort, la côtoyer et la donner, cela change la perspective des choses et la façon d'appréhender la vie, si fragile, si dérisoire. Sans raison d'être vécue, il n'y avait aucune lutte à faire et la seule fin possible était une déchéance courte, abrupte et brutale. J'avais trouvé une raison de vivre mais dans ces moments-là, la raison s'évaporait. Bizarrement, je ne pouvais agir, à l'encontre de cette personne. Quelque chose me retenait, quelque chose de fort, assez fort pour retenir la haine et la force en moi. Elle déposait son plateau dont la douce odeur vint caresser mes narines. J'échappais un grognement qui témoignait plus d'une sorte de satisfaction que de menace, contrairement aux précédents. Je m'approchais du plateau alors qu'elle partit fermer la porte, ce qui entraîna un sursaut de ma part et une nouvelle crainte. Sur mes gardes, je l'observais claudiquer jusqu'à moi et prendre place.

Sa voix, familière, douce et apaisante, commença à me ramener à la raison. Sa main, chaude et agréable, calma le rythme de mon coeur effréné alors que le contact de ses lèvres sur les miennes ramena mes yeux à leur couleur naturelle. Gwen, c'était elle. Silencieux, je ne la quittais pas du regard alors qu'elle constata l'état des draps, déchirés. Je baissais alors la tête, me sentant encore plus indigne de l'hospitalité que j'avais pu recevoir. Désolé, j'étais pris de remords, plus lourds que la veille. « Je, je mérite pas.. » Quoi ? Elle ? Tout ce qu'elle peut te faire ? Ou alors vivre ce qu'il t'arrive ? Ou bien, vivre tout court ? Dis-lui, Liam, dis-lui que tu es maudit et que les gens que tu aimes finissent par disparaître. Dis-lui qu'en lui avouant ton amour, tu l'as condamnée. Dis-lui, quel égoïste tu peux faire. Mes mains se placèrent sur ma tête, mes doigts s'enfoncèrent dans le bandage, pour finalement l'arracher. J'arrachais les bandages du bras. « Je te mérite pas, Gwen. » La respiration était saccadée, je fixais les draps du lit et la regardais. J'avais peur de l'avoir blessée cette nuit. « Est-ce que, est-ce que je t'ai fait du mal ? » Épris entre un sentiment de confusion, d'incertitude et surtout d'inquiétude, je saisis brusquement Gwen par ses deux épaules, la marquant un peu plus d'une force que je ne ressentais plus. L'emprise était telle que ce fut la sensation de ses os frêles sous mes mains puissantes qui me ramena à la raison. « Pardonne-moi, je suis un monstre. »
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Je n’étais pas dans sa tête, j’ignorais les sombres images qui hantaient son esprit. Je l’avais quitté alors qu’il semblait dormir de façon correct et je n’avais pas voulu le réveiller. Je voulais qu’il reprenne des forces, non pas pour faire correctement ce que Carrow lui demanderait mais parce qu’il en avait besoin. Il devait se reposer, prendre du temps pour lui. Ses blessures n’en guériraient que mieux mais je m’étais visiblement trompé. Son regard m’était presque inconnu, la couleur de ses yeux, ses grognements. Les terribles épreuves qu’il avait vécu depuis la fin de notre correspondance l’avait marqué plus encore que je n’aurai pu l’imaginer. Hier il avait tué, hier ses mains avaient été recouvertes de sang qui ne lui appartenait pas. Il avait donné la mort et j’en étais responsable. Le sang avait coulé afin de m’épargner. Je ne pouvais qu’imaginer l’effet que cela pouvait produire dans son inconscient mais je constatais dans son regard que cela le rongeait. Il ne savait plus ou il en était, il était perdu, semblait apeuré, comme un animal trop longtemps mis en cage qu’on aiguillonnait de coups. Je n’avais qu’une envie, un espoir, celui d’apaiser ses souffrances quelles soient physique ou morale. J’étais assez douée en potion pour panser ses plaies mais j’avais face à moi une blessure bien plus profonde et bien plus douloureuse. Le voir dans cet état m’enserrait le coeur, je me sentais complètement inutile, impuissante. J’avais beau avoir toujours eu une grande facilité à compartimenter mes émotions et mes souvenirs il était plus douloureux pour moi de ressentir sa peine que la mienne. Je m’étais approchée de lui comme on s’approche d’un petit animal blessé. Je posais ma main sur la sienne, l’obligeant au contact pour qu’il se détende et la manoeuvre avait eut l’effet escompté... quelques secondes. Il baissait la tête comme un enfant prit en faute et bredouilla quelques paroles que j’avais du mal à comprendre... Tu ne mérites pas quoi?   Que voulait il dire? Il ne méritait pas le petit déjeuner? Non c’était idiot, à mes yeux il méritait ce qu’il y avait de mieux. Il arracha ses bandages malgré mes suppliques. Non, Liam arrêtes...    Il semblait ne pas m’entendre comme s’il se battait contre lui même. Un combat que je ne pouvais pas stopper d’une seule parole aussi tendre fut-elle. J’étais inquiète, inquiète de le voir si mal, de le sentir si perdu. Que dis tu? Bien sûr que si tu me mérites.   Il me méritait, nous nous méritions. Nous n’avions rien d’un couple normal, banal mais nous étions ensemble, liés par des sentiments sincères et forts. De nouveau il me fixa comme s’il venait d’être foudroyé par une idée, une question...  Tu ne m’as rien fait.   Aucune de mes blessures n’avait été causé par lui. Il ne m’avait pas toucher, pas frapper et les draps étaient, à mes yeux, un simple petit incident. Rien d’important, vraiment. Pourtant il me saisissait par les épaules vivement et je ne pu retenir une grimace, tant de surprise que de douleur, il ne se rendait pas compte de sa force.  Doucement... Liam s’il te plait...   Il lâcha prise assez rapidement et je posais mes mains sur son visage le forçant à me regarder.  Tu n’es pas un monstre. Tu m’entends, tu n’es pas un monstre. Regardes-moi. Je t’aime Liam je t’aime et je sais qui tu es.   Je l’embrassais avec une infinie douceur avant de poser mon front contre le sien.  Tu n’es pas un monstre et je le répéterai autant de fois que nécessaire pour que tu en sois convaincu.    Je caressais son visage, son cou, sans jamais le quitter des yeux. Je devais trouver un moyen de le calmer. Je devais pouvoir l’apaiser d’une façon ou d’une autre...
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Tout ceci respirait l'excès. La violence, la folie, les conditions des uns et des autres. Je ne supportais plus grand chose, dans ces situations. Je feintais, feignais avant d'être rattrapé par des blessures ouvertes, disgracieuses et profondes. Gwen réussissait à m'éloigner de ces instincts primaux, mais une fois seul, j'étais à nouveau confronté à mes démons et il n'y avait rien à faire. Attendre. Fuir. Rien de plus, rien de moins. Mais pas elle. Non, elle était là. Encore, probablement désespérée par le pauvre spectacle que je lui offrais. Je l'aimais et j'avais la sensation désagréable d'être une bête de foire. Ils avaient réussi à me rendre ainsi. Ils avaient réussi à me créer ainsi. Autrefois maladroit, désormais violent, mon âme s'était assombrie un peu plus. Pas par la faute de la belle Lestrange, mais par les ténèbres enivrantes, fatales. Nous n'étions que des pions dans un scénario trop bien rôdé, trop bien pensé pour que quelqu'un puisse un jour, s'en échapper. Nous avions été fous d'y croire, j'avais été assez fou pour lui donner les moyens d'y croire. L'amour m'aveuglait, mes rétines étaient brûlées. Je n'étais plus fort, je ne l'avais jamais été. J'avais troqué la peine par la haine, et la haine, par l'amour, pour finalement perdre un peu plus. En agissant ainsi, Gwen risquait de partir, comme elle l'avait déjà fait. Pour se protéger, pour nous protéger. Nous n'étions qu'une seule entité mais pour autant, plusieurs part d'ombre nous empêchaient de n'être réellement qu'un.

Tout virevoltait, s'embrasait avant de mieux s'éteindre. Je perdais le contrôle, comme si hier avait été de trop. Comme si le sang versé avait été de trop. Je me sentais aux gorges d'une falaise, avec un tel déséquilibre que la chute était inévitable. Par espoir, je me raccrochais à Gwen, enfonçant mes doigts dans sa peau fragile, empoignant ses frêles épaules presque à les briser. Ma force, je ne la sentais plus. Je ne ressentais plus rien et c'était ce qui me rendait encore plus faible, encore plus prompt à la folie. J'avais peur de devenir comme eux alors que je ne soupçonnais pas que j'étais devenu pire qu'eux. Mes bandages étaient au sol, les plaies encore ouvertes recommençaient à couvrir ma peau de leur hémoglobine mais je ne sentais rien. Je cherchais, sans trouver. Œillères en plomb, je posais mes mains sur mon visage lorsque la douleur que je pouvais lui provoquer arriva à relâcher l'emprise que j'avais sur elle. Je reculais alors, dégoûté de ce que je venais de lui faire. Elle me força à la regarder, posant ses mains sur mon visage. Le rythme de ce que je présumais être mon coeur, tenta de retrouver sa mécanique habituelle alors que mes yeux reprirent leur couleur originelle.  

Ses mots trouvèrent difficilement écho dans l'être irrationnel que je semblait devenir. Elle m'aimait, assez pour ne pas voir le monstre que j'étais devenu. Étions-nous aveugles à ce point ? Étions-nous fous à ce point ? Rongés par un sentiment si profond qu'il causerait probablement notre perte, Gwen semblait y croire et m'amenait avec elle dans son sillage vertueux. Je sentis ses doigts sur mon visage, comme si elle n'avait pas peur des marques que je pouvais porter. Elle semblait invincible tant elle était convaincue de ce qu'elle pouvait prétendre. Sa main glissa sur mon cou, emportant un large frisson le long de mon échine. Ma cicatrice n'était plus aussi douloureuse, bien qu'elle se fasse capricieuse de temps à autre. Finalement, je plongeais mon regard dans le sien, revenant lentement à moi-même. Je recouvrais mes esprits alors que, épuisé par ce qui venait d'arriver, je me posais lourdement sur le lit. Les yeux grands ouverts, je fixais le vide, les silences sans me lasser. Encore instable, je sentais ma raison vaciller et tanguer. Mes poings s'étaient refermés sur le rebord du lit, qu'ils avaient emprisonné avec ferveur, quitte à se crisper dessus. Je me sentais coupable de tout et de rien. Incapable de faire la distinction entre le vrai et le faux, je me reposais une nouvelle fois sur Gwen, l'observant d'un air faussement vide, alors qu'elle me permettait de revenir à la personne qu'elle aimait et que j'étais réellement. « Tu, merci... »
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Comment lui faire comprendre qu’il n’était pas un monstre? J’avais l’impression de ne pas pouvoir l’aider du moins pas en profondeur, pas comme je l’aurai souhaité. Je pouvais apaiser ses maux, soigner ses plaies mais que pouvais-je bien faire pour ce qui avait attrait au psychique. Il avait trop perdu. Je voyais ce regard pour la première fois dans ses yeux mais je l’avais tant de fois croisé sur mon lieu de travail. Azkaban, l’entrainement que subissait les rebuts les brisaient. Les marques qu’il pouvait avoir sur le corps n’étaient rien en comparaison des plaies béantes dans son esprit. Il avait vu disparaitre les siens, sous ses yeux avant d’être enfermé avec pour seul compagnie ses bourreaux et des détraqueurs pour finir par être enchainé à un sorcier pour qui il représentait une quantité négligeable. Et moi dans tout cela, qu’avais-je fait pour lui? Je l’avais abandonné, vendu et obligé à tuer. Oui au fond, bien au fond, caché sous l’amour sincère que je lui portais j’avais l’impression de lui être nocive. Il ne serait pas devenu un tueur si nous n’avions pas été ensemble. Il aurait peut-être simplement passé son chemin hier... Mais je refusais de m’apitoyer sur mon sort. Je n’avais pas d’importance. Bien moins qu’il semblait le croire. D’habitude il avait sur moi ce regard protecteur, ce regard qui me rendait plus belle que je pouvais l’être. Il me mettait sur un pied d’escale ou je n’avais jamais eu ma place. Mais ce regard semblait loin, si loin... Je voulais revenir en arrière et lui éviter toutes ces souffrance, j’aurai aimé qu’il soit épargné par cette guerre mais je ne maîtrisais pas le temps. Je ne maîtrisais pas grand chose mais j’allais tout faire pour lui. Tout ce que je pouvais avant que la réalité ne nous rattrape, avant que nous n’ayons plus d’autre choix que de nous séparer. Avant que je n’ai d’autres choix que de le voir repartir au manoir Carrow ce qui m’arrachait le coeur rien que d’y penser. Je l’observais tentant de lire en lui, tentant de comprendre ce qu’il pouvait ressentir, penser... Je ne le quittais pas des yeux malgré mon envie de le prendre simplement dans mes bras et d’enfermer ses blessures dans une étreinte. Il s’installait sur le lit et après avoir fait venir à moi une serviette, une carafe d’eau et des bandages propres venant de la salle de bain je lui demandais d’allonger ses jambes sur le lit. Il était assis, dos contre la tête de lit et je parvenais, non sans mal à prendre place sur ses jambes, face à lui. Je prenais le verre que je remplissais d’eau. Ne me remercie pas... Bois un peu ça te fera du bien.    Je lui donnais le verre et profitais de cet instant pour nettoyer d’un sort sa plaie au bras avant de poser le bandage. Fermes les yeux... respires Liam...    Je caressais son visage, je l’embrassais avec douceur avant d’humidifier la serviette et la lui passer sur le visage, dans son cou, son torse. Je reprenais ma baguette pour soigner sa plaie à la tête et user d’un second bandage sans jamais le quitter des yeux.   C’est si tu réagissais autrement que tu aurais été un monstre.  Si rien ne pouvait encore le blesser, s’il ne réagissait plus à rien, oui cela m’inquièterait. J’ai remonté de quoi manger, tu as besoin de prendre des forces, de te poser un peu. Je reste près de toi.    Je faisais éviter le plateau vers nous après avoir quitter ses jambes et m’installer tout contre lui, déposant le plateau sur nos deux cuisses. Je serrais sa main droite dans ma main gauche. Sers-toi, n’hésites pas. Tu veux du thé? du sucre?    N’importe quoi qui pourrait adoucir ses sombres idées...
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Elle était admirable. D'une beauté sans pareille, à la fois de corps mais surtout d'esprit. Mais un sentiment de culpabilité semblait se dégager de ses actes, comme si la belle Lestrange se sentait coupable de ce qui pouvait arriver. Non, tout ceci n'était pas à blâmer sur elle. Notre seul crime était d'oser nous aimer, et encore, à nos seuls yeux ébahis car seuls à pouvoir comprendre et apprécier une telle forme d'amour. Je ne lui en voulais pas. Comment faire ? Elle était la seule à me donner la force nécessaire de tenir mais aussi la faiblesse d'être impatient de voir tout ce cirque terminé pour pouvoir enfin vivre ensemble et non plus survivre séparément. Tout se confondait dans mon esprit, et je me demandais si ce n'était pas l'effet de la marque apposée sur mon avant-bras. Je ne connaissais pas bien son impact, mais ce n'était que de la magie noire, très noire et encore douloureuse. J'étais le fruit pourri, à défaut d'avoir été un ver. Ces souffrances, que nous endurions tous les deux, nous permettaient quelque part d'apprécier un peu plus les rares instants de répit et de bonheur que nous nous offrions. Nous étions les damnés, les sacrifiés d'un système à la politique douteuse, sanglante. Rien n'était évident, tout y était aisément corruptible et pourtant, j'avais l'impression que nous cherchions à nous affranchir du courant actuel, en préservant ce que nous avions de plus précieux. L'amour éprouvé sans être gâché car sincère.

La crainte, la folie, me quittaient peu à peu. La voix de Gwen, ses gestes, semblaient écarter ces sentiments néfastes. Encore une fois, elle me sauvait du pire que je pouvais être. A moins que ce ne soit ma vraie nature. Je l'aimais, je lui avais fait mal. Ses épaules, rougies par mon emprise, allaient bientôt devenir bleues et violettes. Je fixais mes mains après avoir regardé ses épaules frêles. Je m'en voulais d'avoir agi ainsi. Elle faisait tellement pour moi, elle faisait probablement trop pour ce que j'étais vraiment. Un rebut, un lâche, un traître. Ces mots sont inscrits dans mon dossier, qui fait mon identité désormais. J'étais à la fois reconnaissant mais je me trouvais égoïste de lui en demander autant. Assis, dos contre le mur, j'observais Gwen sans pour autant oser affronter son regard à nouveau. Mes bandages étaient refaits par ses soins, sa magie m'avait encore soigné. Je pris le verre d'eau, que je bus d'une seule traite, manquant de m'étouffer avec tant je m'étais empressé à poser mes lèvres asséchées dessus. La douceur de ses caresses et la chaleur de son baiser ramenèrent mes esprits à bon port alors que la serviette humide engendra quelques frissons. Son regard était sur moi et ce n'est qu'à la lumière de ses mots que je me décidais à croiser à nouveau le sien. Je ne l'affrontais plus.

Encore une fois, elle avait raison. La belle Lestrange savait trouver les bonnes paroles, les mots justes. Peut-être que c'est en réagissant ainsi que je n'étais pas un monstre. Peut-être que c'était ainsi que j'évitais de devenir comme eux. Et, de façon très certaine, Gwen me rappelait à l'essentiel. Mon regard dans le sien, j'esquissais un léger sourire, très sincère bien qu'encore timide. « Je ne pourrais jamais assez te remercier pour tout ça. Tu n'imagines même pas, je pensais que tu allais me rendre faible mais en fait, tu me donnes la force nécessaire. » Elle fit léviter le plateau jusqu'au lit, le posant sur nos deux cuisses. Alors qu'elle serrait sa main dans la mienne, j'entremêlais nos doigts délicatement, caressant sa peau grâce à mon pouce. La scène était inédite, complètement nouvelle mais agréable et j'espérais sincèrement qu'elle ne soit pas singulière. Mes yeux ne savaient pas où se poser, je déglutissais tant l'appétit montait. Il y avait de tout, plus qu'il ne fallait mais autant que nous pouvions le mériter. Le goût du thé appartenait au passé, tout ce qui avait une once de finesse, j'avais peur de ne plus savoir comment l'apprécier à sa juste valeur. « Je.. Comme toi, je te suis. » Gêné, et surtout perdu mais dans le bon sens cette fois, je ne savais pas tellement par où commencer. Je ne savais même plus si j'avais faim ou si c'était de la gourmandise pure et simple. Habitué aux restrictions, mon corps craignait de perdre cette habitude. Après tout, la guerre était encore loin d'être finie.
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Chaque seconde qui passait était une nouvelle découverte de moi-même. Je laissais mon instinct agir plutôt que de faire comme l’aurait fait Cedrella. De toute façon Cedrella Lestrange ne se serait jamais lié à Liam. Il n’était pas assez bien aux yeux de sa mère et de mon point de vue il était trop bien pour qu’elle le salisse avec ses idées rétrogrades. Je l’avais aimé immédiatement, non par défi vis à vis de ma famille mais en écoutant simplement mon coeur. Avec lui, je me découvrais sûre de moi, douce, capable du pire comme du meilleure. Je m’étais découverte jalouse, égoïste, impatiente mais aussi douce, tendre et rempli du désir le plus profond de le rendre heureux. De voir un sourire sur son visage engendrait mon bonheur. De le sentir détendue sous mes doigts me rendait moi-même apaisée. C’est sans doute pour cela que de le voir si perdu, si triste enserrait mon coeur. Ma douleur était secondaire, il était ma priorité. Je l’aimais et j’allais tout faire pour qu’il se sente mieux.  Tu ne peux faire qu’une chose pour me remercier. Vivre. Vivre et tenir le coup, espérer qu’un jour nous pourrons vivre ensemble sans nous cacher.   Libre et heureux, simplement heureux d’être nous, ensemble.  Tu es ma force, toi aussi. Sans toi j’aurai laissé ce mur m’emporter, ces hommes s’en prendre à moi, je n’aurai pas combattu la douleur comme j’ai pu le faire hier.   Il était celui grâce à qui la vie était plus douce, qu’elle valait la peine d’être vécue malgré ce qui pouvait se passer. Je voulais lui rappeler ces moments simples comme prendre un petit déjeuner, être rassasié. C’était la première fois que je le prenais au lit. Avec lui, je voulais découvrir le moindre de ses instants magique qui faisait de nous un couple, tout bêtement. C’est dans cette optique que j’avais préparé tout cela, je voulais découvrir ses gouts, le découvrir lui. Nous avions commencé la nuit précédente et je comptais bien en découvrir d’avantage aujourd’hui. Après avoir déposé un baiser sur la main qui étreignait la mienne je servais deux verres de jus d’orange et je remplissais nos deux tasses de thé. J’ajoutais un petit nuage de lait et un doigt de sirop d’amande. C’est comme ça que je le préfère... le lait adouci le thé noir et le sirop d’amande sucre la boisson tout en l’acidulant. J’espère que ça te plaira.    Je portais la dernière goutte de sirop à mes lèvres avant de refermer la petite bouteille de verre et de la reposer sur le plateau. Je ne suis pas une très bonne cuisinière en réalité... je prépare un plat comme on prépare une potion, il manque donc souvent cette petite épice qui vient du coeur dans mes préparations.... en revanche la cuisson est souvent parfaitement maitrisée...    Autant dire que je cuisinais sans coeur... mais tout cela restait mangeable puisque correctement préparer mais il n’y avait pas ce petit extra dont parlait les chefs cuisiniers. Je Beurrais un toast que je coupais en deux avant de mettre de la confiture sur le second et de le séparer en deux lui aussi. Ainsi, je préparais deux assiettes pour Liam et moi. Les oeufs, le bacon et les tomates furent également divisé en deux même si je laissais une part plus importante pour Liam qui n’avait pas dû bénéficier d’un pareil repas depuis longtemps.  Manges tant que c’est chaud... N’hésites surtout pas.  je lui souriais, profitant de cet instant comme si je l’observais pour la première fois. Malgré les rideaux la fenêtre nous offrait une douce clarté, la journée semblait belle et pourtant je n’avais qu’une envie. En profiter pleinement à ses côtés entre ses murs. Là ou nous n’avions rien à craindre de personne. J’avalais le jus d’orange avant de croquer dans un toast. Parles moi de toi...    Je voulais tout savoir, les détails les plus bêtes comme ses espoirs les plus fou.
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     Picture, you're the queen of everything, as far as the eye can see. Under your command, I will be your guardian. When all is crumbling, I steady your hand. You can never say never while we don't know when. Time, time, time again, younger now than we were before.

© code by anaëlle.
 GROWING APART,

PULL IT TOGETHER

Falling in and out of love, ashamed and proud of

Espérer. Oser. Tomber. Se relever ou mourir. C'était le seul schéma que j'avais en tête. Il n'était pas des plus optimistes ni même des meilleurs mais il avait l'avantage d'exister. Nous voulions espérer, nous étions entrain d'espérer d'ailleurs, d'aspirer à une vie meilleure où notre amour ne serait plus une crainte, une honte, mais quelque chose de naturel aux yeux de tous. A l'accoutumée, autrui n'importait pas. Mais, en ces temps sombres où tout comptait, où tous cherchaient à se démarquer de la plus morbide des façons, il fallait prendre en compte ces gens, ces inconnus. Nous étions entrain de jouer un rôle et j'espérais ne pas nous y perdre car je ne savais pas jouer. Pas à ce genre de jeux, non. Je m'étais ouvert, j'osais aimer, j'osais laisser mon coeur à nouveau à portée de quelqu'un. Gwen était une évidence, notre amour aussi. Ses paroles n'étaient pas forcément amères mais elles avaient une saveur étrange, celle de l'impossible. Mon regard se perdit dans les méandres de mes pensées alors que sa douce voix tâcha de me ramener sur Terre. « Tu es forte Gwen, bien plus que tu ne le crois et que les autres peuvent penser. En plus, pour laisser un rebut te porter, il en faut du courage.. Certains préféreraient se faire avaler par un basilic plutôt que de se faire porter par un rebut. » J'échappais un léger rire, c'était une façon comme une autre de lui faire comprendre toute l'estime que je pouvais avoir à son égard.

Admiratif, je l'observais faire, avec grâce et élégance. J'avais l'impression de voir une danseuse de ballet, les gestes étaient légers, adroits, presque mélodieux. Aucun mot ne sortait de ma bouche, et je l'écoutais prodiguer ses conseils, partager ses goûts. C'était une femme raffinée, avec des goûts fins et développés. Gourmande mais pas vorace. Gourmande mais avec distinction. Finalement, je l'observais porter son doigt à sa bouche alors que la Belle Lestrange continua à m'ouvrir son coeur, me confiant son talent pour les potions mais pas forcément pour la cuisine. Je pensais alors à ce que ma mère avait pu m'expliquer un jour. « Tes potions, quand tu les prépares pour Absynthe, tu y mets ton coeur non ? C'est parce que tu as quelqu'un pour qui les préparer. La cuisine, c'est pareil, ça vient du coeur que quand tu cuisines pour quelqu'un qui compte.. Enfin, c'est ce qu'on m'a expliqué. » Le regard légèrement triste et un sourire nostalgique sur le visage, je revins à mes esprits. Gwen s'occupa des toasts et des assiettes alors que, complètement spectateur, je me contentais d'observer toute sa magie. Très vite, je remarquais qu'elle se privait pour moi, augmentant ma portion. Mes sourcils se froncèrent et je pris sa main pour la stopper, rééquilibrant notre petit-déjeuner. Nous avions tous deux besoin de forces, aucune priorité n'avait lieu d'être.

« Merci beaucoup, ça a l'air excellent en tout cas ! » Je m'empressais alors à goûter à cette assiette délicieuse, avec un entrain et un plaisir que je ne cachais pas au point que le petit déjeuner ne dura pas. Je m'étais empiffré au point de ressentir une sorte de barre au niveau de l'estomac. Je ne mangeais pas très bien, je ne mangeais plus trop à vrai dire et mon corps n'était plus habitué à des goûts aussi raffinés et à un petit déjeuner consistant. Alors que je posais lourdement ma main sur mon ventre légèrement gonflé et que je commençais à me détendre, la question de Gwen me surprit quelque peu. « De moi ? Je découvre que j'aime beaucoup ta cuisine et que j'aimerais beaucoup y goûter à nouveau, tout le temps et presque pour toujours. » Je plaçais mon bras autour de ses frêles épaules alors que ma main caressait son bras délicatement, en faisant des petits dessins sur sa peau douce. Je pris un de mes toasts de ma main libre avant d'y croquer à mon tour. « Demande-moi ce que tu veux Gwen, je suis tout à toi. » Je confessais alors que je ne savais pas parler de moi spontanément. Même sous la torture la plus brutale, cela n'était pas sorti. Je ramassais un bout de confiture à la commissure de ses lèvres avant de porter mon doigt à ma bouche. J'en profitais alors pour l'embrasser tendrement, comme pour la remercier d'avoir bien voulu de notre amour maudit dans sa vie déjà compliquée.
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Je n’avais aucune idée de ce que pourrait être mon avenir. Si j’osais espérer y voir Liam à mes côtés rien n’était moins sûr. Non, je ne doutais pas une seule seconde de ses sentiments à mon égard mais je doutais trop de moi-même pour imaginer un schéma possible. Cedrella en aurait eu un tout tracé mais je lui avais volé sa vie et un jour ou l’autre je paierais pour tous mes mensonges. Bien sûr en rêve, il me comprend, me pardonne et nous vivrions heureux tous les deux. Mais dans ce rêve il y a mon reflet qui se trouble, mon image que je ne connais pas, mon passé qui me rattrape, mes démons qui m’engloutissent et au bout du compte je ne fais qu’offrir un être incomplet à l’homme que j’aime. Ne pas pouvoir lui offrir pleinement ce qu’il mérite m’insupporte. Si lui me pardonne serais-je capable de le faire moi-même ?  Trop de question sans réponses qui remplissaient mon esprit et l’assombrissait chaque jour un peu plus. Je maintenais le cap parce qu’il ne s’agissait pas que de moi mais me lever chaque matin était une épreuve. J’étais forte, oui, il avait raison mais pour combien de temps encore ? Cette guerre trainait dans la longueur et je ne pouvais maintenir ce masque éternellement. Heureusement il était pour moi ma planche de salut, mon ultime force et il ignorait à quel point j’avais besoin de lui. Plus encore qu’il n’avait besoin de moi. Il riait et mon sourire se faisait plus large. Il riait et ça me réchauffait le cœur. Si mon esprit ne s’était pas perdu aussi loin je lui aurai répondu que j’acceptais bien plus que le simple fait d’être porté. Mais, je ne disais rien, j’avais besoin d’un peu de temps. Juste un peu pour remettre chaque idée à sa place et  recouvrir, camoufler le tout comme je savais si bien le faire. Sourire pour ne pas pleurer. Le regarder, lui et lui seul, pour me sentir vivante et légitime. Je divisais le petit déjeuner tout en l’écoutant. Je reconnaissais ce regard, triste, nostalgique. Je posais ma main sur sa joue et plongeais mon regard dans le sien en lui répondant. Alors il n’y a aucun doute à avoir sur le gout exquis de notre petit déjeuner.     Non pas parce que je l’avais cuisine non, mais parce que je l’avais cuisiné en pensant à lui. Je l’aimais et cela se ressentirais dans ma cuisine, du moins c’est ce qu’il venait de m’expliquer. De mon côté, un toast était un toast et en règle générale la cuisine était faite par notre elfe de maison et s’il m’appréciait je doutais que cela puisse se ressentir dans ses plats, ce n’était pas, DU TOUT, pareil. Je dégustais mon thé et mon petit déjeuner avec appétit. Liam semblait lui aussi se régaler et cela me faisait plaisir. Quand les assiettes furent terminées, je déplaçais d’un coup de baguette le plateau sur la commode plus loin ne nous laissant que la boite de petits gâteaux près de nous. Mon pied vint troubler la tranquillité du sien alors que je me collais d’avantage contre lui. Tu t’en lasserais vite, je ne sais pas cuisiner grand-chose.   C’était un peu le souci avec l’éducation de l’élite. Si je mangeais de tout je cuisinais assez rarement. Je n’avais ni le temps ni le courage de passer des heures dans la cuisine. En revanche il était évidemment que lui cuisiner chaque matin son petit déjeuner serait un grand plaisir, cela signifierait que je le retrouverais chaque matin près de moi. Le contact de ses doigts sur ma peau me fit frissonner. Un doux sourire flottait sur mes lèvres, je profitais de l’instant, simplement mais pleinement. Je calais ma tête sur son torse, ma main redessinait ses abdominaux alors que je posais toutes les questions qui  me venaient en tête.  Je veux tout savoir… Ton plat préféré, ta couleur préférée, tes cours préférés, ton genre de musique, ce que tu aimes lire, tout…   Je commençais à m’emporter dans mes interrogations comme si je voulais tout savoir de lui, tout de suite, maintenant. …quel métier tu voudrais exercer, si tu voudrais des enfants ou je ne sais pas des animaux, les animaux que tu préfères…     Hrm… je venais de lui demander s’il voulait des enfants puis des animaux ? Ce n’était vraiment pas la même chose et je me sentais ridicule d’avoir tout déballé de la sorte, il ne devait même plus se souvenir de ma première question.
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