sujet; (Zdravko) Syndrome de Stockholm.
MessageSujet: (Zdravko) Syndrome de Stockholm.   (Zdravko) Syndrome de Stockholm. EmptyJeu 14 Mai 2015 - 0:18

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Désiré Perrault
feat Robbie Wadge • crédit N-Dia

Insurgent • Inventé
• nom complet ; Désiré. Pourtant non-désiré. Conséquence tragique d’ébats non approuvés, non-tolérés par la lignée des Perrault. Ce dernier est ton nom de famille, préservé par tes soins pour qu’avec, tu brilles un jour. Afin de prouver à ceux qui t’ont rejeté dès ta naissance que tu feras briller leur nom parmi les étoiles. Afin de leur faire partager ton succès tout en restant dédaigneux, marque d’irrespect pour ce qu’ils t’ont fait subir. Ta mère s’est mariée avec ce sorcier, pour te fournir un toit, pour ne pas t’élever toute seule. Tu n’as jamais pris son nom, gardant celui de ceux qui t’ont considéré comme étant dispensable.• surnom(s) ; Le brillant. Tu ne t’en rappelles pas. Tu ne sais plus qu’un jour, c’est comme cela que ton demi-frère et ta demi-sœur te désignaient. Pour ton intelligence. Pour le fait que tu réfléchis aussi vite que tu n’agis. Tu ne perds jamais ton temps, tu prends des décisions dès qu’il le faut. Zdravko. Ultime humiliation. Du moins, au début. C’est la preuve que tu es à lui. Seulement à lui jusqu’à la fin de ton existence. Car à une époque, c’était l’unique patronyme auquel tu réponds. Et même maintenant, parfois, tes dents grincent lorsque les autres t’appellent par ton ancien nom. Mais tu es obligé de répondre pour leur faire croire que tout va bien, que tu es là, que tu es celui qui s’est fait capturer il y a belle lurette et que tu n’es pas enchaîné par ces années passées auprès du monstre dont tu es fou amoureux. • naissance ; Le  26 mars 1979. Venue au monde douloureuse. Elle s’est passée dans les larmes et le sang. Dans ce petit village d'Angleterre dont le nom n’a aucune importance. Ta mère, loin de tous ceux qu’elle aime. Courageuse, déterminée d’aller jusqu’au bout. Par amour.  • ascendance ; Sang-mêlé. Sang trouble. Mélange de celui impeccable de ta mère, et celui contaminé de ton père. Elle l’a rencontré. Tu ne sais pas si ce n’était destiné qu’à être une nuit sans lendemain ou si c’était une idylle qui s’est mal terminée. Tout ce que tu sais, c’est que conséquemment, ton sang n’est pas aussi propre que l’on voudrait qu’il soit. La pureté du sang t’a toujours indifféré. Tu es plutôt du genre à te faire des idées sur les gens que tu côtoies par leurs actes. Pas par les stupides circonstances qui entourent leurs naissances. • camp ; Perdu entre deux mondes. Tu étais contre le Magister. Défendant tes idéaux, refusant de te soumettre à son emprise diabolique. Tu t’étais joint aux Insurgés, tu étais devenu leur taupe auprès du ministère grâce à tes nombreux talents. Pris tôt ou tard, tu as connu la pire période de ton existence jusqu’à l’enlacer complètement. Esclave ne répondant aux vœux que d’une seule personne. Au fond de toi, tu n’as juré fidélité qu’à un seul être. Celui qui régira le restant de ton existence. Tu es du camp de Zahari. Même si maintenant, tu es redevenu ce que tu étais, tu es encore attaché à lui comme par le biais d’un cordon ombilical qui ne se rompra jamais. • métier ; Il fut un temps où tu travaillais au Ministère. Non pas par choix, mais par obligation. Infiltrer les lieux devenait indispensable pour surveiller l’évolution des ennemis. Tu étais chargé de la réparation des accidents magiques. Ta baguette bougeait et tu fixais les erreurs des autres. Jusqu’à en commettre une toi-même. Par amour. Tu es donc devenu esclave, sous le joug du Mangemort le plus cruel qui soit. • réputation ; Traîné dans la boue, tu es un esclave. Tu es la propriété de quelqu’un. Mais au premier regard, personne ne le sait. Tu es un peu maigre, mais ce n’est pas suffisant pour que les rumeurs s’en viennent. Il n’y a que ceux qui vivent avec vous qui savent. Le reste n’a aucune idée de ce que tu es. Propre, éloquent, malicieux, tu portes le masque d’un homme libre alors que tu n’es qu’un soumis aux humeurs de ton supérieur. On ne te connaît pas. Tu es un fantôme, invisible aux yeux du monde. Maintenant, au seins des insurgés, tu as la réputation du miraculé. Celui qui a connu les horreurs mais qui en est revenu. Endurci, implacable, une valeur sûre et un combattant sans pitié. • état civil ; Déchiré. Dégoûté. Ta faiblesse t’a mené bien bas. Boulet enchaîné à ta cheville, elle t’a entraîné là où tu n’aurais jamais cru pouvoir te retrouver. Tu aurais préféré mourir plutôt que de ressentir cet incendie au creux de ton être. Pour la mauvaise personne. Pour lui. Tu es amoureux. De ton maître, de ton possesseur. Le passe te rattrape, il essaie de s’accrocher mais il n’arrive pas à réaliser un impact suffisant pour te détourner de lui. Tu es à lui. Exclusivement à lui. Tu portes toujours cet amour incertain pour Ilario, mais ce n’est pas suffisant. Ça ne le sera probablement jamais. • rang social ; Tu es avant tout l’esclave de Zahari. Sa chose. Tu lui appartiens, corps et âme. Tu as été libéré par tes anciens amis, ceux que tu soutenais en te faisant insurgé. Tu es obligé de jouer le jeu, de faire semblant que tu es de retour là où tu appartiens bel et bien. Au fond, tu as mis ton existence en pause, attendant inlassablement les retrouvailles. La distance entre vous pèse horriblement lourd, et tu n’arrives plus à survivre sans lui à tes côtés. Tu tiens bon. Pour le rendre fier. Il n’est pas venu te chercher, alors tu attends. Quelque chose, quelqu’un. Tu attends, tout en démolissant le camp adverse, même si c’est le sien. • particularité(s) ; Aucune. • patronus ; Une fine brume s’amasse. Ça ne marche plus. C’est trop tard. Tous tes souvenirs heureux t’ont été dérobés. Ils ne sont plus assez clairs pour t’aider à reproduire le Patronus. Ton âme a été corrompue, tu l’as confiée au Diable. Adieu, renard roux. Adieu, présence réconfortante pour repousser les Détraqueurs. • épouvantard ; Zahari qui hante tes cauchemars. Vasilev qui t’ordonne de tuer ton frère ou ton premier amour. Toi qui le fais car tu ne pourras jamais lui désobéir. Une image de toi, assis par terre, la tête baissée. Courbant l’échine. Près des cadavres de tes anciens bien-aimés. • risèd ; Des yeux pleins d’amour. Une bouche qui se déforme dans un sourire. Tu es l’un de ces imbéciles dont la vie tourne autour d’un homme. Tu le laisses définir ton existence. Tu le laisses décider de ton avenir. Il n’y a que lui qui compte, tout tourne autour de lui. Il est ta vie. Dans le miroir de Risèd, il y a Zahari qui s’approche et qui t’embrasse. Zahari qui te chérit, qui t’aime. • animaux ; Aucun. • baguette ; Baguette de pin, rigide, de vingt-huit centimètres de long. Majestueux dragon qui a arrêté de cracher ses flammes ardente pour procurer le cœur qui se trouve en son sein. Elle réclame l’originalité, elle réclame la créativité. Elle répond à la moindre de tes directives, elle te permet d’inventer des sorts qui t’étonnent toi-même. Vous vous complétez dans votre curiosité, dans votre intelligence. Elle ne t’a jamais laissé tomber, c’est toi qui la déçois dans ta lenteur excessive, dans tes gestes maladroits. Et tu n'as jamais plus eu l'occasion de lui montrer tes progrès. Elle qui se retrouve chez le maître de son possesseur, lui qui la garde précieusement tandis que tu lui cherches une remplaçante. • miroir à double sens; Il l’a gardé. Après tant d’années, il s’y est accroché précieusement pour te le rendre. Tu lui avais confié avant qu’il ne prenne la fuite. Ce cercle orange que tu divises en deux pour donner l’autre moitié à celui que tu as tout prix besoin de contacter.

The stars have faded away
► Avis sur la situation actuelle : Il a fini par gouverner. Lui le lâche qui s’était fait réduire à néant. Lui qui avait finalement trouvé meilleur que lui. Mais il est revenu. Pour mieux conquérir, pour mieux détruire. Tout s’est chamboulé, tout a dégénéré depuis son retour. Il a lentement mais sûrement gravi les échelons, signant la perte des honorables, des combattants. Que tu as rejoints sans hésitation. Il n’est pas le bon. Tu l’as toujours su mais tu l’as oublié. Sous l’emprise de l’un de ses suiveurs, tu n’as plus le droit à ton opinion. Tu méprises cette guerre, cette différenciation, le fait que les bons soient pourchassés par les mauvais. Les pertes quotidiennes te filent des haut-le-cœur. Mais tu te dois de vivre avec. Toi aussi, tu te bats. Toi aussi, tu répands le sang sur les sols qui n’ont rien demandé d’autre que la neutralité et la paix.

► Infos en vrac : Les pages tournent, les récits te nourrissent l’âme. Tu as toujours aimé lire. Que ce soit des romans qui content les épopées de héros qui ont soit existé soit pas du tout. Ou encore des livres sur l’histoire des lieux que tu visites. Les gros ouvrages de magie qui permettent à ton imagination de déborder. Tu n’en as plus trop l’occasion désormais. Tu chipotes beaucoup sur la nourriture. Tu as tes préférences, et elles sont peu nombreuses. Le reste, tu détestes et tu ne forces jamais. Néanmoins, on n’a pas trop le choix quand on est en captivité. Alors on mange pour ne pas mourir, pour survivre. Tu es de ces érudits qui cherchent à tout savoir, qui ne supportent pas les zones d’ombre et qui cherchent à tout prix à les éclaircir. Ta curiosité est telle qu’elle ravage tout sur son passage. Tu parles très bien anglais et français, et tu as quelques rudiments en allemand et en italien, vestiges d’une éducation que tu t’es toi-même donnée mais qui n’est plus le centre de tes intérêts depuis bien longtemps. • Aimer une personne, c’est lui donner une part de soi-même, alors il te semble que dans la logique des choses, protéger cette partie est indispensable, ce qui fait que tu es prêt à montrer tes griffes et tes dents si on s’en prend à quelqu’un que tu affectionnes. C’était le cas avec ta sœur, India. Oui, c’était… Tu as des troubles obsessionnels compulsifs. Qui ne ressurgissent que lorsque tu vas vraiment mal, que lors de tes périodes les plus sombres. En plus de t’inciter à tout ranger, ils te font faire des listes mentales, et te font compter jusqu’à un nombre précis, la plupart du temps avoisinant les 3000. Les rares fois où tu te rapproches vraiment de quelqu’un, tu es à lui, tu lui appartiens, il peut tout te raconter, tout te confier, tu l’écouteras sans hésiter, même à quatre heures du matin quand tout le monde dort. Tu seras à son écoute, tu seras à son éternelle disposition. Tu changes d’avis trop souvent, quand il faut prendre une décision, tu mets un temps fou. Ça se répercute également sur ton humeur, qui est très versatile. Tu peux être heureux une minute, et tirer la gueule celle qui suit, ce qui est très déstabilisant pour ton entourage. Tu es un grand phobique des araignées. Quand tu en vois une, la panique fuse dans toutes les parties de ton corps, et tu te retrouves incapable de réagir, incapable de bouger. Éternel sensible, tu es la proie de tes propres humeurs, de tes propres émois. Déterminé, tu ne lâches pas l’affaire, tu es résolu, têtu, rien ne te détourne de tes objectifs, si peu que tu en as. Tu es calculateur, manipulateur quand il le faut, la vie est un plan qu’il faut parfois suivre à la lettre, même si parfois le plus sage est de justement s’en détourner. Tu n’aimes pas que les choses échappent à ton contrôle, tout doit aller selon ton bon vouloir. Tu détestes être remarqué, tu préfères être ce petit être effacé à qui personne ne prête attention. Sauf à ses yeux. Tu voudrais être brûlé par le regard intense de Zahari, pour toujours. Le rouge te monte facilement aux joues, rendant ton teint écarlate. Que ce soit par le biais d'un compliment, d'une remarque, d'un reproche, tu es gêné par la moindre des choses. Tu n'as presque aucun souvenir de ton ancienne vie, tu ne sais pas si ce que tu es aujourd'hui est en cohésion ou en totale contradiction avec ce que tu étais avant. Tu ne te rappelles pas de l’être que tu étais, mais ceux qui le font te disent que tu as beaucoup changé. Tu es devenu cet être sûr de lui, inflexible. Ton assurance, ton port altier laissent suggérer une grandeur incomparable. Toi qui te faisais infiniment minuscule par le passé, te voilà conquérant et glorieux. Et les longues heures d’entraînement quotidiennes, afin de gagner en vitesse, ont bien payé. Tu es redouté désormais, un adversaire à qui peu oseraient se frotter. Personne ne sait qui tu es, car ils succombent avant de t’avoir identifié. L’ordre final de Zahari : «Endurcis-toi, Zdravko». Tu lui obéis, inconsciemment.

Nothing compares to you
• pseudo & âge ; pipelette, 20 ans. • comment as-tu trouvé le forum ? Je le connais depuis pas mal de temps. • ton avis, tes suggestions ; Je le trouve très attirant, autant par son contexte que par son design. • connexion ; Souvent. • quelque chose à ajouter ? J’espère que je ne vous ferai pas peur avec mon esprit détraqué. :russe:



Dernière édition par Désiré Perrault le Lun 31 Aoû 2015 - 22:46, édité 6 fois
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Here comes the hurricane
All I need is love…

Tu n'es plus qu'une ombre. Privé de ton identité, de ta liberté. Tes souvenirs ne sont plus que des bribes insensées, disparates. Tes membres ne se rappellent plus des caresses amoureuses. Ils ne se remémorent plus les gestes d'affection. Ils ont oublié les doux touchers qu'un certain fantôme désormais sans visage t'a  prodigués une fois, il y a de cela une éternité. Il n'y a plus que brutalité dans ton existence. La maltraitance a atteint des sommets inouïs depuis qu'il a mis ses doigts sur toi.
Lui. Torture sur chaque centimètre carré de ton épiderme.
Lui. Goût amer sur ta langue, douleur qui n'arrivera jamais à son terme.
Lui. Il t'a dominé, il t'a apprivoisé tel un animal futile.
Lui. Il a fini par te faire tomber amoureux comme le dernier des imbéciles.
Acculé dans ta cellule, tu n’es que souffrance. Tes poignets sont entourés par des bracelets de fer mordants, ramenés au sommet de ta tête par le biais d’une chaîne encastrée dans le plafond. Endoloris, tes membres lâchent et fatiguent, ils ne sont retenus à la vie que parle biais d’un maigre fil. Ce fil que ton possesseur ne connaît que trop bien. Jamais il ne t’a suffisamment rapproché de la mort au point de non-retour. Jamais il n’a du sacrifier l’un de tes organes. Le but est de te faire paraître complètement sain aux yeux des autres, pour te narguer. Pour te rendre méconnaissable en tant que sa chose tant qu’il ne l’a pas précisé, un rictus cruel venant occuper ses lèvres que tu ne connais que trop bien. Non pas qu’il t’ait embrassé un jour, mais elles viennent souvent se poser sur ton oreille pour te chuchoter des horreurs. Et pendant ces moments-là, sa baguette quant à elle est pointée sur une zone qu’il maltraite sans même cligner des yeux. Sang-mêlé. Sang impur. Tu t’appelais Désiré, mais tu ne l’étais pas forcément quand tu étais né. Déchet imbécile, futile. Bâtard venu au monde hors-mariage. Il n’y a que ta mère qui t’aimait, sa famille l’a reniée à cause de toi. Tu n’es qu’une perte de temps pour tout le monde. Tu as gâché leurs vies, à tous. Tu n’es qu’un simple parasite gênant qui a élu résidence dans l’utérus de celle qui t’a mise au monde, de cette idiote qui a cru bon de frayer avec le moldu qui te sert de géniteur. Tu es le résultat de ses infâmes erreurs, de son crime impardonnable d’avoir vu ailleurs que du côté de la pureté de sang. Tu ne connais même pas son nom, à celui qui a ainsi prétendument souillé ta maman. D’ailleurs, tu ne sais plus grand-chose de ton ancienne vie, donc même si tu le connaissais à une époque, il a du se perdre dans les méandres de ton esprit brisé. Comme tout le reste. Ça fait peut-être partie de ces choses qu’il s’est évertué à effacer de ta mémoire. Avec ses coups incessants. Avec ses coups de baguette destructeurs. Tu n’as plus de passé, plus d’identité propre. Tu n’as plus qu’un seul et unique futur : lui, encore lui, toujours lui. Pour ce qui s’est déjà produit avant lui, auparavant, dans un jadis qui te paraît inaccessible, il n’y a que des flashs qui reviennent de temps à autre.
A baby is born, crying out for attention…
Tu as quatre ans. Petit être fragile qui a vécu jusqu’ici dans la clandestinité. Ta mère s’est cachée en prétextant un voyage dans des contrées lointaines pour des raisons humanitaires. Elle a tout fui pour toi. Pour que son ventre ne fasse pas poser les mauvaises questions et qu’elle ne donne pas inévitablement les mauvaises réponses qui la mettraient dans les ennuis. Quand tu es venu au monde, elle t’en a caché. Elle t’a dissimulé aux yeux de tous. De sa famille surtout. Quand elle était obligée de revenir chez elle, forcée par des circonstances contraignantes auxquelles elle ne pouvait pas échapper, elle devait te laisser derrière. Le cœur gros, la maternité qui hurle la souffrance. Tôt ou tard néanmoins, la vérité éclate. "Pourquoi, Claudine ? Pourquoi ?" Une vieille dame te regarde bizarrement. Tu vois dans ses yeux quelque chose que tu n’as jamais vu auparavant. Quelque chose que tu n’as jamais rencontré sur ton chemin, toi petit garçon aux rêves innocents et à la bouille d’ange. De la haine. Du dégoût. "Nous aurions pu t’aider." Maman est contrariée, tu arrives à le deviner rien qu’en guettant ses réactions. C’est comme quand tu touches à tout et qu’elle te gronde d’être aussi dissipé. Mais c’est d’une envergure beaucoup plus grande. "Vous ne m’auriez pas laissé le garder. C’est mon fils." Ton petit cœur s’abat violemment contre les parois de ta frêle poitrine. Ta maman te défend contre cette méchante femme, au regard dur et inflexible. Mais de quoi exactement ? Tu entends des mots que tu connais mais qui sont assemblés bizarrement. "C’est aussi celui d’un… moldu." Ah tiens. En voilà un dont tu n’as pas connaissance par contre. Une courte pause est marquée durant lui, ce dernier mot prononcé avec tout le mépris que l’univers peut porter. "C’est quoi, un moldu ?" La question fuse, ta curiosité pique. Elle bat tes craintes et les étrangle. Tu ne sais pas ce que ça veut dire, alors tu demande. C’est aussi simple que cela. Ça a toujours été ta priorité absolue, le reste n’importe pas. Tu as parlé d’une voix sûre d’elle, où pointe ton désir de savoir. On t’ignore toutefois tout en te scrutant. "Reviens à la maison, ma fille." Tu ne comprends pas, tes sourcils se froncent de perplexité. "Pas sans Désiré, mère." L’évidence s’expose, elle s’impose à ta logique implacable. Ta maman en a une aussi. Mais bien sûr, ça tombe sous le sens. "Ramène le sang-mêlé avec toi alors." Est-ce que tu as le droit de lui faire un câlin ? Avec un soupir, Maman s’approche de toi, te prend par la main et t’emmène vers ta chambre Elle sort un sac qu’elle te tend, un grand sourire aux lèvres. "Range tous tes jouets ici, on s’en va, mon bébé." Tu ouvres grand les yeux, un peu surpris mais quand même obéissant. "D’accord, ‘Man. On va où ?" Elle ébouriffe tes cheveux en éclatant de rire, avant d’apposer ses lèvres sur ton front. "Ce n’est pas le moment de poser des questions, Désiré." Elle s’en va vers la porte, elle te laisse prendre soin de la tâche qu’elle t’a confiée. "Nous rentrons chez nous, mon fils."

Tu serre ta peluche contre toi, paniqué. Tu observes les alentours, ils sont différents, trop différents. Cinq mois que vous êtes ici, et tu ne t’es toujours pas habitué. Ni aux dissemblances, ni à la façon avec laquelle on te traite quand Maman est loin, quand Maman a le dos tourné. Tu es assis sagement sur le banc du jardin, penaud, peureux. Tu préférais quand c’était toi et Maman tous seuls. Uniquement toi et Maman. Distrait, tu ne vois pas la menace s’approcher. Cousin haineux. Cousin plus âgé. Cousin jaloux et imbécile. "Qu’est ce que tu tiens là, morveux ?" Ce ne sont pas là les paroles de quelqu’un de leur rang.  Enfin, à part le ton hautain, il n’a rien d’un Perrault. Les autres aussi lèvent le nez au ciel. Sauf Maman. Même les serviteurs te traitent comme un déchet répugnant, sûrement sous les consignes de ton aïeule. "C’est Monsieur Myron. C’est un chat." Tu vomis ta frayeur, tu ne veux pas qu’il se moque de toi encore. Ou pire qu’il te tape ou qu’il te pique ton doudou. "C’est pas un vrai chat. Mon papa, lui, il en a un." Bouche bée, tu le fixes. C’est injuste. Pourquoi lui a un père et pas toi… ? "Il est comment ton papa ? Moi je n’en ai pas, Maman elle a dit." Un rictus apparaît sur la physionomie de ton tortionnaire. Ses iris s’imprègnent de cette satisfaction qu’il démontre à chaque fois qu’il s’apprête à dire quelque chose de particulièrement cruel. "Si, tu as un papa. Mais c’est un moldu. Un impur comme toi. Ta maman aussi d’ailleurs, elle est devenue impure en te ramenant à la vie." Tu glapis, tes paumes se déposent sur tes oreilles. Pas Maman. Jamais Maman. On ne doit pas dire du mal d’elle, ça t’insupporte. Elle est la seule à t’aimer,  à te regarder avec cette lueur d’amour que tu n’as jamais vu chez quelqu’un d’autre. Ses doigts agrippent ton poignet, ils essaient de retirer ta main de ton tympan pour te faire écouter ses horreurs. "Vous ne méritez pas d’être ici, tous les deux. Vous êtes sales, vous êtes un déshonneur pour la famille." Ton indignation monte. Elle t’étouffe, avec une impression qu’elle ne trouvera jamais de fin. Tu le pousses. "Menteur. C’est toi qui es sale. C’est toi qui blesses !" Rouge de colère, tu sens que tel un volcan, tu vas exploser. Que toute ton ire que tu ne contiens plus va se déverser en coulées de lave impitoyables. Tu veux le faire taire. Tu en as marre de souffrir. Tu veux le… tuer. "Tu oses…!" Grand-maman est là. Dressée sur son piédestal du haut duquel elle juge tout individu sans exception. Sa voix sifflante tranche et te ravage. Outrée par ta présence depuis toujours, elle a pourtant essayé de se maîtriser quand Maman est dans les parages. Tu es le seul à ressentir toute la répugnance qu’elle éprouve à ton encontre. "Toi. Le sang-mêlé qui ose agresser celui dont la pureté est indiscutable." Tu ne comprends pas ses mots mais tu sais qu’ils sont atrocement hostiles. Tu refoules tes larmes. Tu ne dois pas montrer tes faiblesses. Tu n’es pas en tort ici. Tu dois te défendre. "Mais c’est lui qui a commencé, Mamie." Elle hurle, elle s’insurge. Tu la froisses avec tes deux syllabes de trop. "Ne m’appelle jamais comme ça, insolent. Tu n’es pas mon petit-fils. Tu ne le seras jamais, tu m’entends ?" Elle crache son poison qui t’atteint en plein cœur. Désiré ne sera jamais aimé. Désiré subira les fautes de ses parents à jamais… Tu montres l’étendue de ta vulnérabilité, les larmes trouvent leur voie en dehors de tes canaux. Puis tu cours. Sans t’arrêter. Tu cours vers celle qui t’a toujours protégé et qui doit le faire à nouveau…

"Tu m’as menti." Tu te tritures les doigts, gêné. Tu ne lui as jamais parlé comme ça, à Maman. Tu l’as toujours respectée, chérie, adorée. Pour toi, elle est la perfection incarnée, la maternité inconditionnelle. Elle est la lumière qui te fait quitter les ombres auxquelles tu as été condamné. Tu es le fruit du hasard, l’équivalent d’une chute mortelle. Accident prévu et risible que l’on se mord les doigts de ne pas avoir pu éviter. Et pourtant, elle ne t’a jamais vu comme ça. Alors pourquoi t’a-t-elle emmené chez ceux qui n’éprouvent que de l’aversion pour toi ? Dans tes tympans résonnent encore  les mots qui te causent des maux. Tes dernières résistances se sont écroulées, et tu n’en peux plus. Tu n’as jamais voulu te plaindre à Maman. Elle est heureuse, ici. Et elle croit que tu es heureux aussi. Tu sais que c’est mal de la décevoir. Tu sais que ça va la blesser. Mais tu n’y arrives plus. Tu n’es qu’un enfant, et malgré ta conscience des choses, inhabituelle chez quelqu’un de ton âge, tu n’en peux plus. Tu veux qu’elle t’emmène loin à nouveau. Juste toi et elle. Pour toujours. "Pas du tout, mon amour, je t’ai ramené des bonbons avec moi. J’attendais juste mon bisou pour te les donner." Elle croit que tu parles de ça. Elle croit que tu boudes pour de faux. Elle n’arrive pas à deviner la détresse qui t’accable. Ou alors elle ne veut pas le faire. Elle préfère croire que son enfant est en sécurité, ici dans la grande maison où elle a grandi. Elle ne sait pas à quel point elle se trompe. Elle ne se doute pas quel degré les humiliations ont atteint. "Pas pour ça, ‘Man. Pas pour ça." Tes petits pieds te portent, honteux. Tu baisses la tête, tu n’oses pas affronter son regard. Tu vas t’assoir à ses côtés avant de t’allonger pour déposer ta petite tête aux épis de blé sur ses cuisses. Elle est patiente, Maman. Elle joue avec tes mèches tout en attendant que tu te décides à lui révéler ce qui ne va pas. "Ce n’est pas chez nous ici." Tu renifles, sentant que tu vas craquer à nouveau. Tu marques une pause avant de laisser s’échapper la vérité. "Ce n’est pas chez moi." Elle transpire l’inquiétude, ses mouvements se font maladroits. Ses mains tremblent contre ton crâne, et tu peux sentir la nervosité qui la gagne petit à petit. "Raconte à Maman, Désiré. Dis-moi ce qui te tracasse. Dis-moi ce qu’ils t’ont fait." Ses paroles t’apaisent. Elles t’enveloppent dans un cocon où absolument aucun mal n’est en mesure de te frapper. Le temps se suspend, et tu déblatères tout ce qui te vient en tête. Tu ne gardes plus rien pour toi. Dans les larmes de sang qui coulent, tu lui décris les monstres qui l’abritent. Tu la conjures de t’en éloigner. Avant qu’ils ne la détruisent, elle aussi. Avant qu’ils ne vous détruisent.

"Il faut faire bonne impression aujourd’hui, Désiré." Tu hoches la tête. Ta main veut s’emparer de la sienne, mais elle le refuse. Elle t’a prévenu qu’elle sera froide aujourd’hui. La distance se fait ressentir. Elle est belle, Maman. Dans sa longue robe violette aux couleurs qui séduisent. Et c’est effectivement séduire qu’elle doit faire aujourd’hui. Car Maman t’a trouvé un nouveau toit. Car Maman t’a trouvé un nouveau Papa. Nerveux, tu cherches parmi la foule des invités celui qui te donnera ce qu’on t’a refusé depuis la naissance. Une figure paternelle. Est-ce le grand barbu élégant aux boucles sublimes ? Est-ce le blond aux charmes incontestables ? Maman mérite le meilleur, et tu es sûr qu’elle l’obtiendra. Une silhouette s’avance, que tu ignores. Ce n’est que quand elle se tient devant Maman, ce n’est que quand elle lui baise la main que tes yeux curieux s’arrêtent dessus. Ton nouveau grand-père ? "Désiré, je te présente Monsieur Morgan." Ton sourire apparaît, tu as promis d’être poli. Tu ne bronches pas lorsqu’il dépose sa grosse main sur tes cheveux. Tu ne demandes pas des explications qui viendront toutes seules. "C’est ton nouveau papa." Ton sang se glace, le fait te paraît incongru. C’est quoi cette histoire ? Quelque chose ne va pas, c’est juste un mauvais rêve. Ta maman si belle avec un homme si… "Mais c’est impossible, il est trop vieux." Sortant de ta bouche, la réalité est accablante. Elle fait ouvrir de grands yeux à ta génitrice. Elle fait blêmir ton futur beau-père. Tu as gaffé. Tu t’es lamentablement planté. Tu peux presque entendre Maman grincer des dents. Elle ne t’a demandé qu’une seule chose : être correct. Tu aurais du juste te taire et sourire. Tu aurais du prétendre que tout va bien et attendre l’intimité d’une chambre avec Maman pour lui dire que ça ne te plaît pas. Tu es embarrassé par ton propre comportement, tu n’aurais jamais cru être aussi mal élevé. Ils avaient raison, les Perrault. Tu es un bon à rien avec les mauvaises manières. Peu importe ce que tu feras, tu n’arriveras jamais à achever l’excellence. Tu seras toujours ce vulgaire gâchis de l’espace que tu occupes. Tu seras toujours ce vulgaire gâchis de l’air que tu respires. Le temps se suspend, et les rouages de ton esprit fonctionnent à toute vitesse. Il faut rattraper la maladresse commise par une jeunesse trop curieuse, trop franche. "Tu ne voudras jamais jouer avec moi." Comme si c’est ta vraie préoccupation. Tu joues avec les apparences, tu les distrais de ta sincérité abusive. Au fond de toi, tu crois juste qu’il est indigne d’elle. Il n’est pas moche, il est même beau. Mais ses cheveux blancs l’enlaidissent à tes yeux. Ses rides te font grimacer intérieurement. Pourtant, son âge se situe dans les dernières années de la quarantaine. Mais c’est déjà trop pour la magnificence qu’arbore Maman, elle mérite le meilleur. Les rires résonnent, gênés. Maman, elle, n’est pas vraiment amusée, elle fait semblant, elle voit clair derrière ton jeu. "Certes, je ne pourrai pas jouer avec toi. Mais je connais quelqu’un qui voudra bien." Sa main se tend en un signe vers l’invisible, invitant quelqu’un à se rapprocher. Une jolie blonde dirige ses pas vers vous, traînant par la main quelqu’un que tu n’arrives pas encore à voir. "Voici Kenneth." Ton cœur anticipe, ton cœur vacille. "C’est ton grand frère désormais." Oui… Oui… Oui. Mille fois oui. Tu le veux. Tu veux déjà t’amuser avec lui.

"Je peux tenir India, ‘Man?" Tes mirettes se font suppliantes. Petite poupée fragile, elle a ses petits yeux qui s’entrouvrent à peine. Elle a des joues qu’on voudrait embrasser à longueur de journée. C’est votre petite sœur, à toi et Ken. "Non, Désiré, c’est dangereux. Plus tard, quand elle grandira." Tu fais la moue. Après tout, elle n’est qu’une poupée fragile, qui pourrait se casser en mille morceaux. Il suffirait d’une chute. Il suffirait d’un atterrissage sur le sol. Elle n’a que quelques mois, il faut lui donner le temps. Elle n’a pas de cheveux. Une fille sans cheveux, c’est un peu bizarre. Au début, tu as cru qu’elle ressemblait à Papa, avec son front dégarni. Plus tard, tu as compris que les bébés naissent comme ça. Dénués de poils. Tu trouves ça adorable, au final, tu embrasses beaucoup sa peau douce. C’est tellement jouissif. "Mais toute à l’heure, Ken, il a eu le droit."  Tu boudes, gamin. Du haut de tes six ans, tu es habitué à ce que l’on te refuse beaucoup de choses. Mais jamais de la part de Maman. Elle a été la seule constante dans ta vie. Et maintenant, elle aime d’autres personnes. Elle aime son mari. Elle aime India, la nouvelle venue. "Quitte la pièce, j’ai une migraine intolérable et je n’ai pas besoin de jérémiades en ce moment." Désormais, elle ne s’adresse à toi qu’en anglais. Il faut que tu apprennes. Elle a des plans pour toi, elle veut que tu ailles à Poudlard pour devenir un bon sorcier. Elle espère que tu recevras ta lettre. Tu traînes des pieds, tu as beau adopter ton air le plus suppliant, elle demeure intransigeante. "Ne t’inquiète pas, frangin, on attendra qu’elle soit toute seule et je t’aiderai à la porter." Le souffle de vie te revient. Un sourire étire tes lèvres, le baume s’installe pour apaiser ton cœur. C’est lui. Ton grand frère. Celui qui te protège, celui qui te chérit. Le courant n’était pas tout de suite passé, il avait été distant. Puis plus tard, c’était juste arrivé, tout avait fini par changer. Il s’était tellement inquiété pour toi quand tu étais tombé dans les escaliers. Il avait couvert pour tes deux pieds gauches en disant que c’est de sa faute et qu’il avait laissé quelque chose sur ton chemin sans faire exprès. Et là, il a assisté à la scène, il essaie de te réconforter. "Dis, Ken. Tu seras toujours mon frère ?" Son visage s’assombrit, il ne comprend pas ton interrogation, il ne conçoit pas que tu aies des doutes là-dessus. Habitué à être traité comme un déchet, tu as peur. Peur de lui, peur qu’il retourne sa veste un jour. "Je suis désolé, je t’aime juste beaucoup." Tu vas encore tout gâcher avec ton désir de mettre les points sur les i. Tu aimes quand on te répond directement, clairement. C’est cette curiosité maladive dont tu n’arrives pas à te débarrasser même quand il le faudrait. "Oui, je te le promets." Sa réponse te surprend. Et tu montres tout le bonheur que tu éprouves vis-à-vis de ses mots par le biais de ton plus beau sourire.

Un bruit lointain te tire de tes pensées. Tu grimaces, faux mouvement entraînant une affliction à laquelle tu ne t’habitueras probablement jamais. Tu as appris à l’affectionner, à en faire ton alliée mais elle reste toujours une épreuve éprouvante. La punition est bien méritée après tout. Tu as été dressé habilement par le meilleur de tous, par celui dont l’autorité ne peut être contestée. La guerre qu’engendre votre rencontre est un tourbillon que vous ne pouvez quitter. Où est-il d’ailleurs ? Tu as beau profiter de la plus malsaine des façons qui soit de vos séances de torture, tu n’aimes pas quand elles sont comme ça. Quand elles se résument à toi, suspendu ainsi sans que rien ne vienne te détruire.  Son absence pèse et te ravage. Tu te sens errant dans un labyrinthe d’amertume, chaque seconde sans lui est un fardeau qui écrase tes épaules frêles. Il n’a pas dit mot, il s’est contenté de t’entraver de cette manière, comme s’il avait peur que tu t’échappes. Ne sait-il donc pas que même si tu le pouvais, tu ne le ferais pas ? Si au début, c’est tout ce à quoi tu pensais, maintenant tu ne résistes plus. Tu ne te bats plus. Tu as lutté de toutes tes forces, mais ça n’a jamais suffi, alors tu as capitulé. Tu t’es livré à lui sur un plateau d’argent. Tu t’es offert à lui, seulement à lui, juste à lui. Ça fait longtemps qu’il ne t’a pas laissé tomber comme ça, comme la raclure que tu es, à la proie de tes pensées et de ton manque de lui. Désormais, s’il veut te martyriser, il le fait en t’adressant des sourires presque tendres qui t’embaument le cœur. Ou alors c’est juste toi qui les imagines ainsi, ces rictus carnassiers qui font grelotter ton myocarde. Il donne des coups, il gifle, il marque. Ses crocs s’enfoncent sûrement dans les parcelles les plus fragiles de ton anatomie. Ses dents blessent sans se soucier de tes jérémiades qui ne font qu’exciter sa cruauté.  Ses griffes s’enfoncent et rougissent la peau laiteuse. Sa bouche murmure des incantations, ses mains exécutent des gestes, et te voilà plongé dans les affres de l’aliénation. Et le problème, c’est que tu adores cela. Tu vénères chaque délicieux supplice qu’il t’inflige, tu ne réfléchis plus clairement. Tu l’aimes. Tu le détestes. Tu es pris entre ciel et terre. Il n’y a plus une seule étincelle de bon sens en toi, pour briller, pour te donner espoir qu’un jour, cela s’arrangera. Tu lui appartiens. Totalement et irrévocablement. Corps et âme. Pensées et fantasmes. Jamais il ne t’a fait l’amour, pourtant toi tu lui as fait. Car lorsqu’il se trouve en toi, tu l’aimes, tu l’adules. Il est placé sur le trône de ton idolâtrie, et tu n’as pas d’autre Dieu que lui. Zahari. Trois syllabes dévastatrices, qui font peur à beaucoup et qui devraient faire peur au reste. Tout le monde sauf toi. Car tu sais. Tu sais ce qu’il est, tu comprends sa raison de vivre. "Maître?" Maigre murmure. Il n’a pas encore commencé à te malmener, aujourd’hui. Et ça fait trop longtemps que tu attends qu’il vienne t’éclairer de sa lumière.
Is this the place that I've been dreaming of…?
Désiré Perrault. C’est bel et bien ton nom qui résonne dans la grande salle. Inconnu, dérangeant. Consonances inusuelles, traitresses de tes origines sinistres. Il provoque des murmures assourdis, des regards curieux. Tu les comprends. Toi aussi, tu serais déstabilisé par un nom pareil s’il n’était pas le tien. Tu ne peux rien leur cacher. Tu ne peux rien lui cacher. Ce chapeau dressé sur le banc, maître majestueux des lieux. Il se dépose, il s’impose, il dispose. Il énonce le choix que nul autre que lui ne peut faire, et il détermine la vie à Poudlard de centaines de milliers d’élèves à travers les générations. Tu déglutis difficilement, impressionné par autant de pouvoir qui est entreposé dans un simple objet magique. Tu t’avances vers l’estrade, le regard fier, le menton relevé. Tu ne dois pas avoir peur. Tu dois faire face à tous les obstacles qui se dressent sur ton chemin. Tu dois tous les anéantir. Pour rendre Mère fière. Pour faire blêmir de rage ceux qui t’ont considéré comme étant une erreur de la nature. Tu t’installes sur le siège, ne laissant aucune émotion transparaître sur ta physionomie. Tu n’es pas un habitué des masques, mais celui-ci ne supportera aucune fêlure. Devant tout ce beau monde, il ne t’est pas autorisé de montrer une once de faiblesse. Tu ne manqueras pas de garder cet ouragan qui se déchaîne à l’intérieur de ton être pour toi. Aucun signe extérieur ne viendra troubler la paix de tes traits. La main le guide. La main s’en sert pour cacher tes doux cheveux que Mère a longuement caressés lorsque tu étais le seul à avoir de l’importance pour elle. Il t’enveloppe, il sonde la moindre de tes pensées. Il voit ton passé. Il voit ton présent. Qu’en est-il de ton futur ? Il le contrôle. Sans le savoir précisément, il choisit pour toi tes futurs amis. Il détient toutes les décisions, toutes tes connaissances, toutes tes influences. Le mot de passe de la salle commune qui sera en ta possession. La partie du château où tu passeras la nuit. Ceux avec qui tu le feras, tes compagnons de chambre. L’équipe de Quidditch que tu devras feindre de soutenir. Tes ennemis. Le sablier qui contiendra le fruit de tes efforts ou le prix de tes punitions. Tant de possibilités qui se présentent, et c’est à lui que revient la décision. Vulgaire chapeau dans lequel on a insufflé la vie et auquel on a instauré une autorité qui devrait supposément être trop grande pour lui. La voix résonne dans ton esprit, moqueuse. "Excusez-moi de ne pas être  la hauteur de votre espérance, votre Éminence." Les yeux ronds, tu écoutes ses paroles qui s’insinuent dans ta tête. Tu ne savais pas. Tu croyais qu’il ne faisait que prononcer le nom de la maison dans laquelle tu seras envoyé. "Ils ne nous entendent pas. Il n’y a que quand j’aurais choisi où t’envoyer qu’il entendront mes propos." Ta curiosité revient au galop, elle ne va pas bien loin à chaque fois. "Est-elle prise ou pas encore?" Tu ne laisses aucun son traverser ta bouche, tout se passe dans ta tête. Même ce ricanement sarcastique n’est que le produit d’un échange de pensées que nul ne peut intercepter. "Certainement. Tu es l’objet de mon hésitation, Désiré. Si tu étais un peu moins curieux, un peu moins avide de connaissances, j’aurais beaucoup eu de mal à trancher. Ce soir, je t’envoie à…" L’hurlement résonne, celui que tu croyais être l’exclusive interaction entre le couvre-chef et les assis. Ceux chez qui tu as été envoyé crient de joie et toute la salle applaudit. Tu n’aurais pas mieux choisi toi-même et c’est avec un grand sourire que tu rejoins les Serdaigle.

Non, non, non. Cauchemar vient à la vie. Il te fait courber l’échine, il te fait gémir. Bouche bée, tu te plantes stupidement dans le couloir. Tu ne bouges plus, ne sachant quel couloir suivre, ne sachant si tu dois revenir sur tes pas ou tout simplement abandonner. Ton premier cours de potions est pour ce matin, et te voilà sans conteste perdu. L’angoisse te noue la gorge, et tes épaules se soulèvent en trémulations au rythme de ta panique grandissante. Tu vas craquer dans quelques secondes. Tu es tout seul de toute façon, personne ne sera là pour témoigner de ta ridicule médiocrité. Comment pourras-tu faire tes preuves si tu ne connais même pas le chemin pour te rendre à ta classe ? Tu es un échec de A à Z. Et tu ne fais que le démontrer continuellement par ta maladresse fatigante. Si seulement tu avais des camarades sur qui tu pourrais compter… Mais lorsque tu as fait irruption dans les dortoirs, tu as tout de suite compris que la tâche serait irréalisable. Ils se connaissent tous, comme des amis de longue date. Leurs familles sont amies, ou rivales. Entre eux existent des liens qui datent de siècles révolus. Toi, l’étranger, tu n’es pas là, tu es invisible. Tu n’as jamais su t’imposer aux autres. Tu as toujours eu peur d’être le centre de l’attention. Et c’est pour cela que tu n’as pas insisté. Tu es resté discret comme d’habitude, à maudire le fait que tu ne sois pas dans la même maison que ton frère. Les Serpentard sont vils et féroces pour les sangs-mêlés comme toi, mais au moins tu aurais Kenneth à tes côtés. Tu ne serais pas tout seul dans ce labyrinthe géant où tout se ressemble. Tu essaies de te rappeler de la voie que tu as suivie pour atteindre les cachots, afin de reprendre à zéro en espérant tomber sur quelqu’un. Un bruit de course interrompt ta réflexion, et c’est là que tu le vois. Cheveux en bataille, robe mise à la va-vite, apparence négligée. Il a l’air d’être totalement à la bourre. Un peu comme toi. Il s’arrête brusquement devant toi, essoufflé, se passant nerveusement une main dans sa tignasse. "Tu as le cours de potions aussi?" Son sourire te fait un peu fondre. Il a l’air gentil. Tellement gentil. Il pourrait devenir ton ami, lui, non ? C’est le hasard qui vous a mis l’un sur le chemin de l’autre, mais tu peux peut-être en profiter pour te rapprocher de quelqu’un. De ce quelqu’un. Tu sais que tu en as besoin. Éperdument. "Oui, mais je ne retrouve pas le chemin." Tu as les yeux qui brillent, les larmes prêtes à te faire défaut. Tu es un peu un cas désespéré, cela dit. "Suis-moi, alors." Sa main prend la tienne. Innocemment. Un petit frisson t’agite, que tu ne comprends pas. La reconnaissance t’enveloppe. Peut-être votre retard sera-t-il moindre en fin de compte…

Il y a une urgence ou quelque chose du genre qui fait que le professeur quitte la pièce, tout en vous laissant sans surveillance. En soupirant, tu te résignes à ouvrir le manuel qui se trouve en face de toi et à en feuilleter les pages pour une énième fois. De toute façon, tu n’as rien de mieux à faire. C’est ta deuxième année à Poudlard, et tu n’as toujours pas de vrais amis. Des connaissances peut-être, des personnes avec qui tu échanges les notes et à qui tu expliques les concepts qui leur échappent. Pas des épaules sur lesquelles pleurer. Pas des rires auxquels tu pourrais joindre le tien. Pas de personnes avec qui meubler une conversation en attendant que le cours reprenne. Perdu dans tes pensées, dans les lignes qui se heurtent aux parois de ton esprit, tu sursautes lorsqu’une boulette atterrit sur ton dos, éclatant violemment à cause de l’impact sur ton corps. Des traînées vertes emplissent ta robe noire, et il y en a même un peu qui élit résidence sur tes cheveux. La colère sourde s’empare de toi, mais tu ne montres rien, elle ne se voit que dans ton regard quand tu te retournes pour retrouver le responsable de tes yeux haineux. Il est debout, paralysé sur place, pris en faute. Il se rapproche, et tu grognes. Il essaie tant bien que mal de ne pas rire, mais il n’y arrive pas, l’hilarité le gagne et le décrédibilise. Tu n’acceptes pas ses excuses, tu ne ris pas de la malchance qui a fait que ce soit tombé sur toi, bien trop concentré sur ton livre pour faire attention aux imbéciles qui s’affairent derrière toi à jouer à des jeux débiles et dépourvus de sens. Au fond de toi, tu es juste jaloux. De ne pas pouvoir faire partie de ce groupe, bien qu’il ne soit composé que de Serpentards, ou plutôt de ne pas avoir tes propres compagnons pour t’adonner à des inepties du genre. Ça pourrait faire du bien de temps à autre de sortir de ta zone de confort, où tu t’es décidément trop attardé depuis que tu n’es plus vraiment un enfant. Enfin, l’as-tu déjà été auparavant de toute façon ? Tu soupires. "Ce n’est pas grave." Juste histoire qu’il te lâche. Au fond, tu voudrais qu’il reste mais ça te ferait paraître pour un désespéré à force. Il y a longtemps, il t’a montré le chemin vers le cours de potions, et c’était un moment magique où tu avais cru enfin avoir quelqu’un en dehors de ton frère et de ta sœur. Tu n’avais même pas obtenu son prénom, et vous ne vous êtes jamais recroisés seul à seul. Il était toujours entouré de ces idiots, qui passent leur temps à ricaner et à se moquer des autres. Et tu n’as jamais osé l’aborder pendant qu’il était avec eux. Ce qui revient à dire que tu n’as jamais osé l’aborder tout court.

La plume glisse sur le bout du parchemin, guidée par ta volonté. Tu réfléchis. Il y a ce devoir à remettre et tu as traîné. Beaucoup trop. Passionné par ta lecture du moment, cela s’est ressenti sur ton travail à faire et tu as procrastiné. Horriblement. Ce n’est pas dans tes habitudes, et tu te sens un peu embarrassé de t’être laissé emporter ainsi.  Pour compenser, te voilà assis à la salle commune, tes livres ouverts devant toi, un bout de papier vierge que tu remplis de tout ce qui te vient en tête. Tant pis pour le sommeil, une nuit blanche sera de rigueur et tu finiras par venir à bout de cette tâche négligée.  Une vague rumeur se fait entendre, mais tu n’y prêtes pas attention. Si apparemment tu es le dernier à être présent en ce lieu, il se peut que d’autres personnes soient réveillées pas très loin d’ici. Le bruit se fait insistant, et tu daignes enfin hausser tes yeux de ton plan de travail. Ils s’arrêtent sur une silhouette à demi par terre, l’âme en détresse, mise en danger par une menace invisible. Aussi rapidement que tu le peux, tu l’atteins, passant ton bras autour de ses épaules pour le soutenir, et d’une voix tremblante, tu essaies de le rassurer. "Tout va bien… Tu as mal quelque part ?" Il ne te répond pas, sujet à ses démons, sujet à sa peine. Tu restes là, à ses côtés, lui offrant ta présence puisque tu ne peux pas lui venir en secours. Il tremble de tous ses membres, il grelotte comme s’il était nu vert par un froid hivernal et mordant. "Tu as besoin que je t’emmène à l’infirmerie?" Il se fige dans son silence, il se concentre sur sa respiration. Tu es patient, tu attends qu’il reprenne ses esprits ne sachant pas quoi faire d’autre de toute façon.  C’est quand il te demande enfin ton identité que tu lui réponds. "Désiré." Tu hésites un moment, décontenancé. Toi, tu sais de qui il s’agit. Tu l’as admiré de loin depuis tout ce temps. Son nom est synonyme de terreur déplaisante. Son nom est pur comme le tien,  mais la différence est que son porteur l’est également contrairement à toi. Lestrange Aramis. Homme au charme fou, au talent incontesté. Celui que tu aurais voulu être, inatteignable, froid comme la glace. Le voir comme ça te déstabilise complètement. "Désiré Perrault." Puis tu te lances dans une tirade où tu parles de tout et de n’importe quoi pour le distraire de ce qu’il ressent, pour attirer son esprit vers la lumière. Tu vois le mal le quitter petit à petit, et les couleurs revenir sur son beau visage. "Et maintenant, ça va mieux?" Tu lui tends la main pour l’aider à se relever, avec ton plus beau sourire. Tu as appris d’une certaine personne qu’il peut parfois être le meilleur remède à la souffrance d’autrui.

Vos jeux s’éternisent. Si à la base tu croyais qu’ils ne dureraient que pendant l’année en cours, les voilà qui s’étendent à celle-ci aussi. Frustré, tu te soumets pourtant aux règles silencieusement fixées. Il n’y a que ça entre vous, que ces tours. Sortilèges de bloque-langue, de chatouillis, de crache-limaces… Vous avez déjà tout essayé. Sans même vous parler, vous n’échangez que des sourires malicieux une fois vos méfaits accomplis avec succès. Les gens de votre entourage ne comprennent pas. Tu as réussi tant bien que mal à te faire des amis, un petit cercle de Serdaigle pour qui tu comptes et qui comptent pour toi. Mais ce n’est pas la même chose. C’est lui que tu veux, dans ta vie. Tu voudrais pouvoir dialoguer avec lui, savoir ce qui se trame dans sa tête. Jamais l’envie d’avoir quelqu’un à tes côtés n’a été aussi urgente. Tu te noies dans ton déni, tu te persuades que pour l’instant c’est suffisant. Au fond, c’est juste que tu te sens tellement seul, même en étant si entouré. Car quand bien même que tu aies désormais certaines personnes pour te soutenir, elles n’arriveront jamais à te saisir. Et il y a quelque chose à propos de lui qui fait que tu es persuadé qu’il est le bon. Il te fait croire avec une quasi-certitude que la compréhension de ton être est possible. Tes pas te portent dans les couloirs, alors que tu es distrait par ces pensées qui ne veulent pas quitter ta tête. Jusqu’à ce qu’ils te lâchent. La chute est inévitable, et tu atterris violemment sur le côté… Là où ta baguette se trouve. Ton cœur entreprend un rythme effréné, alors que la panique se saisit de lui de ses doigts arachnéens. Aussi vite que tu le peux, tu te soulèves, tu t’assois par terre et tu la sors de l’endroit où elle était logée. Des rires t’interrompent, vicieux, méchants. Tu te retournes pour en déterminer la source, et tes yeux s’arrêtent sur le groupe de Serpentard habituel. Ceux que tu méprises plus que tout parce qu’ils éloignent de toi celui qui devrait plutôt être avec toi. D’ailleurs, c’est parmi eux qu’il parade, il est sûrement le responsable de ta glissade. Sans un énième coup d’œil, tu tournes les talons, tu les laisses là avec leurs railleries. Tu t’en fous. Tu te réfugies dans un coin en solitaire, assis sur un banc, caressant ce que tu as failli briser toute à l’heure. Qu’aurais-tu fait sans elle, sérieusement ? Elle est la seule qui te permettra de t’embarquer dans la voie que tu as besoin de prendre. Elle est l’unique qui puisse faire changer d’avis aux monstres qui partagent ton nom de famille. Elle pourra prouver ta valeur, elle fera de toi un grand mage reconnu. Et tu les nargueras en portant leur patronyme. Des larmes de colère s’échappent traitreusement. Tu es faible, mais personne ne le sait. Personne n’a à le savoir. Tu garderas les apparences intactes. "Hé... Est-ce que ça va ?" Tu sursautes, pris de court, essuyant les gouttes qui ont dérapé le long de tes joues. Il t’a suivi jusqu’ici. Tout seul. Tes sourcils se froncent d’incompréhension, et la perplexité ainsi que la curiosité se mêlent dans ton esprit. "Oui, ça va." Ta voix laisse suggérer que pas du tout, mais même si elle n’était pas aussi révélatrice, il n’a qu’à fixer ton visage pour le deviner. Il s’installe à côté de toi, silencieux, mystérieux. Tu n’oses pas affronter le bleu perçant de ses iris. Ciel orageux dans tes souhaits éternellement écrasés. " Tu t'es fait mal ? Si c'est le cas, j'en suis désolé, c'était pas mon intention... Je pensais pas que tu retomberais si mal... C'était nul en fait, ce que j'ai fait... Ca me ressemble pas tellement... Encore moins devant les autres..." Tu trembles, et la peur colossale noue tes entrailles. Avec un soupir, tu déposes ta tête sur son épaule sans murmurer mot. Les minutes s’égrènent, s’étendent et tu voudrais qu’elles se paralysent, que le temps ne se souvienne plus de la manière avec laquelle il s’écoule. Ce simple rapprochement est tellement délicieux, et tu te sens en sécurité comme si rien ne peut t’atteindre. "Je veux qu’on arrête. Et qu’on devienne amis plutôt." Tu oses. De tes mots insensés et imbéciles. Le rejet t’attend au tournant, et tu le braves. Au fond, tu n’as jamais osé lui en parler auparavant rien que parce que tu as peur qu’il ne soit pas intéressé. Que l’attention qu’il te porte soit seulement due aux tours que vous vous imposez. "Moi aussi…" L’allégresse fuse et s’insinue dans tes veines, l’euphorie te martèle les sens sans relâche. "Promis? Tu ne dis pas ça juste pour me faire baisser ma garde ?" Tu oses enfin lui faire face, un sourire timide venant étirer tes lèvres. Qu’il te rend, venant mettre du baume sur ton muscle meurtri. "Hé, c'est pas parce que je suis un Serpentard que je cherche à te piéger !" Son rire guérit tes blessures, et te transporte dans une vague de calme infini. "Mais oui, c’est promis."

Tu t’es vraiment pris une raclée. Essoufflé, tu sens les vertiges qui déforment les images autour de toi. Il n’a pas cherché à te blesser, mais tu t’es pris quelques murs et les coups étaient violents. Ta lenteur t’a handicapée à nouveau, faisant de toi le perdant d’un énième duel. Face à un ennemi rapide, tu n’as la chance de gagner que si ses sorts se révèlent triviaux et souffrants d’un manque d’originalité exaspérant. Contre un adversaire comme Aramis, qui allie stratégie, rapidité et dextérité, tes chances durant une confrontation directe avoisinent le néant. Peut-être une attaque surprise serait-elle efficace mais tu n’avais aucune chance et tu le savais d’avance quand il t’avait proposé un affrontement honorable. "Tu ne m’as pas ménagé, Lestrange. Je croyais que c’était amical. Je me demande ce à quoi tes ennemis auraient droit." Tu ne voudrais pas l’avoir contre toi. Car en effet, il est redoutable. Ses prouesses t’impressionnent, et un pincement d’envie s’en ensuit. Tu aurais aimé être aussi preste, aussi habile. Son poignet se tord et bouge inlassablement. Si tu adoptais son rythme par le biais d’un miracle, tu serais sûr d’y perdre ta main. Adossé à un mur, tu ne le quittes pas des yeux, obnubilé par son aura fascinante. Il y a cet éternel «truc» qui se dégage de lui et sur lequel tu n’arrives pas à mettre un nom. Tu ne peux que continuer à l’observer, tes lèvres s’entrechoquant à la recherche du mot qui t’échappe. C’est complètement à l’opposé de ce que dégage Ilario, avec lui ce n’est pas la sécurité. C’est la froideur qui vous plonge dans un hiver sempiternel alors que l’autre te donne plus l’impression de baigner dans une chaleur estivale agréable. Pourtant, les deux ont leur charme, et ont leur place pour ta fascination. Néanmoins, pour le Serpentard, il y a quelque chose de plus qui te gêne, qui te tient éveillé pendant certaines nuits où les bras de Morphée ne suffisent plus. Ce que tu ressens pour lui te turlupine, et tu te demandes si tu n’as pas un peu perdu la tête, à ainsi t’enticher de lui. Tu n’as jamais douté d’être plus attiré par les hommes, mais c’est la première fois que cela produit ce genre de réaction chez toi. Il te fait un peu tourner dans le vide, et tu n’arrives pas à t’accrocher à un de tes repères pour arrêter l’étourdissement qui te soumet à son emprise. Tu ne l’as encore confessé à personne, encore moins à lui. Et là, en regardant Aramis… "Dis… Je peux te dire quelque chose que tu garderais pour toi ?" Une grimace enfantine s’empare de tes traits. Ses sourcils qui se froncent dissuaderaient n’importe qui d’autre, mais pas toi. Il est de ces rois qui savent ce qu’ils valent et qui n’attendent rien de moins que ce qu’une personne de leur importance requiert. L’émerveillement a toujours été de la partie, et il ne fait que grandir exponentiellement au degré avec lequel tu apprends à le connaître. "Je crois que je suis… amoureux." Tu ne laisses pas sa curiosité sur sa faim, et tu t’engages dans un long récit où tu lui dis tout. Il sera le premier à le savoir. Et avec un peu de chance, pas le dernier.

Par tous les pores de ta peau, tu transpires la panique et la nervosité. Tu as pourtant bien révisé comme il faut. Tu as fait tous les efforts possibles, et il n’y a, aux yeux des autres, rien de plus que tu aurais pu accomplir pour te préparer aux BUSE. Mais selon ton point de vue, c’est autre chose. Tu as l’impression que tu n’es pas prêt et que tu ne le seras jamais. Des nausées matinales te prennent par les tripes, et tu sens que toutes les informations que tu as pu recueillir jusqu’ici se sont envolées, laissant un vide complet au niveau de tes pensées. Ce sont là des symptômes apparemment normaux chez tous ceux qui ont un examen à passer, mais c’est tellement inhabituel pour toi que ça ne fait qu’ajouter au stress déjà présent. C’est trop tard maintenant, tu ne peux plus rien lire, tu ne peux plus rien vérifier. Quelques minutes te séparent de la première épreuve. Assis dans la grande-salle, l’estomac retourné, tu cherches Ilario du regard sans le trouver. Il n’est pas là pour te rassurer, ce qui ne t’aide pas du tout puisque tu comptais sur lui pour te rassurer. Comme un condamné marchant vers la potence, tu te lèves et lentement, tu te diriges vers le lieu d’examen. La terreur te dépouille de ce que tu possèdes de meilleur en toi, prenant le dessus sans te demander ton avis. Arrivé à l’endroit où il faut entrer pour vérifier si tes connaissances théoriques sont au point, tu perds pied. Tu sens les sanglots qui remontent à la surface et qui menacent de révéler à tout le monde l’étendue de ton appréhension. Tu t’apprêtes à exploser tel un volcan. Mais il vient, il arrive. "Eh ben alors, tu en fais une tronche. Qu’est ce qui se passe ?" Kenneth. Ton grand frère qui vient à la rescousse à nouveau. "Je ne veux pas y aller. J’ai peur… d’échouer." L’aveu quitte tes lèvres sans hésitation. Tu ne lui cacherais jamais rien, à lui. Sauf peut-être tes sentiments pour le garçon aux yeux envoûtants. "Et ben ça… Je ne te croyais pas capable d’avoir de telles craintes. Après tout, tu es bien calé et tu n’arrêtes pas d’étudier. Parfois même au détriment de ton temps libre." Tu hausses les épaules. Il a complètement raison, et sa logique est implacable. Pourtant, le doute plane et il engendre ces haut-le-cœur incessants qui t’ont privé de ton petit déjeuner. Sa main s’empare de ta nuque pour que vos regards coïncident, et c’est d’un ton presque cérémonieux qu’il t’adresse les paroles qui suivent. "Désiré, écoute-moi bien, frérot. Tu es loin d’être con, et tu as bossé pour ce jour. Ne laisse pas une peur ridicule tout gâcher. Tu n’as rien à perdre, tu vas te calmer, puis entrer et passer ce foutu examen haut la main. Parce que tout le monde qui te connaît en est certain et ne doute pas là-dessus pendant une seconde." Il t’attire contre lui pour t’attirer très fort, et soudainement, tout va bien. Si ton manque de confiance en toi est évident, tu as aveuglément foi en lui et c’est tout ce dont tu avais besoin. "Merci… Ken." Ses doigts s’aventurent dans tes cheveux afin de les ébouriffer, un sourire d’encouragement ornant son visage. "C’est rien, frangin. Moi, par contre, je suis un peu dans la merde pour mes ASPIC, alors je te laisse et je te dis merde. Tu n’as pas besoin de chance, tu as le talent." Et il t’abandonne, après un dernier clin d’œil.

C’est le début d’une nouvelle année prometteuse. Ta dernière à Poudlard. Elle est synonyme de nostalgie, d’époque révolue. Tu devras en profiter au maximum, jubiler car bientôt tu ne reverras plus certains visages, ressentir le manque car tu ne t’es pas lassé d’autres. Mais ce qui marque la fin pour toi représente le commencement pour d’autres. Pour India par exemple. Née en octobre, elle a dix ans et pourtant elle a embarqué dans le Poudlard Express. Deux mois et elle aurait raté le coche et aurait du attendre que plusieurs autres s’écoulent. Deux mois et tu n’aurais jamais vu son bonheur lorsque le Choipeaux la coiffe en cachant les cascades blondes de sa chevelure. Tu te rappelles encore de ses questions incessantes sur l’école, de sa consternation vis-à-vis du fait qu’elle doit encore et toujours attendre. Elle voulait tellement venir, elle voulait tellement apprendre. Elle veut suivre l’exemple de ses frères et devenir une sorcière talentueuse. En ressassant Kenneth, tu sens une pointe de mélancolie te brusquer, personne ne sait où il est. Après avoir laissé un petit mot disant qu’il allait bien et qu’il y a quelque chose d’important qu’il doit accomplir, il a disparu il y a de cela trois mois. Tu ne sais pas si c’est la révélation du retour de Voldemort qui a tout chamboulé pour lui, bien que tu la suspectes en partie responsable. Mais là n’est pas le moment de penser à lui. Il y a un autre membre de ta famille qui est en ce moment beaucoup plus avide de ton support. Tu te demandes si elle aussi est en pleine discussion avec l’entité, et un souvenir vivace vient se figer dans ta tête, abandonnant un sourire sur tes lèvres. Tu n’as aucun doute sur la maison à laquelle elle sera envoyée. Courageuse, loyale, elle est de ces personnes qui ont des principes et qui vivent par eux pour le restant de leurs vies. Elle sera une Gryffondor. Et effectivement, après une courte durée, ton hypothèse se confirme et les clameurs emplissent la salle. Tu les rejoins, tapant de toutes tes forces ta main contre l’autre. Son sourire vaut de l’or, tu es tellement fier d’elle. C’est la maison qu’elle voulait, elle l’a confessé assez pudiquement puisque le cas échéant, elle ne suivrait pas les pas de l’un de ses fraternels. Tu lui fais un clin d’œil, surveillant sa progression vers sa nouvelle famille. Puis tes mirettes s’en vont rejoindre une autre personne dans la salle, qui s’avère être en train de te regarder aussi. Ton palpitant vibre dans ta cage thoracique. Beau, tellement beau. Tu rends son sourire à Ilario, te sentant défaillir devant toute sa splendeur.


Dernière édition par Désiré Perrault le Jeu 28 Mai 2015 - 21:00, édité 9 fois
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(Zdravko) Syndrome de Stockholm. Empty
Here comes the hurricane
All I got is pain…

Il ne se manifeste toujours pas. Détruisant ta patience, se délectant de ta perdition. Le bruit n’était qu’un maigre espoir auquel tu t’es accroché vainement. Il aime ça, te faire penser que tu obtiendras une chose alors qu’il n’en est rien. Au fond, il sait à quel point il est ta drogue. Et il s’en amuse comme toujours. Comme toutes ces fois durant lesquelles il te nargue, approchant sa bouche de la tienne pour y déposer des mots fiévreux. Voisines, se touchant à peine par des pans opposés. Tu as désobéi la première fois. Tu t’es avancé pour capturer sa bouche chaude, douce. Tu en as pris des coups ce jour-là. Tu as été jeté dans un donjon, condamné à te remémorer la beauté de ses jumelles, à garder son goût en tête pendant toute la durée de ton isolation. Ça valait toutes les souffrances du monde, et il n’existe en toi que la vague de privation d’un baiser mutuel. Il ne t’aimera jamais comme tu l’aimes. Tu n’es pas bête, tu n’es pas dupe. Mais chaque moment passé auprès de lui est précieux, source de ta béatitude. Et désormais, il est conscient du fait que justement s’éloigner de toi est la pire des pénitences possibles. Tu t’es accoutumé aux humiliations, aux claques, au fouet de ses sortilèges sur ton épiderme meurtri. Mais jamais tu ne te conditionneras afin de vivre sans lui. Il t’est devenu essentiel, comme une bouffée d’air que tu dois sans cesse faire passer à travers tes poumons. Sans lui, tu n’es plus rien. Avec lui, tu es tout. Il a réussi son coup, il a fait de toi l’animal parfait, dressé, apprivoisé, dompté. Toute ta fidélité lui revient, toutes tes pensées lui appartiennent. Et lui en retour, il ne fait que te sanctionner. "Maître, je vous en supplie… Si vous m’entendez… Je serais bon…" Tu ne te rappelles pas avoir été désobéissant. Peut-être n’a-t-il pas apprécié la nuit dernière. Peut-être n’as-tu pas été assez bon pour lui, et que c’est là sa façon de te le rappeler. "Maître…" La porte s’ouvre, grinçante. Le soulagement te réchauffe, et tu te sens moins perdu. Il est là maintenant. Tu n’oses pas lever ton regard sans qu’il ne te l’autorise. Le premier pas est sien. Il ordonne et tu obéis sans même y penser à deux fois. Ou du moins la plupart du temps. Car tu ne veux pas qu’il se lasse de toi. Car si tu te rebelles de temps à autre, tu lui donnes une énième raison de s’intéresser à toi et de ne pas se rediriger vers les autres. Tu veux être le seul friand de son attention, tu veux être son unique esclave. Tu te doutes bien qu’il y a fort longtemps, bien avant qu’il ne vienne bouleverser les fondements-mêmes de ton existences, tes objectifs étaient tout autres. Mais voilà là ton nouveau but, dont tu ne peux te détourner puisqu’il n’y a aucune alternative. Tu veux le faire tomber sous ton charme, faire la guerre à tous ceux qui peuvent te le subtiliser. "Désiré?" Un frémissement désagréable t’assaille. Et tu hurles.
And in my dreams, I meet the ghosts of all the people who have come and gone…
"Elle n’avait que douze ans…" Les mots se heurtent à une barrière et n’arrivent pas à sortir. Il n’y a que ceux-ci qui se répètent, inlassablement, dans un murmure résigné. L’horreur te couvre de la tête aux pieds, sans relâche, sans répit. Elle te fait quitter ce monde petit à petit. Ta volonté de la rejoindre à tout prix omniprésente. Tes réminiscences sont un handicap qui te fait flancher. Pourtant, tes yeux restent secs, le flot peinant à en émerger. Le barrage est érigé, puissant, gardant tout à l’intérieur. Gardant une tempête qui menace de tout balayer sur son passage. Canalisant une ire sans bornes qui ne demande qu’à être relâchée. Dissimulant une tristesse qui te fait trémuler irrégulièrement et qui t’empêche de reprendre contenance, te dépourvoyant de tout contrôle sur tes membres. "Je ne comprends pas." Les sanglots de désespoir provenant de ta génitrice te glacent le sang et font grincer tes oreilles. Elle n’est pas dans le déni, elle enlace sa peine et la montre à ses proches. Pas besoin de prétendre être forte lorsque l’on est entourée de ses bien-aimés. Le masque se remettra en place par la suite, lorsque ce sera la fin de l’intimité. Tu n’arrives pas à faire comme elle, à évacuer tout ce qui fait rage en ton fort intérieur. La culpabilité t’attache au poteau de ta folie. Tu aurais peut-être pu la sauver. "C’est supposé être l’endroit le plus sûr au monde… Et elle n’était qu’une deuxième année." Depuis la mort de Dumbledore, tout a changé. Tu aurais du savoir. Tu aurais du deviner que Snape ne les aurait pas protégés. Elle était brave. Brave et stupide. Elle a quitté le groupe de jeunes qu’on cherchait à éloigner de la bataille, prenant l’égoïste décision de participer à celle-ci. Elle n’aura rien accompli. Excepté la destruction de vos vies. Les géants ne l’ont pas épargnée. Petite fille, victime fragile. India est partie pour ne jamais revenir. "C’est ta faute." Le poids sur tes épaules est trop lourd à porter. Tu délègues le blâme à lui. Tu ne peux pas le supporter, alors tu laisses quelqu’un d’autre le faire. "Tu étais là-bas. Tu aurais du t’assurer qu’elle allait bien avant de te jeter tête la première dans la guerre." Tes poings se serrent, le mal te monte à la tête et déchaîne ses conséquences. La colère est aveugle et est en incessante quête d’un défouloir. Tu imagines tes phalanges s’écrasant sur sa mâchoire. Tu lui en veux tellement. "C’était notre petite sœur et tu l’as abandonnée." Tu regretteras probablement te dire, mais pour le moment, tu penses chaque souffle que tu expires. "Je te…" "Désiré, ça suffit." Le ton inflexible de ta mère résonne, ne souffrant aucune désobéissance. Tu te sens d’humeur rebelle et tu tentes ta chance. "Mais c’est sa…" "Nous souffrons tous de cette perte, pourtant nous ne proférons pas la moitié des bêtises qui quittent ta bouche. Il y a un seul responsable, et c’est le monstre qui lui a ôté la vie." Le français s’accroche à tes tympans et agresse ton palpitant. Tes ongles s’enfoncent dans ta paume, et tes dents violentent tes lèvres. "J’espère que tu prendras soin de ton nouveau fils mieux que tu ne l’as fait avec moi." Tu disparais dans un simple bruit, allant faire ton deuil dans la solitude qui t’a poursuivie durant toutes ces longues journées.

Jamais tu n’as été aussi sûr de toi. Tes pas te portent, résolus. Ton myocarde bat violemment contre tes côtes, sachant pertinemment ce qu’il veut. Il le veut lui. Le garçon qui a toujours hanté tes pensées. Le garçon qui t’a volé ce baiser ce fameux jour dans la gare. Qui t’avait fait fondre sur place, sans que la chaleur estivale ne soit responsable. Sa bouche s’était déposée sur la tienne et elle avait ravi ton amour, elle avait attisé la flamme de tes désirs meurtriers pour lui. Tu t’es toujours abstenu. Parce que tu ne pouvais pas le perdre. Parce que sans lui, tu aurais morflé. Parce que son amitié était plus importance que le risque de te faire rejeter et de créer ainsi une gêne incomparable. Mais quand il t’a embrassé, toutes les pièces se sont assemblées et l’évidence a fait entendre son cri de victoire. Tu en avais eu le souffle coupé, tu avais tout oublié et c’est ce dont tu as besoin en ce moment. De t’égarer dans ses bras, de faire abstraction de tout ce qui t’entoure. D’anesthésier la peine qui a élu résidence dans ton cœur pour bien trop longtemps déjà. Il est là. Dans ton champ de vision. Tu lui as envoyé cette lettre par hibou où tu lui intimais de te rejoindre ici, au Chaudron baveur en cette soirée. Ses sourcils se lèvent curieusement lorsqu’il te voit finalement, et tu ne lui laisses pas le temps de souffler mot que tu l’attires déjà par le bras, le menant loin des regards indiscrets. Dès que l’intimité se crée, dès qu’il n’y a plus que vous deux dans les environs, tu t’accroches à ses lèvres, avide de leur douceur, recherchant ce goût unique qu’elles t’avaient procuré la dernière fois. Tes mains quant à elles parcourent sans pudeur son torse, découvrent la dureté de ses muscles avant que l’une d’elles n’aille se loger sur sa nuque afin d’approfondir la danse de vos langues. Mais il t’en faut encore plus. Tu es loin d’être comblé, et tu ne veux pas attendre la prochaine fois. Tu as assez attendu. Pendant un an, vous n’avez eu la chance de vous voir qu’à de rares reprises, après tout la guerre est là et ce n’est pas le moment d’entretenir une idylle. Mais au fond de toi, tu lui en veux tellement sans avoir la force de lui en parler. Tu veux juste te sentir aimé, chéri, désiré. Tes doigts s’en vont en quête d’autre chose, descendent plus bas que son ventre et c’est là qu’à bout de souffle, il te quitte. Les yeux ronds, sa poigne se resserrant sur ton avant-bras, il te demande ce qu’il se passe, ce que ça veut dire. Tu te démènes, tu essaies d’atteindre sa bouche à nouveau pour y aller plus doucement cette fois mais c’est peine perdue. Il a toujours été plus fort que toi. Autant physiquement que psychologiquement. Et tu t’effondres, château de cartes abattu par la brise qu’il fallait pour qu’il ne tienne plus en place. Les larmes coulent, la tristesse te ronge. Tu essaies de le repousser autant que tu peux, mais il n’a de cesse d’essayer de t’attirer contre lui. Tu finis par te laisser faire, vaincu, prince déchu à cause de ses rêves. "Tu m’as laissé… Tu m’as abandonné alors que tu avais promis…" Tu vomis tes insécurités, malgré ton laisser-aller dans ses bras. Tu es faible, pathétique, cupide de son attention et de son amour. "Ne me laisse plus jamais, je t’en supplie…"

Caché aux yeux du monde. Tu te trouves sous le nez de tes pires ennemis, pourtant ils ne te voient pas. Ils te trouvent trop insignifiant, trop barbant. Tu es invisible, et de ce fait, tu es le plus à même à détruire la menace de l’intérieure. La base est gangrenée, tu sais que tu n’es pas le seul infiltré, mais la règle d’or est de ne pas se connaître. Car si vous commenciez à frayer ensemble, les soupçons se multiplieraient. Ils sont très prudents, ici au Ministère. Ils savent que la rébellion existe, que tôt ou tard, elle atteindra leurs murs. Tu seras prêt ce jour-là. Tu sais où attaquer en premier, tes traits innocents te faisant passer pour un allié. Juste le temps pour toi de triompher contre ta lenteur et de les éblouir avec ta puissance. "Perrault !" Tu te crispes, combattant ce réflexe instantané qui veut te faire prendre ta baguette. Tu te retournes, prêt au pire des cas. La peur noue tes entrailles. Comment as-tu été pris ? Une imprudence a-t-elle été commise ? L’horrible personnage s’approche, un air mauvais prédominant son faciès. Tu déglutis difficilement, revêtant ta voix bégayante où tu n’as même pas besoin de feindre la crainte. "Monsieur Nott?" Redoutable personnage, mangemort impitoyable. Tu sens la nausée qui monte, conséquence de ta frayeur indescriptible. "Je vous ai cherché partout, vous étiez introuvable…" Probablement parce que tu étais affairé à récolter des informations précieuses aux insurgés plutôt que de t’adonner à ta tâche. Mais il est tout seul. C’est bon signe, non ? L’autre camp ne se gênerait pas de provoquer une démonstration de puissance devant tous les présents, au cas où il aurait vent de ta trahison infâme. Le soulagement pointe le bout de son nez, mais n’est pas encore tout à fait efficace pour te délester de ta peur. "Veuillez m’excuser, Monsieur, je…" "Passez dans mon bureau demain matin. J’ai un petit souci qui doit être réglé par le biais de vos compétences." Tu pousserais presque un soupir de délivrance, là devant lui, comme un imbécile. "Bien entendu, Monsieur Nott. Si vous voulez, je peux m’en occuper tout de suite." "Non, je n’ai pas le temps d’y retourner, et vous ne pouvez y accéder tout seul." Cela aurait été trop facile. Non pas qu’il soit en possession de renseignements vitaux, mais cela n’aurait pas fait de mal de parcourir les documents entreposés dans son territoire personnel. "Bien, Monsieur. J’y serai demain à la première heure." Il est déjà parti, retournant vaquer à ses précieuses occupations. Le contrecoup de l’effroi de toute à l’heure te fait trembler, et tu as l’impression que tes jambes sont faites en coton. C’est dangereux, beaucoup trop dangereux. Ilario n’a pas arrêté de te le dire, de te le hurler même, avec ce ton inquiet et adorable. Mais c’est ta décision. Elle est à toi, et à toi seul. Tu vengeras India. Tu vengeras tous les morts de ces êtres infâmes. Et pour cela, tu dois te rendre le plus utile possible.

Ta bouche attaque la sienne, goulument. Ta raison se perd à chaque esquisse, à chaque fois que ses lèvres glissent. Enfin seuls. Ça fait tellement longtemps que des moments d’intimité vous ont été refusés, que vous étiez bien trop entourés pour pouvoir de l’autre profiter. Sa peau brûle sous tes doigts, et la tienne entre en émoi. Ça a toujours été parfait, te faisant croire au fait que deux âmes peuvent bel et bien être destinées à être l’une avec l’autre. Ton affection n’a fait que grandir, pour muer tôt ou tard. Ou peut-être n’étais-tu qu’amour depuis la première fois que tes mirettes l’ont caressé curieusement. Il y a cette façon avec laquelle ton cœur s’arrête brusquement de battre pour une fraction de seconde, avant d’adopter un rythme frénétique et erratique, dès que tu l’aperçois. Et c’est bon, tellement bon. Surtout depuis que le mur n’est plus dressé, que les barrières se sont écroulées, et que la proximité s’est installée. Et ça te fait mal au cœur de ne pas avoir droit à ces instants privilégiés, que tu as attendu pour une majeure partie de ta vie, à cause de la distance et de l’urgence de ce que vous devez à tout prix accomplir. En plus de cela, tes journées sont un enfer, tandis que tu t’inquiètes pour lui, et il t’a déjà dit que la même chose lui arrive, qu’il en devient malade. C’est dans ces moments où la tension baisse d’un cran, où c’est l’agréable qui régit les minutes qui passent que ça en vaut la peine. Il ne faut pas aimer pendant la guerre, ça devrait être l’un des principes fondamentaux. Tu vénères sa nuque, y abandonnant des caresses envieuses, qui t’anéantissent à petit feu. "Je t’aime." Les mots sont prononcés, les yeux brillent pendant l’aveu. Est-ce la première fois ? Tu ne sais plus. Tu l’as sûrement dit pendant vos plaisirs, pendant la fusion passionnelle de vos corps engourdis. Mais là tout de suite, c’est dans le silence total, entre deux baisers que tu confesses tout ce qui se trame dans tes entrailles.

Les ravages d’une tempête étrange, que rien ni personne n’avait escompté. Les yeux qui se perdent sur les traits en détresse. La folie qui attend au tournant, prédatrice cruelle et impitoyable. Et dans ce silence bruyant, les pensées qui dérivent et qui n’ont plus pied, ne trouvant plus à quoi s’accrocher. La berge est loin, et la noyade est inéluctable. Le hurlement réprimé, la colère domptée, l’expression faciale se cachant au gré de l’impassibilité. Façade qui ne craquèle pas, qui sait qu’elle n’en a pas le droit. Et puis toi. Désiré Perrault, avisant la lueur dans sa vie entourée par un voile sombre. Traîné par deux répugnants qui le tirent chacun par un bras au grand public, devant des milliers de yeux qui le jugent. Des voix qui se lèvent pour insulter l’insurgé, celui qui est contre la volonté du Seigneur. Des hypocrites qui vivent sous le joug d’un lâche. Tes doigts qui massent tes tempes, contre lesquelles tes pensées s’écrasent l’une après l’autre. Une diversion. Quelque chose pour aider Ilario. Qui te stoppera? Qui sera assez rapide pour t’arrêter? Deux sorts ou trois. Tu les ressasses sans relâche. Pas le droit à l’erreur, sinon vous êtes tous les deux fichus. Mais seras-tu en mesure de vous sauver en même temps? Peu importe si tu n’en échappes pas. Juste lui. Uniquement lui, sain et sauf. Ta baguette fend l’air, produit un petit sifflement. Les deux tombent, sous le coup de la surprise. Tes jambes te portent aussi prestement que possible, tes prolongations s’accrochent au biceps et tu l’entraînes avec toi, lui glissant le miroir et de la poudre dans la paume. Tu le pousses vers le feu, juste à temps pour voir cet éclair de folie dans les yeux lorsqu’il réalise que tu ne peux pas aller avec lui. Lorsqu’il te voit tomber comme du haut d’un précipice, par une attaque dans le dos.
Ange déchu. Prisonnier de ses propres erreurs. Anéanti par son propre amour. Dans la cellule, ta tête repose contre un mur. Tu as eu droit aux interrogatoires les plus poussés, mais tu n’as pas flanché. Tu tiens bon, résolu à leur faire gagner autant de temps qu’ils le peuvent pour lever camp et pour que toutes tes informations s’avèrent inutiles. Il fait irruption dans la pièce. L’homme en noir. L’homme au regard orageux et perçant, aux cheveux de jais, à la carrure impressionnante. Dans une prestance, dans une allure dévastatrice, il s’approche et te jette un coup d’œil curieux. Tu lui renvoies de la haine, tout ce que tu as en stock. S’il croit pouvoir être plus efficace que le reste, il va être déçu. Diablement déçu. "Mon nom est Zahari. Zahari Vasilev." Tu hausses les sourcils, étonné. Aucun de tes tortionnaires ne t’a fait cette politesse, qui a l’air tellement inutile. "Je ne sais pas ce qui laisse suggérer que cela m’intéresse, mais au cas où vous vous feriez la mauvaise impression, je m’en bats les steaks." Insolent, tu le noies sous tes rudesses, d’un ton volontaire et inflexible. Tes yeux captent le rictus le plus maléfique qu’il t’ait été donné de voir, t’arrachant un frisson que tu n’arrives pas à bloquer. "Je te dis mon nom car tu t’en rappelleras jusqu’à la fin de ton existence, car tu le murmureras pendant tes pires cauchemars jusqu’à la fin de ce qu’il te reste à vivre." Du blabla. C’est des foutaises qu’il te sert, pour que tu prennes peur, pour que tu arrêtes de résister. Mais il découvrira bien assez tôt que ça ne sert à rien. "Nous allons donc commencer, puisque bien entendu, ta langue ne se déliera pas, si je ne m’en charge pas."

"NON." Ta voix hurle l’injustice, tes cordes vocales s’arrachent de protestation. Qu’est ce qu’ils font là? Qu’est ce qu’il fait là? Cet amour que tu as cru perdu à jamais. Que tu n’aurais jamais cru pouvoir revoir un jour. Que tu as abandonné dans le lot de tes souvenirs qui ont disparu et qui ne sont plus qu’une marque parmi tant d’autres sur ton physique décharné. "Calme-toi, Désiré. Nous sommes là pour t’aider." Il ne te reconnaît pas. Bien sûr qu’il ne le fait pas. Tu n’es plus toi. Tu n’es plus cette personne, qui porte ces trois syllabes. Tu réponds à une autre appellation, plus laide, plus appropriée au chien désobéissant mais pourtant loyal. "Me sauver? Laissez-moi. Ne m’emmenez pas. Je veux rester avec Maître." Tu supplies. Ne comprennent-ils pas? C’est lui ta vie, maintenant. C’est lui que tu aimes. Ils ne sont plus que les vestiges d’un passé qui n’existe plus à tes yeux, qui n’a aucune valeur. Il n’y a que Zahari pour qui tu survis chaque jour, pour qui tu endures les balafres sur ta chair transie. "Maître!!!" Tu l’appelles au secours. Il est là, il t’entendra et il les tuera. "Silencio." Dans un murmure, ils réduisent tes espoirs à néant. Et tu sanglotes, tu te débats, entravé par les liens avec lesquels Vasilev t’empêche de produire le moindre mouvement inutile. "Désiré…" L’impuissance se lit en lui, pourtant tu n’es aucunement sensible à sa détresse. Comme s’il n’est qu’un inconnu, qui cherche à te kidnapper, à t’emmener loin de Zahari. "Plus de temps. On doit juste le forcer à venir avec nous, il n’est pas en étant d’être calmé pour l’instant." Tu hoches la tête en signe de négation, trop essoufflé pour crier à nouveau. Non. Non. Non. Mais ils finissent par t’emporter. Comme le ferait le Diable, s’il n’était pas déjà ton possesseur.
For all of the bruises that you've caused and the tears…
Du sang…Partout, dans les moindres recoins. Cent gouttes de sang arrachées sans regret. Beaucoup plus. Est-ce le tien? Oui. Tu le reconnais même si tu ne l’as jamais vu. L’odeur ferreuse vient agresser tes narines. Tu n’arrives pas à pleurer, les larmes te manquent. Tu n’as pas assez d’eau dans ton organisme pour pouvoir montrer ta détresse. Sec, puant, réduit à néant. Entravé, détruit, étendu par terre, sur la roche dure et froide. Tu n’as pas le droit de dormir. Si tu le fais, il te réveillera. Il te détruira. Mais ne l’a-t-il pas déjà fait? Tes paupières veulent se rabattre, et la frustration te gagne. Ce n’est qu’un sentiment de plus qui vient s’ajouter à tous les autres. Le prédominant est une sensation. Celui qui se distingue du reste est cette douleur omniprésente. Tu peux la sentir dans le moindre de tes os, dans la moindre de tes articulations. Ta peau a été déformée par de multiples balafres sur ton petit corps frêle. Tu es faible, maudit. Pourquoi toi? Pourquoi lui? Pourquoi vous? Tu veux mourir. Ça suffit. Ça ne fait que quelques jours, et tu en as déjà marre. Tu as l’impression que ça fait un siècle qu’il te malmène, qu’il visite le trépas des cellules arrachées et pulvérisées par sa domination. Son absence peut durer quelques minutes, ou quelques heures. Quoiqu’il en soit, quand il reviendra, tu devras être prêt pour un autre tour. Tu dois t’apprêter à recevoir un baiser de la mort, qui sera chassée pendant qu’elle emporte ton dernier souffle, lorsqu’il t’autorisera enfin à te reposer. Tu te sens devenir fou, petit à petit. Sans aucune échappatoire, sans aucun lieu où te réfugier. Tu as essayé de t’exiler dans tes réminiscences, dans cette partie de ta mémoire où sont entreposés tes instants précieux avec l’amour de ta vie, avec ton frère, avec ta sœur. Mais tu n’y arrives plus. Tu n’as plus aucun espoir de les revoir un jour. Tu vas mourir, ici, rat à l’odeur nauséabonde et au faciès déchiré par le désespoir. Et tu t’es habitué à cette idée, elle te paraît même douce comparée à ce qu’il te fait endurer avec acharnement.

"Pourquoi un bain?" Ton faciès se fronce en une incompréhension. Avec lui, tu te sens en droit de poser des questions. Il a l’air sympathique, il te traite avec une sorte de douceur compatissante. Contrairement à l’autre, ce servant de pacotille qui te regarde avec une désapprobation presque palpable. Tu ne sais pas combien de mois se sont écoulés depuis ta capture. Tu ne sais pas combien d’heures sont passées depuis que tu es dans ce maudit manoir, à subir un traitement que jamais tu n’aurais cru existant. "J’ai passé je ne sais combien de temps sans avoir à me laver. Pourquoi maintenant?" Il y a cette lueur d’espoir comme quoi il s’est lassé de toi. Il ne ressent plus le besoin de te briser, puisqu’il l’a déjà fait. Et c’est le cas. Car tu ne te sens plus comme étant Désiré. Tu n’es rien. Juste un chien. Qui sursaute au moindre geste, qui se recroqueville contre lui-même au moindre bruit. Qui a peur de la colère dévastatrice de son maître. "Cela veut dire qu’il va t’avoir d’une autre façon." Paralysé sur place, l’affolement vient prendre possession de tes prunelles effrayées, qui n’avaient jamais considéré la chose. Non. Pas ça. Juste Ilario, personne d’autre n’a le droit. Et ta colère gronde, tu redeviens un peu humain, l’automate combat les fils, mu par sa propre volonté. "Jamais." Pour qui se prend-il? Tu préfères la mort. Depuis le début, elle aurait été beaucoup plus douce, beaucoup plus clémente que le monstre chez lequel tu habites. Tu peux lire l’étendue de la compassion d’Iskren, qui te prend en pitié devant ton ignorance. "Je ne te conseille pas de te débattre, Zdravko. Ça ne ferait que te rendre l’expérience encore plus douloureuse." Tu blêmis, toutes les couleurs quittent ton visage déjà dévasté par la fatigue et la soumission. "C’est beaucoup plus facile si tu te laisses faire."

Il ne le voit pas. Il est juste derrière lui pourtant. Son arme est tendue, prête à l’attaque, prête à l’achever. Il met un index devant sa bouche, t’intimant au silence. Ses yeux sont tellement joyeux, ravis à l’idée de pouvoir achever un Mangemort, enchantés de pouvoir secourir l’un des siens. Tu ne le permettras pas. Personne ne le touche, personne ne l’atteint. Personne ne lui fera de mal, pas tant que tu seras là. Il se trompe du tout au tout. Tu n’es plus l’un des leurs. Tu n’es plus qu’à lui. Tu pourrais hurler, mais ça ne ferait qu’accélérer le processus. Tu ne doutes pas de ses capacités, mais tu ne leur feras pas confiance aveuglément. Il y a trop de choses en péril pour que tu prennes le risque. Il y a sa vie en jeu. Il y a tavie en jeu. Tu cours, dans le couloir de ta déraison. Tu cours jusqu’à en perdre le souffle. Tu te jettes le corps en premier, prêt à te sacrifier pour lui. Tant pis si tu meurs. Tant qu’il vit, tant qu’il est indemne. Pris par surprise, l’insurgé qui t’a sûrement pris pour un rebut se retrouve à terre, la respiration coupée par le choc. Il se débat comme il peut, sa baguette hors d’atteinte. Tant mieux. Ton poing s’écrase sur son visage. Pas Zahari. Il ne faut pas le toucher. Jamais. Ton autre main également rejoint la première, serrée à son paroxysme. "Mais qu’est ce que tu fais, imbécile? Je suis là pour te libérer !" Tu ne l’écoutes pas, et un troisième coup est asséné. Malheureusement, le quatrième est stoppé. Tu es déjà las, tu es déjà à bout de forces. Tu as fait trop d’efforts, tu n’es plus assez fort. Déjà qu’avant tu n’avais pas la carrure d’un Superman… Te voilà encore plus frêle, encore plus faible. Tu te retrouves poussé, recevant à ton tour une claque qui te ferait presque s’évanouir. Avant de te faire repousser par un poing dans tes côtes que tu jurerais être désormais brisées. L’imprudent rampe vers sa seule chance de salut. Mais il est trop tard. Ton maître est là, il a observé la scène de ses prunelles glaciales, attendant le moment opportun pour intervenir. D’un mouvement, il récupère la baguette de l’autre, le privant de sa fuite. D’un rictus sauvage, il admire le visage se décomposer, il dépouille son propriétaire de la dernière lueur d’espoir. Un index de la main libre se lève, dans un geste de négation cruel pour ajouter à la détresse de son opposant. "J’aurais pu te sauver, tu sais… Maintenant, tu nous as condamnés tous les deux." La haine qui découle de ses billes t’indiffère. Tu es habitué à être regardé des pires façons qui soient. Rien ne t’importe. Il n’y a que le regard de ton possesseur qui t’importe. Il n’y a que son approbation, ou plutôt son absence de désapprobation, qui relève de ton attention. Le maléfice est jeté. Lui qui était interdit, il se trouve usé quotidiennement par ceux qui ne connaissent pas la pitié dans leurs cœurs. Le sortilège prohibé par l’ancien gouvernement de la douleur. Frappant de plein fouet l’inexpérimenté qui se recroqueville contre lui-même, hurlant à la mort. Tu détestes ces cris futiles. Tu détestes les entendre car ils te rappellent les tiens. Punition bien méritée pour celui qui a osé tenter de lever sa main sur ton maître. Puis il passe à toi. L’affliction est terrible, et elle te scotche au sol. Des milliers de lames invisibles transpercent chaque recoin de ton épiderme. Tu te mords la lèvre, geignant de cette injustice. "Pourquoi…? Je vous ai sauvé." Gaffe gigantesque. Tu as osé… "Tu m’as sauvé, Zdravko? Vraiment?" Un autre choc te tourmente, encore plus féroce, encore plus dévastateur. Tes ongles s’enfoncent dans le sol, essayant désespérément de s’accrocher à quelque chose pour ne pas te détacher du fait que tu es vivant, que tu ne te résumes pas à la douleur. "Je suis désolé, Maître. Je ne voulais pas le formuler comme ça. Je ne suis qu’un idiot qui a pour un instant oublié qui il est." Ses talons viennent à toi, et ses doigts s’emparent de ton menton, relevant ta tête avant de te flanquer une gifle monumentale. "Je savais déjà qu’il était ici. Tu m’as privé de ma distraction, crétin." Les larmes perlent aux coins de tes yeux, que tu t’empresses de refouler. Il ne doit pas les voir, sinon il t’en voudra, sinon il te délaissera. Tu ne veux pas qu’il s’en aille. Tu ne veux pas qu’il te jette dans une pièce tout seul à cause de ta fragilité. "T’ai-je ordonné d’intervenir, Zdravko?" Un frisson court sur ta peau. C’est ta faute. Tu l’aimes tellement que tu n’as pas pu imaginer un monde sans lui. Tu l’aimes tellement que tu t’es égaré et que tu as agi sur le moment, contrecoup d’une impulsion qui t’a éveillé les sens. "Non, Maître." Tu ne dois pas le regarder. Cela ne ferait qu’exciter sa colère déjà d’une ampleur destructrice. Tu n’as pas besoin de le faire cela dit. Tu sais que ses sourcils se sont rejoints. Tu sais que ses lèvres se sont retroussées dans une moue pensive. Tu sais qu’il réfléchit déjà à comment te châtier pour ton affront. "Nous en reparlerons plus tard, alors. En attendant, tu réfléchiras toi-même à ta sanction."

"Déshabille-toi." L’ordre fuse, alors que tu t’es traîné à grand-peine jusqu’à sa chambre. Chaque articulation, chaque os te fait l’effet d’un poids exécrable, que tu portes avec dégoût. Bousillé, tu as subi le châtiment de ton insolence, de tes insistances. Il t’a fait payer tes mots qu’il t’a pourtant interdits de répéter au centuple. Voire beaucoup plus, infiniment plus. Des milliers d’aiguilles plantés dans tes veines, fichées dans tes nerfs. En constant état de nociception, le corps fatigué de ces assauts continuels, l’esprit pourtant encore intact. Ou peut-être pas. Car pour dire ce que tu dis, il faut être tombé du précipice de l’aliénation. Tu t’exécutes, te délestant de tes vêtements avec vitesse vu que c’est ce que tu as perçu dans son ton. Ce n’est pas l’une de ces soirées où il veut te voir enlever chaque vêtement d’une lenteur exagérée, ses iris se plantant sur chaque détail. Tantôt approbateurs, tantôt agacés. Comme s’il n’appréciait pas le fait d’aimer ce corps chétif qui est le sien et uniquement le sien. Comme si ces touchers étaient un fardeau dont il ne veut plus s’encombrer. "Viens." Une seule syllable qui te met au garde-à-vous, qui te sort de tes pensées et qui te force à trottiner derrière lui, hors de la pièce. Tu le suis dans les couloirs froids, pieds nus, dans une nudité intruse au raffinement des alentours. Où est passée ta pudicité? Partie, envolée. Il t’en a débarrassée aussi, tu n’en as pas besoin, c’est un défaut qu’il lui fallait réparer. Tu t’en fous que le reste de ses servants voient à quoi tu ressembles, toutes les parcelles de ton anatomie au grand jour. Tu ne fais même pas d’effort pour cacher ce qui peut l’être, tant que lui te voit, tant qu’à lui tu plais. Et c’est dans la salle de bain qu’il t’entraîne, se débarrassant de ce qu’il porte en haut. La lueur de désir vient s’installer dans tes prunelles. Il est tellement magnifique, tellement parfait. Et le feu au creux de tes reins se fait brasier insupportable, un incendie qui crépite pour ajouter à ta souffrance. Il ne te laisse jamais le toucher comme tu le veux, sentir chaque muscle de son corps avantageux contre tes empreintes avides. Tu ne peux que le dévorer de ton regard concupiscent, plongé dans les affres d’envies qui te suffoquent. "Arrête de me regarder comme une carpe, et approche." Tes pas te portent doucement, prudemment. Tu ne sais pas ce qu’il te réserve, avant de voir la baignoire remplie d’eau chaude. L’immense salle de bain des Vasilev, rien que pour vous. Veut-il prendre un bain… avec toi? L’éventualité fait battre ton cœur comme un tambour violent, et tu déglutis difficilement en le regardant avec incompréhension. "Pas la peine de t’exciter de cette façon, Zdravko, je ne rentre pas avec toi." Le rouge aux joues, tu remarques que tes pensées perverses se sont retranscrites plus bas, et que ta convoitise s’affiche sur ta peau. "Pardonnez-moi, Maître. Vous êtes…" Tu le contemples, lui, ses monts et ses merveilles. "Parfait." Puis tu te rends compte de ton infraction, et tu la rectifies en t’engouffrant dans l’eau qui doit être brûlante. Cela serait l’un de ses procédés sadiques, te faire croire qu’il te rend un service pour mieux te fustiger. C’est donc avec un grand étonnement que tu découvres qu’elle est à la température parfaite, et que tu ne te gênes pas pour lâcher un soupir de plaisir. "Pardonnez mon impertinence, Maître. Elle est tiède. Vous voulez que j’appelle Iskren pour mieux me nettoyer?" "Non, Zdravko. Je m’en occupe." Ton myocarde tangue au grès des vagues de ton affolement. Lui… S’occuper de toi. S’occuper de ta propreté, de ton bien-être. Tu es aux anges, tandis que tes démons te murmurent que c’est un piège. Tu le regardes avec une confusion qui te donne des vertiges, alors qu’il s’approche de toi pour faire passer ses doigts sur ta chair. Tu frissonnes, incapable de réfréner le tressaillement qui parcourt la totalité de ton corps et qui y résonne. "Arrête de faire l’enfant, Zdravko. Tu ne peux pas avoir mal rien qu’avec mes doigts." Il ne se doute rien. Tellement naïf. Tellement inconscient de l’effet qu’il procure en toi. "Non, ce n’est pas ça, Maître. Vous me touchez et…" "Et?" Il fronce des sourcils, curieux mais sûrement prêt à te flanquer une raclée si les mauvaises paroles osent traverser le seuil de tes lèvres. "Vous n’avez pas à le faire, Maître…" Une gifle qui atterrit sur ta joue encore sèche, et qui part en écho dans tout l’espace. "C’est toi qui me dit quoi faire, maintenant?" "Navré, Maître." Gêné, tu te tritures les doigts, car la suite risque d’être très mal interprétée, et tu le sais d’avance. Mais tu es impulsif, imbécile, suicidaire. "Vous n’avez pas à vous sentir coupable de m’avoir fait mal. Je le méritais. Vous n’avez pas à vous rattraper pour…" Cette fois, la gifle te fout vraiment le tournis. Il y a même du sang qui quitte ton nez, tellement elle est magistrale. Tu peux sentir toute l’étendue de sa colère qui rugit et qui fait tendre l’atmosphère. Une deuxième vient bousculer l’autre pommette. Puis une troisième, puis une quatrième. "Le Serdaigle en toi a ressurgi, Zdravko. Tu penses que tu es si intelligent, hein? En interprétant ainsi mes actes, en croyant tout savoir. Mais tu ne sais rien. Tu ne sais absolument rien. Tu n’es qu’un petit chien stupide qui persiste à me défier. Je vais finir par croire que tu aimes que je te fasse mal, petit con." Un venin qu’il répand par le biais de sa bouche. Qui vient s’insinuer jusqu’à ton muscle cardiaque tandis que les larmes te montent aux yeux, destructrices. Il cause les ravages, il soulève les orages. Et tu es là, au cœur de la tornade, dans un piège qui se referme doucement sur toi. "Tout ce que je sais, Maître, c’est que je vous aime." Et le manque d’air s’ensuit. Une brutalité sans nom qui t’attire vers le fond, qui t’empêche de remonter vers la surface. Tu ne peux combattre sa force. Tes instincts reviennent au galop et te font débattre, mais il est trop puissant, et tu es bien trop faible. Tu es aux portes de la mort, elle te fait signe de l’autre côté. Tu sens l’eau qui s’insinue dans tes poumons, l’eau qui te tue petit à petit. Et puis une pression sur tes cheveux qui te fait monter, pour une bouffée d’air, violente et qui te cause la plus indescriptible des afflictions. "Tu as le don de tout gâcher, Zdravko. Tu ne retiens jamais la leçon. Tu ne mérites pas ma clémence ou mon indulgence. Tu mérites juste le cachot dans lequel tu vas passer la nuit pour avoir osé dire ça à nouveau devant moi." Il s’éloigne, impose la distance, écrase tes espoirs d’être bien traité par lui. Tu sanglotes, pleurniches, tableau même du mal, de la laideur. "Sors de là tout de suite, tu ne mérites pas ton bain." "Je suis désolé… Je suis désolé… Je suis désolé… Je suis désolé…" Tu n’as même pas encore laissé suffisamment d’oxygène pour régénérer tes organes endommagés, et pourtant tu balbuties cette litanie incessante, cette mélopée qui jure avec le décor. "Non, Zdravko. Pas encore. Tu n’es pas encore désolé. Mais tu le seras."



Dernière édition par Désiré Perrault le Mar 25 Aoû 2015 - 0:39, édité 4 fois
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Bienvenue !
J'ai hâte de voir ce que va donner ce personnage (oui, je stalke la FAQ d'Exci, et alors ? mdr )

Bon courage pour ta fiche ! ♥️
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Je stalke les FAQ aussi généralement, donc ne t'inquiète pas, pas de jugement ici. Arrow
Merci beaucoup. craque
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Moi j'ai pas stalké, mais vous me donnez envie de le faire. hehe
Bienvenue ici petit insurgé, amuses-toi bien avec ta fiche. palpite
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WIZARD • always the first casuality
Pansy Parkinson
Pansy Parkinson
‹ disponibilité : dispo bitches
‹ inscription : 25/10/2014
‹ messages : 4640
‹ crédits : prométhée
‹ dialogues : 'lightcoral'
(Zdravko) Syndrome de Stockholm. 1481838266-pangif

‹ liens utiles :
pansy parkinson ft. adelaide kane, nephtys shafiq ft. phoebe tonkin, kid o'faolain ft. richard harmon, maksim dolohov ft. tom hiddleston, amara bataglia ft. rowan blanchard

‹ âge : vingt-quatre ans (née le 5 mars 1980)
‹ occupation : rentière déchue, mondaine destituée.
‹ maison : le choixpeau s'est a peine attardé sur sa tignasse brune avant de l'envoyer à Serpentard, dont elle est devenue préfète en 5ème année.
‹ scolarité : de 1991 à 1998.
‹ baguette : Elle faisait 19 centimètres, en merisier et cheveux de vélane, capricieuse et imprévisible, sensible aux sentiments négatifs. Cette baguette a cependant été volée par le Limier et aujourd'hui, elle en utilise une autre, bien moins adaptée à sa main.
‹ gallions (ʛ) : 7207
‹ réputation : Rien qu'une sorcière de salon, une bonne à pas grand-chose en dehors des ragots et commérages, une peste se régalant du malheur des autres, une idiote aveuglée par ses sentiments, moralisatrice en dépit de son propre penchant pour les écarts et les erreurs. Le roquet de Malfoy, puis celle que Blaise Zabini a cocufié, abandonné puis engrossé avant de partir à nouveau. Une garce qui mérite tout ce qui lui arrive. Une enfant gâtée, malgré l’aide donnée aux insurgés dans l’infirmerie de fortune de Poudlard.
‹ particularité : Complètement à la dérive depuis la fin de la guerre, on la croise souvent alcoolisée et cruelle, prête à se greffer à la moindre rixe, au moindre esclandre.
‹ faits : Elle a perdu la garde de ses filles, les jumelles Violet et Briar-Rose (née en Aout 2002) à la fin des combats, car on a jugé son sang pur comme inapte à les élever et ce même si leur père, Blaise Zabini, est considéré comme un héros de guerre. Elle a également perdu sa fortune et son statut et n’a plus aucune influence. Personne n'est tendre avec elle car les anciens rebelles la voient comme une garce à abattre et les sorciers lambda n'ont l'image que d'une gamine pourrie gâtée qui vivait dans une tour d'ivoire alors qu'ils crevaient de faim. Condamnée à vivre dans une demeure autrefois grandiose mais maintenant totalement insalubre, elle ère coincée entre sa mère tyrannique et sa tante furieuse, désœuvrée et désabusée.
‹ résidence : Dans l'hôtel particulier Parkinson, situé dans le quartier de Barkwith, sur le Chemin de Traverse. Ancien symbole d'une grandeur aujourd'hui étiolée, la demeure tombe en ruine et menace de s'écrouler depuis les émeutes de janvier 2002. Ses parents possédaient un manoir à Herpo Creek, il n'en reste qu'un tas de cendres et elle n'a plus accès à son bel appartement de la Bran Tower depuis la désertion de Draco durant laquelle elle a également pris la fuite.
‹ patronus : Une hirondelle à peine corporelle
‹ épouvantard : Les corps inanimés de Briar-Rose et de Violet.
‹ risèd : Simplement un matin ordinaire, des draps clairs et propres, une chambre lumineuse, des rires d'enfant emplissant le couloir avant que les deux têtes brunes ne sautent sur l'épais duvet. Un avenir pour elles, aussi, surtout.
http://www.smoking-ruins.com/t3200-pansy-fleur-du-mal
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T'inquiète, les détraqués se sentent à la maison ici What a Face
Bienvenue sur Excidium ! Si tu as des questions ou besoin de quoi que ce soit, n'hésite surtout pas à venir trouver un membre du staff, nous sommes là pour ça jule
Bon courage pour la suite, petit rouge en devenir kr

• • •


Some days I feel everything, others are numbing, can never find the in between, it's all or nothing. Half my bones in city streets, the other in my sheets, and I don't think they'll ever get the chance to meet. I never wanted to be here now, one foot in the grave, other on the ground. I can't process what I'm feeling now, this skin I can do without.
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Tout le monde stalke les FAQ... :roule: /me stalke aussi
Hâte de lire ta fiche, mon cher ! Bienvenue sur Exci - Robbie, j'le kiff ! minikr
/me est amoureuse de tout le monde
RENDEZ-VOUS DANS TA FICHE DE LIENS
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MessageSujet: Re: (Zdravko) Syndrome de Stockholm.   (Zdravko) Syndrome de Stockholm. EmptyJeu 14 Mai 2015 - 22:57

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@Loletina, merci beaucoup. Je ne suis pas vraiment un insurgé par contre, je suis un vilain garçon. :russe: hehe
@Pansy, tant mieux alors. What a Face Bien sûr, je n'hésiterai pas, je crois que j'en aurai tôt ou tard. D'ailleurs, je m'excuse d'avance pour la longueur de la fiche. Arrow Étant un membre du staff sur un autre forum, je sais à quel point une fiche longue peut être chiante/décourageante, mais je ne peux vraiment pas faire autrement avec Désiré. D'ailleurs, je suis un amateur de fiches courtes d'habitude. Arrow
@Juliet, je t'attends avec impatience. hehe J'espère que je ne te décevrai pas durant ta lecture. craque
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HERO • we saved the world
June Winchester
June Winchester
‹ inscription : 13/02/2014
‹ messages : 2868
‹ crédits : moi et ma signature à crackle bones.
‹ dialogues : lightblue
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‹ liens utiles : présentation - reaghan - ronald - daphne - mood - lyanna - lorcàn - remus
‹ âge : trente ans. (01/06/1974)
‹ occupation : à la renaissance du phénix, je n'ai pas de métier (la faute au gouvernement qui estime que les loups-garous sont trop dangereux pour avoir un métier).
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : septembre 1984 et juin 1991.
‹ baguette : Elle est en bois d'ébène avec une plume de phénix à l'intérieur et mesurant vingt-quatre centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 5984
‹ réputation : À Poudlard et jusqu'à sa morsure, on la connaissait parce qu'elle ne ressentait pas la douleur et qu'elle passait plus de temps à l'infirmerie pour vérifier qu'elle ne s'était pas fait mal qu'en cours. Elle a été joueuse de Quidditch aussi et pas une mauvaise. C'est un sport qu'elle a toujours adoré et qu'elle aurait bien continué par la suite. Puis après sa morsure, sa maladie s'est guérie grâce (ou à cause du) au gène loup-garou et on a fini par l'oublier. Puis après elle a été recherchée parce qu'elle a fait partie de l'Ordre du Phénix puis des insurgés. On l'a connu comme étant le rebut de Severus Snape. Puis de nouveau une insurgée. Puis héros de guerre, mais un héros qu'on remercie par un simple sourire et une petite somme d'argent, pas un héros qui mérite l'Ordre de Merlin. Vous comprenez, elle n'est pas normale. L'Ordre de Merlin, June s'en moque, mais elle ne supporte pas le snobisme de ce gouvernement qui se veut tolérant. Depuis la fin de la guerre, June se renfonce dans l'anonymat et ça lui va très bien.
‹ particularité : Loup-garou. Totalement. Elle a été mordue par Claevis, un membre de la meute de Thurisaz en 1995. La cicatrice est toujours visible et bien brillante sur son flanc gauche. Le gène lui a permis de guérir de sa maladie d'insensibilité congénitale à la douleur, mais il lui a fait perdre son boulot d'Auror aussi.
‹ faits : uc
‹ résidence : à storm's end.
‹ patronus : un renard roux
‹ épouvantard : le feu.
‹ risèd : Teddy avec Dora et Remus. Et puis elle avec Elijah et leurs enfants. Des enfants qui ne souffrent pas du gène du loup-garou.
http://www.smoking-ruins.com/t6908-june-shadow-of-the-colossus
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ça va, j'aime bien les fiches longues de mon côté jule bienvenuuuue par ici I love you (j'adore le nom de famille mon dieu minikr) n'oublie pas d'aller réserver l'avatar de ton joli monsieur trognon si tu as des questions, comme l'a dit Panpan, n'hésite vraiment pas à nous mp I love you bonne chance pour le reste de ta fiche et amuse-toi bien parmi nous ow

• • •

she wolf but i can't compete with the she-wolf, who has brought me to my knees. what do you see in those yellow eyes? 'cause i'm falling to pieces.
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