sujet; DAPHTORIA + family portrait
MessageSujet: DAPHTORIA + family portrait   DAPHTORIA + family portrait EmptyVen 22 Mai 2015 - 11:43

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family portrait
14 avril 2002

   

and the hours go by like minutes and the shadows come to stay. so you take a little something to make them go away. and i could have done so many things, if I could only stop my mind from wonderin' what i left behind, and from worrying 'bout this wasted time

   

   « Daphné. » La voix de sa mère était sèche, agacée, mais elle conservait un volume raisonnable. Daphne l’entendait, vaguement, elle semblait lointaine. Elle n’avait pas envie d’y répondre. Elle était préoccupée, et parler avec Hortense ne ferait qu’accroître son anxiété, déjà grandissante à mesure du tic tac de l’horloge. L’aiguille avançait lentement, mais le bruit du balancier al rendait folle. « Daphné… » A son ton déjà ennuyé, s’était ajoutée l’impatience, mais sa vie ne parvenait toujours pas à lui accordait une once d’importance. Pas maintenant, elle lui disait, dans sa tête. Et quand bien même sa mère avait-elle pu l’entendre, elle n’en aurait rien fait. Daphne aussi était impatiente. Son pied tapait de façon répétée et irrégulière contre le parquet, tentant désespérément d’atténuer son stress, et de couvrir les tic tac incessants qui l’empêchaient de penser correctement. « Nom d’une gargouille Daphné, cesse donc ce raffut ! » En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, sa mère s’était retrouvée debout, droite comme un piquet, à crier plus fort qu’une beuglante. C’était le moment que Daphne avait choisit pour lui porter attention. Hortense posa son livre, lissa son chemisier et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, qui s’était plus tôt échappée de son chignon strict. Hortense Greengrass avait toujours eu le droit à plus d’amour de la part de Daphne qu’elle n’en éprouvait pour son père. Pour cause, pour lui : elle n’en éprouvait pas une once. Néanmoins, elle n’a jamais cessé de se répéter, avec un maximum d’ardeur, qu’elle ne voulait jamais, jamais lui ressembler. En rien. Et là où Queenie, lorsqu’elle observait sa sœur se soumettre docilement à un homme inquiétant, s’était toujours refusée à y voir de la faiblesse, c’était, paradoxalement, précisément ce qu’elle voyait lorsqu’elle regardait sa mère. Hortense Greengrass était une femme faible qui se voulait forte. Qui revêtait, chaque matin, chaque seconde de sa vie, son éternel costume de femme assurée, suffisante ; il n’était qu’une apparence. Un mensonge, une illusion pour duper la foule. Ça fonctionnait, bien évidemment. Elle les hypnotisait, elle les envoûtait. La sorcière d’outre-manche, avec son accent et sa grâce téléphonée, agrippée au bras de son influent mari, ne pouvait pas possiblement descendre de son piédestal. Sauf aux yeux de sa première fille. Parce qu’elle avait beau essayer, de toutes ses forces, de déceler ne serait-ce qu’une miette de courage chez celle qu’elle devrait ériger en modèle, elle n’en trouvait jamais. Pas une goutte. Pas une nuance. Rien que du vide. Pourtant, depuis son retour, Daphne avait voulu croire à un souffle nouveau. Hortense avait constamment le sourire, et il semblait même, de temps en temps, qu’il soit sincère. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, une fois de plus, elle voulait faire bonne figure : elle allait attendre, sereinement, livre à la main, lunettes sur le bout du nez, le retour de celui à qui elle se pliait. Aujourd’hui, et comme d’habitude, alors même qu’elles étaient seules à la maison, et que personne ne pouvait juger de leur mouvement ni de leur attitude, elles ne devaient pas faillir, par ciller. Daphne en était incapable. Alors, sa mère s’approcha de sa fille et posa son élégante personne à côté d’elle, dans le canapé. « Daphné... » Elle était plus calme, désormais. « Ils vont revenir. Ton père va revenir. Et il va ramener ta sœur. Aies juste un peu confiance. Ils vont la retrouver. Et ils vont la ramener. » Elle lui parlait lentement, comme on parle à un enfant à qui on tente d’expliquer quelque chose de compliqué. Elle lui parlait avec une douceur qu’elle avait surtout l’habitude d’adresser à Tori. Hortense prit la main de sa fille, cette même main que Daphne rongeait depuis tout à l’heure sans l’avoir remarqué, puis la mère l’éloigna de son visage et la lui posa sur sa cuisse. « Calme-toi. Il faut juste attendre encore un peu. »

S’agissait-il seulement de cela ? Daphne était-elle prise d’une peur-panique à l’idée que périsse son père dans le combat, à l’idée de ne jamais revoir sa sœur ? Etait-ce ce qu’elle devait prétendre ? Oui, elle était anxieuse, plus, elle était terrorisée, mais pourquoi ? Il semblait évident qu’un groupe de mangemorts ne pouvait simplement pas se retrouver perdants face à quelques insurgés bien moins organisés, et bien moins au courant de l’attaque. Qu’est-ce que pourrait Potter contre son père ? Elle l’a toujours considéré comme un bébé capricieux, profitant d’une soudaine célébrité à laquelle il ne s’était pas attendu pour tirer tous les avantages et tous les privilèges à lui ; elle l’a toujours vu comme un idiot, sans grand intérêt, elle se rappelle de cela. Elle n’aime pas Potter. Et il ne peut rien contre son père. Il ne peut rien contre personne. Il se cache derrière ses amis et c’est à lui que revient la gloire. Qu’est-ce qu’Hermione a bien pu lui trouver ?! Daphne interrompit la succession de pensées qui animait son esprit. Hermione. Elle sentit comme une lame glacée l’embrocher  en plein ventre. Mais elle ne comprit pas pourquoi. C’était une amie qui, certes, lui avait un jour été chère. Mais elle avait disparu depuis. Elle avait rejoint les rangs ennemis, elle avait sans doute participé à l’imperium dont Daphne avait été la triste victime. Alors pourquoi y penser maintenant, se laisser envahir par une culpabilité nouvelle, avoir même… peur, pour elle ? Secrètement, inconsciemment, elle priait pour qu’elle se soit cachée, enfuie. Pour qu’ils ne la trouvent pas. Daphne avait peur pour eux, en vérité, et elle n’avait aucun moyen de le savoir, autre que celui de se laisser submerger par ces flashes insoutenables qui la hantaient depuis son retour. Mais c’était hors de question. Astoria était au centre de ses inquiétudes, également. Il était indéniable qu’elle lui manquait, et qu’elle avait envie de la retrouver saine et sauve, mais pour une raison qui lui était – comme tout le reste, semble-t-il – inconnue, elle était tout autant tourmentée à l’idée que sa sœur ne réagisse pas tout à fait comme elle le devrait. Devrait-elle lui en vouloir ? C’est effectivement ce qui la paniquait. Mais de quoi ? Daphne jeta un coup d’œil furtif à sa mère, en sentant son regard pesant sur elle. Hortense était un aimant à émotions. Lorsqu’elle se trouvait proche de quelqu’un d’heureux, alors elle était de bonne humeur, et lorsqu’elle se retrouvait à côté d’une personne triste, la déprime la guettait. Ce n’était pas tant de l’empathie, plutôt une autre forme d’égocentrisme qu’elle avait développée pour être au centre des attentions. A cet instant, nul doute qu’elle ressentait les affres que le propre esprit de sa fille exerçait sur elle. Daphne s’en excusa avec les yeux, et ne voulut pas lui infliger cela une seconde supplémentaire ; du moins, elle voulait « attendre encore un peu » toute seule. « Je monte dans ma chambre. »  Hortense hocha la tête, comme si c’était effectivement ce qu’elle tentait de lui faire comprendre depuis une demi-heure.

Clairement, Daphne et sa mère avaient une perception très différente de ce que signifiait « encore un peu. » Une heure était passée, sûrement deux, peut-être trois et, pensait-elle, très probablement mille. La rousse, en s’exilant dans sa chambre, était parvenue et souffler et à sortir les images qui n’en finissait pas de faire irruption dans sa tête déjà trop pleine de problèmes. Elle avait eu le temps de se faire couler un bain, et de se poser sur son lit, un livre à la main. Pas tant passionnée par sa lecture, elle sentit ses paupières, alourdies par des tourments inutiles, se fermer comme celle d’un enfant qui lutte pour les maintenir ouvertes. Elle finit par abdiquer, se laissant entraîner vers le sommeil des songes, avec l’espoir que sa sœur serait là à son réveil, et, surtout, qu’elle ne ferait aucun rêve désagréables. Elle n’en eu pas le temps. A peine s’était-elle endormie que le bruit du portail de l’entrée la fit bondir hors du lit. Elle descendit les marches douze par douze, observant la lourde porte de leur demeure s’ouvrir avec difficultés. Hortense se précipita vers celle-ci pour aider son mari. Daphne s’était figée sur place et n’avait pas réussi à franchir les deux dernières marches qui lui restaient pour atteindre le sol. Sous ses yeux écarquillés, son père rentra dans la demeure, à peine trois égratignures, avec la suffisance qu’on lui connaissait bien… Astoria, dans les bras. Elle n’eut pas la force de bouger tout de suite. Elle voulut lui dire « Pardon » mais n’aurait pas su en expliquer la raison. Wyatt la posa alors à terre et Daphne découvrit son visage pâle, fatigué, écorché. Une lame en plein cœur. Qui sont les salopards qui t’ont fait ça, Tori ? Qui pourrait vouloir te faire du mal, à toi ? « Tori. » Elle s’entendit prononcer son nom sans l’avoir prévu, et accouru enfin jusqu’à elle, l’étreignant de toutes ses forces comme jamais elle ne l’avait fait jusqu’alors. « Par la barbe de Merlin Tori, je suis tellement heureuse. Est-ce que tu vas bien ? » Et de rajouter, sans attendre la réponse. « Ça va aller. » Sans relâcher sa petite sœur, Daphne tourna son attention vers Wyatt, constatant qu’Hortense était restée muette devant ce spectacle, incapable donc de lui poser les questions importantes. « Que s’est-il passé ? » L’intéressé s’en alla vers la cuisine, se servit un double verre de whisky et revient au salon en le sirotant. « On a trouvé le camp de Potter. » Les yeux de Daphne s’illuminèrent. « Vous- Vous l’avez… ? » Wyatt coupa court au moindre espoir « Il n’était pas là. On en a ramené quelques uns avec nous. Nous verrons bien ce que nous pourrons en tirer. » Mais il ne mentionna pas Hermione, et Daphne n’osa pas lui poser la question. « J’étais tellement inquiète ! » lâcha-t-elle en repoussant doucement sa sœur il semblait très fragilisée. Elle voulait l’assaillir de questions, mais elle venait de rentrer, et il fallait qu’elle se repose. « Tu veux manger un morceau ? Mère a fait… un gâteau. » Sa voix se craquela quand elle se rendit compte à quel point c’était absurde. L’émotion était trop lourde. Les regrets, la culpabilité, aussi. Mais ça n’avait rien à faire là. Daphne n’avait aucune raison de s’en vouloir. Sa sœur était rentrée. Enfin, sa famille, au complet.


   
made by roller coaster
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MessageSujet: Re: DAPHTORIA + family portrait   DAPHTORIA + family portrait EmptySam 23 Mai 2015 - 14:53

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Elle était lasse, la princesse. Elle était fatiguée, elle ne voulait retrouver qu’un lit confortable, douillet et chauffé, un plateau repas aux mets les plus exquis et la dorure de son palais salement amoché. La nuit avait été longue, mouvementée, éprouvante pour ses nerfs fragilisés de quatre longues années de captivité. Quatre années à se demander tous les jours quand cette libération arrivera, quand pourrait-elle gambader librement, sans chaines à ses poignets, sans boulet à son pied. La fleur avait fané de ce manque de lumière, son teint blanc accentuant un peu plus son corps saillant, amaigri par le manque de nourriture et, surtout, par le sevrage forcé et subite de l’Orviétan. D’ailleurs, son esprit réclamait avec vigueur cette substance, comme s’il n’y avait que cela qui pouvait la maintenir éveillée, consciente du monde qui l’entourait. La belle se rappelait avec nostalgie, le cœur gros, à quel point l’Orviétan avait été un bienfaiteur sur son état, qu’il l’aidait à canaliser cette rage au fond d’elle qui bouillonnait d’autant plus maintenant, qu’il la rendait spirituellement au-dessus de tout individu lambada. Mais pour l’instant, Astoria n’était pas en position de demander cela, tout simplement parce qu’elle était avec son père et que, même abrutie de calmants avec l’esprit chevauchant la réalité et la fiction, il était hors de question que ses premières paroles aient un retour cinglant, un rabais pur et simple de sa personne. Elle avait trop vécu cela. Elle voulait de la paix, de l’amour, de la tendresse. Elle souhaitait retrouver ses souliers royaux, les bienfaits du bain, le plaisir d’avoir des elfes de maison à ses soins. Son aspiration était simple ; celle de retrouver sa vie d’antan, celle précédant toute la douleur, toute la solitude, toutes les tortures subies. Cette période de sa vie où elle était encore jeune, belle, promise à bel avenir. Où la princesse n’avait pas encore été déchue et salie, où elle n’avait pas fait encore tâche à sa famille, où elle était l’héritière parfaite, la préférée de son père, la poupée de sa mère. Celle qui faisait oublier les erreurs de son aînée, celle qui redonnerait un sens à toute cette mascarade entretenue avec soin par les Greengrass depuis des générations.

Et dans les bras de son père, habillé dans son rôle de géniteur protecteur face aux crépitements et aux questions des journalistes, la belle tentait de faire bonne figure. On lui avait dit – ordonné – de ne pas parler, de faire la pauvre demoiselle abattue par un groupe de résistants mais qui restait forte malgré tout. Ce qui était à moitié vrai, de toute façon. Astoria ne cachait à peine la fatigue menaçant ses paupières de s’affaisser et encore moins ce faible sourire qu’elle arrivait à esquisser de ses lèvres fines. La rose avait perdu cette couleur sur ses lippes, trop longtemps asséchées, souvent meurtries par les coups de ses assaillants. Puis, ce fut le calme et Astoria en eut l’envie de vomir. Le calme, la solitude étaient devenus signe d’abandon pour elle alors, malgré elle, elle s’agrippa un peu à son père, qui grommela dans sa barbe. Il avait l’air aussi exténué qu’elle mais aussi agacé qu’elle ne puisse pas marcher toute seule. Comme si c’était de sa faute d’avoir été si longtemps enfermée, qu’elle n’était pas assez forte pour effectuer ce que même un nourrisson était capable de faire. Mais pour une fois, Astoria n’en ressentit pas la frayeur ; pour le moment, son père était un héros, faisant partie de ceux qui l’avaient libéré, même si tout le mérite ne revenait qu’à un certain blond qu’elle n’a pas eu le temps de reparler, de revoir. Wyatt ne lui en avait pas laissé le temps. Et Draco non plus. La tranquillité ne dura que quelques pas – trop de pas – avant que la porte de la demeure familiale s’ouvrit et une femme – sa mère – se précipitait vers eux. « Oh ma chérie, ma pauvre enfant, regarde un peu ce qu’ils ont fait à notre bébé, Wyatt ! » Ce dernier eut un soupir d’agacement face au sentiment envahissant de sa femme tout en lâchant sa fille qui glissa mollement sur le sol. Elle ne se souvenait plus que l’endroit était aussi lumineux, aussi brillant ; elle en plissa les yeux. Sa mère lui prit le visage entre les mains tout en parlant encore et toujours, sans sa princesse n’écoute un seul mot qu’elle disait. Non, elle était absorbée par la vision par-dessus l’épaule d’Hortense, de celle qui se tenait encore dans l’escalier. « Tori. » Ce n’était pas possible. Est-ce qu’elle hallucinait ? Que faisait cette traîtresse chez eux ? Cette même traîtresse qui dévala les dernières marches et prit sa cadette dans ses bras, d’une force insoupçonnée. A quoi jouait-elle ? « Par la barbe de Merlin Tori, je suis tellement heureuse. Est-ce que tu vas bien ? Ça va aller. » La plus jeune regarda la plus âgée comme si elle voyait un fantôme, absorbée dans une transe illusoire. Elle ne pouvait pas être là. Jamais ses parents n’auraient accepté qu’elle franchisse le seuil de la porte. Jamais. Astoria voulait lui dire de la lâcher, de ne pas la toucher, de garder ses distances. Daphné – un prénom qui lui donnait de nouveau des haut-cœurs – était en discussion avec leur père, paroles qu’une fois de plus, la belle n’écouta pas. Elle était bien trop sonnée, trop révoltée de voir la rousse, celle qui devait être sa sœur, qui devait la protéger mais qui l’a vendu comme du bétail à son bourreau, être libre alors qu’elle devrait être enchaînée, condamnée pour les maux qu’elle a fait subir à tout le monde, pour avoir ruinée sa vie, la priver de son adolescence, de quatre années de son existence. « Tu veux manger un morceau ? Mère a fait un gâteau. » La cadette ne sourcilla pas alors que les yeux émeraudes de Queenie l’observait d’une tendresse sans égale. Cette même tendresse, ce même amour que l’enfant terrifiée avait tant voulu voir dans ses yeux quand elle la suppliait de la libérer, de la laisser rentrer à la maison.

Même si la perspective d’un gâteau était alléchante, son estomac criant famine, sa raison prit le dessus et elle s’éloigna brusquement de l’emprise de sa sœur. « Ne me touches pas, sale traîtresse. » Son regard furibond n’arrivait pas à démontrer l’étendue de sa colère, l’ampleur d’une haine qui lui déchirait les boyaux. Si elle n’avait pas été une demoiselle de bonne famille, elle lui aurait craché au visage. Mais la jolie fleur devenait de nouveau chienne, la même qu’elle était quand elle était enfermée. Par la faute de celle qui se trouvait à présent devant elle. « Comment je pourrai aller bien sachant que tu es ici ? A quoi joues-tu ? » Elle regarda ses parents d’un œil colérique. « Que fait-elle ici ? Pourquoi n’était-elle pas au bon soin du Lord, elle tourna la tête vers son aînée, à payer pour les actes qu’elle a commis ? » Qu’elle croupisse en enfer, cette fille du diable aux cheveux flamboyants. Elle n’était plus sa sœur, elle avait rompu leur lien en la forçant à rester chez les insurgés, en la kidnappant et la rendant encore plus misérable qu’avant. La petite teigne en elle se déchaîna, la vision de la rousse provoquant sa libération. « On ne mangera aucun morceau ensemble. Tu n’as rien à faire ici et je ne veux plus te voir.»

Elle était tellement lasse, la princesse.

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MessageSujet: Re: DAPHTORIA + family portrait   DAPHTORIA + family portrait EmptyJeu 28 Mai 2015 - 15:50

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Daphne était déconcertée, prête à s’échouer sur le pavé. Qu’avait-elle fait de travers ? Pourtant, même si elle avait espéré très fort, de tout son être, qu’Astoria serait heureuse de la voir, elle devait bien avouer que quelque part, elle s’était doutée de cette réaction. Il avait déjà fallu convaincre tout un monde qu’elle n’avait pas trahi, qu’elle n’avait pas agi en connaissance de cause, mais ça, Tori n’en avait encore aucune idée. Elle n’avait sans doute pas lu les journaux, peut-être pas entendu la radio, ou peut-être pas celles où l’on parlait des Greengrass ; non. Impossible. On parlait d’eux partout. Le monde entier prononçait, écrivait, murmurait leurs noms, le monde entier dessinait, sculptait, photographiait leurs visages. Mais il n’était pas surprenant que sa sœur n’en ai rien su, vu les traitements, selon les rumeurs, qu’elle recevait chez les insurgés. Cependant, n’était-elle pas avec elle, durant toutes ces années ? N’avait-elle pas pu voir que Daphne n’était pas elle-même ? Lui avait-on fait subir un sort similaire, afin de les monter l’une contre l’autre ? Que s’était-il passé, ces quatre années durant, pour que, non seulement, elle perde la confiance de sa sœur, mais également qu’elle attise sa haine ? Daphne avait l’impression d’être dans une impasse, plus même, dans une cage, de n’avoir aucune issue, de n’avoir rien à dire, puisqu’il était simplement impossible de justifier des faits (ou de les infirmer) alors qu’elle n’en avait souvenir. Ce qu’elle allait lui dire ne serait pas différents que ce qu’on dit déjà partout et ailleurs : ce n’était pas elle, et il ne fallait pas lui en tenir rigueur. Pourtant, face à cette réaction aussi inattendue que prévisible, Queenie resta pétrifiée. Elle en avait eu, des confrontations de la sorte, ces derniers mois. Elle avait su faire face à Draco Malfoy, et elle était à présent obligée d’admettre qu’il était plus facile d’affronter son jugement à lui que celui de sa propre petite sœur. Et si elle la détestait pour toujours ? Si quoi qu’elle dise, rien ne lui permettrait de regagner son amour ? Tori était bornée, et ce depuis toujours. Sa crise d’adolescence à elle avait été plus calme que celle de Daphne, et son tempérament de feu. A la place de la rébellion (que Daphne avait dans les veines de manière innée), Astra avait choisi l’entêtement. La princesse restait la princesse, passait l’adolescence comme n’importe quelle autre princesse, mais sans en perdre ses bonnes manières. Mais justement : ne lui avait-on pas volé son adolescence ? Les insurgés avaient capturé Astoria alors qu’elle avait à peine seize ans. Avant cela, déjà, elle avait dû endosser un rôle de mère, bien trop tôt de manière générale, mais surtout bien trop tôt pour elle. Pour autant, elle n’avait jamais craqué. Têtue, toujours, mais jamais hystérique, jamais dans l’excès. Astoria gardait, sans interruption, ce contrôle de soi glaçant qu’il lui donnait l’aspect d’une poupée de porcelaine dans une boîte à musique. Elle aurait pu se révolter après son accouchement forcé, elle aurait pu se révolter après son père et sa folie qui ne cessait de grandir, elle aurait pu se révolter contre sa mère qui disait oui à tout, qui faisait semblant de vouloir l’aider mais qui la transformait seulement en une copie d’elle-même. Daphne aurait voulu lui dire des millions de fois, à Hortense, qu’elle se trompait sur sa cadette, qu’elle valait mieux, tellement mieux que ça. Elle l’avait vu, ce regret, cette amertume dans les yeux de sa sœur, lorsqu’elle était rentrée amochée de son duel avec le tendre et lointain fiancé de celle-ci. Elle avait encaissé les remarques, accepté les reproches. Mais jamais, jamais elle ne l’avait vu dans cet état, à lui cracher son dégoût à la figure, ces mots blessants, accablants, l’aigreur d’une vie dont on l’aurait privée ; dont sa sœur l’aurait privée. Alors face à elle, face à la scène qui se déroulait sous ses yeux, la rouquine si flagrante d’habitude se fit statue de glace, en phase de fondre sur le marbre gelé. Sa sœur était si difficile à affronter.

Qu’est-ce tu cherches, Astoria ? De quoi tu m’accuses ? Tu m’as perdue, je ne comprends pas et je n’ai pas d’excuses. « Ma pauvre chérie, ta sœur n’y est pour rien, en vérité ! Je sais que c’est difficile à croire mais… Wyatt ne lui as-tu pas raconté ? » Ce fut la voix de sa mère, paniquée, trop précipitée, qui la ramena sur terre. Je sais que c’est difficile à croire, avait-elle dit. Tellement difficile, même pour Daphne, si seulement elle se laisser le droit de douter d’elle-même. Que découvrirait-elle alors. Son père grommela « Elle était pratiquement inconsciente, Hortense. Quand diable penses-tu que j’ai eu le temps de lui expliquer quoi que ce soit ? » Daphne concentra son attention sur son père. Ses pupilles en détaillèrent le moindre trait, comme si elle cherchait une réponse à ses interrogations en le regardant ainsi. La seule réponse qui frappa son esprit fut la suivante : Wyatt ne croyait pas – non plus – en l’histoire de son aînée. Il s’était bien gardé d’en faire la remarque à qui que ce soit, et peut-être à lui-même, trop heureux de récupérer le rang et la réputation qu’il avait eue avant la désertion de ses deux filles l’une après l’autre. Il avait accepté l’alibi de Daphne pour lui-même, pour son image, parce que ça l’arrangeait. Et sans doute avait-il peur d’en douter, mais les faits étaient déjà là : son regards ne mentait pas, son ton l’incriminait et son cœur battait sûrement au rythme de leurs mensonges. Wyatt connaissait bien ses filles, faute de les aimer comme il se devait. La fureur de vie, de liberté, et surtout de dissidence chez Queenie, il l’avait constatée bien avant qu’il ne se passe quoi que ce soit dans la misérable pièce de théâtre qu’était leur vie de famille. Et s’il y avait une potentialité pour que Daphne ait effectivement été corrompue à agir comme elle l’avait fait, il avait pour intime conviction qu’elle l’aurait fait de toute manière, même si elle n’y avait pas été obligée. Wyatt se retrouvait rongé – et Daphne voyait enfin clair là-dessus – par une certitude qu’il n’oserait jamais révéler, pour garder bonne figure. Non seulement, alors, la rousse s’en retrouvait d’autant plus chamboulée (elle n’avait, jusqu’alors, jamais émis d’hypothèse sur la véracité de ce qu’on racontait sur elle, n’ayant rien d’autre à proposer, et surtout, profitant du total soutien de sa famille) mais en plus, elle se retrouvait terrorisée à l’idée que sa sœur puisse convaincre l’opinion générale de ce dont elle, et son père,  croyaient être sûrs. Il fallait qu’elle parle, qu’elle parle bien, et qu’elle parle vite. « Tori je sais. » elle resta à distance, comprenant que ce n’était pas le moment d’user de câlins et de tendresses. « Je sais ce que tu penses, tu n’as pas été la seule à le croire. » Elle s’efforça de rester droite, se refusa à ciller. « Je n’ai aucune idée de ce que tu viens de subir, de tout ce que tu as dû traverser, mais crois-moi j’ai eu ma part. Je ne sais plus… Tori, je ne sais pas comment te l’expliquer… » Lorsque la mémoire flanchait, il était presque impossible de tout mettre bout à bout afin d’obtenir un récit cohérent. Il fallait faire mieux que ça si elle voulait être au moins persuasive. « Ils m’ont obligée à faire des choses, je n’étais pas moi-même. Je n’ai jamais voulu te faire du mal et. » Je ne me souviens de rien. Ça ne prouvait pas son innocence. Ça ne prouvait rien du tout, au contraire. C’était trop facile, de ne pas se rappeler. C’est ce que lui répondrait Tori. « Écoute-moi bien, Astoria. » elle changea radicalement  de manière d’approcher les choses. Daphne était tout autant une victime que l’était la princesse, elle n’avait plus de reproches à subir, pas alors que ça faisait déjà des mois qu’elle était crédible aux yeux de la terre entière. « Je comprends que tu sois énervée, mais c’est seulement parce que tu crois des choses qui sont fausses. J’espérais que Père pourrait t’en parler avant que l’on ne se retrouve, mais je veux bien croire que tu étais un peu trop dans les limbes pour pouvoir comprendre. Je t’en parlerai calmement mais d’abord, je t’en prie, viens te nettoyer un peu, et mange un morceau, tu es aussi pâle qu’un troll des montagnes. » Redhead se dirigea vers la cuisine, où elle coupa une part de gâteau qu’elle vint ensuite déposer sur la table de la salle principale, près de Tori. « Je vais faire couler un bain. Pour toi. N’hésite pas à me prévenir quand tu voudras bien cesser tes reproches et écouter ce que j’ai à te dire. » Elle lui jeta un coup d’œil qui ne traduisait pas du tout la véhémence de son intonation. Elle lui avait diablement manquée, elle ne pouvait pas s’en cacher. « Mes quatre années précédentes n’ont pas été si différentes des tiennes, tu sais. » Puis obligea un sourire « Bon retour chez toi, tout de même. »


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MessageSujet: Re: DAPHTORIA + family portrait   DAPHTORIA + family portrait EmptySam 30 Mai 2015 - 17:59

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Tout n'est qu'apparence et réputation, chez les Greengrass. Les sourires sont faux, les émotions sont forcées et brosser les gens dans sens du poil était un art que leur famille maîtrisait mieux que personne. Il n'était donc pas surprenant que la tête royale qu'elle s'entêtait d'être, agissant comme si sa valeur devait être supérieure à la moyenne, n'était dans le fond qu'un manque flagrant d'amour et de tendresse sincère. Mais elle préférait agir comme la première des capricieuses, la reine du royaume que de dévoiler son visage, plus fragile, plus vulnérable encore, au grand jour. Trop de fois la jeune Greengrass a été désabusée, trop de fois on lui a fait des promesses qui se sont envolées à la première brise matinale. Elle paraissait inaccessible et pourtant, elle se jetterait naïvement dans les bras du premier qui lui accordera de l'attention. Et tout ceci n'est qu'une spirale sans fin. Elle voulait croire qu'elle avait changé, qu'elle fera plus attention la prochaine fois, que la docile princesse deviendra truand, bourreau. Mais pour l’instant, elle n’en avait ni les moyens ni l’opportunité. Ni l’envie, d’ailleurs. Revenant tout juste d’une nuit longue, d’un camp brûlant à flammes ardentes à une salle sinistre à être assommée de questions plus absurdes et grotesques les unes que les autres, Astoria ne voulait qu’une bonne nuit de sommeil, même en pleine journée. Peut-être qu’elle pourrait demander à Hortense une de ses potions pour dormir sans rêve et sans cauchemar.

« Ma pauvre chérie, ta sœur n’y est pour rien, en vérité ! Je sais que c’est difficile à croire mais… Wyatt, ne lui as-tu pas raconté ? » Perdue, le regard fatiguée de la cadette passait sur ses géniteurs, interrogation faisant briller ses pupilles. Qu’est-ce qu’on ne lui disait pas ? Pourquoi sa mère se mettait à défendre celle qui avait toujours réussi à échapper de son emprise, de sa manipulation ? Pourquoi ne la défendait-elle pas, elle, la véritable victime de l’histoire ? Qu’est-ce qu’il s’est passé qu’elle ignorait qui avait pu amener cet étrange et révoltant retournement de situation ? « Elle était pratiquement inconsciente, Hortense. Quand diable penses-tu que j’ai eu le temps de lui expliquer quoi que ce soit ? » Wyatt était agacé et Astoria ne pouvait lui en vouloir, pour une fois. Sa mère pensait-elle qu’ils avaient eu le temps de parler de la pluie et du beau temps, des dernières nouvelles de la famille et du monde en général ? La rose brisée n’en avait que faire, pour le moment, du monde extérieur. Diable, elle tournerait tout aussi bien le dos à cette hypocrite, celle qui a brisé quatre ans de sa vie sans aucun scrupule. Bien sûr, la curiosité la poussait à passer son regard sur les membres de sa famille mais son égoïsme lui criait de se ôter de cette pièce, de se nicher dans son cocon familier, de se laisser bercer par la main maternelle sur ses cheveux. La jeune Greengrass ne souhaitait que cette attention, que cet amour ; celui de sa mère. Même si Hortense était maniérée, un accent parfois agaçant et d’une emprise aussi suffocante que celle de son mari, elle pouvait se féliciter d’éprouver de véritables sentiments d’affection envers sa fille – ses filles, visiblement. Et l’aura maternel avait toujours été réconfortant pour sa plus jeune, se réfugier dans ses jupons était rassurant.

« Tori je sais. Je sais ce que tu penses, tu n’as pas été la seule à le croire. » Elle avait pris la parole. Elle avait pris ses distances. Elle semblait avoir compris. Queenie allait devoir s’expliquer, faire comprendre à sa cadette ce qu’elle pensait croire. Cette dernière n’avait nul doute sur ce qu’elle avait vu. Mais ses yeux, froids et méprisants, se vissèrent sur la silhouette droite de Daphné. « Je n’ai aucune idée de ce que tu viens de subir, de tout ce que tu as dû traverser, mais crois-moi j’ai eu ma part. Je ne sais plus… Tori, je ne sais pas comment te l’expliquer… » Astoria fronça les sourcils alors que ses lèvres se pincèrent, retenant alors un rire sans humour. « Tu ne sais pas ce que j’ai subi ? Est-ce que tu te fiches de moi ? » Elle ne comprenait les mots qui se déversaient de la bouche de son aînée. La même aînée qu’elle a tant admiré dans le passé pour sa force de caractère, la ténacité de ses convictions, sa capacité à bloquer les projets fantasques de leur père. Une aînée qu’elle regardait maintenant avec dégoût, avec haine. Dans l’intimité familiale, il n’y avait aucune raison de cacher la rancune, de masquer son aversion. Dans ce cocon se formait et se déformait leurs liens. Tapis dans l’ombre de tous, les masques tombaient et l’honnêteté des sentiments surgissaient, amplifiés d’avoir été trop longtemps mis au silence. « Ils m’ont obligée à faire des choses, je n’étais pas moi-même. Je n’ai jamais voulu te faire du mal et. » La cadette sentit ses yeux lui piquer sans qu’elle sache vraiment pourquoi. « Écoute-moi bien, Astoria. Je comprends que tu sois énervée, mais c’est seulement parce que tu crois des choses qui sont fausses. J’espérais que Père pourrait t’en parler avant que l’on ne se retrouve, mais je veux bien croire que tu étais un peu trop dans les limbes pour pouvoir comprendre. Je t’en parlerai calmement mais d’abord, je t’en prie, viens te nettoyer un peu, et mange un morceau, tu es aussi pâle qu’un troll des montagnes. » Mais la capricieuse enfant s’en fichait de son gâteau. Elle n'avait pas faim, elle n'avait plus faim. Elle ne lui accordait même pas un regard, même pas pour l’envisager. Son estomac avait été formé au manque, son appétit avait été réduit. Et cela par la faute même de celle qui était en face d’elle. Elle ne quittait pas Daphné des yeux, la toisant, l’assommant de reproches. Comment pouvait Queenie s’entêter à lui parler de ce fichu gâteau alors que sa cadette était dans le flou le plus total ? « Je vais faire couler un bain. Pour toi. N’hésite pas à me prévenir quand tu voudras bien cesser tes reproches et écouter ce que j’ai à te dire. » Jamais, voulut-elle cracher. « Mes quatre années précédentes n’ont pas été si différentes des tiennes, tu sais. Bon retour chez toi, tout de même. »

« Tu… » Astoria commença mais son père l’interrompit. « Par pitié, allez geindre ailleurs. La nuit a été longue et je ne respire qu’à un peu de tranquillité, serait-ce trop demander ? » Daphné lui faisait dos, de toute façon, persuadée visiblement qu’un bon bain suffira à remettre les idées de sa cadette en place. Prise d’une vigueur nouvelle, cette dernière se tourna vers son père, la tête baissée. « Pardonnez-nous, Père. » Hortense leva le bras pour attraper sa fille et la guider vers l’étage mais la friponne s’était déjà échappée, envolée vers l’escalier, à la suite de sa sœur. Elle la vit prendre le virage d’un couloir – celui même qui menait à sa chambre, ses appartements. Ce qui aurait dû être le retour paisible et heureux au bercail se transformait en course effrénée pour obtenir les réponses qu’elle souhaitait. La belle rose fouetta sa fatigue dans un coin de son corps, ses membres se révoltant furieusement face à la marche rapide et légère qu’elle avait, telle une lionne sur le point d’attraper sa proie. Et c’était largement l’idée puisque sa main emprisonna le poignet de Daphné d’une force qu’on ne lui soupçonnerait pas en temps normal et encore moins maintenant, après une nuit sans repos et un interrogatoire qui n’en finissait pas. « Je t’interdis de t’échapper encore une fois comme une lâche. » Enfin seules. Et maintenant libérée, Astoria n’allait pas se forcer de jouer la ravie petite sœur sautant dans les bras de sa grande sœur. « Comment oses-tu prétendre que tu as subi la même chose que moi ? Comment peux-tu encore me regarder dans les yeux après tout ce que tu m'as fait ? » La petite enfant prit ses grands airs, ceux qui n’étaient que sérieux et menaçants, triste à en mourir sur son visage meurtri par quatre années de calvaire. « C’est toi qui m’as arraché de ma vie, dit-elle en fourrant son doigt sur le torse de sa sœur. C’est toi qui as décidé ce qui était bien pour moi et ce qui ne l’était pas. C’est toi qui as fait la sourde oreille face à mes multiples supplications de retrouver la liberté. » La belle rose devenait sombre, son cœur se grossissait au fur et à mesure que sa voix se brisait à déverser ces flots de paroles accusateurs. « Et maintenant, tu veux me faire croire que tu ne sais plus ? » C’était un tableau affligeant. Les deux sœurs qui, autrefois, courraient joyeusement dans ce même couloir, se retrouvaient des années après, des critiques à déverser sur l’une et l’autre. Incomprises mutuellement, un mur s’était forgé entre elles et nul ne savait si les briques chancelleront un jour.

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