sujet; DARJA VALKOV, la grise.
MessageSujet: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 14:04

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Darja Dusana Valkov
feat Ginta Lapina • crédit wildworld

Death Eaters • Inventé
• nom complet ; serait supposé être Valkovova, si elle était dans le pays de ses parents, en République Tchèque. Mais ici, on se contente de Valkov, puisqu'on ne connaît pas les mêmes usages, alors elle tente de s'en contenter. Darja Dušana sont les prénoms qui lui ont été donnés. • surnom(s) ; Sa mère (et son frère, de temps à autres) la surnomme souvent Darjuška. Les autres ne la surnomment pas. • naissance ; 27 février 1978 à Herpo Creek • ascendance ; sang-pur tchèque • camp ; on la considère comme une pro sang-purs extrêmiste. • métier ; elle est chercheuse pour le compte du Lord, mais peut-être amenée à faire diverses missions : elle s'est récemment découvert un don pour les interrogatoires, et apprécie de temps en temps une mission de terrain. • réputation ; plus personne ne sait que penser de Darja. Ceux qui l'ont connu à Poudlard sont incapables de reconnaître la jeune fille qu'ils y ont côtoyé. Elle qui  distribuait joie et bonne humeur à tout un chacun est du jour au lendemain devenue froide et sèche, a rejoint les rangs du Seigneur des Ténèbres, et voir son visage désormais impassible, ses yeux bleus vides vous glace le sang. Elle ne se mêle pas trop aux mondanités qu'affectent ses congénères, mais malgré son jeune âge, son nom de famille suffit à tenir à distance les plaisantins, y compris ceux de sa caste. • état civil ; célibataire tant qu'on ne lui aura pas imposé le contraire, elle profite donc des quelques temps de liberté et de solitude qui lui restent • rang social ; mangemort malgré elle • particularité(s) ;aucune, il ne manquerait plus que ça • patronus ; pas si effrayant que ça, il s'agit d'un chat • épouvantard ; les cadavres d'Andel et d'Andrea superposés • risèd ; dans le Miroir du Risèd, elle se verrait à nouveau elle-même • animaux ; aucun, ça perd ses poils, ses plumes, ses écailles, l'enfer. • baguette ; elle est faite de chêne blanc, contient une tige de dictame, est d'une incroyable souplesse et mesure un peu plus de vingt-huit centimètres.

The stars have faded away
► Avis sur la situation actuelle : Rien, ou pas grand-chose, c'est tout du moins ce qu'elle pense ressentir à l'égard de cette guéguerre qui se déchaîne dans les rues, les caves, les forêts. Oh, bien sûr, comme tout le monde, elle a sa place dans ce conflit, mais c'est une place qu'on lui a imposé - elle n'a pas idée à quel point -, elle ne fait pas ça pour elle, elle sait qu'elle n'a pas le choix. Si on l'avait forcée à buter son camp à la place, elle l'aurait fait avec le même détachement, voire peut-être même avec plus de plaisir encore. Elle ne se cherche pas d'excuses pour autant : elle sait qu'elle est coupable, totalement. Mais il n'y a tout simplement pas d'issue à sa situation, aucune en tout cas qui ne soit trop dure à affronter, quand elle n'a a priori aucune raison de sortir des sentiers battus.

► Infos en vrac : Darja a obtenu la note optimale en Potions, Botanique et Soins aux Créatures Magiques lors de ses ASPICS. Il faut dire qu'elle porte une attention toute particulière à ces  sujets depuis son plus jeune âge. Sa passion ? Les poisons. Sa lubie du moment ? Recréer et modifier les psychotropes qui circulent depuis peu au Royaume-Uni. "Il marchera et règnera. Sous son joug les impurs plieront, au son de sa voix, tous trembleront. Il mènera notre peuple à la gloire que trop ont terni, il réparera les dommages que tant d'impies ont causé, afin que notre sang un jour soit lavé." C'est suite à cette vision de Tanya, la grand-mère paternelle de Darja, que les Valkov se sont installés en Angleterre. Cette dernière est en effet dotée du don de voyance, et a perçu entre les voiles vaporeux de l'au-delà l'ascension de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Éternels défenseurs de la pureté du sang, il fallait bien s'attendre à ce que, en entendant cela, les Valkov se précipitent dans l'attente d'une gloire et d'une fortune nouvelles. Bedrik, son fils, suivra ses parents sans se poser de questions, alors que le voilà tout juste marié à l'héritière de la fortune du Dr. Rayov, prestigieux modificateur d'apparence dont le nom se répandait comme une traînée de poudre de vélane à travers le monde. Sa fille ne se dirigera pas vers cette branche de médecine alternative à sa suite, mais utilisera plutôt cet épatant tas de gallions amassés à organiser d'importantes soirées mondaines parmi l'Elite. Politiciens, hommes d'affaires, artistes, savent que le carnet d'adresse de Hedvika Rayovova Valkovova et son inconcurrençable réputation qui voudrait qu'elle n'ait jamais supervisé aucun évènement râté en font un premier choix en matière d'évènementiel sorcier. Ce qui est sûr, c'est qu'elle a le sens du spectacle, et parfois un peu de mal à retirer son masque une fois la représentation terminée. Plus récemment, on a commencé à lui confier l'organisation de certaines de ces fameuses ventes aux enchères qui accaparent tant les privilégiés. Monsieur, quant à lui, est un joueur né. Une partie de ses revenus lui vient en effet des courses d'hypogriffes, mais l'essentiel provient de cette passion qu'il a su tourner en affaire lucrative : il a ouvert un cercle de jeux sorciers dans l'Allée des Embrûmes - avant que celle-ci ne devienne si populaire -, qui connaît un bel essor alors que les restrictions se multiplient. Toutes sortes de bruits courent sur cet établissement, bien que la clientèle qui le fréquente ne puisse décemment réclamer plus de gallions ou de puissance, mais à vrai dire, dans les coulisses, nul ne sait ce qui se passe réellement. Les deux amants se sont alliés depuis peu et ont fait l'acquisition d'un nouveau terrain, dans lequel ils ont fait tailler un dangereux labyrinthe : tout juste inauguré, il s'agit d'une aire de jeux pour les combats de rebuts qui devrait faire sensation en raison de sa taille et des nombreux pièges qui y ont été disposés. Elle ne peut garder ses mains en place. Elle les tord, se ronge les ongles, les fait crisser sur une surface successivement, joue avec sa baguette... Hormis la Marque des Ténèbres, reçue l'an passé et à laquelle elle tente toujours de s'habituer, un autre motif est gravé sur sa peau diaphane : des racines de mandragore se déroulent en effet sur son dos. Un tiers de ses souvenirs sont emprisonnés dans des pensines auxquelles elle n'a pas l'accès.

Nothing compares to you
• pseudo & âge ; ungod., nina, 23 ans • comment as-tu trouvé le forum ? via Bazzart • ton avis, tes suggestions ; magnifique, la preuve, j'ai craqué après deux ans de grève de rp  :naan:  • connexion ; autant que possible, la journée spécialement (ça bosse le soir)• quelque chose à ajouter ? ça ira, j'vais m'arrêter là.



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MessageSujet: Re: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 14:06

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Le Temps de l'innocence

« Andel est turbulent, mais son intelligence est vive et il y arrivera. Je conseillerai afin de canaliser son énergie et d'espérer voir augmenter sa capacité de concentration, une activité physique plus intense, activité pour laquelle il éprouve un grand intérêt.  - Vous voulez que mon fils finisse joueur de Quidditch, Monsieur Nikolav ? - Point du tout, Monsieur, c'est simplement que... - Trouvez une manière plus digne de le... Canaliser, c'est votre travail après tout. Et Darja ? - Votre fille apprend vite et bien. » Le précepteur, une grande perche qu'on pourrait qualifier de maigre s'il n'avait pas un ventre aussi rebondi et tendu, contrastant avec tout le reste de son apparence, son visage acète, le regard creusé par des cernes violacées, le nez aquilin, hésite, de toute évidence mal à l'aise dans ce grand bureau sombre où trône le patron, Bedrik Valkov. Valkov est un homme imposant, au physique radicalement opposé au sien : tout en muscles, carrure d'armoire à glace avec ses larges épaules, pas très grand pourtant, des sourcils broussailleux qui surmontent des yeux pleins d'éclats. Feodor a le désagréable sentiment qu'on ne peut rien cacher à ce regard-là, qu'il vient fouiller en vous, tout mettre à sac, détectant mensonges et entourloupes avec la même facilité que les Détraqueurs détectent le bonheur. Entre ses doigts épais cerclés de bagues - dont la chevalière de sa famille, frappée de ses armoiries : une gueule de loup grande ouverte -, il tient un cigare sorcier dont la fumée verte épaisse commence à envelopper les deux hommes tandis que l'air, vicié d'une odeur de feuilles de mandragore fumées, devient irrespirable pour le pauvre précepteur. Il y a bien une fenêtre, mais elle demeure close, tout comme les volets qui l'ornent. Loin de lui l'idée de s'en plaindre et d'avouer une quelconque fragilité - qui ne laisse de doute à quiconque, au demeurant - bien que l'idée de finir par tourner de l'œil et se ridiculiser ainsi face au maître des lieux soit tout aussi désagréable. « Mais ? » La voix de l'homme est sèche, il a l'air déjà las, alors que son colocuteur n'a fait irruption dans la pièce que quatre-vingt dix secondes auparavant. « Mais... » Nouvelle hésitation, et cette odeur, par tous les trolls, cette odeur... « Je dois avouer avoir quelques... Doutes sur la capacité de votre enfant à suivre la voie que vous lui destinez. » Feodor est venu de République Tchèque pour exercer chez les Valkov, qui ont la même patrie d'origine. Ceux-là voulaient un Sang-Pur pour éduquer leurs jumeaux, Darja et Andel, refusant catégoriquement qu'un sous-fifre aille inculquer quoique ce soit à leur progéniture. Feodor a toujours été l'hypogriffe à l'aile tordue de la famille, voire de sa caste : manque de prestance, caractère trop servile, il n'a jamais réussi à se faire une place mais dispose d'une assez bonne réputation dans l'enseignement aux plus jeunes. Celle-ci, il aimerait bien la conserver, aussi se voit-il en devoir de dénoncer le caractère trop tendre de la petite Darja, faisant fî de sa conscience : il ne voudrait pas qu'on lui reproche plus tard de lui avoir mis de drôles d'idées dans la caboche. « Et quels sont ces doutes M. Nikolav ? » L'impatience se met à poindre dans la voix du patron. Feodor comprend qu'il faut laisser tomber les pincettes et parler franc. « Elle fait preuve d'une curiosité exacerbée et d'un sens de la justice original qui la pousse à questionner tous les choix faits dans l'histoire sorcière vue jusque là, ne semble pas le moins du monde intéressée par l'étude des mœurs, bien qu'elle soit capable de me réciter ses leçons, alors qu'absolument tout le reste la passionne. Ce jour, pour ne vous donner qu'un exemple, alors que l'on étudiait les arbres généalogiques des principales familles sorcières, elle s'est arrêtée sur les cases vides ou raturées des traîtres à leur sang, et me demandant pourquoi on leur avait infligé un tel sort, je lui ai expliqué en détails les méfaits de chacun. Elle n'avait pas l'air de comprendre le mal dans les actions commises, bien que je vous assure lui avoir inculqué au mieux les valeurs qui vous tiennent tant à cœur. Puis elle m'a demandé si vous lui réserveriez le même sort si elle se trouvait en désaccord avec vous. Après que je lui aie répondu que vous étiez une famille sérieuse qui préserviez votre sang depuis des générations afin de conserver votre rang et que par conséquent, le genre d'impairs étudié ne serait certainement pas plus accepté dans votre famille, elle a eu l'air contratriée, voire bouleversée. Après quinze minutes de silence, elle m'a demandé si j'avais des formulaires pour changer de parents, pour qu'on l'accepte et l'aime quoiqu'elle accomplisse. Honnêtement, Monsieur, je ne sais d'où elle tient de telles idées, je ne lui ai fait étudier aucun ouvrage qui pourrait la laisser développer de telles incongru... » Valkov a un mouvement leste de la main par lequel il lui ordonne de se taire. « C'est bon, j'ai compris. Que préconisez-vous afin d'y remédier ? » Une fois encore, Feodor hésite. Il n'est pas un adepte des pratiques qu'il va conseiller, le lavage de cerveau, surtout sur des esprits si jeunes, est normalement largement suffisant. « Je ne l'autoriserai plus à voir son frère sans surveillance. Le lien qu'ont des jumeaux est puissant et encore mal connu, et il faut veiller à ce qu'elle n'infeste pas l'esprit de votre second enfant. D'ailleurs, couper ses contacts avec les autres pourrait être une solution pour un temps, puisqu'elle fait de toute évidence preuve d'une exacerbation d'humanité. Et en réponse à des insurrections semblables à celle énoncée plus tôt... La douleur. » Bedrik n'est plus impatient. Il a froncé ses gros sourcils bien fournis et prend une minute de réflexion durant laquelle il ne touchera point son cigare, laissant la cendre s'accumuler au bout du cône. Finalement, la sentence tombe, la voix est lourde et pleine de regrets : « Faites ».

*

Une semaine sans voir son frère. Le cœur déchiré, les joues rougies, creusées de larmes, la peau salée. Elle l'a entendu crier son nom au bout du couloir, l'appeler, taper du pied, mais en vain. Il y a trois jours, alors qu'elle poussait un cri à lui déchirer le gosier afin de faire venir quelqu'un, la porte s'était ouverte, subitement, dans un grand fracas. Sa magie s'était à nouveau prononcée. Cela faisait quelques années, maintenant, que ce genre de manifestations survenaient, mais généralement, elle était toujours avec Andel alors. Elle avait posé un pied hors de sa cellule de fortune et pris une minute pour se mettre en place un programme : irait-elle voir Andel d'abord au risque de se faire prendre, ou irait-elle pour commencer à la bibliothèque moldue, là où personne ne la trouverait jamais ? Elle l'avait découverte dans le petit bois, dans le jardin, sous une trappe cachée par les feuillages. Toute humide et étroite, elle sentait bon le vieux, le bois et le livre. Elle avait vite compris que dans les histoires, les personnages n'étaient pas comme elle : ils n'utilisaient jamais de magie, avaient des inventions un peu bizarres, et leur vie avait l'air beaucoup plus compliquée, mais aussi beaucoup plus libre - ils faisaient ce qu'ils voulaient, se mariaient avec qui ils voulaient, du moins, presque tout le temps. L'endroit était vite devenu son antre, son refuge. Son petit quelque chose à elle, et à elle seule. Elle n'en avait même pas parlé à Andel, à qui elle racontait pourtant toujours tout, l'instinct lui criant qu'il ne comprendrait pas du tout. Elle courait s'y terrer dès qu'on ne faisait pas attention à elle, et elle lisait, elle lisait. Jamais trop longtemps pourtant : il ne fallait pas éveiller les soupçons. Andel avait pourtant fini par se demander, alors elle lui avait dit que des fées lui avaient montré une grotte magique près de la rivière, mais qu'elle était la seule à en voir l'entrée. Même s'il avait prétendu qu'il n'y croyait pas, il avait l'air drôlement vexé.

Elle n'avait pas eu à réfléchir très longtemps. Bientôt, le bruit de pas secs et cadencés s'éleva, signe que c'était déjà la fin de sa liberté non consommée. Le vacarme de la porte sortie de ses gonds avait dû réveiller la maisonnée. Sa mère apparut en effet, en tenue de nuit, ses longs cheveux blonds flottant derrière elle - elle ne les détachait jamais autrement que pour dormir, arborant plutôt à la place des coiffures complexes excessivement longues à réaliser mais qui ne bougeaient JAMAIS -, le visage vierge de toute mascarade - quoique, malgré l'innocence de son âge, Darja commençait à se demander si papy ne l'avait pas arrangée, elle aussi (c'est ce que son grand-père paternel lui disait, quand Darja lui demandait ce qu'il faisait, dans la vie, qu'il "arrangeait les gens"), parce qu'elle était vraiment trop jolie, et que Darja était sûre qu'elle ne serait jamais jolie comme ça, même quand Hedvika lui disait le contraire quand elle la coiffait, le soir, devant le grand miroir de la chambre conjugale (c'était le seul moment où elle avait le droit d'y pénétrer).

La trentenaire n'avait pas vu sa fille depuis tout ce temps, elle non plus. Elle tentait de conserver un visage impassible, mais si elle excellait habituellement en la matière, cela se révélait bien plus difficile, cette fois. « Maman ! Mamuska ! Amène-moi voir Andel ! » Elle sentait les larmes se coincer au fond de sa gorge. Elle aurait voulu prendre l'enfant dans ses bras mais, tout en se persuadant que c'était pour le mieux, elle la poussa à l'intérieur de sa cellule, et sans un mot, d'un coup de baguette magique, le son du sort invoqué ne franchissant même pas la barrière de ses lèvres, la porte se referma sur sa seule solitude.

*

On l'avait "libérée", la veille, le temps de quelques heures qu'elle avait écoulées avec Feodor, dans le grand jardin boisé de l'immense propriété Valkov située dans Herpo Creek. C'était une journée ensoleillée, qui l'éblouissait tant que la tête lui tournait presque, après avoir passé tout ce temps recluse dans une obscurité quasi totale qu'on disait propice à la floraison de pensées sombres. L'imbécile heureux, c'était ainsi qu'elle avait pris l'habitude de surnommer le professeur dans sa tête (elle avait lu ça dans un de ses bouquins moldus et, bien qu'elle n'ait pas bien compris la signification de l'expression, cela sonnait bien), avait décidé de la récompenser pour son courage en lui assignant ses leçons préférées : botanique et potions, tout en y glissant quelques notions d'antiquité et de magie ancienne. Il lui avait parlé des poisons, et Darja l'avait écouté avec force d'intérêt, laissant percer dans l'ego du précepteur une lueur d'espoir et de fierté à l'idée que cet enfermement strict avait eu quelque effet positif dont il pouvait se féliciter, puisque cela avait apparemment fait naître chez la demoiselle une once de cruauté.



Dernière édition par Darja Valkov le Mar 23 Juin 2015 - 13:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 14:06

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La Fin de l'innocence
coming.




« T'en veux ? »

Elle a des couettes sur le haut de la tête, et pourtant ses cheveux ont toujours l'air d'être en bataille. Du chocolat barbouille son visage poupon et ses dents noircies par les friandises se dévoilent en un large sourire un peu tordu - difficile, quand on continue de mâcher. Darja secoue la tête en signe de négation, mais s'installe tout de même dans le wagon. Elle ne saurait pas dire pourquoi. Elle ne saurait rien expliquer. Elles se sont trouvées, tout simplement.

*

La double-porte s'est ouverte avec tant de violence, tout spécialement quand tout est normalement calme ici, que Darja ne peut contenir un sursaut d'effroi, et sentir immédiatement son sang se glacer. Père est en colère. Elle repousse au plus loin le moment où elle devra lever les yeux vers lui, cherchant en elle le courage de l'affronter. Elle pense à Andrea, à ce qu'elle ferait, dirait dans une telle situation : c'est toujours ce qu'elle fait, quand elle doit être courageuse. Son regard, qu'elle a enfin réussi à transformer en océan imperturbable, vient se heurter à celui, furibond, de Valkov. Ses lèvres sont pincées, et sa voix, alors qu'elle s'élève de plus en plus au fil des mots prononcés, constamment sifflante. « Comment oses-tu ?! Ne nous as-tu pas déjà suffisamment couvert de ridicule en finissant chez les Poufsouffle, en prenant pour amie une Née-Moldue ? Maintenant, ÇA ?! Qu'as-tu dans le crâne ? Crois-tu réellement que tes frasques n'auront jamais aucune conséquence, que tu pourras continuer d'agir ainsi impunément en attendant que l'on te couvre et qu'on efface de toutes les mémoires des faits auxquels tu n'aurais JAMAIS dû participer, si seulement tu faisais honneur à tes congénères ?! » Darja ne répond pas. À vrai dire, elle ne ressent rien face aux reproches qui lui sont faits, elle ne se sent pas "pure", elle n'a jamais compris ce qu'ils se trouvaient tous de si exceptionnel.

*

« Valkov, Darja » Valkovova, ne peut s'empêcher de se dire intérieurement la petite fille. Elle entend la voix de sa mère résonner dans sa tête : « Foutu pays, je rêve de Tchéquie tous les soirs mon chéri, je crois que c'est un signe. Je t'y ai vu entouré d'esclaves et régnant en roi sur nos contrées, on rentre ? ». D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, ce petit jeu entre eux durait depuis toujours, c'était sa manière à elle de se moquer gentiment - et surtout indirectement - de sa belle-mère, Tanya, et aussi certainement de râler - tout aussi indirectement - contre le Lord, qui était jusque-là loin de l'ascension qu'on leur avait promis, pourtant cause de leur exil. Hedvika ne semblait pas si mal ici pourtant. Elle avait tout un tas d'amies presque aussi bien habillées et coiffées qu'elle qui venaient caqueter des journées entières à la propriété ; et elle allait sans arrêt à des fêtes, si elle avait bien tout compris, c'était même son métier - le rêve quoi, le genre de truc qui s'affiche sur votre miroir du Risèd.

Darja a la boule au ventre. Andrea lui a tenu la main pendant une bonne partie de la cérémonie, mais comme pratiquement tout le monde, elle est passée depuis longtemps maintenant. L'ordre alphabétique quand on s'appelle Valkov - enfin, ça c'est ce qu'essaye de vous faire gober le Royaume-Uni -, c'est à peu près aussi drôle qu'une invasion de lutins de Cornouaille (chez soi bien sûr, parce que quand c'est chez les autres on se fend la poire).

On finit par lui foutre le Choixpeau sur la tête. C'est bon, elle a compris le principe, elle l'a déjà vu à l'œuvre 56 fois, elle ne sursautera pas. « Hm... » Il aime bien commencer comme ça. « Ta famille et leur réputation devraient te mener à Serpentard, où tu retrouverais ton frère jumeau, et si je devais y trouver plus de raisons, je pourrais également mentionner ton talent pour les potions et une étincelle de cruauté pourtant bien enfouie... Ta passion d'apprendre pourrait te faire rejoindre les érudits, tout comme ta loyauté et pourtant... Gryffondor ? Ah, tu voudrais les rejoindre pour ta nouvelle amie ? Je peux t'y mettre si tu y tiens, mais fais-moi confiance, ce n'est pas là-bas que tu trouveras ton foyer. Pour un nom pareil, tu as de nombreuses honorables qualités, mais le courage n'est pas la plus grande de celles-ci... Pour moi, c'est le cœur d'une Poufsouffle qui t'embrase, et c'est parmi eux que tu trouveras ta voie. Écouteras-tu mon choix ? »

*

Elle sait qu'elle est allée trop loin, cette fois. Enfin, qu'elle s'est fait choper à aller trop loin. Son père a dû utiliser une sacrée dose d'énergie et de magie s'il a voulu s'assurer que rien de tout cela ne remonte aux oreilles du Lord. Et encore, on n'est jamais sûrs de rien. Leur "Seigneur" la débecte. Ils voudraient qu'elle s'agenouille devant cet hybride d'une cruauté inouïe , le crâne aplati empli de principes déments qu'elle n'a jamais saisis. « DARJA ! » À nouveau, ses yeux froids se lèvent, lentement, assez pour rendre dingue quiconque de par son détachement. Cette journée à jouer l'héroïne lui a donné une contenance nouvelle. Elle voudrait qu'ils la "relâchent". Qu'enfin, ils la renient. Alors elle pourrait faire sa vie sans traîner derrière elle la cape de la honte, tissée des idéaux médiévaux éculés qui revenaient à la mode en ces temps sombres. La fin des privilèges ? Et alors ? Cela, elle pourrait aisément le supporter, elle n'avait jamais été du genre à flamber. Il faudrait juste s'habituer aux robes qui grattent, et qui font du bruit quand le tissu se froisse. Voilà ce que serait l'étape la plus difficile. Mais elle avait tort de croire qu'on la laisserait s'échapper aussi facilement. Elle aurait dû le lire dans le regard déterminé du paternel. Elle aurait dû savoir. « Endoloris ».

*

« Je te vois, je te vois... Avec Gurt Filwind !
- Tu veux rire ?
- Oui, vous couleriez d'heureux vieux jours ensemble, il se précipiterait pour te masser les pieds à la moldue, il enchanterait pour toi une camionnette dans laquelle vous pourrez vivre une vie de détente où le vent vous mènerait... T'as noté le jeu de mots, j'espère.
- Très bien ! Je te vois avec Astorius Ferrance ! Tu pourras jouer avec lui à la parfaite Sang-Pur dans votre grande maison avec des jardins à la française. Pour le dîner, il te ramènera des têtes de nés-moldus que vous ferez flamber dans la cheminée en entamant des danses rituelles !
- On n'a pas de danses rituelles !!! ... Mais ça ferait plaisir à mon père. »
Le cœur de Darja se serre à l'idée de savoir qu'un jour, elle serait forcément obligée d'abandonner une part d'elle-même : ou ses idéaux, son bonheur, et tout ce qui la construit, ou sa famille. Elle presse fort la main d'Andrea dans la sienne, comme si elle craignait qu'on l'arrache déjà à elle.
« Ça fait quoi les filles ? »
La voix d'Andel résonne à leurs oreilles. Normalement, il évite le contact avec les "Sang-de-Bourbe", mais il a fini par se faire à Andrea, en grande partie en comprenant que s'il ne le faisait pas, il risquait de ne plus partager beaucoup d'instants avec sa sœur, même s'il arrivait encore qu'ils se retrouvent, le soir, pour échanger leurs pensées.
Les deux demoiselles échangent un regard complice, éclatent de rire et prononcent le nom qu'elles ont en tête en chœur : « Avec la Fawley ! Les dîners aux chandelles, regard noir dans regard noir, à parler Quidditch et destruction du monde ! » Alors que leur fou rire les secouent tant qu'elles se roulent dans l'herbe, Andel grommelle dans sa barbe de puceau imberbe et fait demi-tour aussi sec, les laissant enveloppées dans leur tout aussi insupportable qu'impénétrable bulle d'insouciance, partageant le même air altéré par on ne savait quelle formule de télépathie avancée.

 *

La douleur irradie tous ses membres, au point qu'elle ignore si elle vient d'un endroit précis, ou de tant de points qu'elle ne ressent plus rien de ciblé. Elle se recroqueville. Elle ne voudrait pas pleurer, mais les larmes s'écoulent toutes seules, alors qu'elle redécouvre le terrible effet de ce sortilège, qu'elle avait appris, depuis la première fois, être interdit. Ce n'était pas la main de son père qui l'y avait soumise jadis, et peut-être est-ce pour cela que, bien qu'elle soit bien plus grande qu'à l'époque, elle a l'impression que ça fait bien plus mal encore. A moins que les souvenirs n'aient effacé un peu de la douleur, ou bien parce que cette fois, elle a la certitude que personne, pas même sa mère, ne viendra interrompre son calvaire. Comment a-t-elle fait pour y survivre, alors qu'elle avait dix ans à peine ? Elle a l'impression que son corps va céder, que sa cage thoracique va exploser, à moins que ce ne soit sa boîte crânienne. Et tout à coup, le calme. Son corps endolori jusque-là soulevé par la puissance du sortilège s'écrase sur le sol de pierre, lui cassant probablement une côte au passage. S'il croit que ça va la rendre plus docile... Les cheveux trempés de sueur, les yeux injectés de sang. Elle redresse sa tête d'évadée d'Azkaban vers son paternel. « Crève. » Sa voix est rocailleuse, cassée par les hurlements qu'elle a poussé. Elle essaye de se redresser sur ses avant-bras tremblants. Ses jambes, elle ne les sent même plus. « Si tu crois que tu pourras me faire plier par la torture... Autant nous éviter une douleur trop grande à tous les deux et me buter maintenant. » Jamais elle n'a parlé avec autant d'irrespect ou même d'assurance à son père. D'ailleurs, elle ne sait même pas comment elle a pu prononcer tant de mots tant elle a le souffle court. Elle pourrait croire que ça lui ferait un petit choc, que ça le déstabiliserait un peu, qu'il laisserait s'installer un silence bienvenu de réflexion... Au lieu de quoi elle entend retentir son rire - c'est quelque chose de rare, le rire de Bedrik, et qui n'annonce généralement rien de bon... pour son adversaire. « Tu sais quel est ton problème, ma fille ? Tu es faible. Ton cœur, ton esprit sont faibles. Tu aimes trop. Notre sang nous protège habituellement de ce genre de... Tares, mais il faut croire que tu es passée à la trappe. Tu sais quel est le problème, quand on est aussi faible, minable et à découvert que toi ? Nos faiblesses sont trop visibles. » Un rictus mauvais est imprimé aux commissures de ses lèvres. En cet instant, Darja n'est plus sa fille, elle n'est qu'un individu parmi d'autres, qui a tenté de l'escroquer, qui a mis en péril sa survie dans la société. « ANDEL ! Amène la fille ».

*

Elle sent les regards pressés, insistants, de l'ensemble du petit groupe posés sur elle. Ils sont dans une auberge peu fréquentée du Londres sorcier, le genre d'endroits où jamais personne n'aurait l'idée d'aller se foutre, si on ne vivait pas des temps si compliqués. Ses ongles cliquettent sur la table de bois, composant une musique sordide pour les présents, y compris pour elle-même. Darja tourne la tête vers Andrea, qui aussi les yeux posés sur elle, des yeux doux qui la pressent d'accepter la proposition qu'on lui fait. Jusqu-là, elle s'est toujours bien gardée de prendre une position concrète dans ce conflit. Elle se contentait de les fournir en matériel utile : véritaserum, potions diverses, bombes naturelles de faible portée. Son instinct lui crie de s'enfuir, mais comment pourrait-elle être aussi lâche, les décevoir à ce point ? Les conséquences... Pour elle, elles sont différentes. Elle ne sait pas exactement ce qu'elles sont, personne ne le sait encore - et ils ne le sauront peut-être jamais. Certains les jugeront plus douces que pour les autres, d'autres pire encore, chacun ira de sa vision des choses. Ce qui ne fait aucun doute, c'est que les mots qu'elle va prononcer alors vont faire basculer sa vie, qui la transformeront en une vulgaire poupée de marionnettiste, qui la perdront dans les méandres d'une vie mécanique d'automate : « Très bien, je viendrai avec vous. »

*

La jeune tchèque observe avec frayeur la double porte s'ouvrir à nouveau. Son frère, sa chair, son sang, son double, fait avancer du bout de sa baguette le seul être qu'elle chérit autant que lui, complètement défiguré, les membres entravés, mais et visiblement à bout de force. Son cœur se glace, la colère l'emporte, tonnerre destructeur. Les émotions se mêlent sans qu'elle arrive à y croire. C'est un cauchemar. Comment oserait-il la trahir de la sorte ? Lui. Elle. De son regard, sa victime l'implore. Brave Andrea. Comme elle aimerait pouvoir la sauver. « Espèce de... » Un autre sortilège de douleur suprême la frappe de plein fouet, la ramenant à terre. « Alors, alors... Maintenant, nous pouvons fixer les règles du jeu ! La mort lente de ta chère et tendre amie... Ou ton retour à la raison ? » Il a cessé sur elle la pression, et pourtant elle continue à hurler de douleur. Elle n'a que trop conscience du dilemme auquel elle fait face. « Inutile de préciser les termes du contrat : tenue exemplaire, comportement irréprochable, en accord avec le nom que tu portes, et bien sûr, cela va de paire, dévotion totale envers notre Seigneur. » Cela va de soi... Pourtant Darja n'a plus la tête au cynisme. Elle voudrait subir encore dix endoloris plutôt que d'avoir à faire ce choix, au risque de devenir complètement aliénée.

*

Tout était allé trop vite. Ça avait commencé comme d'habitude, l'effervescence des préparatifs, l'excitation palpable, exagérée par l'angoisse qu'ils cherchaient tous à refouler. Sauf que cette fois, elle était sortie de sa cachette. Elle avait arpenté avec eux les chemins vers l'héroïsme, équivalents en ce jour à ceux des couloirs de leur école autrefois chérie, celle qui avait basculé dans un obscurantisme tel qu'on peinait à la reconnaître, quand même la pierre suintait de douleur. Elle se sentait comme une intruse en ces lieux, elle n'avait pas grand-chose à faire ici. Bien sûr, elle voulait les sauver. Elle était atterrée par la tournure qu'avait pris la politique ces temps-ci, bien qu'elle tournât en la faveur des gens « comme elle », des sorciers qu'on classait « sang-pur ». Elle n'avait rien à faire ici, puisqu'elle ne s'était pas battue depuis les débuts, elle ignorait comment ils avaient trouvé ce passage jusqu'à l'école, elle ignorait tout des préparatifs, de l'organisation, et si elle ne les avait pas suivi comme un bon mouton, elle aurait été totalement incapable d'organiser une opération d'une telle prétention par elle-même. Elle n'était pas assez... courageuse, son désir de se battre pas suffisamment grand. Au final, elle n'avait sa place nulle part. Ni chez les uns, ni chez les autres, elle vivotait entre deux mondes que tout opposait, véritable imposture. Andrea et Darja, accompagnées d'un garçon du nom de Don, né-moldu, comme une bonne partie de la résistance, s'étaient glissés jusqu'à la salle commune des Poufsouffle.
« Ils sont là ! »
Le garçon, qui venait de pousser la porte du passage, n'avait eu le temps que de leur crier cet avertissement avant de s'écrouler. Un homme-corbeau, entièrement vêtu de noir, se trouvait à présent face aux deux amies pétrifiées, les nerfs figés par la surprise et l'angoisse. Darja n'avait été réveillée que par la baguette de l'infâme pointée vers celle qu'elle ne pouvait se permettre de perdre. En un instant, elle s'était baissée. « Avada Kedavra ». Ses mains avaient enserré les jambes de la Sang-de-Bourbe et elle avait basculé contre le sol alors que le sortilège se perdait dans la pénombre. Elle aurait voulu s'assurer que tout allait bien, que son sang n'était pas en train de se déverser contre la pierre froide à cause du choc, mais elle savait que le temps leur était compté. Prestement, elle s'était relevée, et avait attaqué avant qu'on la devance. « Petrificus totalus ! ». Par bonheur, elle avait réussi son coup. Le cœur palpitant, elle s'était agenouillée auprès de la rescapée et l'avait agrippée aussi sec. Andrea était sonnée, mais elle n'avait rien. « On se casse. » Ca n'avait pas l'air de lui plaire. « On n'est même pas entrées, on n'a pu secourir personne ! - Tu vois pas qu'ils sont au courant ? Rentre et tu te feras tuer, sans avoir secouru personne pour autant ! Grouille je te dis qu'on se tire ! » Main dans la main, elles avaient couru en sens inverse. Elles étaient déjà en retard, apparemment, ou bien en avance, puisqu'un nouveau Mangemort, la manche de sa robe de sorcier fièrement retroussée sur sa marque, les attendait de pied ferme à la sortie du couloir. Un rictus moqueur s'était instantanément dessiné sur ses lèvres trop fines. « Tiens, tiens... Mlle Valkov... » Celui-là connaissait son père. Elle essayait de se souvenir des circonstances de leurs précédentes rencontres le plus rapidement possible, cherchant à y puiser avantage, mais la mémoire était un outil capricieux, difficile à manier. Heureusement pour elle, celui-là était suffisamment intéressé pour ne pas qu'elle ait trop à se tracasser. « A combien fixez-vous le prix de votre tête ? - Auprès du Lord ? Pas à grand-chose. - Non, idiote, auprès de votre père. Il se trouve que j'ai quelques... dettes à éponger. - Alors vous devriez nous amener toutes les deux, il vous en serait certainement reconnaissant. - Qui est-ce ? - Une très bonne amie de la famille. »

*

On lui a réservé une pièce. Une petite pièce exiguë et sombre, où n'est éclairée que la seule étagère qui la meuble. Sur l'étagère, des dizaines et des dizaines de pensines – beaucoup, trop pour une seule personne, surtout si jeune, et pourtant, elle ne peut s'empêcher de se demander si cela sera assez. Son corps et son âme sont en proie à de violents combats : ses jambes chancelantes menacent de se dérober sous son poids, ses yeux sont rouges et exorbités par les horreurs auxquelles elle a consécutivement dû faire face durant la journée, son cœur est prêt à exploser de douleur, de remords, ou bien d'une nostalgie précoce, elle ressent tout le poids de l'abandon auquel elle va se livrer, elle prend pleinement conscience que désormais, sa vie ne sera plus jamais la même, qu'elle ne sera plus jamais la même. Mais le pire, en cet instant, c'est la présence de cet être abject dans son dos, le responsable de tout cela, celui qu'elle ne peut que haïr en un tel instant. « Dégage. » Elle ne tourne pas la tête vers lui, elle ne veut pas affronter la vision de son père transformé en ennemi, mais sa voix est ferme, décidée, plus qu'elle ne l'a jamais été. « Je vais le faire. Envoie-moi Andel pour me surveiller si tu tiens à ce que je sois chaperonnée, je crois qu'il t'a largement prouvé sa loyauté. Mais je ne pourrai pas faire le deuil de ces souvenirs si je tremble de haine comme c'est le cas présentement. » Il ne répond rien, et pourtant elle l'entend se retirer. Un profond soupir s'échappe d'entre ses lèvres, un furtif sentiment de soulagement. La blondinette s'approche de l'armoire avant que l'envie de s'écrouler ne se fasse trop imposante, et scrute une à une les pensines, ces futurs réceptacles des souvenirs qui lui sont le plus chers, essences de sa personnalité. « Darjuska... » Le voilà, il est entré. Elle frémit de dégoût. « Tais-toi. Je ne veux pas t'entendre. Tu as de la chance que je sois sur le point d'effacer tout ce qui a été commis, et tout ce qui fait de moi ce que je suis, sans quoi tu peux être sûr que jamais plus tu n'aurais eu de place dans ma vie. Et tu sais quoi, Andel ? Tu le regretteras. Même si j'oublie tout, tu le regretteras. Parce que ce sera comme si je n'étais plus là. » Elle s'y met avant que cela ne devienne trop difficile. Elle retire la bibliothèque, ce petit havre de paix. Elle retire ses questions sur le monde. Elle retire Andrea, la moitié des visages, les trois quarts de sa scolarité. Et surtout, elle retire cette journée, dans son intégralité.

*



Dernière édition par Darja Valkov le Mar 23 Juin 2015 - 14:07, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 14:06

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Culpabilité avérée
coming.

Février 2000. Tout se bouscule, tout change. Les réformes sont de plus en plus sévères et se multiplient, n'offrant aucun répit à ceux qui ne sont plus désormais que des rats qu'on chasse des demeures. Oui, des rats en exil, qui tentent tant bien que mal de s'imposer, d'éviter la mort disséminée pour eux un peu partout, mais en vain. Ils tombent. Jour après jour, ils plient un peu plus. Elle sent que tous ses « congénères » autour d'elle, sont pris d'excitation, d'un enivrant sentiment de pouvoir. Arrogance et ego gonflent à n'en plus finir. Tout ça l'ennuie. Tout l'a toujours ennuyé – ou du moins est-ce ce qu'elle croit. Qu'importe, il est huit heures et elle tourne déjà en rond dans la grande bâtisse de Herpo Creek. Andel doit être dans les bras d'une minette désabusée, en mal d'amour, et la voilà elle aussi désabusée, mais seule. Elle n'est pas en mal d'amour. Elle n'aime pas les gens. Pour en trouver un d'intéressant, c'est un véritable parcours d'Auror. Ou de Mangemort, devrait-on dire à présent. Tout à coup, la voilà qui sursaute. Un hibou vient de s'infiltrer à l'intérieur de la maison, par une fenêtre entrebâillée – quelle folie en cette saison – en hululant stridemment. Il portait une bague du Ministère, et venait de s'arrêter devant elle. Les yeux plissés, comme si elle s'attendait à voir la boule de plumes exploser à tout instant en remplissant la pièce de ses particules d'édredon, elle s'était rapidement saisi de la lettre avant qu'il ne lui foute un coup de bec – c'était vicieux, ces bêtes-là. « Quoi, qu'est-ce que tu regardes ? C'est bon, j'ai le message, tu peux retourner dans ta prison, allez, allez ! » Si seule qu'elle parlait à des animaux qu'elle ne pouvait pas piffrer, voilà où elle en était.

« Mlle Valkov,

Nous avons le grand honneur de vous annoncer en ce jour que vous faites partie des privilégiés qui entameront les premiers leur service auprès du Ministère, en tant qu'Assistante de la Brigade de Police Magique. Félicitations ! Nous vous attendons le... »


Bla, bla, bla. Voilà qu'elle était née deux ans trop tard. Il était sûr qu'elle n'avait pas hâte de voir de quelles stupidités on allait la tartiner ces prochains jours. Et elle avait encore moins hâte de jouer à la petite fille prodige pro sang-purs qui n'avait rien à se reprocher – même si elle pensait effectivement ne rien avoir à se reprocher.

*

Cette impression de vide constante. Elle ne savait pas pourquoi, elle ne savait pas l'expliquer. C'était comme si on lui avait arraché une part d'elle-même et qu'elle était incapable de la retrouver. Elle ne savait pas qui elle était. Elle se regardait dans la glace mais ne se voyait pas. Elle disait à tous ce qu'ils voulaient entendre, sans vraiment savoir ce qu'elle en pensait. Elle devenait la reine des masques. Elle les changeait sans cesse, sans jamais les poser, puisqu'elle ignorait ce qu'il y avait dessous. Elle pouvait être n'importe qui, puisque rien ne lui importait. La seule véritable chose dont elle avait envie, c'était d'hurler. Hurler au monde une rage dont elle ne connaissait pas le motif, hurler une douleur dont elle ne connaissait pas la cause. Et pleurer aussi, mais ça, elle avait déjà essayé, et les larmes ne venaient pas. C'était désolant. Elle avait la gorge nouée, le cœur serré et... Rien. Que dalle. Niet. Parfois, une petite voix se mettait à lui parler, tout bas, comme sortie d'outre-tombe, des propos incohérents que son éducation n'aurait pu expliquer, et là, elle se disait qu'elle commençait franchement à perdre la tête. Ou peut-être qu'elle était possédée. Mais tout le monde savait que les possessions, ça ne se passait pas franchement comme ça. Ah, ça y est, l'Excess commence à faire effet. Elle ferme les yeux et laisse l'Orviétan se diffuser à sa convenance dans son être. Une sensation de bien-être, un sourire doux qui se faufile sur ses lèvres. C'est celle-là qu'elle sera ce soir. Une enfant naïve et débordante d'amour, très loin des rôles qu'on lui demande de jouer ces derniers temps. Ses mains se détachent de son corps et tentent d'attraper les paillettes de lumière qui flottent dans le club sorcier. Peut-être pourrait-elle faire ça un jour. Avoir son club à elle. Reine de la nuit, en voilà un bien joli masque, et ses parents ne devraient avoir trop rien à dire à cela. Elle continuerait à faire ses potions le jour, et elle pourrait même les y faire vendre. Ou alors elle les laisserait planer dans l'atmosphère, à toutes petites doses, et chacun de ses clients ne serait qu'une victime inconsciente. Un joyeux cirque, une arène sauvage, une contrée enchanteresse, elle pourrait le transformer au gré de ses envies. Ce serait drôlement marrant. « Bonsoir. » Ses yeux se lèvent vers l'homme qui vient de lui adresser la parole. Alors qu'habituellement, elle l'aurait ou ignoré, ou envoyé plus ou moins gentiment sur les roses, la voilà qui sourit encore, et répond poliment par la même formule. « Bonsoir. » Elle n'a pas envie qu'on la touche, qu'on l'embrasse, qu'on souille sa peau ce soir. En revanche, elle a envie de faire un saut dans le vide, de mêler son univers à un autre, de floutter ses repères, de ne plus être vraiment elle, ne plus être seule maîtresse de ses émotions. Sa main vient se poser sur la poche de sa robe, vérifiant ainsi qu'est toujours présente la petite fiole de Fictio. Bien. A nous deux.

*

C'est la fin. La fin de ce stage minable qu'on lui a imposé, la fin de ces six mois à remplir de la paperasse et à courir un peu partout dans le Londres sorcier pour s'assurer que les habitants se portent bien, ne souffrent aucune détresse, ne cachent personne dans leur cave, leur grenier, ou dans l'arbre de leur jardin, à calmer des manifestations plus ou moins violentes à l'égard du gouvernement et de son mode opératoire tout à fait répréhensible, à calmer des gens qui ont le droit d'être mécontents, ce qu'elle se gardera bien de dire, puisqu'elle n'a pas envie de se lancer sur le champ de bataille, qu'elle n'a pas envie de se battre. Elle a été une assistante modèle, en définitive. Elle a fait tout ce qu'on lui a demandé, avec succès, tel un robot. L'absence de sentiments – ou tout du moins sa brillante capacité à les étouffer – lui a permis de briller. Pourtant, elle est bien contente que cela se termine. Un petit tour dans le bureau du chef, et terminé. Tout le monde y aura eu le droit, on vous remercie pour votre service, éventuellement on vous donne une piste pour votre avenir, on vous conseille d'être un peu plus ceci, un peu plus cela, et puis le sujet est clos, merci, au revoir, bon retour à la normale. Dans son secteur, en tout cas, c'est comme ça que ça se passe. Comme c'est son tour, elle s'avance vers la porte qui s'ouvre d'elle-même à son arrivée. Un sourire froid, automatique, s'affiche sur son visage à l'intention de son supérieur. « Mademoiselle Valkov, je suis très heureux de vous voir. » Très heureux tiens, tant que ça. Elle ne s'attendait pas à voir tant de joie entre ces murs. « Vous avez fait un excellent travail ici, vous n'avez jamais rechigné, jamais bronché, et vous êtes à même de prendre sur vous pour faire ce qui est le mieux pour la population. » Tous des imbéciles. S'il pouvait en finir vite, avec ses compliments écœurants, histoire qu'elle en ait définitivement fini de toute cette histoire. « C'est pourquoi nous avons décidé de vous promouvoir au rang d'apprentie Mangemort. Toutes mes félicitations, elles sont de rigueur. Je ne doute pas un seul instant que vous serez à la hauteur de ce poste. » Ouch. Elle s'était prise la rafale en pleine figure, violente. Ce n'était pas terminé, alors ? Il allait encore falloir faire le sale boulot, se dégueulasser les mains pour des causes futiles ? La déception l'avait envahi, mais fort heureusement, elle avait réussi à recomposer le masque assez vite. Sourire identique à celui de son entrée, avec une étincelle de fausse joie pétillant au fond des yeux, un soupçon d'hystérie... Elle tendit sa main vers le noir messager. « Merci, Monsieur, je vous suis vraiment reconnaissante pour cette fabuleuse opportunité que vous m'offrez, et je vous promets de tout faire pour que vous n'ayez pas à regretter votre choix. » Par ici, ils aimaient tous une bonne lèche-bottes. Et voilà, servie sur un plateau !

*

Des rideaux pourpres, des coupes d'hydromel pétillants qui circulent, une pléthore de sorciers bien fringués qui discutent de Merlin-sait-quoi, peut-être de la prochaine grande réforme visant à exacerber leurs privilèges, du lancement de la dernière robe de sorcier couture de Phantasma Bioutkind, ou du traité de Fregor Malwind qui recense les cent unes particularités des sang-purs. Le genre de conversations si intéressantes qu'elle préfère ne pas s'en mêler. Elle s'est adossée au fond de la pièce quinze minutes auparavant – dès son arrivée – et déguste sa troisième coupe, les yeux fixés sur le rideau rouge – plus vite il s'ouvrira, plus vite il se fermera, plus vite elle pourra rentrer chez elle. « Tu as finalement décidé de nous honorer de ta présence. - Tu sais que notre mère est bien trop douée dans l'invention de cruels châtiments pour que je me risque à l'offenser. - Tu n'avais pas ensorcelé la serrure en partant. J'ai une fois de plus dû passer derrière toi. - Quelle chance j'ai d'avoir un frère aussi disposé à réparer mes manquements. - Tu pourrais peut-être te trouver un rebut ce soir, c'est à ça qu'ils servent après tout, faire ce qui nous ennuie, penser à ce qu'on oublie... - Hmm... Non, trop encombrant. - Notre appartement est immense. - Oui, parce que j'ai besoin de place pour tout mon bordel. - Qui pourrait être rangé par un... - N'insiste pas. Ah, la voilà. » Les rideaux rouges sont tirés et Hedvika Valkov fait son apparition sur la scène de la vente aux enchères. Elle secoue sa longue chevelure platine, affiche son sourire blanc le plus charismatique, remercie chacun d'être présent en ce jour et annonce le programme. Ses yeux ne viennent traîner sur sa progéniture qu'une demie-seconde, le temps de s'assurer qu'ils sont bien là où ils sont supposés être. Et puis, quand tout ça est fini, toute cette mascarade, on fait apparaître dans la pièce de confortables fauteuils et de luxueuses tables basses en bois. La lumière est tamisée, on sort le whisky et la grande ardoise sur l'estrade – d'un coup de baguette, chaque nouvel enchérisseur y fait apparaître son nom et le montant qu'il propose -, le show peut commencer. Ils défilent, les uns après les autres, en lambeaux, les dos avachis, une succession de sales mines effrayées. En elle un sentiment de révolte et de dégoût qu'elle étouffe tant bien que mal. Personne ne vaut rien, ici. Ni elle, ni eux, ni les vendus, ni les acquéreurs. Une foule d'hommes et de femmes pathétiques qui se battent pour que dalle. Elle s'enfonce dans cet état d'esprit sombre et nihiliste, jusqu'à ce qu'un visage apparaisse, un visage qu'elle connaît sans connaître, qui lui dit quelque chose sans qu'elle ne puisse le nommer, qui lui inspire quelque chose sans qu'elle sache ce que c'est.
« Simmons, Andrea. »
C'était sûrement dans ses rêves, un visage présent dans ses rêves. Alors quoi, qu'est-ce, une espèce de résidu du talent de sa grand-mère ? Ça la prend aux tripes, ça ne la lâche pas. Elle ne peut pas la laisser partir. Une voix qui lui murmure qu'elle est à elle, qu'elle est son avenir, qu'elle ne peut pas la laisser entre les mains de ces bourreaux sadiques. Une voix qui la pousse à tendre sa baguette, à son tour, alors qu'elle s'était juré de ne pas le faire, et de faire s'afficher un prix grotesque sur la grande ardoise meurtrière.
« Andrea Simmons, adjugée vendue à Mademoiselle Darja Valkov, pour la somme de cent gallions. »
Son achat s'en retourne en coulisse, et elle détache enfin son regard de la scène pour croiser le regard de son frère, plissé et suspicieux. « Qu'est-ce qui t'as pris ? - Je... Je ne sais pas. Je ne sais pas. - Vraiment ? - Ça devrait te faire plaisir non ? T'étais en train de me supplier d'en choisir un y a cinq minutes. - Oui... Je suppose. »

*

Andrea lui brossait les cheveux avant le coucher. Elle l'avait installée dans une petite chambre de leur immense appartement, qu'elle partageait avec le rebut d'Andel. En sa compagnie, le flot d'émotions qu'elle avait ressenti revenait. A chaque fois. Et ce qui l'avait poussée à l'époque à la choisir, à la ramener avec elle, à l'extraire de ceux qu'elle jugeait trop cruels, la poussait aujourd'hui à la même cruauté, à la tyrannie quand elle sentait son cœur prêt à s'affaisser, à s'attendrir, quand elle avait l'impression que ses certitudes flanchait, quand l'idée dingue de libérer cette pauvre fille de ses liens l'effleurait. Malgré cette attitude indécente, sa rebut était toujours douce, jamais elle n'avait lu sur son visage la moindre rancœur, la moindre haine envers elle. Bien au contraire, elle la regardait, et elle avait l'impression que cette fille savait tout d'elle. C'était vraiment étrange, et ça la déboussolait. Les griffes de la brosse s'ancrèrent sur son épaule. Elle sursauta et se retourna, prête à attaquer, mais celle qui allait se faire réprimander semblait confuse. Les yeux dans le vague, elle reposa la brosse. « Darja ? » Elle ne répondait pas. Elle ne savait comment réagir face à cette injonction directe : elle venait de prononcer son prénom, le plus normalement du monde, comme si elle en avait le droit. «  Tu ne te souviens pas de moi ? Je ne peux pas croire que tu ne te souviennes pas de moi. » Qu'est-ce qu'elle racontait ? Avait-elle entrevu sa faiblesse, s'en jouait-elle ? Son visage s'était fermé d'un coup sec, et elle s'était extirpée de la proximité qu'elle partageait avec celle qui tentait de la manipuler. Elle venait d'éveiller sa colère. Une colère mal dirigée, inexpliquée. « Endoloris ». Elle détestait avoir à utiliser ce genre de sortilèges, mais elle n'avait plus le choix, par les temps qui couraient. Il fallait prouver sa force, à chaque instant. Elle sentit une main se poser sur la sienne, abaissant sa baguette. Son frère, qui venait à sa rescousse. Elle tremblait. « Laisse, je vais m'en occuper. » Il devait avoir vu la scène. Qu'en avait-il pensé ? Elle aurait aimé lui poser la question mais... Il venait d'attraper la fille par le bras, et la tirait fermement vers la porte. « Tu devrais vraiment penser à la revendre, Darja. Je la sens pas. Vraiment pas. »

*

Une banale mission de repérage, rien de plus. Elle était accompagnée ce jour-là de deux autres apprentis, et ils se baladaient dans des bois où on leur avait signalé une activité suspecte, des bois immenses et vides, des morceaux de bois, des feuilles, et quelques champignons, le genre d'endroit où elle aurait aimé faire des emplettes pour ses chaudrons plutôt que de vagabonder avec la sensation d'être inutile. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle elle s'était offert un petit remontant. Rien de mieux qu'un petit Fabuleo pour une mission de repérage. S'il y avait quelque chose à trouver, elle multipliait ses chances, et s'il n'y avait rien, ça aurait au moins le mérite de la distraire. L'air était encore frais, dans le coin, et chacun portait une cape légèrement duvetée sur ses épaules afin de la combattre, et dans la crainte qu'une de ces capricieuses intempéries ne revienne perturber leur journée. Déjà deux heures qu'ils faisaient craquer des branches sous leurs semelles en cuir de dragon, ils avaient par deux fois rencontré la pluie, mais pas âme qui vivait. Elle s'arrêta soudain. Elle croyait... Elle avait l'impression que... « Qu'est-ce que tu fous Darja ? Besoin d'une petite pause ? » la raya l'un de ses collègues. Elle lui répondit par un sourire crispé et un regard noir qui l'interrompirent de suite. Elle les terrifiait, ces tyrans en devenir. Ce n'était pas seulement son nom, et leur crainte de se voir rayer du milieu socialite sorcier. Ils ne le lui auraient jamais dit en face, mais elle savait bien ce qu'ils pensaient, elle avait des oreilles, et une ouïe particulièrement fine quand elle se prêtait à des expériences semblables à celle éprouvée aujourd'hui. Ils la pensaient inhumaine, bizarre, sans cœur ni émotions. Et venant de personnes qui aimaient tuer – ou espéraient en tout cas le faire un jour – et torturer, ce n'était pas rien. C'était même carrément flippant. Elle se faisait flipper. Ce n'était pas qu'elle ne s'en rendait pas compte, elle savait très bien ce qui se passait, ce qu'elle était, mais elle ne pouvait rien faire pour l'empêcher. Toujours cette sensation de vide, qui lui coupait la respiration dès lors qu'elle cherchait à en trouver la cause. « Chut. Taisez-vous. » Elle tourna la tête. Encore et encore. « Ok, j'ai dû rêver. On s'y remet. » Elle les arrêta à nouveau un peu plus loin, d'un signe de la main, et s'adressa à eux à voix basse après les avoir invités à se rapprocher. « Il y avait quelque chose là-bas. Je n'ai pas voulu les alerter, parce qu'on n'est pas assez nombreux et... clairement pas assez expérimentés. Baker, j'ai besoin que tu transplanes. Il faut que tu ailles nous chercher du renfort. Le plus de monde possible. - Et pourquoi ce serait moi ? - Eh bien, parce que tu es assurément le plus inutile ici. » avait-elle conclu d'un ton entendu. Le dénommé Baker bouillonnait assurément de rage, elle venait de heurter violemment sa fierté, mais elle n'en avait cure, tant qu'il faisait ce qu'elle demandait, et il s'exécuta en effet. « Et nous, on va essayer de rester immobiles et silencieux pendant ce temps. » Elle se rongea les ongles durant tout le temps de l'attente. Et si ce n'était qu'une hallucination ? Et si elle faisait perdre son temps à tout ce monde qui allait se précipiter dans le coin dans les prochaines minutes ? Elle serait assurément la risée de la petite troupe, et pas sûr qu'elle parvienne à retrouver une place décente en son sein. Cela la dérangerait-il vraiment, après tout ? N'était-ce pas ce qu'elle voulait depuis le début, qu'on lui foute la paix ? Elle l'avait souhaité après son stage, et elle le souhaitait toujours. Alors pourquoi continuer à prouver sa valeur dans ce groupe de dangereux extrémistes ? C'était ce que ses parents voulaient. Et les Valkov n'étaient la risée de personne. Ils ne suivaient personne, ils étaient des meneurs. Des loups. Ils étaient des loups. Darja se sentait peut-être louve, sauvage et indépendante, mais certainement pas meneuse. Encore moins meneuse d'une telle mascarade. Des « cracs » retentissants se succédèrent, laissant la place à des Mangemorts reconnus, des gens qui avaient leur place ici, si toutefois il s'avérait qu'elle avait raison. Quelques Rafleurs, également. Parfait. Si l'on pouvait dire ça ainsi. Du bout de son index tendu, elle leur montra un point, l'endroit où elle croyait avoir perçu quelque chose. Ça avait cessé de faire effet. Elle n'entendait plus rien. Elle ne devinait plus rien, elle ne devinait plus la barrière qui la séparait de ses opposants.

Vingt contre dix. C'était du tout cuit. En l'espace de quelques secondes, les bois paisibles s'étaient transformés en véritable champ de bataille. Les sortilèges impardonnables fusaient, ça tombait dans les deux camps. Elle se rendit compte rapidement que eur supériorité numérique ne leur garantissait pas la victoire. Ces gens, ces parias, ces clochards, ils vivaient dans la peur. C'étaient des survivants. Ils avaient quelque chose à perdre. Ils se battaient pour leur liberté, avec la rage au ventre, avec la foi. Elle ne connaissait rien de tout ça : ni la liberté, ni la rage, ni la foi, ni même la vie. Elle allait les toucher du doigt, durant un éphémère instant. Son instinct l'avertit qu'on se glissait derrière elle furtivement. Elle pressentit le danger. Le temps de se retourner, de repérer les traits d'un jeune homme qu'elle ne connaissait pas, mais qui lui voulait du mal. Le temps de lire dans ses yeux une folle détermination, d'y lire son combat, son désespoir et sa colère. « Avada Kedavra. » Il s'écroula sur le sol, par-dessus un autre mort, l'un des « siens », bien qu'elle n'éprouva pas de réelle appartenance à cette communauté qu'elle côtoyait en permanence malgré tout. Ses mains tremblèrent. Son corps tout entier trembla. Elle rangea sa baguette avant qu'elle ne tombe à terre et disparaisse dans la boue. Elle venait de tuer. Elle avait pris la vie de quelqu'un. Il n'y avait plus de retour en arrière possible alors. Il ne lui restait plus qu'à assumer. Elle était comme eux. Elle n'était rien de plus. Il fallait arrêter de se mentir, de se bercer de douces illusions. Les yeux de cet homme, toujours en face d'elle alors qu'il n'était plus debout. Elle alla se réfugier derrière des arbustes suffisamment touffus pour la dissimuler alors qu'elle laissait ses tripes se déverser en paix sur le sol souillé.

Retour au Ministère. On avait demandé à la voir. Elle avait quémandé un bref moment de tranquillité avant cette interaction et s'était réfugiée dans les salles de bains. Tout avait disparu. Elle était redevenu ce cadavre ambulant qui ne ressentait rien. Elle avait observé son visage dans le miroir, y avait passé de l'eau afin d'effacer les traces de ses ébats intérieurs survenus plus tôt. Elle avait tenté de se souvenir des yeux, dans l'espoir que quelques larmes s'écouleraient. Qu'elle pleurerait cet homme, cette vie trop brève. Rien n'était venu, bien entendu. Alors elle était ressortie, puisqu'il n'y avait que cela à faire. Affronter son destin. Avancer en brave petit soldat. Elle avait rejoint le bureau de Rabastan Lestrange, frappé, et attendu que la poignée change de couleur pour lui annoncer qu'elle pouvait entrer. Il se tenait là, semblable à elle, ne trahissant aucune émotion, et un frisson parcourut son corps. Elle comprenait pourquoi ils avaient peur d'elle, désormais. L'histoire de cet homme venait compliquer la chose encore : il était connu pour toutes les horreurs qu'il avait faites endurer aux gens, bien avant que l'idéologie mangemort ne s'implante dans le gouvernement. « Vous avez fait du bon travail aujourd'hui. Du très bon travail même, à ce qu'on m'a rapporté. Vous auriez contribué à l'arrestation de dix dangereux criminels, des fuyards, quatre d'entre eux étant activement recherchés et faisant partie de nos priorités. - Je n'ai fait que mon devoir, monsieur. - Certes. On m'a également confessé que vous aviez vous-même mis hors jeu l'un de ces insurgés. - … - Alors ? - Alors... Oui, je l'ai effectivement fait, si telle est la question. » Il marqua une pause, et afficha une mine approbatrice. « Le Maître a décidé qu'il était temps pour vous de recevoir la marque. Ce soir. »


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Dernière édition par Darja Valkov le Mar 23 Juin 2015 - 13:54, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 15:13

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Ah enfin! Des filles chez les mangemorts! Bienvenue pompom.
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MessageSujet: Re: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 15:15

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Compatriote. I love you rougit
Bienvenue parmi nous. yeah
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MessageSujet: Re: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 15:26

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ginta. I love you
bienvenue parmi nous et bon courage pour ta fiche! iiih iiih palpite
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MessageSujet: Re: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 18:28

PRISONERS • bloodstains on the carpet
Draco Malfoy
‹ inscription : 13/09/2013
‹ messages : 8775
‹ crédits : faust.
‹ dialogues : seagreen.
DARJA VALKOV, la grise. Tumblr_ob1ibueZ761rmsoypo3_250

‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 12287
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
DARJA VALKOV, la grise. 489546spea
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4710-draco-there-s-a-hole-in-my-so
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BIENVENUUUUUUUE iiih super choix de groupe, déjà, et puis Ginta quoi gaah iiih j'ai hâte de voir ce que tu comptes faire de ta belle ! bon courage pour ta fiche du coup, et ofc si t'as des questions n'hésite pas à mp le staff, on est là pour ça superman

• • •

I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.
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MessageSujet: Re: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 18:36

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ginta lapina, trop sexy ! *tuveuxfairedesbébés?*
trop bon choix, bienvenue parmi nouuuus ! foufou leche
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MessageSujet: Re: DARJA VALKOV, la grise.   DARJA VALKOV, la grise. EmptyMer 10 Juin 2015 - 19:14

HERO • we saved the world
Luna Lovegood
‹ inscription : 31/05/2015
‹ messages : 5660
‹ crédits : LUX AETERNA (avatar), TUMBLR + MATHY LA BEST (gifs), KAZUO ISHIGURO (quote).
‹ dialogues : bleu (luna - #669999) ; rosé (marie - #cc6666).
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‹ âge : (depuis le 13/02/04) 23
‹ occupation : aventurière dans l'âme, souvent bénévole, étudiante par correspondance et mère à plein temps.
‹ maison : Serdaigle
‹ scolarité : septembre 1992 et décembre 1997.
‹ baguette : mesure 25, 8 centimètres, a été taillée dans du bois de sorbier et son cœur recèle un ventricule de dragon.
‹ gallions (ʛ) : 8425
‹ réputation : je suis différente ; même je ne suis plus aussi loony qu'auparavant.
‹ particularité : douée d'un sixième sens tel qu'on me soupçonne d'avoir le troisième œil.
‹ faits : Marie n'est plus ; que je me réhabitue à mon nom, mon visage et ma vie d'autrefois, tant bien que mal ; que les conséquences d'une année et demie volée sont rudes ; que je crois en Harry Potter depuis toujours ; que je suis une héroïne de guerre ; qu'il me manque du bon sens et une part d'humanité ; que je ne pourrais pas survivre sans ma fille, Lesath, ni son père, Rolf Scamander, à mes côtés ; que notre famille détonne ; que je suis l'une des sacrifiés scolaires de la guerre ; que Lesath est atteinte du syndrome Rosier.
‹ résidence : dans cette drôle de demeure du Devon, en forme de tour d'échecs, avec Rolf et notre fille, Lesath. Autrefois musée du gouvernement, aujourd'hui réhabilitée, elle s'élève toujours aux abords de Loutry-Ste-Chapsoule.
‹ patronus : un sombral, après de nombreuses métamorphoses (le lièvre et le panda ont été les plus marquantes).
‹ épouvantard : une forme prostrée dans un sous-sol tantôt calciné, tantôt humide (représentation d'un retour en arrière inéluctable, sans Lesath, sans Rolf, sans ceux qui comptent pour moi).
‹ risèd : une longue chaine dorée, sertie de six pendentifs très particuliers.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4738-lovegood-a-circle-has-no-begi
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Bienvenuuuue :cutie: :cutie:.
Bon courage pour le reste de ta fiche, Gandalf !

• • •

AND SO WE STOOD TOGETHER JUST LIKE THAT, AT THE TOP OF THAT FIELD FOR WHAT SEEMED LIKE AGES, NOT SAYING ANYTHING, JUST HOLDING EACH OTHER; WHILE THE WIND KEPT BLOWING AND BLOWING AT US, TUGGING OUR CLOTHES, AND FOR A MOMENT, IT SEEMED LIKE WE WERE HOLDING ONTO EACH OTHER BECAUSE THAT WAS THE ONLY WAY TO STOP US FROM BEING SWEPT AWAY INTO THE NIGHT.


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