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Nyssandra Ollivander
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 Elle te manque. Le souffle se bloque, tes yeux papillonnent. Les draps sont froids. Les draps sont vides. Son odeur court encore pourtant partout. Mélange de fruits rouges, tu la sens, la ressens. La passion t'embrume, s'abattant en écume sur tes rivages. Tu te sais au bord du naufrage. Elle n'a pas encore répondu. Tu as pourtant suivi ses conseils. Des pivoines & du chocolat noir. Assez pour remplir la maison du sol au plafond. Tu aurais peut-être dû faire plus. En mettre dans le lac aussi. Tu aurais dû faire bien plus. Elle mérite mieux, tellement mieux que toi. Imparfait, tu esquisses déjà tous tes vices, tanguant sur le fil de ta vie, de tes envies. Tu veux pourtant qu'elle comprenne, qu'elle te comprenne.

Il n'est plus question d'abandon.
Il n'y a plus d'interrogation sur tes passions.

Tu ne crois plus au peine indélébile. Tu veux juste qu'elle te revienne. Tu espères que tu pourras la tenir, la retenir. Au bord du précipice, tu lui as donné un peu de ton cœur. Elle a balayé les rancœurs de son souffle, de ses mots. Elle n'a laissé que sur le bout de ta langue le tatouage de chaque baisers, de chaque éternité volée, dérobée. Rendez-vous à 22h devant ta cheminée., les mots ont glissés dans une étrange simplicité, dans une coupable facilité. Tu n'as pas signé. Elle sait qui tu es. Dans les sentiments extrêmes, les attentions fuyantes, tu demeures. Tu es toujours là. L'enfance & l'indifférence n'a pas réussi à vous achever, à vous gagner. Tu as refusé toutes les distances dans une partie d'échec, dans un mot maladroit, qui dépasse toutes les lois. Tu as suivi les heures, fébrile, imbécile. Tu as attendu, tu as vieillis dans la cendre. Et puis l'heure sonne, l'heure résonne. Ton visage plonge dans les flammes, tu t'abandonnes, en laissant courir son nom. Tu as le goût brûlé des flammes sur ta langue, le goût des imbécillités, des dualités. « Nyssandra ? », la voix s'élève dans  le salon. Perdue entre ciel & terre, tu as peur d'avoir mal fait, mal joué. Alors encore, tu joues au con, « Tu as reçu mes fleurs ? », tes dents s'enfoncent dans tes lèvres. Bordel. C'est tellement stupide. Tu es ridicule, minuscule. Tellement ridicule. Tellement, tellement, tellement peureux. Tellement, tellement, tellement amoureux.
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Nyssandra n'est pas bien jolie.
Pas qu'elle soit vraiment belle en temps normal. Elle n'a pas la distinction de Sue, les iris bien clairs de Gwen ou encore les jambes interminables d'Eris. Mais là, les cheveux débraillés, les yeux gonflés, la prunelle cerclée de rouge et les vêtements froissés d'avoir eu à évacuer toutes les pivoines dans le lac ? Elle n'est même pas un peu jolie. Et ses petits éternuements sans fin, toujours par série de trois, n'arrangent rien et tuent le peu de dignité qu'elle pourrait avoir.

Quand elle saura qui a cru drôle de lui envoyer autant de fleurs, elle tuera le plaisantin.

En attendant ... « Nyssandra ? » Aramis est déjà là, ponctuel comme elle l'a toujours connu. Réticente, la sorcière s'approche de la cheminée, ses doigts grattant nerveusement l'avant-bras. « Je, elle s'interrompt et renifle encore gênée par le pollen qui a colonisé sa maison : Je suis là. » Jetant un coussin à terre, elle s'installe en tailleur, face à la cheminée. « Tu as reçu mes fleurs ? » Le chocolat noir se perd quelque part entre le paquet et sa bouche, restée entrouverte, alors que les sourcils se froncent au-dessus en arcs pleins d'interrogation. Ses mots se chargent d'hésitation quand elle demande : « ... Est-ce que tu essaies de me tuer avec mes fleurs préférées ou quelque chose de ce style ? » Instinctivement, son regard tombe sur la sucrerie avant de revenir vers Aramis. Est-ce que c'est une sorte de raffinement malsain de vouloir achever une personne avec ce qu'elle préfère ? Honnêtement, elle ne comprend pas le message qu'il essaie de lui envoyer. « Tu te rappelles que je suis allergique ? » Et soudain, elle semble réaliser quelque chose tandis que sa main frotte furieusement ses yeux rouges et larmoyants (fichue allergie, vraiment). « Tu m'en veux parce que je ne t'ai pas recontacté, n'est-ce pas ? » Nyssandra ne l'a pas vraiment évité, pas tellement esquivé. Les circonstances se sont simplement entassées, empilées - travail, Jeremiah, Scorpius et encore le travail. Le silence s'est éternisé sans qu'elle le veuille vraiment, sans qu'elle ait le temps de le réaliser. Elle n'a fait exprès. « Ecoute ... je suis désolée. » La sincérité glisse entre les lèvres, y imprime une moue contrite. « Si tu m'en veux, il suffisait de me le dire. »


Dernière édition par Nyssandra Ollivander le Dim 11 Oct 2015 - 2:58, édité 1 fois
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Nyssandra Ollivander
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Tes dents s'accrochent à tes lèvres. Nervosité, tu pues la nervosité. L'angoisse s'incline, se décline sous l'apparente froideur, le manque de douceur. Elle annihile le peu de volonté qu'il te reste, qui empeste. Tu as toujours su pour les fleurs. Les brumes de tes souvenirs te fauchent dans un simple regard de ses prunelles. Brun chocolat, rougit par les allergies, salit par ton manque de réflexion. Tu as pris la mauvaise décision. Et tes doigts s'enfoncent dans le parquet rugueux sous tes genoux. Con, tu es tellement con.

Le sel de tes regrets te lèchent, piquant tes blessures, tous tes murs. Eris t'a mal conseillé. Eris a distillé sur ton cœur toutes les erreurs à commettre. Et tu es juste tombé dans le panneau. Tu as juste pas réfléchi. Tu voulais juste lui plaire, ne pas tomber par terre. Ne pas la laisser s'essouffler dans les flammes d'une passion, d'une déraison. La folie a coulé, vous a coûté. Elle t'a dérobé toute intelligence, toute méfiance. Tu t'es juste dit que ça voulait dire quelque chose. « Je . Tu retiens ton souffle brutalement. La peur est soudaine ; Et si elle raccrochait ? Et si elle te laissait ? Et si ça ne voulait rien dire ? Ça ne veut souvent rien dire. Tu es pas important. Tu es jamais assez. Tu es toujours pas assez. Elle renifle, tu t’empiffres de ton malaise, de toute ta maladresse. ( Tu l'as faite pleurer ? ) Je suis là. » . Tu respires soudainement, brutalement. L'air s'engouffre dans ton poumons, creusant toutes les parties de ton être. Les liens t'enserrent, tu ne veux plus t'en défaire. Tu ne sais plus plaire. Tu ne sais plus te taire. Elle s'installe en tailleur. Elle est tellement jolie. Ses cheveux livrent la guerre, sont un enfer. Et pourtant, tu sais leur douceur, leur lenteur entre tes doigts. Tu abuses de tous tes droits pour les frôler, pour l'aimer. Sa peau pâle est une carte pour tes caresses, tes tendresses. Tu sais tous les pièges de ses désirs, de ses plaisirs. Tu esquisses de la courbe de ses yeux l'ombre de son cœur, de toutes ses erreurs. Nyss est belle de ses beautés perdues, puissantes, élégantes. Nyssandra est un peu de cet égoïsme qui te fait supplier pour un peu d'elle. Pour qu'elle est toujours un peu besoin de toi, qu'elle ne voit que toi.

Ses lèvres caressent la plaque de chocolat. Tu sais que tu as tout fait merder, tout laissé t'échapper.  Et elle fuit. Tu l'ennuies sans doute un peu. « ... Est-ce que tu essaies de me tuer avec mes fleurs préférées ou quelque chose de ce style ? » . Ses yeux s'emplissent d'interrogations, de questions dont tu n'as pas vraiment les réponses. Qu'est-ce qui t'a pris ? Tout et rien. Tu  voulais juste lui plaire, juste être à elle. « Je ... », ta bouche s'ouvre, s'entrouvre. Tu n'as juste rien à dire. Pas d'excuses, pas de mensonges. Il te faut parler de sentiments. Il te faut tomber, te relever, exister. Il faut avouer que tu n'es qu'un être humain pas serein. Un simple pantin sans fil, trop imbécile. Tu es trop au bord du vide, du précipices de tes émotions. Tu parles pas de ces choses là. « Elle. ». Tes dents arrachent la peau sensible. Tu dois vraiment lui dire. « Tu te rappelles que je suis allergique ? » , tes yeux se tournent, se détournent. Petit prince des glaces est gêné, agacé. « Je sais. », lâches-tu un peu boudeur, trop allumeur. En filigrane se dessine un Je suis désolé. Tes pupilles bleus reviennent sur son visage, sur les ravages. Ses mains frottent, étiolent l'horreur, la douleur. « Tu m'en veux parce que je ne t'ai contacté, n'est-ce pas ? » « Non ! », le cri vrille tes oreilles, explosant tes tympans, toute retenue. Pourquoi est-ce que ce n'est jamais simple ? Pourquoi es-tu si imparfait, si maladroit ? Tu t'étais pourtant promis, juré. « Je veux dire ... ». Qu'est-ce que tu veux dire ?

« Ecoute ... je suis désolée. » , la bile remonte à tes lèvres, te poussant à la nausée. Trop sensible, tu as le cœur d'un artichaut. Et tu manques de mots. Tu sais pas en trouver, on t'a interdit d'en trouver. Tout devait être simple, logique, sous une couche d'artifice. De la poudre aux yeux. Et tu paniques. « Si tu m'en veux, il suffisait de me le dire. » , la moue contrite fait face à celle d'un enfant choqué, borné, dégoûté. « Ollivander ! », tu n'utilises pas ce nom. Tu le détestes. Ils lui ont fait tant de mal, trop de mal. Tu jappes, couinant tes désespoirs. Tu broies du noir. « Tu n'étais pas forcée de me recontacter. », lâches-tu. C'était peut-être que du cul pour elle ? Une envie passagère qui s'envole déjà à des années lumière. Non. T'y crois encore. Tu t'effondres dans un soupire  colérique, toxique. « Tu n'as pas à être désolée si je n'ai été ... ». Le mot court, t’écœure, rend réel toutes les horreurs, les erreurs.

Rien.

Tu ne lui en veux pas vraiment.  Les mots brûlent ta gorge, noyant ton enfance de ses sentiments contradictoires, coupables, inévitables. Elle t'a déjà abandonné. Elle a depuis longtemps tout réglé, tout balancé. Tu l'as aidé. Le silence fait mal. Les sentiments se voilent. Tu réfléchis. Vite. Tu ne veux pas, tu ne veux plus de ses faux semblants, de ses questionnements. Tu as pensé à elle. Tu as rêvé d'elle. C'est pour ça que tu lui as tout avoué, non ? C'est pour ça que tu t'es confié & que tu l'as écouté. Tu inspires brutalement. Par Merlin, sois honnête.

« Je voulais juste ... », tu humectes tes lèvres de ta langue. Tu dois avancer, cesser de résister. Tout lui avouer sans se détourner. « Eris m'a dit de faire ça. ». Faux. Tu fuis le problème, rejetant la faute. Tu es qu'un gosse mal à l'aise de la bêtise commise. « Parce que je lui ai demandé des conseils. », craches-tu au bord du cœur, au bord de la chute. « J'avais besoin de conseils. », murmures-tu. Perdu, tu étais perdu, te tournant en ridicule. La soirée a aider à te relaxer. Tu as succombé sans égard, sans un regard. « Parce que j'ai besoin de toi. ». Parce que tu me plais.  « Je suis désolé. », le murmure se perd, te désespère. Tu as juste besoin qu'elle ne te laisse pas là. Pas cette fois.
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Elle n'aime pas vraiment lui parler comme ça. Par cheminées interposées, elle a l'impression qu'un monde les sépare, l'empêche d'aller caresser l'émotion. Avec seulement ses yeux pour observer, Nyssandra a l'impression de ne pas vraiment voir. En face d'elle, l'émail s'écrase sur la pulpe, traduit la tension et la brune ignore de quel genre elle est faite. Et ça l'agace un peu, cette myopie. Elle n'arrive pas à savoir ce qu'il ressent. De la colère ? Du ressentiment ? Est-ce son silence qui l'a agacé ? Ou est-ce simplement qu'il lui en veut encore (qu'il lui en voudra toujours) ?

Douce ironie, elle lui reproche de lui mentir ouvertement. Elle dit qu'elle déteste ça, ce mépris pour elle, si grand qu'il s'en foute de mentir et de se faire prendre la main dans le sac.
Bizarrement, maintenant, ça l'angoisse de ne pas savoir. De ne pas voir.

Alors elle est obligée de demander, de gratter la surface en quête d'indices. C'est tellement énervant tout ce silence entre eux, ce nouveau jeu de fouilles émotionnelles. Tellement différent d'eux. Comme lui qui bute sur les mots, brusquement hésitant sans qu'elle comprenne. Comme ces prunelles claires dont le courant dévie brusquement à sa question. « Je sais. » lâche-t-il en guise d'excuses. Mais il n'est pas vraiment apaisé, le prince frondeur. Et elle non plus, empathe aveuglée.

La question finit par tomber et seulement vêtue de franchise, elle délivre ses conclusions de liseuse de coeurs. Il lui en veut encore, pas vrai ? Elle aurait dû prendre le temps d'aller le voir. Ou au moins de lui envoyer un hibou. Pour la première fois depuis longtemps, elle abaisse les armes dans une excuse. Elle n'a pas envie de se battre. Pas avec lui. Plus maintenant. Ces derniers jours l'ont bouffée, assassinée. Aujourd'hui (juste aujourd'hui), elle voudrait éviter qu'ils se déchirent, qu'ils finissent dans leurs écueils habituels. « Si tu m'en veux, il suffisait de me le dire. » proprose-t-elle, doucement. C'est un peu comme ça que se résume leur relation. Ils ne savent plus se parler, ils ne savent que se blesser de non-dits. « Ollivander ! » L'emploi du nom de ses parents la prend par surprise, la fait sursauter et le chocolat s'écrase contre le parquet clair, laissant une trace brune sans qu'elle y prête attention. « Tu n'étais pas forcée de me recontacter. » Comment ça ? Est-ce qu'il ne vient pas pour ça ? Les pivoines n'étaient pas sa façon de se venger pour son silence ? La tête se penche sur le côté, façon chaton perdu. « Tu n'as pas à être désolée si je n'ai été .. » Le mot flotte entre eux, assourdissant et pesant dans le silence. Un moment, Nyssandra veut s'énerver, se lever en agitant les mains comme elle le fait quand elle est agacée. Ou croiser les bras contre elle comme lorsqu'elle se sent blessée. Elle n'est pas ce genre de femmes. Elle le voulait tellement à elle. Merlin, elle le veut encore toujours rien que pour elle. Sa bouche s'ouvre, prête à libérer l'outrage ou l'aveu, ou peut-être les deux. La sorcière n'est pas vraiment décidée. « Je voulais juste ... Eris m'a dit de faire ça. » Eris Burke ? Pourquoi sa meilleure amie ne lui a rien dit ? Elle ne savait même pas que la Burke et le Lestrange étaient amis. « J'ignorais que vous vous fréquentiez. » En dehors des occasions où je vous invite tous les deux à une réception. La jalousie lui pique le cœur, c'est inattendu mais pas si surprenant que ça finalement. Elle n'a jamais trop voulu perdre sa place dans la vie d'Aramis, même si c'était celle de l'emmerdeuse, de l'indigne, de la méprisable, au fond. Possessive à l'excès, elle a accepté tous les titres dont il voulait bien la parer. « Parce que je lui ai demandé des conseils. J'avais besoin de conseils. Parce que j'ai besoin de toi. » L'aveu trace un sourire timide sur sa bouche, peint un peu de bonheur fébrile dans les yeux. Ce n'est pas juste la passion du moment qui a fait parler Aramis. Il n'a pas déglingué ses barrières pour la laisser nue, et seule, et désespérée de lui.

Il n'a pas joué, il ne s'est pas vengé.
Il ne les a pas effacés. Il l'a gardée.
Elle en est bêtement soulagée.

Pourtant, un soupir lui échappe, à peine audible. Elle ne sait pas quoi dire, comment l'avouer à son tour. Il l'a prise de court, elle voulait être la première. C'est plus facile de passer d'abord parce qu'on appelle ça tenter sa chance. Alors que le second n'est rien d'autre que celui qui prend le risque. Si Aramis finit par se lasser, elle ne pourra s'en prendre qu'à elle-même. « Je suis désolé. » En toute honnêteté, Nyssandra ne peut pas lui dire de ne pas l'être. Oui, elle a aimé les fleurs, mais ça n'a duré que l'espace d'un instant. Celui juste avant qu'elle se mette à éternuer de façon incontrôlable alors que ses yeux rougissaient et pleuraient sous l'irritation. « Le chocolat noir est toujours une bonne idée, offre-t-elle à la place, et le geste souligne les paroles quand elle grignote, gourmande, un morceau de la sucrerie : Et les pivoines étaient belles. Je les ai déposées sur le lac. Tu peux venir les voir si tu veux. » L'invitation se glisse, aussi évidente qu'une porte laissée entrouverte.


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Nyssandra Ollivander
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Entre vous, les silences dansent encore. Les non-dits s'entassent, vous encrassent d'un poison lent, latent. Ta langue tombe pâteuse dans ta bouche, peu victorieuse. Les mots ripent, râpent, t'éraflent. Pas assez bon. Jamais assez. On ne te choisit pas. Et tu ne retiens pas la leçon. A quoi bon s'entêter, l'aimer ? Parce que c'est elle.

Elle.

C'est simple & douloureux. L'abandon roule encore sur toutes tes plaies. Bien sûre que t'as peur. Bien sûre que tu trembles. Pourtant, c'est la syncope quand elle te frôle, c'est l'adrénaline qui flotte, s'envole. Tu aimerais inspirer son odeur, traçant du bout de tes lèvres ses courbes que tu connais par cœur. Sa chaleur creuse un manque, te hante. « Si tu m'en veux, il suffisait de me le dire. » , tu ne peux pas lui en vouloir. Pas vraiment. Jamais totalement. La colère t’inonde, abondante, étourdissante, envahissante. Tu ne sais pas parler d'eux. Tu ne sais qu'esquisser de tes mains tremblantes, fuyantes, l'horreur, la douleur de tes sentiments.  Tout vacille & tu n'as qu'un cœur en guenille. Tout s'enfuit & pour un simple regard, tu veux vivre au bord du vide. Alors tu mord dans un dernier effort. Tu aboies son nom & les mots coulent, s'écoulent. Elle n'était pas forcée. Tu ne veux pas la forcer.

De blessures en overdose d'émotions, tu laisses ta langue ricocher sur toutes les passions. Tu laisses l'idée suinter, glisser, t'échapper. Tu as toujours penser qu'elle ne te devait rien. Tu as toujours penser qu'elle était libre de tanguer à tous les bras. Elle n'est pas à toi. Et la bile remonte, te démonte. Le démon mord, faisant saigner tes entrailles, toutes tes failles. Tu veux juste lui appartenir, ne plus te retenir. Tu veux juste un peu de paix, enroulé à elle, en elle, arrachant ses soupirs, impatient de vivre. Tu veux te brûler à l'aimer trop, à l'aimer mal. Tu veux la supplier de rester. Tu veux gagner. La gagner. Juste une fois. Une seule fois.

« J'ignorais que vous vous fréquentiez. » , tu t'étrangles dans ta salive. Elle ? Toi ? Vous fréquenter ? Oh, ça, non, jamais. Et tu n'es pas sûr de pouvoir retenir l'acidité de tes mots si tu la recroises de si tôt. Tu n'es pas sûr de vouloir l'épargner. Tes dents éraflent encore la bouche sensible. Tu te fais saigner. Tu te fais blesser sans égards, sans regards.  Dans ses yeux noisettes, tu dessines une jalousie liquide, facile. Tu caresses la possessivité. Tu sais ce que ça fait. Tu veux, toi aussi, un peu vous garder, vous espérer. Même si le prix est depuis longtemps affiché, payé. Le poison d'une haine pulse. L'abandon torture, laissant le sel de ses blessures. Pourtant, tu la suis, tu sautes, suppliant pour l'atteindre, l'étreindre encore. La tendresse danse dans les jeux de dupe, dans le bal masqué de vos vies, de vos interdits. « On ne se fréquente pas. » , sec, tu tranches. Les yeux clairs lancent des éclairs. On ne se fréquentera jamais. , semble hurler l'océan furieux, orageux.

Alors tu signes tous les aveux, tous les vœux. Reddition complète, tu ne cherches ni pardon, ni abandon. Tu offres les miettes de ton âme sur un plateau d'argent. Tu lui donnes tout. Elle peut te laisser mourir ici. Elle peut s'en aller, te délaisser. Tu n'auras que des mots pour faire la guerre, pour la mener en enfer. Tu n'auras que la fureur sans vraiment la ressentir, sans vraiment la tenir. Le chagrin sera bien plus grand. Ta faiblesse, au fond, ça a toujours été ses caresses. Ta maladresse n'est qu'une succession de peurs, de rancœurs. Ta maladresse n'est que le reflet de tes ivresses. Et elle sourit, elle s'adoucit. Tu cesses de trembler. Elle ne va pas te rejeter, hein ?

Le soupir lui échappe, chassant un peu ton visage dans les cendres. Elle est un peu soulagée. Et tu respires, enfin.   « Le chocolat noir est toujours une bonne idée, un sourire un peu gêné, un peu intimidé, se glisse, s’immisce. Tu baisses les yeux, tu te brises sur tes aveux. Elle t'aime un peu, alors ? Tu redeviens un peu cet enfant surpris, ravi. Tu ne te débats plus dans tes désespoirs, anéantissant tous tes espoirs. Ses dents éraflent le chocolat, et les souvenirs rejaillissent, te griffent. Les odeurs de chocolat noir envahissent encore la cuisine, le gâteau souffre sous les bouches enfantines, futiles. Tu tombes, retombes. Douce est l'enfance, cruelle est la fin de l'innocence. Elle croque & tes yeux s'émerveillent, veillent. Et les pivoines étaient belles. Je les ai déposées sur le lac. Tu peux venir les voir si tu veux. » . Tu détournes encore les yeux, te sentant dépassé par ton imbécillité. Tu es tombé dans le piège, dans tous les travers. Tu as fait tomber l'armure, elle abat le dernier mur. Pas à pas, les mots sont murmurés dans le silence. Il ne reste que la porte à pousser & à entrer. Il ne reste qu'à tout prendre, tout gagner & rafler la mise.

« Si tu n'as pas peur que Gwen vienne encore me taquiner », murmures-tu, dans un sourire lent. Tu te souviens de ses questions, de son humour féroce, véloce. Le petit-déjeuner embaume encore les pièces, c'était tellement gênant, mais marrant. « On a laissé la porte ouverte », confesses-tu, un peu plus bas, roulant des yeux à ton imbécillité. « Enfin j'ai laissé. », rajoutes-tu. C'était toi le moins embrumé, abîmé des deux.   C'est de ta faute. Tu sais bien. Mais, au fond, ce n'est pas si grave, non ? Tu t'en amuses plus que tu n'en uses. Tu as hurlé, bien sûr. Tu as refusé d'avouer, de la laisser gagner. Tu laisses ta main courir dans tes cheveux. « Je veux venir. », souffles-tu, comme une promesse un peu moins traîtresse que toutes les autres. Ce n'est pas qu'un caprice, c'est tous les délices, tous les supplices qui te terrassent, s'effacent. Tu avoues, tu laisses à d'autre la sagesse, les tendresses. « Je peux, ce soir ? », laisses-tu courir du bout de ta langue, encore un peu paralysé, tellement tétanisé. « J'apporterai du gâteau au chocolat, comme dans cette enfance si lointaine, tellement souveraine. Tu te caches un peu dans un humour un peu faux. Un peu tremblant, pourtant, tu fais les derniers pas. Tu combles les distances, assassinant la patience, la décence. Noir. » Comme toujours. Un peu comme elle. Un peu comme toi. Souvent comme vous.
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« Si tu n'as pas peur que Gwen vienne encore me taquiner. » Les yeux s'écarquillent. « Gwen sait ? » La panique fait valser les aigüs dans la voix, le rose éclate sur ses joues en ton sur ton sur les rougeurs d'allergie. Gwen sait. Est-ce qu'il lui a raconté ? « On a laissé la porte ouverte. » La porte ? Qu- ... Oh. Cette porte. Le souvenir vient mordre ses pommettes qui se chargent d'un rosissement charmant. « Enfin j'ai laissé. » La main frotte la tempe, et les doigts ramènent une mèche brune derrière l'oreille, également colorée du rose tendre de ces amours pudiques. « J'aurais préféré qu'elle l'apprenne autrement ... » Merlin, la situation est gênante, embarrassante. Bien sûr, Gwen connait ses excès. La Lestrange est familière des peines jamais exprimées, toujours moquées sous l'ivresse. Mais ça ... c'était tellement plus qu'une banale désinhibition. C'est toute sa mesure qui a explosé en éclats tranchants. C'est toute sa démesure qui s'est exprimée dans les pires excès.

C'est cet amour, ce besoin pour lui. C'est sa façon d'aimer.
Sa manière trop égoïste, trop possessive. Trop désespérée.
Trop de tout ce qui rend l'amour laid.

Pitoyable.

« Je veux venir. Je peux, ce soir ? » Un sourire heureux fait briller ses yeux, et elle acquiesce aussitôt. Bien sûr qu'il peut. Bien sûr qu'elle veut. Alors elle ne réfléchit pas vraiment - elle ne réfléchit jamais tellement avec lui. Elle en oublie un petit détail. Du genre majeur, le détail. « J'apporterai du gâteau au chocolat noir. » Que fais-tu encore chez toi alors ?. Les mots pétillent déjà dans sa bouche, ils laissent une traînée de promesses et de défis contre sa langue. Mais soudain, la mâchoire se contracte, les dents éclatent la malice entre leur émail. Et elle est presque certaine que c'est ça qu'elle a entendu. Et pas l'autre, encore, qui s'amuse à saccager son appartement pour imprimer sa colère jusque dans les (ses) murs. Clac. Le bruit vient de l'étage, trop faible pour passer à travers les cheminées connectées. Trop fort pour qu'elle puisse l'ignorer. Le regard se perd un instant vers l'escalier, la volée de marches vers l'enfer des ressentiments et des confrontations qui l'accueillent tous les soirs. « Avant que tu viennes, parce qu'Aramis va venir - et Nyssandra éloignera Jeremiah s'il le faut, elle est fatiguée de composer avec les reproches de l'américain, avec les mots salés qu'il lui lance à la gueule tous les soirs (il ne veut pas être son ami ? bien. bien. alors elle le sauvera et ne fera aucun autre effort) : il faut que tu saches que une personne que je connais a été arrêtée et j'ai ... je l'ai achetée comme rebut. » Clac. Elle a surtout invité le chaos dans sa maison. Dans son refuge. Et, parfois, l'espace d'un instant, l'Ollivander regrette d'avoir fait ça. Puis elle réalise qu'elle regrette d'avoir aidé un a-une connaissance et elle prend le temps de se trouver affreuse, horrible. Elle ne devrait pas rechigner à gâcher un peu de tranquillité. Pas « pour lui éviter de retourner à Azkaban. » La brune sait ce qu'il pense des rebuts. C'est pour ça qu'elle veut lui expliquer. Lui faire comprendre. Elle l'aime, elle ne veut pas qu'il la méprise de nouveau. Que la fracture se creuse entre eux comme autrefois. Que les cris soient leur seul moyen de briser les silences dans lesquels elle se mure naturellement. « Il n'est pas dangereux, glisse-t-elle, précipitamment : Tu l'as déjà rencontré (elle n'est plus vraiment sûre qu'Aramis et Jeremiah aient échangé plus que des banalités à ses fiançailles, elle se souvient surtout des retrouvailles avec ses meilleures amies et ses disputes avec lui) quand tu es venu à Boston. Tu te souviens de Jeremiah Anderson ? » Et la langue laisse échapper le prénom, sans savoir les jalousies qu'elle déclenche : « Le meilleur ami de Ian ? »


Dernière édition par Nyssandra Ollivander le Dim 11 Oct 2015 - 2:59, édité 1 fois
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Nyssandra Ollivander
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Dans tes yeux courent les souvenirs. Tu trahis la passion, l'adoration de ton corps enlacé, entremêlé, pressé au sien. Et tu as froid sans elle. Tu as peur sans elle. Peut-être que l'amour s'est déjà enfuis. Peut-être n'étais-tu que de passages dans ses ravages, dans ses mirages. Tu as, sans doute, peur d'y croire, de tout voir. Tu as sûrement les douleurs, les horreurs qui courent. Tu n'as pas osé te perdre dans ses draps, dans ses bras. Elle peut encore renoncer. Elle peut encore t'abandonner. Elle tous les droits. Elle est reine de cette moitié de toi.

« Gwen sait ? » , les yeux fauves s'écarquillent, s'agrandissent. Et la gêne dévore, mord. Un soupire quitte tes lèvres, égare la tranquillité de vos rêves. L'amour a couru, a tout voulu. Peut-être a-t-il trop obtenu ? Il ne reste sûrement que les miettes d'un enfant têtu, obtus. Et pourtant, ça brûle, ça t'embrume, ça s'allume. Ton ventre se serre, t'enserre, te tuant de ces vieux enfers. Tu ne veux pas croire au pire. Tu ne veux pas vieillir sous les désespoirs. Tu ne veux pas la laisser, la délaisser. Les aiguës dévastent, ravagent, saccagent. La rougeur s'étale, ton cœur dérape. Le souffle court, tu voudrais courir, couvrir, la redécouvrir. Du bout de tes doigts, tu te ferais encore une fois roi. Une dernière fois roi.

Brusquer par sa beauté, la bombe t'a déjà fauché, dévasté. Tu es redevenu poussière dans un regard, dans un égard. Tu expliques dans d'étranges suppliques bordées entre l'humour & la gêne amoureuse, peureuse. Elle rougit. Tu vacilles. Tu as le cœur au bord des lèvres lorsqu'elle écarte une mèche, tu l'observes étrange rêve, douce trêve. Il est rare que la lutte s’apaise, ne pèse pas. Il est rare de laisser le calme vous envelopper, vous dévorer. L'histoire est jalonnée de jalousie, d'absence de compromis, de jeux foireux, vertigineux. Entre rancœur & douceur, tu sais que tu y as égaré ton cœur, que tu as perdu toute cette douleur.

Peut-être est-ce un peu fou.
Peut-être est-ce juste un peu de vous.

La patiente allégresse trahit la puissante envie de ses caresses, de paresser, de la hanter. Tu veux l'aimer. Tu veux la posséder. A toi. A toi. A toi. « J'aurais préféré qu'elle l'apprenne autrement ... » , un soupire, un rire doux, tu te sens respirer, inspirer. Elle ne va jamais te jeter, te rejeter, hein ? Jamais, tressaute ton cœur, gonflé de ses antiques peurs. « Moi pas. », claironnes-tu de ce sourire mordant, entre moquerie & rire. Tu revois l'éclat clair, éclair de ses yeux taquins, souverains. Tu revois les mots. « Elle m'en veut encore pour le réveil mais je crois que ça a dû la changer des pièces d'échecs qui rencontrent les murs. ». Le souvenir rencontre des millions d'échos, de chocs, de tocs. Les disputes jonglent en blessures, en murmures silencieux, tortueux. Combien de mots se sont étranglés, éclipsés dans ta gorge ? Combien de maux ? « Et elle ne pourra jamais plus se venger qu'Eris Burke. », souffles-tu, ton sourire s'éclipsant sous une grimace tenace, vorace. Tu t'imagines déjà mille manière de la torturer, la brusquer avec subtilité, bien entendu. Tu lui en veux. Et au fond, tu n'aurais jamais dû l'écouter, espérer. Ça t'apprendra.

Tes yeux accrochent les siens, se murant dans le poids de ses prunelles. Sait-elle que tu danses au creux de ses doigts ? Elle pourrait tout demander, exiger, tu ne saurais pas refuser, renoncer. Tu ne veux pas abandonner, l'abandonner. « Tu m'en veux ? », souffles-tu, la langue soudainement sèche, lourde & revêche. Elle peut encore tout jeter, te bousiller. Et pourtant, tu te redresses, te noyant dans les ténèbres de ses yeux. Un élan de courage sur les ravages de vos vies, de vos interdits te pousse, te repousse. La langue humecte les lèvres, course les trêves. « Je ne regrette pas. ». Je ne te regrette pas. Dans la passion folle, les corps entrelacés, dévorés, se sont abandonnés. Dans l'amour disloqué, dans la douceur affamée, tu as tellement demandé, souhaité. Tu veux encore, tu n'en as pas eu assez. Tu n'en as jamais assez. « Je ne regretterai jamais. », presses-tu dans toutes tes faiblesses, tes maladresses. Les yeux chutent & tu retombes, pantin sans fil, trop libre & trop fragile. Tu cherches déjà sa main dans les nuages. Tu cherches un peu de sa tendresse, un peu de ses caresses.

Tu n'es pas doué pour t'exprimer, expliquer. La gorge reste noué, les sentiments se bloquent, révoquent, s'en moquent. Ils subissent la peur, la rancœur. Il faut rester froid. Il faut rester droit. Tes faiblesses sont condamnées, rectifiées, réparées. Elles ne peuvent s'échapper. Tes mains peuvent trembler, ton cœur doit rester muré, achevé. Il ne doit pas exister. Tu n'as pas d'émotions, de passions. Tout se glace, se fâche en toi. Et tant pis, si tu en meurs. Tant pis, si tu as peur. Tu n'es plus un enfant. Et pourtant, sous les dorures, tu te fractures. La colère suinte, inonde, abonde, immonde. Et tout ton être la pense un peu trop, veux trop. Ses yeux étincellent, plein de ses promesses vertigineuses, paresseuses. Le sourire explose, t'impose. Elle est belle comme ça, gravé dans les simples émois. Elle dit oui. Elle te dit oui. Et tu souris doucement, un peu timidement, un peu à la manière de ses enfants. Tu oses une folie, un interdit du bout de ta langue. Tu sens déjà le chocolat noir rouler, s'émerveiller. Tu cours de délice en supplice. Tu cours après tous les risques, charmé sous ses éclats de malice.

« Nyss, ça ne va pas ? », la mâchoire s'est contractée, s'est crispée. Et tu détailles le visage fermé, balayé par un quelque chose qui t'échappe, te désarme. Est-ce encore toi ? « Tu ne veux plus du gâteau au chocolat ? », murmures-tu, avec cette inquiétude au fond des yeux, sous les aveux. Tu sais que ce n'est pas assez. Tu n'es jamais assez, tu es habitué. Tu te bousilles à jouer avec le feu. Tu vacilles sous les moindres détails, les entailles. Tes entrailles frémissent, n'amortissent pas. Et tu n'arrives pas à freiner, à tirer sur les rennes, avant que le vide ne t’entraîne. Avant que ton cœur ne finisse à la benne. Son regard te quitte & tu grondes ; « Il y a quelqu'un ? ». L'effroi se fait fatal, infernal, fleur du mal. Les babines se retroussent, s'émoussent d'un besoin toxique, facile ; la protéger, la garder. A toi. A toi. A toi.

Personne ne te la prendra.
Personne ne te la volera.
Rien, ni personne.

« Avant que tu viennes , tu goûtes à ses mots. Les promesses filent, indélébiles, joueuses, trompeuses. Le bonheur pulse. Elle veut bien de toi. Elle voudra toujours de toi. il faut que tu saches que une personne que je connais a été arrêtée et j'ai ... je l'ai achetée comme rebut. » . Boum. Le cœur se froisse, s'espace. Le coup part en plein dans le ventre. Tu fermes les yeux, cachant les tempêtes, l'orage, les naufrages. Le sel des mots remonte, te démonte, acide. Tu dois reculer, te protéger. « pour lui éviter de retourner à Azkaban. » , les dents s'enfoncent dans tes lippes. Le sang coule, ferreux, affreux. « Tu as accueilli, chez toi, un criminel ? », les yeux se rouvrent, glacial, infernal. Le prince des glace reprend sa place dans cette beauté fatale. La colère se mue en inquiétude, en manque de quiétude. Ça s'acharne, tu te brises & tu t'attaches. « Un putain de criminel. », les dangers passent & repassent dans ton cerveau, les pires situations, les horribles pressions. « Et bien entendu Guenièvre était au courant. », enfant capricieux, tu deviens orgueilleux, lâche dans ta rage, dans tes nuées sauvages. Tu claques, tu craques.

« Il n'est pas dangereux » , tes yeux la scient, la précipitation glisse en hésitation. « Oh ? Pardon. Si il n'est pas dangereux, après tout. , glisses-tu dans une ironie farouche qui fait mouche. Nyssandra, rappelle-moi ta taille. Et arrête de me prendre pour un con. », tu grinces, tu évinces. Le dégoût se mure. Le système te fait tiquer, vaciller. Les rebuts ne devraient pas exister, se presser. L'esclavage n'est pas l'apogée des sorciers, bordel de merde. Tu ne comprends pas, tu ne veux pas comprendre. « Tu l'as déjà rencontré , s'empresse-t-elle d'ajouter. De mieux en mieux. Un qui pourrait la voler, la dérober. Un qui l'aimera plus que toi. Mieux que toi. quand tu es venu à Boston. Tu te souviens de Jeremiah Anderson ? » .

Oh Merlin.
Elle a osé.

« Le meilleur ami de Ian ? » . L'air s'engouffre dans ta poitrine, cause un gouffre. Le trou est béant, lancinant. Comment oublier? La fête & l'ivresse râpent en amertume, en sublime en enclume. Au fer rouge, tu revois sa joie. Tu revois le fiancé, ton cœur blessé. Combien de coups? Il n'était pas fait pour elle. Il ne l'a jamais vu. Il n'a jamais réalisé. Il allait te l'enlever ( comme tous les autres). Tu as tant subis, tu t'es suffisamment détruit. La jalousie explose, s'impose. La violence court, s'alourdit, te trahit. Enfant boudeur, rageur, tu as tout fait pour l’anéantir, tout réduire en miette. Tu n'as jamais voulu la partager, la laisser. «Cinq minutes. », tes dents grincent, se pincent. L'air brûle, t'allume. Les excès te font te relever, brutalisant ta tignasse, semant le désordre dans l'ordre. Dos à la cheminée, tu dois rester calme. Il est mort. Alors pourquoi ça pique autant, putain ? Brutalement, ton bras s'abat, renversant une pile de parchemin dans un geste rageur, destructeur. « Merde, merde, merde. », craches-tu entre tes doigts, en renversant le reste d'un meuble, en éventrant ton travail, en rouvrant toutes les entailles. Merde.

La pagaille s'installe, sombre reflet de ton âme. Elle n'entend que les bruits, elle ne voit pas la violence, l'impatience, le manque d'indifférence. Les démons reviennent, s'emmêlent, t’entraînent. Tu te saignes & tu reviens. Le masque épouse ton cœur, embrasse tes douleurs. « Ce con prétentieux ? Jamais, je ne pourrais l'oublier. », martèles-tu, balançant ton égoïsme. Elle n'a pas conscience de l'agonie subie. « Si il respire de travers, je le tue», murmures-tu, sombre, laissant le bleu froid parler, s'esquisser. « Si il te touche, je le tue», tu détaches ta cravate, te laissant inspirer, expirer, boire l'air. « Si il te fait le moindre mal, je le tue», conclus-tu.

« Maintenant, écarte-toi. J'arrive». Tu reprends ce qui est à toi, autoritaire, prince solaire. Tu te fais dominateur pour ne pas exposer ce qui te fait peur. « Avec du gâteau. », marmonnes-tu, laissant un éclat passer dans tes prunelles. Le frisson d'un sourire fait osciller tes lèvres. Peut-être que tu le sèmeras des miettes sur sa peau. Peut-être que tu auras moins de douleur sous les mots. Et brutalement tu fais tomber la poudre de cheminette dans l'âtre, t'élançant dans les flammes vertes. Les rougeurs s'étalent sur l'épiderme pâle, tu avales un peu moins bien ta salive. Elle est belle avec un peu de chocolat au coin des lèvres, au cœur de tes rêves. En douceur, en lenteur, tu viens t'agenouiller, abandonnant le gâteau à vos côtés, goûtant le délice sucré du bout de ta bouche. « Bonsoir. », rauque, les mots manquent, s'inventent sur le bord de tes yeux.

Merlin, tu l'aimes tellement.
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And tightly hold me so

« Et elle ne pourra jamais plus se venger qu'Eris Burke. » « Je parlerai à Eris. » promet-elle avec un haussement d'épaules. Nyssandra n'en veut ni à l'un, ni à l'autre (ou, peut-être un peu quand même, parce que ses yeux gonflés et rougis ne s'assortissent avec aucune de ses tenues et qu'ils promettent déjà d'être une misère à dissimuler demain). Mais, sous la maladresse d'Aramis, elle comprend la tendresse amoureuse, timide. Et sous le sabotage d'Eris, elle devine la blessure gangrénée de rancune. « C'était plus contre moi que contre toi, je t'assure. » Car Nyssandra n'a pas raconté alors que l'habitude lui dicte de tout raconter à sa meilleure amie. Ou, du moins, Eris juge qu'elle lui dit l'essentiel.

Nyssandra n'a rien raconté simplement parce qu'elle croyait qu'il n'y avait rien à raconter.
(Peut-être simplement qu'elle avait peur d'être encore la seule à se souvenir ?)

« Tu m'en veux ? » Le sourire se dessine plus franchement quand elle fait non de la tête. « Ou seulement demain matin ? Quand je devrais me préparer pour aller travailler. » La taquinerie teinte en notes claires sous la gravité de ses futiles préoccupations. Et, comme toujours, Nyssandra glisse entre sérieux et amusement, elle oscille entre cette sorcière trop à la mode, uniquement soucieuse des apparences et l'empathe trop fouineuse, plus intéressée par les coeurs et les motivations. « Je ne regrette pas. Je ne regretterai jamais. » L'aveu la surprend un peu, lui fait relever les yeux vers lui. « C'est trop tard pour regretter ... » Le rire s'esquisse, et pourtant Nyssandra ne plaisante pas, ne taquine plus. Elle n'est déjà qu'à lui, exclusive et possessive enfant agrippée à son coeur. Il a avoué, elle n'a besoin que de ça pour sombrer, se laisser chuter complètement. « Il ne fallait pas avouer. » Souffle-t-elle. Et elle ne ment pas, déjà persuadée que les excès et les travers dans lesquels elle ne manque jamais de trébucher finiront pas le miner de remords. Elle n'est pas vraiment faite pour les amours pour toujours, elle a cette laideur à l'intérieur, et ça finit toujours par ressortir, par tout détruire.

Comme lorsqu'elle lui avoue la présence de Jeremiah.

« Tu as accueilli, chez toi, un criminel ? Un putain de criminel. » « C'est un journaliste. » La protestation jaillit hors de sa bouche sans qu'elle ne goûte au sel de ses mots. Mais le seul crime de Jeremiah, c'est de trop chercher la vérité, de ne pas savoir l'enfermer, de ne pas savoir la fermer. Est-ce qu'une plume trop bavarde et un esprit trop franc, ça le rend dangereux ? « Oh ? Pardon. Si il n'est pas dangereux, après tout. Nyssandra, rappelle-moi ta taille. » Cette fois, ls bras se croisent, cachent la blessure, la plaie mal refermée de ses incapacités. Tu es faible, crisse-t-il en fait, et Nyssandra le connait trop bien pour ne pas entendre le sous-entendu grinçant. « Et arrête de me prendre pour un con. » « C'est un ami. » Peut-être qu'elle ment un peu, qu'elle devrait tout conjuguer au passé dès qu'il s'agit de Jeremiah. C'était un ami. C'était un coup de tête pour sauver une amitié, une brusque envie d'être une fille bien. Et c'est une tentative qu'elle n'assume déjà plus qu'à moitié.

(Abandonner, c'est ce que tu fais de mieux, Eudoxie)
Mais elle ne veut pas abandonner Aramis. Plus maintenant. Plus jamais.

Alors elle essaie de lui expliquer, de lui faire comprendre. Elle ignore les jalousies aux acides corrosifs qui ont laissé de vieilles cicatrices sur son coeur. Elle a toujours cru que c'était contre elle, que c'était simplement un moyen de se venger de l'abandon, des abandons. Elle pense encore que le problème de ces fiançailles, c'était qu'il la détestait trop pour accepter qu'elle se trouve enfin une place quelque part. Elle n'a rien compris et le nom qu'elle lâche en toute innocence est comme un sort jeté en pleine figure. « Cinq minutes. » « Aramis ? » Quand il disparaît, le corps s'avance instinctivement vers l'avant. « Aramis ? » « Merde, merde, merde. » Elle n'entend qu'une série de marmonnements, des syllabes qui ne s'emboîtent pas entre elles sur fond de ravages qui s'accordent avec les carnages à l'étage. « Aramis ! » L'affolement la pousse vers le feu de la cheminée, la chaleur des flammes lui lèche le visage en même temps que la pierre brûlante de l'âtre lui mord la paume, pousse quelques larmes sur les cils. Et Nyssandra couine sa douleur en reculant brusquement. « Ce con prétentieux ? Jamais, je ne pourrais l'oublier. » La brûlure de sa main autant que l'agacement de le revoir revenir en grand prince quand elle s'est inquiétée lui serre la mâchoire, faisant grincer les dents, crisser l'email. Elle n'aime pas quand il parle comme ça de Ian et elle a beau le reprendre, Aramis n'en fait jamais qu'à sa tête (et c'est parfaitement stupide parce que Ian est mort de toute façon - pourquoi s'acharner sur un décédé, sérieusement ? elle ne comprend pas, n'a jamais compris). « Si il respire de travers, je le tue. Si il te touche, je le tue. Si il te fait le moindre mal, je le tue. Maintenant, écarte-toi. J'arrive. » Sûrement pas, veut-elle opposer et protester. Elle doit éloigner Jeremiah d'abord. Elle n'est pas stupide au point de laisser deux éléments explosifs se côtoyer d'aussi près. Elle veut lui dire de s'arrêter mais déjà les flammes vertes le recrachent et Nyssandra a à peine le temps de s'écarter brusquement, retombant en arrière sur ses fesses et ses mains pour éviter qu'il ne lui marche dessus quand il arrive.

Un baiser l'accueille, de bonne grâce, de bon coeur, faisant taire un peu le manque qui fourmille sous sa peau. Et, un instant, elle pense qu'il va s'excuser, que la paix va être signée. « Bonsoir. » Les sourcils se froissent, prouvent la contrariété de se voir donner des ordres. Dans le regard brille brusquement la compréhension des émotions. « Bordel, tu recommences. » Le reproche siffle et gifle comme la main qui imprime sa marque sur la joue de l'homme. Vaguement maladroite, elle se relève, se perche sur ses courtes jambes avant de continuer : « Est-ce que tu penses parler à une Astoria ? » Nyssandra n'est pas une poupée qu'on manipule selon son bon vouloir, elle a payé trop cher son émancipation pour se faire traiter comme n'importe quelle gamine pourrie gâtée de bonne famille. « Parce que tu t'inquiètes, tu crois pouv- » Mais à l'étage, le bruit d'un miroir fracassé fauche sa phrase au milieu, l'explose d'un soupir exaspéré. Elle va le tuer s'il a explosé son Miroir à Double Sens. Elle va vraiment le tuer, c'est un des objets les plus précieux qu'elle possède. « Je m'occupe de lui. » Elle a déjà tiré sa baguette de sa poche mais l'acacia joue contre sa paume cloquée, danse déséquilibrée et fragile. Mais Nyssandra ignore la brûlure, s'inquiète plutôt pour ses affaires en haut, ... et de ce qui pourrait se passer si Aramis et Jeremiah se croisent. Bordel. Le pied est déjà sur la première marche quand elle pense à se retourner vers Aramis. « Tu restes ici. Et quand je reviens, je t'apprends comment on entre chez moi. Puis on mangera ce gâteau. »

Et quand elle reviendra, elle lui donnera le double des clés puisque c'est le seul moyen qu'elle a pour le rassurer.
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