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MessageSujet: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyJeu 30 Juil 2015 - 1:39

PRISONERS • bloodstains on the carpet
Draco Malfoy
‹ inscription : 13/09/2013
‹ messages : 8775
‹ crédits : faust.
‹ dialogues : seagreen.
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‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 12403
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
DRASSANDRA + ephemerian 489546spea
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
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No one ever said,

it would be this hard... please take me back to the start
20 JUILLET 2002 & DRASSANDRA


C’était subtile, discret, mais lourd comme une enclume. Un déséquilibre récent, carence tantôt imperceptible tantôt proprement intolérable. Il tentait constamment d’oublier, de prétendre, de faire comme si rien n’avait changé – à vrai dire, il avait oublié lui-même d’où ça venait. Il ne savait même pas ce que c’était.

Son majeur glissa en travers de son poignet tout juste réparé au même titre que sa cheville, préoccupation muette masquée derrière un mouvement pensif. Visage résolument fermé et dénué d’expressions. « Comment dites-vous que c’est arrivé, déjà ? » « Rien d’extraordinaire. Un faux mouvement. » Sa réponse hachée, gorgée de non-dits, fut lâchée sur un ton laconique et trainant, doublé d’un air si morne que l’infirmière n’insista pas. Elle fronça simplement les sourcils en s’attelant à sa tâche, réparant à coup de sorts et de potions ce qu’une seconde d’inattention avait suffit à amocher. Lorsqu’elle se redressa, apparemment travaillée par une quelconque inquiétude, il sut qu’elle s’apprêtait à formuler ce qu’il s’appliquait avec le plus grand soin à enterrer depuis des semaines. « Si je peux me permettre monsieur Malfoy, je pense – » Il l’interrompit en lui assenant un rictus méprisant, déroulant la manche de sa chemise pour la remettre en place. « Vous n’êtes pas là pour ça. Tout juste pour placer quelques bandages et prescrire des potions en vous basant sur les inscriptions des étiquettes, alors arrêtons-nous au strict nécessaire, right ? » Elle pinça les lèvres jusqu’à ce qu’on n’en distingue plus qu’une fine ligne de peau pâle, se retenant clairement d’exprimer sa désapprobation à travers une réplique, et le dévisagea sans autre atteinte perceptible à son stoïcisme. « Vous vous braquez, c’est la preuve que vous êtes conscient que quelque chose ne va pas. Sept fractures d’importance variable en une semaine, ceci sans relever les autres accidents de travail de ce dernier mois – » « Même les meilleurs d’entre nous ne sont pas épargnés par la fatigue. » Il avait veillé à minimiser l’impact de ses mots, levant les yeux au ciel pour lui faire comprendre qu’elle attigeait des faits minimes. « Contrairement à ce que vous pensez mon travail implique justement un suivi des employés du Ministère – » « On parle de fracture accidentelle, pas de mort imminente. Remballez vos conseils, je n’en ai pas besoin. » Elle émit un son frustré qui avait tout du vous êtes insupportable mais entama de ranger son matériel pour retourner à Sainte-Mangouste tandis que Draco se relevait en prêtant attention aux signaux que lui renvoyait son corps. Rien d’alarmant pour l’heure – la sensation de déséquilibre qui le prenait subitement, de temps à autres, s’était résorbée. Fin de la crise. Il soupira de soulagement et prit sans plus d’égard la direction de la porte, déterminé à quitter la salle réservée aux soins d’urgence. « Il est tout naturel que vous soyez inquiet à l’idée d’être confronté à un diagnostic déplaisant, mais je vous recommande fortement de prendre votre courage à deux mains et de consulter un médicomage pour effectuer quelques examens. Ça pourrait ne rien être de grave, mais on n’est jamais trop prudent. Vous êtes trop jeune et avez jusque-là été en trop bonne santé pour que les rapports récemment ajoutés à votre dossier de soins ne semble pas inquiétants. » Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer cette fois et se contenta de franchir la porte avec un simple « hmpf » mécontent en guise de salutations.

Il se serait clairement passé de l’intervention d’une employée de Sainte-Mangouste si on lui avait laissé le choix. Mais travailler dans des départements comme celui des Mystères impliquait des précautions particulières – qui disait « manipulation d’artefacts de magie noire » disait « risques potentiels », en dépit de la batterie de sortilèges lancés avant que le moindre contact soit instauré.

« Alors, cette consultation ? » La voix de Susanna lui imposa une halte alors qu’il retournait à son poste, et elle lui présenta un registre qu’il signa pour pointer son retour au travail. Elle demandait sur ordre de Rookwood sans aucun doute, pour s'assurer qu'il ne se traîne pas un quelconque maléfice.  « Je suis clean. » Il hésita un instant à lui proposer un rendez-vous, à la fin de la journée, pour enfin mettre leur situation au clair, mais changea d’avis au dernier moment et tourna simplement le dos. Il ne se sentait pas le courage d’aborder des sujets délicats ce soir, moins encore de prétendre aller bien. Il lui semblait tellement plus simple désormais de s’enfoncer, de repousser la réalité à coup d’Orviétan et d’étouffer les inquiétudes et la colère latente en blessant les lèvres de la cadette Carrow.

_________________________________________________________

Il y avait une faille dans l’émail qu’il n’avait encore jamais remarquée avant ce soir. Fêlure discrète mais longue de plusieurs centimètres, qui gagnerait en ampleur au fil du temps il le savait. Un peu comme lui. Un peu comme ce qui le rongeait depuis près d’un mois et qu’il tenait autant que possible éloigné de ses pensées. Difficile de l’ignorer, toutefois, quand ça survenait encore et encore, une puis deux fois par jour sans crier gare, sans lui accorder le luxe de pouvoir s’y préparer. Quelques instants plus tôt, il avait dévoré le corps de Beatrix de toute la haine passionnelle qu'elle éveillait en lui, les phalanges enfoncées dans sa chair jusqu’à y laisser des marques ; et d’un coup, elle s’était agrippée d’une main à ses côtes et il avait eu le souffle coupé en les sentant céder sous la pression pourtant relativement minime. Nouvelle crise. Il se brisait comme une foutue figurine en porcelaine et elle n’avait pas tout à fait compris la force avec laquelle ses nerfs avaient cédé : Draco s’était juste brusquement détaché d'elle en lui hurlant de disparaître, avant de s’enfermer dans la salle de bains attenante en manquant de fracasser la porte qu’il avait claquée derrière lui (de sa baguette, craignant de se briser les doigts ou de nouveau le poignet s’il effectuait un mouvement brusque de trop). Une seconde plus tard, il s’effondrait sur la cuvette des toilettes – avec laquelle il devenait de plus en plus familier depuis quelques mois – et ployait, régurgitait un dîner fringal sous l’effet de la douleur, de l’alcool, de l’Excess, de la douleur, des potions, de la douleur – mauvaise mixtion.

Il lui fallut un long moment avant de retrouver son calme, de longues minutes pour parvenir à apaiser son souffle. Sa baguette avait roulé au sol et la récupérer requit de lui un effort surhumain. Respiration sifflante, pénible ; il craignit sur le coup que Beatrix ne lui ait malencontreusement crevé un poumon mais s’obligea à faire taire l’anxiété. L’Erable fut dressé afin d’attirer hors de son placard à potions quelques fioles, qu’il ingurgita dans la foulée. Certaines reconnues, d’autres expérimentales – il se les était procurées pour leur dosage douteux, spécialement prévu pour les sorciers désireux d’amplifier certains effets au-delà des recommandations officielles des médicomages.

S’en suivit de longues minutes d’agonie qui le laissèrent en sueur, alors que les dégâts se réparaient lentement et que les analgésiques engloutissaient enfin les vestiges de sa peine. Ou peut-être fût-ce des heures ? Le front coincé entre les genoux en attendant désespérément que ça passe, il avait perdu la notion du temps.

Ce ne fut qu’un bon moment après s’être finalement senti apaisé qu’il s’aida du mur pour se relever et vacilla jusqu’au lavabo où il se lava le visage. « Tu as une tête à faire peur. » Ses yeux remontèrent le long du miroir ensorcelé d’où son reflet le dévisageait avec indignation. « Tu finiras vraiment par ruiner tous nos atouts. » « Sod off », répliqua Draco impatiemment en lui projetant une gerbe d’eau. Le charme s’évapora et laissa place à un double basique – non doté de la capacité de lui imposer le moindre commentaire. De ses joues creusées à ses cernes aussi profonds que marqués en passant par ses pupilles dilatées, il ne se reconnaissait pas.

Qu’est-ce qui n’allait pas chez lui ? Encore cette question sans réponse.

Psychologiquement. Physiquement. Tout tombait en lambeaux – toute la splendeur d’antan. L’idée de mettre un pied devant l’autre pour changer de pièce devenait de plus en plus pesante. A quoi bon, si c’était pour s’écrouler en une seconde, dépendre encore de soins patauds, s’entendre dire que « quelque chose clochait » ? He knew damn well that something was amiss, something he couldn't quite pinpoint yet. « Tempus. » Sa propre voix éraillée le fit grimacer d’agacement et l’heure qui s’afficha dans l’espace le poussa à s’interroger. Il lui semblait oublier quelque chose. Quoi ? Le bain dans lequel il se délassa longuement ne l’aida pas à s’en souvenir, et ce ne fut qu’après qu’il se soit effondré dans son lit que l’idée jusqu'alors vague lui revint de plein fouet.

Il était au Manoir plutôt qu’à l’appartement.

Pour s’occuper de Scorpius.

Gamin terrifié par l’abandon qu’il avait oublié de récupérer chez sa marraine rien de moins qu’une dizaine d’heures plus tôt.

Draco jura au creux de l’oreiller avant de rassembler le courage de se relever, d’enfiler une robe de sorcier par-dessus son bas de pyjama pour se donner une apparence, et de multiplier les sorts dans le même but. Il puait littéralement les Glamours tant il avait dû en abuser, et si ce serait suffisant pour tromper Scorpius, il ne tiendrait pas une seconde sans que Nyssandra ne remarque qu’il était trichait. L’apparente autodestruction serait du plus mauvais effet sur la liste des reproches qu'il méritait. « Au précieux Caprice », articula-t-il en jetant une poignée de poudre de Cheminette qui fit s’élever autour de lui les habituelles flammes vertes. Le jeune homme épousseta sa robe sorcier d’un mouvement faussement négligeant en arrivant à destination (faussement, car les crises le rendaient méfiant et prudent) et se figea lorsque son attention tomba sur Nyssandra. Calmement assise, une tasse encore à moitié pleine de thé fumant en main, le regard annonçant une tempête.

• • •

I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.


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MessageSujet: Re: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyMar 18 Aoû 2015 - 19:55

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Le silence n'est pas d'or, il est mortel.
C'est une fosse qui se remplit de fantômes.
20 JUILLET 2002 ; #Drassandra 1


On prétend qu'on s'habitue à tout.
Mais les nausées vont et viennent comme le reflux de la mer, lentes et paresseuses mais inévitables. Bones peut bien promettre, faussement rassurante et définitivement hypocrite, que les dosages finiront par être les bons, que les effets des potions deviendront plus confortables. Pour ces belles couleuvres, Bones n'a récolté qu'un regard chargé de mépris et des mots enduits à l'acide directement au visage. Tch. Nyssandra n'est pas totalement stupide. Elle sait. Elle sait que ce ne sont pas les dosages le vrai problème. Le problème, ce sont ces foutues potions. Ce poison qui lui tue l'empathie. L'antidote qui lui crève la cervelle et la personnalité. Le problème, c'est qu'on l'a arrachée au monde pour la jeter dans une solitude noire, qu'elle ne peut plus frôler le coeur de ses proches.

Elle n'est pas certaine de pouvoir s'habituer à ça un jour.
Elle n'est pas vraiment certaine de pouvoir vivre comme ça.

Aujourd'hui encore, Scorpius lui a demandé si son coeur était cassé et Nyssandra n'a pas su quoi répondre. Pour la première fois depuis la naissance du garçon, elle n'a su trouver les meilleurs mots pour le consoler, le rassurer. Lui embrassant les joues et les mains, elle lui a pourtant promis des dizaines de fois que « tout allait bien », que « tout ira bientôt mieux pour tout le monde ». Elle a espéré, un peu bêtement, vraiment naïvement que la répétition allait additionner les convictions. Mais elle a bien vu qu'il ne la croyait pas, pas une seule fois. Le manque de crédulité était écrit sur tout son visage, des épis blonds jusqu'à la bouche rose, et elle a eu l'impression de l'abandonner à ses peurs solitaires, aux monstres qui se terrent sous le lit.

De rompre une promesse.
Une de plus.

(ça fait deux, déjà, en un mois, tu n'en as pas assez ?)
(comment ça "deux" ? c'était quoi cette première promesse exactement ?)
(...)

Mais son incapacité à se souvenir la perturbe à peine maintenant : ce n'est pas plus qu'un ricochet froissant la surface d'un lac, l'espace de quelques secondes, avant de disparaître. Nyssandra se doute que des choses se perdent, se dissolvent dans les tempêtes d'émotions. Il y a parfois des morceaux qui ne collent pas ... qui ne collent plus. Comme cette fois où elle a dit à Eris qu'elle devait voir un ami et qu'elle est directement rentrée à Lake District. Comme la fois où elle est allée demander des comptes à Aramis sur un baiser dont elle ne se rappelle même plus. Ou les affaires de Ian - quand s'en est-elle débarrassées exactement ? Il manque des choses, elle en est vaguement consciente, vaguement effrayée. Et si elle finissait par oublier les choses ? Et si, trop souvent plongée dans des émotions étrangères, elle finissait par se perdre ? La pensée tourne parfois, fait quelques ronds entre les circonvolutions de sa cervelle migraineuse avant qu'elle ne la chasse d'un geste agacé, comme à l'instant. Elle est fatiguée de rassembler les morceaux disloqués qui la constituent, fatiguée de se trancher les doigts sur des choses inutiles.

Il y a d'autres soucis, d'autres problèmes dans sa vie.
De vrais soucis, de vrais problèmes. Ceux avec des solutions et des possibles réconciliations.

Comme celui qui vient de sortir de sa cheminée, recraché par une gerbe de flammes émeraude. Lui, elle peut encore le sauver.

« Bonsoir, Draco. Tu prendras bien quelque chose ? Tu as une mine affreuse. » La voix d'ordinaire amicale emprunte les accents sophistiqués de Nyssandra, la mondaine qui marque son nom d'un point bien rond, bien final pour s'attribuer le dernier mot. C'est suave et sucré, trop sucré de cette politesse typiquement anglaise. Et les yeux fauves le détaillent. De haut en bas, de bas en haut ; ils cherchent la faille sur la robe de sorcier, dans les mèches blondes et les yeux clairs. Ils ne le lâchent pas même quand elle se relève, se redresse pour contourner le canapé, l'abandonner dans le salon. Sans un mot, ses pas la mènent jusqu'à la cuisine et quand la sorcière revient, ce n'est pas avec le thé d'usage, mais une assiette où trône un dessert sophistiqué. Au chocolat parce que c'est ce que Scorpius aime. La douceur est intacte, pourtant. « C'est sa part, il voulait absolument la manger avec toi. » La porcelaine blanche claque sèchement contre le bois de la table basse. « Tu me pardonneras de l'avoir couché sans dessert quand il est devenu évident que tu ne viendrais pas. Mh ? » Un regard se perd vers l'étage où le garçon dort, persuadé que sa marraine est celle qui a oublié, celle qui ne s'est pas rappelée que son père allait finir tard du bureau. Quitte à se rendre coupable de duplicité une fois de plus, plutôt ça que de laisser les insécurités de Scorpius le bouffer. « J'espère vraiment qu'une partie de ton retard est dû au temps passé à répéter tes excuses pour ton fils. Parce qu'à moi, tu vas raconter la vérité, Draco. C'est le prix que j'exige pour avoir assuré à Scorpius que son père ne l'a pas oublié. » Pour avoir menti à Scorpius. Le mensonge est un art que l'ancienne Poufsouffle pratique sans restriction, selon des règles qui lui sont propres. Ce qui ne signifie pas qu'elle aime jouer cette carte avec son filleul. « Maintenant que je suis ta complice, est-ce que tu peux m'expliquer dans quoi j'ai mis les pieds ? » Pas qu'elle n'ait pas une petite idée, ou même une idée très précise des gouffres qui se faisaient un festin de Draco.

« Dis-moi ce qui te tracasse, Draco. »

Le regard s'adoucit sous l'inquiétude qui transparaît enfin au coin de la bouche. Mais le ton ne laisse pas de doute : ce n'est pas une question. Ni une demande. Ca ne fonctionne pas ainsi entre eux. Ils ne demandent pas, ils n'appellent pas les confidences. Pas consciemment, pas volontairement. Ils laissent les certitudes se creuser, les conclusions se bâtir avant de les présenter, de les imposer.

C'est le seul moyen d'exploser les murailles de silence où ils se terrent.

« Ca dure depuis Mai, Draco. J'ai laissé faire trop longtemps. »

Elle ne peut plus le sentir, la fiole fournie par Bones traîne encore, vide, sur le meuble à alcool. Mais Nyssandra a senti, et elle le connait. C'est bien suffisant pour maintenir l'illusion de l'empathie, pense-t-elle.


Dernière édition par Nyssandra Lestrange le Ven 27 Mai 2016 - 1:40, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyMer 2 Sep 2015 - 13:09

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20 JUILLET 2002 & DRASSANDRA


Il lui semblait que les erreurs s’accumulaient inexorablement. Il avait beau se débattre, tout se compliquait sans cesse, s’avérait toujours plus ingérable – situation exaspérante s’il en était. Sa soif maladive de contrôle, héritage si typique de son paternel, était en total désaccord avec la façon dont les obligations et nécessités se multipliaient au point qu’il faillisse à gérer des priorités. Son propre fils, par exemple.

Il savait pertinemment que cet oubli ne passerait pas sous silence. Déjà trop torturé par son propre sentiment de culpabilité pour en plus accueillir de bon gré une source extérieure de reproches, le blond serra la mâchoire dans l’attente de l’échange. Au jeu des jugements, Nyssandra n’avait pas le statut de la moralisatrice infernale ; mais que le problème touche Scorpius, de près ou de loin, et sa facette protectrice se hérissait à coup sûr. Fait rassurant… mais forcément moins pratique lorsque des torts lui incombaient à lui. « Bonsoir, Draco. Tu prendras bien quelque chose ? Tu as une mine affreuse », proposa-t-elle alors qu’il s’extirpait à mouvements prudents de la cheminée et époussetait les cendres qui s’étaient accrochées au bas de sa robe.

Il se figea, perturbé jusqu’aux tréfonds de son être, et lui lança un regard indéchiffrable.

Elle était si… Il cligna des yeux, travaillé par une impression frappante, une illusion fugace. « Une… tasse de thé ne serait pas de refus », articula-t-il finalement, bridant derrière une couche de laconisme les sentiments qui crépitaient en lui. La jeune femme quitta gracieusement le canapé puis la pièce et de nouveau, dans cette démarche, cette réaction mi-passive mi-agressive mais toujours digne et soucieuse à la fois, ce regard transperçant, ces constats arrondissant les angles cassants des reproches qu’elle formulerait tôt ou tard, l’hallucination le prit de nouveau de court. Narcissa. Elle lui ressemblait, à cet instant, à un tel point qu’il en eut le souffle coupé et fut submergé par le manque. Violent. Il s’était reprit, pourtant, le temps qu’elle revienne armée non des douceurs habituelles – thé et scones – mais d’un dessert élaboré. De ceux que Scorpius vantait sans cesse depuis des semaines, et qui valaient à Draco des propositions ahurissantes à la – Tu viens faire un gâteau avec moi ? Il prit place, intrigué ; c’était trop… facile ? Ou peut-être pas tant que ça, tout compte fait : « C'est sa part, il voulait absolument la manger avec toi. » Le claquement de l’assiette contre la table fit écho en lui alors que la flèche touchait sa cible, et il arqua un sourcil, ses traits se figeant en une mimique dure pour encaisser l’impact. Comment avait-il pu ne pas voir le coup venir ? « Tu me pardonneras de l'avoir couché sans dessert quand il est devenu évident que tu ne viendrais pas. Mh ? » « Il survivra. » La véhémence et la tonalité catégorique de sa propre réponse le surprirent presque, mais il resta stoïque. Son regard demeurait résolument fixé sur son interlocutrice plutôt que sur la part qui le narguait, mais il pouvait imaginer sans peine le tourment auquel avait été confronté son fils – l’attrait irrésistible, la hâte éclosant au creux du ventre à l’idée de partager ce qui devait être un chef d’œuvre à ses yeux, la déception et ses teintes grisâtres ternissant finalement l’instant au fur et à mesure que s’égrenaient les minutes. Les heures. L’attente vaine soldée par un coucher amer.

Il était en colère. Contre lui-même, contre le monde entier. Contre son travail, son Maître, ce corps qui lui faisait faux bond lorsqu’il en avait le plus besoin. Contre les Greengrass et les traumatismes qu’ils avaient provoqués. Contre Scorpius et sa sensiblerie. Contre Nyssandra, qui le confrontait à ses échecs. « J'espère vraiment qu'une partie de ton retard est dû au temps passé à répéter tes excuses pour ton fils. Parce qu'à moi, tu vas raconter la vérité, Draco. C'est le prix que j'exige pour avoir assuré à Scorpius que son père ne l'a pas oublié. » Toujours muet, il se faisait l’effet d’un témoin passif, observant sa propre dégringolade sans ciller. Contemplant l’amalgame de détresse et de colère qui enflait en lui et menaçait de rompre les barrières de son self control, auquel il se raccrochait désespérément à défaut d’avoir meilleur point d’ancrage. « Maintenant que je suis ta complice, est-ce que tu peux m'expliquer dans quoi j'ai mis les pieds ? Dis-moi ce qui te tracasse, Draco. » Ils s’affrontèrent du regard un instant avant qu’il ne bouge enfin un muscle. Non pour répondre, mais pour tendre une main vers le plat, saisir le manche d’argent travaillé et s’accorder une cuillérée de l’accusation chocolatée qui se pâmait sous son regard agacé. « Un délice », complimenta-t-il en reposant le couvert pour s’asseoir de nouveau droit, mimant un calme qu’il était loin d’éprouver. « La privation aidera peut-être Scorpius à comprendre que les autres ne peuvent pas toujours se rendre disponibles dès l’instant où il l’exige. »

Ou comment tourner en caprice une preuve d’affection. Il avait l’impression d’entendre son père. L’une des contradictions de sa propre éducation avait été d’être poussé à croire que le monde lui appartenait, tout en apprenant très tôt que les marques d’affection de son père n’avaient rien d’un dû. Qu’il pouvait tout avoir, tout négocier, tant qu’il ne remettait pas en question les règles instaurées par Lucius. Et à présent, c’était à son tour de se décharger de ses torts en blâmant son fils d’être trop gâté. « Les pics d’abord, puis l’ingérence… On croirait entendre ma mère », cracha-t-il amèrement en détournant, ses iris anthracite se concentrant sur le manteau de la cheminée. « Aux dernières nouvelles tu n’es la marraine que de Scorpius, à moins qu’on ait omis de m’informer d’un aspect du rituel ? » En d’autres termes – je n’ai aucun compte à te rendre. Sans surprise, son réflexe était de se braquer. « Mais puisque tu insistes », ironisa-t-il, « Alors soit. Tu as mis les pieds dans le quotidien d’un père célibataire impliqué dans une guerre, ni plus ni moins. Mais bien sûr tu peux te permettre d’oublier la situation politique, après tout ce n’est pas le sujet qu’aborde ta rubrique. » Il mimait avec elle l’attitude qu’il avait persisté à imposer à sa mère tant qu’elle avait été à ses côtés, à croire qu’il n’apprenait jamais de ses erreurs.

Le constat brisa quelque chose. Dans un élan incontrôlé il se pencha en avant, son rictus se faisant soudain furieux. « Merde Nyssandra, tu crois que j’ai choisi de ne pas être à la hauteur ? De l’oublier ? » Le mot était lâché. « Parce que non, je n’ai pas de meilleure excuse à t’offrir. Rien de plus sophistiqué que ‘j’ai oublié mon fils’. » Ses mots étaient aussi injustes que gravés de frustration. « Tu veux savoir ce qui me tracasse ? » Il écarta les bras, comme pour se livrer à elle, entièrement. « Alors lis-le. Décrypte-moi. » Inconscient de la dure réalité dans laquelle elle se noyait actuellement, de son sixième sens étouffé, bridé, enchaîné.

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MessageSujet: Re: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyJeu 10 Sep 2015 - 2:37

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C'est une fosse qui se remplit de fantômes.
20 JUILLET 2002 ; #Drassandra 1


« Il survivra. » Un reniflement sarcastique lui racle la gorge, s'alanguit sur sa langue. Bien sûr qu'il va survivre. Ils y ont bien survécu, eux. Des enfants en quête d'attention aux adultes en manque d'affection, ce sont toujours les mêmes schémas qui se retracent, les mêmes rengaines qui se répètent. Les mêmes erreurs qui se refont et qui ne se défont jamais. Et ils ont tous survécu. De Draco à Aramis en passant par Pansy et tous les autres. Mais dans quel état ? Le regard coule avec une pesante lenteur vers le bras, caresse le tissu qui dissimule la Marque. Est-ce que c'est ça, le prix ? Sacrifiés pour satisfaire leurs pères, retaillées pour plaire à leurs mères, ils sont tous les mêmes. Ils deviennent les pantins de la tradition, les esclaves d'un nom. Et Nyssandra, de son statut d'enfant reniée, déniée, les voit s'exploser, se démolir pour un putain d'héritage, pour des fiertés de pacotille, des honneurs froids et cruels. « C'est vraiment ce que tu veux ? » Souffle-t-elle, désolée autant qu'agacée. Est-ce que ça en vaut la peine ? L'aînée des Ollivander ne voit plus de la gloire dans le devoir familial. Qu'y voient-ils tous de si beau, de si grand que ça vaille tous les malheurs, tous les mal-êtres du monde ? Qu'est-ce qu'elle n'a pas su voir à l'époque ?

(Et qu'est-ce qu'elle n'arrive pas, ne peut pas voir chez Draco ?)

Par-dessus la porcelaine blanche de la tasse, l'iris fauve a beau chercher, il glisse sur l'armure, incapable de trouver une accroche, une entaille, quand Draco goûte la pâtisserie, l'argent claquant à peine contre la porcelaine. Il est l'image même du fils de bonne famille, le parfait petit héritier de Sang Pur. Impeccable. « Un délice. » C'est beaucoup trop parfait. Et elle enrage d'être aussi insensible, de ne rien sentir. De jouer à l'aveugle cette partie de poker. (Tricheuse ? Elle l'a toujours un peu été. Elle n'en a jamais ressenti beaucoup de honte : chacun ses atouts après tout.) « La privation aidera peut-être Scorpius à comprendre que les autres ne peuvent pas toujours se rendre disponibles dès l’instant où il l’exige. » Le début d'un rire lui échappe dans un grincement avant d'échouer contre le plancher, d'y éclater en brisures tranchantes. C'est ça, Draco, accuse-le maintenant. Les dents crissent un peu, et les traits se froissent entre l'inquiétude et l'agacement. Ne peut-il pas simplement avouer et qu'ils en finissent ? Et qu'ils trouvent une solution ensemble ? Draco a-t-il toujours été si difficile à pousser aux confidences ?

(Peut-être que tu es plus inutile qu'à l'ordinaire, tout simplement)

« Les pics d’abord, puis l’ingérence… On croirait entendre ma mère. » Un haussement d'épaules marque l'indifférence et Nyssandra prend même le temps de savourer son thé avant d'ajouter, du ton de ces conversations banales qui n'effleurent que la pluie et le beau temps : « Et puisque tu agis comme ton père, je suppose que les rôles sont désormais tous remplis. » L'avertissement glisse, épouse les lèvres et teinte les mots de sarcasmes. Lucius n'est pas plus terrible qu'un autre (et au fond, ils le sont tous, terribles à leur façon, dans les cercles tordus de l'Elite) mais il a ses failles et ses défauts. Elle sait comme il en a souffert, le garçon en éternelle quête d'approbation paternelle. Elle sait à quel point Draco prend soin de faire sentir à Scorpius qu'il l'aime, même avec ces attentions maladroits d'adulte qui apprend encore les gestes de l'affection. « Aux dernières nouvelles tu n’es la marraine que de Scorpius, à moins qu’on ait omis de m’informer d’un aspect du rituel ? Mais puisque tu insistes alors soit. Tu as mis les pieds dans le quotidien d’un père célibataire impliqué dans une guerre, ni plus ni moins. Mais bien sûr tu peux te permettre d’oublier la situation politique, après tout ce n’est pas le sujet qu’aborde ta rubrique. » Le sous-entendu la redresse, la dresse sur le canapé où elle prenait ses aises ; et sans même songer à se contrôler, sa langue claque son irritation et crache la critique acide : « Nous n'avons pas tous un amour démesuré pour les Détraqueurs. » Le ton grince et la bouche grimace au souvenir des émeutes. Draco sait ce que la guerre lui a déjà coûté, ce que les Insurgés et les Mangemorts lui ont déjà pris. Et si elle n'a jamais choisi aucun camp, c'est simplement parce qu'il n'y a pas de vrai choix. La folie vengeresse des insurgés ou la folie destructrice du Magister ? Ce n'est pas un choix, ce n'est que le chaos sous des noms différents. Les humains sont tous les mêmes au fond. Ils seront toujours les mêmes, rien ne change jamais au final.

« Merde Nyssandra, et la grossièreté, inhabituelle dans la bouche de Draco, la surprend si bien qu'elle le fixe, choquée : tu crois que j’ai choisi de ne pas être à la hauteur ? De l’oublier ? » C'est justement parce qu'elle ne l'en croit pas capable qu'elle s'inquiète et s'agace de ses airs de rien. Draco Malfoy n'oublie pas son fils. Pas celui qu'elle connait du fond du coeur. « Parce que non, je n’ai pas de meilleure excuse à t’offrir. Rien de plus sophistiqué que ‘j’ai oublié mon fils’. » « C'est une explication que je veux Draco. C'est ça la meilleure excuse que tu cherches. » La suggestion n'est qu'un souffle, mais le ton est ferme, clôt toute possibilité de débat. Cette satanée menteuse, cette éternelle taiseuse n'acceptera rien d'autre que la vérité. « Tu veux savoir ce qui me tracasse ? » Oui, elle veut savoir. Nyssandra pousse même l'audace, l'égoïsme jusqu'à ne pas éprouver la moindre honte à réclamer aux autres ce qu'elle ne donne pas. Jusqu'à exiger plus que ce qu'elle rend. Alors, sans une hésitation, la tête acquiesce d'un mouvement décidé, la main l'invite d'un geste assuré. A cet instant, elle est même inconsciente des mots que le blond a déjà sur le bout de sa langue trop maligne. Et, sans le savoir, ce sont dans des propres failles qu'elle se jette. « Alors lis-le. » Et les bras qu'il ouvre en grand annoncent le pire, la prennent à son propre piège. « Décrypte-moi. » Il lui faut toute sa volonté pour ne pas croiser les bras comme elle le fait toujours quand elle se sent agressée, poussée dans ses retranchements. Une main, pourtant, se crispe et les doigts appuyent plus fort contre la tasse, se pressent plus franchement l'espace d'un instant. Moment durant lequel elle ne sait ni quoi dire, ni comment mentir. Comme Aramis, Draco sait lire entre ses lignes, entendre au-delà de ses mots. Contre sa langue, les explications et les mensonges roulent alors qu'elle en teste le goût, cherche lequel faire avaler à son ami d'enfance. « Cette fois, je veux que tu le dises. » Elle ment trop, elle en a bien conscience. Elle ne se serait jamais gênée en temps normal, toujours trop prompte à saisir toutes les cartes à portée de main, toujours trop prompte à prendre toutes les opportunités, à choisir la facilité. Alors elle ajoute, pour faire bonne mesure, un peu de vérité, un soupçon d'honnêteté : « Je veux t'aider, Draco. J'en ai assez de vous voir tous vous déglinguer les uns après les autres. » Par-dessus la table basse, un vieux réflexe d'empathe lui fait tendre la main vers lui, chercher le contact pour mieux le ressentir avant que le frôlement de ses doigts trop froids contre la main de Draco ne lui renvoie sa nouvelle réalité à la figure. Encore. Toujours. (Merlin, elle ne s'habituera jamais à ces contacts impersonnels. Comment font les autres ?) Pourtant, malgré toute l'horreur qui la glace brusquement, cette nausée qui la prend de nouveau à la gorge, l'Ollivander se force à rester, à ne pas trembler. « Laisse-moi t'aider, s'il te plaît. Qu'est-ce qui te mine, Draco ? »


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MessageSujet: Re: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyJeu 10 Sep 2015 - 18:25

PRISONERS • bloodstains on the carpet
Draco Malfoy
‹ inscription : 13/09/2013
‹ messages : 8775
‹ crédits : faust.
‹ dialogues : seagreen.
DRASSANDRA + ephemerian Tumblr_ob1ibueZ761rmsoypo3_250

‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 12403
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
DRASSANDRA + ephemerian 489546spea
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
Voir le profil de l'utilisateur http://www.smoking-ruins.com/t4710-draco-there-s-a-hole-in-my-so
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No one ever said,

it would be this hard...
please take me back to the start
20 JUILLET 2002 & DRASSANDRA


« Et puisque tu agis comme ton père, je suppose que les rôles sont désormais tous remplis. » Il se raidit, heurté, perdu dans ce monde d’émotions contradictoires au sein duquel Lucius avait toujours tenu tous les rôles. Adulé et haï, idéal autant que référence négative, incarnation du succès et de l’échec tout à la fois. Draco avait tout fait pour lui ressembler dans les sphères sociales, tout en craignant de devenir comme lui dans l’intimité. Il en avait rêvé et cauchemardé, de cette froide carrure, de ce charisme implacable, de cet entêtement impitoyable et trop souvent cruel. Intéressé, toujours, et souvent pour les mauvaises raisons. La comparaison, vis-à-vis de son fils, n’était guère élogieux ; Lucius aimait tant, Lucius aimait si mal. Lucius le poussait constamment dans ses retranchements, exigeant de lui-même les pires sacrifices tout en affirmant les réclamer pour son bien, ne distillant quelques gouttes d’affection que lorsqu’il se sentait acculé. Et il avait conscience de ce que cette relation avait de malsain, de destructeur ; conscience de ne pas vouloir faire ressentir à Scorpius la même dépendance affective quasi masochiste. L’ébauche de sourire dont il se fendit fut amer.

Etait-ce vraiment ce qu’il voulait ? Tout sacrifier pour son Maître, à son tour ? Blâmer son géniteur tout en faisant de son fils la principale victime de ses erreurs ? Clamer à tort, à travers, agir pour son bien tout en le faisant souffrir ? Emprunter le même chemin que ses prédécesseurs alors que son nom même, dès la naissance, l’avait prédestiné à une autre voie ? Insulter ses proches pour se défendre même lorsqu’il avait tort – blâmer Nyssandra de n’être pas suffisamment victime de la guère lorsqu’elle avait déjà tant perdu, particulièrement entre l’agression d’Halloween et les émeutes éprouvantes ? Etait-ce vraiment ce qu’il voulait ?

Décrypte-moi, avait-il offert, épuisé, drainé, fébrile. Plus d’une fois, il avait maugréé à l’encontre de ce don qui rendait Nyssandra trop perspicace, sans s’inquiéter de la repousser par ces pseudo invectives à l’encontre de ses incursions. Elle n’avait pas assez de scrupules pour reculer pour si peu et par ailleurs, il savait pertinemment qu’elle pouvait lire la vérité : son soulagement de pouvoir être entendu sans prononcer un mot, compris sans rien expliquer. Il aimait qu’elle perçoive sans qu’il n’ait à offrir de piste, qu’elle franchisse les barrières sans avoir à les abattre. Le sentiment de vulnérabilité était terrible, inhérent à la confiance totale qu’il avait placée en elle des années auparavant. Oui, elle était apte à garder ses mystères et contradictions à l’abri des regards scrutateurs extérieurs. Oui, elle savait quand les lui cacher à lui-même, décelait le gouffre qui menaçait parfois de l’engloutir et parvenait à l’apaiser en prétendant, comme il se plaisait à le faire, qu’il n’y avait rien d’alarmant. Tant qu’il n’était pas prêt.

Mais ce soir, elle le poussait dans ses retranchements. Il avait été si certain de ne rien pouvoir lui cacher que la discussion tout entière le déboussolait, l’arrachait aux sentiers familiers de leur relation. « Cette fois, je veux que tu le dises. » Ses traits laissèrent filtrer la blessure causée par ses mots – « Pourquoi ? » Des accents de trahison s’entremêlaient à ces quelques lettres. Elle les confrontait à une impasse. « Je veux t'aider, Draco. J'en ai assez de vous voir tous vous déglinguer les uns après les autres. » « M’aider ? En optant pour les bonnes vieilles méthodes : cécité et discussions à cœur ouvert ? A quoi bon ? Laisse ça aux autres », s’entêta-t-il. « Pourquoi vouloir changer nos règles ? » « Laisse-moi t'aider, s'il te plaît. Qu'est-ce qui te mine, Draco ? » « Pas comme ça ! » Son calme maintenu le poussait à bout. Ses inquisitions le poussaient à bout. Son insistance le poussait à bout. Il voulait sans vouloir et elle quémandait sans rien voir et quelque chose clochait dans cette foutue comédie qu’ils interprétaient excessivement mal. Elle ne jouait pas son rôle et il haïssait ce dépaysement, lui l’accro à son sacro-saint contrôle, lui le conservateur. Toute chose devait demeurer à sa place et –

Draco lui agrippa la main, celle qui s’était rétractée un instant plutôt. « C’est toi qui refuse de m’aider », accusa-t-il en l’empêchant de se retirer cette fois, la prise ferme comme une serre – agressive d’intensité mais non de force. « C’est toi qui refuse de comprendre. » Elle se repliait sur elle-même et il refusait de la laisser faire, déstabilisé mais furieux de ce qu’il percevait comme un rejet, une réaction en totale contradiction avec les demandes qu’elle venait de formuler. Il la suivit dans sa tentative de retranchement, de fuite ; jusqu’à se retrouver à genoux devant le fauteuil où elle se trouvait acculée, une main fermement agrippée à son poing clos et l’autre à son avant-bras. Les yeux grands ouverts, insistants, et tous ses efforts concentrés sur les émotions dont il la bombardait littéralement sous la surface de ses traits crispés.

Mais ce qu’il attendait (qu’elle décode d’elle-même le flux complexe qu’il refusait d’expliciter à l’aide de mots)… ne venait pas.

Et après un instant d'immobilisme, son regard changea. Le tumulte de ses propres tourments s’apaisa pour laisser place à une autre forme de colère – froide. Ses doigts bougèrent instinctivement sur le poignet fin de la jeune femme, une dernière fois ; cherchant entre ses veines et son poul affolé un lien qu’elle était seule à connaître réellement, une connexion qu’elle s’était toujours chargée d’établir jusque-là. Qu'elle était seule à pouvoir maîtriser avec délicatesse et pudeur, subtilité, là où lui empiétait seulement sur son espace vital. Tâtonnant en quête de quelque chose dont il ne connaissait pas les subtilités. Finalement, ses paumes se détachèrent de leur prise, elles refluèrent telles les vagues d’un océan après la tempête. Il recula à son tour, se releva sans la lâcher des yeux, ne sachant s’il regrettait ce débordement ou s’il avait mis le doigt sur quelque obscure secret dont elle ne voulait pas lui faire part. Il n’était pas encore bien certain de savoir à quoi il était confronté, à vrai dire. « Je ne sais pas à quoi tu joues », murmura le jeune homme, atone. « Que tu choisisses de te fermer à moi passe encore. » Non, ça ne passait pas du tout. « Mais que tu sortes la carte des bons sentiments, que tu prétendes » vouloir m’aider alors que non. Il s’interrompit, perplexe et humilié, craignant de sembler implorer la main secourable que Nyssandra paraissait déterminée à ne pas lui tendre cette fois. Englouti par la sensation de s’être heurté à un mur. Pas littéralement – il n’avait rien ressenti – mais symboliquement parlant, parce qu’elle avait été touchée par la situation, par la pression, mais imperméable ou insensible à ses émotions. « C’est pire que tout. »

Tentait-elle de le punir ? L’avait-elle, d’une manière ou d’une autre, banni des sphères de son don ? Etait-ce seulement possible ?

• • •

I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.
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MessageSujet: Re: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyDim 11 Oct 2015 - 2:42

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Le silence n'est pas d'or, il est mortel.
C'est une fosse qui se remplit de fantômes.
20 JUILLET 2002 ; #Drassandra 1


« Pourquoi ? » demande-t-il et elle a le goût de la trahison sur la langue. Dans la voix de Draco résonnent les espoirs déçus et les promesses brisées. Et c'est de sa faute. Parce qu'elle a trop de fierté pour simplement admettre qu'elle est cassée d'inutilité. Parce qu'elle a simplement trop peur qu'ils finissent tous par l'abandonner, poupée brisée sans valeur, jetée sur le bord de la route quand on réalise son absence d'utilité. « M’aider ? En optant pour les bonnes vieilles méthodes : cécité et discussions à cœur ouvert ? A quoi bon ? Laisse ça aux autres, pourquoi vouloir changer nos règles ? » Parce que c'est ce qu'elle est maintenant. Aveugle, et pourtant affreusement, douloureusement consciente du mal être de Draco. Inutile, et voulant pourtant désespérément l'aider. « Pas comme ça ! » La tête est secouée (si. uniquement comme ça), les méchés brunes s'affolent, se dérangent sous le mouvement. Entre les côtes, le cœur se serre avant de se figer, compressé d'horreur, quand les doigts de Draco s'enroulent autour de sa main. « C’est toi qui refuse de m’aider » Tu m'abandonnes, accuse-t-il, et Nyssandra n'a pas besoin du sous-titrage émotionnel pour comprendre. Pour savoir. Instinctivement, les muscles se tendent. Les mots du blond sont autant de coups qui pleuvent, des preuves de son inutilité qu'elle se prend en pleine gueule. « C’est toi qui refuse de comprendre. » C'est toi qui ne comprends rien, entend-elle et la tête rentrée dans les épaules, elle veut se fondre dans le fauteuil où il l'accule. Dans sa poitrine, la respiration s'emballe et trahit le début d'une crise de claustrophobie quand Nyssandra se sent piégée contre le dossier, Draco lui coupant, lui interdisant toute échappatoire. Plus que la poigne fermée sur sa main, le regard au gris tranchant des silex la cloue sur place, refuse la fuite. Et contre la peau fine de son avant-bras, les doigts de Draco tracent des chemins glacés à lui en cramer les nerfs. Pour la sorcière, les contacts, catalyseurs d'empathie débridée, ont toujours été difficiles, des faveurs accordées à une poignée soigneusement sélectionnés. Mais ne rien sentir ? Ne rien voir ? Elle pense qu'elle va en crever un jour. Dans ses entrailles, s'accumule la glace en blocs d'angoisse. Sur ses nerfs, une solitude aux crocs givrés se fait les dents. Merlin, parfois, elle se demande comment font les gens, comment ils vivent si seuls, si isolés. Sans empathie pour éclairer ses pas, Nyssandra n'est qu'une enfant perdue dans le noir.

Enfermée dans le noir.

Draco la relâche, se relève. Et le souffle se délie enfin quand l'espace est libéré (qu'elle est libérée). « Je ne sais pas à quoi tu joues. Que tu choisisses de te fermer à moi passe encore. Mais que tu sortes la carte des bons sentiments, que tu prétendes » Dans ses oreilles sifflent encore les reproches de sa grand-mère. (tu te donnes toujours le beau rôle, Eudoxie, pas vrai ? tu n'essaies jamais jusqu'au bout, tu préfères abandonner et jouer les victimes, n'est-ce pas ?) Non, c'est faux. Elle essaie, elle essaie vraiment de son mieux. (menteuse) « C’est pire que tout. » La panique de le voir partir, de l'avoir blessé sans le vouloir la jette hors du fauteuil, trace une expression désolée sur son visage et pousse un « je ne joue pas ! » sur ses lèvres. Les doigts maladroits et tremblants accrochent la robe de sorcier, évitant la peau et préférant le tissu. « Tu crois que je joue, mais ce n'est pas le cas ... » Avec les autres peut-être. Elle en a piétiné des cœurs et des ego, la petite Ollivander. Elle en a blessé des gens, elle en a cassé aussi. Aramis peut témoigner des abandons et des égoïsmes qui ont pavés leur relation. Mais « jamais avec toi, Draco. » Pas avec lui. Pas avec le fils de Narcissa, l'enfant qu'elle a vu au berceau et qui lui a fait découvrir qu'une mère pouvait être belle à ressentir aussi. « Je ... je ne peux simplement pas. » Pas le sentir. Pas le déchiffrer. Pas le dire. Pas avouer. Elle ne peut pas. C'est trop dangereux s'il apprend la vérité. Rockwood est son supérieur. Rookwood est Legilimens, elle ne le sait que trop bien. « Mes barrières, elles ... » La main s'agite dans l'air, traçant en mouvements désordonnés et hâtifs la destruction et la ruine. Les boucliers sont effondrés, laissant l'esprit nu et vulnérable. « C'est depuis le retour des rebuts, ils en ont battus un à mort devant moi. » Ils ont tué Jeremiah et elle n'a rien fait pour le sauver, elle n'a rien essayé. Elle l'a abandonné pour sauver sa peau (comme les autres, comme ceux dont elle trahit les secrets, les laissant à la merci des Mangemorts) et la culpabilité lui grignote le cœur. « Je n'arrive plus à les reconstruire, pas sans beaucoup de temps. » Trop pour que ça passe inaperçu. Trop pour que Rookwood ne revienne pas la chercher. (Et tu ne veux pas désobéir, pas vrai ? Il a dit de continuer comme ça, susurre encore la potion d'obéissance dans sa tête) « Alors je prends des potions. » Mensonges aux relents de vérité. « C'est temporaire. » C'est aussi le mensonge qu'elle se répète tous les jours. Que ça ne durera pas, que ça cessera. Elle se berce d'illusions confortables qui, pourtant, laissent toujours sur sa langue ce goût âcre familier qu'elle refuse d'identifier. « S'il te plaît, ne dis rien à Aramis et aux filles. Ils vont s'inquiéter pour rien. » Parce qu'il n'y a rien à faire. Ce n'est pas vraiment un problème puisqu'il n'y a pas de solution. « Je te le dis parce que je ne veux pas que tu penses que je te fais défaut. » Elle ne veut pas qu'il conclue qu'elle est devenue inutile au point de ne plus pouvoir l'aider.

Elle ne veut pas qu'il parte.
Ni dans cet état. Ni jamais.


Dernière édition par Nyssandra Lestrange le Ven 27 Mai 2016 - 1:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyMar 27 Oct 2015 - 15:58

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‹ âge : 23 yo (05.06.80).
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20 JUILLET 2002 & DRASSANDRA


Instigatrice d’un jeu cruel. Elle affirme pourtant que non, ce n’est pas le cas, mais le sourcil qu’il dresse est hautain, incrédule. Elle le retient par le pan de sa robe, mais ça ne compense pas l’amertume. Ça ne rattrape pas l’abandon. « Les gestes sont plus parlants que les mots », qu’il réplique, hérissé. Parce que dans son univers, les faux-semblants sont ce que l’on formule le plus. C’est ce que l’on tait qui compte, ce que l’on n’exprime que par les attentions promulguées dans l’intimité. Et ce qu’elle exprime – c’est le refus de le ressentir, privilège qu’elle lui a pourtant toujours accordé jusqu’alors. « Tu crois que je joue, mais ce n'est pas le cas ... jamais avec toi, Draco. » Aussi perplexe que las, il se passe une main sur le visage, indécis. « Alors quoi ? » « Je ... je ne peux simplement pas. » Il s’impatiente, gamin capricieux. Voudrait la presser de parler. Au lieu de quoi, il plisse les yeux. ‘Tu ne peux pas’ quoi ? Elle parle de ses barrières. Avec des gestes désordonnées parlant de désarroi. Ils en ont battus un à mort devant moi. Il déglutit. Difficilement. Il n’en a pas battu, lui. Il en a seulement abattu par dizaines, comme des animaux. Pire encore – parce qu’ils étaient entravés, incapables de se défendre, de fuir. Il tente de se convaincre depuis que c’était la chose à faire, mais même l’excuse de l’Imperium ne peut éloigner la nausée, l’écœurement, et les visages blafards qui peuplent ses faux-songes. Il préfère encore ne pas dormir, s’assommer jusqu’à s’effondrer est la seule alternative. Les potions de sommeil sans rêve créeraient une dépendance supplémentaire qu’il ne pourrait se permettre, pas alors qu’il est déjà trop accoutumé aux doses normales pour qu’elles soient encore suffisantes. « Alors je prends des potions. C'est temporaire. » Elle lui demande pourtant de ne rien en dire à personne, tellement ce n’est rien. Elégante et subtile contradiction. « Quelles potions ? » C’est un automatisme, la méfiance. Toujours. Il prend des potions, aussi. Il est un hypocrite, qui se détruit et blâme les autres pour les mêmes travers. « Jusqu’à quand ? » C’est une manie, de bousculer les affirmations. « Bientôt ? C’est la réponse que j’offre à Scorpius en permanence. » sourire amer. « Celle qui signifie ‘peut-être demain, peut-être jamais’. » Le mot auquel le gamin est de plus en plus allergique. « Tu représentes tout ce qu’il a encore de stabilité », avoue-t-il à mi-voix. « Et je… » Il s’interrompt, ne parvient pas à le dire. Les mots ne valent pas grand-chose, les gestes priment. L’appréhension s’exprime cependant, rejetée sur le compte de l’enfant pour ne pas laisser entendre son désarroi à lui. « Est-ce que je devrai employer ce mot à propos de toi un jour ? Ta marraine ira mieux bientôt ? » Peut-être jamais ? C’est son fils, son fardeau. Mais Nyssandra a toujours été là. Sans elle, il n’est pas certain de s’en sortir. Il est certain de ne pas s’en sortir. Il a, pour sa part, l’affection égoïste. Enfant, il croyait que le monde lui appartenait ; de la terre au ciel, son royaume. Il a dû apprendre qu’il pouvait tout perdre, qu’il était lui-même la possession d’un autre, mais les gens – il déteste qu’ils partent. Il y en a si peu qui comptent et tant qui disparaissent. « Si tu pouvais encore ressentir, tu serais submergée par – » La terreur qui le tracasse. L’épuisement qui le terrasse. Mais le dire, confier ces faiblesses, c’est… « des émotions négatives », offre-t-il en guise d’alternative. « Montre-moi tes poisons ; je te laisserai voir les miens. » Donnant-donnant, devinettes pour pallier leur incapacité à tout exprimer. « Tu peux comprendre, même sans ressentir. » Tu m’es précieuse, empathe ou non.
Il a la main mal assurée lorsqu’il tire la fiole de sa poche. Elle est indéfinissable. Texture épaisse, dosage douteux ; la liste des ingrédients est rédigée main. Pas de nom. Potion non homologuée, expérimentation. Tons de vert dénonçant la visée principale : étouffer les douleurs insoutenables. Pas les soigner : juste les faire taire. Prétendre, son sport favori. Lorsqu’elle tend la main pour se saisir de l’objet, il recule le bras, le mettant hors de sa portée. « Montre-moi les tiens », répète-t-il, entêté. « Si tu me fais confiance, tu ne tenteras pas de me duper. » Ton ferme. Chantage affectif. C’est le moment de prouver par des gestes. Il tire autre chose. La flasque qui ne le quitte jamais. C’est un aveu – l’un des abus qui l’empêchent d’être lui-même mais qui, paradoxalement, l’aident à se raccrocher à sa raison. Peut-être. Ou pas, à ce stade, il n’est plus certain de ses prétendus remèdes. Trop fier pour l’avouer pourtant.

Lorsqu’ils procèdent à l’échange, ses sourcils se froncent. Il observe la fiole d’un œil critique, fait délicatement tourner le liquide dans son récipient de cristal pour en évaluer la texture. La clarté de l’eau et l’épaisseur d’un sirop trop sucré. Il la débouche, la teste à l’odorat, fronce les sourcils. La seconde, aux reflets nacrés, est tout aussi mystérieuse, et il ne se plaint donc pas lorsque Nyssandra impose d’ajouter des questions à leur deal. Il soupèse les fioles, évalue les doses restantes (à peu près équivalentes), tandis qu’elle lui pose la question fatidique : l’avis des médicomages, leur diagnostique. « Ils me baladent », réplique-t-il avec un haussement d’épaules faussement détaché. « De service en service, mais ils sont contraignants et inefficaces. En attendant, en période de crise, je suis comparable à ça – » Pour illustrer le propos sans parler de fragilité, il se saisit du premier objet de verre qui lui tombe sous la main et le lâche, le laissant se fracasser au sol en mille éclats – Alors je cherche des alternatives ailleurs. » Sur le marché noir, tait-il en agitant sa baguette pour réparer l’objet et le reposer sur la table basse. Il vient de lui avouer qu’un rien suffirait à le briser. « Mais j’ai consulté une guérisseuse, récemment. Rigel Werner, qui semble avoir des théories plus solides, au moins sur les façons de freiner les dégâts : les fractures à répétition ne sont pas tant un souci que le fait qu’elles ne se réparent pas correctement sans un suivi intensif. Elle pense que certaines formes de magie pourraient contribuer à remodeler ma structure osseuse. » Il fronce les sourcils, cherchant encore à déterminer à quelles formes de magie elle pouvait bien penser, finit par secouer la tête et par lever les fioles confiées par Nyssandra à hauteur d’yeux. « Celle-ci a l’air d’être un inhibiteur – mais l’autre ? » Elle a plus ou moins dit qu’elle étouffait son don. Mais à quoi sert la seconde fiole, dont elle use tout autant que de la première ? « Et qui te les fournit ? » Son don n’est pas de notoriété publique, plutôt de l’ordre du secret. Il fouille sa mémoire, en quête de pistes, d’éléments inhabituels, de fait se détachant du commun – et une remarque lui revient à l’esprit : Tiens, l’ère des piques et bitcheries aurait-elle subitement pris fin entre elles deux ? remarque de Pansy. Celle a qui rien n’échappe. « Bones. » C’est dit comme une affirmation, la vérité est qu’il s’agit de pure supputation.

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I'M SORRY I'M SUCH AN ASSHOLE
I'll be good, i'll be good • I thought I saw the devil looking in the mirror. Drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. My past has tasted bitter for years now, so I wield an iron fist. Grace is just weakness or so I've been told. I've been cold, I've been merciless. But the blood on my hands scares me to death, maybe I'm waking up... today.
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MessageSujet: Re: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyLun 23 Nov 2015 - 1:26

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Le silence n'est pas d'or, il est mortel.
C'est une fosse qui se remplit de fantômes.
20 JUILLET 2002 ; #Drassandra 1


Elle ne sait pas bien pourquoi la nausée revient brusquement et lui retourne les entrailles. Elle ne sait pas bien si c'est la potion de Bones ou si c'est l'idée d'être découverte, de voir démolis les masques qu'elle a patiemment façonnés pour cacher aux autres sa laideur véritable, cette inutilité crasse qui la brise. Elle sait déjà les réactions en chaîne qui feront s'effondrer les pans de son existence, les uns après les autres, si elle joue les maillons faibles. Nyssandra connait le prix des aveux et des vérités tranchantes (te trahir, c'est le trahir, susurre la voix dans sa tête sur des notes trop sucrées de compassion) alors elle peint un tableau pleins de demi-vérités, La faute à pas de chance. L'égoïste accuse les morts et balance toutes les fautes sur le dos de Jeremiah qui n'a pas voulu se rendre (en enfer) aux autorités. L'accusation est portée par un groupe de rafleurs qui (ont agi comme des bêtes sauvages) n'ont fait que leur travail. Comme toujours, Nyssandra s'attribue le beau rôle, joue les (collabos) victimes. Elle est celle qui (a laissé) n'a rien pu faire.

C'est pitoyable.
Je n'ai rien pu faire, son éternelle excuse.
Je n'ai rien eu le cran de faire, son écœurante vérité.

Mais ça vaut toujours mieux que d'avouer qu'elle n'est qu'une traîtresse (qu'elle détruit les coeurs et ... Merlin, elle ne veut même pas savoir ce qu'ils font (ce qu'elle fait) aux gens qu'elle dénonce). C'est toujours préférable au reste - à les perdre, à ne plus les avoir avec elle. Au fond, c'est sûrement la simple idée de les perdre qui lui donne tellement envie de vomir. Nyssandra n'est pas si facile à approcher, moins encore à accrocher - mais elle fait partie de ces faux indépendants qui ne savent pas vivre seuls, qui ont peur de finir abandonnés de tous.

« Quelles potions ? Jusqu’à quand ? Bientôt ? C’est la réponse que j’offre à Scorpius en permanence. Celle qui signifie ‘peut-être demain, peut-être jamais’ » Haussement d'épaules quand elle offre avec honnêteté : « Je ne sais pas, les potions sont ... expérimentales. Le philtre de paix est trop fort pour moi. » Elle n'a même pas songé à fuir quand les insurgés ont attaqué. Elle n'a songé à rien, pas même à Eris effrayée ou à Gwen, Aramis et Draco en danger. « Tu représentes tout ce qu’il a encore de stabilité. Et je… Est-ce que je devrai employer ce mot à propos de toi un jour ? Ta marraine ira mieux bientôt ? » Sans y réfléchir, la tête esquisse doucement un non. (tu n'as pas besoin d'être sauvée, tu veux rester, encourage la voix) C'est vrai, elle n'a pas besoin d'être sauvée ou de guérir. « Tu n'en auras pas besoin. Tu ne comprends pas : je vais bien. Ce n'est pas grave, tu n'as pas à t'inquiéter pour ça. »

Peu importe si elle doit tous les bercer de mensonges élégants, elle s'en fout d'endosser le rôle d'une autre Nyssandra, plus forte que ce qu'elle est réellement. Si c'est une illusion, plus jolie et plus brillante, qu'ils aiment et chérissent, ainsi soit-il : elle peut le faire, elle connait les mots et les gestes de cette femme. En échange, elle demande seulement à les avoir à ses côtés, sains et saufs.

« Si tu pouvais encore ressentir, tu serais submergée par – » autre chose que ce profond sentiment d'inutilité. Parce qu'en l'état, elle ne peut rien faire pour le déchiffrer, elle ne peut plus l'aider à se comprendre lui-même, à déchiffrer les monstres qui hantent les coins sombres de sa vie. « des émotions négatives » (elle est obligée de le laisser se livrer, lui qui déteste ça) « Je suis désolée. » - de ne pas pouvoir partager. « Montre-moi tes poisons ; je te laisserai voir les miens. » Le regard, sous le froncement de sourcils, est hanté d'interrogations. « Tu peux comprendre, même sans ressentir. » La certitude qui embrasse les mots de Draco devrait la réconforter, faire descendre un peu de paix - et pourtant, c'est une sueur glacée qui roule contre sa nuque, craintive qu'est Nyssandra de décevoir encore, de faire défaut à nouveau. "Tu ne sers vraiment à rien, Eudoxie" - la peur d'entendre ces mots sortir de la bouche de Draco lui tord littéralement les intestins, et c'est une main tremblante qu'elle tend vers la fiole qu'il lui révèle. Cette potion ne ressemble à rien de ce qu'elle connait, mais l'aspect est bien assez parlant. Il épelle "expérimentations" et "douleurs" en nuances verdâtres. « Draco, je veux juste » -m'assurer qu'elle n'est pas nocive, proteste-t-elle quand la potion est mise hors de sa portée, mais le sorcier, impitoyable et inflexible, l'interrompt : « Montre-moi les tiens. » Ses doigts se referment sur les pans de sa robe de chambre alors que Nyssandra se sent acculée de nouveau. « Si tu me fais confiance, tu ne tenteras pas de me duper. » Et quand il dévoile la flasque, tous les traits de son visage s'alourdissent de cette expression désemparée. Depuis combien de temps ?

A pas lents, Nyssandra se dirige vers le secrétaire où elle cache les potions, peu désireuse de voir Aramis tomber sur les philtres expérimentaux au milieu de la réserve médicale. Le tiroir racle et les fioles s'entrechoquent sous le geste trop brutal. Avec une réluctance évidente, la première potion, tueuse d'empathie, est sortie. (Si tu me fais confiance, tu ne tenteras pas de me duper, et les mots de Draco lui enfoncent des échardes dans le coeur) La main plonge à nouveau dans le tiroir, les doigts frôlent les deux autres récipients. (Fais attention à ce que tu fais, prévient la voix avec une douceur trompeuse : tu n'as pas envie qu'il sache, pas vrai ?) Et les doigts s'enroulent autour de la seconde fiole, laissant la potion d'obéissance dans le tiroir aussitôt refermé.

Quand elle lui tend les deux fioles, elle regrette d'avoir cédé, et la voix lui martèle qu'elle a eu tort, qu'elle s'est plantée. Ca fait presque écho aux mots de son père, c'est perturbant, ça la distrait de l'examen de l'étrange potion - pas comme si elle pouvait en déduire plus que ce qu'elle sait déjà, en vérité. Elle a beau renifler la potion, aucun souvenir d'enfant, aucune leçon d'école ne lui revient en mémoire. Les questions sont son idée - puisqu'ils sont incapable de se confier, peut-être qu'ils sauront mieux avouer sous interrogatoire. « Qu'ont dit les médicomages et les guérisseurs ? » Les a-t-il seulement consultés en vérité ? Elle le sait bien trop fier pour admettre ce qu'il voit comme une faiblesse - et la question lui brûle les lèvres. « Ils me baladent de service en service, mais ils sont contraignants et inefficaces. En attendant, en période de crise, je suis comparable à ça – » Un sursaut la déséquilibre quand il brise son cendrier d'un geste indifférent, froid. Comme si se briser en éclats lui était banal. Normal. Et voir le cendrier réparé revenir sur la table basse dans la plus grande indifférence lui donne une soudaine envie de pleurer. « Alors je cherche des alternatives ailleurs. » La première idée qui lui vient est la magie noire - elle sait que Draco comme Aramis la pratiquent, elle n'est pas naïve. Mais elle n'est pas non plus stupide au point d'ignorer que les magies sombres sont trop dangereuses pour être réellement curatives. Pernicieuses, elles vous bouffent le idées et l'âme, et ce qu'elles donnent, elles le font payer par fragments si petits qu'on ne le constate parfois que trop tard, jusqu'à vous engloutir entièrement. « Mais j’ai consulté une guérisseuse, récemment - la précision la fait respirer de nouveau - Rigel Werner, qui semble avoir des théories plus solides, au moins sur les façons de freiner les dégâts : les fractures à répétition ne sont pas tant un souci que le fait qu’elles ne se réparent pas correctement sans un suivi intensif. Elle pense que certaines formes de magie pourraient contribuer à remodeler ma structure osseuse. » Aux mots de Draco, une idée germe, engrainée dans ses récentes études. Ce nouveau projet dont elle n'a parlé qu'à Gwen.

L'examen attentif de Draco fait monter une angoisse toute bileuse dans sa gorge, relents de tous les pires scénarios que Nyssandra peut imaginer. « Celle-ci a l’air d’être un inhibiteur – mais l’autre ? Et qui te les fournit ? » Soudainement pâle, elle déglutit, grimaçant à l'acidité qui prend ses aises dans sa bouche. (Tais-toi) « Bones » Hochement de tête pour dire oui. Les hypothèses de Draco lui offrent une réponse facile, une explication logique. « Elle m'a aidée, commence-t-elle, prudente dans le choix de ses mots puisqu'ils se sont promis rien que la vérité (mais pas toute la vérité) : le 5 juillet, elle m'a aidée quand je me suis effondrée à cause de mon empathie. » Dans sa tête, la voix s'apaise un peu quand elle cache la raison véritable qui l'a jetée à terre, tremblante de fièvre et délirant d'un trop plein d'émotions étrangères. « Elle m'a soignée. C'est pour ça qu'on a commencé à se fréquenter ... moins agressivement. » Pour ce qu'il paraît aux yeux du public, du moins. Merlin, Nyssandra déteste toujours autant, sinon plus encore, cette sale chienne depuis le 5 juillet. Etre obligée de le cacher est une frustration supplémentaire qu'elle fait payer rubis sur l'ongle à l'hybride. « L'autre potion sert à neutraliser l'inhibiteur, pour ce que je puisse utiliser mon empathie de nouveau. » Dans les airs, sa main s'agite et sous-entend que c'est pour reconstruire ses barrières, pour se soigner. Mais puisqu'ils ont juré la vérité, le mensonge s'esquisse en silence.

Quand c'est son tour de poser les questions, ses doigts glissent entre les mèches châtain, comme lorsqu'elle travaille à décrypter les grimoires de magie qui ont commencé à envahir sa bibliothèque. Passant devant Draco, Nyssandra déniche l'un d'eux, conseillé par Gwen, avant de lui tendre l'objet relié de cuir et dépourvu de titre. « Peut-être que tu devrais explorer la piste de Werner plutôt. Est-ce que la Métamorphose humaine n'aiderait pas ? Comme l'animagie par exemple ? » Sa proposition est faite sur un ton dégagé. Comme si ce grimoire qu'elle lui passe est dans sa bibliothèque depuis des années, au milieu de romans sorciers et de livres d'histoire, ses lectures usuelles. Et avant de lui laisser le temps de devenir suspicieux, elle enchaîne : « Ta potion n'est pas labellisée, n'est-ce pas ? » Et Draco la sait assez spécialiste en potions apaisantes. Depuis son plus jeune âge, les migraines causées par son don sont si fréquentes que l'accoutumance l'a souvent forcée à changer de traitement. « Quelles sont ses effets secondaires ? » Qu'est-ce que tu risques ? Poser la question rend tout tellement plus réel, tellement plus tangible que son corps entier est parcouru d'un frisson. L'idée de le perdre lui est insupportable, ça lui contracte l'estomac alors qu'une bile acide lui crame la gorge, lui ouvre de nouveau la bouche pour déverser sur les vêtements de Draco le dîner léger qu'elle s'est efforcée de manger pour ne pas inquiéter Scorpius. « Je ... pardon » Souffle-t-elle, encore pâle comme un linge et tremblante des contractions violentes qui lui nouent le ventre. Parlons-en d'effets secondaires, justement. « Je suis désolée. » La gorge se serre plus fort entre les spasmes résiduels de ses vomissements et l'horreur d'avoir souillé la tenue coûteuse de son ami. « Tu devrais ... et, l'oeil un peu hagard, Nyssandra cache sa bouche derrière sa main, craignant de vomir à nouveau : La salle de bains. - son autre main lui désigne l'escalier, Draco connait l'endroit par coeur après tout - Je te rejoins. » Dès que le monde cessera de tanguer autour d'elle.


Dernière édition par Nyssandra Lestrange le Ven 27 Mai 2016 - 1:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyMer 17 Fév 2016 - 14:56

PRISONERS • bloodstains on the carpet
Draco Malfoy
‹ inscription : 13/09/2013
‹ messages : 8775
‹ crédits : faust.
‹ dialogues : seagreen.
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‹ liens utiles : draco malfoy w/ lucky blue smith ; ginevra weasley w/ holland roden ; calixe davis w/ audreyana michelle ; uc w/ uc ; indiana alderton w/ nicola peltz ; heath ravka w/ im jaebum ; even li w/ jeon jungkook ; jelena kuodzevikiute w/ ariana grande.

‹ âge : 23 yo (05.06.80).
‹ occupation : ancien langue de plomb (spécialisé dans les expérimentations magiques) ; fugitif et informateur de la RDP entre le 26.05.03 et le 08.12.03 ; condamné à 22 ans à Azkaban pour terrorisme, au terme d'une assignation à résidence et d'un procès bâclé, tenu à huis-clos.
‹ maison : Slytherin — “ you need a little bit of insanity to do great things ”.
‹ scolarité : entre 1991 et 1997.
‹ baguette : un emprunt, depuis qu'il est en fuite. elle n'est que temporaire et il ne souhaite pas s'y intéresser ou s'y attacher, puisque la compatibilité est manquante.
‹ gallions (ʛ) : 12403
‹ réputation : sale mangemort, assassin méritant de croupir à vie en prison pour expier ses crimes et ceux de ses ancètres.
‹ particularité : il est occlumens depuis ses 16 ans.
‹ faits : Famille.
Narcissa (mère) en convalescence. sortie de son silence depuis peu pour réfuter l'annonce de son décès ; reconnue martyr. lutte pour que le jugement de son fils soit révisé.
Lucius (père) mort durant la tempête du 03.03.2004.
DRASSANDRA + ephemerian 489546spea
Spoiler:
 

‹ résidence : emprisonné à Azkaban depuis le 06.01.04. en fuite depuis le 08.05.04.
‹ patronus : inexistant.
‹ épouvantard : l'éxécution de juillet 02, ses proches en guise de victimes: leurs regards vidés par l'Imperium, la baguette de Draco dressée, les étincelles vertes des AK et leurs cadavres empilés comme de vulgaires déchets.
‹ risèd : un portrait de famille idéal, utopique.
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C'est une fosse qui se remplit de fantômes.
20 JUILLET 2002 ; #Drassandra 1


Il ne sait pas quoi en penser. De Bones. C’est radical, comme évolution, comme amélioration, mais après tout… Si Nyssandra affirme qu’elle s’implique de façon bénéfique, il a envie de la croire. Si elle dit avoir trouvé en l’hybride une alliée, là où il n’a su être là, il a envie d’y croire. Alors il hoche la tête, simplement ; acquiesce, accepte. D’autant plus que sa vis-à-vis en revient au sujet qui le tracasse en priorité : les potions. Quelque chose titille son attention, mais il ne parvient pas à mettre le doigt dessus, dans l’immédiat, et déjà la jeune femme esquisse un mouvement négligeant pour en balayer l’importance. Elle s’éloigne d’ailleurs, sans prévenir, si bien qu’il se braque et effectue un mouvement dans sa direction, un brin alarmé de la voir s’éloigner.

C’est spontané et ridicule, un poil paranoïaque : il ne va pas la perdre simplement parce qu’elle s’écarte d’un pas ou deux. Il se fustige en silence, force les émotions qui l’ont vivement submergé à s’évanouir sous un air placide, maîtrisé. Elle s’arrête devant sa bibliothèque, ni plus ni moins, et il penche curieusement la tête de côté en la voyant en tirer un grimoire sans titre qu’elle lui tend. « Peut-être que tu devrais explorer la piste de Werner plutôt. Est-ce que la Métamorphose humaine n'aiderait pas ? Comme l'animagie par exemple ? » Il est surpris. Euphémisme, elle le prend complètement de cours et il fronce les sourcils, songeur. Ses neurones s’activent, titillés par la piste qu’elle vient d’offrir. « Je n’y avais absolument pas songé mais – oui… oui, ça se tient. » La suggestion est même terriblement tentante, tant pour le possible soulagement qu’elle concrétise que pour l’attrait du Langue de Plomb pour les mystères de la magie. Il feuillète rapidement l’ouvrage, ne l’évalue pas encore mais se promet de le faire une fois rentré. D’un côté, il est étonné de lui découvrir de telles lectures et tend donc à penser que le sujet n’y est abordé que de façon superficielle et qui sait – peut-être même romancée. Cependant, une part de lui ne peut s’empêcher de songer qu’elle semble étrangement parée pour toutes éventualités, comme si la guerre ne la contournait pas avec autant de diligence qu’elle le devrait. « Ta potion n'est pas labellisée, n'est-ce pas ? » Il ne répond pas, hausse simplement les épaules, comme pour minimiser le détail. Sans succès bien probant, puisqu’elle enchaîne presque aussitôt : « Quelles sont ses effets secondaires ? » Il pense en vrac au phases de dépression respiratoire qui n’ont jamais manqué de le faire paniquer, aux instants de confusion, aux crises occasionnelles de bradycardie, aux chutes de tensions à chaque changement de position et ainsi de suite – « Des bagatelles, comparé à ce dont elles m’épargnent. Vraiment. » Tout à coup, ce qui l’a frappé plus tôt lui revient, de façon plus définie. « Pourquoi la deuxième potion est-elle aussi entamée que l’autre ? » Il fronce les sourcils, les connexions s’établissent. « Les fioles sont pratiquement au même niveau, pourquoi ? Si tu souhaites reposer ton don et tes barrières, à quoi b– » les solliciter si fréquemment ? Mais le mot s’interrompt là tandis qu’il recule en s’exclamant sous le coup du choc et du dégoût : prise d’un violent haut le cœur, Nyssandra vient de l’inonder des restes régurgités de son dîner et il a tout juste le temps d’écarter le livre de sa trajectoire. « Merlin’s balls ! » « Je ... pardon », bafouille-t-elle, mais il est trop indigné pour tout à fait l’entendre. « Qu’est-ce qui t’a pris ? » Ses prunelles délavées sont écarquillées, passent de la robe souillée à la brune, puis le contraire, et ainsi de suite, son nez froncé par l’odeur qui lui retourne l’estomac. Mais il reprend ses esprits en la découvrant pâle et tremblante, prise de haut-le-cœur difficilement réprimés ; le spectacle lui plisse le front et c’est d’une mine inquiète qu’il se pare cette fois, alors que le corps de Nyssandra trahit les je vais bien mensongers qu’elle lui offre à tort et à travers depuis le début de leur échange. « Qu’est-ce qui ne va pas ? » La question est plus appropriée que celle qui l’a précédée ; il n’a jamais la brune aussi défaite, Draco, si bien qu’il peine à savoir comment réagir. « Tu devrais... La salle de bains. » Et l’hôtesse mortifiée de l’enjoindre à la précéder tandis qu’elle reste là à tituber sur ses bases. Lorsqu’elle affirme de sa voix vacillante qu’elle le rejoindra plus tard, il ne se retient pas de manifester son désaccord d’un claquement de langue, moue sévère à l’appui. « Je ne te laisse pas derrière dans un tel état ! » Il n’y a pas à discuter, la question ne se pose même pas. D’un mouvement de baguette, il fait léviter le grimoire sans nom jusqu’au meuble le plus proche, avant de faire disparaître le surplus visqueux qui dégouline de sa robe. Il hésite un instant, mais ne se résout pas à ôter la tenue tâchée – il ne porte en-dessous qu’un pyjama, vestige de sa prise de conscience chaotique de tout à l’heure et de son arrivée précipitée. Il lui présente son bras en prenant bien soin d’éloigner le pan de tissu sali pour qu’elle ne risque pas de l’avoir sous le nez ou pire, de s’y heurter. « Comment as-tu pensé à la métamorphose humaine ? » Il n’y revient pas par suspicion. C’est plutôt une tentative de concentrer son esprit sur un sujet qu’il peut maîtriser, afin d’étouffer son anxiété – à l’idée que Scorpius se réveille et les surprenne dans un tel état, à l’idée qu’une crise survienne sans prévenir… ils forment une paire terrible, vraiment ; un duo qui lentement s’effondre, tout en s’obstinant à s’offrir mutuellement la force de continuer d’avancer.

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MessageSujet: Re: DRASSANDRA + ephemerian   DRASSANDRA + ephemerian EmptyLun 18 Avr 2016 - 2:04

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Le silence n'est pas d'or, il est mortel.
C'est une fosse qui se remplit de fantômes.
20 JUILLET 2002 ; #Drassandra 1


« Des bagatelles, comparé à ce dont elles m’épargnent. Vraiment. » Pensif, le regard fauve tombe à leurs pieds, là où le cendrier s’est brisé un peu plus tôt. Nyssandra veut le croire. Quand leurs yeux se croisent de nouveau, elle demande si c’est « vraiment ? » la vérité. Sur sa langue hésitante, il y a des dizaines de questions qui se bousculent, toutes nées de son inquiétude pour Draco. L’absence de détails la perturbe. Des bagatelles, dit-il. Peut-être mais quoi exactement ? Ce n’est pas un manque de confiance – pas avec tout ce qu’ils se confient, pas avec tous les secrets communs qu’ils protègent. Seulement, ils ont trop l’habitude de taire les choses pour s’avouer naturellement, facilement des vérités, aussi petites et simples soient-elles, sans devoir se les arracher. A coups d’empathie intrusive, autrefois. A grands renforts de questions plus assertives qu’interrogatives, à partir de maintenant ce soir.

Et ce n’est pas juste Draco. C’est elle aussi.
Le blond le sait bien, puisqu’il ne tarde pas à faucher ses interrogations pour lui poser une des questions qu’elle craignait le plus. « Pourquoi la deuxième potion est-elle aussi entamée que l’autre ? » Le pli sur son front pâle fait monter des angoisses dans sa gorge et lui noue les entrailles. (une excuse, trouve une excuse avant de tout rater encore, souffle la voix avec une urgence qui la fait paniquer : si tu lui dis, tu vas le perdre pour toujours, il va te détester, te mépriser, réaliser à quel point tu es inutile) « Les fioles sont pratiquement au même niveau, pourquoi ? Si tu souhaites reposer ton don et tes barrières, à quoi b– » Les lèvres se descellent, la bouche s’ouvre. Pourtant ce n’est pas pour cracher le mensonge qu’elle vient d’inventer, un peu à la va-vite ; mais pour recracher son dîner, ses angoisses et ses anxiétés. « Merlin’s balls ! » « Je ... pardon » Se dépêche-t-elle de s’excuser, proprement mortifiée par ce qui s’est passé. Vomir sur Draco, et trahir sa faiblesse devant lui. C’est toute une éducation qui vient de se faire piétiner. Qui continue d’être bafouée quand, au lieu de retrouver sa contenance et de réparer immédiatement les dégâts, la maîtresse de maison est trop occupée à calmer les douleurs de son estomac contracté. « Qu’est-ce qui t’a pris ? » Mais « je suis désolée » est la seule chose que la brune parvient à couiner entre deux souffles courts, et ses mots laissent comme un goût de larmes derrière eux. « Qu’est-ce qui ne va pas ? » La potion, son empathie, sa vie toute entière ? Par où commencer exactement ? (elle n’est même pas fichue d’être une bonne hôtesse) Avec difficulté, Nyssandra ravale son amertume et la bile qui lui brûle la gorge avant d’enjoindre Draco à rallier la salle de bain puisque, tremblante et hagarde, elle est (plus qu’) inutile. « Je ne te laisse pas derrière dans un tel état ! » La protestation la fait grogner, incapable d’exprimer autrement son mécontentement tant la nausée revient, brutale. Malgré tout, dans les deux iris fauves, il y a comme de la reconnaissance, et elle peut bien se moquer de Draco et de sa manie à tout vouloir gérer seul, elle n’est pas vraiment mieux. Elle est peut-être même pire à exiger la confiance et les confidences des autres sans jamais accorder naturellement, simplement la réciproque. (A toujours toujours toujours vouloir se débrouiller seule pour ne déranger personne) Même quand elle accepte son bras, elle s’y appuie à peine. Elle n’ose pas tellement s’y accrocher, malgré l’envie qu’elle a de se sentir soutenue, aidée. (Ne m’interromps pas pour rien, Eudoxie, et débrouille-toi. C’est pourtant simple comme bonjour à faire, même pour quelqu’un comme toi.)

« Comment as-tu pensé à la métamorphose humaine ? » Demande-t-il lorsque se soutenant l’un à l’autre, ils grimpent les dernières marches de l’escalier. « Je … » Alors qu’ils passent devant la chambre de Scorpius, Nyssandra s’interrompt, prend le temps de goûter ses prochains mots, évalue l’impact et les conséquences de chacune des réponses qu’elle peut lui offrir. « Je m’entraîne. » Finit par lâcher la brune puis elle ajoute, dans un murmure – comme si elle craignait qu’on ne l’écoute : « A devenir animagus – pour éviter que Janvier ne se reproduise. » Pour éviter d’avoir le cœur bouffé par des raz-de-marée émotionnels, pour ne pas se diluer dans la foule.  C’est la vérité, c’était pour tout ça. Au fond, ça l’est, encore un peu, même si c’est devenu secondaire d’éviter la noyade. (il n’y a rien à sauver, tout va bien après tout – et le déni avec lequel elle se berce pour se rassurer est aussi efficace, sinon plus, que l’effet de suggestion des potions d’obéissance qu’on la force à ingurgiter). « Si jamais tu veux tenter, je peux t’aider. » Nyssandra regrette ses mots à l’instant même où ils résonnent dans l’air frais de la salle de bain. L’idée est parfaitement ridicule. Elle, la sorcière médiocre et inutile ? L’aider ? Lui, le sorcier compétent et assez doué pour être Langue-de-Plomb ? Le petit rire qui lui échappe grince, un peu amer, alors qu’elle le relâche et fait couler une eau chaude dans la baignoire. « Enfin, je peux te conseiller des grimoires. » Je doute de t’être utile autrement que pour ça. Le sous-entendu est lourd dans son oreille alors elle s’empresse de changer de sujet : « Tu peux utiliser les produits là, du doigt elle pointe ceux qu’Aramis lui a laissé, sans préciser quelle est leur provenance, ignorante des aveux lâchés par le Lestrange. Puis elle tend la main vers Draco, le geste étrangement similaire à celui, très maternel, qu’elle a avec Scorpius quand elle lui fait prendre son bain : je vais te rapporter des vêtements propres. » Ceux de Ian, pense-t-elle sans se souvenir qu’elle les a déjà donnés. Et sans réaliser que les seules tenues d’homme qu’elle trouvera pour Draco seront celles d’Aramis.


Dernière édition par Nyssandra Lestrange le Ven 27 Mai 2016 - 1:40, édité 1 fois
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