sujet; isolement sur les cimes (RON)
MessageSujet: isolement sur les cimes (RON)   isolement sur les cimes (RON) EmptyLun 7 Sep 2015 - 21:46

HUNTED • running man
Owen Avery
‹ inscription : 21/07/2015
‹ messages : 1765
‹ crédits : whorecrux <3.
‹ dialogues : #006666 (owen) #A0A0A0 (selma)
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‹ âge : 43
‹ occupation : dans l'ombre du Magister.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1971 et 1978
‹ baguette : est en bois d'acacia rigide, possède un cœur en ventricule de dragon et mesure vingt-neuf centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 3834
‹ réputation : la magie noire a rongé mon âme, dilué toute conscience, accru ma folie.
‹ particularité : fou.
‹ faits : ma soeur jumelle vit dans mon esprit dérangé, secret dont seuls quelques chanceux ont connaissance, que je suis aussi dérangé que peut l'être un sbire de Voldemort, que je n'hésite jamais à user de violences quand bien même elles ne seraient pas nécessaires, car la souffrance et les hurlements me font vibrer comme aucune autre drogue au monde. Mais qu'elles me sont infligées souvent par la main du Magister elle-même, car dieu sait combien de fois je l'ai déçu au cours de mes années de bons et loyaux (haha) services.
‹ résidence : Herpo Creek, dans la maison de mes parents, vide et délabrée; ruines.
‹ patronus : irréalisable, autrefois une hyène bien qu'elle ne soit apparue qu'une seule et unique fois sous forme reconnaissable.
‹ épouvantard : le baiser du détraqueur.
‹ risèd : la fin de cette insurrection qui amène autant de satisfaction que de souffrance.
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Le désespoir présente
un paroxysme de l'individuation,
une intériorisation douloureuse et singulière,
un isolement sur les cimes.


> 26 décembre 2000. Dans un craquement sonore, Avery transplana dans la banlieue londonienne, lesté d'un poids qu'il arborait fièrement. De vagues lamentations s'échappèrent de la bouche scellée par un sort de la gamine dont il tenait fermement le bras. Il semblait à moitié la soutenir, la gosse paraissant avoir un mal fou à se porter elle-même sur ses jambes. Un filet de sang coulait d'une plaie au front, maculant sa joue tuméfiée d'un sillon carmin. Sans doute était-elle jolie, sans doute possédait-elle une certaine grâce. Sous la crasse et les chairs blessées, on devinait des traits fins qui auraient pu être agréables à l'oeil s'ils n'avaient pas appartenu à une chienne de son espèce. Une odeur douçâtre de sang et de terre émanait du couple enlacé dans une étreinte mortuaire. Il avait pourchassé la fuyarde sur des lieues avant de finalement la terrasser d'un impardonnable. Ses yeux roulaient derrière ses paupières, et elle se débattait faiblement. Elle avait eu l'avantage de la vitesse, avec sa silhouette mince et élancée ; elle était parvenue à le faire courir sur des lieues et des lieues, jusqu'à ce qu'elle finisse par se faire avoir. Enfin. Avery grogna et secoua la prisonnière pour qu'elle cesse de gigoter dans tous les sens à la manière d'un vers. Un de ses comparses ricana en le voyant arriver, avisant la loque humaine. « C'était la dernière ? » Avery hocha la tête. Aucun sourire ne parvint à briser la dureté de son expression, qui demeurait peu avenante. Il l'avait attrapée, certes, mais il s'en était fallu de peu. Le mangemort demeurerait irrité pour le restant de la journée, c'était inévitable mais guère surprenant, connaissant l'animal. Traînant toujours sa victime à bout de bras -ne pouvait-elle faire un peu plus d'effort, par Merlin ?!-  il finit par la jeter dans la bâtisse sombre et puante de relents de moisissures avec le reste des captifs. Le corps percuta le sol dans un bruit sourd, en écho au gémissement plaintif qu'elle laissa échapper dans sa chute. Pour tous captifs en réalité, un simple amas de corps sanguinolents et remuant faiblement. Drogués ou ensorcelés pour ceux présents depuis un certain temps maintenant, salement amochés par la capture toute récente pour les derniers arrivés. Ceux-là ne représentaient qu'un groupuscule qu'on avait repéré à la lisière d'une clairière perdue dans la campagne anglaise. Un coup de chance. Tous étaient trop affaiblis pour opposer une quelconque résistance, et tous lui inspiraient, au plus profond de lui-même, un dégoût si intense qu'Avery les aurait bien tous fait brûler sur place.

En réalité -et, il ne l'avait su qu'il y avait très peu de temps, ces rogatons allaient connaître un sort bien pire, et bien plus jouissif pour tous leurs geôliers qu'un simple bucher humain. Du spectacle à l'état pur, une soumission si intense qu'elle briserait jusqu'à leurs plus profondes et pures convictions. Du moins l'espérait-il, et il se languissait d'avance d'assister à ce spectacle qui, il en était sûr, le ravirait profondément. Le mangemort lança un dernier regard à la scène macabre, accusant les retours haineux que lui adressaient certains rebuts. À ceux là il répondit d'un rictus moqueur. Crevez donc pendant que vous le pouvez encore, pauvres âmes. Vous ne voulez pas vivre ce qui va vous arriver. Il se détourna. « Qu'on les surveille de près. » On ne pouvait jamais être sûr que les plans du Magister n'étaient pas ébruités, portés jusqu'aux oreilles de traîtres et d'imposteurs. On n'était jamais trop prudent, et Avery préférait éviter une occasion de se faire punir -une fois de plus.

Comme en écho à un quelconque pré-sentiment (d'aucun en réalité, sa soudaine prudence n'était qu'une formalité, Avery n'avait rien vu venir), un comparse au dehors sonna l'alerte. Un cri, une exclamation noyée dans une brusque détonation qui secoua jusqu'aux fondations instables et croulantes du bâtiment décrépi. La secousse sembla tous les clouer sur place avant que, dans une union presque parfaite, les mangemorts ne déboulent à l'extérieur faire face aux agresseurs. Certains restèrent sur place afin de garder à l’œil les futurs vendus de la société sanguinaire dans lequel le monde sorcier évoluait en ces temps obscurs. Avery évita de peu un éclair rouge qui fusait dans sa direction. L'assaut était aussi soudain que surprenant ; les lieux étaient gardés par des protections magiques à priori infaillibles. On avait du tomber dessus par le plus pur des hasard, ou le plus malheureux aléa du destin pour ces quelques rebelles qui se montraient ainsi à visage découvert, en sous effectif numérique face aux mangemorts qui ripostaient de toute part. L'attaque puait le manque de préparation, ce qui donna confirmation à ses doutes. Visant l'un d'eux de sa baguette, il expédia dans sa direction une salve de maléfices qui terrassa un autre insurgé non loin d'eux. L'homme qu'il visait, l'animal bon à asservir croisa son regard, puis tourna les talons, tout déterminé qu'il était à se cacher. « Owen, il faut que tu l'attrapes. Regardes, regardes bien. » Ses yeux elle guida. Son regard elle appuya. Selma avait compris avant lui. La chevelure rousse, les traits reconnaissables entre mille. Une bouffée incommodante tant elle était violente le prit à la gorge, instillant en lui des envies meurtrières. Il se trouva animé d'une énergie nouvelle. Weasley. Ronald Weasley, indésirable numéro trois. Sa capture pourrait le faire remonter dans l'estime du Lord ; son arrestation suffirait à le faire briller aux yeux des autres mangemorts. Avery voulait son heure de gloire, et il l'aurait, grâce à lui. Weasley. Il le lui fallait. Vivant. Son visage se déforma en une expression de franche haine quand il s'élança à sa poursuite. « Weasley ! N'espère pas que tu m'échapperas ! » gueula-t-il dans sa direction, sans savoir si le rouquin l'entendrait ou non.

Ta vie est finie Weasley.

• • •




    Le cynisme de l'extrême solitude est un calvaire qu'atténue l'insolence.
    us and them ~


Dernière édition par Owen Avery le Dim 13 Sep 2015 - 14:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: isolement sur les cimes (RON)   isolement sur les cimes (RON) EmptyJeu 10 Sep 2015 - 0:16

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“Oxygen gets you high. In a catastrophic emergency, you're taking giant panicked breaths. Suddenly you become euphoric, docile. You accept your fate. It's all right here. Blank faces, calm as hindu cows. " Fight Club

"


Lumières blanches. Poussière grise.

Le hasard faisait souvent très mal les choses. Ron plissa les yeux dans l’obscurité, tachant d’y voir au mieux. Baguette dans une main, déluminateur dans l’autre, le son cliquetant comme un compte-à-rebours à venir. Une vague buée se cristallisa dans l’air et le rouquin fit signe à ses deux camarades –les plus proches- d’infortunes. Ils étaient tombés là par accident, les cris les avaient attirés mais ils étaient bien trop peu face à ce qu’ils venaient de découvrir.

Un homme aux épaules plus larges, au regard peut-être plus lumineux aussi –de ces éclats qui vous faisaient reculer silencieusement- trainait un corps éploré. Ron aurait aimé faire plus mais plus n’aurait servi à rien. Pas tout de suite. Pas maintenant. Il avait appris –un peu- à reculer pour mieux foncer. On perdait de son intrépidité au fil des années. C’était pour ça que la guerre était affaire de jeunesse. C’est eux qui saignaient et les vieux qui restaient en retrait avec la prudence comme bouclier.

Ron commençait à sincèrement se faire vieux dans cette foutu guerre.

La raison aurait dû lui dicter de se barrer. De rameuter, mais c’était comme laisser des dizaines et des dizaines de Ginny au sol. Ils ne pouvaient pas ne pas tenter quelque chose. Même d’infime. Même de suicidaire. Juste de quoi raviver la lueur au fond des regards perdu dans la défonce. Celle des coups. Celles des drogues qu’on avait parfois forcées dans leurs gorges.

Les bourreaux étaient vêtus de noirs et d’argent. La classe n’est-ce pas? On savait se vêtir dans les nouveaux couloirs du Magister. Il fallait au moins ça pour détourner l’attention de l’odeur du sang qui suintait des longs manteaux sanglés. A bien y regarder on pouvait y voir la poussière, la même qui recouvrait les insurgés. Le pire de tout c’était la neige. Froide, glacée et sale sous les pieds, trainée du dehors par des semelles épaisses. On titubait, on glissait et certains insurgés toussaient de manière nauséabonde. Évidemment qu’ils s’étaient fait repéré sous les cris des rebuts parqués en sus. Ron grogna sortant de sa cachette en courant, des sortilèges vacillants au bout de sa baguette. Ils étaient dans de beaux draps maintenant. Là, il aurait fallu filer et revenir avec plus d’effectifs. Hermione l’emmerdait royal à lui chuchoter à l’oreille –aussi vrai que nature- « Tu vois Ron ? Tu ne réfléchis jamais assez ! »

Merde.

Ron fit signe à un de ses collègues pour le prévenir de la présence d’un mangemort derrière et il parvint lui-même in-extremis à éviter un sortilège aux reflets dorés, juste avant de patiner puis de glisser sèchement.

Putain de boue neigeuse.

« Weasley ! N'espère pas que tu m'échapperas ! »


La voix grave et le geste sur de ceux qui ne sont pas seul. Pas dans leur tête en tout cas. Avery n’avait pas besoin d’effectifs : il avait tout un monde en lui. Ron patina avant de se faufiler derrière un des piliers.

« Je suis flatté. Truc de dingue là. Mais bon… ça se trouve tu me confonds avec un des frangins. On est pas mal tu vois et tous derrière vos fesses.  Ça confusionne vos bulbes» fit-il dans un rire sans joie.

Le rouquin leva son bras avec le déluminateur et toute lumière disparu. Toute. L’obscurité était pleine dorénavant et seules les respirations indiquaient la vie encore dans cette partie délabrée de la banlieue londonienne. Le bruit des sortilèges plus loin indiquait que les démêlées continuaient et Ron leva sa baguette dans le vide, ne sachant sincèrement pas où il pointait. Les pas étaient lents et l’oreille aux aguets.

Ron cligna des yeux, rangeant le précieux artefact légué par Dumbledore dans sa poche intérieure. Il y tenait plus qu’à sa baguette à vrai dire. L’allure rocailleuse d’Avery n’était perceptible que dans son mouvement. Un camion lancé sur une route de gravier.
Un silence, puis une décharge électrique. Ron mit plus de temps à le ‘trouver’ dans le noir, avec cette impression de se déplacer au ralenti, en se disant Quelqu’un va mourir, l’un de nous va y rester.

Let the battle begin.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: isolement sur les cimes (RON)   isolement sur les cimes (RON) EmptyLun 14 Sep 2015 - 13:12

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‹ particularité : fou.
‹ faits : ma soeur jumelle vit dans mon esprit dérangé, secret dont seuls quelques chanceux ont connaissance, que je suis aussi dérangé que peut l'être un sbire de Voldemort, que je n'hésite jamais à user de violences quand bien même elles ne seraient pas nécessaires, car la souffrance et les hurlements me font vibrer comme aucune autre drogue au monde. Mais qu'elles me sont infligées souvent par la main du Magister elle-même, car dieu sait combien de fois je l'ai déçu au cours de mes années de bons et loyaux (haha) services.
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Le désespoir présente
un paroxysme de l'individuation,
une intériorisation douloureuse et singulière,
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Ces imbéciles ne savaient décidément pas faire les choses avec style. Les déflagrations et autres sortilèges fumeux et bruyants -plus bruyants qu'efficace, souvent, étaient une marque de fabrique bien à eux qui se distinguait de la classe avec laquelle l'élite ministérielle s'exécutait toujours pour détruire ce qui devait l'être. C'était non seulement un supplice pour les tympans délicats, mais aussi terriblement salissant. La poussière maculait leurs uniformes sobres aux lignes simplistes, se mêlant à la boue blanchâtre qui collait à leurs bottes et faisait déraper leurs pieds. La neige était un obstacle non négligeable, fourbe et sourd à toutes les insultes dont pouvaient bien les affliger mentalement le Mangemort. Ce qu'il pouvait haïr la neige. Le froid. Les volutes glaciales qui s'échappaient à chaque expiration, les muqueuses agressées par ce climat quasi-sibérien. Il la haïssait presque autant que ces sombres crétins qui s'enlisaient dans leur propre bêtise, qui osaient seulement espérer pouvoir changer quoi que ce soit à ce qui était en train de se passer sous ces toits branlants. Les pas se faisaient prudents, presque délicats. Lui qui ne demandait qu'une chose : foncer comme un bœuf sur sa cible, l'anéantir sans qu'il n'ait même le temps de réellement comprendre qui (ou quoi) lui tombait dessus. Le roux se tira, furtif, balança un flot de paroles par dessus son épaule. Presque moqueur, le gamin. ]« Je suis flatté. Truc de dingue là. Mais bon… ça se trouve tu me confonds avec un des frangins. On est pas mal tu vois et tous derrière vos fesses.  Ça confusionne vos bulbes» Qu'il se soit agi de Ronald, ou d'un quelconque autre misérable frère issu de la plus grosse tribu de traîtres à leur sang qui n'ait jamais existé au Royaume Uni, Avery s'en fichait comme d'une guigne. Son sang impie allait couler. Fluide vital qui avait bien trop longtemps couru dans ses veines. Il avait eu plus de temps qu'il ne le méritait. Son heure était venue. « Ferme-la, et arrête de fuir, mécréant. Toi ou le reste de la portée Weasley, c'est du pareil au même. Vous y passerez tous un jour ou l'autre. » Oh que oui. Et on allait commencer par lui, aujourd'hui même. Un maléfice fusa dans un sifflement vicieux en direction de Ron, creusa un trou profond à l'endroit où s'était trouvé sa jambe un instant auparavant. Veinard.

Puis tout disparut. Avery eut le temps d'apercevoir le bras se lever vers le toit protecteur du ciel ombrageux avant que l'obscurité ne s'abatte définitivement sur lui. L'écharpe vaporeuse dont se paraît la coupole nocturne ne présageait rien de bon. Une chute brutale qui recouvrirait tout paysage d'un délicat et frais manteau blanc. Et qui, pour l'instant, représentait surtout un terrible avantage pour le petit malin qui illusionnait encore son monde avec son tour de passe passe ridicule. Un déluminateur, certainement. Ridicule peut-être, mais bien emmerdant. D'un informulé, il tenta de raviver la lumière du bout de a baguette. Raté. Une flammèche palote vacilla un instant puis se fit happer par le petit objet que détenait le rouquin, absorbée par la magie qu'il contenait. Le salaud ! Owen jura, s'immobilisant brusquement, ses yeux s’acclimatant difficilement à la soudaine chape d'ombre qui les entourait. Le reste des Mangemorts subissait le même sort non loin derrière eux, et Avery les entendit maudire les insurgés avant que ne fusent des sorts, balancés à l'aveuglette et à tout va. Peu importait bien qui allait en écoper, la colère et la soif de sang seuls parlaient en cet instant. Un cri fusa dans le noir ; l'un des sortilèges avait trouvé un corps vivant sur lequel s'abattre. Une confusion sans nom s'ensuivit dans les deux partis. Lui-même tendit l'oreille, s'efforçant d'écouter pour entendre. Les souffles semblaient s'étirer en longueur, paraissaient prendre consistance dans ce néant alentour. Sa main effleura un mur délabré, des miettes de bâtiments s'effritèrent et glissèrent jusqu'au sol. Le moindre son était à la fois gobé et amplifié par les ténèbres. S'il éprouvait toutes les difficultés du monde à repérer le fuyard, il sentait néanmoins qu'il n'était pas parti loin. Pas un bruit de fuite. Rien. Et de ce qu'il se souvenait de lui, Weasley n'était pas le plus discret des adversaires. Ni le plus malin, à en croire les événements du Département des Mystères il y avait presque cinq ans de cela. N'était-ce pas lui qui s'était laissé happer par des cerveaux flottants ? C'était tout à fait ça, lui semblait-il.

Il était là. Il le sentait. Avery s'avança à pas prudents, les battements assourdissants du sang à ses oreilles le gênant plus que de raison. L'assaut prit la forme d'une attaque vipérine, aussi brusque que vicelarde. L'impardonnable frappa juste, un corps tomba dans le noir et se tordit de douleur. Les cris montèrent délicieusement vers le ciel. Quelle douce chanson lorsqu'il savait que ces vagissement ne seraient que les premiers d'une longue série une fois qu'il l'aurait livré au Lord. « Quelle stupidité d'attaquer maintenant. Vous ne pouvez rien faire, tout ça vous dépasse. » La baguette toujours pointée sur la masse plus sombre au sol, guidé par les hurlements, Owen poursuivit. « Tout ce qui va vous arriver, c'est la mort. Écoutes, la moitié de tes copains a sûrement déjà rejoint le reste des captifs, maintenant. » La curée se poursuivait toujours à l'arrière, et il espérait sincèrement qu'elle avait tourné à la faveur des Mangemorts. Avery agrémenta le sermon d'un rire grave. Pour toi Weasley, ce ne sera pas la captivité. Pas ici. Tu auras l'honneur d'être emmené au quartier général et d'être présenté à notre communauté toute entière, et le Lord lui-même décidera de ton sort. La main finit par se relever, mettant fin à la torture. Quelques secondes qui avaient du paraître des heures pour celui qui en faisait les frais, et il savait de quoi il parlait. Owen bondit en avant, releva Weasley. Le coude crocheta une gorge qui ploya sous la pression, et il se projeta avec sa victime contre le mur le plus proche, s'aidant de cela pour contenir les tentatives de fuite désespérées, en profitant par la même occasion pour prendre appui sur quelque chose de stable. Maudit sol glissant. Sa poigne d'airain le maintenait tant bien que mal mais la hargne avec laquelle se débattait Ron eut raison de lui une fraction de seconde. Ce fut tout ce dont avait besoin le jeune homme pour riposter violemment et envoyer valser sa baguette loin de lui.

• • •




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MessageSujet: Re: isolement sur les cimes (RON)   isolement sur les cimes (RON) EmptySam 19 Sep 2015 - 12:04

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“Blood is really warm,
it's like drinking hot chocolate
but with more screaming.”
Haiku zombie

"


« Ferme-la, et arrête de fuir, mécréant. Toi ou le reste de la portée Weasley, c'est du pareil au même. Vous y passerez tous un jour ou l'autre. »

Mécréant? Le visage de Ron s’allongea quelque peu. Pardon messire. On a oublié nos arquebuses chez nous...Oh bien sûr, Ron n’allait pas admettre qu’il était quelque peu vexé. Inutile de faire comprendre que l'autre avait tapé pile dans sa petite faiblesse intime.

« Quelle stupidité d'attaquer maintenant. Vous ne pouvez rien faire, tout ça vous dépasse. Tout ce qui va vous arriver, c'est la mort. Écoutes, la moitié de tes copains a sûrement déjà rejoint le reste des captifs, maintenant. »


La nervosité grimpa, insoluble dans la nuit. Les cris semblaient prendre vie et Ron pria intérieurement que ce soit ceux des mangemorts. Qu’il n’ait pas à ramener encore des corps déchus, brûlé par des sortilèges néfastes.
La méthode douce n’avait aucune chance. La dure non plus. Aussi terrible que cela soit, Avery avait raison : ils n’auraient jamais dû tenter quoi que ce soit. Une impulsion désordonnée mû uniquement par un fond d’Humanité qui vrillait leurs tripes.  

Owen n’avait pas eu besoin de parler. Les mots -la sentence- courraient dans l’air. Et si lui se faisait attraper, ce serait un aller simple pour l’Enfer. Voldemort ferait de lui un pâté vaguement humain, soutirerait toutes informations valables sur Harry, sur leurs avancées à propos des horcruxes, puis le tuerait en guise d’exemple. Probablement en place centrale. La belle affaire que ce serait…

Ron n’eut guère le temps de répliquer quand Owen bondit sur lui. Le coup se répercuta jusque dans ses genoux et Ron étouffa un gémissement rauque lorsque le corps puissant du mangemort l’envoya valdinguer en l’accompagnant sur le mur le plus proche.
D’ici Ron l’entrevoyait, silhouette sombre sur un tapis d’obscurité. Sur les bras et le visage, des cicatrices dessinaient des graffitis menaçants. Un bruit sec claqua et Ron parvint à se défaire de l’étreinte, quelques secondes, suffisante pour que son pied aille frapper le poignet, la baguette voletant plus loin.  

Si Owen glissa sur le sol boueux et enneigé, Ron également. La scène aurait pu être comique mais personne n’émit de rire. Le poing de Ron vint s’écraser sur l’abdomen d’Avery et l’étrange résistance le prit au dépourvu, suffisamment pour que ce dernier riposte en écrasant le sien –de poing- en plein sur la mâchoire du rouquin qui cogna pleine hanche sur le sol. Les larmes lui jaillirent des yeux, alors que le sang inondait ses lèvres. Aveuglé, Ron tâcha de crachoter et de battre l’air de ses mains mais un nouveau coup l’atteignit aux côtes, un autre dans l’aine droite, un troisième au ventre.

Il se plia en deux, crachant du sang.

Ron s’essuya les paupières et vit la main du mangemort jaillir des ténèbres pour l’empoigner au col et le faire se relever. La douleur irradiait de partout à la fois et sous une barre noire inconsciente, il distingua les traits de son adversaire. In extremis il évita un nouveau choc même si, pendant quelques secondes, l’idée lui était venue d’en finir. De se laisser assommer une fois pour toute.

Cela n’avait pas duré plus d’un clignement de cils.

Un coup sur la nuque et il parvint à se libérer d’une emprise étouffante. Le contact sur la neige glissante le réveilla dans un flash et il sentit l’épaisseur du liquide coulant sur lui. Du sang poisseux. Le sien probablement. Avery était plus baraqué, plus en forme assurément aussi. Mû par un pressentiment, Ron se propulsa sur le côté tandis que le poing de l’autre s’écrasa au sol. Un long cri de douleur déchirant sembla résonner directement d’Owen et Ron –sur le dos-, releva son visage, balançant de toutes ses forces sa jambe droite en direction de son adversaire, le fauchant à son tour.

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MessageSujet: Re: isolement sur les cimes (RON)   isolement sur les cimes (RON) EmptyDim 27 Sep 2015 - 15:28

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‹ résidence : Herpo Creek, dans la maison de mes parents, vide et délabrée; ruines.
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Le désespoir présente
un paroxysme de l'individuation,
une intériorisation douloureuse et singulière,
un isolement sur les cimes.


Désarmé. Déchanté. Le sang se glaça dans les veines lorsqu'il fut saisis par une soudaine crainte, ignoble et acide, que le fuyard lui échappe. La violence de sa surprise le paralysa un instant, tandis que ses pieds ripaient sur le sol traître et instable. L'autre en fut victime tout autant que lui, mais parut trouver un compromis en se servant de sa chute pour balancer un poing rageur dans sa direction, le percutant en plein ventre. La riposte fut immédiate. Taquet vengeur, qui atteint son but dans un claquement sec qui accompagna le choc. Weasley perdit définitivement pied, le corps suivant l'éclat en arrière de la tête du rouquin quand il accusa le coup. La chute fut brutale ; sur la hanche. Souffle coupé, il se laissa tomber à son tour, frappant chaque partie du corps de Ron qu'il parvenait à atteindre. Qu'il ne s'oublie pas à frapper le gamin à mort, au détriment de l'importance de sa survie. Ron ne devait mourir de sa main, simplement ployer sous les nombreux coups. Emporté par la rage, Avery ne trouvait plus ses limites. S'il devait ramener au Lord un Weasley à moitié mort, fort bien, mais qu'au moins on le reconnaisse. Donc, épargner le visage. Meurtrir le reste. Il le releva de force pour mieux essayer de l'assommer d'une violente droite, qui passa à côté et s'écrasa sur une surface dure et froide. Alors qu'il ne cherchait que chairs tendres à blesser, à faire saigner. Raté. Un grognement roula sur sa langue lorsque la douleur fusa de son poing fermé et tuméfié. D'ici quelques heures, Owen souffrirait de sentir ses articulations réduites en bouillie. Quand elles auraient refroidi, engourdies. Par Shar, ou était passée sa baguette ? Si ce crétin l'avait brisé, pas certain qu'il lui laisse les jambes, les mains, ou tout autre membre inutile avant de l'envoyer au Maître. Avery était plus à l'aise avec son arme, certes, mais laisser affluer sa folie, physiquement, avait quelque chose de libérateur. Ses paumes trouvèrent la gorge de Weasley, enserrant la peau tendre de son cou. Les pouces prirent d'assaut les carotides ; il fit pression sur les artères, meurtrissant à la fois la trachée et l'afflux sanguin. Quelques secondes à peine, et l'autre se laisserait emporter par les vappes. Quelques secondes, et... Riposte, frappe visant la nuque, amenant avec l'éclair douloureux des kaléidoscopes colorés derrière ses paupières. Seules lumières dans cette noirceur quasi totale. Ron se dégagea à temps.

Soudain fauché aux jambes sans qu'il ne l'ait vu venir, Avery s'écrasa au sol, atterrissant lourdement sur le bras du malfrat. La confusion emplissait la nuit. Cela ne durait que trop, cette farce devait prendre fin, immédiatement. Roulant sur le côté il agrippa la cape moite et glacée du jeune sorcier, attirant à lui les tissus dont il sentit l'autre se défaire à mesure que les vêtements venaient, mais que le corps fuyait. Il attrapa une cheville, l'enserra de toutes ses forces. Weasley parvint à se relever à demi, dégageant sa jambe dans un râle paniqué ; quelque part dans sa folle envie de fuir, il trouva la présence d'esprit de rendre à la nuit les lumières qu'il avait dérobées. Le jour se fit, violent. Owen dut fermer les yeux une fraction de seconde, peiné par la luminosité intense. Les rétines agressées, il perdit le contrôle un instant de trop. Glissade désordonnée puis, il le vit, le traître à son sang, se relever maladroitement et tournoyer péniblement à quelques centimètres de lui.

Son sang ne fit qu'un tour. Un hurlement de rage incontrôlable s'échappa de sa bouche lorsqu'il prit pleinement conscience de l'erreur qu'il venait de commettre. Une erreur ? Bavure impardonnable. Il avait laissé fuir Weasley. Merlin, comment avait-il pu ? Soudain muet d'horreur, il chercha vainement la silhouette du rouquin quelque part autour de lui. Il ne vit que la fin de la débâcle près des bâtiments ou étaient parqués les prisonniers. Il lui semblait que des heures avaient filé, alors qu'il avait du s'écouler à peine plus de quelques minutes depuis l'arrivée des Insurgés. Avery ramassa sa baguette, jeta un œil désintéressé à son poing qui virait lentement au violet sombre, pulsasions douloureuse affluant par vague au bout de ses doigts, retourna auprès des autres -priant pour que personne ne se soit aperçu de la présence de Weasley parmi les Insurgés. Ou ce serait sa fin.

Il. L'avait. Laissé. Filer.

Il se prit la tête entre les mains, à deux doigts de s'arracher les cheveux. L'ignominie de son échec lui éclata à la gueule, et il passa sa rage sur un des fugitifs que tenait un de ses compagnons. L'éclair vert alla le toucher en plein cœur, mettant fin à ses gémissements insupportables. La masse corporelle, inerte, pendit au bout des bras du Mangemort qui lui lança un regard consterné. Il passa une main sur son cou, essuyant des traces de sang collant. Le sien, celui de Weasley, il n'aurait su dire. « Qu'on enferme ceux qui restent, et surveillez mieux les alentours la prochaine fois. » Beaucoup avaient soit fui, soit péri, rares étaient les malchanceux qui prenaient une nouvelle place parmi les captifs. Avery tourna le dos aux bâtiments, un arrière goût amer de défaite, avec cette sensation d'inachèvement infernal lorsqu'il réalisa une nouvelle fois l'ampleur de la catastrophe.

Weasley s'était sauvé.

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    Le cynisme de l'extrême solitude est un calvaire qu'atténue l'insolence.
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