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If I lay here, If I just lay here
Would you lie with me, And just forget the world?
11 SEPTEMBER 2002 ; #Aranyss 6


Il a dit qu'il ne rentrerait pas ce soir. Mission ordonnée par le Magister.
Elle a répondu « très bien » avec un sourire aux lèvres. Alors qu'elle avait tout prévu.

Elle avait prévu le repas, simple mais pensé uniquement selon les goûts d'Aramis, qu'ils auraient partagé, avec peut-être un peu de rosé pétillant pour elle puisqu'il refuse de boire. Elle avait prévu une soirée tranquille, près de la cheminée, à raconter des préparatifs pour la fête de fiançailles parce qu'en ce moment, les filles et elle cherchent une salle, choisissent un traiteur, un pâtissier et que, pour la première fois, Nyssandra trouve vraiment amusant d'organiser ça. Elle avait prévu, aussi, de ne pas préparer le gâteau au chocolat qu'elle avait promis, pour le plaisir de le contrarier avant de lui dévoiler la surprise qu'elle a aussi prévue, sur ce large plateau qui les attend sur le lit de la chambre à coucher, chargé de crème pâtissière, de glace au chocolat et de framboises. Elle avait même prévu le champagne pour trinquer le premier anniversaire sans séparation qu'ils devaient fêter depuis des années. Elle avait même prévu la lingerie fine qui traîne encore, abandonnée sur la couette.

Nyssandra avait tout prévu. Sauf ça.
Cet homme qui lui vole tout, même son fiancé.

Parfois, elle en a assez. Ca lui donne envie de tout briser, de tout déchirer.
De dépit, elle en aa même cassé une assiette, brisures de porcelaine laissées sur le parquet. Un verre où traînait un reste de vin a fini en éclats de cristal contre un mur. Le dîner est abandonné sur la table, intact, sinon pour la bouteille qu'elle a emmené dans la chambre qui de sienne est devenue leur.

Il est à elle.
S'il rentre égratigné ou abîmé, elle va mordre.
Même si c'est fou, même si c'est stupide, elle avait tout prévu.

Et quand Aramis rentre, enfin, dans une maison où toutes les lampes magiques sont éteintes, la bouteille est encore là, à peine entamée et maintenant tiède, sur la table près de la causeuse. A côté, sur le fauteuil, Nyssandra repose, endormie sous le plaid dans lequel elle se blottit souvent quand les nuits refroidissent. Sa lecture, elle, s'est échappée d'entre ses doigts pour s'écraser, se froisser dans la chute. Les cheveux encore humides de sa douche, elle n'est vêtue que d'une chemise à lui, d'un peu de son odeur contre elle. Un ersatz du réconfort qui lui permet de dormir, même si elle n'est pas dans leur lit, même si elle n'a pas le nez enfoui dans son coussin, les poumons pleins de son parfum. Car, si elle a abandonné l'idée qu'il rentrerait à la maison aux douze coups de minuit, l'Ollivander n'a pourtant pas voulu rejoindre le lit, pas voulu défaire sa surprise sans lui.

C'est son cadeau après tout.

« Aramis ... » soupire-t-elle, entre le sommeil et l'éveil, quand la lumière rallumée de la chambre dérange son sommeil devenu trop léger quand il n'est pas là pour la tenir. Et, aussitôt, les bras s'ouvrent en invitation à la tendresse : « tu es revenu. »

Tu m'es revenu. A moi.


Dernière édition par Nyssandra Lestrange le Ven 27 Mai 2016 - 1:43, édité 2 fois
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straight into your arms; keep me safe
I don't feel like myself
I been waiting to go
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Nuit noire. Le  parquet craque, tout se détraque. Sur tes lèvres, il y a comme une odeur de fièvre mortuaire, guerrière. Il y a comme un enfer qui s'agite encore, crépite, dodeline dans tes yeux clairs. La  toux est sèche, elle écorche, décroche la gorge.  L'air te manque, l'air te dérange. Le masque tombe dans un bruit métallique, dans un bruit toxique. Les  volutes de fumée te piquent encore les yeux, les flammes dévorent encore ton cœur. Des cris, toujours des cris d'enfant, d'adolescents, de parents. Ils sont tombés, tu les as tués. La bile remonte, le cœur s’inonde. Tu balayes déjà les visages, les mirages, tes naufrages. Tu n'entends pas la rage. Tu voulais juste rentrer, tu ne veux plus y penser. Dressé, drapé dans ta froideur, tu tires sur les gants de cuir sombre, les laissant glisser de tes mains. Tu retrouves un peu d'humilité, d'humanité. Tu n'es plus un objet, le chien de son maître.

La marque s'étale au creux de ton bras, elle détale en funestes présages, en douloureux orages. Et tu susurres tout bas ; «  Joyeux anniversaire. ».  Du bleu de tes yeux salis, trahis, il ne reste que l'écume d'une amertume sur le creux de ta naissance, de ta renaissance. D'un soupir, tu glisses dans la salle à manger, observant les détails d'un festin laissé intact, accusant sous tes bottes les éclats d'une assiette. Une bougie brûle encore, laisse la cire rouler sur le métal du chandelier. Un sourcil se hausse, ton cœur se rehausse. Elle a dit que ce n'était pas grave, que c'était très bien avec un sourire aux lèvres, tu as soufflé que tu n'avais pas d'autres choix. Les dents se serrent, se resserrent. Si tu avais su … Tu n'aurais rien pu faire, tu aurais juste eu un peu plus l'enfer dans les veines, sur toutes les voiles de ton univers. Tu ne peux pas lui dire non. Tu ne peux jamais te rebiffer, te rebeller.  L'alcool goutte encore contre le mur, et tu as la haine qui roule, qui s'écoule dans tes veines. Tu l'as laissé seule, toute seule.

Sombre con, tu aurais dû te douter, tu aurais dû deviner.
Et tu n'as rien remarquer.

Tu détailles les bordures d'un mini croque-monsieur. Froid, gelé, elle n'a rien manger, elle n'a rien voulu toucher. Et tu les détestes tous pour te l'arracher, pour devoir l'abandonner, la laisser. Tu les détestes de l'utiliser, de n'avoir jamais assez de ta fiancée. Tu les hais de te l’enlever & de t'enlever. D'un mouvement du poignet, les lumières s'allument sur ton passage, dans ton sillage. Tu abandonnes sur le plancher la lourde cape, puis le haut de ton uniforme, retrouvant  ta mobilité,  ta liberté. Les  bottes sont abandonnés avant d'entrer dans la chambre. L'odeur de ses cheveux te manque, creusant un besoin de tendresse, de caresse. Tu veux juste t'endormir contre elle, coller à elle, en susurrant des pardons, en réclamant son amour sans raison, sans condition. «  Nyss … La bouche s’assèche, le cœur se contracte, les pupilles se dilatent. L'odeur des framboises se mêle à son parfum, laissant une traînée gourmande, entêtante. Tu la détailles & tu crois bien que tu dérailles. Le plaid glisse sur elle, offrant la vision de ta chemise trop grande, baillant sur sa poitrine, son corps sublime. Les cheveux sont mouillés, la lecture est depuis longtemps avortée, tombée. Et d'un battement de cœur, tu souffles un peu perdu, déjà vaincu.  Andra. ». Et elle est belle, lorsqu'elle se tend, lorsqu'elle te demande, te quémande. « Aramis ... », murmure-t-elle, souffle-t-elle, supplie-t-elle, ne cherchant que tes bras, que tes doigts. Elle a le cœur qui s'ouvre en même temps que ses mains, soupirant pour un peu de chaleur, de douceur. Le rêve la berce encore un peu.  D'un  « tu es revenu.» , elle balaye toute ta retenue, toutes questions, toutes les hésitations. Tu t'approches, hypnotisé, charmé, dépassé par la chaleur qui se noue dans ton bas-ventre. Tu tires le plaid doucement, tendrement, observant la peau douce des jambes se dévoiler, ne plus se cacher. «  Toujours. », la voix est rauque, salée, pressée. A genoux, tu viens te glisser entre ses cuisses, embrassant le creux de la poitrine exposée, remontant tendrement, chastement le long du cou. «  Je reviendrai toujours. ». Puisqu'au fond, il n'y a qu'elle. Il n'y aura jamais qu'elle. «  Je suis à toi, tu te souviens ? ».

Les  doigts glissent sous la chemise, lentement, tendrement. Tu cours en cercles de feu, en tendresses lentes, captivantes. Sur sa peau, tu pianotes, papillonnes, laissant un air d'amour glisser, s’immiscer. Le cœur vrille, imbécile trop fragile, funambule peu agile. Il menace de tomber, de s'exploser à même le sol, en petits morceaux, en tristes lambeaux de ton être. «  Tu me pardonnes ? , perds-tu à l’orée de ses lèvres, hésitant à l'embrasser, demandant silencieusement si elle veut un peu de toi, si elle veut toujours de toi. Le désir dodeline, indocile.  Je suis en retard. ». Dans un murmures, tu te désoles, t'abandonnes. Elle t'attend depuis tellement longtemps. Et tu es amer du temps gâché, volé. Tu sais bien que tout vous sépare, qu'il faudrait s'enfuir, mais tu ne veux que lui revenir, tu ne peux te retenir. L'âme à moitié ivre, pour un simple regard, pour un seul égard, tu veux vivre au bord du vide. «  Tu m'as manqué. ». L'inquiétude a rythmer chacun de tes pas,  a embraser la moindre de tes pensées. Et le désir t'embrasse, s'écrase contre tes reins. «  Tu m'as tellement manqué. », dans un baiser perdu, vaincu, abattu.
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11 SEPTEMBER 2002 ; #Aranyss 6


Au loin résonnent les pas, rythmique familière dans la maison endormie. Perdue dans le sommeil, pourtant, Nyssandra ne l'entend pas approcher, monter l'escalier, elle ne l'entend pas abandonner ses devoirs en grands pans de tissu et de cuir laissés dans le couloir. Il faut la brûlure de la lumière revenue, des flammes qui s'embrassent seules sur les chandeliers de la chambre pour venir froisser le rêve. Il faut le prénom chuchoté, un « Nyss … andra » doux et tendre, chaud comme la laine du plaid où se pressent doucement ses doigts, pour pousser sur ses lèvres le nom bien aimé, l'appel quémandeur. Morphée, en la berçant, l'a patiemment dépouillée de ses masques comme de ses jeux capricieux et c'est sans penser qu'elle souffle un « tu es revenu » où s'attardent tous les soulagements des fiancées délaissées par devoir. Et au creux de ses bras, elle offre un endroit pour qu'il s'y réfugie et qu'il la console des heures solitaires.

Bientôt, le début d'un gémissement plaintif fait vibrer sa gorge quand le cocon de chaleur est craqué, déchiré par la curiosité d'Aramis. « Toujours. » Doucement, le brun des yeux encore pailleté de sommeil, le corps veut se recroqueviller pour conserver la chaleur durement acquise, sauvegarder le repos âprement conquis. Et déjà, il est là, contre elle, à épouser ses creux et à la réchauffer de tendres baisers, à la gagner de sa chaleur contre sa peau. « Bon retour à la maison » Soupire-t-elle entre les courbes paresseuses d'un sourire. Au final, elle l'a attendu, et elle en est contente. Patientant sur cette causeuse, s'occupant pour faire passer le temps, elle a toujours su qu'il rentrerait. Puisque Aramis l'a dit. Puisqu'il a promis d'un « Je reviendrai toujours. » de ne jamais la laisser ni pleurer dans le noir, ni se glacer de solitude. « Je suis à toi, tu te souviens ? » Elle se souvient, et pourtant un détail la chiffonne quand il vient trouver son visage, qu'une odeur s'attarde dans son cou. « Tu me pardonnes ? Je suis en retard. » De la tête qui doucement acquiesce, de ces bras qui s'enroulent autour de son cou, Nyssandra esquisse un oui tranquille. Oui, il est en retard. Mais, oui, elle lui pardonne. Quelque part entre la solitude pesante et le besoin de lui brûlant, ses griefs se sont envolés, éclatés contre l'azur clair des iris qu'il pose sur elle. Si son idiot de coeur proteste, boudeur et capricieux comme un enfant trop gâté, comme une gamine un peu pourrie, la raison, elle, sait bien qu'il n'a jamais eu le choix. Et, au fond, même si c'est parfois sous conditions, elle lui pardonne toujours tout, pas vrai ? Elle n'a jamais bien su entretenir les brasiers de la rancune avec ses proches - elle a toujours eu trop peur de les perdre. « Tu m'as manqué. » L'étreinte se resserre, elle le réclame. Qu'il vienne contre elle, qu'il cueille les aveux contre sa langue, qu'elle dépose ses déclarations sur ses lèvres.

« Tu m'as tellement manqué. »
Lui aussi, et elle le lui épelle sur les lèvres, contre sa langue, elle le lui assure dans une étreinte chaude, dans les semailles de baisers qu'elle fait sur son visage, retraçant patiemment les traits adorés. Le gardant contre elle, son nez se perd dans les cheveux, mais au lieu du citron, c'est cette odeur dérangeante, âcre et chaude, qui s'attarde et froisse les traits tantôt paisibles. « Tu vas bien ? » Demande-t-elle d'une voix douce et l'inquiétude s'enlace à ses mots. Ses mains embrassent les joues, et ils redressent le visage pour l'observer entre les dernières brumes d'un songe qui s'attarde - elle répète, entre l'inquiétude tendre d'une fiancée et l'indignation possessive d'une amante : « Tu vas bien ? » Ils ne t'ont pas abîmé ? Qu'ils jouent avec son empathie, s'amusent avec son esprit s'ils le veulent - mais elle ne leur permet pas de l'égratigner, de le marquer. Aramis n'est pas un de leurs jouets qu'ils peuvent utiliser et casser comme il leur plaît. Il est à elle, n'est-ce pas ? La pulpe des doigts glisse contre le cou, et effleure la clavicule avant que la paume n'épouse le torse pour le forcer à s'écarter et que Nyssandra ne se redresse pour l'observer, lire entre les cicatrices qui barrent la peau. « Tu n'es pas blessé ? » Des yeux et du toucher, elle cherche les nouvelles failles et les fissures. Elle explore la peau et la frôle des doigts en retraçant l'histoire qui s'inscrit sous ses yeux pour s'assurer qu'à la fin du dernier chapitre, tout n'est pas ruines et désolations. Elle relit tout, vérifie tout jusqu'à être rassurée et apaisée. Il est à elle, pas vrai ? A elle à aimer, à désirer. Mais aussi à elle à prendre soin, à consoler. « Est-ce que tu as faim ? » Le dîner est sûrement froid, abandonné sur la table dans un accès de dépit, un excès de déception (un caprice d'enfant qui en a assez de céder, de donner tout et toujours trop). Mais elle peut le réchauffer - peut-être peut-elle encore sauver la soirée, lui offrir son anniversaire avant qu'il ne doive aller le fêter avec sa famille. « Je te donnerai ton cadeau ensuite ? » Propose-t-elle et instinctivement, son regard s'égare vers le plateau de victuailles qui attend toujours sur le lit, à côté de la lingerie délicate. Ca ne dure qu'un instant, mais c'est bien suffisant pour que le rose morde ses joues et glisse contre sa nuque.


Dernière édition par Nyssandra Lestrange le Ven 27 Mai 2016 - 1:43, édité 1 fois
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Et sa beauté t'entaille, te faisant doucement dérailler, vaciller. Les yeux fauves s'égarent en éclats de sommeil, et tu t'en veux presque de la tirer de ses rêves. Elle a du mal à dormir, à s'endormir. Souvent, dans la pénombre de la chambre, les respirations s'étiolent, s'érodent alors que vous vous accrochez, vous vous écorchez. Tu as peur des matins, des lendemains alors tu chasses l'aube dans une poignée de baisers pour l'apaiser, pour la garder. Tu promets de ne jamais l'abandonner, de ne jamais vous abandonner. Tu promets et tu sais, pourtant, que ce n'est pas assez. Ce n'est jamais assez.  « Bon retour à la maison »  , souffle-t-elle alors que tu rebondis sur sa peau en baisers, en tendresses, en caresses. Tu éclipses l'absence par un amour lent, puissant, avalant paresseusement tout sur ton passage, dans ton sillage. Et tu souris, tu revis.

Oui, fait-elle de la tête. Oui, je te pardonne. Et le cœur recommence à battre, à se débattre. Tes sens s'électrisent alors que tes doigts glissent contre ses hanches, l'attisant, l'attirant en cercles sensuels, cruels.  Tes lèvres glissent contre elle. Tu veux plus, tellement plus. Le souffle est chaud, brutal, animal. Tu as besoin d'elle, besoin d'être contre elle. Tu veux t'assurer, te rassurer que ses bras ne sont là que pour toi, que ses draps ne s'ouvrent que pour toi. Le manque s'inscrit, s'écrit dans l'étreinte de ses bras & de ses cuisses, cherchant la chaleur, fuyant la rancœur. Enfin les lèvres s'égarent, s'enlaçant, se perdant l'une contre l'autre, l'une dans l'autre. Et elle conte la tendresse paresseuse, voleuse sur le bord d'un sommeil avorté, brisé. Et elle compose un peu d'amour sur ta langue gourmande, fuyante. Et elle sème, parsème les baisers sur tes traits, retrouvant le pli froncé, trop soucieux de tes sourcils, la bouche boudeuse, frondeuse, te faisant gronder quand elle effleure de ses dents la barbe piquante, te désarmant, t'affamant. Fou d'elle, tu l'es, sans doute, déjà.

« Tu vas bien ? » , souffle-t-elle le nez dans tes cheveux, humant l'air de la chaire calcinée, d'un de ses trop nombreux brasiers. Et tu te raidis, le visage se cristallisant dans tes plus beaux mensonges, dans un songe peuplé de froideurs & de cœurs brisées, piétinées. Les corps se disloquent, suffocants, agonisants.  Les images se retracent sur le grain de peau de Nyss. Certains crient, d'autres meurent sans bruits, comme soulagés, comme après avoir mené une trop longue bataille. Les yeux clairs se vident, te nouant les entrailles d'un autre traumatisme, d'une autre hantise.  Et les flammes dévorent, pleine d'une de ses famines interminables, intraitable. Les  cheveux gouttent, imbibant la chemise d'une auréole translucide sur le tissu trop grand. Droit dans le cœur. Le sort file, vert immonde, explosant en éclat sur la poitrine d'un adolescent. Le bois rouge tremble encore, sous le rire de ton oncle.  Et tu as la gorge asséchée, le souffle bloquée. La fumée est partout. Le feu est partout. Il brûle encore sous tes doigts, contre la peau aimée, désirée. Les mains se font caresses, chassant la détresse. Elle s'inquiète, et ta bouche glisse contre un baiser sur le bout de ses doigts. « Tu vas bien ? » , répète-t-elle dans ses eux fauves,  sur ta langue qui se mord, se tord sous l'évidence. C'est elle qui ne va jamais vraiment bien, jamais tellement bien. C'est elle qu'on déchire, qu'on abîme. C'est elle qu'on blesse. Pas toi. Et tu veux juste un peu la protéger, un peu la garder. Tu ne veux plus jamais les laisser la briser, l'entailler de larmes, blesser son âme. Et dans le fond de ton ventre, dans ce qui t'éventre, tu jures, tu promets ;  Plus jamais. Tu peux tuer, tu peux blesser mais tu ne peux pas la perdre. Elle s'égare contre ton cou, glissant de ses phalanges contre ta gorge te faisant ronronner, fermer les yeux, apprécier, aimer chaque courbes tendres de ses gestes. Elle est là. Elle est à moi, te souffles-tu, soulagé, rassuré, un peu en sécurité. Et tu t'écartes, dans un claquement de langue agacé, pressé. « Je vais bien Nyss, arrêt-  Tu n'es pas blessé ? Les doigts s'attardent sur le torse, caressant les marques déjà présentes, déjà fuyantes. Certaines plus clairs susurrent, murmurent l'échec cuisant des rebuts, le sectusempara planté, agrippé à même tes veines, réclamant rancœur, vengeance. Tu ne veux pas que je revienne blesser, la moue se fait boudeuse, trompeuse, flirtant entre humour & peine sous le velours de ta voix. Tu me l'as interdit, tu te souviens ? », chahutes-tu doucement, tendrement. Tu ne dois pas l'inquiéter, tu dois la garder en sécurité.

Et lentement, tes mains se referment sur les siennes, la retenant d'effleurer un bleu contre la hanche, caché, voilé par le tissu. « Je crois que tu as de l'autorité. », les yeux se font malicieux, éclat d'azur, murant les usures au fin fond d'une mer glacée. Et tu oublies les blessures, tu oublies les horreurs, ne laissant que la douceur de ses bras, de vos draps. Entrelacés, il ne reste que vous dans le cocon de la chambre. Il ne reste que l'indécence de baisers volés, d'un bonheur réclamé, retrouvé. Le trouble se fait obsession, et la passion vous enlise, vous noue d'une exquise addiction. « Est-ce que tu as faim ? » , les yeux se font charmeurs, les fossettes se creusent d'un sourire, d'un rire. Tu détailles d'un œil désireux, fongueux, la chemise trop grande retombant sur sa taille, dévoilant des appétits vertigineux. « De toi ? Le sourire s'agrandit. Toujours. ». Le cœur vrille, dévie la bombe, retombant sur le sien, s'enlaçant aux vieux amours, aux histoires que tu adores, que tu redores inlassablement, passionnément. Le souffle caresse déjà le sien, une main coulant contre la chute de ses reins. Et le sentiment familier, pressé se fraye un passage, sommeil sous les rages, les carnages. Que l'Angleterre coule, s'effondre, tombant en ruine, vous restez là. Dans les battements précipités, désordonnés de ton cœur, tu sembles ordonner, réclamer pour l'aimer, l'adorer, la chérir dans chaque baisers, dans chaque gestes. Ivre, tu sens s'embrouiller, se brouiller les lignes de ton cerveau, des mots pour un peu d'elle, toujours pour elle. La pulpe descend, remontant sous le tissu, capturant le creux de sa hanche, ronronnant en se posant contre son ventre. Tu as besoin d'elle. Tu as toujours besoin d'elle, même dans vos vieilles guerres.

« Je te donnerai ton cadeau ensuite ? » , s'égare-t-elle, le regard fuyant vers le lit, la suivant dans un grognement, dans un ronchonnement, détaillant la dentelle délicate & les gourmandises, les traîtrises. « Tu n'es pas mon cadeau ? », fais-tu, faussement étonné, faussement choqué. Au fond, elle est, probablement, le seul paquet trop emballé, ici.  Et du bout de tes doigts, tu caresses doucement son nombril, glissant dans un geste plus bas, trop bas, joueur, séducteur. Le rouge de ses joues t'achèvent un peu, te fais couiner, renoncer à toute sagesse. « Je crois que je retombe amoureux, tu sais, et doucement, tu la soulèves dans un baiser, calant tes mains sur ses hanches, réclamant son cœur, signant toutes les erreurs. Surtout quand tu rougis. Assassin, les lèvres s'emparent du lobe, et tu mordilles, cherchant sa perte, cherchant votre perte. Et tu en perds haleine.  Putain, qu'est-ce que tu es belle, grondes-tu alors que tu la fais s'échouer dans les draps, au creux de tes bras.   Et la chemise s'éventre, déchiré, brisé en morceaux, en lambeaux. Trop habillée. », ronchonnes-tu, les  yeux brillant de malice, de délice. Les lèvres courtisent sa peau, tendres, venant poser un baiser timide à la commissure de ses lèvres, de vos rêves. Le cœur s'échappe, dérape en myriades de baisers dans son cou, posant un suçon sur sa poitrine. La langue timorée ébranlent son âme d'un ballet mouillé, amusé sur la pointe de ses seins pâles, embrassant le petit grain de beauté au creux de son cœur. Et tes cheveux chatouillent, embrouillent le jeu  d'un prince des glaces (trop) capricieux. Tu t’affame, te désarmes sur ses courbes, chutant entre ses cuisses, juste là, juste comme ça. « Je veux ça. ». Tu la veux elle, achevée, brisée de désirs, de plaisirs. « Je te veux toi ».

Et la bouche se déplace, retraçant les vallons d'une sensualité tendre, brûlante. Et tu sèmes, parsèmes la peau sensible d'un feu séducteur, charmeur. Il y a quelque chose qui s'allume, s'embrume. Il y a la poitrine qui se creuse d'un souffle rauque, perdu, abattu. Il y a elle, reine sublime, magnifique, étendue, vaincue. Et tu la pousses au bord du vide, au bord du précipice, murmurant l'amour, la tendresse de ta langue, avant de te retirer, de reculer brutalement, violemment. «  Ou peut-être que je veux prendre une douche avant de manger. », cales-tu, amusé, revenant te couler contre elle, dans un baiser tendre, lent. « J'ai sûrement envie de ça. » , et tu imprimes sur sa langue le goût de son propre désir, de ses propres défaites. Tu te relèves, te soulèves, laissant couler le pantalon à même le sol alors que tu te glisses dans la salle de bain sous le jet d'eau froide, très froide. Une énième provocation qui signe ton manque de raison.
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11 SEPTEMBER 2002 ; #Aranyss 6


« Tu n'es pas mon cadeau ? » Une épaule se hausse, fait tomber un peu plus la chemise contre la courbe soyeuse. Nyssandra ne fait pas vraiment confiance à sa voix quand il la fixe comme ça, un sourire joyeux au creux des lèvres et des yeux. Et elle rougit plus fort quand il remue avec nonchalance les braises qu'elle a au creux du ventre, au fond du coeur. Chaud. Elle a trop chaud sous son regard trop bleu, trop amoureux. Le plaid est abandonné sur le sol. « Je crois que je retombe amoureux, tu sais. » Un couinement s'écrase entre leurs bouches affamées quand il la soulève par surprise. Nyssandra s'accroche à lui, sa poitrine écrasée contre son torse, les bras serrés autour de ses épaules pour préserver un équilibre qu'il malmène en enfant capricieux. Son souffle chaud lové dans le creux du cou, elle veut se blottir contre la douceur de son coeur. « Surtout quand tu rougis. » La protestation grave des mots indignés sur sa langue, cette langue qui se perd sur la peau négligemment présentée, offerte. Mais un gémissement piétine tout, l'envie déchire tout quand l'oreille est attaquée, quand il joue à la défaire un peu plus. « Aramis ... » Murmure-t-elle à bout de souffle, déjà affamée de lui, déjà bouffée par les feux qu'il a réveillés de ces doigts contre sa peau tiède. « Putain, qu'est-ce que tu es belle. » Noyée dans les battements frénétiques de son coeur, elle n'entend pas bien les mots mais elle en saisit le sens, elle y reconnait les contours, familiers, des illusions qu'Aramis entretient encore sur elle, cette admiration qu'il a pour une Nyssandra fantasmée. Alors, shhht, dit-elle dans le baiser qu'elle écrase contre sa bouche. Shhht, presse-t-elle de sa langue, de son corps accroché au sien, de leurs coeurs pressés. Mais au fond, ça la réchauffe toujours un peu, ça apaise toujours les crevasses dans son coeur d'entendre ces mensonges dont il se berce toujours, avec lesquels il veut l'enlacer.

Un bruit contrarié lui échappe quand le froid glisse un frisson contre sa peau, profitant de la chemise chassée hors de leur étreinte. « Trop habillée. » grogne-t-il pour explication, et elle laisse échapper un rire essoufflé entre deux soupirs tressés par ses baisers. « T-tu .. (et les mots dérapent quand il chute entre ses seins) tu dis toujours ça. » Fait-elle remarquer, frôlant sa paume du bout des doigts. Et elle en rit toujours - en réalité, plus émue qu'amusée par le désir qu'il a d'elle, l'impatience qu'il a, encore, pour elle malgré dix fois, vingt fois, malgré des mois à l'explorer et à la goûter. « Sauf qu- (contre la langue curieuse, le coeur bat plus fort ; sous les doigts, il y a comme des brasiers qui cherchent à l'avaler toute entière) quand on sort. » A ses oreilles, l'écho étouffé de ses protestations est toujours doux, mâtiné de cette possessivité qui s'accorde trop bien avec les amours mauvais qu'elle a pour lui. Puisqu'il la veut, c'est qu'elle peut bien l'aimer, même si elle le fait mal, même si c'est laid, n'est-ce pas ? « Je veux ça. » Et Merlin, il va la perdre s'il continue de la fixer comme ça. Il va finir par défaire tous les rubans et les ornements qu'elle s'acharne à accrocher pour tout enjoliver. « Je te veux toi. » Clame-t-il.

Et il prend.
Et elle donne.

Les doigts crispés contre le coton des draps, le corps cambré sur le matelas. Elle donne, elle est offerte et défaite. « Aramis ... » Dans ses soupirs languissants, elle signe toutes les redditions. Dans les gémissements suppliants, elle accepte toutes les conditions. Il y a le plaisir qui tire sur ses nerfs, il y a le désir qui lui souffle contre ses braises. « Ou peut-être que je veux prendre une douche avant de manger. » Nyssandra cligne des yeux sans comprendre ce qu'il dit, tend le cou pour fixer sur lui des iris bruns assombris des brumes d'un plaisir insatisfait, déjà incontrôlable. « Je ... » commence-t-elle, perdue, avec sa voix déjà un peu éraillée, encore un peu essoufflée. Elle ne saisit pas ce qu'il dit. Croit que ce n'est pas important quand il coule contre elle, lui redonne un peu de chaleur dans un baiser doux. Tendrement, ses doigts se pressent contre le coeur d'Aramis. Comme elle aime le sentir sous la pulpe des doigts, ce pouls. Comme elle aime le sentir vivant, réel, contre elle. « J'ai sûrement envie de ça. » Les bras se tendent pour réclamer la dominance mais déjà il s'échappe dans la salle de bain et ils n'attrapent que le vide. « Aramis ! » Il y a comme un arrière-goût de panique qui perce le brouillard d'incompréhension à l'instant où elle ne peut plus sentir le coeur contre sa paume, quand ses doigts n'enferment que de l'air.

Puis son regard tombe sur le pantalon abandonné. Accroche la porte refermée sur la nudité qu'il a adoptée.
Le ...

Mauvaise perdante, Nyssandra veut se persuader que c'est le froid qui la fait encore frissonner (et pas la sensation des lèvres trop mutines contre sa peau) alors qu'elle évolue dans la cuisine, le corps tendrement gainé dans la lingerie. Négligemment, de nouvelles bougies brûlent et éclairent la table. Les plats ont été réchauffés. Et il n'y a qu'elle qui crève de froid dans la chaleur d'enfer de la salle chauffée au feu de bois. « Tu en as pris du temps, Amour. » Susurre-t-elle, essayant d'affecter un air détaché lorsque ses yeux suivent la chute d'une goutte d'eau jusque dans le moelleux de la serviette nouée. Contre la peau dévoilée de la hanche anguleuse, persiste encore la marque qu'elle a laissé quelques nuits plus tôt tout comme la dentelle transparente peine à cacher le suçon qu'il vient de lui donner. « Tu voulais manger, pas vrai ? » Négligemment, elle attrape un mini-croque monsieur et lui tend avec un sourire taquin. « On prendra le dessert et un geste de la tête désigne la chambre où ont été laissés framboises, crème et chocolat : « une fois que tu seras rassasié. »

Une fois que tu crèveras de désir, toi aussi.


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Un frisson, & l'eau chaude court sur ta peau. Le cœur battant, fuyant, grippé, pressé, tu laisses l'eau tout emporter. Les cendres se détachent, s'arrachent à ton épiderme, chiffonnant, griffonnant les armes, les drames & les larmes. Les cris n'existent plus sous le jet. Les peurs n'ont plus d'odeurs. Il n'y a plus que la nudité douce de Nyssandra, ses formes creuses, amoureuses de tes doigts. Ses soupirs sont encore lascifs, incisifs & son buste s'étend, se tend sous la lente danse de tes mains, de vos lendemains. Et tu sais qu'un peu maladroitement, un peu trop tendrement, tu la courtises, tu l'attises plus fort. Et tu sais bien, tu comprends bien ; Tu l'aimes.

A en crever.
A t'en damner.
A t'en brûler les ailes & le cœur.
Tu l'aimes encore & encore.

Et la main perdu sur le mur carrelé, tu laisses l'eau te laver, te purifier. Le feu s'en va, il ne reste que des « Aramis » susurré, murmuré, brusqué dans son souffle essoufflé, damné. Un frisson, & l'eau chaude roule, s'écoule, t'enroule. L'amour, tapi sous le velours, t'entoure, accourt. Les yeux un peu fermés, tu as, toi aussi, les désirs en fusions, en effusions, en ballet de passion, de ()raisons.

Le sol te semble un peu froid sous la plante de tes pieds. Tu coules la serviette sur tes hanches, exposant la marque, les cicatrices minuscules, presque invisibles & pourtant indivisibles sur ta peau. (Des maux pour Gwen, des maux pour elles.) Et l'eau meurt dans le tissu épais de la serviette, expire un dernier soupir, un dernier sourire. D'une main, tu sèmes batailles & pagailles dans ton sillage, dans tes mèches brunes, ouvrant la porte pour gagner la chambre. « Nyss, tu ne boudes pas trop, j'espère, laisses-tu planer, s'égarer. Tu as soif de la taquiner, de l'embêter. Tu as soif de l'aimer, de la toucher. Tu n'as jamais vraiment de cesse de la vénérer, de l'adorer. Nyss ? ». Les sourcils se froncent, le visage se froisse, s'encrasse d'inquiétude. Elle n'est plus là. La chambre est vide, le plaid abandonné, délaissé à même le parquet. La peur t'enlace, te crevasse & d'une main, tu attrapes la baguette. Tu t'égosilles, te bousilles ; «  Nyssandra? »

La dentelle légère esquisse la pointe timorée d'un sein galbé & tu en as le souffle coupé, arrêté. « Nyss ? », papillonnes-tu des yeux trop bleus, trop peureux. Et elle virevolte dans la lumière tamisée des bougies & de la nourriture chauffée, réchauffée. « Qu'est-ce que-Tu en as pris du temps, Amour. » , les yeux s'interrogent, s'écorchent sur la tendresse fine & fragile qui suit sa peau, tes moindres mots bloqués, avortés. Tu n'oses plus rien dire, à peine ressentir. Elle paresse, se presse en air détaché & tu lâches d'une voix brisée ; « Tu m'as attendu ? Tu n'aurais pas dû ». Ton cœur croasse, décroisse, se froisse de milles sorts un peu lourds d'amours. « Mais je suppose que tu as encore faim. Un silence, une insolence. Je t'ai laissé tellement affamé. ». Et peut-être que tu devrais lui donner un aperçu de tous les désirs défendus ? Un fin sourire se tisse. La peur a cédé à l'amusement, à l'excitation du jeu.

 « Tu voulais manger, pas vrai ? »  (Toi ? Toujours.) D'un geste nonchalant elle te tend un mini croque-monsieur, la vilaine tentatrice, la si douce séductrice. « On prendra le dessert et d'un geste lascif, incisif, tu attrapes sa main, faisant glisser tes lèvres sur sa peau, dévalant son bras du contact un peu sensuel, tellement mortel de ta bouche. D'une pression, tu déposes un baiser sur son poignet, empruntant le chemin de ses doigts pour découvrir tes dents & attraper le festin, ton destin.  une fois que tu seras rassasié. Qui te dit que je ne le suis pas déjà ? ». Et d'un geste un peu brutal, fatal, tu la fais prisonnière de tes bras, de vos draps, dérobant un baiser salé entre la chaleur & la peur. « La vue est alléchante, après tout. ».

Et tu la lâches, la relâches.
Les désirs s'essoufflent, vous bousillant, vous bouffant de tendresses maladroites, peu droites. « Peut-être que je devrais te faire profiter de la mienne ? » pour te venger un peu de la frayeur un peu fuyante, un peu brûlante. Goguenard, tu tires sur la serviette, te dévoilant, t'exposant. « Tu as faim, maintenant ? ». Et lentement, doucement, tu espères lui plaire, ne pas trop lui déplaire dans ta nudité, dans ton corps anguleux dévoilé, subtilisé. Les muscles se tendent, un peu anxieux, un peu envieux d'être trop brun, pas assez américain. Charme taciturne, tu n'as rien de Ian. Rien de rien.

Les doigts se tendent, tirent sur la bretelle des triangles de dentelle. « Ça ne cache rien du tout, tu sais. ». Un sourire d'enfant s'esquisse, se tisse, cachant le malaise, la crainte de ne pas être assez, de ne pas être parfait. Les mains chutent, accrochent les seins tendus, pas encore repus. « Et si on sautait l'entrée & le plat principal pour passer directement au dessert ? », prince dictateur, frondeur, tu ne suis jamais vraiment, jamais totalement les règles. Et la gourmandise est une histoire de famille. Tes mains attrapent les hanches, viennent presser ton front au sien. « Tu n'oserais pas, après tout, me dire non le jour de mon anniversaire ? », les yeux un peu brillants, tu l'observes, tricheur, voleur de cœur, de son cœur.
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11 SEPTEMBER 2002 ; #Aranyss 6


« Tu m'as attendu ? Tu n'aurais pas dû. Mais je suppose que tu as encore faim. » Le sourcil s’arque, se courbe en interrogation au-dessus des yeux marrons. « Je t'ai laissé tellement affamée. » Souffle-t-il de toute son audace, et face à son sourire, un frisson coule, se fait les griffes jusqu’au creux des reins. Sur la peau, la caresse de ses lèvres court encore en maladie d’amour, la sensation de ses mains s’attarde toujours en fièvre tendre, entêtante. Et pourtant, Nyssandra sourit, elle joue l’indifférente dans une moue adorable. « Pas tant que ça, Amour. » Prétend-elle, ignorant, au creux du ventre, la faim qui s’agite, brûlante.

« Tu voulais manger, pas vrai ? » Du bout des doigts, elle lui tend le croque-monsieur. Un même pas peur brille dans les yeux trop sombres. On peut jouer à deux, écrivent les gestes gracieux et lents, du haussement de l’épaule ronde jusqu’au mouvement tranquille qu’elle esquisse de la tête. Et je vais gagner, Amour, jure toute sa posture, promet-elle avec désinvolture – comme si ça ne lui cramait pas déjà le ventre, comme si ça ne courrait pas déjà sous sa peau trop chaude ; comme s’il ne la gagnait pas toujours au final.

Puis, la caresse de ses lèvres la crève un peu plus.
Et le baiser au creux du poignet, sur la peau fragile et fine, l’achève d’autant plus.

« Qui te dit que je ne le suis pas déjà ? » Et quand Aramis l’attaque, la déséquilibre d’un baiser gourmand, il y a comme un gémissement qui roule dans la gorge, comme un souffle en tourbillon dans la poitrine qui s’étend et s’effondre. « La vue est alléchante, après tout. » Le rouge éclate, s’échappe à fleur de peau, entre le désir de tout ce qu’il promet entre les mots et la gêne de tout ce qu’il esquisse de ses mots. Grande navigatrice des émotions et princesse des instants, Nyssandra connait surtout les impulsions amoureuses, les étreintes impulsives, orageuses, souvent déplacées – mais elle n’est pas tellement familière des jeux calculés en amour, des détours de dentelle et des gourmandises sensuelles. (Et si elle se trompait sur ce qu’il aimerait ? Et s’il se moquait de ses idées erronées ?) Au creux du cœur encrassé par l'humanité, il y a toujours un peu de cette peur d’être ridicule, de trop se montrer, d’en avouer un peu trop. « Peut-être que je devrais te faire profiter de la mienne ? » Demande-t-il, ses doigts courant sur le bord de la serviette, et déjà les yeux dévalent le torse, avalent la sculpture délicate des muscles fins. Il triche tellement, et il le sait. Il le sait que, déjà, Nyssandra veut regarder du bout des doigts, veut relire l’histoire gravée dans la peau adorée au fil de baisers gourmands. « Tu as faim, maintenant ? » Et elle ne dit rien, n'admet rien et avoue tout dans son silence. Nyssandra ne fait pas confiance à sa voix, elle a la gorge trop sèche de cette fièvre qui court, sur la langue, elle n'a que des notes éraillées de désir ; alors, tendant la main, elle s’empare d’un verre plein d’un rosé pétillant qu’elle assassine entre ses lèvres avant de l’abandonner sur la table. Contre sa langue, le vin chatouille – un instant, elle se dit qu’elle a trop chaud parce que l’alcool lui monte à la tête, parce qu’elle n’a pas dîné. Pas parce qu’elle est affamée. Pas parce qu’elle crève d’envie que les doigts d'Aramis s’égarent de nouveau, encore, enfin sur la peau plutôt qu’ils ne jouent avec la lingerie. « Ça ne cache rien du tout, tu sais. » Nyssandra veut lui demander s’il y a encore quelque chose à cacher, s’il ne la connait pas déjà par cœur de grains de beauté en imperfections cicatricielles – elle est même un peu étonnée de lire tant de désir dans le regard bleu, d’entendre tant d’envie sur les notes graves de sa voix. Mais les mots lui échappent, un gémissement dérape sur sa langue quand ses mains glissent sur la chair trop sensible, frôlent les pointes tendues de désir. « Aramis … » Couine-t-elle en s’accrochant à lui, prête à tomber les yeux fermés, à se jeter dans ses filets. Est-ce qu’il a conscience, au moins, des tempêtes tropicales que, de ses gestes, il agite sa poitrine ? « Et si on sautait l'entrée & le plat principal pour passer directement au dessert ? » Doucement, elle ouvre les yeux, sombre dans des abysses trop bleus. Le regard papillonne, hésite entre le oui et le non. « Tu n'oserais pas, après tout, me dire non le jour de mon anniversaire ? » L’inspiration est tremblante, chancelante. Le regard fauve est dévoré par des pupilles trop noires, trop sombres. Trop brillantes même.

Puis, tendre, Nyssandra sourit, joueuse et parieuse du tout pour le tout.
« Finalement, tu as raison … j’ai faim, admet-elle, une promesse au fond des yeux : J’ai vraiment vraiment faim, Amour. » Doucement, la main fine s’enroule autour du poignet qu’elle relève. Un baiser dans la paume, et les dents s’égarent en tendres taquineries contre la pulpe d’un doigt, puis le bout d’un autre. Et l’autre main se pose sur le ventre musclé, et elle avance, le force lentement à reculer jusqu’à s’asseoir sur une des chaises tirées. Souple, élégante, la silhouette gainée de dentelles précieuses se penche vers lui, dépose au coin de la bouche un baiser au goût acidulé des champagnes millésimés alors qu’elle prend appui sur la chaise d’un genou glissé entre les cuisses d’Aramis. « Alors, on va manger, d’accord ? » Glisse-t-elle, ses lèvres frôlant l’oreille. Pressée contre lui, coeur contre coeur, elle imprime sa chaleur contre la peau de son fiancé, dépose un baiser dans le cou. Et comme il a reculé plus tôt, elle s’éloigne. Le corps fin se déplie, elle se redresse sur ses deux jambes avant de gagner sa propre chaise. « Ne fais pas cette tête, Amour – et son sourire lui dévore le visage de la bouche jusqu’aux yeux, Nyssandra est fière de ses jeux alors qu’elle s’installe de l’autre côté de la petite table ronde : Il y a tout ce que tu préfères à table. J’y ai veillé. »  Et elle se fait aguicheuse, elle s’essaie un peu dragueuse quand du bout du pied, elle vient frôler le mollet, l'encourager de ses promesses.


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Elle a soif de cette folie de grandeur, la princesse sans-cœur.
Elle a soif de ses jeux de dupe qu'elle tire alors qu'elle t'attire.
Et tu crèverais d'être de ses bulles rosées qui glissent entre ses lèvres, sur tous tes rêves. Un sourire, un rire, « Tu as chaud, n'est-ce pas ? Ou cherches-tu à me chauffer ? ». Les mots s'allongent et les sous-entendus se prolongent dans des airs d'insolences volés, dérobés. Les yeux clairs pétillent de malice, de délice. Tu veux tout. Tu veux tout brûler, tout ravager. Tu veux te prouver que cette nuit, encore, ne t'a pas tué.

« Aramis …» , un couinement paresse, se presse alors que tes doigts jouent sur la dentelle, rêveuse, peureuse. Tu t'amuses de sa sensibilité, de ta facilité à l'apprivoiser, la toucher. Elle hésite, chancelle devant ton insolence, ton imprudence. Et tu veux juste extirper un oui de ses yeux fauves, pétillant de désir & de funestes plaisirs. Tu veux juste l'aimer un peu trop, un peu facilement, tellement fatalement.

Et puis, elle triche.
« Finalement, tu as raison … j’ai faim, cale-t-elle & tes yeux bleus s'illuminent, révélant dans l'étau sombre la poussée du désir dans ta victoire, dans ta gloire. J’ai vraiment vraiment faim, Amour. » . Tu crois gagner la partie. Et pourtant, elle ne sait jamais déclarer forfait dans les guerres de blessures & dans les enfers de vos tendresses. Elle ne sait jamais céder, te céder. Elle ne sait que résister, refusant de s'incliner, de décliner. Fleur fragile, tu as longtemps cru à sa futilité, à son inutilité. Et pourtant, Nyssandra s'esquisse dans de terribles, sensibles forces, refusant la fatalité, la facilité. Nyssandra reste droite, drapé dans la dentelle, pendue à sa plume. Vertigineuse, la princesse des mots aux mille maux se révèle un peu trop dangereuse. Et d'ironies en taquineries, tu ne prends pas garde aux jeux de dupes lorsque le baiser s'égare sur ta peau, laissant une traînée assassine de frisson sur les morsures. Et tu te laisses guider, apprivoiser, t’effondrant sur la chaise dans un sourire, dans un rire. Les mains caressent, paressent le long de ses hanches, elles susurrent ce que tu ne sais pas dire. Elles murmurent ce que tes yeux tendres hurlent encore & encore ; Des je t'aime entrelacées à des envies d'elle, susurrées, soupirés contre le grain de sa peau jusqu'au éternelles promesses d'être toujours à elle, rien qu'à elle. Tu ne vas jamais partir, la fuir. (Tu n'es après tout pas comme lui qui l'a abandonné. Pas comme eux qui ne font que vous laisser, vous blesser – Comme ces pères qui ne s'excusent pas, qui ne comprennent pas. ) Et tu caresses l'intérieur de la jambe venue s'égarer entre tes cuisses. D'un geste sensuel, tu cherches à la brûler, à l'égarer. « Alors, on va manger, d’accord ? »  , et dans un soupir, tu fermes les yeux, cueillant le baiser du bout des lèvres. Tu loupes un battement de coeur contre elle. Et un peu bousculé, brusqué, sa chaleur s'échappe & tu tends les mains à sa recherche, avide d'elle, de sa douceur. Mais elle n'est pas là, elle n'est plus là. Et les yeux s'ouvrent, plein de trouble, la bouche dessine son prénom dans l'inquiétude, dans le manque de quiétude : « Nyss ? ». Et la jolie princesse se dresse, vêtue de dentelle et de finesse. Le sourire dévore son visage, lui donnant des airs de chat goguenard, fier de sa victoire. Féline, elle file déjà vers la chaise,  «Ne fais pas cette tête, Amour –  Et tu ne vois pas que le masque s'est fissuré & que la moue d'enfant faussement blessé, désappointé s'est tissé. Tu l'as bien mérité. Elle aussi, elle sait jouer. Elle sait gagner et ne sait pas perdre.  Il y a tout ce que tu préfères à table. J’y ai veillé. »  . Et l'allumeuse dangereuse, heureuse laisse glisser son pied contre ton mollet. Elle s'essaie aux jeux de charme & de drames. Et peut-être qu'elle arrive bien à te déstabiliser, à te retourner, à t'aimer.

Un peu vexé, tu laisses la moue s'imprimer à même tes traits. Tu ne trompes, pourtant, personne dans le bleu sombre, brûlant, enivrant. Tu ne la trompes pas lorsque tu enlèves tes jambes, repoussant ses tentatives aguicheuses & frondeuses. « Tu triches. », cales-tu, comme dans un vieux souvenir d'enfant, où, déjà, tu ne supportais pas la douceur de l'échec. Et tu fronces les sourcils, sévère, amant colérique & toxique. « Je n'aime pas. », souffles-tu, gourmandes-tu, retombant dans tes vices d'enfant innocent. Et pourtant, à vingt ans passés, tu as plus d'un tour dans ton sac. Tu as plus d'une manière de te venger, de la charmer. « Peut-être que je devrais me rhabiller & aller dormir chez ma mère. », souffles-tu, en croquant dans un mini croque-monsieur, les yeux levés vers elle. Tu fermes les yeux, appréciant la douceur du fromage chaud qui coule dans ta gorge. L'onctuosité de la douceur salé caresse ta langue, paresse contre ton cœur. Et tu rouvres un œil, la détaillant, lui souriant ; « Ou peut-être que je devrais aussi tricher. ». Un rire & la baguette est saisi, le sort fuse, la ramenant vers toi, à toi, sur tes genoux. Les mains se posent sur les hanches, « Mieux. ». Elle n'est qu'à toi, juste à toi. Et tu admires les arabesques de sa peau douce d'une nuée de baisers qui s'écoule de son cou au creux de son décolleté. Et tu te perds contre sa chaleur, embrumé de son odeur. En caressant ses hanches, tu la soulèves brusquement, brutalement, la ramenant sur la petite table ronde. Les yeux brillent de malice, de délice, et tu rattrapes le reste de ce rosé pétillant, fuyant, le versant au creux de son décolleté. « Je veux goûter ça, sur toi. ». Et toi qui ne boit jamais, qui ne t'autorise aucune erreur, tu lui avoues toute ta confiance lorsque ta langue vient chasser la boisson fugitive, sensible sur sa peau. Et tu avales l'alcool pour le meilleur & pour le pire. Tu avales près à tous les désastres. Et tu t'en fous, pour une fois. « Tu en veux encore un peu ? », un sourire doux alors que l'alcool glisse, s'immisce entre tes lèvres. Elle accepte en douceur, en lenteur & tu viens l'embrasser, laissant glisser les bulles de ta langue à la sienne. Et l'alcool pétille dans tes yeux, sur tous vos aveux. Tu caresses d'un doigt tendre ses lèvres ; « Tu n'as pas idée de combien je t'aime. ». A t'en damner, à tout oublier, à te condamner aux pires atrocités pour la sauver. Et pourtant, tu sais qu'il n'y a rien à craindre.

Elle est là, tout ira bien.
Ou peut-être pas.

Un souffle & la magie t'avale, te dévale. Tu recules soudainement, brusquement, les yeux perdus, tournés vers autre chose, bien des choses. Et le passé défile, s’empiffre de tes peurs, des horreurs. Tu t'effondres, les mains sur ta gorge, cherchant l'air, cherchant à vivre, survivre. Tu crèves comme ils ont crevés, comme ils ont sombré. Il y a des odeurs de chaire carbonisés, de poison dilué, de souffrances exposées. Et tu supplies pour de l'aide, tendant les doigts vers Nyss. ( Ne me laisse pas. Ne m'abandonne pas. Pardonne-moi. ) Au loin, le chien aboie, montrant les crocs à ceux qui oseraient te toucher, te blesser. Et pourtant, il est trop tard, te voilà exposé, explosé en plein vol. Même si tu t'apaises. Même si c'est fini.

« Pardon. », un croassement de voix. Tu trembles encore, tu pleures toujours. Les mains passent sur ton visage ; Comment lui expliquer ? Comment te justifier ? Peut-on vraiment te pardonner ? « Je les ai tués. ». Ce soir, tu les as vus bruler & tu ne veux plus de secrets. « A Godric Hollow, on les a piégés, ils sont morts empoisonnés puis on a tout brûlés. ». Femmes, enfants, adolescents, tout le monde devait y passer. Les mangemorts ne connaissent pas la pitié. Les mangemorts ne sont que des pantins déshumanisés & désarticulés.

Tu n'es qu'un pantin entre Ses mains.
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11 SEPTEMBER 2002 ; #Aranyss 6


« Tu n'as pas idée de combien je t'aime. » Taquine, la langue s’égare contre le bout du doigt, les dents s’invitent sur la pulpe. « Alors montre-moi, souffle-t-elle et le baiser qui vient le cueillir épèle la tendresse et l’envie contre sa langue : Je ne suis qu’à toi. » Du bout des doigts, elle guide sa main contre le cœur qui bat, furieux, sous les fièvres amoureuses.

« Je ne suis qu’à toi. »
Puis, soudainement, il s’arrache à elle comme brûlé, effrayé. Et Nyssandra ne comprend pas, pas tout de suite. Un instant, le regard trahit la blessure des abandons avant qu’elle ne comprenne, aux aboiements du chien accouru, que c’est le temps qui vient de se déchirer, le passé qui le piétine. Dans un élan de cœur, tout le corps bouge, glisse de la table, tombe à ses côtés pour le rassurer et la main attrape ses doigts tendus. La douleur est fulgurante, les crocs du chien s’enfoncent dans la jambe pour la tirer loin de la silhouette effondrée de son maître. Elle flanche un instant, rien qu’un, où sa main se desserre autour des doigts d’Aramis ; et c’est un réflexe, rien qu’un geste, quand elle vire le gardien, protecteur des visions, d’un sort qui le transforme en tapis comme elle l’a si souvent promis.

« Ca va aller, shh, souffle-t-elle, d’une voix douce, en pressant des doigts inquiets dans les boucles brunes : c’est fini, je suis là, Amour. » « Pardon. » Doucement, Nyssandra embrasse les larmes, elle cherche à effacer les drames sous la tendresse. « Je les ai tués. » Elle sait qu’il tue, qu’il assassine. Elle sait ce qu’il est, cette marque, crachat de magie noire, le dit pour lui. Et même s’il n’en parle jamais, elle devine dans les articles de journaux, dans les histoires racontées dans la rue que, peut-être, il a été une de ces ombres masquées qui charrient la colère et les ambitions sanglantes du Lord. Nyssandra sait surtout qu’il n’y a plus vraiment de choix, une fois la Marque prise. Elle comprend bien, elle voit Draco s’exploser, Gwen s’exposer. Elle voit Aramis se briser. « A Godric Hollow, on les a piégés, ils sont morts empoisonnés puis on a tout brûlé. » Les yeux fauves se ferment, un instant, pour cacher la détresse née de son impuissance. « Je sais, shhh. » Un baiser s’égare sur le front. Et que peut-elle faire, sinon attendre dans l’angoisse, priant pour qu’ils n’en crèvent pas ? Elle n’arrive même plus à se souvenir de la dernière fois où ils ont souri sans avoir besoin d’une raison.

Quand est-ce qu’ils ont basculé en enfer exactement ?
Quand est-ce que le monde est devenu fou ?
Quand est-ce que le monde a transformé des enfants, un peu trop arrogants mais pas vraiment méchants, en instruments de mort et de désastres ?

Doucement, Nyssandra le redresse, l’aide à se lever. Menée à la baguette, la bouilloire se remplit d’eau et s’installe sur le feu. Contre elle, il tremble encore alors leurs pas les mènent dans le salon, près de la flambée qui crépite dans la cheminée, et le forçant à s’asseoir, Nyssandra le couvre d'un plaid moelleux, celui-là même où elle s’enroule tous les soirs pour travailler depuis le début de l’automne. « Je reviens vite. » Promet-elle dans un murmure, déposant un baiser dans les cheveux ébène. Elle s’échappe dans l’escalier en grandes enjambées, avalant marches deux à deux, pour verser une potion de soin sur sa plaie rouge et dénicher une de ses propres potions de soins. Et quand elle lui retourne, le plateau est aussi chargé du thé préféré d’Aramis et ce gâteau qu’il aime dévorer. « Je t’ai apporté ma potion. » Tout tient dans ce qu’elle ne dit pas, il sait bien de quelle potion elle parle. Il sait bien, il l’a souvent forcée à la prendre quand elle revient effondrée d’un interrogatoire, encore hagarde de toute cette magie qui parasite son corps. Prudemment, elle s’installe contre lui, la théière verse le liquide brûlant dans une tasse tandis que Nyssandra lui présente une bouchée de la pâtisserie au chocolat. « Tu dois manger un peu, il faut te débarrasser des restes de magie. » Nyssandra l’a assez vu s’effondrer pour savoir ce qui encourage les visions. « Mieux vaut eux que toi. » Son propre égoïsme la dégoûte, mais c’est la terrible, l’horrible vérité pourtant. Tout plutôt que les personnes qu’elle chérit. Pour eux ? Pour rester avec eux ? Elle sacrifierait, elle sacrifie le monde entier. Même si elle sait que c’est mal, même si elle doit en pleurer pour ces amours moches qu’elle traîne dans son cœur déglingué – parce que c’est eux, c’est lui avant le reste du monde. Elle est tellement laide, et il est tellement laid son amour pour eux. « Mieux vaut des milliers d'inconnus que toi – elle répète pour être sûre qu’il comprenne qu’elle accepte tout de lui, même sa culpabilité : Moi, je ne pars pas. » Elle choisit lui, coupable et meurtrier, avant eux, innocents ou pas.

Même si je dois vivre dans ce monde devenu fou, tant que je peux vivre avec toi alors ça me suffit – alors je ne pars pas.
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La vision explose, vague brûlante sur le bord de ton cœur. Étranglé par tes démons, tu sombres seconde après seconde. De toute ton impuissance, tu subis l'horreur, tes peurs, tes pleurs. Tu subis ce que tu as détruit les yeux fermés, sans un remord, sans le moindre effort. Mieux vaut eux que vous. Au loin, dans le présent, tu entends le chien aboyé, se jeter à tes pieds, repousser tous les assauts. Tu veux revenir, tu veux lui revenir.

Tu ne veux pas regarder, observer.
Tu sais ce que tu as fait.

Tu sais les vies envolées, déchirées entre tes doigts. Tu as accepté ton destin, ton rôle. Gardien des ombres, tu ne vis que pour servir, détruire ce qui le dérange. En prenant la Marque, tu as embrassé tes engagements, tu es sûr & certain de tes serments. Les tiens passent en premier. Les autres resteront les éternels derniers. La torture reste cruelle, sempiternelles quand les visions surviennent. Et tu comprends leur douleurs. Mais tu n'as jamais eu tord. Tu n'auras jamais tord.

« Ca va aller, shh , murmure Nyss dans le noir, dans ton désespoir alors que la poitrine se soulève, que tu frises la syncope. Est-ce qu'elle aussi, elle te déteste? Est-ce qu'elle aussi elle va te délaisser, t'abandonner ? Ta mère t'a bien répété, murmuré qu'elle était la seule à pouvoir te comprendre.  c’est fini, je suis là, Amour. »  Elle est là mais pour combien d'heures ? Combien avant de se lasser, de ne plus du tout t'aimer ? « Pour toute la vie ? La gorge est un peu sèche, un peu aride, susceptible. T-Tu promets sur la magie ? » Les serments d'enfant restent les plus fort sur le bout de vos langues, ils restent des talismans dans le noir, la preuve que là, tout près, elle n'a jamais cessé de t'aimer. Toi, tu n'as jamais cessé. De détresses en maladresses, tu as juste préféré les guerres pour un peu d'attention, de passion. Elle presse ses doigts dans tes cheveux, fermant les yeux fauves à tes confessions, à tes horreurs ; Est-ce que ça y est, elle est finalement dégoûtée ?

« Je sais, shhh. »  , souffle-t-elle. Et tu sais bien que toi, elle ne sait pas vraiment, elle ne comprend pas tellement. Tu sais qu'il faut être celui qui jette le sort, qui voit le bois trembler, la magie tuer. Tu sais, tu sais, oh tu sais tellement bien.

Elle t'aide à te redresser, elle t'aide à avancer. De son tout petit corps, elle se redresse en pilier que rien n'abat vraiment, totalement. Tu as toujours trouvé en Nyssandra une force tenace, vorace. Elle a toujours eu soif d'exister, de rayonner comme pour contredire tout ceux qui ne l'ont jamais trouvés assez si ou assez ça. Et elle brille, scintille au bal masqués des Sacrés. De mots empoisonnés ou vénérés, elle démode ou met à la mode les noms. Beaucoup ont craint sa fureur, certains se sont brûlés les ailes ou bien d'autres ont atteint le soleil grâce à elle. Tu as atteint le soleil, et tu sais comme tu as besoin d'elle. Pour un peu plus de force. Pour un peu plus de courage, de rage. La bouilloire sautille jusqu'au feu & tu te presses contre elle, au plus près d'elle. Tu te reposes même un peu contre sa chaleur, rassuré par son odeur. Doucement, elle te laisse t'échapper sur le canapé. Et tu couines déjà de la voir se relever, t'abandonner.  « Je reviens vite. » , une moue se tisse, peu convaincu, déjà vaincu. Un peu de l'enfant se glisse, tu n'aimes toujours pas être seul. Tu n'aimes toujours pas la voir s'éloigner. Tu as si peur de la voir s'éloigner. Comme Papa. Comme te amis. Elle pose un baiser dans tes cheveux et s'en va. Tu fixes les escaliers par lequel elle a disparu, entend le parquet craqués sous ses pas. Et tu attends, attends, resserrant le plaid autour de toi. Elle n'est pas très loin, hein ? Elle tient ses promesses pour de vrai, maintenant, non ? « Je t’ai apporté ma potion. » , le plateau est posé devant toi, tu fronces le nez, fait non de la tête. Tu ne veux pas boire ça, tu ne veux jamais y toucher, l'effleurer. Tu t'es promis de toujours t'assumer, de toujours bien garder les yeux ouverts. Tu contrôles, non ? Tu as le pouvoir, tu as toujours eu le pouvoir. « Je ne veux pas. », cales-tu, lâches-tu. Tu lui as promis, tu t'es promis de ne jamais céder à la facilité, de toujours vaincre toutes les complications, de ne plus avoir d'hésitations. Elle revient contre toi & tu tires un peu sur le plaid pour la caler au creux de tes bras. Elle tend déjà une bouchée de gâteau. « Une pour moi & une pour toi, d'accord ? », souffles-tu, refusant d'être un trop grand poids, une source de stress, de détresse. Tu attrapes la bouchée, appréciant le gâteau trop cuit, l'imaginant doucement travailler en cuisine. Et tu es toujours un peu heureux de manger ces choses là.  « Tu dois manger un peu, il faut te débarrasser des restes de magie. »  , la bouche encore pleine, tu souffles. « Juste manger, d'accord ? », mais tu n'as pas trop faim. Tu les sens encore à deux pas, sur ta rétine, les flammes dévoreuses & tueuses. Tu entends encore les cris, les pleurs, les véritables crève-cœur. « Et toi aussi, tu pioches déjà dans la douceur pour lui en proposer une bouchée. Fais aaaah. », les sourcils froncés, le regard très concentré, tu es très sérieux. Tu es très concerné par elle qui n'a rien mangé, qui ne fait que te subir.

« Mieux vaut eux que toi. » La cuillère se suspend dans les airs, à quelques centimètres de ses lèvres. Stoppé en plein vol, tu accuses le choc de ses mots. « Mieux vaut des milliers d'inconnus que toi –  Les yeux s'accrochent aux pupilles fauves. Elle scille pas, elle ne flanche pas. Elle est sûre & certaine, presque sereine. Moi, je ne pars pas. » Un sourire se tisse, se hisse sur tes lèvres un peu timide, un peu sensible. « Moi non plus, Nyss. », et peut-être que c'est là votre plus cruelle & sempiternelle erreurs ; Elle & toi êtes incapables de vous abandonner, de renoncer l'un à l'autre.

Elle & toi, vous vous tuerez pour vous sauver.
Parce que vous vous aimez.

« Nyss ? Les yeux te fixent & tu oses un autre sourire. Merci. » Tu es le plus beau cadeau d'anniversaire que j'ai jamais eu ; Tu crois que je peux te garder pour toute la vie?
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