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LES RETROUVAILLES SONT DES PHENOMENES SI COMPLEXES QU'ON NE DEVRAIT LES EFFECTUER QU'APRES UN LONG APPRENTISSAGE OU BIEN TOUT SIMPLEMENT LES INTERDIRE.

Ici, il ne craignait rien. Ou du moins, se plaisait-il à le croire. Assis sur ce banc moldu, dans l’air glacial de cet hiver rude, il n’était personne. L’espace d’un instant, s’il fermait les yeux assez fort, assez longtemps, il en arriverait à oublier le fugitif qui se cachait derrière ses traits fatigués que l’angoisse, les pertes et le vide creusaient en lui. Il avait ressenti la nécessité de s’asseoir là, comme happé par un besoin primaire. Faire une pause, une trêve dans la normalité presque étouffante de ce début d’année. Arrêter le temps, tout simplement. En un battement de cil, le monde basculait dans une banalité déconcertante. Le Londres moldu ressemblait à une bulle impénétrable, isolée des déchirures d’une guerre qui faisait rage, tout juste sous son nez. Les moldus allaient et venaient, appréciant les choix que la vie leur offrait. Droite ou gauche, thé ou café, comme si tout cela avait quelconque importance. Justin avait été l’un d’eux, à une lointaine époque, loin de se douter qu’au-delà la frontière du réel des êtres magiques coulaient des jours prospères. Aujourd’hui, la question se posait (et elle était légitime): aurait-il souhaité rester l’un d’entre eux? Continuer à exister dans l’ignorance d’un univers à présent éculé par une lutte dont il ne comprenait plus les enjeux. Il manquait de force autant que de convictions, c’était un fait, mais qui était-il pour pouvoir prétendre se battre? Lui, le lâche, le paria qui avait tourné le dos à la perdition de son monde d’adoption au moment où il avait le plus besoin de lui. La souffrance et ces ruminations incessantes l’avaient rendu amorphe. Incapable, les yeux rivés dans le vide, il ne se questionnait même plus sur le nombre d’heures qui s’étaient égrenées depuis qu’il était assis là. Les engelures au bout de ses doigts provoquées par la bise septentrionale associées à son nez rougi auraient pu lui donner une approximation si l’envie lui était venue, mais là était tout le problème: l’envie, ce sentiment si caractéristique, ce besoin organique soudain de quelque chose n’animait plus le damoiseau depuis longtemps. Il connaissait certes des élans de désirs, comme tout à chacun. Oui, parfois, il lui arrivait entre deux réminiscences à se demander où était passée Hannah, si elle allait bien, si sa quête qu’elle tentait vainement de lui faire épouser progressait. Ou alors, le désir tacite de voir se dessiner la silhouette d’Ernie venue lui accorder son pardon l’animait, l’emplissant d’un sentiment innommé oscillant entre la tristesse et l’espoir. Ou encore, le besoin viscéral de se remémorer les instants appartenant à un passé lointain l’envahissaient, laissant le goût amer de sa propre défaite.

Sa longue léthargie fut troublée par le contact glacé de la neige entrant en contact avec sa joue. Une boule de neige l’avait percuté de plein fouet, laissant une traînée de poudreuse sur son épaule ainsi qu’une douleur provoquée par un glaçon dissimulé au sein de la sphère enneigée. Un rire enfantin lui indiqua un garçonnet fier d’avoir atteint sa cible. Le rire se mua en protestation lorsque l’enfant fut sévèrement réprimandé par sa mère. Elle se confondit en excuse, avant de tirer son garnement de fils par le bras. « Tenez, c’est tout ce que j’ai. », Fit-elle timidement en glissant quelques pennies au creux de la main froide du descendant Finch-Fletchley. Il voulu protester mais la mère emmenait déjà sa progéniture au loin sous son regard étonné. Voilà donc à quoi tu es réduit, lui siffla une voix dans sa tête. Ainsi emmitouflé sous son trench coat râpé, on l’avait associé à ces êtres humains à la dérive qui pullulaient au coin des rues sombres de Londres. La comparaison peu flatteuse avait néanmoins le don d’être exact. Au final, son élégance naturelle l’avait quitté au même titre que sa joie de vivre. Décontenancé par cette rencontre inattendue, il plongea ses mains dans ses poches à la recherche d’une fiole d’un spiritueux qui ne le quittait plus. Une infime dose de courage dissimulée au sein d’un flacon tout aussi minuscule. Rien que pour lui donner la force de le faire bouger.

Ses doigts effleurèrent un objet métallique dont il n’avait plus la souvenance de s’y trouver. Lorsqu’il parvint à l’extirper du morceau de tissus, il examina une pièce dorée, plus grosse que son pouce. Dans la nuit tombante, l’éclat surnaturel du Gallion de l’Armée de Dumbledore se refléta dans ses prunelles, y ravivant quelque peu les flammes de ce passé dont il peinait à tant à se défaire. « Ce n’est pas malin de dévoiler ceci. Particulièrement en ces lieux. Alors, comptes-tu me dire où tu as trouvé ce Gallion et me le remettre sans histoire? » Le parc municipal s’était vidé d’un coup. Il n’y avait plus de garçonnet taquin ou de mère offusquée, juste cette silhouette encapuchonnée menaçant Justin de l’extrémité de sa baguette. Pris au piège tel un oiseau en cage et affolé de surcroit, le jeune homme réfléchit à toute vitesse. Le temps d’atteindre sa baguette aurait laissé une marge de manœuvre assez large pour que l’inconnu le paralyse, et quand bien même il y serait parvenu, provoquer un duel au beau milieu du monde des moldus n’aurait été que folie. « Réponds ! », Menaça la voix féminine. Une voix qui fit frémir Justin. Une voix qui, manifestement, il avait déjà entendue. Scrutant le faciès de l’inconnue à travers sa capuche, le damoiseau sembla tout à coup retrouver toute sa vitalité. Il bondit enfin du banc, de manière assez brusque pour que la jeune femme lui plante sa baguette au creux de la nuque. « Albane? » Sa voix s’était perdue en un murmure. Il n’avait plus eu l’occasion de prononcer ce nom depuis des années. « Albane, est-ce…est-ce bien toi? » Ses globes oculaires ne pouvaient se jouer de lui à ce point. Malgré la pénombre, il distinguait les traits, certes plus creusés, mais demeurés inchangés malgré la séparation. Albane, son soutient, son amie, sa camarade. Il ne pouvait le croire, mais elle était bien là, face à lui. Vivante. Son cœur martelait sa poitrine, l’idée de la saisir par les épaules lui vint à l’esprit, mais la demoiselle restait sur ses gardes, telle une bête farouche traquée depuis trop longtemps ayant oublié ce que c’était d’être apprivoisée. Il porta la main à sa tête, se décoiffa de son béret, laissant tout le loisir à l’ex Poufsouffle de scruter à son tour son visage. « Tu ne me reconnais donc pas? C-C’est moi. » Et tandis qu’il sentait la pression de la baguette de son interlocutrice devenir moins pressante contre sa tempe, il annonça d’une voix chevrotante : « Justin. »
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Albane Oswell
Albane Oswell
‹ inscription : 08/12/2015
‹ messages : 1031
‹ crédits : moi-même (ui, ui).
‹ dialogues : #993366.
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‹ liens utiles :
‹ âge : 25
‹ occupation : héroïne de guerre pour avoir lutté pendant huit ans au sein de l'Ordre du Phénix puis de l'insurrection. On me connait aussi sous le nom de Blackfish, informatrice au coeur d'un réseau particulièrement étendu; co-fondatrice de l'émission Potterwatch et militante active qui n'hésitait pas à dénoncer les manipulations publiques du gouvernement de Voldemort, la collaboration des médias, ainsi que tous ceux qui avaient des choses à se reprocher et dont j'avais déniché les petits secrets. Si j'ai arrêté l'émission, je n'ai cependant pas fini de fouiner dans les affaires des autres et surtout celles du gouvernement. J'ai acquis un statut de journaliste indépendant et le scroll est pour le moment mon seul support, mais ça ne va pas durer, j'y travaille...
‹ maison : Poufsouffle
‹ scolarité : 1989 et 1996
‹ baguette : actuelle n'était à l'origine pas la mienne mais j'ai tué son ancienne propriétaire et quand j'ai ramassé son arme l'utiliser m'a paru la chose la plus logique à faire. Elle mesure aux alentours de 23 cm, il semblerait qu'elle soit en bois de prunellier, probablement contenant du dragon, mais je ne suis pas certaine de sa composition. Elle est bien plus rigide que mon ancienne baguette de cèdre et crin de licorne dont je n'arrive maintenant plus à me servir.
‹ gallions (ʛ) : 2624
‹ réputation : il ne faut pas tenter de me cacher des choses. Que je sais tout et que ce que je ne sais pas encore, je le découvrirai bientôt. Si Blackfish et une figure de la résistance très respectée par la majorité de la population, mes anciens camarade rebelles ont un avis plus mitigés à mon égard... On dit que je serai prête à faire tout ce que je condamne pour arriver à mes fins: mentir, voler, tuer; que j'ai été dévoré par la haine. Après tout je suis une terroriste.
‹ particularité : prête à faire tout ce que je déteste et dénigre pour arriver à mes fins. Au point que j'en viens à me détester moi-même. Voler, mentir, trahir, me servir d'autrui comme un outil, parfois même de mes amis... "La fin justifie les moyens", c'est ce qu'on dit.
‹ faits : je vis avec le poids de mes actes sur la conscience particulièrement ma participation à l'attaque d'Herpo Creek, mais aussi la mort de mon petit frère dont je me considère responsable. Si certain de mais camarades héros de guerre estiment que je ne mérite pas ce titre, qu'ils sachent que je suis bien d'accord avec eux. Mais je suis libre et je travaille d'arrache pied à mes divers enquêtes pour oublier que je ne suis toujours pas capable de marcher sereinement dans la rue.
‹ résidence : dans un appartement pas bien grand sur Diagon Alley, mais il s'agit plus d'une espèce de bureau improvisé, constamment en bordel, que d'un véritable lieu de vie. Le seul endroit que je considère un peu comme chez moi et où je me sens réellement en sécurité c'est chez Tiago.
‹ patronus : Un grand ban de poisson argentés, c'est de la que je tien mon surnom de Black Fish.
‹ épouvantard : Thomas, moldu de dix-huit ans à peine que j'ai envoyé à la mort et qui revient régulièrement me hanter en pensée. Il a le regard vide et me demande constamment pourquoi je l'ai tué lui et pas l'autre.
‹ risèd : Cédric et moi. On boit une bière au beurre sous le porche de la maison de ma mère à Loustry. Mais Cédric est mort, la maison est détruite, ma mère ne reviendra surement jamais, et la Bière-au-Beurre est devenue beaucoup trop cher.
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❝ Seek and you shall find an old friend. ❞

Albane & Justin

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« Tu ne me reconnais donc pas? C-C'est moi. Justin. » Le vent souffle sur la petite place enneigé, une bourrasque emporte sa capuche dans son sillage, dévoilant son visage. Quelques fins flocons viennent de commencer à tomber et s'écrasent sur ses joues déjà rougies pas le froid mordant de cette fin d'hiver. Au loin, elle entant un bruit de klaxonne, un enfant passe en courant de l'autre côté de la place et une volée d'étourneaux passe au-dessus de sa tête. Et pourtant, en cet instant, Albane à l'impression que le temps est en suspend.



« Je vais faire un tour, à tout à l'heure. » La phrase, lancée à la volée à son ami n'appelait pas de réponse. Laissant Lee dans la tante après leur réunion pour programmer les émissions, elle quitta la cachette des Nocturne. Plus le temps passait moins elle supportait l'ambiance étouffante du toit de Guipure. Ce besoin de fuite constant qui l'avait gagné depuis quelques semaines, qui la poussait à toujours rester plus à l'écart, ne la quittait quasiment plus. Elle se retranchait dans ses souvenirs, passait des journées entières à errer dans le monde moldu, évitant tous les lieux ayant un quelconque rapport avec la magie ou la guerre, non par précaution ou sécurité, mais avec l'espoir vain de s'échapper quelque temps de sa condition. Albane était touchée par une vague des désespoir. Elle avait toujours la rage au ventre, bien sûre; mais ses certitudes, elles tendaient à disparaitre.

A peine eu elle mit le pied dehors qu'elle rabattit sa capuche sur sa tête comme à son habitude, se plongeant dans l'anonymat qu'elle accueillait à bras ouvert. Qu'il est bon de n'être personne. Elle transplana au hasard, dans une petite rue d'un quartier résidentiel assez calme. Une fine couche de neige était tombé un peu plus tôt dans la matinée. Elle sentit le froid lui frapper le visage, comme une décharge électrique. 
Elle n'avait pas la moindre idée de la raison de sa venue ici, mais dans ses moments d'errance solitaire, elle aimait à se trouver dans des lieux qu'elle avait déjà visités sans forcément en avoir le souvenir. C'était comme se rappeler un rêve, une scène après l'autre. Elle pensa à l'Orviétan, à ces Dreamers qui préféraient se plonger dans leur inconscient, par facilité; car ils préféraient un bonheur factice à l'horrible réalité qui les entourait. Elle se demanda si elle avait fait les bons choix dans cette histoire. Parfois, l'idée lui effleurait l'esprit que, peut-être, elle aurait mieux fait de jouer la neutralité, de faire comme tous ceux qui faisaient semblant. Et puis l'image s'imposa à son esprit comme un rappel à l'ordre. Inévitable, comme une gifle qu'elle aurait dû voir venir après tout ce temps; et qui pourtant, parvient toujours à la surprendre. L'image de Cédric. Le visage de Cédric. Le regard vide et les trais figés de Cédric.

Albane s'arrêta, pinça les lèvres et pris une profonde inspiration, tentant de chasser le souvenir dans un coin de son esprit, mais elle savait qu'il l'enterait de nouveau pendant plusieurs heures. Même après huit ans, la vision était toujours aussi abominablement frappante, comme si cela s'était passé quelques heures plus-tôt. La tristesse avait presque disparue, elle. Laissant place à la mélancolie, l'incompréhension, la colère. Et cette haine, qui la consume toujours plus chaque jour, s'infiltrant dans chaque parcelle de sa peau, chaque recoin de son esprit.
Soudain, un petit reflet doré la tira de ses sombres pensées. Elle avait marché, sans bien s'en rendre compte, jusqu'à une petite place carré. À quelques endroits du sol la neige était restée immaculée. Il y avait un jeune homme assis sur un banc à quelques mètres d'elle. Il avait les cheveux blonds et il portait un trench décrépit. Dans sa main, il tourna et retourna une large pièce d'or. Le sang d'Albane ne fit qu'un tour, elle avait reconnu le galion magique de l'Armée de Dumbledore. Sans réfléchir elle s'élança vers le banc, tira sa baguette qui reposait comme à son habitude dans la manche de sa veste, pour toujours être à portée de main. Ne se souciant ni d'être vue ni de l'identité du garçon, elle pointa sa baguette sur sa poitrine. Si elle ne savait pas encore qui il était et où il avait eu l'objet, cela ne saurait tarder.

« Ce n'est pas malin de dévoiler ceci. Particulièrement en ces lieux. Alors, comptes-tu me dire où tu as trouvé ce galion et me le remettre sans histoire? » Elle parla d'une voix froide, dure et calme; pourtant à l'intérieur, son cerveau était en alerte. Elle se sentit soudain stupide d'avoir cédé à l'impulsion qu'avait provoqué la vue du galion. Et si c'était un piège ? L'oeuvre d'un Empathe, d'un Traceur ? Utiliser des signes de rébellion de façon ostentatoire pour mieux piéger les insurgés. « Répond !» Dit elle en tentant de garder son sang froid. De toute façon il était trop tard.

« Albane ? » Il la dévisageait, une lueur étrange était apparue dans ses yeux. « Albane, est-ce…est-ce bien toi? » Il se leva d'un bon. Feignant de ne pas être surprise elle planta sa baguette dans sa nuque pourtant son coeur avait raté un battement à l'évocation de son nom. « Tu ne me reconnais donc pas? C-C'est moi. Justin.» Sa capuche rejetée en arrière par le vent dévoila son visage et une expression ou se mêlait la surprise et l'incompréhension. Albane était une incroyable menteuse. Et pourtant, lorsqu'elle était prise au dépourvu, son visage devenait le miroir de ses émotions.

Elle ne saurait dire combien de temps elle était restée planter là, sa baguette dans le coup de celui qui avait été son ami. C'était impossible. Ca n'avait aucun sens. Justin était mort. Depuis longtemps déjà. Tellement mort, qu'on avait jamais revu son corps. Elle l'avait rangé dans le coin de son esprit avec tous ceux pour qui elle se battait. Elle l'avait ajouté à la liste de ceux qui l'avaient quitté. Elle avait emmuré dans sa mémoire les souvenirs de ce qu'ils avaient partagés. Et comme pour les autres, elle avait oublié la tristesse de sa perte qui avait contribué à faire d'elle ce monstre emplie de haine.

Et puis la vérité la frappèrent comme un coup de massue. Elle savait. Elle se rappela, une conversation surprise chez les insurgés, la rumeur de son retour. Le traitre s'était retiré, bien en sécurité de l'autre côté de la manche. A ce qu'il parait il était revenu, implorant le pardon. Pourquoi n'avait-elle pas écouté ? Elle qui était toujours à l'affut de la moindre nouvelle, elle qui avait la plupart du temps un coup d'avance sur la plupart, pourquoi avait-elle ignoré la rumeur du retour de son ami ? Parce qu'elle avait eu peur. Peur que ça soit faux. Peur que tout compte fait, il soit juste mort. Et puis de toutes façons, qu'est-ce qu'elle aurait fait en le voyant ? Qu'est-ce qu'elle aurait pu lui dire ? Alors, lentement, elle retira sa baguette, fit un pas en arrière et regarde le jeune homme. Justin n'était plus que l'ombre de lui-même. Il avait maigrit, ses cheveux étaient plus terne qu'au part avant et son allure beaucoup moins royale qu'autre fois. Pourtant, il était là. C'était bien lui, ce regard, cette expression, c'était bien Justin. 

D'abord, elle eu envie de le prendre dans ses bras. Mais son expression était passé de la stupeur à la colère. Et puis elle eu envie de l'attaquer, de lui jeter un sort. Un crache-limasse par exemple. Le genre de maléfice puéril qui soulage tellement bien une vague de rancoeur. Victime d'une colère impulsive, celle d'un enfant qui se rend compte qu'on lui a menti. Elle ouvrit la bouche pour lui répondre mais rien ne vint. Elle aurait voulu dire quelque chose d'intelligent, avoir l'air indifférente, voir froide. Pourtant, elle savait qu'elle en était incapable. Elle avait déjà bien assez de mal à contenir le flot d'émotions contradictoires qui la submergeaient. 

Et puis, les mots sortirent enfin.« Espèce de saleenfoiré !» Elle fit un pas en avant et le frappa au visage. Elle y mit toute la force dont elle était capable même si ça n'était pas grand-chose. « Comment t'as pu faire ça ? » Elle le repoussa en arrière, des deux mains. sa voix était tremblante de rage et son regard assassin. « T'es parti ! » Elle le frappa à l'épaule « T'étais mort ! » encore un coup. « Mort, par Merlin ! » Un autre « J'ai pleuré ! J'ai fait des cauchemars ! T'étais MORT ! » à chaque mot elle lui assenait un nouveau coup. Mais ils étaient de plus en plus faibles elle le savait, elle sentait ses gestes se consumer dans les émotions incontrôlables qui la traversaient. Il vacilla à peine sous ses attaques. Mais tendit qu'elle se heurtait à lui, la présence du corps de son ami sous ses poings, en cher et en os, lui montrait combien il était vivant. Comme la confirmation tactile qu'elle ne rêvait pas. Finalement elle resta planté là, reprenant son souffle, ses grands yeux de biches accroché au regard bleu de son ami, elle ne cilla pas un instant. Une larme perla sur sa joue, une larme de colère et de tristesse entremêlés. Elle prit conscience de flocons de neige qui s'étaient mis à tomber. Il faisait nuit. Il faisait froid. Mais c'était sans importance. Une seule chose comptait vraiment. « Pourquoi tu m'as fait ça ? »




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And if you're still breathing, you're the lucky ones 'cause most of us are heaving through corrupted lungs. And if you're still bleeding, you're the lucky ones 'cause most of our feelings, they are dead and they are gone.


Dernière édition par Albane Oswell le Dim 10 Avr 2016 - 23:02, édité 2 fois
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LES RETROUVAILLES SONT DES PHENOMENES SI COMPLEXES QU'ON NE DEVRAIT LES EFFECTUER QU'APRES UN LONG APPRENTISSAGE OU BIEN TOUT SIMPLEMENT LES INTERDIRE.

Elle lui répondit par un silence. Une absence de bruit qui n’avait rien à voir avec ce genre de mutisme chaleureux, mais au contraire un silence froid, tranchant, aussi glacial que l’étang gelé s’étendant à quelques mètres de leurs deux silhouettes tendues qui se jaugeaient, se redécouvraient. Tandis que l’échange tacite s’éternisait, les expressions de leurs visages se muaient lentement, en compensation de l’absence de paroles. La surprise, d’abord, l’incompréhension ensuite. Justin n’était plus aussi sûr de lui, peut-être que l’Albane qui lui faisait face n’était que le résultat de divagations engendrées par l’engourdissement du froid, ou l’étourdissement de l’alcool qui lui restait dans les veines. Mais au fond de lui, il savait qu’il n’en était rien: elle était aussi réelle que le souffle froid faisant virevolter les pans de leurs manteaux émaciés ou que les flocons de givre se déposant avec une délicatesse infinie au sommet de leurs crânes. Et pourtant, rien ne se déroula, comme si le temps s’était soudainement interrompu.

Les grandes douleurs sont muettes. Il subissait ce mutisme plus que de raison, et se sentit tout à coup stupide. Qu’avait-il espéré, au juste? Une tape amicale et un « bon retour, mon vieux » lancé d’un ton guilleret? Le scénario relevait davantage de la fiction. Tout à coup, un éclair monstrueux fendit les prunelles de la jeune femme. Un regard assassin, le même qui avait animé celui d’Ernie. Une œillade emplie d’une haine sans nom dans laquelle il revivait ses erreurs. Elle recula d’un pas, rendant la douleur plus vivace, plus sournoise. Il avait traversé la Manche pour avancer vers ses amis, et l’ironie voulait que ces-derniers mettent de la distance entre eux. Il craignait de la voir continuer de s’éloigner silencieusement, jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans un tourbillon de flocons, mais il y a de ces choses qui restent inchangées, même après la séparation la plus déchirante qui soit et ces retrouvailles au goût étrange ne faisaient pas exception à la règle. Au fond, peut-être savaient-ils pertinemment qu’ils ne pouvaient en rester là. Pas après toutes ces années, pas après tous ce qu’ils avaient partagés par le passé.

Ils campaient solidement sur leurs positions, leurs pieds semblant définitivement ancrés dans la neige, retenus par des liens imaginaires. « Espèce de sale enfoiré ! » Albane rompit le silence. Leurs membres se dégelèrent enfin. Statue de pierre redevenue humaine, la jeune femme franchit le mètre qui les séparait, et tout s’enchaîna très vite. Justin encaissa un premier coup porté à sa pommette. Le poing d’Albane était tremblant mais il n’enleva rien à la violence de l’impact. Il sentit sa tête virevolter vers l’arrière. « Comment t’as pu faire ça ? » Ses paumes heurtèrent son torse. Battant en retraite, il recula de quelques mètres, mais la furie de son amie n’en était qu’à ses débuts. Elle fondait sur lui, telle une lionne pourchassant sa proie. Les coups continuèrent de pleuvoir. Il pouvait sentir la détresse en chacun d’eux mais la douleur était factice. Au contraire, Justin sentait chaque parcelle de son corps s’enflammer à chaque fois que la jeune femme lui assénait un nouveau choc physique. « T’es parti ! » Un nouveau heurt à l’épaule le fit tanguer. « T’étais mort ! » Un autre. « J'ai pleuré ! J'ai fait des cauchemars ! T'étais MORT ! » Les heurts hachaient sa phrase à chaque nouvelle syllabe mais ils perdaient de leur intensité, trahissant les sentiments confus d’Albane. Elle ne se calma que lorsqu’elle se retrouva à bout de souffle. La nuit engloutit les derniers cris de détresses, les derniers reproches. Tout redevint calme, laissant tout le loisir à Justin de masser ses membres endoloris. Les deux yeux grands yeux désormais humides d’Albane étaient braqués sur lui. « Pourquoi tu m’as fait ça? »

Comme l’aurait fait un petit garçon pris en flagrant délit, il esquiva le regard lourd de significations en enfouissant le sien vers la pointe de ses chaussures. Les traces de leur lutte étaient visibles dans la neige, et au milieu de celles-ci brillait le Gallion qui avait sauté des mains de Justin. Il se pencha pour le ramasser. Son poing se serra contre lui tandis que les derniers mots d’Albane résonnèrent. Pourquoi tu m’as fait ça. Il lui devait des explications. Il aurait pu mentir, se cacher derrière des excuses qui n’en étaient pas, mais l’alternative n’était tout bonnement pas envisageable. Il s’était promis de ne plus témoigner sa lâcheté, même s’il peinait à s’en défaire. L’heure était aux règlements de compte. Il n’avait plus qu’à saisir ce qui lui restait de courage. Inspirant profondément, le digne disciple d’Helga Poufsouffle redressa la tête. Lentement, ses pupilles remontèrent le long du buste de son interlocutrice pour enfin s’accrocher à ses iris. Ses tripes se contractèrent instantanément. Il soutint leur échange visuel difficilement, tout en se répétant qu’Albane n’était pas la première et sans doute pas la dernière à l’observer de cette manière-là. « Je ne sais pas. » La réponse sonnait comme un affront, mais elle avait le mérite d’être sincère. « Je n’ai aucune excuse à te donner. » Son honnêteté maladroite fit tiquer Albane. Craignant une nouvelle salve de coups et de cris, il enchaîna rapidement. « C’est vrai. Je suis parti. En vérité, j’ai eu peur. Ma fuite était égoïste et ne résulte que de ma volonté de me mettre en sûreté. Je me suis enfoui seul parce que…parce que je suis lâche, Albane. » Il passa une main contre son visage avant de se laisser tomber sur le même banc qu’il avait occupé des heures durant. Son poing se fit moins insistant, ses doigts s’écartèrent laissant la pièce luire dans le creux de sa paume. « Je suis revenu pour ça. Pour l’A.D. J’aurais dû rester, j’aurais dû faire preuve de plus de ténacité, comme toi, comme les autres, mais je n’ai pas pu et… » Une vague d’émotions le transperça. « Je suis faible. Je pensais que j’avais la force de revenir, de me battre à vos côtés, mais je ne peux pas, tu comprends? Il s’est passé tellement de choses ici, si j’avais su, je n’aurais pas laissé ce fossé se creuser entre nous… je n’arrête pas de penser que si j’étais resté, certains évènements n’auraient pas eu lieu, mais qu’est-ce qui me donne le droit de l’affirmer? Si j’étais resté, est-ce que… » Un frisson lui parcouru l’échine et sa voix se perdit dans un murmure quasi inaudible. « Est-ce que Susan serait toujours en vie? » Les larmes perlaient au coin de ses yeux, mais il se refusait à les laisser couler. Répandre sa faiblesse une fois de plus ne faisait que nourrir la colère grandissante contre lui-même. Partout autour de lui s’empourpraient les braises d’une résistance de plus en plus investie. Des sorciers – des anciens camarades – levaient leurs baguettes, plus déterminés que jamais à libérer le monde sorcier de ses chaînes, tandis que lui n’était plus que l’ombre de lui-même. Il était loin de ce quotidien abject dans lequel ses proches évoluaient, la réalité de la guerre ne le frappait qu’après coup, et elle faisait mal. Reniflant, il s’affaira à s’allumer une cigarette d’une main tremblante, cherchant à camoufler son impuissance. Il toussota lorsqu’il recracha une nuée de fumée grisâtre qui se mêlait à la buée. « Pas comme toi. Tu es forte, Albane. Plus forte que ce que nous ne l’aurions jamais imaginé toi et moi. » C’était vrai. Elle se tenait là, arborant ses cicatrices autant morales que physiques, forte, acceptant avec dureté l’obscurité l’englobant. C’était peut-être trop tôt pour le dire, mais Justin l’admirait, enviait cette force dont elle faisait preuve et dont elle ne se doutait probablement pas elle-même. Il tira une nouvelle bouffée sur sa cigarette. « Je suis soulagé de te savoir en vie. »
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‹ réputation : il ne faut pas tenter de me cacher des choses. Que je sais tout et que ce que je ne sais pas encore, je le découvrirai bientôt. Si Blackfish et une figure de la résistance très respectée par la majorité de la population, mes anciens camarade rebelles ont un avis plus mitigés à mon égard... On dit que je serai prête à faire tout ce que je condamne pour arriver à mes fins: mentir, voler, tuer; que j'ai été dévoré par la haine. Après tout je suis une terroriste.
‹ particularité : prête à faire tout ce que je déteste et dénigre pour arriver à mes fins. Au point que j'en viens à me détester moi-même. Voler, mentir, trahir, me servir d'autrui comme un outil, parfois même de mes amis... "La fin justifie les moyens", c'est ce qu'on dit.
‹ faits : je vis avec le poids de mes actes sur la conscience particulièrement ma participation à l'attaque d'Herpo Creek, mais aussi la mort de mon petit frère dont je me considère responsable. Si certain de mais camarades héros de guerre estiment que je ne mérite pas ce titre, qu'ils sachent que je suis bien d'accord avec eux. Mais je suis libre et je travaille d'arrache pied à mes divers enquêtes pour oublier que je ne suis toujours pas capable de marcher sereinement dans la rue.
‹ résidence : dans un appartement pas bien grand sur Diagon Alley, mais il s'agit plus d'une espèce de bureau improvisé, constamment en bordel, que d'un véritable lieu de vie. Le seul endroit que je considère un peu comme chez moi et où je me sens réellement en sécurité c'est chez Tiago.
‹ patronus : Un grand ban de poisson argentés, c'est de la que je tien mon surnom de Black Fish.
‹ épouvantard : Thomas, moldu de dix-huit ans à peine que j'ai envoyé à la mort et qui revient régulièrement me hanter en pensée. Il a le regard vide et me demande constamment pourquoi je l'ai tué lui et pas l'autre.
‹ risèd : Cédric et moi. On boit une bière au beurre sous le porche de la maison de ma mère à Loustry. Mais Cédric est mort, la maison est détruite, ma mère ne reviendra surement jamais, et la Bière-au-Beurre est devenue beaucoup trop cher.
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❝ Seek and you shall find an old friend. ❞

Albane & Justin

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Il esquiva son regard et se pencha pour ramassa le galion tombé dans la fine couche de neige qui couvrait le sol. Le dernier symbole d'une époque qui n'était plus depuis bien des années. Elle aurait aimé qu'il la regarde droit dans les yeux. Elle aurait voulu qu'il lui donne une raison de céder à cette pulsion qui l'envahissait, ce besoin de le serrer dans ses bras, comme autre fois. Mais il esquiva son regard. « Je ne sais pas. » dit-il. « Je n'ai aucune excuse à te donner. » Elle ne s'attendait pas à ça. Elle aurait voulu qu'il ait une bonne excuse justement. Qu'il lui donne quelque chose à quoi se raccrocher, qu'il lui parle comme autrefois. Son visage se crispa dans une expression de déception et de colère. « Je suis revenu pour ça. Pour l'A.D. J'aurais dû rester, j'aurais dû faire preuve de plus de ténacité, comme toi, comme les autres, mais je n'ai pas pu et… Je suis faible. Je pensais que j'avais la force de revenir, de me battre à vos côtés, mais je ne peux pas, tu comprends? Il s'est passé tellement de choses ici, si j'avais su, je n'aurais pas laissé ce fossé se creuser entre nous… je n'arrête pas de penser que si j'étais resté, certains évènements n'auraient pas eu lieu, mais qu'est-ce qui me donne le droit de l'affirmer? Si j'étais resté, est-ce que… Est-ce que Susan serait toujours en vie? » Sa voit se perdit dans un murmure. 

Et soudain elle comprit; Justin vivait dans le passé. Elle le vit alors comme un fantôme. Il était revenu mais il n'était plus là. Il n'était plus le jeune homme fière, altruiste et loyal qu'elle avait connue à l'école. Ce Justin là n'était qu'une ombre rongée par les regrets, rongée par le passé. Il était revenu pour l'AD ? Quelle naïveté. Elle aurait pu en rire si ça ne l'avait pas rendue aussi triste. alors, elle sentit sa colère s'estomper légèrement. “Est-ce que Susan serait toujours en vie?” Elle se rappela une journée de juillet, il y avait huit ans de cela. Elle est Justin étaient assis sous le porche devant sa maison sur la colline. “Si je ne l'avais pas encouragé à participer, Cédric serait toujours en vie.” C'était ce qu'elle avait dit. Ce dont elle avait été convaincu pendant des semaines. Elle savait ce que c'était, de perdre quelqu'un qu'on n'aime et de s'en blâmer. A l'époque Justin avait été là pour elle. Mais ce n'était pas encore la guerre. Et elle,  elle n'avait pas fuie, elle ne s'était pas cachée. Elle n'avait pas abandonné ses amis.

Il avait l'air d'un cadavre, à fumer sa cigarette d'une main tremblante avec cette légère odeur d'alcool qui flottait autour de lui. « Pas comme toi. Tu es forte, Albane. Plus forte que ce que nous ne l'aurions jamais imaginé toi et moi. » Un petit rire ironique s'échappa des lèvres de la jeune fille. Froid et cassant. Un rire qui sonnait faux et où il pouvait entendre raisonner le mépris que ses propos inspirait à Albane. Elle le regarda d'un oeil dépité. [color=steelblue« Je suis soulagé de te savoir en vie. » [/color]Il tira de nouveau sur sa cigarette, incapable de soutenir son regard plus d'une fraction de secondes, le point tristement refermé sur ce galions au-quel il se raccrochait avec acharnement: son dernier point d'encrage avec ce qu'il avait été autrefois.


« Pathétique. » marmona-t-elle. « Et tu crois que ça suffit peut-être ? Tu crois que tu peux revenir et juste dire que t'es lâche et que t'es faible, sans même vraiment t'en excuser ? Tu crois que ça va t'aider ? » Elle parla d'une voix dure, sèche, son coeur battait fort dans sa poitrine. Elle ne savait pas vraiment pourquoi. La colère qu'il qu'il se soit enfuit ? La tristesse qu'il se montre si faible ? Le soulagement de le voir en vie ? Peut-être tout ça à la fois. « Tu vas me dire qu'au moins t'es honnête et blablabla. » Elle partie d'un nouveau rire froid. « Si t'es revenue pour ça, tu peux retourner d'où tu viens, Justin. » Elle avait envie de le prendre par les épaules et de le secouer, de le gifler, de le réveiller et le sortir de cette torpeur ridicule. Elle voulait revoir cette étincelle dans ses yeux.
« Regarde moi. » fit-elle alors, mais il se contenta encore de fixer la neige. « Regarde moi ! » La rage perçait dans sa voix. Il leva enfin les yeux. « Tu te prends pour qui ? Revenir comme ça et te comporter comme une victime ? Tu t'es caché ! Tu t'es fait passer pour mort, putain ! Et tu te plaints ? T'as pas le droit de refaire surface après des années et de me dire que je suis forte, que tu m'admires et que t'es heureux de me voir en vie. » Elle insista sur ces derniers mots. « Et qu'est-ce que t'en sais, toi ? Qui te dit que je ne suis pas morte à l'intérieur ? Ouais, on s'est battu, on a souffert. Et oui, Susan est morte et beaucoup d'autres avec elle. Comment tu peux te pointer et me dire que je suis forte. Peut-être que moi aussi je suis une espèce de lâche ? Peut-être que moi aussi je suis un monstre ? La guerre nous transforme tous en monstre Justin. T'es pas une exception. La différence c'est que nous, on se bat quand même. »

Il ne la connaissait plus. Depuis combien de temps il était parti ? Quatre ans ? Cinq peu-être ? Il ne savait pas ce qu'elle était devenue. Il ne savait pas comment elle avait fait pour survivre, comment elle se servait des gens, comment elle mentait, comment elle avait acquis l'horrible pouvoir de détruire certaines personnes, rien que par quelques mots. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle vivait, de combien elle se dégoûtait elle-même par moments. Ni de cette solitude qui la rongeait.  « Tu devrais avoir honte. D'être partie, d'avoir fait croire à ta mort, oui, mais pas que de ça. Tu devrais avoir honte d'être revenue pour... pour ça. » D'un mouvement de tête elle le désigna. « Ça c'est pas le Justin que j'ai connu... Et Susan aurait surement été d'accord avec moi. »

Elle resta planté là un instant, face à lui. Puis elle fit volte face, tournant le dos à celui qui semblait être devenu un étranger. Elle sentit les larmes froides qu'elle avait retenues jusque là, rouler sur ses joues; et son coeur qui battait douloureusement contre sa poitrine, se serra d'avantage. Et tendis qu'elle faisait un pas pour s'éloigner elle l'implorait silencieusement de lui donner une raison de se retourner "S'il te plait".




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And if you're still breathing, you're the lucky ones 'cause most of us are heaving through corrupted lungs. And if you're still bleeding, you're the lucky ones 'cause most of our feelings, they are dead and they are gone.
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