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MessageSujet: Freeze you out [Rabamis]   Freeze you out [Rabamis] EmptyMer 25 Mai 2016 - 23:54

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27 mai 2003 – Aramis L. & Rabastan L.


Karma ou karman (en devanāgarī कर्म et कर्मन्, de la racine verbale kri, signifie «acte» ou encore «action») est en sanskrit (kamma en pali) l'action sous toutes ses formes, puis dans un sens plus religieux l'action rituelle. C'est aussi une notion désignant communément le cycle des causes et des conséquences liées à l'existence des êtres sensibles. Il est alors la somme de ce qu'un individu a fait, est en train de faire ou fera.


Dans une autre vie, j’ai très certainement été un immonde connard.

Une semaine s’était écoulée depuis l’effondrement de cet aile d’hôpital, à St Mangouste. Il avait l’impression que cette semaine avait durée une éternité. C’était à posteriori qu’il avait su combien de temps il avait attendu les secours sous les décombres. Deux nuits et une journée. Combien d’heures avec Clara ? Combien d’heures à serrer sa main ? Combien d’heures évanoui ? Combien d’heures à pleurer ? Ce décompte là, les secours ne pouvaient pas le faire à sa place. Il n’était pas bien certain de vouloir le faire lui-même. Encore une fois, mieux valait oublier. Mieux valait se détacher et rester pragmatique, si d’autres pouvaient le faire, lui aussi ; alors on dressait un bilan trivial. Une jambe cassée, ce qui n’aurait sans doute pas été grave s’il ne s’était pas amusé à forcer sur l’os pour pousser son esprit à la perte de conscience mais ce petit échappatoire avait rendu la guérison un peu plus difficile et malgré plusieurs sorts et potions il boîtait encore. On s’en fout. Il pouvait marcher. Un trauma crânien, du à sa chute initiale sur le sol, la plaie fut aseptisée et refermée magiquement mais les maux de tête n’étaient pas décidé à prendre leur congé. On s’en fout. Il pouvait penser. Diverses contusions, beaucoup moins importantes. Ça allait peut être laisser une énième cicatrice sur son bras, sur sa jambe ou sur son ventre. On s’en fout. Tu peux vivre. Contrairement à d’autres qui étaient morts là-dessous.
Contrairement à d’autres qui étaient morts encore avant.
Contrairement à d’autres qu’il avait lui-même éliminé. Plus ou moins froidement.

Dans cette vie là, je suis très certainement un immonde connard.

Ses trois enfants. Sous les décombres. La femme de son fils aussi. Sous les décombres. Mais ils s’en étaient sortis. Tous vivants. Ça c’était peut être pour les quelques années de sa jeunesse qu’il n’avait pas passé à tuer et torturer tiens. Mais dans quel état. Apparemment treize ans d’innocence valait juste assez pour les garder en vie, par pour leur épargner des traumas physiques. Par ce salaud de Merlin, sa fille était paralysée ! Ses fils n’étaient pas dans un état particulièrement brillants et sa belle fille… bref.

Je dois bien mériter que le destin me crache autant à la gueule.

En six ans de liberté il avait bien cru qu’il remontait la pente. Doucement peut être mais sûrement. Il n’y a pas de petit progrès et dormir un peu plus de trois heures en une nuit était quelque chose dont il avait été fier. Mais ces derniers jours il avait renoué avec la joyeuse habitude de ne pas parvenir à fermer les yeux sans que son cerveau ne s’emplisse aussitôt de cauchemars. Quelle idée il avait eu, aussi, de vouloir pénétrer son esprit, à cette petite, alors qu’il savait pertinemment qu’elle allait mourir ? Est-ce qu’il avait voulu tenter de rééquilibrer un peu la balance cosmique ? Ou bien avait-il agit tout simplement par instinct, sans réfléchir aux conséquences que cela pourraient entraîner sur lui : d’avoir été même une brève seconde dans un esprit qui mourrait. Il venait d’en prendre pour perpétuité de thérapie. Sans thérapeute.

Alors on dit… bien fait ? Certainement.

Sursauter au moindre bruit sourd, ne même plus réussir à supporter les portes à demi fermées, des crises de tremblements devenues un peu trop habituelles… S’il n’y avait pas eu ses enfants, s’il n’y avait pas eu Hécate accroché à sa poitrine, accrochée à sa tête il aurait sans doute tout arrêté. Puisqu’à chaque fois qu’il pensait atteindre un sommet il retombait, pourquoi continuer ? Puisque le destin se foutait clairement de sa gueule, pourquoi s’acharner et lui donner encore plus de raisons pour se gausser ? Autant qu’il crève. Et termine enfin cette pièce dont il ne savait pas trop si elle tenait du drame pathétique ou de la comédie burlesque. Il était nul. Combien de fois cette idée là l’avait traversée ? Et jamais il n’avait eu les nerfs, jamais eu il n’avait eu le courage de la mener à son bout. Parce qu’il ne voulait pas avoir subi tout ça pour rien. Il y avait toujours quelqu’un pour l’aider à se relever, ça avait été son Maître, ça avait été Adele, c’était Hecate aujourd’hui. Il attrapait cette main qu’on lui tendait et continuait d’avancer. Et continuait d’espérer… que peut être ça irait en s’améliorant.

De toute manière, pouvait-on faire pire que ce qu’il avait déjà vu ?




« Pardon je… COMMENT ÇA MES ENFANTS SONT INTERROGÉS ? » Il pouvait gueuler, mais il n’avait pas autant de force qu’avant, ses cordes vocales étaient encore fragile du temps passés sous les débris tant à cause du gaz qu’à cause de ses hurlements et de ses pleurs. Visiblement la tonalité plus faible de ses cordes vocales impressionnait beaucoup moins son interlocuteur qui se contenta de répéter, stoïquement : « Miss Guenièvre Lestrange, Monsieur Aramis Lestrange et Madame Nyssandra Lestrange sont en ce moment même en train d’être interrogé sur Monsieur Draco Malfoy. Il est important de déterminer si ces jeunes gens dissimulent des informations de premières importances qui pourraient se révéler utile pour capturer le jeune Malfoy. » Ben autant dire qu’une fois lancé on ne l’arrêtait plus. En temps normal Rabastan l’aurait immédiatement interrompu mais sous le choc de la nouvelle il le laissa débiter son laïus tout en tentant de comprendre ce qui se passait. Heureusement, bien que condescendant au possible l’homme était clair. Le Magister voulait devenir le maître de l'ancienne baguette de Dumbledore, pour ce faire il devait tuer Malfoy junior. Et pour ce faire il devait l’attraper parce que Draco avait mis les bouts. Et pour ce faire il fallait récupérer les informations là où elles se trouvaient : chez les amis de Draco. S’il comprenait la logique, s’il savait que c’était beaucoup mieux pour sa santé et sa sécurité que le Maître soit contenté, il n’était pas du tout d’accord avec l’idée de savoir ses enfants là-dessous, à subir on ne savait quoi (en réalité il savait très bien, et c’était cela qui le rendait malade). « Et vous ne pensez pas que s’ils savaient quelque chose ils le diraient ? Sans que vous ayez besoin de les… questionner ? » siffla-t-il avec une hargne non dissimulée. Il était le patron oui ou non ? « Que ne ferait-on pas pour un ami… » Son ton était proprement insupportable : « Vous parlez de mes enfants. Vous parlez des rejetons Lestrange. » Est-ce que sa voix était assez menaçante ? Il n’arrivait plus très bien à faire le point. « Ce sont de vos enfants dont on parle, Monsieur Lestrange. Pas de vous. Votre loyauté et votre… dévouement n’est évidemment pas remis en cause. » La main gauche de Rabastan attrapa l’homme au col pour le soulever et le plaquer contre le mur. Le pauvre homme eut un gémissement et battait des pieds à quelques centimètres du sol. De sa main droite Rabastan tira sa baguette pour l’enfoncer dans la gorge de l’emmerdeur : « Ce sera Monsieur le directeur pour toi, petite gueule de fouine. Que je sache je n’ai pas encore été dégradé. » Les yeux de sa victime s’écarquillèrent, comme s’il regrettait mais avec un poil de retard la façon dont il avait pris le Mangemort de haut. « Alors si je dis que mes enfants ne savent rien. C’est qu’ils ne savent rien. Est-ce assez clair pour votre petite tête, imbécile ? » Il voulait régler ça au plus vite, déjà sa main qui maintenait l’homme contre le mur commençait à trembler. Mais sa victime hocha désespérément la tête et il put la reposer, lentement. « Je… vous… monsieur le directeur… » Sonnez leur les cloches une fois et ils ne pouvaient plus aligner trois mots, pas étonnant que tout aille à vau l’eau dans ce gouvernement. De son temps on savait articuler les excuses correctes même après une longue séance de Doloris. « Je les veux dehors. Maintenant. C’est clair ? » « Mais… mais… nous ne pouvons pas. Le Magister… » PUTAIN ! Il le menaça encore une fois de sa baguette : « C’est moi que vous avez en face de vous en ce moment. Et je lance des Impardonnables tout aussi bien que le Maître. ALORS PAR MERLIN VOUS ALLEZ VOUS BOUGEZ LE CUL ET LES FAIRE SORTIR ! » Il continuait de geindre, ses yeux ne quittaient pas la baguette un seul instant, comme si un éclair vert risquait d’en sortir d’un moment à l’autre.

Cette baguette…
Il l’avait eu la veille. Une nouvelle. Pour remplacer la sienne qui s’était brisée.
Il avait l’impression qu’on lui avait arraché un morceau de son bras et qu’on lui avait collé à la place une grossière prothèse. Le cauchemar de la première évasion encore une fois. Sauf que Ollivander lui avait certifié qu’elle était faite pour lui qu’elle l’avait choisi et tout ce baratin. Elle l’avait peut être choisi mais Rabastan ne l’aimait pas.
Pourquoi une plume de phénix, là où son ancien ventricule de dragon le soutenait dans les maléfices les plus puissants ?
Pourquoi de l’aubépine là où l’if lui avait suivant la science des baguette offert un pouvoir de vie et mort, une grande puissance ?
Pourquoi 23.6 centimètres, là où son ancienne baguette lui donnait la souplesse et la force d’un 33.9 centimètres ?
Rigide avec ça.
Il avait l’impression qu’on lui avait volé une épée pour lui donner un poignard rouillé et qu’on l’avait balancé dans l’arène en lui ordonnant de se battre. Ce n’était pas sa baguette ça. Ce n’était pas sa baguette. Il voulait l’ancienne.
Il n’avait pas encore lancé de sort avec celle-ci.

« Vous comprenez bien Monsieur le directeur que si jamais nous les laissons partir alors qu’ils… détiennent des informations nous… enfin le Magister se… ce sera sur nous qu’il… » Une claque, violente, sur sa joue gauche pour lui remettre les idées en place. Il n’avait pas envie d’étrenner sa nouvelle arme, toute médiocre lui semblait-elle, sur ce rat. « Le Maître me fait confiance et vous devriez en faire de même. » C’était de la présomption de haute voltige. En effet si jamais il faisait rater au Seigneur des Ténêbres une miette d’information il risquait bien de le sentir passer très très méchamment. Mais ce n’était pas cher payé pour faire sortir ses enfants. « Et je vous prie de me croire, vous n’avez pas du tout envie de me pousser à bout aujourd’hui. » Cette fois ci il sentait bien la menace dans sa propre voix. Les habitudes reprenaient vite. Même si là encore il jouait plus sur la corde du mensonge. Aujourd’hui était bien le jour où le pousser à bout, il n’aurait pas vraiment la force de résister. Il avait juste envie… de rentrer chez lui et d’attendre. D’attendre que tout aille mieux, soudainement. Il n’avait pas envie de se battre et pourtant il le devait bien. Sinon c’était Gwen, Aramis et son épouse qui trinquaient. « Si vous ne pensez pas pouvoir le faire vous-même, je vais vous accompagnez. » lâcha-t-il en prenant l’homme par le bras pour le traîner jusque dans les étages inférieurs, là où avaient lieu les « auditions ».




Karma de merde, certes mais si le destin lui faisait croche-pied sur croche-pied son nom de famille avait au moins la décence de ne pas lui faire défaut. Il avait suffit d’une bonne heure de gueulante, de nombreuses menaces, d’assurer le fait qu’il prendrait tout sur lui si jamais cela se révélait être une erreur pour que finalement ses propres subordonnés ne fassent marche arrière et accèdent à se requête (on aura tout vu). Guenièvre et la nouvelle Madame Lestrange pouvait partir. De toute manière on lui avait laissé entendre qu’il n’était pas vraiment arrivé à temps pour leur épargner la procédure standard. Il retint le nom et le visage du petit plaisantin… il se chargerait de lui plus tard. Mais comme évidemment une bonne nouvelle n’arrivait jamais sans son lot de saloperie, Aramis lui ne pouvait pas être libéré. « Enfin vous comprenez… Il ne sait peut être rien mais… Enfin votre fils est un voyant et… il pourrait avoir des informations à nous donner. Vous le savez. C’est vous qui vous occupez de… » Mademoiselle Shafiq, oui il ne savait que trop bien comment on procédait pour ce genre de chose. Et il savait aussi qu’il ne pouvait pas faire jouer de son nom jusque là. Alors quoi ? Il laissait une brute (tout comme lui était brutal avec Nephtys) s’occuper d’Aramis ? Lui bousiller la tête et lui retourner le crâne ? Est-ce que c’était pour ça qu’il était là ? Pour regarder faire et recueillir la déposition ?

Karma de merde. Il prenait peu à peu conscience que non, il n’était pas là pour regarder mais bien là pour agir. C’était à lui d’aller là dedans, dans cette salle close pour aller récupérer tout ce que son enfant voudra bien lui donner. Un enfant qui refusait de lui parler et qui prenait grand soin à l’éviter depuis plusieurs mois. Un enfant qui venait de subir un interrogatoire dont Rabastan connaissait les secrets et qui avait vécu lui aussi l’ensevelissement à St Mangouste.

On ne se répétait jamais assez : karma de merde.
Apparemment ce serait ça la première action de sa baguette.
Aider à faire souffrir son enfant.

« Si vous ne vous sentez pas la force nécessaire d’agir nous pouvons… » Appelez quelqu’un d’autre ? De plus violent ? Il fallait que ce soit lui qui le fasse, parce qu’il serait le seul à porter des gants, à faire attention. Le seul. « Rien ne vous permet de juger de ma force merci bien. » Il se tenait mal debout, se reposant principalement sur sa jambe valide, ses mains tremblaient légèrement, constamment sans qu’il ne puisse les arrêter, il clignait des yeux un peu trop souvent. Il devait leur donner la pathétique impression qu’il allait s’effondrer au moindre claquement. Ce qui ne les empêcha pas pour autant de claquer la porte de la salle derrière lui quand il entra pour faire face à son fils. Karma de… On respire correctement. Enfermé… il avait su au moment où on lui avait parlé des interrogatoires qu’il lui faudrait vivre ça. Mais l’impression d’étouffer lui retourna les tripes avec une telle violence qu’il resta un long moment interdit, les yeux braqués devant lui, dans cette pièce sombre et froide.

Une table. Dessus un verre d’eau et du pain. Une chaise. Dessus Aramis Leodagan Lestrange. Son Aramis. Si on lui avait dit, à la naissance de son cadet, qu’un jour il se retrouverait dans cette situation il aurait très certainement rit : rien ne pourrait le séparer de son enfant jusqu’à cette extrémité monsieur. C’était évident qu’il ne le connaissait pas enfin ! Mais voilà, on lui avait laissé son fils pour trois ans. Trois ans à profiter. Le reste à payer.

Dans cette vie,
dans celle d’avant,
dans une plus ancienne encore et dans toutes les autres,
j’ai du être le plus immonde des connards.

Il payait, ça oui, et avec les intérêts. Et ses enfants payaient aussi. C’était eux, les intérêts. « Aramis… » il aurait voulu lui dire quelque chose de plus, mais ça bloquait. « Je… tu sais pourquoi tu es là ? » C’était idiot ça. « Je n’ai… pas du tout envie de faire ça mais… » Il le fallait ? Si ce n’est pas moi ce sera un autre ? Plus agressif ? Il n’en avait pas envie mais il… devait. Sinon ils prendraient tous cher. Très cher. Il vient se poser en face de lui, de l’autre coté de la table. Il tente de ne pas regarder la porte. Il est mal à l’aise. Il a juste envie de partir. De courir. Pourquoi lui ? Pourquoi son fils ? Putain de merde de kar- on a compris. « Est-ce que tu… » veux quelque chose ? Mais sa phrase encore une fois meurt dans sa gorge pour se transformer en autre chose : « … as quelque chose à me dire ? »

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MessageSujet: Re: Freeze you out [Rabamis]   Freeze you out [Rabamis] EmptyJeu 26 Mai 2016 - 3:15

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But I'm freezing I'm not running away.
I will feel the pain instead
I'm not running again
(play)

Tu n'as pas crié.
Tu n'as pas cessé de le regarder.

Les yeux bleus rivés sur le bourreau, tu trembles encore, les lèvres serrées. Tu ne vas pas parler. Tu ne vas plus parler.  Les grandes bottes noires se dressent sur une forme humaine hébété, à peine gêné. Torturer a toujours rendu laid. Épouvantablement laid. Des doigts tendues sur une baguette, prête à infliger un nouveau maléfice aux regards perdus, abattus sur la victime, les tortures sont moches. Elles amochent l'âme, elles effilochent les purs, en creusant les blessures. Il y a un rire qui s'égraine, jaune & polaire. Un rire qui s'étire dans ta bouche, sur ta langue râpeuse, peureuse. « Tu attends quoi, connard ? », un souffle qui s'écrase de tes lippes au sol froid. Tu es pas encore mort. Et Nyss a encore mal.

Nyss a tellement mal. L'alliance chauffe contre ta main, propageant le mal être, le malaise. Et tu sais bien, tu comprends bien, t'y arriveras pas. Tu n'arriveras pas à la sauver, à la protéger. Le sourire se creuse, mauvais à faire peur. « Alors conn-Endoloris. », la voix caverneuse se propage & tu t'étales, dans un tremblement, dans une secousse aride. Tu peux pas crier. Tu peux que les regarder te piétiner, vous piétiner.


( Décembre 1982 ) Plic. Plac. Ploc. L'eau ruisselle sur les carreaux sales. Et comme tous les jours depuis ce jour là, tu attends. Arsenius lui a cessé d'attendre, il a repris les petits dragons de plastiques, dessiné les châteaux forts, esquissé dans du papier les sorciers des légendes. Les sorciers comme lui. Il demande de  temps en temps si tu veux jouer. Tu fais non de la tête, tu dis qu'il a trahi. Tu dis que tu veux attendre. Alors tu attends. Dans le petit pyjama vif d'or, le pouce collé au bec, en caressant Grypo le Gryffon, tu l'attends.



Tu veux pas être seul.
Tu as tellement, tellement, tellement peur d'être seul. La magie est trop lointaine, trop solitaire. Et Nyss n'est plus là. (Ou trop loin. ) Et la peur te creuse, t'a déjà fait dégueuler, vaciller. Tu veux plus manger. Tu veux juste crever sans elle. Tes doigts s'agrippent aux barreaux, creusant, agitant l'horreur, les douleurs. (Elle a promis sur la Magie, hein ? ) Tu sais, pourtant, tu sais salement, méchamment qu'elle va t'abandonner.( Comme Susanna.) Tu sais qu'elle va juste te laisser là sur le bas-coté. (Comme Gwen. ) Et si elle était parti ? ( Comme Draco, c'est ce qu'ils disent tous. ) Avec lui, sans toi. Toujours sans toi. Et tu agites les barreaux, tu hurles à t'en briser la voix. Le bras craque, la jambe est encore tellement fragile. Ils ont dit quoi déjà ? De pas trop forcés. Et le pied blessé part dans les barreaux, les  faisant vibrer, tanguer. « Eh ! On se calme, Lestrange ! », lâche une voix bourru, repu aux prisonniers indisciplinés. « Ma femme ! Hurles-tu, craches-tu. Où elle est ? Dites-moi ! Sans doute crevée ou souillée par un d'ces grands-là. ». Et il y a quelque chose qui se brise. « E-Et ma sœur ? Une tite brune ? Il en emmenait une à la fosse. ».  Gwen ? Aussi. Sans pouvoir lui dire, lui sourire. Sans  pouvoir s'excuser, revenir en arrière, dire que tu t'en veux. Et tu t'effondres contre un mur, les larmes creusant des sillons salés sur tes joues. « T'es seul, Lestrange. Fais-toi une raison. ».

Papa.
Draco.
Gwen.
Nyss.
Susanna.
Arsenius.
Plus personne.
Il y a plus personne pour t'aimer.



( Septembre 1990 ) « Ça  fait quoi d'être le fils d'un enfoiré ? », souffle un septième année un peu trop goguenard. Maison ? Bouffondor, of course. Tu serres les livres plus fort contre ta poitrine. Tu essaies de les ignorer, de ne pas les regarder. « Tu sais qu'ton père les a torturé. Tu sais qu'à cause de toi, quelqu'un a plus de Papa ? ». Toi, tu as jamais eu de Papa.



Tu n'avances pas assez vite. Ils ne disent rien, tétanisés, dépassés. Mais tu sais qu'ils vont parler. ( Tu es faible. Tellement faible. ) Tu veux avancer plus vite mais la canne est lourde dans ta main. Et tu claudiques, tu ne vas pas assez vite. Le bras en écharpe, tu refuses qu'ils te touchent. Tu refuses qu'ils te voient trembler, tomber. « Quelqu'un devrait l'porter. L'patron va encore nous engueuler. ». Ils ont peur. Ils ont tous tellement peur. Et les yeux bleus incrustés de rouge les scrutent. Ils te touchent, tu les castres. Un à un. « Bof, we don't care. On est presque arrivés. ». Bon choix.

Et la porte s'ouvre. La salle s'étale sous vos pieds, immaculée. Combien de gens torturés là-dedans ? Est-ce que Gwen a pleuré sous les endoloris ? Est-ce que Nyss a saigné ? Est-ce que c'est assez ? Et une colère amère te mord, tordant tes entrailles, jetant du sel sur tes entailles. « Lestrange. Assis. », tu fronces les sourcils. La  baguette te pousse & tu t'étales sur la chaise alors que ta jambe craque, élançant les vieilles douleurs. Sur la table trône l'eau & le pain. Tu grimaces de dégoût. Tu n'as pas besoin de leur pitié. Tu n'as jamais eu besoin de leur pitié.




( Janvier 1983 )« Papa va partir ? », souffles-tu d'une voix fluette. Maman semble  gênée, dépassée. Elle ne sait pas comment te parler. Elle ne sait plus  comment te parler. Et elle fait des choses tellement laides. « Pourquoi ? », murmures-tu, perdu. « Ce sont des histoires de grand, Ara- Non ! Tu mens ! Papa, il a promis. Il a dit ! Tu mens ! Tu mens ! ». Et la claque part, sèche & aride. « C'est Papa le menteur. ». Tout simplement.



La  porte claque, encore. Et tu l'observes dans un frisson. Dressé, il affiche un visage fermé, quoiqu'un peu troublé. Toi & lui, vous vous observez, vous vous fixez comme deux animaux blessés. Il boite un peu. « Aramis… » , la même voix basse & grave, tranquille & fragile. Elle t'a si longtemps bercé, si souvent rassuré. Comment peux-tu autant la détester ? Le monstre de colère s'agite, ouvrant paresseusement un œil, s'étirant. Il a faim.  « Je… tu sais pourquoi tu es là ? » . Il est sérieux ? Vraiment sérieux ? Les yeux se posent sur les siens, glacés, givrés.  « Je n’ai… pas du tout envie de faire ça mais… » . Menteur. Foutu menteur. C'est pourtant ce qu'il fait de mieux, ce qu'il comprend le mieux, non ? Il les aime moldus. Il les aime terrifié, terrassé, rampant à ses pieds. Il les aime fragilisés, touchés. Il les aime comme toi. Pour mieux les disséquer, les analyser, les faire saigner.  « Est-ce que tu…  as quelque chose à me dire ? » . J'ai tellement de choses à te dire, Papa.



( Juillet 1980 ) « Et si on en collait un autre ? », glapit Arsenius de joie. Et tu ris aux éclats ; Oui, oui, c'est une excellente idée. Tu décroches un sticker dragon rose et vert & le colle avec amour sur la bouche du masque. Parcouru de ruban, de figures mouvantes aussi mignonnes que marrantes. Une fois, il est revenu avec le masque & ça t'a fait pleurer, tu n'as pas voulu l'embrasser. Alors vous avez décidés de chasser la peur. Vous avez décidés de manger la mort, de  tuer la peur & l'horreur. « Mais où ai-je mis ce fichu masque ? ». Il y a des rires d'enfant fuyants, il y a son regard ; Bleu heureux.




Et la  colère enfle, en torrents monstrueux, orageux. Tonitruante, violente, la  rage s'envole, décolle, te colle. Et tu le  hais. Tu promets, tu le  hais. Les ongles crissent sur la table, le  visage est plus fermé que jamais. Égoïste, tu restes stoïque, sans pitié. Tu te dresses, tu te redresses, prince des hivers, prince des glaces. Tu as pour royaume la solitude. Tu as pour château tes blessures. Tu as sous tes dorures, des centaines, des milliers de ratures serties d'un tas d'ordure.

Tu le sais. Il a tout détruit quand il est parti, quand il a menti. Tu le sais. Il t'a abandonné. Il vous a abandonné. Et il ne mérite pas d'être pardonné. Le  bleu froid, roi le chasse déjà dans toute sa cruauté, comme un jouet cassé, si facilement usé. (C'est ce que tu es pour lui, non ? Une jolie possession à user & à placer. Comme Gwen. Si vite éjectée, si vite fiancée. ) C'est tout ce qui compte pour lui ;Vous manipuler et puis vous faire croire que vous êtes aimés, désirés. Et puis, dans ses humeurs, dans ses heures, vous serez balayés par la première bourrasque parce que c'est facile de vous abandonner. Parce qu'il l'a déjà fait.

Parce qu'il va le refaire.

T'a-t-il seulement aimé ? T'a-t-il juste un peu aimé ? A-t-il toujours joué ? Le pain est saisi, dans tes doigts tremblants. Tu as tant attendu, tu t'es tant battu. Tu as résisté, tu ne t'es jamais incliné. Et pour quoi ? Ça. Juste ça.

« Dégage. », c'est à peine un murmure, à peine le pansement levé sur une vilaine blessure. Tu enfonces tes doigts dans la mie trop dur. « Dé-ga-ge. », tonnes-tu plus fort. « Je ne veux pas te voir. », le visage se déforme, se tirant dans une expression de  dégoût. Tu cèdes, la haine au bout de la langue, amplifié par chaque battement de cœur. « Tu comprends, enfin ? Je ne t'aime pas. ». Bien sûre que c'est faux. Bien sûre que c'est de la fausse cruauté dans ton sourire. Bien sûre que tu mens. Mais tu as besoin de temps pour semer les souvenirs. Tu as besoin de temps pour faire de toi un terrain miné de bombes sentimentales, fatales pour protéger une dernière fois, une toute dernière fois, Draco. « Tu me dégoûtes tellement, Rabastan. ».

Menteur. Menteur. Menteur.
Menteur.


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MessageSujet: Re: Freeze you out [Rabamis]   Freeze you out [Rabamis] EmptyJeu 26 Mai 2016 - 23:57

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27 mai 2003 – Aramis L. & Rabastan L.


1 janvier 1978« Tu me dégoûtes tellement Rabastan. » Ils rentraient de Birmingham à Londres, dans leur petite maison où ils vivaient tous les deux avec Arsenius. Rabastan le tenait d’ailleurs dans ses bras. Le petit de cinq mois dormait à poing fermé, emmitouflé dans un gros manteau de laine. Elle ne se donne pas la peine de parler bas. Elle a peut être un peu trop bu. Peut être que lui aussi. « Quoi ? Quoi encore ? Quel nouveau crime contre l’humanité ais-je commis chère épouse ? » Elle se débarassa de son manteau et le laissa en vrac sur le canapé : « Ces regards que tu lançais à ton père pendant tout le repas. Tu me fait pitié. » C’était si évident que ça ? Merde. « Tu serais prêt à tout pour un seul de ses regards, hein ? T’es juste pathétique, mon petit. » Il détestait qu’elle lui rappelle par ce méprisant petit qu’elle était plus âgée que lui ; ce n’était pas un rapport de force qu’il appréciait. Bon, ils étaient tous les deux certainement trop éméchés pour que cela se termine bien, préférant jouer la carte de la raison Rabastan monta à l’étage en l’ignorant royalement. Dans la chambre d’Arsenius il défit le manteau du bout de chou, il avait pris la précaution de lui mettre son pyjama au préalable et il n’eut qu’à enfiler une petite grenouillère verte avant de le mettre au lit. Il frôla du bout des lèvres le front du nourrisson. Il avait bien de la chance de dormir, lui. Rabastan irait bien se coucher aussitôt mais avec un dragon dans la maison c’était très certainement impossible. Il ferma la porte de la chambre de son fils. Elena l’attendait dans le couloir, visiblement déterminée à l’humilier le plus possible. « C’est pour ça que tu le colles, lui ? Pour que ton papounet te gracie d’une tape bienveillante sur l’épaule ? Tu t’en fous de moi, tu t’en fous d’Arsenius. » Presqu’un sans faute. Sauf qu’il ne se foutait pas d’Arsenius. Jamais. « Ta gueule Elena. Là j’ai juste envie de dormir. T’es bourrée. » « Pas besoin d’être sobre pour voir à quel point tu fais ton petit mendiant. Oh daddy please look at me. Look look I know how to cast a cruciatus curse. Am I not the perfect boy ? » Il encaisse en silence, se contentant de la regarder de travers. Elle rajoute : « J’ai envie de vomir. » Il hausse les épaules : « T’as trop bu. » « C’est toi qui me donne envie de vomir Rabastan. » Il serre les dents : « Tagueulesalope. » Elle était peut être éméchée mais elle était rapide, sa gifle vint le surprendre sur la joue droite. Pour faire bonne mesure elle lui en colla une seconde et se préparait pour la troisième avant qu’il ne lui attrape la main en plein vol. Son poignet paraissait si fin entre ses grands doigts : « Lâche moi ! » hurle-t-elle d’une voix haut perchée désagréable. « Lâche moi tout de suite ! » Il la gifle à son tour. « Connard ! Sale connard je vais te… » De sa main libre elle tente de le griffer au visage, il lui saisit ce poignet également, la pousse contre le mur pour la bloquer tout à fait : « Tu vas quoi hein ? » siffle-t-il alors qu’elle tente de se défaire de son emprise de toute la force de ses muscles « Tu crois que tu me fais peur Elena MacMillan ? » Elle semble à deux doigts de le mordre et quand elle rapproche son visage du sien il croit bien que c’est ce qu’elle va faire. Mais étrangement, elle l’embrasse. Méchamment. Elle le mord. Et lui lui lâche ses mains. Elle vient l’attraper au cou. Il sent ses dents sur ses lèvres, qui tirent. Il sent ses ongles qui griffent sa peau sur sa nuque. Ses mains à lui relèvent sa robe jusqu’aux hanches, jusqu’à la taille. Les ongles d’Elena descendent à sa ceinture, elle lui laisse à peine l’occasion de respirer, ses lèvres collées aux siennes. Il connait ce genre de réaction, ils ont déjà connu ça deux ou trois fois. Ils avaient trop bu, il était tard, trop de pression, c’était un moyen comme un autre de relâcher le tout. Ça allait vite. En quelques minutes c’était plié et il gardait bien plus en mémoire les griffes de sa femme dans sa peau que le vague plaisir qu’il avait tiré de cette expérience. Elle en revanche paraissait plus ou moins satisfaite. Et dans un dernier aller-retour, dans un dernier gémissement à demi étouffé elle écarte ses dents du visage de son époux pour le regarder dans les yeux. La bouche entrouverte : « Aah, Rabastan. » Peut être un compliment ?

Elle le lui crache presqu’au visage.
« Tu me dégoûtes tellement. »
Au moins c’était clair.

À la fin du mois de janvier, Elena lui annonçait qu’elle était enceinte.
En septembre Rabastan était papa pour la seconde fois.
Ce petit gars là… ce petit gars là valait bien qu’on supporte Elena pour lui.




« Dégage. » Oh si tu savais, si tu savais Aramis à quel point j’ai envie de dégager. À quel point j’ai envie de fuir. Fuir comme il aurait pu (du ?) fuir plusieurs années auparavant. Partir. Mais au lieu de ça il ne fit pas un pas en direction de la porte et resta droit, en face. « Dé-ga-ge. » Cette fois il recule. D’un pas. Comme si Aramis venait de lui coller une claque. Il ouvre la bouche, la referme. Dehors il y en a qui attendent. Qui attendent de le voir s’effondrer. Lui et son fils. De les voir tomber tous les deux. Pressés de pouvoir ramasser les corps. Pressés de voir les prédateurs enfin chuter, enfin se briser. Il ne devait pas sortir. Il pose ses deux poings sur la table et s’y appuie. Pilotage automatique Aller… aller ; il n’avait qu’à se faufiler dans cet esprit qui était issu du sien, issu de ses gênes. Il n’avait qu’à s’y glisser, y prendre ce que tout le monde attendait et puis filer. Je vous en prie ne me laissez pas le temps de regret- « Je ne veux pas te voir. » Il cilla, ne parvint pas à soutenir son regard. C’était idiot, il avait vu des regards bien plus haineux, bien plus froid, bien plus terrible dans sa vie. Il en avait vu une centaine braqués sur lui le jour où on décida qu’il valait bien la peine qu’on dépense deux repas par jour jusqu’à ce qu’il daigne crever au frais de l’état. Et c’était pour celui là qu’il cillait. Pour celui de son fils. Peut lui importait qu’un inconnu lui lance ce regard ça n’avait pas d’importance. Mais Aramis… « Tu comprends, enfin ? Je ne t'aime pas. » Il cligne des yeux plusieurs fois et sent son menton trembler. Est-ce qu’il va s’effondrer ? Tu dois rester debout.

De toute manière…
C’était pas comme si, pour t’aimer, on se bousculait aux portillons.
Tu finis par être habitué non ?

« Tu me dégoûtes tellement, Rabastan. » Il serre les dents, serre les lèvres, serre son cœur. Telle mère tel… fils. Alors voilà. C’était raté.

Ce sentiment, il le connaissait. Le froid. Pas sur sa peau mais imprégné dans ses os, dans sa moelle. Ce froid qui suintait dans les veines et qui ne se réchauffait pas grâce à un petit feu de bois. La tête qui se vide de toute pensée. Et la phrase qui tourne en boucle. « Tu me dégoûtes tellement, Rabastan. » « Tu me dégoûtes tellement, Rabastan. » « Tu me dégoûtes tellement, Rabastan. » Et le visage de son fils, les traits déformés par ce qui devait être du mépris, de la haine, du dégoût qui s’imprimait sur ses rétines. Ce processus il le connaissait. Pour l’avoir cotoyé pendant quinze ans, il savait reconnaître le désespoir quand il le croisait. « Eh bien… » articule-t-il difficilement (s’il est évident qu’il use de toute sa volonté pour masquer la peine qui le déchirait il est également patent qu’il n’y parvient qu’à moitié) « parfait. Que veux-tu que je dise ? » Voilà, que pouvait-il dire ? Lui lancer un Imperium et lui ordonner de l’aimer ? Le menacer ? Lui hurler dessus ? Non. Juste… hocher la tête. Peut être hausser les sourcils. Ne pas montrer que ça casse. Que ça brise. Ne pas montrer qu’il est déjà si proche, si proche de tomber… C’était presque comique, Aramis venait de lui donner une immense poussée là où une caresse aurait suffit à le faire basculer dans le vide. Une telle poussée, avec un tel élan que ça l’aiderait presque à voler.

Redresse la tête.
Il relève la tête et le fixe dans les yeux. Bleus contre bleus. Ceux d’Aramis étaient froids. Ceux de Rabastan pouvaient le devenir.
Ceux de Rabastan avaient l’avantage d’avoir en outre cet éclat particulier, propre à ceux qui ont vécu ces choses qui vous arrache une partie de votre âme par à coup. Ou plutôt ce manque d’éclat. Bleus. Sans lumière.
Y avait rien à éclairer là dedans, de toute manière.
Lève ta baguette.
Non, il n’en avait pas besoin. Pas besoin de cet outil qui n’était plus le sien pour user de legilimancie. Pourtant il la dégaine, il la pose sur la table, à coté de lui.
Maintenant souris.
Et voilà le retour du rictus forcé et sans joie.
Et voilà le retour de Rabastan A. Lestrange, le Mangemort que tout le monde s’attendait toujours à croiser.
Parce que visiblement, l’autre n’était pas très populaire.

« Eh bien je suis navré mais tu vas devoir tout de même me supporter encore quelques minutes. Voire quelques heures. Mais crois moi je n’ai pas plus envie que toi de m’attarder alors, on va tenter de faire vite. » Si Aramis était tout aussi coopératif que lorsqu’il s’agissait de le faire manger, on pouvait même en avoir pour plusieurs jours… Mais pourquoi pensait-il à ça ? Il se força à faire glisser son esprit sur ce souvenir. Et rester concentré. Sinon c’était la chute, chute libre. « Tu connais peut être le principe. Alors tout aussi immonde puisses-tu me trouver… » il déglutit, se fait du mal à lui-même mais marteler la vérité était un processus traditionnel. Ça passerait plus vite. « Je vais devoir venir chercher dans ta tête. Voir si jamais tu as… des visions. » Anyway… « Je ne te réexplique pas le processus de la légilimancie. Et je m’excuse d’avance…  » pour l’eventuelle douleur ? Rabastan a appris a être doux ces derniers temps. Il sait qu’il peut le faire sans érafler, sans brûler, sans détruire. « … je vais y aller doucement. Alors voilà pardonne moi d’avance de ne pas agir comme l’atroce connard que je suis certainement. » Il ne savait même pas pourquoi il disait ça, il sentait seulement qu’il allait se noyer. Trop de douleur dans la gorge, trop d’amertume dans sa bouche, il devait cracher, il devait vomir.

Il aurait voulu être n’importe où. N’importe où sauf dans son corps, enfermé avec son chagrin. Se glisser dans les pensées d’Aramis en devenait presque une bénédiction. Au moins serait-il libre un bref instant. Au moins pourrait-il respirer un bref moment.

Au moins il n’avait pas hérité des yeux de sa mère.




Une porte. Rabastan la pousse. Du bout des doigts. Ça ne sert à rien de la forcer, elle s’ouvrira. Son fils n’est pas occlumens. Et derrière le panneau de bois il reconnait Aramis. Son Aramis, celui qu’il avait pu serrer dans ses bras. Mais c’était un souvenir et Rabastan ne pouvait pas venir le prendre, ne pouvait pas venir… Alors qu’il sentait que c’était ce que le petit attendait. Il attendait qu’il revienne. La pièce dans laquelle le petit du souvenir se tenait comportait une autre porte. Et derrière il y en avait une nouvelle… et une nouvelle.
Aramis n’était pas occlumens, mais il avait des souvenirs à revendre. A lui jeter à la gueule. Rabastan sait que d’une seule impulsion il pourrait tout parcourir, il sait que par un unique élan de concentration toutes ces portes voleraient en éclat pour lui révéler ce qu’il cherchait.
Que cherchait-il ?
D’éventuelles visions. Quelque chose à donner au Maître pour qu'il ne se venge pas sur eux tous.
Que cherchait-il ? Sans se mentir ? N’éprouvait-il pas une sorte de plaisir à voir ainsi un Aramis adolescent, ses livres dans la main, fuyant du regard des dernières années imbéciles ? N’était-il pas heureux de voir son fils comme il aurait pu le voir prendre vie sous ses yeux ? Mais ce n’était qu’un souvenir. Et on ne pouvait pas se reposer sur des souvenirs ou sur des rêves. Et il devait avancer. Même si chaque souffle, chaque point de concentration lui arrachait une lourde douleur au cœur.
Elena qui le claque, qui ne veut pas parler.
Et là… là derrière une autre porte il le reconnait parfaitement.
Celui là c’était le sien non ? Et Arsenius ? C’était le sien aussi.
C’était ses enfants. En train de rire. Oui… c’était bien les siens. Et il se reconnaissait aussi. Ou plutôt il ne se reconnaissait plus.

Est-ce qu’il avait vraiment vécu ça ? Cette joie là ?
Est-ce qu’il avait déjà eu ces yeux là ? Et ce rire là ?




Il tremble. On ne peut pas trembler quand on se projette. Parce qu’on est pas physiquement présent. Alors cela signifie que… Il a été éjecté. Et ce n’était pas Aramis qui l’avait exclu de son esprit, c’était lui. Déconcentré, sans doute, le lien n’avait pas été maintenu.
Son fils aurait voulu le torturer qu’il n’aurait pas pu mieux s’y prendre.
Ses mains, ses bras, ses jambes tremblent. Il y a une chaise à coté de lui. Qui fait face à celle du prisonnier. Il s’y asseoit. Passe sa main dans ses cheveux. Une fois. Deux fois. Trois fois. Il entend ses dents claquer. Pourquoi fait-il si froid ? Et pourquoi cette porte était-elle fermée ?

« Ouais je sais… » finit-il par dire. Sans aucun rattachement, sans rien penser avant. Juste… il savait. « Je suis un menteur. Un tueur. Un monstre. Et j’ai abandonné mes enfants. » Sa voix était froide, lente et détachée. Tout le contraire de son visage qui fixait la table, fixait le bois, fixait l’obscurité tout plutôt que de regarder son fils dans les yeux. « Ouais, des gens sont morts par ma main. Ouais, je t’ai laissé quand tu n’avais que trois ans. Ouais… ta mère avait raison. Je suis le pire connard, le pire père, le pire type de ce monde. » Sa voix se refroidit un peu plus, pour épouser parfaitement l’ambiance de la salle. Sa tête se redresse. « Puisque c’est l’heure des aveux… comment dire ? Comment exprimer la joie que j’ai pu ressentir au moment où on m’a retiré ma famille pour m’emmener dans cette putain de Merlin de prison ? Oh, les Aurors ne t’ont sans doute pas dit à quel point je rayonnais de bonheur quand je les ai supplié de me laisser vous voir une dernière fois ? » Tant qu’on y était hein… « Et très franchement… les moments où je gueulais vos prénoms dans cette saloperie de cellule pendant quinze saloperie de putain d’années c’était juste de la simulation. Je faisais genre. Au cas où un jour un des quatre Détraqueurs posté devant aurait pris le thé avec vous et vous aurait raconté comment je me portais. » Il cogna du poing sur la table, une fois. Deux fois. Trois fois. Il avait envie de hurler. Il avait envie de tout casser. Il avait envie de pleurer. Quand il reprit la parole, son ton tremblait. « Je suis peut être un mauvais père. Mais je vous aime. Je t’aime. Je pensais que c’était évident mais apparemment il faut l’expliciter : je n’ai pas souhaité aller à Azkaban, je n’ai pas demandé à ce qu’on m’y emmène. Ouais je sais ça peut paraître dingue mais j’aurais voulu vivre avec vous. Vous voir grandir. J’aurais voulu… » Mais il n’avait pas pu. Il n’avait pas pu.

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MessageSujet: Re: Freeze you out [Rabamis]   Freeze you out [Rabamis] EmptySam 4 Juin 2016 - 20:40

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But I'm freezing I'm not running away.
I will feel the pain instead
I'm not running again
(play)

Il te croit.
Et c'est sans doute le pire de devoir le  trahir, lui mentir.

La souffrance court de ses yeux aux tiens, crachant des gerbes de détresse, de malaise, de maladresse. Et il ne voit vraiment pas, ne comprend pas tellement. Et tu sais que c'est le prix à payer pour toutes ces années. Tu sais, tu sais que vous avez tellement échoués. Et il y a un monde entre vous deux. Drapé dans ton manteau d'hiver, tu es devenu le prince des solitudes, bâtissant des murs entre tes émotions & l'extérieur, refusant de parler, de t'exprimer. De la gueule au cœur, tu t'es gelé, tu t'es frigorifié. Le troisième œil t'a maudit & il continue de te détruire, de te réduire. Et lui laisse tout fuiter dans des incendies trop solaire, trop incendiaire. La douleur l'exaltant, le ravageant & pourtant, il ne veut pas tomber, il ne veut pas sombrer. Et il suffirait d'un geste, d'un mot de lui pour que tu te brises en mille morceaux. Il suffirait juste d'un pont jeté entre ciel & terre, entre lui & toi.

Tu veux juste qu'il recule.
Tu veux juste qu'il n'avance pas trop.
Qu'il ne voit pas, qu'il ne voit rien.

 « Eh bien… » , tu crois l'avoir vu trembler, vaciller quand il a posé ses mains sur la table. Tu crois bien qu'il souffre & tu te hais tellement.  « parfait. Que veux-tu que je dise ? »  Que tu n'y crois pas. Que tu n'y croiras jamais. Et les yeux bleus se toisent, comme deux bêtes blessés, vous reculez, refusant de voir que dans le miroir, vous êtes les même, un seul être. Tu redresses le menton, glacial, fatal. Encore un peu, tu dois jouer encore un peu. Juste quelques secondes. « Que tu te lèves et que tu me foutes la paix. », la langue claque, fouet puissant et intransigeant. Tu t'esquisses dans la glace, monstre de tyrannie & d'envie de le faire payer. Et même si la lèvre est tremblante & ouverte, laissant une traînée de sang séché dans ta barbe. Même si tu sens la douleur de l'avoir perdu au creux de ta poitrine. Il pose sa baguette, ridiculement petite. Un froncement de sourcil plus tard & la grimace est esquissée, dessinée sur ses traits. Et ça te pulvérise le cœur, ça te pulvérise tellement le cœur. Tu n'as jamais voulu sa souffrance, même dans ton enfance. Tu n'as jamais voulu le perdre. Tu voulais juste un père, tu le voulais juste lui.

« Eh bien je suis navré mais tu vas devoir tout de même me supporter encore quelques minutes. Voire quelques heures. Mais crois moi je n’ai pas plus envie que toi de m’attarder alors, on va tenter de faire vite. » « Je ne compte pas coopérer. ». Tu ne vas rien céder, tu ne vas pas laisser s'échapper, sur ta rétine, Draco.  « Tu connais peut être le principe. Alors tout aussi immonde puisses-tu me trouver… » « Fais ce pourquoi tu es le plus doué, Rabastan. Le mépris s'enroule à tes mots & tu craches son prénom, le prénom, comme une insulte, un mot maudit. Torturer, il en a fait sa spécialité, non ? Torturer c'est ce qu'il l'a envoyé pendant quinze années à Azkaban. Fais ce qu'ils font depuis des jours. Tu ouvres les bras. Fais ce qu'ils nous ont faits subir depuis que tu es parti. ».



( Décembre 1993 )Et ils te fixent. Les rires éclatent contre les murs. L'estrade s'écrase sur tes pas. « Tu veux te battre, Lestrange ? », il y a une moquerie pour le garçon de quatorze ans que tu es. L'aigle sur ta poitrine semble vouloir s'envoler à tire d'ailes. Dans tes yeux clairs, il y a des airs de défis, des airs d'électricité. Le septième année est bien plus grand, bien plus menaçant. Ils ont dit que tu ne pouvais pas le battre, l'abattre. Ils ont dits que tu devais te laisser faire. Mais tu ne peux pas le supporter. Tu ne peux plus. Ils disent tout ces mensonges ; Papa a tué. Papa a torturé. Papa est méchant. Et tu ne les crois pas, tu ne les crois jamais. Le chêne rouge vrombit, vomit sa magie autour de tes doigts. « Tu n'en as pas eu assez, hier soir ? », claque la voix, douce-amère. Hier soir, ils t'ont tabassés. Hier soir, Arsenius t'a ramassé parce que tu as osé te dresser face aux insultes. Ton père n'est pas ce qu'ils disent. « Il faut croire que je suis comme mon père, que j'aime les coups. », crisses-tu, volontairement provocateur, volontairement rebelle. « Si tu en redemandes, c'est avec plaisir que je vais t'exaucer. Expelliarmus». Le sort est esquivé dans un mouvement de  hanche. Et tu assènes, mortel & cruel ; « Avis. ». Les centaines d'oiseaux de papiers s'échappent & fusent en piaillant vers l'adolescent. Quelques uns chutent, brûlés mais les autres foncent, ballet de papier vengeurs & trompeurs. Il cri, déstabilisé, choqué. D'un « expelliarmus », tu le vois chuter, s'effondrer de l'estrade dans un basculement. Et tu t'avances, t'élances, le dominant de toute ta taille, en lui susurrant, en lui murmurant ; « Mon père & moi, nous sommes pareils. La prochaine fois que tu parleras pour lui, je te réserve le sort qu'il a réservé aux Longbottom. ». Un sourire se tisse devant le vent de terreur que tu viens d'égrainer, de semer. « Souviens-toi de quoi nous sommes capables. ». Et dans les yeux du  garçon, il y a une peur mêlée à l’orgueil blessé. Il y a l'horreur.

Et au coin des couloirs, la  rumeur vrombit, rugit ; Tel père, tel fils.



Il a du mal à déglutir.  Tu as l'impression qu'il va vomir, s'évanouir. « Je vais devoir venir chercher dans ta tête. Voir si jamais tu as… des visions. » « Viens, claques-tu, dents serrés. Et il y a cette même terrible lueur, cette horrible rancœur. Je t'attends. ». Et tu ne lui livreras pas tes secrets si facilement, si tranquillement. Tu n'ouvriras pas la boite de pandore si aisément, si doucement.   « Je ne te réexplique pas le processus de la légilimancie. Et je m’excuse d’avance…  »  De quoi ? Il fait juste le sale travail & tu ne vas rien laisser au hasard. Les pièges sont dessinés, délimitées comme des bombes cruels autour de ce que tu refermes. Et c'est toi qui devrait t'excuser. C'est toi qui va devoir te faire pardonner. « … je vais y aller doucement. Alors voilà pardonne moi d’avance de ne pas agir comme l’atroce connard que je suis certainement. » .  Un rictus mauvais s'écoule, s'enroulant à ta bouche. « Come on, dad. L'ironie est flagrante. Tu n'es bon qu'à ça, n'est-ce pas ? Un silence pesant, blessant. Torture-moi et tais-toi. »

Toi, tais-toi.
Toi, ferme la.
Tu ne peux déjà plus supporter la tendresse blessée de cet homme, de ton père. Et toute cette souffrance, tu l'as mérité. Tu es si certain de l'avoir mérité.



( Octobre 1984 ) Dans le noir, tu ne fais pas le moindre bruit. Tu es tout petit, si petit que tu peux te glisser dans l'armoire. Tout au fond, ça sent encore un peu, Papa. Le  vieux pull est un peu troué, abîmé. La maille est usée. Tu pousses le carton, Maman ne veut plus les voir. Papa est devenu un tabou, un mot que tu chuchotes dans tes prières à Merlin ; Ramenez-moi mon Papa, monsieur Merlin.  Tu as été très sage, tu as même mangé tous tes légumes. Le nez est plongé dans le tissu, perdu dans les moutons de poussière. Et tu ouvres grand les yeux ; Il n'y a plus l'odeur de Papa. Et les larmes creusent tes joues et tu serres le pull & tu murmures ; « Monsieur Merlin, s'il vous plait. Je veux juste mon Papa. ».



Tu bas des cils, respirant brutalement. Clac, clac, clac, font ses dents et ses traits se retracent. Sa barbe qui pique un peu même quand ils vous faisaient des bisous. Ses yeux, ses putains de yeux qui sont encore dans les tiens. Et il s'effondre sur la chaise. Et tu veux juste te jeter sur lui, le supplier de te pardonner. Tu veux juste lui dire que tout ça, c'est pour de faux.

Les mains se précipitent dans ses cheveux. Il cherche déjà un échappatoire. Il cherche déjà à t'échapper. Lui, elles, tu ne fais que les blesser, les bousiller. Tu les aimes mal,  tellement mal. « Ouais je sais… » , casse-t-il, caresse-t-il des basses de sa voix. Et il y a comme une fragilité que tu caresses du bout des doigts, d'un bout de toi. C'est comme si tu pouvais sentir ce que tu as brisé, cassé. « Je suis un menteur. Un tueur. Un monstre. Et j’ai abandonné mes enfants. »  . Tu n'as jamais pensé ça. Juste peut-être cette fois, entre les bras d'Arsenius. Juste parce que tu sens encore un fond de colère, là, s'écrier tout bas qu'il est tout ça. Il a toujours été tout ça.  Le ventre se noue, se contracte.



( 1998 )« Tu comptes le rejoindre ? », l'accent de l'Est abîme tes oreilles. Et dans le silence, tu scrutes la fenêtre. Dans sa méfiance, ses bras s'enroulent autour de ta taille. Il y a sa chaleur qui s'écrase dans ton dos, sa bouche dans ton cou. Le coeur s'efface, douloureux à chaque battement. « Je croyais que tu m'avais invité pour m’entraîner ? », il y a un filet d'humour qui s'écoule de ta voix. Tu cherches à étouffer ses questions, ses prétentions. Valkov a toujours eu l'esprit un peu rebelle, un peu perché. De dix ans ton aîné, tu soupires à la pointe de sa langue timorée sur un des grains de beauté que tu caches à ton épaule. Le souffle se raidit à la chute de ses mains ; « Au lieu de ça, tu me … Un soupire fleurit aux caresses cruelles. Déshabilles & ensuite, tu me séduis. Il y a un rire sur sa langue qui pétille. Je veux juste parler, c'est toi qui a commencé. ». Le sourire s'étire encore plus fort, l'attirance a toujours été plus forte, tellement forte. « Dis-moi si tu vas courir derrière ton père comme un petit chien. », un grondement & tu le repousses, brutalement. Les  yeux brillent d'incompréhension & l'homme se dresse sous tes yeux, dans toute sa nudité, dans toute son intimité.  Il a trébuché & s'est écroulé. Et tu ne vas pas te précipiter pour l'aider. « Ne fais pas ses yeux-là, Lestrange. On sait tous les deux que tu feras n'importe quoi pour un regard, un sourire de sa part. Et ça te rend tellement pitoyable. ». Et les poings se serrent, se resserrent. « Tu n'es qu'un fils à son papa. C'était mignon quand tu avais 8 ans. Maintenant, ça te rend juste pathétique. » « Retire ce que tu viens de dire. », il y a comme une menace sous ton regard de glace. « Retire le & excuse-toi, Valkov. », et on n'en parlera plus. « Non, c'est ce que tu – Endoloris. », et le sort explose entre tes doigts, le tordant de douleur, explosant sa poitrine d'horreur. Et il hurle, il hurle. « Alors tu as choisi comme un bon toutou, murmure-t-il, la voix enroué. Comme c'est surprenant, la toux est salé & il crache son sang sur le détail du tapis persan. Dégage, Valkov. Je ne veux plus jamais t'entendre, ni te voir. Un silence. Mon père vaut mille fois mieux que toi. »

Dans son orgueil blessé, il ramasse un à un ses vêtements. « Tu es comme lui de toute manière ; menteur, tueur. » Et il assène le coup. « Les monstres n'engendrent que des monstres. » Sans doute.



Lent & détaché, il continue à asséner, marteler ;  « Ouais, des gens sont morts par ma main. Ouais, je t’ai laissé quand tu n’avais que trois ans. Ouais… ta mère avait raison. Je suis le pire connard, le pire père, le pire type de ce monde. » C'est ce qu'ils se sont tous tués à te hurler, à crier & tu as toujours nié, refusé la si facile évidence. « Puisque c’est l’heure des aveux… comment dire ? Comment exprimer la joie que j’ai pu ressentir au moment où on m’a retiré ma famille pour m’emmener dans cette putain de Merlin de prison ? Oh, les Aurors ne t’ont sans doute pas dit à quel point je rayonnais de bonheur quand je les ai supplié de me laisser vous voir une dernière fois ? » Il y a la bile qui remonte dans ta bouche, tu t'effondres à ses mots. Toi aussi, tu as crié, supplié. ( Monsieur Merlin, je veux juste revoir mon Papa.) Et comme une ombre un peu inquiétante & tellement rassurante, tu n'as jamais arrêté de l'aimer, d'espérer. « Et très franchement… les moments où je gueulais vos prénoms dans cette saloperie de cellule pendant quinze saloperie de putain d’années c’était juste de la simulation. Je faisais genre. Au cas où un jour un des quatre Détraqueurs posté devant aurait pris le thé avec vous et vous aurait raconté comment je me portais. »  ( Monsieur Merlin, pourquoi vous ne m'écoutez pas ? J'ai été gentil, j'ai mangé mes carottes. ) Et lui qui hurle, hurle, qui supplie, qui cri. Lui que personne n'entend jamais, traînant ses plaies comme une bête blessée. Et il frappe, il cogne. Il déverse sa haine, son chagrin. Il déverse ses peurs & toutes les erreurs commises & encore à faire.

Et par Rowena, qu'avez-vous fait pour en arriver là ?
Et par Rowena, que n'avez-vous pas fait pour arriver ici ?

Et les corps sont poussés à la dérive, et la douleur continue, dans un cycle éternel, cruel. « Je suis peut être un mauvais père. Mais je vous aime. Je t’aime. Je pensais que c’était évident mais apparemment il faut l’expliciter : je n’ai pas souhaité aller à Azkaban, je n’ai pas demandé à ce qu’on m’y emmène. Ouais je sais ça peut paraître dingue mais j’aurais voulu vivre avec vous. Vous voir grandir. J’aurais voulu… »  , il a la voix en chute libre, terrible, prêt à s'exploser contre le sol. Et tu ne vas pas le rattraper, tu ne peux pas le rattraper. Tu dois l'enfoncer, le couler ; Draco en dépend, sûrement. « Et tu crois m'émouvoir ? », craches-tu, froid, fouillant dans ce qu'il expose, impose, prêt à lui arracher le cœur sans aucune frayeur. « Tu crois que tes regrets sont suffisants ? Tu crois que je vais te croire ? ». Il y a le dégoût qui te monte au coeur, qui est craché à son visage. « Tu crois que tu as une seule bonne excuse pour ça & pour tout ce que tu as continué à faire ? ». Le mépris, l'angoisse, la trahison, tu ne vas pas le laisser s'en sortir.

« C'est vrai que c'était tellement plus facile, une fois, sorti de ta cellule de courir après le Magister, mh. C'est vrai que c'était tellement plus facile de tuer Maman & de ne pas t'occuper de  Gwen. Tu as préféré la jeter à Selwyn. ». La haine serpente dans ton ventre, véritable monstre de douleur & d'horreur. « Tu sais qui est ce   Caleb ? Un coureur de jupon, un infidèle qui va la délaisser, l'abandonner. L'apprenti de  Bellatrix. La langue s'arque, mauvaise & pleine de tempête. Félicitation, tu viens de donner ta fille, ton unique fille, en mariage à un mec qui va la jeter. » Un silence dans lequel gronde l'orage qui s'annonce. « Bravo. Quel exemplaire père, tu es. ». Un grondement, un grognement. Le numéro de père éploré ne prend pas, ne prend plus. Si il vous avait un peu, rien qu'un peu, aimé, il ne ferait pas tout pour vous abandonner, vous oublier. Il ne vous piétinerait pas. Il ne te piétinerait pas.

« Et tu sais quoi ? Ça ne fait que commencer. »  



( vision ) Le souffle est raide, difficile. Dans la nuit noir, tu broies la main de  Scorpius. Les larmes trébuchent sur ses joues. « Draco, la voix de Pansy tremblotte, s'agite. Elle a une des petites filles endormies tout contre son sein. Draco, laisse-moi te soigner. ». Non, non, non, il faut avancer sinon ils vont vous retrouver. Les pas sont plus lourds à chaque souffle, la forêt défile devant vos yeux. Et la douleur, cette putain de douleur. « Draco ! », tu t'effondres et les pleurs redoublent. « Draco, montre-moi, chuchote-t-elle. Non ! ». Une gerbe de sang trempe le sol. Dans la nuit noir, tu veux juste t'endormir, mourir.




Le  verre part dans le  visage de  Rabastan, brutal, le cognant à la mâchoire. «  Tu veux quoi ? Que j'ai pitié, que je te pardonne ? Alors qu'à cause de toi & de tes potes,  l'amertume de tes mots tournent & retournent, ma femme a été utilisée par Rookwood & Adèle Bones. Oui, tu m'as bien entendu.  Tes potes ont torturés ma femme pour pouvoir faire penser les gens correctement, comme le gouvernement le veut. Depuis le  5 Juillet 2002, elle a été droguée aux potions. Depuis le  5 Juillet 2002, par ta faute, elle souffre. ». Votre famille souffre, partant en lambeaux, en morceaux. « Et tu n'as rien fait. Tu n'as pas bougé. ». Comme d'habitude. Comme toujours. Et face à toi, rien ne va le sauver. Face à toi, rien ne va s'effacer.

« Le pire, c'est que je m'en suis foutue toute ma putain de vie ce que tu as fait au Longbottom. Le pire, c'est que j'ai pas besoin de ce que dise les journaux pour te connaître. Mais torturer une famille le soir de mon mariage, vraiment ? ». Il y a tout un jugement dans tes yeux, tout le sel. « C'est quoi ton excuse, encore ? J'étais un peu vexé de pas être invité donc je me suis un peu défoulé ? Un silence. Mh ? ». Et il y a, en toi, toute une impression d'avoir été utilisé, d'avoir été piétiné. Tu n'as qu'une atroce impression d'être un jouet qu'il va casser & pousser dans la poubelle.



( vision ) « Maman », c'est juste un murmure devant les yeux qui s'ouvrent un peu, laissant filtrer la lumière. Les lèvres sont craquelées, gercées. Et au loin, au-delà de la fièvre, il y a une silhouette blonde qui éponge ton front. ( Une hallucination ). Sa peau reste si chaude, si douce. Et les larmes s'écoulent, s'enroulent. « A-Aide-moi. Ssssh, Draco, rendors-toi. ». Et tu t'effondres.

(La fièvre l'a juste fait délirer, penses-tu, jures-tu. Cissa est morte. Cissa ne peut être que morte.)



Face à face, cœur à cœur, il y a quelque chose qui se brise & se tisse. Il y a pourtant l'amour. « Et dire que malgré tout. La gorge s’assèche, t'agresse. Le myocarde s'envole, brutalisant ta poitrine.  Tout ça.  Tout ce que tu as fait, tout ce qu'il a fait. Je t'aime encore. ». Et tu ne sais pas vraiment si c'est sain, ce besoin de lui. Tu ne sais pas vraiment si c'est aimer bien. « Je t'aime tellement que ... » je pourrais crever pour toi. Que je pourrais me sacrifier encore & encore.

Les tremblements s'écrasent en larmes, en drame. « Mais … Tu prends une inspiration. On a quelque chose à terminer. Et tu dois le Lui apporter. ». Parce que Lui passera toujours avant. Parce que, pour Lui, vous ne comptez plus vraiment, plus tellement. « Alors fais ce que tu as à faire. » Il n'y a plus d'indignation, plus qu'une cruelle et éternelle acceptation.
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MessageSujet: Re: Freeze you out [Rabamis]   Freeze you out [Rabamis] EmptySam 25 Juin 2016 - 18:14

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27 mai 2003 – Aramis L. & Rabastan L.


(1993) Il n’y en a plus que trois, devant sa porte. Où était le quatrième ? Depuis combien de temps se posait-il cette question ? Cela fait longtemps qu’il a perdu toute notion du temps, peut être une semaine… Il s’était habitué à compter en repas. Mais il ne mangeait plus depuis quelques temps. Alors il ne savait pas. Où était le quatrième ? « Bien évidemment il faudrait renforcer la surveillance sur ceux là. Après tout elle est la cousine de Black. » Encore une hallucination ? Il connait cette voix. Ou peut être pas. Il ne sait pas. Il regarde fixement la porte de sa cellule, fixe les trois gardiens qu’il peut voir à travers les barreaux. Ils ne parlent pas eux. « Oui Monsieur le Ministre. » « Évidemment si on envoie une partie des effectifs à Poudlard… ce sera plus difficile d’affecter de nouveaux gardiens ici. » « Ils ne m’ont pas l’air prêt de s’évader. Vous l’aviez dit vous-même, Black avait toujours semblé être le plus lucide du lot. Regardez celui-là. » Près des trois silhouettes noires, deux hommes. Un petit replet et un autre. Moins petit et moins replet. « Lestrange ? Oui… il n’a pas l’air de pouvoir filer de sitôt en effet. » On l’appelait ? C’était bien son nom ça non ? Il cligne des yeux. Lentement. Le temps s’étire, s’étire. « Qu-quelle ann-année… » Le petit lui lance un regard à travers les barreaux. Rabastan a déjà vu cet homme ici, quelques fois. Il vient, inspecte, constate et repart. C’est le Ministre non ? Grand prince, il daigne lui répondre. « 1993 Lestrange. C’est votre douzième année ici si mon compte est exact. » 1993. Alors l’aîné avait… quoi peut être seize ans. Le cadet quatorze et la fille… treize ? Tous les trois à Poudlard. Il s’avance, se traîne jusqu’à la porte. Fudge recule rapidement. Comme s’il risquait de se salir. Un des gardiens se tourne vers lui et sa respiration rauque arrête immédiatement le prisonnier dans son avancée. Un haut le cœur, il entend l’éternel hurlement féminin résonner dans sa tête. Mais là il y a un homme. Quelqu’un qui va sortir. Quelqu’un qui va vivre dehors. «  Mes enf-fants. Dire. Aime. » Et comme c’est plus rapide qu’une formule de politesse classique « Pitié. » De toute manière il n’avait pas grand-chose à perdre. Le Ministre eut une grimace : « Je ne suis pas le hibou des détenus, Lestrange. » « Monsieur le Ministre, vous n’avez pas à lui parler. Vous êtes juste venu constater qu’ils ne représentaient plus une menace, vous êtes rassuré. Nous pouvons partir. » C’est si facile de partir ? Il suffit de demander ? Il aimerait bien, lui aussi, partir. Dans un immense effort il tend sa main à travers les barreaux et attrape un pan de robe de Fudge. Persiste et signe. « Senius, Amis, Ella. » Une main glaciale se glisse à son tour à travers les tiges d’acier pour le saisir à la gorge et le renvoyer un peu plus loin. « Monsieur le Ministre ? Vous allez bien ? » « Me-mettez moi deux détraqueurs de plus devant chacune de ces cellules. S’ils peuvent encore bouger, ils peuvent s’évader. Perkins, nous avons déjà Black dans la nature imaginez seulement qu’un autre de ces malades ne s’évadent. » S’évader ? Il voulait bien s’évader oui. Il retourne contre son mur, le plus loin possible de la porte, le plus loin possible d’eux. Et il répète en boucle, habitué après douze ans « Senius, Amis, Ella. » Papa vous aime, vous me manquez, manquez manquez. Il se souvient juste de leur nom, plus de leur visage, plus de leur voix. Juste de leur prénom. De deux syllabes de leur prénom. En boucle « Senius, Amis, Ella. » Pour tenir jusqu’à demain, et encore après.




« Et tu crois m’émouvoir ? » Petit joueur, qu’est-ce que tu crois ? Si Rabastan avait pu émouvoir quelqu’un ils n’en seraient pas là tous les deux. Il dit juste ce que tout le monde pense oublier, il le crie juste parce que sinon personne ne l’écoute. Voilà, maintenant c’est dit ; et pour changer on l’ignore. Tu peux toujours causer Rabastan. Ouais, c’était comme ça que ça marchait, il pouvait bien dire tout ce qu’il voulait, les autres penseront toujours ce qu’ils ont envie de penser. Et ce qu’Aramis pensait, c’était plutôt clair, n’est-ce pas ? « Tu crois que tes regrets sont suffisants ? Tu crois que je vais te croire ? Tu crois que tu as une seule bonne excuse pour ça & pour tout ce que tu as continué à faire ? » Non, clairement non. Rabastan ferma les yeux, serra les poings : mais qu’il se taise ! Mais qu’il se la ferme ! Non mais on aura tout entendu ! Alors Rabastan, tu crois que tes regrets sont suffisants ? Qu’est-ce qu’il pense ce gosse ? Mais qu’est-ce qu’il croit putain ? Du haut de sa petite vingtaine il pense qu’il peut se permettre de le juger comme ça ? Il pense qu’il sait quelque chose du regret et de la souffrance ? Mais quel culot, quel putain de culot ! Quand Rabastan avait son âge, il était déjà en train de moisir au beau milieu de la mer du Nord ! Alors quoi ? Quoi ? « C'est vrai que c'était tellement plus facile, une fois, sorti de ta cellule de courir après le Magister, mh. » Et tu voulais que j’aille où mon petit cœur ? Que j’aille retrouver ta mamounette ? Celle qui avait foutu le camp ? Tu aurais voulu que je reste sous un pont en attendant que les Aurors viennent me retrouver ? Quoi ? Les gens avaient un don certain pour critiquer mais Rabastan aurait bien voulu les y voir. Pourtant pas moyen d’en caser une, Aramis était parti et ne s’arrêtait plus : « C'est vrai que c'était tellement plus facile de tuer Maman & de ne pas t'occuper de  Gwen. Tu as préféré la jeter à Selwyn. Tu sais qui est ce Caleb ? Un coureur de jupon, un infidèle qui va la délaisser, l'abandonner. L'apprenti de  Bellatrix. Félicitation, tu viens de donner ta fille, ton unique fille, en mariage à un mec qui va la jeter. » Sincèrement, s’il était dans un meilleur état il lui aurait certainement coupé la parole, il l’aurait très certainement fait taire, d’une manière ou d’une autre mais là il le regardait, avec une grimace qui déformait ses traits, une grimace qui oscillait entre l’incrédulité et l’agacement le plus profond. Tuer maman. Il lui avait littéralement demandé de la tuer. C’était pour ça qu’il l’avait fait, parce qu’on lui avait demandé. Et parce qu’Elena blessait Gwen. Il l’avait fait pour lui et pour elle et là on le lui reprochait, on le lui rebalançait à la figure. Mais oui Rabastan, tu ne t’occupes pas assez de ta fille, enfin quel ignoble père tu fais. S’entendre dire ça par le fils qui avait délibérément rayé la sœur susmentionnée de sa vie (et de son mariage) c’était tellement… gonflé ! Attention à ton cœur. Merlin merci il n’était pas d’un naturel cardiaque. Sinon il serait mort. Assassiné par le culot monstrueux de son rejeton. Gnagna un mec qui va jeter Gwen, gnagna l’apprenti de Bellatrix : mais nom de putain de Merlin, Gwen aimait ce garçon, Rabastan n’allait pas lui foutre des bâtons dans les roues et faire le numéro du père ronchon qui veut que personne ne touche à un cheveux de sa fille tout de même ? S’il partait sur ce terrain là il ne voyait pas pourquoi il aurait laissé Aramis épousé son Ollivander qui avait déjà quelques fiancés dans son passif. Mais évidemment, évidemment ce n’était pas la même chose ! « Et tu sais quoi ? Ça ne fait que commencer. » Il le voit attraper son verre et lui balancer dans la gueule, peut être qu’il aurait pu l’esquiver mais il n’avait jamais été doué pour éviter les coups. Il passe sa main sur sa mâchoire avant de resserrer ses doigts sur sa baguette. « Tu veux quoi ? Que j’ai pitié, que je te pardonne ? » Mais qu’il… se… taise ! Non il ne voulait plus rien de tout ça désormais. Il s’en contre foutait. Il voulait juste qu’Aramis se taise, il voulait juste qu’il le laisse bien gentiment entrer dans sa petite tête, pour bien gentiment trouver les informations qui empêcheront le Magister de leur faire regretter leur jour de naissance pour ensuite les laisser bien tranquillement retrouner à leur petite vie où Aramis pourra allègrement continuer d’user de toute sa mauvaise foi imaginable au sujet de son père. C’était tout ce qu’il voulait. Un peu de silence. Un peu de calme. Et qu’on ouvre cette putain de porte ! « Alors qu’à cause de toi et de tes potes » oh, oh, oh… qu’avait-il encore fait ? Sa grimace se transforma en rictus : qu’il avait hâte de savoir quelle catastrophe on allait encore lui mettre sur le dos, la guerre en Irak ? « ma femme a été utilisée par Rookwood et Adele Bones. » Oh non, ta femme ? Mais Rabastan ne se souvenait pas avoir été nommé tuteur de Mademoiselle Ollivander : elle avait une famille pour s’occuper d’elle non ? Et elle avait Aramis ? Pourquoi ce serait plus de sa faute que de la sienne ? « Oui tu m’as bien entendu. » Oui et vraiment je ne m’en remets pas tant le remord assaille tout mon être. « Tes potes ont torturés ma femme pour pouvoir faire penser les gens correctement, comme le gouvernement le veut. Depuis le  5 Juillet 2002, elle a été droguée aux potions. Depuis le  5 Juillet 2002, par ta faute, elle souffre. » Mais c’est la guerre mon petit père, c’est la guerre et si tu t’en rends compte aussi tard c’est que visiblement j’ai plutôt bien gérer mon rôle de père en te protégeant, un peu trop longtemps peut être… Torturée, oh la petite mère elle souffre ? Ben elle s’en remettra. Il ne se souvenait pas d’avoir vu son fils venir pleurer sur son sort quand lui se prenait des dérouiller dans la gueule. Mais encore une fois, lui le méritait alors que Mademoiselle Ollivander devait absolument être protégée. Et si Rookwood et Adele touchaient à un cheveu de sa chère et tendre c’était fatalement de sa faute. Mais oui, mais c’est bien sûr, mais évidemment. « Et tu n’as rien fait. Tu n’as pas bougé. » Comme d’habitude. Moi je me contente de regarder les gens souffrir et de me marrer, enfin voyons fils depuis le temps tu ne l’as donc pas compris ? «  Le pire, c'est que je m'en suis foutu toute ma putain de vie ce que tu as fait au Longbottom. Le pire, c'est que j'ai pas besoin de ce que dise les journaux pour te connaître. » Ah ben t’es bien le seul mon chéri. Mais après tout tu sais tellement de chose. « Mais torturer une famille le soir de mon mariage, vraiment ? C'est quoi ton excuse, encore ? J'étais un peu vexé de pas être invité donc je me suis un peu défoulé ? » Les Rochester… il en aurait bien rigolé si la situation s’y était prêté mais elle ne s’y prêtait pas, au contraire. Le simple fait qu’Aramis soit au courant était un peu perturbant ; lui, Avery et Rookwood étaient des pros et ne laissaient pas de trace derrière eux. Nier en bloc ne serait pas très compliqué, mais dans l’absolu il voulait bien accepter ce reproche, oui il avait décimé une famille le soir du mariage de son fils. Mais après tout, puisque visiblement c’était le festival de la mauvaise foi, il pouvait bien dire que si son fils l’avait invité il ne l’aurait pas fait. Non ?

Et soudain le ton change. Il se fait moins agressif. Il ne se tait pas, il continue. Mais c’est différent : « Et dire que malgré tout. Tout ça. Je t’aime encore. Je t’aime tellement que… » Et il sait que ce n’est pas un mensonge. Il sait que son fils le pense vraiment. Alors c’était comme ça : amour à la Lestrange. L’amour vache où on se balançait toutes les horreurs du monde à la gueule, parce qu’on ne savait pas faire autrement. C’était comme ça avec Elena aussi. Devant lui, il lui semble qu’Aramis pleure. « Mais… on a quelque chose à terminer. Et tu dois le Lui apporter. Alors fais ce que tu as à faire. » Oui oui, mais non non. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Peut être qu’avant, il y a avait encore quelques mois, on pouvait lui balancer toutes ces saloperies (et un verre) dans la face puis s’en sortir avec un je t’aime mais plus maintenant. Si ses excuses n’étaient pas assez, le maigre aveu de son fils ne le serait pas non plus. Visiblement ils avaient des trucs à éclaircir. « Ne t’inquiète pas pour moi, je sais ce que je dois faire. Et je le ferais. » La baguette roule sous ses doigts. « Mais avant ça il me semble que quelques petites expliquations seront les bienvenues. » Il passa une nouvelle fois sa main dans ses cheveux, de l’autre coté du mur des gens attendaient et peut être même les écoutaient. Mais pour une fois Rabastan s’en moquait pas mal, Aramis voulait laver le linge sale devant une audience ? C’était toujours mieux que de le laisser moisir, et Rabastan avait l’habitude d’avoir des spectateurs pour commenter les moindres choses de sa vie privée. « Il y a des choses que je veux bien supporter. D’accord tu n’as pas eu de papa pour grandir, d’accord je n’étais pas là.  Oui, c’était de ma faute mais je ne vais pas le répéter chaque jour de ma vie pour te faire plaisir. » Rabastan aurait bien aimé ne pas avoir de papa, lui, ça aurait améliorer une grande partie de sa vie. « Oui j’ai torturé et tué des gens, mais comme tu l’as si bien dit, tu t’en fous. Donc c’est réglé. » Soyons honnête, c’était bien là son plus gros défaut non ? Une fois qu’on retirait cette tendance, il était plutôt agréable comme bonhmme, n’est-ce pas ? « Mais alors… me dire que j’ai abandonné Gwen… » il crachait presque ses mots, l’air aussi dégoûté qu’Aramis l’avait été. « Si tu dis ça rien que pour me blesser, tu y arrive à merveille bravo. Si tu le penses sincèrement, désolé mais tu te trompes. Jamais je ne laisserais Gwen tomber, ni toi d’ailleurs. Alors si tu m’en veux pour l’avoir fiancé à un homme qu’elle aime,  je suis désolé pour toi. Mais je ne vais pas me flageller pour ça. » Il serrait sa baguette si fort que ses ongles rentraient dans sa paume. « Quant à ta femme, Aramis… écoute moi bien, il va falloir que tu comprennes que je ne suis pas tout puissant. Je ne suis pas le Premier Ministre, je me contente de suivre les ordres. Je ne sais pas tout ce qui se passe. Si Rookwood et Bones ont fait quelque chose à ton épouse sur les ordres du Magister, je ne suis pas mis au courant parce que je n’ai pas à l’être. Et même si je l’étais, je ne peux pas toujours utilisé mon petit nom, ma petite gueule pour sauver tout le monde. » Il l’avait déjà un peu trop fait aujourd’hui et il savait que les retombées pouvaient risquer d’être mauvaises. « Si tu étais venu m’en parler… Peut être que j’aurais pu essayer d’arrondir les angles mais… comment veux-tu que je devine tout ? Par Merlin je ne savais même pas que tu vivais avec elle à cette époque ! » On ne pouvait s’en prendre qu’à soi même pour ne pas l’avoir mis au courant plus tôt, il n’était pas omniscient non plus. « Et maintenant c’est ta femme. Tu ne peux pas me reprocher de ne pas mettre ma sécurité en danger, la tienne, celle de Gwen et d’Arsenius pour ta femme. Si tu veux agir, c’est à toi de la faire Aramis. » Un silence, une inspiration : « Tu en est parfaitement capable. »

Il se renfonce un peu plus dans la chaise, le dos calé sur le dossier. Maintenant il voulait juste que ça soit rapide : « Est-ce que tu es prêt ? » Ce n’était pas terrible sans doute de lui laisser autant de temps pour monter d’éventuelles défenses mais Rabastan était maintenant légèrement plus posé, il était surtout un excellent legilimens, il savait qu’il finirait par avoir ce qu’il voulait. Ce que le Lord voulait.

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MessageSujet: Re: Freeze you out [Rabamis]   Freeze you out [Rabamis] EmptyMar 5 Juil 2016 - 18:42

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But I'm freezing I'm not running away.
I will feel the pain instead
I'm not running again
(play)

Ça fuse, ça pulse, comme une idée noire, comme un coup dans ton désespoir ; Papa n'est pas parfait.

Et il y a la friction, la frustration de ces enfants qui attendent, attendent & qui y croient. Il y a l'ombre lointaine de toi perdu, pendu à ta fenêtre, il y a l'espérance toujours un peu greffée, agrippé au coeur. Et pourtant, est-ce que tout cela suffit vraiment ? Est-ce que c'est assez pour l'aimer ? L'esquisse a fini d'être tiré d'année en année, peinte dans les souvenirs soigneusement récoltés, sauvegardés. L'enfance s'est tissée d'illusion en incompréhension. ( Pourquoi disent-ils tous que Papa est un monstre ? ) Et ce père fantôme, tu en as fait un idéal pressé, enlacé de perfections, d'attentions. ( Pourquoi mentent-ils tous? ) Sur les cendres de la maison brûlée, il y a encore l'écho d'une boite à souvenirs. Des photographies où Papa sourit, d'autre où il te berce, une où s'égare sa moue boudeuse dans l'uniforme de Poudlard, les coupures de journaux, quelques objets lui ayant appartenu, le vieux pull qu'il aimait tant. Une boite  qui, au final, t'a suffit pour rêver, pour t'apaiser. Une vieille boite sur laquelle tu t'es si souvent endormi.

Et pourtant, tu n'as rien appris, rien compris.

 « Ne t’inquiète pas pour moi, je sais ce que je dois faire. Et je le ferais. » La (mini)baguette continue à rouler dans ses doigts autant synonyme de menace que de douleurs tenaces. Le sait-il vraiment ? Qu'il va t'arracher ton cousin ? Que tu vas trahir ta famille, tes seuls amis ?  « Mais avant ça il me semble que quelques petites explications seront les bienvenues. » A la manière des enfants boudeurs d'hier & d'aujourd'hui, tu croises les bras. Il n'y a aucuns points à éclaircir. N'a-t-il pas tout dit dans ses silences, dans ses abandons de toujours ? « Il y a des choses que je veux bien supporter. D’accord tu n’as pas eu de papa pour grandir, d’accord je n’étais pas là.  Oui, c’était de ma faute mais je ne vais pas le répéter chaque jour de ma vie pour te faire plaisir. »  Et pourtant s'est-il fait rien qu'un peu pardonner ? A-t-il juste un peu écouté ? Tu n'es pas vraiment sûr. Dans l'écho des tortures, des blessures, il n'y a plus que des horreurs au fond des coeurs, des rancoeurs.  « Oui j’ai torturé et tué des gens, mais comme tu l’as si bien dit, tu t’en fous. Donc c’est réglé. » Ce n'est pas vraiment réglé pour le soir de ton mariage. Tu le toises, efficace dans ton indifférence, dans ta défiance. Lui aussi n'a probablement rien compris, rien appris. « Mais alors… me dire que j’ai abandonné Gwen… » Les certitudes sont pourtant écrasées, greffées au fin des yeux fiévreux ; Il l'a abandonné, il vous a abandonné. ( Il n'est pas parfait. Il n'est pas parfait. ) Le masque se fendille légèrement en une brisure partant de ton coeur  à ton cerveau. Tu t'effrites, te cassant de la gueule jusqu'au fin fond de tes erreurs. « Si tu dis ça rien que pour me blesser, tu y arrive à merveille bravo. Si tu le penses sincèrement, désolé mais tu te trompes. Jamais je ne laisserais Gwen tomber, ni toi d’ailleurs. Alors si tu m’en veux pour l’avoir fiancé à un homme qu’elle aime,  je suis désolé pour toi. Mais je ne vais pas me flageller pour ça. »  Ferme la, veux-tu lui cracher à la gueule, lui claquer au regard comme dans ces caprices d'enfant trop aimé, tellement adoré. « Tu devrais. », les billes bleus s’incrustent dans les siennes, les mers de colère s'affrontent, le feu & la glace s'affrontent, explosant dans un affrontement à mort. Gwen n'a jamais  été lucide sur elle-même, trop fragile, trop docile. Tu la sens déjà se détruire, balayer au quatre vents. Après tout, ne l'a-t-il pas si bien dit ? Il vous a abandonnés, comment pourrait-il vous connaître ? Comment saurait-il ce qui est bon pour elle ? Tu soupires ; «  Je comprends que tu aies voulu lui faire plaisir, lâches-tu plus calme, plus serein qu’assassin. Mais peut-être aurais-tu dû apprendre à connaître Calcon. Les yeux roulent dans une haine terrible & insensible. Et tu restes persuadé des mauvais choix & des mauvais goûts de ta sœur. Ne t'a-t-on pas donné pour mission de la protéger coûte que coûte ? N'as-tu pas assez donné ? Je t'assure que l'amour ne rentabilise pas son mauvais choix. ». Le calme est presque trop maîtrisé, trop contrôlé. « Je suppose que là-dessus, nous ne serons pas d'accord. » Sûrement jamais.

La vérité c'est que Rabastan n'avait aucun droit sur vous. Il n'avait pas le droit de décider, pas le droit de juste lui faire plaisir. Il n'est après tout pas parfait.

« Quant à ta femme, Aramis… écoute moi bien, il va falloir que tu comprennes que je ne suis pas tout puissant. Je ne suis pas le Premier Ministre, je me contente de suivre les ordres. Je ne sais pas tout ce qui se passe. Si Rookwood et Bones ont fait quelque chose à ton épouse sur les ordres du Magister, je ne suis pas mis au courant parce que je n’ai pas à l’être. Et même si je l’étais, je ne peux pas toujours utilisé mon petit nom, ma petite gueule pour sauver tout le monde. »  « Tu prends ce qui t'arrange, comme d'habitude ». Si toi, tu uses & abuses de mauvaise foi. Lui non plus n'est pas le dernier. Encore une fois, il choisit & détruit ce qui l'intéresse ou pas. « Il serait peut-être temps que tu prennes soin de ta famille. » L'oeil lance un éclair de défi. « Si tu étais venu m’en parler… Peut être que j’aurais pu essayer d’arrondir les angles mais… comment veux-tu que je devine tout ? Par Merlin je ne savais même pas que tu vivais avec elle à cette époque ! »  Et elle s'effondre l'image du père super sorcier, prêt à tout  pour vous. Elle explose dans un ballet de petites choses qui explosent & qu'il repousse du bout du pied. « Je ne vivais pas avec elle, à cette époque. Claques-tu. Tu commençais à peine à découcher, à passer quelques nuits puis des semaines & des mois entre ses bras. Et il n'existe plus rien de tout ça. Mais c'est ton, notre devoir de nous protéger les uns les autres. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, c'est Nyssandra  Lestrange. » Il est temps d'assumer ce que vous êtes, ce que vous devriez être. Et il y a une usure dans ses reproches imbéciles. « Et maintenant c’est ta  femme. Tu ne peux pas me reprocher de ne pas mettre ma sécurité en danger, la tienne, celle de Gwen et d’Arsenius pour ta femme. Si tu veux agir, c’est à toi de la faire Aramis. »  C'est là qu'il ne comprend rien & tu assassines ; « Toi, eux, tous avant moi, c'est comme ça que ça marche. » Et tu ne t'es jamais caché, prêt à te sacrifier pour Gwen, Nyssandra, Arsenius ou lui. Il n'y a pas si longtemps, tu l'aurais fait pour  Draco, Pansy, une poignée d'amis. Tu corriges ; «  Pour moi, c'est comme ça que ça marche. ». Et les yeux s'agressent entre tendresse & sacrifice. Ta sécurité ? Un bien maigre prix à payer pour leur sécurité. Sur ton corps s'étale la carte des sacrifices que tu as fait  pour eux (la balafre d'Hécate, les cicatrices invisibles qui te barrent la peau pour Gwen, la jambe & l'épaule explosées pour Nyssandra. ). Et le pire ? Tu le referais sans hésiter, sans reculer.  « Tu en est parfaitement capable. » et il te semble voir une pointe de lâcheté dans l'image effilochée, détricotée de ce père si puissant qui se révèle si impuissant. « Il faudra un jour que tu choisisses. » Lui ou nous. Dans ce monde, on ne peut pas tout avoir. Toi, tu as déjà choisi.


 « Est-ce que tu es prêt ? » Un hochement de tête ; et toi, Rabastan, qu'est-ce que tu choisiras ?
Est-ce que tu voudras devenir un Papa, un jour? Un vrai, un de ceux qui ne sont pas couturé d'illusions d'enfant, de sentiments d'abandon. Est-ce qu'on s'aimera un peu mieux un de ces quatre ?
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MessageSujet: Re: Freeze you out [Rabamis]   Freeze you out [Rabamis] EmptyJeu 14 Juil 2016 - 1:38

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27 mai 2003 – Aramis L. & Rabastan L.


..Visiblement, pour Gwen, la guerre resterait froide, glaciale, congelée, proche du zéro absolu. Plus froid ça devait être dur à trouver. Tu devrais et blabla Je t’assure que l’amour ne rentabilise pas son mauvais choix. mais pour qui se prenait-il ? Pour oser venir et penser pouvoir décider de l’avenir de Gwen ? Il n’était que son frère. Déjà que lui, en tant que père, n’avait que de très vagues revendications à émettre… Alors le frère. Il n’avait qu’à s’occuper de ses petites affaires, de sa petite femme qui apparemment le mettait dans tous ses états (bouhou ma femme a été utilisé bouhou ugh) et ensuite il viendrait régler les problèmes de Gwen. Tiens, s’il arrivait même à tout gérer depuis sa tour d’ivoire, Rabastan avait quelques problèmes personnels à lui soumettre, il était certain que son si auguste fils du haut de sa si grande sagesse saurait très certainement quoi faire. « Je suppose que là-dessus, nous ne serons pas d’accord. » Let’s agree to disagree en effet. De toute manière Rabastan ne lui demandait pas son avis. « Tu prends ce qui t’arrange, comme d’habitude. » … Excuse moi, excuse moi fils de ne pas toujours tendre le bâton pour me faire battre pour tes beaux yeux. Tu prends ce qui t’arrange… non mais on aura vraiment tout entendu. Est-ce qu’Aramis croyait sincèrement qu’il avait tellement de pouvoir qu’il lui en coulait littéralement du nez si on le tordait ? Il était peut être le Directeur le plus important du Ministère (n’est-ce pas Augustus) mais ce n’était pas pour ça qu’il pouvait tout faire. Apparemment Aramis s’était mis en tête qu’un unique mot de Rabastan pouvait arranger les situations les plus compliquées, qu’un seul de ses regards faisaient plier la foule et que s’il posait ses mains sur votre tête il ferait revenir à la vie ces neurones que trop de mariages consanguins avaient désactivés. « Il serait peut-être temps que tu prennes soin de ta famille. » Et le leitmotiv revenait, visiblement c’était une grosse partie de ce que son fils avait à lui dire, et comme le brave petit garçon de l’Élite bien élevé par une salope de mère il en connaissait des mots le petit cadet Lestrange : « C’est ton, notre devoir de nous protéger les uns les autres. » Non et là qu’est-ce qu’il tentait de faire ? De se tricoter un pull pour l’hiver ? Mais par Merlin tant de mauvaise foi allait le… « Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, c’est Nyssandra Lestrange. » Le rictus qu’il affiche devait en dire assez long sur ce qu’il pensait à ce sujet. Et au cas où tu ne l’aurais pas remarqué je suis Rabastan Lestrange ton putain de bordel de père alors tu vas baisser d’un ton tout de suite ! Voilà, là tu comprends hein ? Hein ? Moi aussi j’aurais envie de lui en retourner une. Il en mérite clairement une. Un aller et retour. Ça le calmera. Ça t’as toujours calmé toi. Il secoue la tête Mal elevé, une bonne gifle au moindre regard de travers ça l’aurait maté, et bien plus tôt. On croirait rêver, oser parler comme ça… Rabastan serre sa main sur sa baguette, prend garde à sa respiration. « Il faudra un jour que tu choisisses. » Choisir de lui mettre une bonne cla… Choisir entre quoi et quoi ? Qu’est-ce qu’il voulait donc ? Mais même en tentant d’ignorer le plus possible ce qui était évident, la réponse frappe Rabastan en pleine figure.

Lui ou nous. C’était ça qu’il devait penser non ? Il déglutit, secoue encore la tête, légèrement, pour tenter d’écarter ce genre de pensée qui n’était clairement pas appropriées ni recommandées. Il s’imaginait quoi le petit chou ? Que c’était la colonie de vacances ? Une fois que t’avais signé, c’était pour bosser. C’était pour servir. Et il n’y avait pas de retraite. Il n’y avait pas de sans lui. Rabastan ne pouvait même pas imaginer un sans lui. Aramis venait faire son grand numéro de mon père m’a abandonné mais il ne comprenait visiblement pas que ce qu’il lui demandait en cet instant précis était de choisir entre eux, et son père à lui. En tout cas ce qu’il avait de plus proche d’une figure paternelle. Il ne voulait pas choisir, il n’avait pas à le faire. Jamais le Maître ne mettrait la vie de ses enfants volontairement en danger. Aujourd’hui, c’était… c’était un concours de… Il avait tellement mal à la tête mais que quelqu’un ouvre cette porte ! Par pitié… ouvrez cette porte.

Respire. Doucement Comme son brave fiston apparemment voulait absolument faire passer tout le monde devant lui (quel grand cœur !) (prend en de la graine Rabastan, incorrigible égoïste) (et visiblement il songeait que forcer son père à opérer une pratique magique dans son état physique et mental au lieu de lui refiler directement l’information était quelque chose qu’on faisait entre membres de la famille pour se protéger les uns les autres) et était prêt pour que son cher papa vienne refaire un tour dans sa tête, il devait se préparer, lui, au choc qu’il ne manquerait pas de rencontrer. Peste soit de sa volonté de ne pas défoncer toute les barrière d’un coup pour en arriver directement au sujet. Il allait certainement devoir subir de nouvelles barrières mentales douloureuses à grand coup de souvenir et de culpabilité. Mais merci, j’aime qu’on prenne soin de moi comme ça. Concentre-toi. Inspiration, expiration. Il a sa baguette dans la main mais n’a toujours pas besoin de l’utiliser. Le regard d’Aramis est toujours chargé de rancœur mais visiblement c’est une marque de fabrique. Passe outre. C’était déjà le cas. Très franchement il ne savait pas qui avait la joyeuse idée d’apprendre à son fils à dresser ce genre de barrière (même si dans un sens il était plutôt satisfait de savoir que son enfant pouvait plus ou moins se protéger de l’approche d’un legilimens — plus ou moins) mais en cet instant si Rabastan pouvait lui tordre le cou il l’aurait pas. Marqué ou pas, meilleur ami du Maître ou non. Des nouveaux souvenirs. Il reconnaissait les visages, les voix. Il passe doucement, sans s’arrêter mais sans courir. Doucement. Pour ne pas laisser de traces. Il finira par trouver ce que son fils tente de cacher. Et finalement il arrive à une porte, une dernière porte. Il la pousse.

Et il sait que c’est bon. Il le voit. Malfoy junior. Avec Malfoy junior junior. Et une autre fille. La gamine Parkinson ? Draco s’écroule presque par terre, crache du sang. Rabastan regrette presque de ne pas pouvoir lui foutre un coup de pied. Il ne pouvait pas se laisser tuer tranquillement ce connard ? C’était un peu de sa faute si ses enfants s’étaient retrouvés là où ils sont. Petit con.  Et ça se brouille. Il y a en une autre. Une nouvelle vision. Le Mangemort en reste bouche bée. Qu’est ce que Narcissa Malfoy — feu Narcissa Malfoy, foutait là ? Draco agonisait à moitié, à dégeulasser le sol avec son sang, était-ce possible qu’il… hallucine ? T’es pas là pour juger, t’es là pour récupérer. Certes. Et tenter de procéder à une analyse quand on était encore en plein processus magique n’était pas spécialement recommandé. Il se concentre un instant sur son mal de tête et quelques secondes plus tard il cligne des yeux, de nouveau dans la salle d’interrogatoire. (Cette porte, s’il vous plait, est ce que ce serait trop demander de juste l’entrouvrir ?) Il regarde son fils, se masse la tête — pas très bon ça. Passe sa main sur son visage et sent vaguement du sang couler de son nez. C’était ça de tenter de se la jouer méta en étant encore dans la tête des gens, bravo Rabastan. Il plisse les paupières, pour le coup son mal de crâne ne s’arrange pas. D’un geste de la manche il essuie le sang qui coule et prend sa baguette dans ses mains.

Ce sera donc ça la première chose qu’il ferait avec ; ironique compte tenu des évènements des derniers jours. Il se demandait même si c’était recommandé qu’il recommence de sitôt à faire le mariole avec sa tête. Mais ce n’était pas un caprice, c’était une nécessité. Il la pose sur sa tempe et extrait ce qu’il a vu de sa tête ; un court filament argenté reste collé à l’extrémité de sa baguette toute neuve. De dessous sa cape il sort une petite fiole dans laquelle il laisse tomber le souvenir de la vision. Ils se débrouilleront avec… les autres. Il s’en contre carrait. Il voulait se reposer. Il ne voulait pas s’occuper de ça.  « Bon eh bien… » finit-il par lâcher en tentant d’ouvrir entièrement les yeux même si la pourtant très vague lumière de la pièce lui colle une migraine sans nom « Nous y sommes quand même parvenu. Je te remercie de ta coopération. » Il se lève et s’avance d’un pas franchement hésitant jusqu’à la porte qu’il finit par ouvrir avec un quasi soupir de soulagement avant de revenir un peu plus vers la table. « Je suis désolé que ça se soit passé comme ça Aramis. » Il tend la main vers lui avant de s’arrêter dans son geste pour s’écarter un peu « Je suis désolé que tu sois aussi persuadé de la simplicité de la situation. » Il regarde la porte ouverte, sait qu’il y en a qui attendent là derrière. Il expire longuement : « Tu vas pouvoir sortir maintenant. » Il a l’air d’hésiter un instant : « Dans ta vision… Il y avait Narcissa. Narcissa Malfoy. » rajoute-t-il comme si c’était nécessaire. « Est-ce que tes visions… peuvent se tromper ? » Encore une fois ce n’était pas son job à lui d’analyser, mais tant qu’il y était, mieux valait baliser un peu le terrain, qu’il ne donne pas plus de raison que nécessaire au patron de lui taper sur les doigts.


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