sujet; (MAI 99) ROMES • I was born by the river

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Mai 1999 - Forêt
I was born by the river in a little tent and just like the river I've been running ev'r since It's been a long time, a long time coming But I know a change gonna come
Les pleines lunes ont beaucoup changé dernièrement pour moi. Mes premières ont été terribles. Rohan m'a expliqué que c'était normal, vu que j'ai du tout faire tout seul. Ça le fait rire du coup, parce qu'il dit que j'ai une relation bizarre avec mon loup. Quand je lui ai expliqué que je nous considérais colocataires, il m'a regardé avec des grands yeux, et j'ai du lui expliquer ce que ça voulait dire, colocataire. Quand il a compris que j'avais l'impression d'avoir juste un nouveau résident et qu'il fallait diviser l'espace pour que tout le monde soit content, il a encore rigolé, le bouffon. Rohan peut vraiment être très bête parfois. Je ne vais pas trop l'insulter aujourd'hui quand même, par contre, parce que depuis qu'il est là mes pleines lunes ont vraiment changé. Au début je me retrouvais systématiquement couvert de sang quelque part à des lieues de mon point de départ, sans trop me souvenir de rien, très inquiet du mal que j'avais pu faire, et terriblement seul avec mes pensées. Rohan, lui, n'a pas peur de la pleine lune, je me dis même parfois qu'il l'attend avec impatience. Et les lendemain de pleine lune, je me souviens relativement de ce qu'il s'est passé, je me souviens de la forêt, du chant du vent, de l'odeur de la faune, et je me souviens du loup de Rohan qui me montre des choses, encore et encore, comme je peux essayer de le faire tout le reste du mois. Et je me réveille là où je me suis transformé, aussi, et ça change beaucoup les choses, et je m'habitue franchement à ce luxe.

Le truc auquel je m'habitue un peu moins, c'est de me réveiller complètement nu souvent proche ou sur Rohan, le matin arrivé. Et ce matin n'échappe pas à cette règle. En ouvrant les yeux, la première chose que je vois, c'est des poils blonds. Ah. Bon. Je cligne un peu des yeux, et grogne de la lumière qui m'éblouit, je relève la tête et arrive face au visage de Rohan qui, comme d'habitude, se lève vraiment beaucoup trop tôt. « Graoumpf ? » parviens-je à articuler, comprenant enfin que j'ai été réveillé par Rohan qui essaye de se lever. Je réalise, peu à peu, que nos jambes sont emmêlées, qu'il y a un bras qui n'est pas le mien sous ma tête, et que j'ai fini par m'agripper à son dos. Je suis pas vraiment du genre à faire tout un fromage de la nudité et de la proximité. J'ai bien compris que c'est une habitude des loups, de se mettre comme ça en tas pour dormir, c'est normal, y a pas à s'en faire. Et puis bon, qui va se plaindre de se réveiller nu contre un mec comme Rohan ? Soyons clair, il est pas très fin, mais qu'est-ce qu'il est bien foutu. Je finis par me redresser, libérant son bras, puis ses jambes, ouvrant enfin assez les yeux pour pouvoir admirer la gueule de mon frère de meute comme ils disent. « Bah alors mon chéri, tu t'en vas déjà ? » roucoulé-je en faisant une tentative ridicule de le retourner sur le dos. Pas comme si je peux vraiment espérer avoir l'avantage physique sur Rohan, mais bon, sa tronche gênée-choquée-dégoûtée-tentée vaut vraiment le détour. Il me dégage d'un mouvement ample et je me retrouve sur le dos, à rire comme un damné, en le regardant se lever en grommelant quelque chose que je n'entends pas à travers mes ricanements.
A la fin de mon rire, Rohan me regarde de haut, bien plus habillé que moi. Il ne me regarde jamais autant dans les yeux que les lendemain de pleine lune, c'est hilarant. « Roh ça va, on est pas pressé et il est quoi, quatre heures du matin ? » Je croise les jambes, toujours tranquillement au sol, tranquillement nu, vraiment pas intéressé à l'idée d'enfiler des vêtements ou même de me lever. Je baille, insolent.

C'est bizarre de vivre avec Rohan. Je suis habitué à ne jamais avoir personne de fixe autour de moi, à jongler entre les gens, à ne jamais me retrouver avec la même personne. Là, ça fait un an qu'on se supporte l'un l'autre continuellement tous les jours. Je l'aime bien, Rohan, mais il en faut aussi vraiment beaucoup que je n'aime pas quelqu'un. Il est mignon, et il rougit beaucoup, et c'est vraiment drôle de faire semblant de le draguer (pas que je serais contre, ça manque vraiment de soirées arrosées dans le coin...). Je crois qu'il est bi, ou gay, je sais pas, mais qu'il assume pas. Sa famille devait être particulièrement chiante sur le sujet, ou c'est le côté  « je suis un loup et un homme fort et musclé, je grogne pour communiquer, je me baigne dans le sang de mes ennemis et je chevauche des femmes pour prouver ma virilité ». C'est pas vraiment son genre hein, mais c'est le genre qu'il se donne parfois. N'empêche que du coup, j'aimerais bien une jolie fille qui, elle, ne manquerait pas de me cogner dès que je lui pose la main sur la cuisse. Et puis j'ai peur qu'il finisse par en avoir marre, de mes conneries, et de me laisser dans un carton quelque part en attendant que quelqu'un d'autre m'adopte. J'ai pas vraiment envie de me retrouver encore tout seul, je gère pas d'être tout seul, après je commence à parler à voix haute avec le loup.

Mon bâillement interminable s'achève pendant que je me roule de nouveau en boule dans le coin chaud qu'il a laissé sur le sol. Mon sens de l'hygiène et du présentable a vraiment pris un sale coup avec ce mec, si Helen me voyait... « Bon tu te charges du petit dej, et tu me réveilles quand c'est prêt ? Bonne chasse. » Parce que bon, c'est pas comme si j'avais un boulot qui m'attendait, j'peux bien me permettre un petite grasse matinée...
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Rohan Helvar
‹ disponibilité : dispo.
‹ inscription : 27/08/2016
‹ messages : 434
‹ crédits : shiya.
‹ dialogues : sandybrown (design foncé), darkgoldenrod (design clair).
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‹ liens utiles :
fiche » RUN BOY RUN
marcus » ex-ff, prisoner mylan » angry & hungry midget shin » or is it nazir? salvatore » ff beater & international asshole sirius » the mighty godfather elliott » just another asshole fred » the lost twin.
‹ âge : 25 ans.
‹ occupation : il s'occupe de James à Storm's End et rattrape tout ce qu'il a manqué en n'allant pas à Poudlard avec les habitants du cottage.
‹ maison : il n'est jamais allé à Poudlard.
‹ gallions (ʛ) : 1552
‹ réputation : il est le filleul de la Ministre qui a subitement fait une réapparition après la guerre.
‹ particularité : un loup-garou, il a été mordu quand il avait dix ans.
‹ résidence : Storm's End.
‹ patronus : rien du tout, il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : James en train de rire avec ce type qui a tué Sarah.
‹ risèd : probablement lui, en uniforme d'élève de Poudlard.
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Il a chaud. Il n’est pas censé avoir aussi chaud. Il a toujours froid quand il se réveille après la pleine lune. D’abord parce que bien évidemment, il est systématiquement nu et même en plein été, lorsque le soleil se lève à peine, il ne fait pas suffisamment chaud pour qu’il puisse se prélasser et faire la grasse matinée. Ensuite, parce qu’il s’est toujours plus ou moins réveillé seul, à l’écart des autres. Claevis n’a jamais vraiment été du genre à le cajoler les lendemains de pleine lune alors non, Rohan n’est pas habitué à avoir aussi chaud. C’est pour ça qu’il ouvre un œil en grognant, pour apercevoir une tignasse noire qui part dans tous les sens. C’est là qu’il prend conscience que ce qui lui tient aussi chaud, c’est en réalité la peau nue de James contre la sienne. C’est inévitable, le blond a immédiatement l’impression de passer de « j’ai un peu trop chaud » à « je vais mourir, j’étouffe ». L’autre loup est allé jusqu’à entremêler leurs jambes et Rohan se sent complètement pris au piège. Alors il s’agite, veut se dépêcher de se tirer de là avant que la situation ne devienne encore plus gênante qu’elle ne l’est déjà. Forcément, son agitation finit par réveiller James qui entrouvre un œil, relève la tête et marmonne un truc qui ne veut rien dire.
Il n’est pas du matin, ça fait un moment que Rohan l’a compris. Mais là, il a vraiment besoin que James BOUGE. Il devrait probablement le repousser sèchement, histoire de bien lui faire comprendre que cette proximité le dérange, mais il est tétanisé. Il a l’impression que s’il fait le moindre mouvement, maintenant que l’autre est réveillé, le ciel va lui tomber sur la tête. « Bah alors mon chéri, tu t'en vas déjà ?  » fait James avec cette voix stupide que Rohan déteste et il voudrait TELLEMENT y être suffisamment habitué pour ne plus réagir aussi fortement qu’il le fait à chaque fois, mais il n’a pas encore trouvé la solution pour s’immuniser à la bêtise de l’autre loup.

Alors oui, fatalement, il s’empourpre et ça jure avec sa tignasse blonde et il a l’air d’un navet. Mais en plus, James tente de le renverser et c’est là qu’il perd patience, lâche un grondement sourd qui remonte du fond de sa gorge et parvient à s’extirper de l’emprise du brun qui roule sur le dos et ricane. Ca a beau faire un an qu’ils se connaissent, Rohan n’arrive toujours pas à comprendre James. Alors il se relève avec un grognement parce que tout son corps est douloureux, comme après chaque pleine lune. Il s’éloigne le plus possible, pour essayer de reprendre son souffle, calmer les battements de son cœur et il se jette presque sur ses vêtements. Il a besoin de s’habiller, d’enfiler le plus de couches de fringues possibles. Lorsqu’il a terminé de se couvrir assez pour se sentir enfin protégé, il ose reporter son regard sur James qui a cessé de glousser mais se trouve toujours étalé dans l’herbe, dans toute sa glorieuse nudité.
Il le regarde dans les yeux, rien que les yeux, parce que s’il va trop loin, il va s’attarder et il n’a aucune raison de s’attarder. « Roh ça va, on est pas pressé et il est quoi, quatre heures du matin ?  » Rohan fronce les sourcils et regarde James comme s’il était stupide. « Il fait nuit, à quatre heures du matin. » Il lève la tête, observe le peu de ciel qu’ils aperçoivent à travers les arbres. « Il doit être six heures, » déclare-t-il solennellement.

Il traverse leur petit campement à la recherche des vêtements de James, parce qu’il est hors de question qu’il reste nu plus longtemps. A chaque fois, ça ressemble à une chasse au trésor. Rohan met toujours ses vêtements au même endroit, soigneusement, en pile, pour pouvoir se rhabiller le plus rapidement possible une fois le matin arrivé, mais James semble prendre un malin plaisir à éparpiller ses fringues partout, comme s’il ne souhaitait rien de plus que passer le restant de ses jours à poils. Non, vraiment, Rohan ne le comprend pas.
Alors il grogne tout du long, finit par retrouver assez de vêtements et retourne auprès de l’autre sorcier, en prenant bien soin de ne regarder que le sommet de son crâne, maintenant qu’il s’est roulé en boule et lui expose son fessier sans honte. «  Bon tu te charges du petit dej, et tu me réveilles quand c'est prêt ? Bonne chasse.  » Rohan plisse les yeux. Il y a des moments où il a vraiment envie de lui arracher la gorge à coups de dents. Il s’approche de James, se plante juste à côté de lui et lâche la boule de vêtements qu’il tient sur le jeune homme. « Si t’as faim, y a des restes, j’vais pas chasser aujourd’hui, » qu’il grogne. Il est épuisé par la pleine lune et James s’imagine qu’il va aller lui chercher à manger ? Il rêve ! Déjà, il est prêt à s’éloigner pour encaisser le lendemain de pleine lune dans son coin, sans avoir à écouter les jérémiades de l’autre loup, quand une odeur l’arrête net.

Rohan fronce les sourcils et inspire profondément, pour s’assurer qu’il n’a pas rêvé. Le sang. Il sait que ça ne vient pas de lui alors c’est plus fort que lui, il se met à paniquer un peu, s’accroupit à côté de James et l’attrape par l’épaule pour le retourner et l’observer. « T’es pas blessé, » qu’il marmonne, l’air de ne pas comprendre. L’autre loup semble plus perdu que lui, mais déjà, le blond est debout et renifle l’air avec insistance. « Tu sens ça, hein ? » qu’il demande avec empressement. « Du sang. C’est tout proche. » Son cœur manque un battement et il se tourne de nouveau vers James, plus pâle qu’il ne l’est d’ordinaire. « On n’a pas— » mordu quelqu’un, la phrase reste en suspens. Non, c’est stupide, il le sentirait. Mais James… à nouveau, il s’accroupit, attrape la mâchoire de l’autre loup et l’observe les yeux plissés. « Tu te sens différent ? » qu’il gronde avant de se rappeler qu’aucun d’eux n’a de sang sur lui et que c’est stupide.
Il se relève à nouveau. « Quelqu’un est blessé, pas loin. Habille-toi. » Un lendemain de pleine lune, il se doit d’assurer s’il s’agit d’une menace ou non.

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Bien entendu, il me dit non. Pas comme si j'espérais vraiment que Rohan me borde et me fasse la popote. Il doit être six heures dit-il comme si ça voulait dire qu'il était une heure normale pour se lever après avoir passé la nuit à vagabonder partout. J'ai mal, faim, sommeil, et maintenant qu'il est parti j'ai beaucoup moins chaud, mais je me doute bien que j'ai aucune chance de le voir se blottir contre moi. J'espère, au moins, avoir un peu la paix, mais non, l'autre loup semble plus excité que jamais et me balance mes fringues dessus. Je grogne (je grogne de plus en plus en sa compagnie, c'est terrible) et lui lance un regard noir plein de sommeil. Le froid me force cependant à au moins enfiler un caleçon et un pantalon, même si Rohan est moins rigolo quand je suis habillé. On pourrait croire qu'il s'est habitué, en tant que loup-garou, à voir des gens à poil. Mais non. Toujours puceau, le petit blond, j'en suis quasi-sûr. J'en suis à essayer de refaire un sens du tas de tissu qui doit être mon t-shirt lorsque je suis brusquement réveillé par la main de Rohan sur mon épaule.
Ok, j'avoue, j'ai sursauté et j'ai raté un battement de cœur. C'est la surprise, ok ? Il est vraiment très proche, et il a un regard très intense, et il me détaille des pieds à la tête et j'aurais sûrement rougi, si je n'avais pas été aussi surpris. Mon esprit pédale pendant les quelques secondes que durent cet examen brusque, je réalise bien que ce n'est pas sexuel. Ce n'est jamais sexuel avec Rohan. Mais je suis soudain très mal à l'aise d'avoir cet homme dont je me souviens parfaitement du corps nu qui me plaque quasiment au sol. Oui, ok, j'avoue, mon esprit dérape complètement un instant, et je suis assez loin lorsqu'il me lance un « T'es pas blessé. » qui finit de me déstabiliser complètement. « Heu j'ai un mal de chien dans à peu près tous mes membres, mais sinon, non ? » Je sens que quelque chose se passe, il y a une odeur dans l'air, autour de Rohan, celle de l'inquiétude qui me force à finir de me tirer du sommeil. (Vraiment, croire que Rohan te sauterais dessus comme ça ? Mais t'as cru quoi mon vieux?) « Tu sens ça, hein ? » Ton inquiétude, tes phéromones, ta fatigue, oui. Le reste, non. Je ne dis rien, le regardant s'agiter sans oser interpréter ce qu'il se passe. Du danger à l'approche ? « Du sang, c'est tout proche » Ok, c'est bon, il a toute mon attention, il a gagné, du sang le lendemain de la pleine lune ce n'est jamais bon signe. Je me relève, déjà en train de faire le bilan de la nuit dernière, alors qu'il se retourne soudainement, encore plus paniqué « On n'a pas ... » Je comprends sans qu'il finisse sa phrase et aussitôt je secoue la tête de droite à gauche, le ventre retourné.
Avant que je puisse en placer une, il m'a attrapé la mâchoire et a ressorti la technique du je te fixe avec mes yeux aussi profonds que l'océan et cet air sérieux de statue grecque qui me rend affreusement sexy. Je dérape, encore. Soit je suis vraiment en manque, soit je suis en train de développer un bon gros sale crush sur Rohan. Et si c'est le cas, le destin se fout vraiment de ma gueule. « Tu te sens différent ? » Non, non, non non, je secoue encore la tête comme un crétin, en train de prier pour qu'il ne sente pas que quelque chose tourne vraiment mal chez moi. C'est pas le moment Jimmy, reviens sur terre, c'est pas le moment. « C'est pas nous, vieux, ça doit être quelqu'un d'autre. Détends-toi. » Autant parler à un mur. « Quelqu'un est blessé, rhabille-toi. » Ok, ok, j'ai compris. Je ne sais pas trop si je veux le calmer ou si je veux paniquer alors pour le moment j'enfile juste le t-shirt et me bat avec mes chaussures en grommelant : « J'arrive, j'arrive. »

Ok le bouffon se casse avant même que j'ai fini mes lacets. « Hey attends-moi ! » C'est en courant que je le rattrape, après avoir ramassé à la volée ma baguette qui trainait dans un coin. Il pue la peur, la panique et l'angoisse. J'aime pas ça. J'ai pas l'odorat de Rohan, j'arrive pas à sentir le sang d'aussi loin, mais ses nuances à lui je les connais toutes et elles m'influencent beaucoup trop. Sauf que lui, quand il panique, il monosyllabe, moi, je déblatère. « Tu sais au moins où on va ? » Bien sûr qu'il sait, il suit une piste, crétin de Jim. « Si ça se trouve c'est pas une victime c'est une putain de brute et on va se faire bouffer comme des louveteaux. » Enfin, moi surtout, Rohan lui il peut se débrouiller tranquille. « C'est p'tete juste un animal et – Ah - Oh » Ok ça y est je le sens. C'est du sang humain, définitivement du sang humain, et frais, et proche, et ça s'insinue dans mon nez, ça éveille tous mes sens, et il y a le loup pourtant léthargique de la nuit qui en ronronne presque. Ça me donne envie de gerber quand il fait ça. Je veux reculer, Rohan, lui, accélère et comme un con, comme un putain de chien attaché par une laisse à son maître, je le suis. Finalement, je peux sentir la piste, j'accélère cette fois avec lui, et on le trouve... la trouve...

« Oh merde putain de merde de chiotte de... c'est une gamine ! » J'ai piqué un sprint jusqu'à elle, la gosse doit avoir douze ans, une petite blondinette qui sent le loup. Elle sent la Meute, comme dit Rohan, et je me déteste pour ça mais aussitôt cela me met en confiance, parce qu'elle est comme nous, et que l'on doit s'en occuper. Je m'accroupis à ses côtés, je vois ses blessures, les crocs, les griffures, le sang. Ils la laissent juste crever. Je me souviens de ma louve, qui attendait de voir si j'aurais pu survivre, que je valais pas la peine sans ça. J'ai envie de gerber. « Hey, hey, petite, tu es réveillée ? » Je lui tapote les joues, essayant désespérément de la ranimer, un œil se lève, enfin, se dirige faiblement vers moi, sans arriver à me fixer. « On est là, ok petite, on va te sauver, tout va bien se passer, tu es sécurité ok ? Essaye de rester éveillée, tu m'entends. Je suis James, ok ? Ok ? » Elle bouge très très légèrement la tête, comme pour dire oui, mais je sens que dès que j'arrête de parler elle commence déjà à s'évanouir de nouveau, et ça me donne envie de pleurer.
Tout naturellement, c'est vers Rohan que je me tourne, parce que même si je suis plus vieux et plus érudit, quand y a du sang, quand y a du loup, c'est vers lui que je me retourne. « Putain de merde, Rohan, on fait quoi ? »
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‹ réputation : il est le filleul de la Ministre qui a subitement fait une réapparition après la guerre.
‹ particularité : un loup-garou, il a été mordu quand il avait dix ans.
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‹ patronus : rien du tout, il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : James en train de rire avec ce type qui a tué Sarah.
‹ risèd : probablement lui, en uniforme d'élève de Poudlard.
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«  Hey attends-moi ! » Non, il n’attend pas. Il a senti l’odeur du sang et il doit savoir d’où ça vient. Ca a réveillé le loup qui s’était tranquillement lové en son sein depuis que le soleil s’est levé et il ne trouvera pas le repos tant qu’il n’aura pas trouvé ce qui saigne. De toute manière, il entend très clairement James qui fait de son mieux pour le suivre. Tous ses sens sont en alerte. Il a l’impression de percevoir chaque être vivant dans les alentours, de discerner tout un tas d’odeurs. D’abord, celle du sang bien sûr. Ensuite celle de James, qui a réussi à le rattraper. Il pourrait reconnaître cette odeur parmi mille autres. A force de le côtoyer chaque jour depuis un an, il la connaît par cœur bien sûr, mais il n’y a pas que ça. James sent l’inconnu, pas le genre qui lui fait peur, non, plutôt le genre d’inconnu qu’il meurt d’envie de découvrir. Il sent toutes ces choses que Rohan n’a jamais faites, tout ce qu’il ne connaît pas et qu’il veut apprendre. Il sent la maison, aussi. Et ça n’a aucun sens, parce qu’il n’y a rien en James qui lui rappelle sa famille ou la Meute, il est tellement différent. Non, c’est surtout qu’il sent… comme sa meute ? Pas l’ancienne, mais celle qui n’existe pas encore, celle qu’il rêve de former, celle dont il a besoin.
«  Tu sais au moins où on va ?  » Rohan grogne. Il sait exactement où il va, il suit une piste, ce n’est pourtant pas compliqué, c’est la première chose qu’il a montrée à James, mais il ne sait pas se concentrer quand il panique. «  Si ça se trouve c'est pas une victime c'est une putain de brute et on va se faire bouffer comme des louveteaux. » Deuxième grognement. Il est préparé à cette éventualité, il sait très bien que ça peut être une menace, mais justement, il veut vérifier. Il veut savoir qui est blessé, pourquoi, et si ça veut dire qu’ils doivent décamper le plus vite possible, ou même qu’ils doivent éliminer la menace. « C'est p'tete juste un animal et – Ah - Oh  » Non, ce n’est pas un animal, mais de toute évidence, il l’a enfin senti lui aussi, puisqu’il se tait enfin.

James ne sait pas se déplacer en forêt. Il ne sait pas se déplacer tout court. D’abord parce qu’il parle sans arrêt, mais même quand il se tait, il fait un boucan d’enfer. Il ne s’en rend pas compte et Rohan réalise qu’il va falloir qu’il lui apprenne aussi, s’ils ne veulent pas finir par se faire tuer stupidement. James respire trop fort, marche trop fort, il fait tout trop fort. Pourtant, il est moins grand et plus mince que lui, mais Rohan a parfois l’impression que l’autre loup est un géant. Ils sont tout proches, alors le blond accélère, il se met presque à courir et quand enfin, il voit, il se fige net, le souffle coupé. « Oh merde putain de merde de chiotte de... c'est une gamine ! » Oui. Il voit une masse de cheveux clairs, un visage fin et pâle, une petite silhouette sous tout ce sang et ces chairs à vif. Rohan déglutit avec difficultés, alors que d’autres images, des choses qu’il a oubliées, qu’il ne veut pas revoir, s’imposent à lui.
Il ferme les yeux et entend James qui se précipite aux côtés de la gamine.  « Hey, hey, petite, tu es réveillée ? » Elle n’est pas morte, pas encore, parce qu’il perçoit les battements faibles de son cœur. « On est là, ok petite, on va te sauver, tout va bien se passer, tu es sécurité ok ? Essaye de rester éveillée, tu m'entends. Je suis James, ok ? Ok ? » Quoi ? La sauver ? Rohan ouvre les yeux et fronce les sourcils, pour croiser le regard de l’autre loup qui semble complètement désemparé.

« Putain de merde, Rohan, on fait quoi ? » On l’achève, est-il tenté de répondre. C’est la seule chose à faire, il doit bien le savoir, non ? Ou pas. Le blond grimace en se rappelant que c’est probablement le genre de choses que James n’a pas l’habitude de sentir. Ou alors, il y est tant habitué qu’il ne sait pas y faire attention. Le loup s’approche et s’accroupit à côté de la jeune fille qui a visiblement sombré dans l’inconscience. « Tu sens pas ? » murmure-t-il d’une voix rauque. La magie a une odeur. Il ne saurait pas comment l’expliquer, c’est ainsi, la magie a une odeur. Toujours un peu différente en fonction du sorcier, mais elle se reconnaît très nettement. Et elle ? Elle n’a pas cette odeur.
Elle n’a pas de magie. « Elle est moldue, » lâche-t-il avec une grimace. C’est déjà arrivé, que des loups de la meute mordent des moldus, bien évidemment. Mais Rohan ne les a jamais vus, parce qu’ils ne survivent jamais, alors personne ne prend la peine de les ramener, ni d’essayer de soigner leurs blessures. Les moldus sont faibles, ils ne méritent pas la Morsure, c’est ainsi. Il est à deux doigts de dire qu’ils ne peuvent rien faire pour elle, mais James le regarde avec des gros yeux, l’air de dire ET ALORS ? et Rohan sent sa gorge se nouer. « Ok, ok, je-- » Un nouveau soupir. « Ok. » Il se relève, passe ses bras sous le corps déjà glacé de la gamine et la soulève, pour la ramener contre son torse. D’un mouvement de tête, il fait signe à James d’avancer et déjà, ils retournent à leur camp de fortune.

Rohan approche son nez des cheveux clairs de la môme et inspire profondément. Il ne connaît pas l’odeur désormais accrochée à elle. Il ne sait pas qui l’a mordue, mais ce n’est pas quelqu’un qu’il connaît, il perçoit différentes choses sur elle, une peur qui ne lui appartient pas et c’est étrange. Un loup solitaire, peut-être ? Dans ce cas, ils ne risquent rien. Une fois arrivés au camp, il regarde James étendre soigneusement une de leurs couvertures sur le sol, pour que Rohan puisse y déposer la moldue. Là, il s’emploie à observer les blessures et peut compter plusieurs griffures qui ont laissé des entailles profondes sur son visage, le haut de son torse. Mais c’est au mollet qu’elle a été mordue – et probablement traînée sur plusieurs mètres – et saigne énormément. Ils n’ont pas de poudre d’argent, ni d’essence de dictame et c’est ce qu’il y a de plus efficace pour refermer de telles plaies. Elle a déjà si peu de chances de s’en sortir… « Merde, » jure Rohan, la mâchoire crispée. Il passe une main dans les cheveux trempés de sueur de la gamine. Il ferme les yeux et réfléchit.
Se procurer de la poudre d’argent était compliqué, alors ils prenaient de l’aconit. Il peut en trouver, il sait où en trouver. Mais l’essence de dictame… Okay, il va devoir improviser. Rohan ouvre les yeux, attrape James par le poignet et l’attire vers lui, pour plonger son regard dans le sien. « Arrête le saignement, avec tout ce que tu peux trouver, puis couvre la, elle est glacée, je vais chercher ce qu’il faut pour-- » La soigner ? Il n’est pas certain d’y arriver. « Je reviens, » lâche-t-il avant de se lever et il n’attend pas la réponse de James pour filer. Elle n’a pas beaucoup de temps.

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Putain de bordel de couille de chien, une gamine quoi, une enfant. J'aime pas ça, j'aime pas ça. Maintenant c'est terrible, c'est automatique, dès que je vois un gosse je pense à Joshua. Je me demande comment il va, quel âge il a, s'il pense à moi, s'il se souvient de moi, comment il vit toutes ces conneries, si Leo arrive à bien l'éduquer dans tout ce contexte de merde. Je ne peux pas m'en empêcher, je sombre dans les clichés, dès que je vois un enfant, c'est comme si c'était le mien. Et là, mon gosse, il se vide vraiment de son sang. « Tu sens pas ? » Si si, je sens, la mort, la fin, la douleur, le Loup, la Louve, la Meute, je sens tout ça, et c'est pour ça qu'il faut la sauver putain. « Elle est moldue. »
Pardon?
Je lance des yeux horrifiés à Rohan. Je m'attendais à beaucoup de choses de sa part, elle est trop jeune, trop petite, c'est une fille, elle est faible, elle a perdu trop de sang, elle fait partie d'une meute ennemie. Pas que j'aurais compris, mais au moins je m'y attendais. Mais quoi, elle est moldue donc on la laisse crever ? Oui elle est moldue !
Et alors?
Je sais pas s'il se rend compte de sa connerie. Je pense pas. Je pense juste que c'est la volonté de pas me faire chier, ou quelque chose de plus complexe qui le pousse à se soumettre, je le sens avant même qu'il ouvre la bouche pour lâcher son : « Ok, ok, je - - Ok. » Bizarrement ça me calme, même si je sais qu'il est pas d'accord. Le fait qu'il le fasse même s'il est pas d'accord me rassure peut-être même plus. Il ferait ça pour moi, que je me dis, connement. Pas que ça importe vraiment, hein, juste que parfois Rohan me fait peur, à être pas vraiment humain. J'me dis que tant que je lui fais confiance pour les trucs de loup et qu'il me fait confiance pour les trucs d'humain, ça va aller. Je viens de comprendre, d'ailleurs, que visiblement sauver les gamins c'est un truc d'humain.

Il la soulève, la gamine, comme si elle était juste un tas de plumes. Je sais pas si elle est si légère que ça, ou si j'oublie juste si souvent que ça à quel point il a plus de force que ça. Moi, en tout cas, j'en ai plus, de forces. Je ne peux pas détâcher mon regard de ce visage, de ces cheveux blonds, ça me troue le ventre. Je pense à Louise, je pense à Joshua, je pense à Leo, d'abord. Et puis surtout je pense à Dan, Sarah, Clem, tous ces cons morts avec moi à cette soirée fondue. Parce que je peux jouer le boufon, je peux draguer Rohan, je peux envoyer des lettres à Leo, mais au fond, je n'arrive pas à me dire que je ne suis pas mort ce soir-là, en Autriche, sous le regard froid de cette Louve. Peut-être que je devrais être là-bas, avec elle, au lieu de jouer aux cons dans la forêt.
Peut-être que tout ça, c'est juste des conneries de Poufsoufle qui veut pas abandonner, et que Rohan et moi on est juste deux créatures, deux anciens-humains, deux êtres morts qui font semblant d'être vrais en faisant de plus en plus de mal autour d'eux.
P'tete que... p'tete que...

Je regarde Rohan prendre en charge la gamine comme si c'était son idée à lui depuis le début. Je sais juste pas quoi faire. J'suis pas un héro moi, j'suis pas Rohan, je transporte pas des montagnes avec mon regard. Il jure, et je déglutis, tétanisé à l'idée qu'il me dise que non, c'était pas possible, on pouvait pas la garder. Comme Louise qui ramenait des bestioles à la maison et qu'elle devait cacher d'Helen de peur de les voir se faire retirer. Je me souviens, certains étés, comment elle-même me regardait avec des yeux suppliants pour que je l'aide à les faire survivre ou à les cacher de la vieille bique. Je dois avoir ce regard quand Rohan se détourne enfin de ses blessures. Je suis attentif, le cœur au bord des lèvres, prêt à hurler comme Louise avait pu le faire si on me retirait le droit d'au moins essayer de la sauver.
« Arrête le saignement, avec tout ce que tu peux trouver, puis couvre la, elle est glacée, je vais chercher ce qu’il faut pour--  » Mes yeux s'agrandissent, mon cœur accélère comme un bouffon, je souris crétinement. Rohan me donne des directives, il sait que j'en ai besoin, que je panique, qu'il faut que je sache quoi faire. Et surtout il va m'aider et surtout, je le sens, il peut m'aider. Putain je l'embrasserais bien maintenant mais. « pour la sauver mec, on peut le faire. » J'acquiesce de la tête comme si être sûre de moi allait changer quoi que ce soit. « Je reviens. » Il se redresse et je réalise enfin, dans l'absence que ça créé, à quel point il était proche, encore. Rohan ne supporte pas que je le touche mais qu'est-ce qu'il peut être collant... Il commence déjà à s'éloigner mais je lui lance quand même un « Merci ! » sincère. Il doit soupirer de mon absence de discrétion. Je m'en fous.

Je reviens enfin vers la gamine, fier d'avoir enfin quelque chose à faire. « Hey, coucou toi, je vais m'occuper de toi. » Elle ne m'entend pas, elle ne réagit plus, et ça me file le coup de jus pour sortir ma baguette et aussitôt ramener vers moi couettes et tissus. Un « Aguamenti » murmuré m'aide vite à nettoyer la plaie et un t-shirt de Rohan (pour ce qu'il en mettait...) sert rapidement de bandage. Il s'imbibe, très vite, et bientôt c'est un des miens, puis un truc qui nous sert normalement de torchon que j'utilise. Elle saigne, vraiment, beaucoup.
Les couvertes, bien vite, puis je la rapproche du feu, que j'attise, que je ravive d'un autre coup de baguette. J'utilise la magie sans y réfléchir à deux fois, malgré la voix d'Helen qui continue de m'insulter de dévoiler trop de choses à une Moldue. Sauf que bon, si elle meurt elle s'en foutra, et si elle survit elle sera trop occupée à m'en devoir une belle pour chercher à renverser le Ministère de la Magie. Bref, ta gueule maman.

C'est au moment où j'essaye de lui faire ingurgiter de la soupe chaude au compte compte, aidé de ma baguette, que finalement Rohan revient. Je sais pas si j'ai déjà été aussi soulagé de voir sa tête de constipé. Il a des trucs en main, et ça me fait vainement reprendre espoir. « Rohan... Elle tremble beaucoup, j'arrive pas à la réchauffer assez, et je crois qu'elle a de la fièvre. » Je sais que j'ai pas besoin d'en dire plus, et qu'il sait ce que ça veut dire. On peut pas la laisser là.
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HERO • we saved the world
Rohan Helvar
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‹ inscription : 27/08/2016
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‹ crédits : shiya.
‹ dialogues : sandybrown (design foncé), darkgoldenrod (design clair).
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marcus » ex-ff, prisoner mylan » angry & hungry midget shin » or is it nazir? salvatore » ff beater & international asshole sirius » the mighty godfather elliott » just another asshole fred » the lost twin.
‹ âge : 25 ans.
‹ occupation : il s'occupe de James à Storm's End et rattrape tout ce qu'il a manqué en n'allant pas à Poudlard avec les habitants du cottage.
‹ maison : il n'est jamais allé à Poudlard.
‹ gallions (ʛ) : 1552
‹ réputation : il est le filleul de la Ministre qui a subitement fait une réapparition après la guerre.
‹ particularité : un loup-garou, il a été mordu quand il avait dix ans.
‹ résidence : Storm's End.
‹ patronus : rien du tout, il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : James en train de rire avec ce type qui a tué Sarah.
‹ risèd : probablement lui, en uniforme d'élève de Poudlard.
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Mai 1999 - Forêt
I was born by the river in a little tent and just like the river I've been running ev'r since It's been a long time, a long time coming But I know a change gonna come
« Pour la sauver mec, on peut le faire. » Rohan ne dit rien, parce qu’il ne veut pas voir les yeux de James se remplir de tristesse et de déception. Il déteste quand il lui lance ces regards-là. Parce que James triste, ça colle pas, c’est pas lui. Et James déçu, déçu par lui surtout, ça lui fout cette boule dans la gorge et il n’aime pas ça. Il se dépêche de partir alors, parce que la gamine ne va pas tenir très longtemps s’ils ne font rien, mais aussi et surtout parce qu’il ne peut pas regarder James dans les yeux. Il ne peut pas lui dire que tout va bien se passer, parce qu’il est incapable de mentir. Et il ne veut pas lui dire qu’ils ne peuvent rien faire pour elle, même si c’est ce qu’il pense. C’est plus simple de partir à la recherche de ce dont ils auront besoin s’ils veulent tenter quoi que ce soit. Rohan a besoin de s’occuper, quand il ne veut pas penser à ce qui le dérange. Il n’arrive pas à oublier le regard horrifié que James lui a lancé, quand il lui a annoncé que la gamine était moldue. Il se sent mal et il ne comprend même pas pourquoi. Ce n’est pas de sa faute si les moldus ne survivent jamais à la Morsure. Il n’a pas choisi, il n’a pas établi ces règles, c’est juste comme ça. Il ne trouve pas ça juste lui non plus, mais c’est peut-être pour une bonne raison. Peut-être parce que les moldus sont plus faibles et ne feraient pas de bons loups. Il ne sait pas, lui.
Il ne dit pas qu’il veut laisser la gamine mourir sans rien faire, ce serait monstrueux. Mais abréger ses souffrances, c’est ce qu’il y a de plus humain à faire, non ? Parce que c’est ça qui a dérangé James, pas vrai ? Le manque d’humanité dans sa réaction ? Rohan fronce les sourcils et accélère le pas. Claevis aurait laissé la gamine crever toute seule. Vouloir l’achever, c’est humain, non ? Le blond trouve ça cruel, de la laisser souffrir pour rien.

Alors pourquoi James l’a regardé comme ça ? Et bon sang, pourquoi ça le dérange à ce point ? Il n’a aucune envie de se démener pour tenter de sauver une vie qui est déjà perdue. C’est une perte de temps. Et pourtant, il le fait, sans se poser de questions, parce que James veut qu’il le fasse. C’est pas normal, ça le dérange de se mettre à penser comme ça. Mais il continue de s’enfoncer dans les bois, jusqu’à enfin capter l’odeur de ce qu’il recherche. Il ne sait pas trop quand il s’est mis à courir, mais c’est ce qu’il fait. Peut-être pour rien, peut-être qu’à son retour, elle sera déjà morte et qu’il retrouvera James, pâle et tremblant, les larmes aux yeux, à côté du cadavre.

L’image le fait courir encore plus vite. Il en ramasse probablement trop, de tout ce qu’il trouve qui peut les aider, avant de retourner au camp au pas de course. De toute évidence, la gamine est toujours vivante, puisque James est en train d’essayer de lui donner un restant de soupe. Sans trop de succès, apparemment. Rohan fronce les sourcils, parce qu’il a de plus en plus de mal de percevoir les battements du cœur de la môme et c’est pas bon signe du tout. Il y a aussi les odeurs qu’il capte, qui lui font froncer le nez. « Rohan... Elle tremble beaucoup, j'arrive pas à la réchauffer assez, et je crois qu'elle a de la fièvre. » Il lâche un grognement sourd, parce qu’il ne sait pas quoi répondre d’autre.
Il s’agenouille à côté de la gosse, passe une main sur son front et en effet, elle est bouillante. Sans plus attendre, Rohan avise l’eau que James a fait apparaître, s’empresse de la mettre à chauffer au-dessus du feu et d’y ajouter certaines plantes. « Trouve de quoi faire des bandages, » lâche-t-il sans même adresser un regard à l’autre loup, parce qu’il a toujours peur de croiser son regard et de ne pas être capable de mentir par les yeux comme les humains le font si bien.

Il avise un bol, dans lequel il place le reste des plantes, dont l’aconit qui empeste et lui fait plisser le nez, avant de sortir de sa poche un galet lisse et propre qu’il a ramassé près d’un court d’eau sur le chemin, pour écraser le tout et transformer les plantes en une pâte nauséabonde. Du coin de l’œil, il avise l’eau qui chauffe et alors qu’il entreprend de défaire les bandages de fortune faits par James pour appliquer le cataplasme qui dégage une odeur terrible d’aconit, il la voit qui se met enfin à bouillir. « Mets les bandes de tissu dans l’eau, » dit-il en sachant très bien qu’il le fera sans poser de questions. Il a à peine commencé à appliquer son mélange odorant sur la morsure au mollet que la gamine s’agite. Sauf qu’il est pas comme James, il sait pas quoi lui dire pour la calmer, Claevis lui a jamais rien dit quand il avait mal parce que la Morsure lui brulait les chairs. Alors il se contente d’être rapide, méthodique, pour que ce soit moins long. « Tu peux sortir les bandages de l’eau et les sécher ? » Il a déjà vu des louves le faire, d’un simple coup de baguette magique, James doit probablement savoir comment, lui n’en a aucune idée. Mais quand il a terminé d’appliquer une épaisse couche de cataplasme, James attend à côté de lui, les bandages secs dans la main.
Rohan les attrape et s’applique pour entourer le mollet de la gosse avec, suffisamment serré pour arrêter le saignement, et pas trop, pour éviter de lui couper la circulation. Ce problème est plus ou moins réglé – il ne sait pas si ça va fonctionner, ce n’est jamais garanti sur des sorciers, alors sur une moldue… - mais il reste le problème de la fièvre.  

Il se passe le dos de la main sur le front et grimace, parce qu’elle empeste l’aconit et parce qu’il ne sait pas quoi faire de plus. « On peut pas rester ici, » lâche-t-il alors, les sourcils froncés. « Si on doit s’enfuir, elle nous ralentirait. » Parce qu’il doute que James décide de l’abandonner là, s’ils devaient filer. « Et si on reste dehors, la fièvre la tuera. » Enfin, si la fièvre était son seul problème… « Il lui faut un lit, un toit sur la tête, on peut pas rester ici. » Même si Rohan est plus à l’aise dehors, en forêt, la moldue n’y survivrait pas.

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Screaming in the dark, I howl when we're apart
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C'est débile à quel point le retour de Rohan me calme. C'est ridicule à quel point ce spectacle me semble plus soutenable lorsque je suis les directives de mon frère de meute (c'est bien ça, hein, frères de meute ?).  On me l'a souvent dit, à Poudlard, que j'étais un suiveur, que je serais jamais un leader, et j'ai toujours cru que ça m'allait, d'être le bouffon de la bande. Mais là, qu'est-ce que j'aimerais avoir assez de couilles à la gryffondor, au moins pour sauver cette gamine, juste pour pouvoir sauver cette gamine... Rohan sait ce qu'il fait. Je m'accroche à ça, comme d'habitude, et j'obéis, bien sagement. « Trouve de quoi faire des bandages » Hop, voilà, un énième drap sacrifié pour les lendemains de pleine lune. « Mets les bandages dans l'eau. » Tout de suite chef, immédiatement chef, ma baguette s'active, je n'ai pas assez confiance en mes mains tremblantes pour toucher autre chose que le bois rassurant de mon arme. « Tu peux sortir les bandages de l'eau pour les sécher ? » Je sais que tout ça a une logique, je la capte relativement, mais je pédale assez dans le malaise et la peur pour oser prendre le contrôle de mes propres mouvements avant que ce soit nécessaire. De toute manière, Rohan ne me regarde pas, et je devine pourquoi, et ça me permet d'avoir l'air aussi effondré que je le suis.
Je ne le regarde pas faire, tant la blessure m'écoeure et tant la plante qu'il a ramené pue tout ce qu'il a de puant sur terre. Je regarde la petite, je regarde sa fièvre, je retiens ses traits, je me répète intérieurement qu'elle va survivre, qu'on peut faire quelque chose, que Rohan sait ce qu'il fait et qu'au pire, au pire je la prends dans mes bras et je transplane en ville pour la laisser à un hôpital sorcier. Ils ont une chance de la croire sorcière avant de la soigner, et après elle risque surtout de finir seule, et amnésique et...

« On peut pas rester ici », je sursaute presque lorsque la voix lourde de Rohan s'élève de nouveau. « Yep, c'est ce que je me disais. » avant d'oublier parce que je suis un bouffon. « Si on doit s'enfuir elle nous ralentirait. » Je ne prends même pas la peine de répondre, lui lançant juste un mélange de regard noir et de grimace. Je sais que dans sa langue, ça veut dire, ok ok j'ai compris on ne l'abandonne pas mais je suis actuellement absolument intolérant à ses sales insinuations. Non, on ne la laisse pas. De toute manière, il ne me regarde pas, mais je sais qu'il sent. « Et si on reste dehors, la fièvre la tuera.  » Je déglutis, je commence déjà à réfléchir pendant qu'il ajoute « Il lui faut un lit, un toit sur la tête, on peut pas rester ici.  » Quand il arrive au bout de sa phrase je sais déjà où l'emmener. « Y a deux jours, tu te souviens du lac ? Il y avait une petite cabine, un truc de chasseur, il devrait y avoir de quoi faire. » Je me penche sur elle, lui caresse doucement le visage. Nous devons faire vite. Je me tourne vers Rohan, qui lui regarde autre chose, ça me donne envie de le tuer. « Je l'emmène là-bas, occupe-toi de nos affaires et rejoins-nous. » De toute manière tu  ne veux pas la sauver.
On me l'a déjà dit, répété, on ne transplane pas avec un blessé grave. Mais c'est ça, ou traverser la moitié de la forêt dans les bras de Rohan. Et même s'il est agile, et fort, et discret, il mettra trop de temps. Alors bon, déjà que la survie de la gamine est un pari, autant y aller à fond. Je la soulève doucement pour la prendre dans mes bras, je calme ma respiration, je clarifie mon esprit embrouillé pour me souvenir du sol en bois de la cabane. Et je lâche un « A tout de suite. » avant de transplaner.

Rohan n'est plus là. Je ne sais plus vraiment si c'est important maintenant. Quelque chose en moi est soulagé de ne plus sentir le doute schlinguer à travers toutes ses pores. L'endroit est plus petit que dans mes souvenirs, à peine une salle, un lit simple, de quoi cuisiner, quelques trucs de moldus. D'un coup de baguette, le lit est déplacé à côté de la cheminée, la gamine est posée sur celui-ci, puis je fouille dans les placards, en sors des couvertures, bien meilleures que les nôtres, et hop, on lui met ça dessus. Je suis fébrile, pressé, je m'accroche aux trucs que Rohan ferait s'il était là. Putain il me lâche vraiment plus celui-là. De l'eau est mise à chauffer, de l'eau fraiche est posée près d'elle, je sors des serviettes, un oreiller en plus, j'essaye de comprendre ce qui est écrit sur les médocs moldus (ça doit marcher sur elle non?) mais c'est du runique pour moi.

Je finis au milieu de la pièce, haletant, paniqué, à ne pas savoir quoi faire de plus, j'hésite à aller chercher Rohan juste pour ne pas être seul, mais tout à coup j'entends un gémissement de la gamine. Je me précipite vers le lit et m'assoit à côté d'elle, elle a des tremblements, elle est brûlante, et aussitôt je me saisis d'une serviette humide pour lui rafraichir et lui nettoyer le visage. C'est débile, mais aussitôt, ma main se calme. Je me sens remplir de délicatesse en nettoyant les quelques coupures sur son visage, en retirant la saleté, la sueur, la fièvre. Elle doit le sentir, car des yeux s'entrouvrent. Je lui souris, doucement. « Tiens, te revoilà. » Je ne sais pas à quel point elle me voit. « Tu te souviens de moi, je suis James ? On va s'occuper de toi, on t'as ramené à l'intérieur, ça va aller. » J'ai le pouce qui caresse doucement à joue, elle n'a pas l'air trop effrayé. « Je sais ce que tu vis, et c'est très compliqué, tu as sûrement l'impression d'être écartelée à l'intérieur de toi-même et... c'est normal. » Je souris, amer, me souvenant encore du regard de ma Louve sur moi pendant que j'agonisais. « Je sais que je ne suis pas la personne que tu attends mais écoute-moi. Il faut que tu acceptes ce qui t'arrives, d'accord ? Il y a quelqu'un d'autre qui est là, avec toi, et qui veut une place dans ta tête. » Elle remue, elle doit comprendre. « Ssshh, détends-toi. C'est ta seule chance de survie. Tu dois l'accepter, cet autre toi, c'est lui qui va s'occuper de toi maintenant, c'est lui qui va t'aider au quotidien. » Et nous, aussi, j'espère, mais ce n'est pas le plus important. « Et je te promets, je te jure que si tu y arrives, tu en sortiras plus forte que jamais. Tu en sortiras plus vivante, et plus fière, et tu feras partie de quelque chose de plus grand que tout ce que tu as pu connaître. » Je mens, je mens comme un arracheur de dents et je tremble un instant, en sentant que Rohan a fini par arriver, et qu'il a entendu ces terribles mensonges. Je lève soudain les yeux vers lui, croise son regard, et il pue tellement l'incertitude, le doute, la crainte, que je m'en détourne vite avant de me mettre à vomir. Ne pense pas à Rohan, pense à la petite, juste à la petite. « Nous avons traité tes blessures et tu es en sécurité, maintenant il n'y a plus que toi. Tu dois... Il faut que... » que quoi, tu acceptes de devenir un monstre avec nous ? « Repose-toi, regarde en toi, familiarise-toi avec ce que tu deviens et souviens-toi que nous sommes là. Ok ? » Elle ne bouge pas mais je crois qu'elle me regarde un peu plus fixement, et elle ferme les yeux.

Je reste là, en silence, une de ses mains noyée dans les miennes, à sentir son pouls, à écouter sa respiration, à compter les battements de son cœur. Je n'arrive pas à penser à autre chose, je n'arrive pas à craindre autre chose qu'une soudaine accélération, ou pire, un arrêt brutal. Je lui caresse la main, j'espère être rassurant, d'être doux, j'espère qu'elle a compris. Je l'écoute, attentif, jusqu'à sentir son souffle changer vers quelque chose qui doit ressembler à du sommeil. Je sens quelque chose, un étrange poids quitter mes épaules, mon ventre, mon visage. Je n'ai plus à mentir et mon sourire rassurant s'efface, et je sens les larmes commencer doucement à couler.
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Rohan Helvar
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Ils ont fait le plus simple. Arrêter le saignement, bander la plaie, appliquer de quoi aider la morsure à se refermer. La suite s’annonce plus compliquée. L’hydrater, lui tenir chaud quand il faut, la rafraîchir quand sa température grimpe trop, tout faire pour que la fièvre de la Morsure ne la tue pas. Mais le plus dur, c’est à elle de le faire. Survivre. C’est un combat difficile à mener, Rohan le sait. Mourir est terrifiant, alors on se raccroche, on fait tout pour tenir. Mais avec la Morsure, c’est encore plus compliqué, parce qu’elle peut donner l’impression que vivre est devenu une épreuve insurmontable. Rohan ne connait aucun loup-garou pour qui ça a été facile. Il faut faire un choix, abandonner, ou se battre de toutes ses forces, accepter qu’on est en train de changer et que c’est irrémédiable. Cette gamine ne savait même pas que les loups-garous existaient, avant d’être mordue par l’un d’entre eux. Et à en juger par les autres odeurs de sang qu’il perçoit sur elle, elle n’est pas la seule à avoir subi l’attaque. Elle est probablement en train de souhaiter ne plus jamais se réveiller, à cette heure-ci. « Y a deux jours, tu te souviens du lac ? Il y avait une petite cabine, un truc de chasseur, il devrait y avoir de quoi faire. » Rohan est un peu ramené à la réalité par la voix de James et hoche la tête. Ça fera l’affaire, oui. « Je l'emmène là-bas, occupe-toi de nos affaires et rejoins-nous. » Un autre signe de tête, alors qu’il attrape la gamine et fait la tête un peu marrante qu’il a à chaque fois qu’il se concentre. « A tout de suite, » dit James avant de disparaître.
Le blond soupire et entreprend de rassembler leurs affaires. Il remplit les deux sacs à dos, puis éteint le feu qu’il recouvre de terre. Il s’assure qu’il n’a rien oublié, passe une sangle de chaque sac sur ses épaules et se met en marche. Le lac et la cabane de chasseur ne sont pas très loin, en se dépêchant il peut y être en quelques minutes, mais Rohan a besoin de vérifier quelque chose. Au pas de course, il s’enfonce dans la forêt et s’éloigne un moment du chemin qu’il est censé emprunter pour rejoindre James et la gamine. Il suit la piste qu’elle a laissée derrière elle en allant se réfugiée là où ils l’ont retrouvée et à force de la remonter, une odeur infâme finit par lui agresser les narines.

C’est là qu’il aperçoit les deux toiles de tente déchirées, les projections de sang, les cadavres qui en dépassent. Il compte trois corps, dont un plus petit que la gamine, du moins il suppose qu’il n’y en a que trois. C’est difficile à dire. Ce n’est pas la première fois que Rohan se retrouve face à une scène aussi répugnante, mais ça ne l’empêche pas d’être secoué par un haut-le-cœur. Alors il se détourne et s’éloigne le plus vite possible. Le temps que les cadavres soient retrouvés, il n’en restera plus grand-chose. Il s’en veut un peu de les laisser là, comme ça, mais il ne voit pas ce qu’il pourrait faire de plus pour eux. La gamine est la seule à avoir survécu à l’attaque, c’est peut-être pour une raison.
Rohan s’ébroue et se met à courir jusqu’au lac. Quand il arrive à proximité de la cabane, il perçoit la voix de James à travers les planches de bois et se fige. « -- pter, cet autre toi, c'est lui qui va s'occuper de toi maintenant, c'est lui qui va t'aider au quotidien. Et je te promets, je te jure que si tu y arrives, tu en sortiras plus forte que jamais. Tu en sortiras plus vivante, et plus fière, et tu feras partie de quelque chose de plus grand que tout ce que tu as pu connaître. » Il serre les dents et entre, pour voir que la gamine a les yeux ouverts, braqués sur James qui est penché sur elle et tient sa main. Rohan dépose les deux sacs par terre et n’ose pas s’approcher. L’autre loup lui lance un regard qu’il soutient difficilement.

« Nous avons traité tes blessures et tu es en sécurité, maintenant il n'y a plus que toi. Tu dois... Il faut que... » Qu’elle se batte, de toutes ses forces, alors qu’elle n’en a déjà plus. Il ne veut pas ruiner les maigres espoirs de James, alors il garde la bouche fermée, résolument. « Repose-toi, regarde en toi, familiarise-toi avec ce que tu deviens et souviens-toi que nous sommes là. Ok ? » Quel réconfort ça peut bien lui apporter, qu’ils soient là ? C’est de son créateur dont elle aurait besoin, ou d’un véritable guérisseur, quelqu’un capable de la sauver. Mais Rohan n’est même pas sûr que ça existe. Elle finit par fermer les yeux et tendu, immobile, Rohan écoute les battements de son cœur, le souffle de sa respiration qui ralentit un peu et se stabilise. Elle s’est endormie, c’est probablement une bonne chose.
Toujours planté dans le dos de James, il voit ses épaules qui s’affaissent, puis il l’entend émettre un reniflement minuscule et sa gorge se noue. Faut pas pleurer. Faut pas pleurer parce que c’est les faibles qui pleurent et la meute ne tolère pas les faibles, Claevis déteste les faibles. Faut pas montrer qu’on a mal, ou peur, ou qu’on est triste ou—faut pas. Il a envie de grogner après James et de lui dire d’arrêter ça tout de suite, parce que c’est stupide de pleurer pour une moldue qu’ils connaissent pas.

C’est ce que Claevis ferait. Probablement qu’il le frapperait même, pour ça. Mais il n’est pas Clae, il ne l’a jamais été, c’était bien ça le problème. Alors Rohan soupire et s’approche de James. Il finit par s’asseoir derrière lui et il ne dit rien, parce qu’il ne sait pas quoi dire pour réconforter les gens qui pleurent. Il attrape sa main, celle qui s’accroche toujours à la serviette humide qu’il a utilisée pour nettoyer le visage de la gosse, l’approche de l’eau fraîche et l’y trempe, pour la débarrasser des saletés et l’imbiber à nouveau. Il accompagne chaque geste de James, serre sa main dans la sienne pour essorer un peu le linge, avant d’aller le poser sur le front de la moldue.
Dans le processus, il a fini par avancer sa tête, appuyer son menton sur l’épaule de James, sa joue à quelques centimètres à peine de la sienne. La main de l’autre loup tremble un peu dans la sienne, alors il ne la lâche pas, même s’ils ont fini d’étaler soigneusement le linge sur le front de la gamine. Il devrait probablement le lâcher et s’éloigner, parce qu’en étant aussi proche du brun, il peut sentir sa peur, sa détresse, qu’il a envie de chasser sans savoir comment faire.

Il inspire profondément et approche sa tête de celle de James, pour l’appuyer un peu là, s’y frotter dans un geste qu’il veut réconfortant. « On fait baisser sa température et on la fait boire régulièrement, » murmure-t-il d’une voix rauque. « Le reste, c’est à elle de le faire. » C’est à elle de décider si elle veut lutter ou non. « Elle a-- » Sa voix se brise un peu et il ferme les yeux. « Y  a plus personne. D’autre. » Il n’y a plus qu’eux pour s’inquiéter de son sort. « On va rester là et attendre. » Il sait que c’est ce que James avait l’intention de faire, mais c’est sa manière de dire qu’il est vraiment d’accord avec ça.
Il est bien, là. Sa main toujours refermée autour de celle de James, son nez à quelques centimètres de sa peau chaude, chatouillé par les cheveux bruns à chaque fois qu’il prend une inspiration. La pleine lune les a épuisés, comme à chaque fois et il réalise qu’il a besoin de ce contact, autant qu’il le craint. Rohan ouvre les yeux et s’écarte un peu à contrecœur. « Viens manger quelque chose ? » lâche-t-il enfin et il aurait voulu que ça sonne un peu moins comme une question incertaine.  

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Screaming in the dark, I howl when we're apart
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Mai 1999 - Forêt
I was born by the river in a little tent and just like the river I've been running ev'r since It's been a long time, a long time coming But I know a change gonna come
J'aimerais pouvoir dire que je suis pas du genre à pleurer. C'est faux. Je suis une sale pleurnicharde, tout le monde le sait, tout le monde se fout de ma gueule pour ça, j'ai appris à vivre avec. Je pleure devant les pièces de théâtre, devant les bouquins, en écoutant les histoires à la radio. Je crois même que Rohan m'a déjà vu, une fois, chialer en écoutant des témoignages dans une émission bidon. J'y peux rien, je suis sensible. Surtout, je pleure devant la mort. Je pleure toujours devant la mort. Je pleure comme un con lorsqu'il ramène un lapin au camp et je ne supporte pas de le voir l'éviscérer sans état d'âme. Il a vite compris, Rohan, et il a jamais rien dit sur mes larmes. Je sais qu'il aime pas, je sens sa gêne, je sens son malaise à des kilomètres à la ronde. Il sait jamais quoi faire quand je pleure alors il me laisse juste dans mes larmes, ou il me pose une main sur l'épaule, ou il change de sujet comme si de rien n'était. Je sais jamais si j'aime ça, ou si je déteste ça. Je sais jamais si je voudrais qu'il fasse comme Dan, à l'époque, qu'il me prenne dans ses bras et qu'il me console comme s'il s'était vraiment passé quelque chose d'ultra grave qui méritait que je chiale. Sauf que Dan m'embrassait après, et me faisait rire en me déshabillant. Sauf que Dan est mort, maintenant. Et que de toute manière je n'ai jamais aimé son obsession sur la fourrure, parce qu'il y a toujours Louise qui s'offusque quelque part en moi quand il le fait. Et je vais m'arrêter, maintenant, parce qu'essayer de me détourner de mes larmes par Dan n'est pas une bonne idée. Parce que j'ai encore en mémoire le crâne ouvert de Dan, et comment je fixais son pied tout en me demandant combien de temps j'allais encore vivre, là-bas, en Autriche.

Je me suis habitué à pleurer seul. Je crois que j'arriverai jamais à m'habituer à la mort, et je crois que je pleurerai toujours devant elle. Je crois que cela fait partie des choses qui m'empêchent d'être un monstre. C'est débile comment, parfois, être différent de Rohan me rassure. La pensée me givre le cœur, et j'agite la tête dans le dégoût de moi-même qui monte à cette idée. Et comme pour me prouver son humanité, je sens soudain la chaleur de Rohan se propager dans mon dos. Cela provoque un hoquet ridicule de surprise, accompagné d'un sanglot. C'est bizarre, je sanglote très peu. J'ai vu des gens pleurer, ils pleurent salement, ils pleurent avec désespoir. Moi je suis juste une lente et continue descente de liquide le long de mes joues, silencieuses, à peine secouée de faibles remous. J'ai les larmes faciles et placides, comme si je débordais juste de tristesse.
Je me laisse doucement faire alors que, à travers mes doigts, Rohan s'occupe de la petite. Cela me calme, étrangement, de sentir la délicatesse avec laquelle sa grande main manipule la mienne. Et ça dégouline, encore plus, sur mes joues, comme s'il m'autorisait à pleurer encore et encore. Rohan est plus grand que moi, plus large, plus chaud, et je me sens étrangement enveloppé dans son odeur, comme à la maison, comme autorisé à me laisser aller.

Finalement le linge est sur le front, il ne lâche pas ma main, j'ai envie de pleurer encore longtemps, tant que je n'arrive pas à retirer le visage de Joshua de celui de la gamine. Mais finalement, parce que les choses ont souvent une fin, Rohan me ramène à la réalité. « On fait baisser sa température et on la fait boire régulièrement. Le reste, c’est à elle de le faire.  » J'hoche la tête, les larmes arrêtent leur course sur mes joues, laissant mon visage trempé. « Tu sais, je l'ai fait avant elle, survivre sans... » Je n'ai pas besoin de finir ma phrase, parce que je sens la main se refermer encore plus sur la mienne, parce qu'il sait. Il sait que parfois, je le jalouse tant d'avoir eu quelqu'un, à l'époque, pour savoir ce qu'il vivait. Et je sais qu'il aurait aimé avoir eu l'explication médicale auxquelle j'ai eu droit à St-Mangouste. « Elle a... » La voix de Rohan se brise, et je tremble, inquiet de ce qui peut le faire faiblir, soudain. « Y  a plus personne. D’autre.  » Je sais ce que cela veut dire, il n'a pas besoin de rajouter quoi que ce soit, et je n'entends pas la suite, tant ça bourdonne dans ma tête, tant mon ventre s'engouffre en lui-même.
Rohan est si proche, actuellement, et c'est lui qui est venu, alors je n'ai aucune honte à me tourner légèrement pour venir enfouir mon nez dans le creux de son cou. J'y inspire, profondément, cherchant à chasser les images qui m'assaillent, ne pense pas aux loups qui se battent pour le corps de Sarah, n'y pense pas, ne pense pas aux morceaux de Dan, ne pense pas à, j'inspire encore, m’imprègne de son odeur, de la force qui se dégage de sa présence, de la réalité de ce contact qui me rappelle que je ne suis plus, et ce depuis longtemps, en Autriche. « Viens manger quelque chose ? » Je secoue la tête négativement, incapable de m'imaginer avaler quoi que ce soit, pas tant que toutes ces images ne sont pas parties.

Je finis par dégager mon visage, enfin sec de s'être essuyé sur le blond, et ça me ferait sûrement sourire et faire une blague, une autre fois, peut-être. On respire ensemble, et ça me rassure, d'avoir quelqu'un avec moi. Parce que c'est ça, que je sens enfin, dans le regard de Rohan, si parfaitement droit même maintenant. Il est avec moi là-dedans, il ne part pas, il ne fait même pas semblant d'essayer de fuir. Je crois même qu'il essaye d'y croire, je crois qu'il s'est fait avoir en allant chercher la famille de la petite, et que maintenant lui aussi s'est entremêlé à son sort. Cela me donne envie de me réfugier encore contre lui, de mêler nos peaux de nouveau, et de lui faire comprendre, d'une manière ou d'une autre, à quel point...
Je crois que mes lèvres sur les siennes me surprennent autant que lui. Franchement, je vous jure, je ne sais pas comment c'est arrivé, je le regardais juste, je pensais juste à... bah, à des trucs normaux quoi, et là boum, mon corps bouge tout seul et embrasse tellement tendrement mon frère de meute. Je ne savais même pas que j'étais capable d'embrasser quelqu'un aussi délicatement, je savais pas qu'on pouvait dire merci avec un baiser. Je savais pas que ça pouvait autant te retourner le cerveau et les tripes, d'embrasser quelqu'un. Je crois que je suis amoureux, et que je suis le pire des bouffons.

Je me dégage, mains en avant, comme pour me protéger de la réaction de Rohan. J'ai l'air con, à avoir l'air surpris de ce que j'ai moi-même fait. « Heu... » Je reste comme un débile, avant que ma bouche réapprenne enfin comme fonctionner pour parler. « Je suis désolé, c'était pas approprié, c'est pas le moment, enfin » Tu le connais Rohan, ce sera jamais le moment. « Je me suis laissé entraîné par... J'ai pas réfléchi je... » Ok, on arrête, on stop tout. Je me lève du lit, les mains nerveuses, avisant de la pièce ridiculement petite où nous sommes. (Je veux juste me planquer sous le lit là maintenant, mais je crois que j'ai encore un morceau de dignité, et j'y tiens.) (Putain pourquoi j'ai treize ans.) « Et toi tu... » Je vois le visage de Rohan se décomposer avant même que je finisse ma phrase et j'enchaîne précipitamment « Et toi tu veux manger un truc ? » Dire qu'à une époque, je me permettais de donner des conseils de drague à Amelia...
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HERO • we saved the world
Rohan Helvar
‹ disponibilité : dispo.
‹ inscription : 27/08/2016
‹ messages : 434
‹ crédits : shiya.
‹ dialogues : sandybrown (design foncé), darkgoldenrod (design clair).
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‹ liens utiles :
fiche » RUN BOY RUN
marcus » ex-ff, prisoner mylan » angry & hungry midget shin » or is it nazir? salvatore » ff beater & international asshole sirius » the mighty godfather elliott » just another asshole fred » the lost twin.
‹ âge : 25 ans.
‹ occupation : il s'occupe de James à Storm's End et rattrape tout ce qu'il a manqué en n'allant pas à Poudlard avec les habitants du cottage.
‹ maison : il n'est jamais allé à Poudlard.
‹ gallions (ʛ) : 1552
‹ réputation : il est le filleul de la Ministre qui a subitement fait une réapparition après la guerre.
‹ particularité : un loup-garou, il a été mordu quand il avait dix ans.
‹ résidence : Storm's End.
‹ patronus : rien du tout, il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : James en train de rire avec ce type qui a tué Sarah.
‹ risèd : probablement lui, en uniforme d'élève de Poudlard.
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Mai 1999 - Forêt
I was born by the river in a little tent and just like the river I've been running ev'r since It's been a long time, a long time coming But I know a change gonna come
Il voit les corps éparpillés et déchiquetés et il pense à ceux de ses souvenirs. Il pense à ceux qui un jour, étaient plus que des cadavres qui le hantent encore dans ses nuits les plus agitées. Ce que la gamine vient de perdre, il en avait une, lui aussi. Et il ne se souvient plus de comment c’était avant, mais il se rappelle que ça fait mal, de les perdre. Pourquoi se souvient-il de la douleur alors qu’il a oublié les moments plaisants ? Rohan l’ignore, mais c’est pour ça que sa décision est prise. Elle est moldue et elle a très peu de chances de s’en sortir, mais il l’aidera. Son créateur a filé, il ne reviendra probablement pas, sinon il serait resté à ses côtés. Claevis n’était pas parfait, mais il était là, lui. Il est resté, il lui a montré, lui a appris. Ils n’en parlent pas beaucoup, mais Rohan sait que celle qui a mordu James n’est pas restée, qu’il a enduré la fièvre et tout ce qui vient après sans elle. Il n’ose pas imaginer l’horreur qu’a dû être sa première transformation. Il ne veut pas que ça arrive à quelqu’un d’autre, s’il peut l’en empêcher. Alors si elle survit – et Rohan commence à croire qu’elle a ses chances, parce qu’ils l’ont trouvée loin du campement où sont les autres cadavres, alors ça veut dire qu’elle s’est déplacée jusque-là, alors que son créateur l’a mordue à la jambe, elle est peut-être plus forte qu’elle n’en a l’air – ils seront là. Elle n’aura peut-être pas son créateur, mais elle aura…
Elle aura… une meute ? Ils sont trois, c’est ridicule. Mais James est sa meute. Et il est prêt à la partager un peu avec la gosse, si elle s’en montre digne. C’est pas parfait, mais c’est mieux que d’être toute seule, mieux que d’être comme James, qui ne savait rien des meutes et à qui Rohan a encore plein de choses à apprendre. Mais ça ne le dérange pas, parce qu’il s’occupe des trucs de loup pour lesquels le brun est ignare et lui, il s’occupe des trucs d’humain qu’Helvar a oubliés ou jamais eu le temps d’apprendre. Tous les deux, ils pourront apprendre des trucs à la moldue. Si elle survit.

James le regarde bizarrement et ça commence à le mettre mal à l’aise, alors Rohan amorce un mouvement pour se lever. Il se fige aussitôt, parce que l’autre loup s’est approché si vite qu’il ne l’a pas vu venir – c’est fou, comme James est nul pour ces choses-là, sauf quand il arrête de réfléchir, quand il agit tout simplement – et le blond écarquille les yeux quand il réalise que c’est ses lèvres, qu’il sent sur les siennes. Y a un son bizarre, à mi-chemin entre un grognement et un couinement interrogateur, qui remonte de sa gorge et après ça, son souffle se bloque et son cœur, Merlin son cœur. Rohan est comme paralysé, mais il a envie de s’écarter et de baisser la tête, pour vérifier qu’il n’a pas traversé sa cage thoracique pour tomber sur ses genoux. Parce qu’il a fait un bond, si fort, si douloureux, qu’il ne peut plus être dans sa poitrine, c’est impossible.
Il a confirmation que l’organe est toujours bien en place, quand il se met à battre si vite que ça réchauffe tout son corps en quelques secondes à peine. James l’embrasse. James est en train de l’embrasser. Il a ses lèvres (celles qu’il regarde trop souvent, quand il sourit, quand il fait la gueule, celles qu’il a envie de faire saigner quand James le taquine jusqu’à ce qu’il ne sache plus où se mettre, qu’il a envie de mordre quand il est trop proche et que son souffle balaye sa peau, ces lèvres qu’il a, plus souvent qu’il ne le voudrait, envie de—) sur les siennes et son souffle se mêle un peu au sien et ça devrait le dégoûter mais ça allume un brasier dans tout son corps et le son qu’il émet cette fois ne peut pas venir de lui.

Y a un truc qui grogne au fond de lui, mais c’est facile de l’ignorer, tellement, tellement facile de l’ignorer. Jusqu’à ce que James s’écarte. « Heu… Je suis désolé, c'était pas approprié, c'est pas le moment, enfin. » Il cligne bêtement des yeux, il voit l’autre loup sans le voir. « Je me suis laissé entraîné par... J'ai pas réfléchi je... » Le brun se lève, s’éloigne, il le suit machinalement du regard, l’air perdu. « Et toi tu… » Il l’a embrassé. On l’avait encore jamais embrassé. C’est le genre de truc auquel Rohan veut jamais penser, parce qu’à chaque fois qu’il s’imagine en train d’embrasser quelqu’un, c’est jamais la bonne personne, ça fait gronder le loup et ça le terrifie alors c’est plus facile de ne rien imaginer du tout.
« Et toi tu veux manger un truc ? » Toi. C’est pas difficile, il n’a qu’à se lever, effacer la distance qui les sépare, plonger ses doigts dans ses cheveux, ces boucles noires qui font n’importe quoi et qu’il sait douces alors qu’elles n’ont aucune raison de l’être, sur la tête d’un type qui vit dans la forêt. Il n’a qu’à presser son corps contre le sien jusqu’à avoir l’impression que chaque parcelle de son corps se fond avec celui de James. Il n’a qu’à attaquer ses lèvres, pour toutes ces fois où l’autre loup a fait une remarque gênante, lui a lancé ce regard, lui a parlé de cette manière, a sous-entendu qu’il voulait—qu’il voulait—

Il pourrait marquer sa peau, de ses doigts, ses lèvres, ses dents, jusqu’à ce qu’à chaque profonde inspiration qu’il prendra, l’odeur de James ne signifie pas pack mais mine, mine, MINE, MINE.

Rohan se lève d’un bond, ses veines le brûlent et il a le corps glacé. Il fait un pas, deux pas en avant, menaçant, parce qu’il a envie d’attraper James et de le plaquer contre un mur et de gronder, de jurer que s’il recommence, il lui ouvre la gorge. Mais alors il se rappelle que s’il le touche… s’il le touche… Sa gorge se noue et il se fige, perdu, terrifié, par ce qu’il veut réellement, par ce que ça confirme. L’horreur se lit sur son visage, quand il prend conscience qu’il ne peut pas cacher ça aux côtés de James, qu’il ne peut pas l’oublier et faire comme si ça n’existait pas.

James est la raison pour laquelle ça existe.

Il le veut.

Rohan ouvre la bouche, mais aucun son n’en sort.

Il le veut tellement.

Il va étouffer, s’il reste là. Il ne peut même pas le regarder sans— sans—

Avoir envie de vomir ? La sueur froide dans son dos, la boule dans sa gorge, son cœur qui fait des bonds douloureux, c’est ça, pas vrai ?

Il referme la bouche et sa décision est prise. Il s’approche de James, pâle et tremblant, puis se penche et attrape son sac qu’il jette sur son épaule.

La seconde d’après, il est dehors et il court, il court, il court.

Il court à en avoir les poumons en feu et mal aux tripes et la vue qui se brouille et c’est à cause de la douleur et de ses muscles qui crient à l’agonie après une nuit de pleine lune et ça n’a rien à voir avec James.

Rien.

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