sujet; Guess who's back ? back again? Yaxley's back, tell a friend!

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Guess who's back ? back again? Yaxley's back, tell a friend!  Empty
Corban Marc-Antoine Yaxley"Il est fait en quoi ton pull Weasley? la moustache de ta mère?"
❝ I'm sorta badass. See, I'm bad, and I'm an ass! ❞ Personnage Canonique - Inventé

☇ pseudo complet & surnom(s) ; Nom : Corban Marc-Antoine Yaxley, communément surnommé "Pauv' con"
☇ naissance ;à la résidence d'été des Yaxley à Édimbourg le 17 juillet 1958. Par un jour de flotte. Avec un mois d'avance. Sale petit chieur.
☇ ascendance; Officiellement: sang pur. Officieusement : sang mêlé.
☇ métier ; Ancien joueur de Quidditch, ancien employé du Département des sports magiques, actuel chômeur et  accessoirement loser congénital
☇ camp ; ancien mangemort, il emmerde désormais à peu près tout le monde, et surtout Voldemort.
☇ réputation ; Pauvre tâche sans respect, incapable de simuler un tant soit peu de morale. Loup-garou extrêmement imprévisible.
☇ état civil ; Divorcé et désormais célibataire (on se demande pourquoi)
☇ rang social ; Ancien mangemort , actuellement hors-la-loi et fauché comme les blés.
☇ baguette ; bois de baobab, plume de phoenix.
☇ épouvantard ;Avant c'était un costard, un manoir lugubre, trois gosses consanguins et un chien débile. Maintenant, c'est ce salopard de Fenrir Greyback.
☇ risèd ; Du rhum, des femmes et de la bière nom de dieu.
☇ patronus ; Depuis qu'il a quitté les rangs de Voldemort, il a bien essayé d'en produire un de nouveau mais il faut croire que les bons souvenirs ne se bousculent pas au portillon. D'après ce qu'il dit parfois après quelques verres, il aurait toutefois réussi à produire une vague forme d'ours brun. Une fois.
☇ particularités ; Loup Garou - Alpha
☇ Avis sur la situation actuelle :
Voldemort, ce trou du cul.
Y'en a eu des malades, mais lui il rafle la putain de médaille. Il a toujours eu un pet au casque de toute manière, sauf que cette fois, il m'aura pas. Il a réussi à me tenir par les couilles une fois, et merci mais ça ira, je rempile pas. j'ai cramé cette putain de marque, j'ai tout effacé à défaut de pouvoir effacer mes conneries et ce que ma trouille m'a fait faire. Le problème de la trouille c'est que ça se combat, et j'ai plus peur de cette bande de dégénérés avec leurs masques et leurs grands discours. Je l'ai vu moi, le monde rêvé de Voldemort. J'lai vu à chaque réunion du cercle.
Ce monde, il est à chier, et j'en veux pas.
Alors qu'il crève une seconde fois.


☇ Infos complémentaires ;Mémoire photographique Je suis capable de retenir des suites de chiffres, des dates, ou des textes entiers rien qu'en les ayant vus une fois, ça m'a permis d'obtenir de très bonnes notes en Histoire de la magie ou en Astronomie et de sauver le navire. Le Lord m'a énormément utilisé pour retenir des codes ou transmettre des messages, plutôt que de m'envoyer au combat. Pas folle la guêpe. Je suis pas un tueur, un Lestrange, un Avery. Buter une famille de moldus ça fait pas ma journée, loin de là. J'ai d'autres compétences et ma mémoire photographique en fait partie, en plus de mon bagou. Somnambule Tout le dortoir des Serpentards de la promo 1970 se souvient encore de la fois où j'ai été retrouvé un matin sur le toit de la tour d'Astronomie, enroulé dans ma couette, ou du jour où les elfes de maisons m'ont découvert dormant au fond d'un chaudron. Le somnambulisme, c'est comme le reste : faut croire que je ne le fais pas à moitié. un ou des talents (sport, matière de prédilection, etc. nb : ).  Le Quidditch. Le quidditch c'est mon truc, vous me verriez sur un balais je vous jure que vous tomberiez la chemise. Les moldus ont aussi un truc formidable, ça s'appelle la boxe et ça permet de cogner sur un pignouf, c'est même un peu le but. On aura beau dire, ces cons là font rien à moitié. un tic. Fumer, c'est un tic? Mon ex disait que je fumais plus que le Poudlard Express... une qualité. On pourra pas dire que je manque de charisme. un défaut. On pourra pas dire non plus que je suis facile à vivre, je crois même que je suis plutôt du type chieur. Don't hate, ladies and gentlemen, la perfection ça se paie toujours. une caractéristique (traits physiques, tatouages, cicatrices). Mon bras gauche me brule régulièrement, il est mal en point, du genre brûlé et vilainement charcuté. Il fallait bien virer cette marque de merde de là. J'ai aussi une morsure dans le cou, côté gauche. Paraît que c'est le côté maudit. Coïncidence? I think not. une rumeur. On dit que j'ai fait perdre l'équivalent de 5000 points à ma maison sur toute ma scolarité. J'trouve ça un peu sous-estimé. instinct bestial Il parait que les types comme moi sont des alphas. Alpha, laissez moi rire, la seule chose que j'ai jamais commandé dans ma vie c'est un hamburger au fast-food du quartier. Paraît que j'ai pas l'étoffe d'un leader, si le choixpeau l'a dit, c'est que ça doit être vrai, hein. Mais depuis que je me suis fait mordre, je dois avouer que je perds les pédales par moments. Je grille un fusible pour rien, je supporte pas qu'on m'envoie sur les roses et quand je demande quelque chose, j'attends que ce soit fait, bordel de merlin. Je vais finir par me transformer en l'autre tâche de Lestrange si ça continue, ou par massacrer la moitié de l'Angleterre, puisqu'on a décidé de jouer avec mes nerfs dans ce pays de demeurés. Je t'en foutrai moi de la contradiction!


❝ Nothing compares to you ❞Deux mots sur l'IRL

Appelez-moi Jujubulle!. J'ai 23 ans, je viens de Bretagne et j'ai connu le forum via Pansy, Mary, appelez cette cocotte comme vous voulez, c'est aussi notre Hermione nationale. Si tout va bien vous me verrez connecté(e) x 5 jours sur 7.. Un dernier mot ? Bottoms up!

Approuvé par le Ministère de la Magie


Dernière édition par Corban Yaxley le Ven 25 Nov 2016 - 15:40, édité 11 fois
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Mais qu'est ce qu'on a faitau bon Dieu? "Parfois j'ai l'impression que mon prénom c'est "tais toi"...question d'habitude"
❝ Le diable au corps ❞1967, manoir Yaxley, Londres.

Montage créé avec bloggif


-CHAUD DEVANT!!

La rambarde de l'escalier est lisse, dorée, atrocement glissante et dévaler les quatre étages du manoir sur le derrière, sans filet de sauvetage serait pour n'importe qui, une opération Qu'a-mit-Kaze (je ne sais pas ce que Kaze a bien pu mettre où et je m'en fiche). Mais pas pour moi, parce que là tout de suite, les cheveux dans le vent et les vêtements en désordre, je suis le roi du monde.

Les tableaux commencent à beugler qu'un Yaxley ne se comporte pas de cette manière. Dignité. Toujours de la dignité. C'est mon père qui dit ça tout le temps et parfois je lui fait la tête qu'il déteste celle qui dit "parle à mes fesses ma tête est malade" et il abandonne la bataille, parce que me coller des roustes ça se paie et que me parler ça m'endort. Parfois aussi il dit "mais qu'est ce qu'on a fait au bon dieu pour avoir un fils pareil" et je me dis que c'est pas à moi qu'il faut demander j'étais pas là avant ma naissance!

-POUSSEZ VOUS!!

Les deux elfes de maisons qui montent l'escalier avec des linges propres poussent des glapissements d'oies effrayées avant de se décaler, pendant que je passe la tête en avant comme pour mimer un vol en balais.

-Jeune maître ! Jeune maître vous allez vous tuer!
-J'peux pas mourir, je maîtriiiiise !

Ma voix se perd pendant que je passe à l'étage inférieur, un virage mal négocié provoquant la chute brutale d'un visage de la dynastie Ching, Chong, Chang, Ling, Long, Ting, Tong. Bref : Jingle bells !

Passage éclair au deuxième étage où ma mère plaque sa main contre son coeur avec un cri d'effroi :

-CORBAN!!
-Coucou Mère!

Et me voilà reparti, j'aimerais bien la voir me courir après dans sa robe de chambre à 500 gallions. Bientôt l'arrivée, je vais exploser mon temps précédent, j'ai gagné en rapidité à force de pratique et sans jamais rien me casser, je suis en route pour le grand schlem, la gloire, l'Histoire, lorsqu'une solide main m'attrape par le col, sa jumelle saisissant l'arrière de mon pantalon et me faisant quitter la rambarde brutalement.

Soudain je suis sur mes pieds, décoiffé, la mine en vrac, un air éberluée et vaguement indigné sur le visage.

-Par la barbe de Merlin, CORBAN ! mais tu as le Diable au corps !!

Ça c'est mon père, Hélios Yaxley. Yeux sombres, cheveux entre le boue-marron et gris-béton, sourcils plantés au travers de la tête comme deux grosses chenilles processionnaires et expression présentement située entre la colère et la stupéfaction. C'est dingue ce qu'il ne me ressemble pas, tout le monde le pense, mais personne ne le dit. D'ailleurs personne ne sait à qui je ressemble et  c'est plutôt bien vu la tête de tante Lucrèce. Elle a aussi des chenilles à la place des sourcils et un robinet à la place du nez.

-Tu auras bientôt DIX ANS, fils! cela signifie que tu iras à Poudlard, si tu ne t'es pas brisé le cou d'ici là ! te rends tu au moins comptes de ce que cela implique pour toi?! pour nous tous?! quand te décideras-tu enfin à grandir au lieu de t'adonner à toutes ces sornettes?

Et c'est parti, bonnes gens amis et voisins. Je le regarde d'un oeil vaguement intrigué -ce qui veut dire que là tout de suite je dois avoir l'air très mignon, c'est ce que disait la maîtresse du jardin d'enfant. Et lui il parle, il parle, et les deux chenilles au dessus de ses yeux commencent une drôle de danse du ventre. Ca m'arrache un rire et lui, ça lui coupe le sifflet.

-Ah ça t'amuse, petit effronté...

Soudain, le voilà qui me toise du haut de son mètre quatre vingt - ce qui est pour moi une sorte d'équivalent du mont Everest - et lève la main comme pour envoyer ma tête dire bonjour à Pluton. Problème : il est lent, et pas moi. Sa main part en avant, me rate alors que je me baisse, rencontre un autre vase pling-ting-dring-dring et finit par atterrir dans une plante d'ornement. Et ça tombe, ça cabane, ça passe par dessus la rambarde de l'escalier et ça s'écrase au rez-de-chaussées. Pinkie et Hoppy vont encore avoir du travail, mais ça valait le coup.

Mon père est rouge de rage mais il me regarde et voit les muscles prêts à bondir, le demi sourire qui paraît chantonner "attrapes moi si tu peux" et autre chose. Quelque chose dont j'ignore complètement la nature mais qui le fait toujours se calmer quand il est en colère après moi, comme si ça le faisait relativiser, comme s'il se rappelait de quelque chose, au fond, et qu'il en déduisait que ce n'était pas grave que je fasse le zouave. Là il est pensif, il me regarde dans les yeux. Les miens sont verts, ils ressemblent à ceux de ma mère, comme mes cheveux. On les a presque blonds tous les deux.

Et d'ailleurs la voilà, ma mère, elle descend l'escalier d'un pas pressé et s'exclame :

-Pour l'amour du ciel, ça suffit! ça suffit! Hélios, laisse le! il ne voulait pas te mettre en colère! Corban,s'il te plait, présentes tes excuses à ton père immédiatement!

Elle est belle ma mère, quand elle est en colère, elle a l'air moins coincé. On dirait qu'elle a été jeune comme moi, avant. Elle est gentille aussi parfois, elle me prend dans ses bras et elle me dit que si mon père est comme ça c'est qu'il vient d'Angleterre, mais qu'elle, elle est italienne, et que les italiens, c'est pactile. Tacpile. Tactile. Et elle me dit qu'elle a demandé à ce qu'on m'appelle Marc-Antoine. Parce que je ferai de grandes choses. Moi je ne vois pas bien en quoi ça va m'aider de m'appeler comme un type mort il y a des centaines d'années, mais elle a l'air super contente de sa trouvaille alors je souris et je laisse faire.

Un peu comme maintenant d'ailleurs. Parce que si ma mère parle, mon père s'écrase (et moi aussi d'ailleurs c'est dire). Et adieu la rouste, bonjour les excuses contrites.

-Excusez moi père, je vous prie.

Oh la mauvaise foi. Les chenilles de mon père semblent prêtes à faire des bébés tellement elles sont collées et il me regarde encore comme si j'avais une tache sur le nez. Puis, après un moment il lâche :

-Ne refais jamais ça Corban. Tu es notre héritier. Et un héritier ne glisse pas sur les rampes comme un vulgaire gamin des rues. Me suis-je bien fait comprendre?
-Oui père.
-Tu nettoieras les dégâts toi même et je ne veux pas te voir au dîner de ce soir.
-Oui père.

Je m'incline un peu et prend le chemin de l'escalier (sur les pieds cette fois).

-Corban?

Je me retourne, bouille d'ange toute en cheveux blonds et yeux de petit faon perdu.

-Si tu désobéis de nouveau, je me verrai obligé de sévir.

-Bien père. Pardonnez moi. Je ne recommencerai pas, je vous l'assure.

Ma mère a l'air un peu rassurée, c'est déjà ça de pris. Lui, prend les mots pour ce qu'ils sont : une vaste blague et un gigantesque pied de nez. Sauf qu'il ne peut rien dire parce que là, c'était du grand art! Je m'incline un peu, fait volte face puis prend congé de mes augustes parents, et alors que je vais chercher le balais dans la cuisine, accompagné par Pinkie et Hoppy, j'ai envie de rire à gorge déployée. Sévira bien qui sévira le dernier, tiens!



❝ Drôle de baguette...pour un Yaxley.❞Août 1970, Boutique de Garrick Ollivander


Oh, il a bonne tronche le sieur Ollivander. Il a des bacchantes en coton hydrophile et assez de valises sous les yeux pour remplir le Poudlard Express. En plus là, il me jauge et je sens bien qu'il me juge. Corban Marc-Antoine Yaxley, terreur des nourrices, huitième plaie d'Egypte et grand gagnant de la course de spermatozoïdes paternelle, session 1957, enchanté. Pas la peine de me fixer comme si j'avais la syphilis et de tordre tes grosses mains pleines de doigts.

Ils ont tous cette réaction, les adultes, dès lors que je me pointe avec mon père ils tirent une gueule de six pieds de longs et leurs yeux font la navette de lui à moi et vice versa pendant une bonne dizaine de secondes. On dirait qu'ils cherchent les dix différences, comme dans les coloriages pour les mômes, mais qu'ils explosent tellement les scores qu'ils se disent qu'il y a une couille dans le potage.

Ollivander aussi a l'air un peu perplexe. J'espère qu'il va s'en remettre parce qu'à son âge, l'émerveillement ça peut coûter cher niveau cardiaque. Puis il parle:

-Voici donc le jeune Yaxley...


Mon père se tend, comme si la formulation lui déplaisait, et il me regarde brièvement, de la même manière qu'il me regarde toujours, c'est à dire avec une expression que j'ai mis longtemps à catégoriser mais que je reconnais désormais. Du dégoût. Le même genre de dégoût qu'on affiche quand on a foiré son pudding ou qu'on est obligé de bouffer de la marmite. Il y ajoute même une pointe de regret, qui donne du pathos à l'affaire.

Oh ça te fait chier. Je le sens. Ca te fait chier de me trimballer avec toi sur ce chemin où tu connais du monde, de devoir me présenter et de devoir supporter les regards de tout ceux qui essaient de se rappeler si j'ai quoi que ce soit de toi. Ca te tue de les voir demander quand je suis né et comment va ton épouse, comme pour essayer de glaner au passage un indice, qui expliquerait que tu trimbale  ce môme grand et élancé, au long nez et aux yeux clairs. Toi t'as le nez un peu retroussé, t'es petit et trapu, t'as un physique tout en barbe et en chairs molles. Toi, t'as une gueule de victime et t'as pas finit d'en voir de belles, mais tu peux rien faire. Tu peux rien faire, à part me regarder grandir, parce que si tu commences à te poser les questions que je me pose, et que les autres aussi se les posent, ta purification part aux chiottes mon petit père! Si tu commences à faire fonctionner ta grosse tête, tu vas te foutre dans la merde, ma mère et moi avec, et on l'aura tous dans le cul.

Alors tu fermes bien ta gueule, et tu te forces à sourire quand les autres te regardent comme si t'avais des cornes de dix pieds de long. Ca me fait marrer t'as pas idée. J'aurais pu avoir de l'empathie, mais t'es si pathétique, à me mater depuis des années avec tes yeux de cocker battu et déçu, comme si j'avais quelque chose à voir avec le fait que t'ais foiré ton mariage, et ta vie par la même occasion. On dirait que t'attends des excuses ou je ne sais quoi. On dirait que tu veux que je me sente honteux. Honteux... Pauvre petit papa tiens. Tu peux toujours courir.

Il doit avoir senti mes pensées ou vu une ombre de rictus cruel se plaquer sur ma face, parce qu'il baisse les yeux, et qu'il se retourne vers Ollivander.

-Ce garçon va entrer à Poudlard d'ici une semaine. Il a donc bien évidemment besoin d'une baguette.


Les yeux d'Ollivander continuent à me fixer, ça commence à devenir un peu gênant cette intrusion dans mon espace vital visuel.

-Une baguette...évidemment...bien entendu...

Et le voilà parti dans les rayonnages qui manquent de se casser la gueule en beauté. Il y reste à peine une minute et revient avec trois boites, les ouvrant l'une après l'autre pour dévoiler des baguettes, puis il me tend la première.

-Bois de Frêne...23 centimètres et crin de licorne.


Génial. Le bois des têtus et un putain de poil de cul de canasson. Ca commence bien. Je la prends à la main et elle me semble petite, incroyablement fine. Je sens qu'une moue s'est installée sur ma bouche et Ollivander fait un geste comme s'il avait envie de me secouer les cloches.

-Eh bien, agitez là donc!

Je lui décoche un regard vaguement irrité et soupire, avant d'agiter la baguette en direction d'une des étagères, laquelle vomit alors son contenu comme un alcoolique gerbe sa vinasse, les baguettes s'étalant sur le sol et le meuble tanguant avant de s'écrasant par dessus. Ollivander pince les les lèvres.

-Non, donc.

Il me reprend la baguette, que je lui rend bien volontiers, et sort la deuxième. Cette fois c'est bois de châtaignier, 25 centimètres et demie, ventricule de coeur de dragon. J'explose le lustre. La troisième, Chêne blanc et crin de licorne, 26 centimètres, manque d'envoyer un presse papier dans l'oeil d'Ollivander. Au bout de la sixième baguette, on dirait qu'une fête bien arrosée s'est déroulée dans le magasin et mon père commence à se dandiner d'un pied sur l'autre. Le vieux, lui, commence à me regarder comme si j'étais une grosse blatte sur une peinture de maître et il marmonne:

-Toujours pas...toujours pas par Merlin. Curieux, très curieux.

Il repart dans les rayonnages et revient cette fois non pas avec des boîtes mais avec des rouleaux de papier de soie, dans lesquels sont enveloppées des baguettes. Elles n'ont pas été cirées, les ornements et autres fioritures sur les manches ne sont pas achevés et il me regarda brièvement avant de fouiller dans ses mikados de luxe.

-Ces baguettes n'ont jamais été mises en vente. Elles présentaient toutes des tempéraments trop spécifiques...


Nouveau coup d'oeil.

-Presque des handicaps. Mais je me demande si...

Le suspense est à son comble, heureusement que mon paternel a ses couches d'incontinence ou il se ferait dessus, le pauvre petit. Moi aussi je dois avouer que ça me fait quelque chose de voir ces bouts de bois dont personne ne veut, ou que personne n'a pu avoir. Je ne suis même pas surpris qu'on me refile un truc de ce genre, chieur un jour, chieur toujours, et il parait que la baguette choisit son sorcier alors...

-La voilà...Bois de baobab, Plume de phoenix, 30 centimètres...

Et il en sort une, taillée dans un bois rouge. Elle est plus longues que celles que j'ai eu entre les mains à présent, un peu plus large aussi et son manche est dans un bois presque noir.

-Je l'ai conçue lors d'un de mes périples en Afrique...une expérimentation totale, celle là, aucune soeur dans cette boutique, et aucune chez le moindre fabriquant de ce pays, j'en suis certain. Trop capricieuse, et trop exigeante, une baguette très farouche...une peste, dirais-je.

Super. Donc, en plus, il me la donne en sachant qu'elle risque de me pêter la gueule. Je la prend sans grande conviction et la regarde. Elle me tient bien dans la main, et elle est étonnamment chaude au toucher, si bien que finis par la dresser et la pointer vers l'escalier menant au second étage du magasin. Il y a comme une vibration et soudain, les lampes à pétrole s'illuminent, les bougies s'enflammant et les ampoules clignotant avant de briller de manière constante. La baguette vibre dans ma main, tout mon bras est engourdi de chaleur, et un nouveau mouvement envoie se redresser l'armoire à baguettes que j'avais précédemment fait cabaner.

Ollivander semble particulièrement satisfait de lui même et claque ses mains l'une contre l'autre avec délice.

-Je m'en doutais ! fort curieux mais extrêmement plaisant! extrêmement plaisant!
-En quoi le fait que mon fils trouve une baguette est-il plaisant? demande mon père dont les chenilles sont de nouveau en plein accouplement au milieu de son front.
Ollivander le gratifie d'un regard comme on en accorde aux faibles d'esprit -Oh oui bébé, continues comme ça- puis il parle doucement :

-Chaque baguette choisit un sorcier en accord avec son propre caractère Monsieur Yaxley, et si je ne m'abuse, vous même et votre père possédez des baguettes contenant des crins de licorne...bois d'Aubépine et de Chêne, suis-je correct?
-Je vois mal ce que vous insinuez.
-Je n'insinue rien, Monsieur, c'est vous qui placez dans ma bouche des paroles insultantes. Mon travail en tant que fabricant est de respecter, de comprendre, ce qui fait l'unicité d'une personne ou d'une famille, pour donner à chacun..selon ses besoins. Votre fils est tout simplement...différent de ce que j'avais initialement envisagé.

Il me reprend la baguette, que je lui laisse à regrets.

-Je suis curieuse de voir comment elle réagira entre vos mains, jeune homme. Prenez garde, elle a...son petit caractère. Comme vous si je ne m'abuse. Attention à ne pas lui imposer un cadre trop restrictif, elle ne vous a pas choisi pour retomber en cage.


J'hoche la tête, pendant que les neurones épais de mon père semblent fumer en arrière plan.

-Je vais immédiatement lui donner un peu de lustre. Fort curieux, le cours que prend parfois la vie...moi qui pensais qu'elle passerait le reste de ses jours dans mon armoire...une surprise, une vraie surprise. Prenez en soin.

Pour une fois j'écoute, et je réponds même, comble de la sociabilité:

-Ne craignez rien. C'est prévu.

Il me jauge, le vieil Ollivander et souffle, si bas que mon père ne peut pas l'entendre et heureusement, parce que sinon il imploserait probablement comme une myrtille d'Hiroshima:

-Drôle de baguette...pour un Yaxley.





While we areyoung and free"Yaxley, étudier? il étudie surtout la meilleure manière d'échouer"
❝ Oh, la boulette... ❞1973, Poudlard, Divination,  troisième année

Montage créé avec bloggif

J'aurais du prendre l'option runes.
J'aurais du prendre cette putain d'option et laisser Lestrange faire tout le travail à ma place en faisant sa grande duchesse offensée, au lieu de traîner mes fesses dans cette tour qui pue la sauge et le rat crevé. Heureusement qu'on a ouvert les fenêtres ou on aurait d'ors et déjà tous roulés sous les tables.

Le prof lui a l'air complètement allumé. C'est un vieux type espagnol avec un chapeau surmonté d'un raton laveur empaillé, et il empeste la naphtaline. Sa moustache est assez longue pour qu'il s'en fasse une écharpe, mais c'est bien les seuls poils qu'il lui reste.

Je ne sais pas depuis combien de temps il déblatère sur les voiles de l'infini, clairement j'ai perdu toute notion du temps, de l'espace, de la souffrance humaine et de la vie même. Je ne suis plus qu'ennui, je sens l'oxydation de mes cellules faire son chemin et j'ai la quasi certitude qu'on va finir par me retrouver dans cette foutue salle et qu'on conclura à un simple arrêt cérébral.

Sauf que selon la légende populaire et le corps enseignant, ça va faire un moment que mes neurones ont plié bagages pour aller tapiner à Ibiza. Loin. Très loin.

J'ai pas l'orgeuil de Mulciber, le tempérament complètement barré d'Avery ou le dédain de Lestrange. Qu'on me traite de con ça m'en touche une sans faire bouger l'autre, je sais bien que je suis pas une lumière, y'a qu'à regarder ma gueule de poisson-lune quand on me demande de résoudre un truc en métamorphose, ou quand ma potion vire couleur potiron, moisi dégueulasse. Je vois bien que les profs me regardent comme si je leur faisais regretter leur job, et que les autres élèves se foutent de ma gueule.

Il est con Yaxley.
Quel demeuré Yaxley.
Pauv' tâche.
Tocard.

Et vous savez quoi? J'men bat les cognards, quelque chose de mythique. Qu'est ce ça peut faire, ce que pensent Pierre, Paul et Jacques? si j'avais du accorder de l'importance à ce que pensent les gens j'aurais rampé aux pieds de mon père en le suppliant de me faire un sourire au lieu de tirer la gueule comme un vieux cocker, et j'aurais récuré le parquet du manoir comme une serpillière. Quitte à être un produit d'entretien, je préfère là soude, ça détruit les tâches.
Toutes les tâches.  
Et puis on va pas se mentir, c'est extra de la voir s'arracher les cheveux, tous, on dirait les elfes de maison quand ils font des nœuds papillon avec leurs oreilles.

A cette pensée, je me mets à ricaner comme un con depuis le coin de la classe où je me suis posé, en retrait. Sauf que rire comme une hyène au milieu d'une classe de bigorneaux pétrifiés par Raccoon-man, c'est voyant et que le prof tourne la tête vers moi, avant d'arriver de son petit pas trottinant.

-Si, si, vous jeune homme, vous voyez cé qué jé veux dire, n'ést ce pas?

Absolument pas, et j'essaie même pas de prétendre le contraire. Surtout que quand il parle ça fait le même bruit qu'une trompette bouchée et que l'accent n'arrange rien à l'affaire.

-Quel est votré nom?
-Yaxley.

Il semble un peu interdit et demande:

-Vous avez pris lé nom dé votre mère?
-Hein?

C'est très inélégant de dire "hein", ma mère passe son temps à me le répéter comme un pivert cogne dans un tronc, mais ça rentre pas.

-No? Yaxley est lé nom dé l'auteur dé vos jours?
-Auteur de mes...Whoua, le grand âge et ses ravages. Vous le vivez bien?

Ah ça y est, la classe est tombée dans son silence de mort habituel, qui semble être la conséquence directe de chacune de mes prises de parole. Même le prof semble un peu sur le cul pour le coup, et son chapeau frémit légèrement, mais il rebondit, le con.

-Aucoune importance. Montrez moi votré main.
-Non, merci, je suis germophobe depuis ce matin, madame Pomfresh est très inquiète.
-Né faîté pas l'enfant.
-Hey, hey, hey!

Et...il m'a pris la main. Ca y est. C'est en train de se passer, on en est là, le respect est mort. Bon dieu mais je vais la lui foutre dans la gueule ma paluche, il va le bouffer son raton laveur! Il a de la chance que je sois entouré de témoins, profondément flemmard et un tantinet lâche, sinon ça barderait pour sa tronche, par Serpentard le syphilitique!

-Ligne de fortoune...ouh, elle tombe, elle tombe...vous soubirez oune grandé déception...plousieurs...les intterouptions marquent lé déceptions dé l'existence...régardez la votre est coupée en plousieurs endroits...vous allez abandonner oune rêve...perdre oune ami dé longue date...
-Ouais, là je perds surtout patience, alors foutez moi la p...
-Tshhhhh, TSHHHHH. Ligné dé vie...

Il a l'air sérieux, par Merlin, il va m'empaler sur son ongle pourri si je ne la mets pas en veilleuse et vu la corne qu'il a au bout du doigt, j'vais pas prendre le risque.

-Ligné de vie très longue...toute en creux et sommets...un amoureux du danger...un loup sauvage...
-"Loup sauvage"...Oh pitié.
-Silence. Ligné dé coeur...oh...compliquée..très compliquée...beaucoup dé choses perdoues et rétrouvées...dé gloires transformées en abandons et de défaites transformées en victoires...
-Eh ben si avec ça on est pas avancés...

Le prof me lâche soudain et il n'a plus l'air souriant du tout, on dirait que je viens de tuer sa mère. Pire : on dirait que je viens de coucher avec. Je crois qu'il aime pas trop que je le traite comme un type de la fête foraine du coin.

-Vous êtes oune sceptique.
-Jé souis ploutôt pragmatique. Olé.

Et c'est la fin des haricots. Sa tête passe au blanc crayeux et il lâche.

-30 points dé moins pour serpentard.


Le public en délire, c'est à dire le reste des membres de ma maison, a l'air d'une bande de sénateurs romains en révolte ou pire : de français affamés. J'en vois plus d'un qui a une envie dévorante de m'enfoncer le nez dans le crâne, parce que par Merlin, j'attaque fort! Cinquième jour de classe et déjà 55 points en moins, je suis chaud comme le Vésuve!

-Fermes ta gueule Yaxley! me lance Wilkes, qui a encore moins bien compris que moi les règles du langage en société.
-Wilky-chéri, est ce que t'es sur que t'es bien assez grand pour dire ce genre de vilain mot?
-Vas te faire foutre, Bouffon!
-C'est Sieur Bouffon pour toi, le plébéen.
-Basta! 20 points dé moins pour serpentard ! vous commencez bien mal l'année mes petits amis !

Mon pauvre petit vieux, t'as encore rien vu. On ne bâillonne pas la voix du chaos. Wilkes récolte un sourire en coin et un mouvement de tête qu'on dit caractéristique de ma sale dégaine, et qui envoie une mèche de cheveux plus longue que les autres se remettre en place. Et, galvanisé par cette charmante petite entrée en matière qui a au moins eu le don de me lancer sur les rails, je commence à tripoter la boule de cristal qui trône sur ma table, pendant que mon binome -une Pouffsouffle- se décale autant que possible de moi comme si j'avais la galle.

Marrante cette boule d'ailleurs. Le professeur machintruc est retourné à son blabla sur l'importance des lignes de la main et sur l'incapacité, et je cite, "des plus obtus à entrevoir la richesse de ce qui aurait pu être". Il ne fait pas attention à moi, et encore heureux, parce que j'ai d'ors et déjà retiré le cristal de son socle et je le regarde à lumière du soleil. Y'a quoi là dedans? on dirait de la fumée? Elle est où l'arnaque?

Tout le monde a les yeux rivés vers moi, leur catastromètre doit être en train de pêter de tous les côtés, mais comme d'habitude, j'y vais au talent, et je tend le globe plus haut. C'est comme une brume à l'intérieur, mais on dirait presque qu'il y a des machins coincés de part et d'autre, comme des insectes dans de l'ambre.

Je la tend de plus en plus vers la lumière du soleil, du bout de la main, la plèbe retenant son souffle et soudain, c'est le drame:

-YAXLEY! POSEZ IMMEDIATEMENT CÉT ORBÉ DÉ DIVINATION!

Poser.
Poser.
Vaste concept.
Que je n'applique pas.

Je sursaute, le globe aussi, il s'évade de ma main, roule sur le rebord de la fenêtre, et semble décidé à faire le grand plongeon, mais le professeur se lance en avant. Pélican vêtu de soie bleue, il décolle, caracole, dérape sur le tapis, s'affale sur le rebord, attrape le globe, bascule en avant, tend le bras pour se tenir à moi...et me loupe.

Ou plutôt je l'évite. Parce qu'à ce stade de mon exquise existence j'ai appris à éviter de manière rapide et nette les mains des adultes lorsqu'elles veulent me saisir. Réflexe de Pavlol qui vient de faire passer la situation de "relativement normale" à "complètement hors de contrôle", parce que le prof bascule en avant et que les trois quarts de son corps basculent dans le vide.

Une fille -une pouffsouffle à tous les coups- pousse un hurlement ou plutôt un vagissement et je crois que ça me pousse à au moins simuler l'intérêt. Je tend la main et essaie de le retenir par son écharpe, mais l'étole glisse et me reste entre les mains.

La suite?

Un long hurlement et un bruit proprement dégueulasse, suivi du fracas de ce que je suppose être le globe de divination. La classe entière semble atteinte d'un pétrificus totalus de masse. Puis, prudemment, je m'approche de la fenêtre, et ose jeter un oeil en contrebas de la tour, dans la cour intérieure.

-YAXLEY ! ENCORE TOI! MAIS...OH MON GARCON TU VAS AVOIR DE GROS, GROS ENNUIS!

Hagrid est couvert de débris de citrouilles et se tient à côté de la charrette qu'il utilise pour amener les potirons et autres cucurbitacés de son jardin aux elfes de maison des cuisines. Dans la charrette, des cadavres de légumes et au milieu, Professeur Trucmuchemachinchose.

Louées soient les citrouilles du monde entier!
il bouge!
Il est en vie!
Sauvé par le potiron!

-DESCEND IMMÉDIATEMENT DE LA! LE PROFESSEUR SLUGHORN VA EN ENTENDRE PARLER CROIS MOI!
-C'était un malencontreux ACCIDENT!

Un gémissement monte de la charrette et le semi-vivant trouve l'énergie de brandir un doigt accusateur dans ma direction. Salopard, que sa moustache l'étouffe, tiens. Le point positif c'est que la situation pourrait difficilement devenir pi...

J'ai parlé beaucoup trop vite.

Un grouppe de Gryffondor sort à ce moment du bâtiment principal, sans doute rameuté par les cris d'Hagrid. En plus, si les loups sentent le sang, ces crétins là sentent les ennuis. Ou la citrouille. Bref, ils ont le flair quand tout se barre en eau de boudin. Il y a Potter, Black, Lupin, Le petit gros, et d'autres élèves parmi lesquels une petite rousse potelée, une autre rousse qui ma foi n'est pas désagréable à regarder, et une blonde, flamboyante. Elle secoue la tête en voyant le massacre des citrouilles et ça pue tellement le mépris que même moi j'ai l'impression de me prendre une claque.

C'est dire.

En un instant j'ai tout oublié sauf elle, parce que le mépris me sort par les yeux, et que se faire regarder de haut par une fille aussi guindée, et aussi belle, me donne l'impression d'être un mec important, mais pas dans le bon sens du terme. La rousse à côté d'elle, Ivan, Donovan, Evans, c'est ça, est hallucinée par le fait que le professeur ait pu survivre à une chute pareille, mais la petite blonde aux yeux noirs continue de secouer la tête en silence, atterrée.

Puis elle lève la tête et me jette le regard le plus intense et empli de jugement que j'ai jamais reçu de ma vie, avant de s'en aller, ses cheveux dorés flottant dans son sillage.

Ca Mesdames et Messieurs, c'est le jour où j'ai fait perdre 150 point à ma maison en une seule fois.
C'est le jour où Poudlard a du faire remplacer son professeur de divination pour la première fois depuis le début de sa carrière.

C'est aussi le jour où je suis tombé amoureux.


❝ Tête de turc tête de con ❞1975, Poudlard, épreuve de BUSE

Montage créé avec bloggif


J'aurais du réviser plus tôt. J'aurais du ouvrir mes putains de bouquins il y a une semaine et "graver" les pages dans ma tête au lieu de patienter jusqu'à la veille au soir, parce qu'hier soir quand j'ai voulu prendre mes manuels sous mon lit y'avait plus rien.
Plus rien.

Je suis sur que c'est un première année qui a fait le coup, ces bêtes là sentent la peur, et tous les cinquième et septième année puent l'angoisse à trois kilomètres à la ronde. Si je trouve le petit trou du cul qui s'est senti pousser des ailes, je le cloue au mur en beauté et Rabastan aura une bonne raison de me foutre en retenue, pour une fois.

C'est vraiment un putain d'acte manqué. Parce que je n'ai pas de problème pour retenir ce que je lis. Aucun même. Imaginez que tout ce que voient vos yeux reste dans votre tête, que vous puissiez fixer une image aussi précise qu'au premier jour, quelque part dans votre tête, consultable à loisir, est ce que vous vous feriez des 'séances de révisions' ? non, vous feriez comme moi : vous iriez "graver" les pages, les schémas et les cartes le plus tard possible pour profiter de votre procrastination jusqu'au dernier moment sauf que là, moi j'lai dans le cul.

Macnair va encore se foutre de ma gueule, Rabastan va soupirer, Avery va ricaner comme une hyène et je parle même pas de la crise à laquelle je vais avoir droit à la maison si je foire mes BUSE. On va encore me répéter que je suis le dernier des cons, et peu importe que j'ai cinq ans de cours dans ma petite tête, si je peux pas ressortir la bonne page au bon moment. J'ai envie de me coller des baffes, nom de dieu. Macnair répète toujours qu'avec mon talent pour tout foirer, on ferait mieux de m'envoyer voir en Tchétchènie si j'y suis, et Rabastan l'engueule un peu, mais au fond il a raison, c'est moi qui ait pas inventé l'eau chaude. On le sait tous. Et la j'peux même pas faire illusion en recrachant ce que je sais par coeur. C'est ça qui me sauve à l'école : le par coeur. Parce que dès que j'ai pas ça sous la main, faut que je sorte de ma flemme et que je fasse semblant d'avoir écouté et ça, c'est toujours la catastrophe.

J'suis une vraie catastrophe.

Ca gratte autour de moi et ça me colle la migraine, alors je mets mes mains sur mes oreilles et je garde les yeux grands ouverts, fixés sur le parchemin. Il faut remonter loin dans ma banque d'images, il faut absolument que j'arrive à faire émerger mes "archives" de métamorphose, celles qui...c'est quoi l'énoncé déjà?

"Du minéral au biologique : transfiguration partielle et totale"

Ok. Ok Corban, mon petit, t'as déjà vu ça quelque part, fouille, fait défiler. Les images défilent en effet, c'est comme des moments de vie, qui passent devant mes yeux et que je vire si je n'en ai pas besoin. Je crois que personne n'est bien au courant que je peux faire ça. Rabastan a deviné, il devine tout, mais les autres...je ne crois pas. Faut dire que ça m'arrange d'éviter mes responsabilités en disant que j'ai oublié les choses, alors qu'en réalité j'ai juste décidé de m'en foutre copieusement.

En tout cas, là c'est un vrai travail d'archéologie, qui me fait remonter jusqu'au 5 septembre de l'année, 19h, moment où j'ai négligemment regardé les pages 40 à 63 de mon manuel. Il y a bien une page qui parle de transfiguration minérale là dedans, c'est bien, on avance.

Je ne bouge pas trop les yeux -sale manie ça me donne l'air d'un pinpin- et je commence à écrire, ou plutôt dans mon cas, à recopier ce que je vois. Au diable la rédaction argumentée, je vais me contenter des questions académiques, ça me vaudra un beau C. C comme Corban et C comme Couillon.

Coincidence? I think not.

Et au bout des deux heures, j'ai bien écrit 5 pages, parce que j'ai poussé le vice jusqu'à essayer de faire mieux que de recracher le contenu du manuel. Mc Gonagall me soupçonnerait de tricher de toute manière, si elle voyait la syntaxe parfaite qu'a pris mon langage du jour au lendemain. Non, faut matîner ça d'un petit style Yaxley. Quelques conneries par ci par là, et quelques fautes, ça fera l'affaire.

Lorsqu'elle se lève d'ailleurs, la prof, je suis assez content de moi. Autant que faire se peut pour une personne qui a révisé que dalle mais qui sait que ses réponses sont exactes parce que sa tête est plus remplie que le coffre des Malfoy. Bien tenté au petit malin qui a cru me couler, mais je crois que comme disent les français, je flotte mais je sombre pas.

Je me prépare à rendre ma copie quand mes pensées s'interrompent brusquement, coupées, gelées. Mes pages semblent étonnamment pâles, et je les examine, juste pour me rendre compte que non je ne me fais pas d'idées. L'encre est en train de s'éclaircir, rapidement, surement, inexorablement.

"Non, non, non, non..."


Qu'est ce que c'est que ce bordel?! comment ça peut être en train d'arriver?! c'est une blague, c'est une putain de blague?! ça fait pas ça l'encre, ça fait pas ça!! Je retourne frénétiquement mes parchemins, le souffle court, coincé dans ma gorge comme une pierre. Il y a du mouvement sur le côté et je relève les yeux, juste pour croiser le regard gris et sévère du professeur Mc Gonagall.

Elle pince les lèvres en cul de poule et avise mes parchemins vierges de l'air qui dit clairement "j'attendais mieux, même de vous".

-Votre copie Monsieur Yaxley. C'est l'heure.

Je dois avoir l'air d'un lapin coincé dans un lumos, parce qu'elle fronce les sourcils.

-...Le temps est imparti, jeune homme.

-Mais...je...l'encre elle est...partie.

Cette fois, elle roule des yeux et soupire. Ca me donne l'impression d'être minuscule (alors que je fais déjà un bon mètre quatre vingt), et surtout très con. J'entends déjà les autres se marrer dans ma tête et Macnair dire que je suis sympa, attachant, mais que bon dieu, je suis quand même con des fois. Normalement, je laisse tout ça couler, parce que c'est de l'humour, et qu'on tacle pas l'humour de ses potes, mais là ça me met hors de moi, parce que je le mérite pas, et parce que je l'ai écrite ma putain de copie ! je l'ai fait mon devoir!!

-Monsieur Yaxley, grandir se caractérise aussi par une capacité à accepter ses propres échecs, sans affabuler.
-J'AFFABULE RIEN DU TOUT!

Le cri est sorti comme un coup de tonnerre, avec ma voix rendue grave par la puberté, et particulièrement forte par la fureur. Le professeur Mc Gonagall me toise et je ne baisse pas les yeux. Bien essayé, mais je les détournais déjà pas en première année alors là...

-Dix points de moins pour Serpentard. A présent, remettez moi votre copie avant que je vous envoie en retenue.


J'ai envie de lui envoyer ma table dans la tronche, mais je me retiens et je lui donne mes parchemins vierges qu'elle envoie se poser sur le bureau d'un geste de baguette.

-Maîtrisez vos nerfs Monsieur Yaxley et prenez vos responsabilités.

J'ai déjà collé toutes mes affaires dans mon sac et quitté la salle avant qu'elle ait eu le temps de finir sa phrase. J'en ai les larmes aux yeux de colère et de frustration. Je sens que je suis pâle, et que mes mains tremblent. Rabastan sort quelques secondes plus tard, et il m'appelle de sa voix un peu dure de "préfet". Qu'il aille se faire foutre tiens, si c'est pour entendre un sermon sur mon incapacité à faire garder des points à la maison, je l'emmerde.

-Casses toi Lestrange!
-Corban.

Ah usage du prénom, passage dans la zone sentimentale et amicale du dialogue. Je suis vraiment trop con parce que ça me fait ralentir et me tourner vers lui, mais pas sans avoir passé ma manche sur mes yeux d'un geste rageur.

-Qu'est ce que tu veux?
-Qu’est ce qui s’est passé ?

Il me regarde avec son air patient, parce qu’il est patient, Lestrange, quand il sent que quelque chose cloche. Je me contente de marmonner :

-Tu vas me prendre pour un mytho toi aussi.
-Essaie toujours.

Alors je lui raconte ce qui s’est passé pendant l’examen, et avant. Les livres disparus, l’encre qui s’efface…je le vois froncer les sourcils. Il a l’air contrarié. J’aime pas quand il est contrarié, et quand il se fout en rogne après moi ca veut dire que j’ai vraiment fait de la merde.

-Rab’ j’tassure que j’y suis pour rien. J’te le jure, j’mens pas.
-Je te crois, Corban.

J’ouvre de grands yeux, alors que ma mèche vient tomber devant, comme si même mon gel décidait que l’anarchie est tout ce qu’il me reste.

-Mais qu’est ce que je peux faire ? que je croasse misérablement.
-On va aller voir le professeur Mc Gonagall tous les deux.
-Non Rabastan, te mets pas dans cette situation pour moi, mec, c’est pas la p…
-Peine ? Tu écoutes beaucoup trop l’opinion que les gens ont de toi. C’est la peine. Si quelqu’un a décidé de te faire un coup comme ça et croit s’en sortir sans encombres, alors il ne sait pas ce qu’il l’attend. Parce que putain de merlin, il ne va pas l’emporter au paradis.
J’en reste scotché un moment, puis je hoche la tête. Lentement.

-Merci, Lestrange .
-De rien Yaxley. Allez amène toi.  

Cinq minutes plus tard, nous nous tenons dans le bureau du professeur Mc Gonagall. Rabastan, respectueux et organisé, comme d’habitude, et moi, piteux, en train de me demander pourquoi d’un coup réussir à l’école m’importe autant. Peut être parce qu’échouer est tolérable quand c’est moi qui le choisis mais que je ne supporte pas qu’on m’impose ce terrible sentiment de médiocrité. Il me suit déjà au quotidien comme un chien de compagnie, merci bien.

-Vous avancez donc, que quelqu’un, dont vous ignorez l’identité, aurait volontairement fait échouer Monsieur Yaxley lors de son épreuve de métamorphose ? demande-t-elle avec un haussement caractéristique de sourcil.
-Absolument.
- Monsieur Lestrange, vous vous doutez bien qu’il va falloir plus que le discours d’un élève, tout préfèt qu’il soit, pour me pousser à contacter la direction et réorganiser l’épreuve pour votre camarade.
-J’ai toujours mon pot d’encre.

Elle se tourne vers moi, et pour une fois, elle n’a pas l’air aussi sévère qu’elle pourrait l’être, mais ça ne l’empêche pas de soupirer.

-Montrez le moi.

Je fouille dans mon sac qui est un vrai capharnaüm, et finit par lui tendre la bouteille. Avec circonspection, elle l’ouvre, et trempe sa plume dedans avant de tracer « Poudlard » sur une feuille vierge de parchemin. L’encre est d’un noir profond, elle adhère bien, elle est parfaite.

-…elle..elle tenait au début. C’est pour ça que j’ai réussi à écrire toutes mes pages, en deux heures. C’est à la fin qu’elle a disparu.

Ma voix laisse filtrer de la panique, et je hais ça, mais Mc Gonagall n’a pas l’air d’être le moins du monde perturbée, contrairement à Rabastan qui semble un peu nerveux à côté de moi. Elle sort sa baguette, murmure quelque chose d’inaudible et pose la pointe sur le mot, dont l’encre semble alors traverser la page, sans pour autant reparaître de l’autre côté. Quand je vois le processus sous mes yeux, c’est comme une enclume qui s’enlève de mes épaules.
Je ne mens pas, j’ai pas menti, donnez moi juste une chance, c’était pas moi. Pas cette fois. Pas c…

-On dirait qu’il y a chez les serpentards des plaisantins qui feraient mieux de s’abstenir, constate finalement le professeur mc Gonagall en me regardant par-dessus ses lunettes cerclées de fer, une idée de qui aurait pu faire une chose pareille ?

Je secoue la tête en signe de dénégation. Je ne suis peut être pas le gars le plus populaire de serpentard, ça on le saura, mais j’ai eu la relative intelligence de ne pas me faire trop d’ennemis et d’être vu comme le guignol de service. La tête de con. Visiblement je viens d’être promu tête de turc en plus de ça.

-Je vois. Monsieur Lestrange ?
-Je m’en occupe.

Le professeur Mc Gonagall hoche la tête, et elle a bien raison, parce que moi aussi je fais confiance à Rabastan pour traquer le coupable comme un sort à tête chercheuse et lui faire regretter le jour de sa naissance. Pas préfet pour rien.

Lorsqu’on sort de la salle de classe, on repart avec la tête seulement à moitié plus légère. Parce que j’ai obtenu une nouvelle session d’examen, la semaine prochaine et que tout n’est pas perdu, mais que quelqu’un m’a fait ça, et que ruiner mes examens c’est visiblement devenu une blague à la mode. Mes livres, et puis ce truc. Qu’est ce que je leur ai fait, pour que la vengeance prenne ces proportions ?

J’en sais foutrement rien, mais ça me retourne l’estomac. Ca me le retourne encore plus quand on arrive dans la salle commune et que la bande habituelle qu’on fréquente quotidiennement se tourne vers nous avec un petit sourire. Y’a Avery, le meilleur pote de Rab’, Mulciber, Rosier qui s’amuse avec son appareil photo, et Macnair, dont les cheveux roux partent en bataille au dessus de son nez retroussé.

-Ben alors les gars, on vous a attendus ! lance-t-il avec un rictus que je ne lui connais qu’un peu trop bien, vous vous êtes chiés dessus à ce point pendant l’exam ?

Je hausse une épaule, maussade.

-Oh allez, fais pas la gueule, Yaxy-boy.

Ils se lèvent et Macnair, qui doit être le seul à faire ma taille dans toute ce groupe de joyeux drilles, passe une main dans mes cheveux pour les décoiffer.

-Qu’est ce qui se passe ? t’avais pas révisé c’est ça ?


Il me sourit, c’est une sorte de sourire paternel, un peu désolé, mais affectueux, le genre qui dit « hey, j’ten veux pas, t’es mignon mais t’es juste un petit peu con ». J’ai pas envie de supporter ça là tout de suite, et Rabastan doit le voir, parce qu’il lâche :

-Fous lui la paix, Macnair.
-C’est bon, je déconne. Tu le sais que je déconne, mec, hein ?

Je hoche la tête, alors que Rosier s’envoie le flash en pleine face par inadvertance et que Mulciber et Avery semblent sur le point de s’étouffer de rire, comme la moitié de la salle commune. Ca m’achète assez de temps pour dépasser Macnair et prendre la direction du dortoir.

-Hey ! tu manges pas avec nous ? fait Avery de sa voix un peu rocailleuse.
-Je mangerai plus tard.
-Mec, t’as tord ! lance Macnair qui se gratte la nuque comme à chaque fois qu’il veut avoir l’air cool, quand on arrive pas le premier, la bonne nourriture a tendance à disparaître ! comme de l’encre sur un buvard !

Je me fige en plein milieu de la salle, et tout le monde doit avoir compris que ça va tourner au vinaigre, cette connerie, parce que les première année ont fermé leurs grandes trappes soudainement.

-Qu’est ce que t’as dit ?


C’est à peine un murmure. Macnair a l’air amusé, dans l'expectative, ce con a toujours besoin d'un public mais c’est bien le seul. Le reste du groupe n’a plus l’air de suivre et ça me rassure, parce que s’ils avaient tous ris, j’en serais mort de honte, putain. Ca aurait voulu dire qu'ils étaient tous dans le coup. Tous mes potes.

- Fais pas cette tête, houlala, du calme mon vieux.

-C’est toi qui a pris mes livres ? C’est toi qui a fait ça à mon encre ?

Il ne réponds pas mais hausse une épaule, alors que je me sens devenir de plus en plus rouge de colère. Pourquoi ? pourquoi ?! putain c’est quoi son problème ?!

-Mais t’es complètement CON !
que je hurle en me rapprochant de lui, j’ai failli me prendre un F ! UN PUTAIN DE F, MACNAIR ! TU TROUVES CA DROLE ?!

Il pourrait se démonter, mais le fait est qu’il reste stoïque, voire même qu’il s’offense un peu. Il lève les deux mains et se défend.

-Hey, Corban, Corban calmes toi. Mon vieux, c’était juste une blague ! juste une blague !
-UNE BLAGUE ?! Bordel de MERDE !
-Yax’, et sa voit se fait soudain beaucoup plus douce, alors qu’il approche une main et la pose sur mon épaule, tu crois quand même pas que j’aurais fait ça exprès pour te faire du mal ? je croyais que tu comprendrais la plaisanterie tout de suite et que tu…jetterais un sort, je sais pas. Mec, tu me crois vraiment si malfaisant ?

Je le regarde, il a une lueur de tristesse dans les yeux et je lâche finalement, comme si j’avais de la limaille de fer dans la gorge :

-Non…non bien sur.

-Ca me rassure. Hey, j’tadore mon gars. Tu le sais ça ? tu le sais qu’on est amis ?
-Oui...
-Tant mieux, tant mieux…ça me ferait mal que tu me pense assez méchant pour te faire un truc pareil, alors…je te prie de m’excuser. Je m’en veux, t’as raison c’était con. T’acceptes mes excuses ?

Tout le monde me regarde. Tout le monde. Et lui aussi, il y a de l’insistance dans ses yeux. Je peux pas commencer à lui cracher à la gueule pour une connerie. Les amis ça pardonne et dans un an on en rigolera. Alors je souris. Un peu, et lui aussi sourit, et c’est le signe que les choses vont rentrer dans l’ordre :

-Ouais, excuses acceptées.
-Super mon gars. Tu vois quand tu veux, tu te maîtrise.

Ouais. Je suis clairement en plein progrès. Et les choses rentrent dans l’ordre, mais j’ai envie de gerber toute la nuit qui suit, et le pire, c’est que je sais pas pourquoi.






Dernière édition par Corban Yaxley le Mar 8 Nov 2016 - 21:23, édité 19 fois
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Guess who's back ? back again? Yaxley's back, tell a friend!  Empty
Weep little lion manYou're not as brave as you were at the start
❝ The King is dead long live the King❞1978, Manoir Yaxley

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Ca va faire depuis le début de la journée qu'il flotte comme pas possible, j'en ai déjà marre de cette mascarade, faut que je me casse. Mon costume m'étouffe, c'est déjà un calvaire, mon bras fracturé, en écharpe, me lance terriblement, mais je crois que ce qui va le plus vite me tapper sur les nerfs, c'est le bruit. Les reniflements des elfes de maison, les murmures de Pythia -qui parle à mes tantes depuis tout à l'heure- les petits sanglots de ma mère.

Pitié! on dit au revoir à un mec lâche, radin, manipulateur, qui aurait depuis longtemps fait un gosse à sa propre fille si notre mère ne veillait pas sur elle comme sur un dragon sur son or! On parle d'un gars qui matait le décolleté de son enfant! Et accessoirement d'un salopard médiocre incapable de montrer le moindre intérêt dans l'éducation de son "aîné", parce qu'aligner deux mots sans bafouiller c'était visiblement hors de propos dans cette putain de baraque! Il était minable, Hélios Yaxley! minable et dégueulasse!

Et aujourd'hui, parce qu'il est en train de cracher du sang dans ses draps de satin et qu'il paie sa consommation de vin millésimé à tous les repas, on devrait commencer à chialer? Comprenez moi bien : J'aime ma mère, j'aime ma soeur -même si elle me prend le chou avec ses histoires de "types de personnalité", de divination et de lithomagie- mais ce type là, qu'on doit tous faire semblant d'adorer parce qu'il va bientôt passer l'arme à gauche, j'ai aucune affection pour lui. Aucune. Et quand il claquera, lui, sa faiblesse de caractère et ses grosses mains balladeuses, le monde sera légèrement meilleur. Je vais d'ailleurs pas me gêner pour le lui dire quand ça sera mon tour d'aller lui dire au revoir (ou plutôt dans mon cas "adieu, pauvre con").

Il me craint, mon père. Il m'a toujours craint, depuis que j'ai été tout petit, parce qu'une bestiole de mon acabit, qui parle fort, qui court partout, et qui est capable de vous fusiller du regard s'il juge que vous lui marchez sur les pieds. Hélios Yaxley avait voulu un fils lui ressemblant, une sorte de gentil garçon à la voix calme, un môme avec qui il aurait pu compter ses gallions, et comploter dans l'ombre des puissants pour asseoir la pureté de la famille. Il a eu une tornade et un nid à emmerdes. Ca doit être le karma ça.

-Corban?

Ah, Pythia. Elle revient de l'étage, et elle a les yeux rouges. Elle a pleuré. Pas rancunière la cocotte. Elle s'assied sur l'accoudoir du fauteuil où je suis planté depuis le début de l'après midi. Et elle me colle un petit baiser sur la joue, c'est ce qu'elle fait tout le temps depuis qu'elle est née, la peste. Heureusement, elle a perdu l'habitude de me faire des couettes, on est en net progrès.

-Il...c'est bientôt fini.

Eh ben bon débarras, par Merlin. Adieu. Emballé c'est pesé.

-Tu veux y aller?
-J'ai le choix, peut-être?
-Corban...

Elle jette un regard inquiet à notre mère, toujours aux prises avec les tantes harpies, près de la fenêtre. Elle est restée belle, ma mère, avec ses longs cheveux d'un châtain clair et lumineux, ses sourcils fins et bien dessinés, ses yeux verts toujours pétillants, toujours prêts à rire. Elle est restée belle, mais là, elle semble abattue. Et j'arrive pas à croire, pas une seule putain de seconde, que ce soit parce qu'elle va regretter son époux. Elle a été mariée trop jeune, comme moi, elle a subi son conjoint, comme moi. On a eu le même destin, alors je sais ce qui doit se passer, là, dans sa tête. Je sais qu'elle doit ressentir le poids d'années d'une relation quasi-stérile avec un mec inintéressant et vicelard, humiliant et snob, trop faible pour être dangereux mais trop méchant pour être facile à vivre. Elle doit se sentir libre, et ça doit lui faire peur. Parce que ça fait trop longtemps qu'elle a des fers aux pieds.

Elle se remettra, j'en suis sur. Elle va se relever, et je lui souhaite autant de bouquets de fleurs, de séances à l'opéra et d'amants que possible, à ma mère. Qu'elle retourne en Italie voir sa famille, qu'elle voyage, qu'elle emmène Pythia faire les boutiques à Florence, qu'elle l'aide à enlever ces putains de robes noire que notre père lui imposait pour sa "modestie", mais qu'il aurait probablement voulu enlever lui même, le porc. Qu'elle vive, bordel.

Penser à la libération qui approche finit par me donner un peu de courage, juste assez pour me bouger. C'est la dernière fois. Allez. La dernière.

Alors je me lève, et je me traîne à l'étage. La famille a tout décoré comme une bande de parvenus. Si c'est pas baroque, c'est du toc, comme on dit. Ca me fait gerber. Alors que je rentre dans la suite parentale, toute en dorures et en velours rouge, j'ai l'impression que les murs se referment autour de moi. Que la maison va peu à peu se rétracter pour m'étouffer, pour me faire suffoquer jusqu'à ce que je fasse partie d'elle, le pire des destins. Celui du mec qui git dans le lit, là devant moi. Gros, gras, mou, incapable d'arrêter sa propre chute, sa propre déchéance. Il ressemble à une limace de mer, vautrée dans son goëmon. Je le hais, bordel. Je le hais, quand je vois ses yeux noirs qui donnent toujours l'impression qu'il est la victime de tout, quand ce qui le fait bander au fond, c'est de virer des gens, c'est d'asseoir son pouvoir.

Je m'approche. Il ouvre les yeux, et sa respiration fait le même bruit que le poudlard express quand il démarre. Aussitôt, il a cette expression de tristesse, de dépit, enfin plutot de ce qu'on prend pour de la tristesse et du dépit, parce que moi je sais que c'est sa version toute personnelle du mépris, avec une touche de pathos pour vous prendre aux tripes.

-Ah. Tu es venu, lâche-t-il de sa voix rocailleuse.
-Pas comme si j'avais eu le choix.

Il soupire, et moi j'ai déjà qu'une envie, c'est de m'arracher d'ici.

-Tu m'as toujours détesté, n'est ce pas Corban?

-Et vous m'avez toujours méprisé, comme ça on est quittes.
-Je n'ai jamais..eu..l'obligation..de t'aimer et tu le sais...très bien.

Corban roule des yeux avec un sourire. Ca y est on y vient enfin, la révélation qui n'en est pas une.

-Formidable. Je suis venu ici pour entendre ce genre de trucs. Ecoutez si c'est tout ce que vous avez à me dire, je vais décamper parce que j'ai une vie à vivre, contrairement à vous.
-Tu devrais...me remercier..d'avoir élevé..une personne...comme toi...un autre...que moi...t'aurais...laissé...mourir...dans un orphelinat...et aurait...répudié...ta mère...
-Vous devez regretter. Ah les actes manqués, c'est toute une histoire.

Un sourire sanguinolent fend ce visage doucereux qui semble de plus en plus se faire aspirer par les draps, et en prendre la couleur.

-Il n'est pas..trop..tard. Pour...réparer...les choses.

Et là, là je sens que ça va pas le faire, parce qu'il a la gueule du mec qui tient sa vengeance, et moi ça me fait dresser l'oreille. J'ai le coeur qui s'emballe. Qu'est ce qu'il a fait ce connard. Qu'est ce qu'il a fait.

-Mon...testament...va te...renvoyer...à ta juste..place. Toi..et ta mère...Pythia..hérite de tout...vous deux...serez..répudiés. Cette famille n'a...pas de place...pour les femmes débauchées...et les...bâtards. Tu aurais du...t'attirer mes faveurs..quand tu le pouvais encore... "mon fils".
-...Ma mère..est aussi celle de Pythia. Vous pouvez m'envoyer mendier dans un caniveau, mais pas elle.
-Je me moque...de cette traînée...d'italienne...

Ses yeux se plissent de plaisir, et plus encore quand je sors ma baguette et la pointe sur lui. J'ai envie de le tuer. Les impardonnables ne sont pas ma tasse de thé. Ne l'ont jamais été. Mais je me sais capable de le tuer lui, parce que cette traînée d'italienne, c'est ma mère. Et qu'il a gâché beaucoup de choses dans cette famille, avec ses instincts douteux, ses coups d'oeils lubriques, sa faiblesse de caractère, sa viciosité, mais il ne la brisera pas elle. Putain, ça il va pas l'emporter au paradis.

-Tu t'en moques, vieux salopard? tiens donc. Elle est trop vieille pour s'attirer tes "faveurs" ? si elle avait l'âge de commencer à mettre des soutien-gorge, là elle aurait pas de mal à te faire t'adoucir, je me trompe?

Il rit, l'enfoiré. Il rigole, il se fout de ma gueule. Je vais le finir à mains nues. Je sens que ça monte.

-Et qu'est ce que tu vas faire, petit? tu vas me tuer? mais je meurs déjà, ah ah a...kof, kof! kof kof!


J'ai la main qui tremble et il me sourit, il me sourit, si bien que je finis par sourire à mon tour, d'un air plus carnassier qu'autre chose. c'est même pas un sourire à ce stade, c'est une saloperie de rictus.

-Je vais pas te tuer, tu vas crever tout seul. Mais je vais m'assurer que quand tu crèveras, ce sera avec des regrets.
-Et quel est ton plan, demeu...
-Impero.

T'as oublié sombre con, pas vrai? t'as oublié qui j'étais? tu croyais que je ferais rien, que j'étais un de ces connards aussi lâches que toi, qui ont peur à l'idée de te faire bouffer tes dents et de te faire cracher tout ce que t'as? ton nom, ta fortune, ta réputation? Mais t'as RIEN COMPRIS! j'suis pas ton FILS! et j'sais pas qui m'a conçu mais je peux t'assurer que mes tripes je les tiens de ma mère et de lui! les maigres réserves de courage et de violence que j'ai, je les tiens d'eux et toi, toi tu vas payer pour toutes les fois où tu m'as fait comprendre que j'étais de trop! Regardes papa, regardes moi bien, observe ce que t'as fait de moi ! il est pas beau ton fils? Il maîtrise les impardonnables, tu devrais être fier! Sauf que t'aime pas ça toi, hein, les impardonnables? tu préfère quand les gens se soumettent de leur plein gré, parce qu'ils ont plus d'autre choix!

Moi je te forcerai. Moi j'ai pas la patience d'attendre, et j'ai pas ton sens du jeu. Moi je te bouffe pour ma survie, et toi tu m'as toujours mordu par plaisir. Mais ça finit aujourd'hui.

-Ton testament a besoin d'une révision.
-Oui...une révision. Il...doit être...kof kof..changé.
-Ma mère hérite de la moitié de tes biens. Pythia et moi on se partage le reste à égalité. En accord avec la coutume matrimoniale de la région.
-Je devrais appeler un elfe de maison...pour qu'il m'amène...le papier.
-Fais donc ça. Et quand t'auras fini, retiens ta respiration. Autant que possible. Jusqu'à ce que tu ne respires plus.
-Jusqu'à ce que je ne respire plus.
-T'as tout compris. Exécution.

Je ne ressort que vingt minutes plus tard, la baguette soigneusement passée à ma ceinture, en ajustant mes boutons de manchette, qui sont un peu partis en vrille à cause de mon coup de colère. Je passe une main dans mes cheveux pour me recoiffer, débarque dans le salon. En haut, le vieux est en train de s'entraîner à l'apnée. Il sera mort dans une dizaine de minutes, et ça ne me fait ni chaud ni froid. Ca me remplit même d'allégresse. Echec et mat.

Pythia et ma mère me jettent des regards inquiets. Elles sont sans doute étonnées que je n'ai pas fait sauter la moitié de la baraque en me prenant la gueule avec l'autre con, et je crois même que mon allure tranquille les inquiète. Ma mère me transperce du regard, ses yeux verts se font sévères mais je ne baisse pas les miens. Est ce qu'elle devine? est ce qu'elle se doute? ...dur à dire. Toujours est il qu'elle se lève, et demande à Pythia de nous préparer une tasse de thé à tous les trois, puis elle m'invite à s'asseoir près d'elle, sur ce canapé italien qu'elle a ramené de son pays, et qu'elle a gardé envers et contre tout. Elle remet mes cheveux en place du bout des doigts, mélancolique. Et quand elle parle, elle roule un peu les "r", comme d'habitude, avec sa voix enrouée semblable à celle d'une fumeuse.

-Corban...je...je sais que ce jour n'est pas le bon, et que les circonstances ne seront...jamais idéales pour...te parler de ce dont je veux te parler.

Je lui sourit à demi.

-Je sais maman. Je sais.

Elle me regarde et soudain ses yeux se gonflent de larmes, sa bouche se pince pour les empêcher de couler. Pythia divertit les tantes dans la cuisine du mieux qu'elle peut malgré la tristesse. Dignité, toujours dignité.

-...je veux que tu saches...que...je t'ai désiré. Et ton père aussi. Mais je ne pouvais pas...je ne pouvais pas..j'étais fiancée. Je devais...et je ne voulais pas que tu paies le prix de mes égarements.

-Maman. Calmati.
-...C'était un moldu, Corban. Un moldu. Et...j'étais jeune, amoureuse...je ne me rendais pas compte de...

Elle me fait mal putain, et je la prends dans mes bras, pour qu'elle sente qu'elle n'est pas seule mais aussi parce que je dois avoir la tête d'un mec qui vient d'apprendre qu'il est viré. Une tête abattue en somme. Alors c'est vrai. C'est bien ce dont je me doutais. C'est bien ça, ce que je redoutais au fond : sang mêlé. Imposteur. Infiltré. J'ai trop de questions, pas de réponses. Et j'avais déjà l'impression d'avoir un trou, mais celui çi vient de se transformer en abysse. Alors je demande:

-...Est ce que tu te souviens de son nom?
-Corban...ne t'infliges pas ça..tu es un Yaxley, ne te mets pas en danger en...s'il te plaît. Tu es chez toi ici. Tu seras toujours chez toi.

Je repense au testament, et au vieux qui doit être cané maintenant, à l'étage supérieur.

-J'ai besoin de savoir son nom.
-...

Une longue pause, et soudain, elle le lâche, comme un secret, une faute:

-Douglas Daughtry. Il était musicien. Douglas Daughtry.


Je le répète en boucle. Les instants qui suivent, les heures qui suivent, les jours qui suivent.

Douglas Daughtry.

Peut-être qu'un jour j'trouverai la force d'aller voir du côté moldu, à l'adresse que j'ai trouvée et qui est griffonnée sur un parchemin, sur mon bureau à la maison. Peut être.

Plus tard.

.


Sois des nôtresWe are the who when you call "who's there" we are the wind blowing through your hair
❝ Chair fraîche1980, Manoir abandonné du Lincolnshire

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Qu’est ce que je fous là ?!

Oh bordel, mais qu’est ce que je fous là, putain de Merlin ?

C’est Rabastan et Owen qui m’ont convaincu de venir, ils m’ont dit que je serais fasciné. Que j’allais « adorer ». Ouais ben j’adore pas du tout moi, là tout de suite. Je dirais même que je vais positivement me chier dessus de terreur.

Ils m’ont amené dans une sorte de faubourg dégueulasse et un type vouté que je crois avoir déjà vu chez Barjow et Burkes nous a fait passer par une vieille cheminée usagée qui nous a amené dans un manoir. Un truc de campagne, une vieille maison de famille probablement. Je dis ça parce que le parquet est défoncé, et les escaliers aussi, mais que les portraits sont encore dans leurs cadres dorés. Ils me regardent, même maintenant, alors que j’ai les fesses posées sur une chaise dans une vieille sale de réception.

On est pas seuls, et je dis pas seulement ça parce qu’y a d’autres mecs autour de la longue table de bois et que ça chuchote dur, chacun tentant de parler plus bas que son voisin. On est pas seuls parce que ça bruisse dans l’ombre, dans les armoires (épouvantards ?) et que surtout, surtout, y’a un serpent sur la table.

Un putain de serpent. Au milieu. De la putain. De table.

Rabastan a les yeux fixés sur le bois de la susdite table, parce qu’il veut pas croiser le regard de son paternel de l’autre côté mais moi j’hésite pas une seconde à le dévisager et putain il me regarde en retour comme s’il allait me faire la peau. J’temmerde moi, salopard. Tu peux me faire les gros yeux, j’suis pas ton fils. Vas te faire foutre.

D’ailleurs des pères y’en a à chier partout. Le père Avery, le père Macnair -il est venu avec son fils tiens, le père Malfoy. Et caetera, comme disent les romains. Y’a assez de consanguinité au mètre carré pour fabriquer un môme en pièces détachées avec les neurones en sac de nœuds. Mon père à moi serait pas venu, la politique ça le faisait chier et il avait des couilles modèle réduit. Moi j’sais pas si ça m’intéresse. Tout ce que je sais c’est que Rabastan et Avery ont insinué que je devais être là. 28 sacrées, blabla. Représentation, blablabla.

En plus, il parait que le type qui leur parle, et que je connais de loin, comme tout le monde est un sorcier puissant pour tenir la dragée haute à Albus Dumbledore. Y’en a qui parlent de lui comme de la renaissance de Grindelwald.

Maudite soit ma curiosité, j’suis venu. J’suis venu et là j’commence à le regretter sévèrement. Lâche un jour, lâche un jour, j’suis pas sur d’aimer les lueurs que je vois dans leurs yeux à tous. C’est de l’exaltation mêlée de peur, je suis vraiment pas sur de kiffer les images que ça m’évoque.

Et soudain, la porte du salon s’ouvrir et tout le monde se lève, même Aldebaran fils-de-pute Lestrange, alors c’est dire. Je les imite, c’est bien tout ce que je peux faire à part fixer le gars qui vient d’entrer.

C’est donc lui.
Vous-savez-qui.

Celui dont personne ne prononce le nom ces derniers temps. Paraît que c’est un terroriste. Paraît aussi qu’il veut juste rétablir un ordre plus juste entre sorciers et moldus, en cessant de nous faire nous terrer comme des rats dans un monde coupé du reste de la planète. Certains le détestent, d’autres l’adulent, mais dans tous les cas, personne l’ignore.

Il est pâle et il n’a pas de nez, presque plus en tout cas, on dirait que son visage est en train de l’absorber, si tant est que ça évoque quoi que ce soit pour vous. Ses yeux sont encore un peu noirs, mais on a l’impression que le sang colonise ses iris, et le blanc de la gelée est devenu jaune. Il sourit. Putain c’est pas des dents c’est des crocs ça.

Il s’approche et quand il parle, avec sa voix douce comme un bout de satin, j’ai l’impression que quelqu’un vient de passer un doigt glacé le long de mon cou, jusque sur mes côtes.

-Mes chers, amis…bienvenue.

J’ai la gorge sèche d’un seul coup. Il regarde les gens autour de la table, et nous fait signe à tous de nous asseoir. Eh ben tout le monde s’assoit, d’un coup, comme un seul homme.

-Je vois que des visages nouveaux et intrigués nous ont rejoints ce soir…présentez vous. N’ayez pas peur.

Pas peur ?! Pas peur ?! MEC. T’AS PAS DE NEZ ET Y’A UN BOA AU MILIEU DE LA T…

-Toi.

Il est tourné vers moi d’un seul et rien qu’à sentir son regard sur moi je sens que ma tête commence à vriller. C’est pas bon quand la tête vrille, c’est Rabastan qui me l’a dit, et j’essaie de pas le regarder dans les yeux -aussi un conseil de Lestrange Junior- mais rien à faire. Il a un regard magnétique.

-Dis moi ton nom.
-…Corban. Corban Yaxley.

Aussitôt, y’a une lueur de plaisir dans ses yeux, mais pas le plaisir d’un ami qui te retrouve, ou pas totalement, c’est plutôt le plaisir d’un squale qui vient de localiser un poisson gras et qui dans l’eau noire le regarde nager. Il va le bouffer, ce poisson. Lui là, il va me bouffer.

-Un Yaxley…enfin. Quel plaisir, oui quelle…satisfaction de voir enfin un membre de cette grande famille à ma table. Le dernier de la lignée…l’héritier de la dernière des 28…

En une seconde il est débout, et il s’approche. Pendant qu’il s’approche, sa baguette tourne entre ses doigts et il effleure de l’autre main les épaules des autres personnes présentes. Ils tremblent tous à son contact. Même Marcus Avery. Et il me regarde, pas une fois il cligne des yeux.

-C’est toi qui l’a amené Rabastan ?
-Oui Maître, répond l’intéressé d’une voix qui contient sans doute un peu trop de ferveur.
-Comme à ton habitude tu as visé juste…Très bonne initiative, mon garçon.

J’ai l’impression que Rab’ va en crever de satisfaction là. Il est discret, mais pour moi -et visiblement pour son père- ça crève les yeux. Le gars se rapproche et soudain, il a les mains sur mes épaules. Elles sont glacées mais pas seulement. On dirait que chaque doigt blafard a trouvé un nerf douloureux sur lequel appuyer et j’ai qu’une envie. Me dégager. Parce que j’ai peur là, tout de suite. J’veux me casser.

Vraiment ?

Et soudain, ça vrille. Ca vrille si fort que je bascule un peu en avant, que les doigts qui se contractent sur le bois de la table et que je sens mes dents qui se serrent à en pêter l’émail. Il est en train de se balader dans ma tête. Il enfonce les portes, défonce le mobilier, saccage tout. Mes souvenirs défilent au fur et à mesure qu’il les regarde et les jette au feu une fois qu’il a fini. Il regarde tout. Le meilleur.

« Ce garçon est très inventif, il suffirait qu’il mette toute cette belle énergie à profit au lieu de la dépenser à semer le chaos »
« Hypermnésique…absolument fascinant. Une mémoire photographique parfaite...il pourrait retenir la bibliothèque de Poudlard si on le lui demandait! »
« Yaxley, vous avez le diable au corps. »
« Super match mon vieux, putain t’es une vraie tornade ! »  


Et le pire : ce que je ne veux pas dire. Ce que je peux pas dire. Tout ce qui demeure dans mes coffres mentaux, il le voit.

« Atia, ton fils a saccagé le salon avec ce satané balai miniature. »
« C’est incroyable ce qu’il ressemble à sa mère »
« Oh…c’est votre fils ? Bonjour jeune homme »
« Tu n’as rien de moi, Corban, ne soit pas absurde. »
« Ne crois tu pas que j’ai déjà suffisamment de tolérance pour ce petit, Atia ? »
« On ne pourra pas dire que je manque d’altruisme »
« Hey ! pourquoi t’as les yeux verts ?...ben là les tableaux de tes ancêtres ils ont les yeux noirs et tout…et ton père aussi ! eh ben mon précepteur il a dit qu’on peut pas avoir les yeux comme les tiens si tes grands parents ils ont les yeux noirs ! J’raconte pas de bêtises c’est toi qu’es bête ! »
« Corban est mon héritier, mais Pythia est ma fierté »
« Drôle de baguette pour un Yaxley »
« Je vais m’assurer que tu meures avec des regrets »
« Tu vas retenir ta respiration »
« Je t’ai désiré et lui aussi »
« C’est un moldu Corban »
« Douglas Daughtry »
« C’est un moldu »
« Un moldu »


Sa poigne se raffermit sur mes épaules et je suis quasi certain que je vais tourner de l’œil.
Il sait.
Tout.

Je sens sa jubilation arriver jusqu’à moi et là je sens qu’il me tient par les tripes. Il me tient par les couilles, s’il parle, j’suis foutu. Il peut bousiller ma vie, il peut bousiller celle de Pythia, celle de ma mère et celle…oh putain. Daughtry. Il peut le trouver ? il peut l’atteindre ? Il a rien fait, merde, j’ai rien fait, j’ai pas choisi j’ai pas…

-Je te félicite d’avoir fait le choix de nous rejoindre ce soir, Corban, dit-il de sa voix de velours, tu es la preuve que notre…cause…atteint en plein cœur la jeunesse qui rêve d’un renouveau sorcier. Qui rêve du jour où nous rendrons ce monde, qui est le notre…brillant, à nouveau. Car cela est notre droit de naissance. Nous nous devons d’aspirer à mieux que cette société décrépie et soumise à laquelle nous ont forcées des générations de politiciens passifs et d’amoureux des moldus.

Il a crache le mot, avec le sourire et ses yeux plongent dans les miens, juste assez pour qu’en une pensée, changeante, il me présente le dilemme qui s’offre à moi : je vois d’abord des éclairs verts, je vois un gigantesque python, je vois l’humiliation, et le viol, et la ruine, et la mort. C’est ce que je vois, et les yeux vides qui passent dans mon esprit, ce sont les miens, parce que c’est mon cadavre, là dans la rue. C’est moi. Et personne ne me regarde, personne, ma baguette est cassée en plusieurs morceaux et je n’ai même plus de vêtements sorciers je ressemble…à un moldu.

L’image se brouille, elle change, se modifie et soudain je suis de retour devant mes propres yeux, mais en vie. En noir. Avec le bras gauche entièrement doré -qu’est ce que c’est que cette métaphore ? les éclairs verts s’écrasent autour de moi, mais pas sur moi. Le manoir Yaxley est le seul à tenir debout parmi les ruines du quartier. Et tout le monde me regarde. Avec respect. Avec peur. Pythia est là, ma mère est là, rabastan et Owen aussi, y’a même un gars plus loin. Je connais pas son visage mais je connais son nom et il est vivant.

Tout le monde vit.

Je reste complètement pétrifié, hébété, de la sueur froide dans le dos, alors que le mec dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom s’écarte de moi et regagne lentement sa place.

-Rabastan m’a beaucoup parlé de tes aptitudes, et je n’ai aucun doute sur le fait que bientôt notre cause te tiendra tout autant à cœur qu’à nous. Ensembles, nous créerons un monde meilleur.

Il me regarde une nouvelle fois. Et à ce moment précis, juste pile à cette seconde là, je comprends que je suis entré dans ce merdier pour plus jamais en ressortir.


❝ Roi de la voltige, prince des voyous1981, Stade international de Quidditch de Londres

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On dit que le sport ça sauve la vie, et dans mon cas c'est vrai. C'est  même d'autant plus évident alors que je ferme les yeux pour laisser le shampoing dévaler ma tête sans foutre le feu à mes globes oculaires. J'ai des courbatures partout et une vilaine blessure aux côtes qui guérit à son rythme, petit souvenir d'une séance d'entraînement avec l'équipe de Bulgarie, mais au moins j'ai la tête vidée. Pour quelques heures tout au plus.

Ca va faire 5 ans que je joue pour les Montrose Magpies, l'équipe la plus victorieuse de la ligue, et un an et demie pour l'équipe nationale d'Angleterre. Ca aurait pu être le rêve. Le rêve total, pour moi qui suis sorti de Poudlard avec des ASPIC chèrement acquis. Sauf qu'en dehors du stade, en dehors des camaraderies de vestiaire, il y a le monde, et le monde en ce moment, il craint.

Je passe bien une heure, chaque matin, à appliquer des sortilèges sur mon avant bras gauche, pour que la marque noire qui s'y trouve disparaisse sous un maquillage ensorcelé, capable de résister aux entraînements et aux douches en commun. Je vérifie compulsivement que le charme tient, toute la journée. Vous allez me dire que j'ai honte. Que j'ai raison d'avoir honte. Parce que pour suivre Vous-Savez-Qui, faut être un sacré salopard. Et sur tous les points vous êtes pas loin de la vérité. Parce que je suis devenu un vrai salopard, et que je suis lâche. J'ai honte. Je crois. Je sais pas. Tout ce que je sais, c'est que je crève de trouille les trois quarts de ma vie, tous les moments où le stade ne m'abrite pas derrière ses murs.  

Si je voulais me défendre un peu, je vous dirais que j’ai tué personne de mes propres mains. Que je suis pas un assassin. Mais on sait que ça serait un foutu mensonge, parce quand il utilise ma mémoire hypertrophiée pour retenir des codes, des noms, des plans, je participe à l’hécatombe. Qui l’eut crû…le cerveau c’est devenu moi. Je suis le gars dans l’ombre qui sait ou vous habitez, comme s’appellent vos enfants, votre emploi du temps. Tout ça parce qu’on m’a fait le lire, et que la page est bien rangée dans une bibliothèque à laquelle moi seul ait accès. Je ne suis pas le bras armé. Le combat c’est pas mon truc, de toute manière j’fais trop de dégâts quand je m’emporte, ça part en vrille. Mais je suis ce que les autres mangemorts appellent « l’oiseau chanteur ». Celui qui sifflote les bonnes infos dans les bonnes oreilles.

Pourquoi j'ai pris cette marque, vous me demanderez? pourquoi j'ai fait un truc pareil, alors qu'à chaque fois que ce gars nous convoque, c'est comme si on m'enfonçait une lame de cutter dans l'estomac et qu'on me charcutait les entrailles? Parce que comme tous les lâches, j'ai eu la trouille de ma vie. J'ai voulu sauver les meuble, ma vie et famille. La seule chose qui nous fait être dans les bonnes grâces de ce mec c'est un patronyme. Un nom c'est beaucoup, un statut c'est beaucoup. J'ai suffisamment de raisons de m'inquiéter à ce propos pour faire tout ce que je peux pour rester du bon côté de la barrière. Parce que si je prouve pas ma valeur, et que ce mec arrive au pouvoir -et ça va arriver-...ma tête sera la première à sauter.

Je sais pourquoi et je m'en rappelle dès que ma soeur vient me parler et qu'elle est là, avec ses cheveux noirs et épais, ses sourcils sombres, ses yeux noirs, comme deux espèces de petites pierres brillantes. Elle me dit toujours qu'elle, Pythia, a un physique "d'hiver". Une sorte de...modèle de physique, froid, net, bien découpé. Un peu aride. Mais sympathique et plein de charme, si on aime. Enfin c'est ce qu'elle dit. Je questionne pas ce que dit Pythia quand elle commence à partir en live sur les physiques des uns et les autres. Moi, selon elle, j'ai un physique d'automne, ou d'été. Quoi que ça veuille dire. Je crois que c'est la couleur des cheveux, des yeux...les yeux un peu tombant. Pour elle, je suis un labrador.

Merci petite soeur.

Bref. Ce que je fais...je le fais pas pour...l'autre là. Le maître. Il me colle les foies, je sais qu'il le sait, parce qu'il vous fouille dans la tête, et que la peur c'est comme un brasier qui flambe, ça se voit de loin. Je sais à quel point il est au courant des petits secrets de la famille, et à quel point il utilise ça pour me mettre la pression. Alors, comme un salopard, je reste. Pour moi, pour ma mère, pour Pythia. C'est moi la future génération. Si je tombe, elles tombent. On tombe tous. On devient des parias. Et ça, putain, ça n'arrivera pas.

Mes pensées sont momentanément coupées alors que je sens deux petits bras s'enrouler autour de mon ventre. Un front se pose contre ma colonne vertébrale, et ça me fait sourire. J'aime bien quand elle fait ça. Je me retourne, pour me retrouver nez-à-nez avec un petit bout de femme brune, coupe à la garçonne, tâches de rousseur sur la pointe du nez. Elle a de grands yeux bruns, chauds, agréables et une touche d'accent italien quand elle parle.

Elle s'appelle Lucia. Elle vient de Florence. Etudiante en doctorat de runes magiques. Drôle, fan de quidditch, complètement obsédée par les Groovy Wizzy, un groupe de pop sorcière. Ce que j'aime chez elle, c'est son côté léger, tactile, perpétuellement amusé, le fait qu'elle soit italienne aussi, je suppose. Ca nous permet de dialoguer, et surtout de critiquer, dans les deux langues. En outre, le sexe avec elle, est génial. et c'est le genre de cerise sur le gâteau qui se refuse pas.

-Hey carino..., dit elle doucement et elle se met sur la pointe des pieds pour me donner un baiser.
-Hey...tu sais qu'un jour on va finir par se faire choper à force de prendre les vestiaires pour un hôtel.

Elle a une petite exclamation faussement choquée.

-Quoi? tu veux dire qu'on verrait mes fesses?
-C'est exactement ça. Et j'suis désolé de te dire ça comme ça, mais je préfererais être le seul à profiter du spectacle.

Elle tourne sur elle même.

-T'es injuste, Corbano. Elles sont bien mes fesses! c'est même un trésor national pour l'italie. Tu ne partages jamais, c'est un gros défaut. Moi je laisse bien ta femme voir les tiennes !
-Pour ce qu'elle en fait...

Elle éclate de rire et revient sous le jet d'eau avant d'agiter les mains vers le haut, ce qui me pousse à la prendre dans mes bras. Aussitôt, elle joue avec mes cheveux et déclare:

-Stai con me stasera.
(Restes avec moi ce soir.)
-Non è possibile, lo sai. (C'est pas possible, tu le sais)
-Non ti sto domandando di fidanzarmi, Corbano. Ma mi piacerebbe avere una vera sera con te...cena...concerto...molto sex. Non ti sto chiendendo la luna. (je te demande pas de m'épouser Corban. Mais j'aimerais bien avoir une vraie soirée avec toi..un dîner...un concert...beaucoup de sexe. Je te demande pas la lune.)
-...Gurda sara furiosa mais come potrei resistere questa carina facia? magari, non serve a niente...tu mi hai stregato. (Gurda va être furieuse mais comment est ce que je pourrais résister çette adorable bouille? Ca ne sert à rien tu m'as ensorcelé)
-Dio mio...stregato? (ensorcelé, carrément!)

Elle m'embrasse de nouveau. Elle sait que je ne lui résiste jamais quand elle commence à mettre en avant son petit côté florentin. Et elle a raison : la perspective de rentrer chez moi et de retrouver ma femme, Gurda, me donne envie de me pendre.

Gurda.
Vaste sujet.
Vaste putain de blague.

On m'a fiancé à elle à dix-sept-ans. Durant les vacances de Noël de ma septième année à Poudlard. J’ai été marié durant les vacances d’hiver, aux alentours de février. Marié à une…sorte de…grande blonde, guindée, de quinze ans de plus que moi, qui m’a regardée de haut à la seconde où elle m’a vue. Je n’ai jamais autant hurlé qu’à cette période. Sur tout le monde. Les profs, mes camarades, mon père, mon père putain. J’ai que j’allais faire voler en éclats la moitié du salon, quand il m’a montré les contrats déjà signés par nos deux familles, et qu’il m’a annoncé la couleur. J’ai aussi cru que j’allais dégueuler, et quand le jour du mariage est arrivé, ça ne s’est pas démenti. J’ai même pas réussi à simuler un sourire, ni durant la cérémonie, ni pour les photos, et peu importe combien de fois le photographe a recommencé la prise. La nuit de noces a été un cauchemar, l’installation en commun un chemin de croix, et la vie quotidienne tient depuis, du calvaire.

Gurdan est une gorgone. Elle vous épie, elle vous cherche des yeux et si vous avez le malheur de la regarder, elle vous transforme en pierre. Une foutue saloperie de basilique. Toujours sur mon dos. Toujours à m’offrir ce petit rictus faussement amusé, comme si elle avait sous sa garde un chien particulièrement stupide. Toujours une petite saloperie à dire, au détour de la conversation, toujours un peu de dédain, pour affirmer sa place.

Elle va voir ailleurs. Je ne l’en empêche pas. Elle peut bien se faire sauter par le pape, pour ce que j’en ai à foutre. Tant qu’elle me laisse vaquer à mes occupations et reste éloignée de ma carrière, de mes petites amies, tout se passe dans une sorte de guerre froide, c’est-à-dire un conflit où tout reste en…latence. Ca me convient. Parce que pendant qu’elle fait sa lady dans le monde et crache dans mon dos, je mène une vie presque normale. Une carrière, des copines, des potes.

Je dis « des » copines parce que ça défile un peu depuis ma sortie de poudlard. Lucia repartira fatalement pour l’Italie, et on sait tous les deux que cette relation n’est qu’à moyen terme. On ne se ment pas là-dessus. J’ai pas menti aux autres non plus. Comme quoi y’a des limites à la salopardise, même des pires.

Y’a eu Melody, une irlandaise avec des boucles rousses tellement épaisses qu’on avait l’impression qu’elle trimballait une torche en feu sur le sommet de son crâne. Elle avait un accent à couper à la hache et des tâches de rousseur sur tout le corps. Elle faisait de l’art. Y’a eu Bridget, une petite blonde ronde, tireuse d’élite. Un putain de sniper, elle avait un œil de lynx, et elle peignait comme une déesse. Rosa, une mexicaine de passage spécialisée dans la biologie dragonique, une tronche. Tanya, une américaine de l’Ohio. Et puis une rimbambelle d’autres filles, plus à classer dans le coup d’un soir. Ca va, ça vient. Je m’en formalise pas. Tout plutôt que de rentrer me morfondre et de trouver l’autre garce, avec son rictus de satisfaction.

Lucia doit sentir que j’ai dérivé loin, parce qu’elle commence à me mordiller le cou et que mine de rien, elle s’y prend bien,parce que ça me fait rire et que je la hisse plus haut, histoire qu’elle puisse se sentir grande, pour une fois. Sauf que du coup, elle se cogne la tête au plafond et qu’elle pousse un glapissement de douleur.

-Et merde, fais chier ! ça va ? tu t’es pas fait mal ?

Elle éclate de rire, avale de l’eau, la recrache par le nez, et finalement, c’est le fou rire général. Elle me regarde avec ses grands yeux noisette et susurre, en roulant doucement les « r » :

-Si tu n’existais pas, il faudrait t’inventer, mon roi de la voltige.
-Tu as oublié de mentionner mon charisme presque démoniaque.
-Roi de la voltige, et prince des voyous…ça te va ? dit-elle en se déhanchant vers moi d’un pas suggestif.
-Oh que oui. Viens là, bella.






Dernière édition par Corban Yaxley le Jeu 24 Nov 2016 - 18:30, édité 9 fois
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❝ Plus jamais ❞juin 1995 ; appartement de Corban Yaxley

Montage créé avec bloggif


Je suis prostré dans mon canapé et j’ai l’impression que ma tête va exploser. Mon bras lui semble avoir été plongé dans un bain d’acide.
Heureusement que mes voisins se foutent pas mal que je fasse du bruit, parce que là ils en ont pour leur compte. L’avantage de divorcer et d’aller vivre dans un coin pas trop cossu de la ville de Londres c’est que les gens vous foutent la paix, et dieu du Ciel j’en ai besoin.

Ca brûle. Ca brûle tellement que ça me tire des larmes de douleur, de la fièvre, et des hurlements que j’essaie d’étouffer dans les coussins, sans beaucoup de succès. Ca tourne autour de moi et l’angoisse m’écrase parce que je sais ce que ça veut dire.
Je sais ce que ça signifie, ce froid dans les entrailles et cette main autour du cerveau, qui vous ordonne de venir. Il est revenu. Il est revenu bordel, c’est en train d’arriver et ça me donne envie de me tailler les veines ici et maintenant.

Pourquoi ? comment ?! Comment ?!

On ne revient pas d’entre les morts, mais visiblement ce fils de pute lui se gène pas ! J’arrive même pas à concevoir ce que ça implique pour moi.

Parce que j’ai raccroché à la seconde où le petit Potter lui a mis la misère du haut de ses cinquante centimètres. Parce que j’ai peut être tué personne, mais je sais ce que ça fait de se sentir responsable de la mort de gens qui ont rien demandé et parce que j’étais libre.

J’étais libre bordel ! plus de père, plus de « père », plus de femme -Merlin bénisse le divorce- et plus personne pour me dire quoi faire, qui être ! ll y a bien eu des accidents de parcours, du style triple fracture du coude et arrêt de carrière, mais ma vie avait recommencé et je me haïssais presque plus !

Quand j’arrivais au ministère le matin et que je faisais mes conneries avec mes collègues au département des sports, quand je voyais Mc Donald rouler des yeux avec sa démarche d’avocate guindée, ou alors quand j’allais boire des coups avec les potes après le boulot, ça c’était une vie qui valait la peine d’être vécue ! Y’avait eu des rencontres, des amitiés, je m’étais même senti presque père de ces mômes que j’avais rencontré, les Smith. Je les gardais le soir, je leur lisais des histoires le temps que leur mère décompresse, j’étais limite acceptable comme gars !

C’était ma seconde chance bordel ! ma dernière chance !

Et là y’a tout qui se casse la gueule comme un château de cartes, parce que si ce type est increvable et qu’il a toujours la même propension à se venger de ceux qui l’ont offensés, on va déguster, tous. Certains moins que d’autres, hein, par exemple les pauvres bougres qu’ont fait Azkaban. Eux clairement il va leur foutre une couronne de fleurs sur la tête et leur filer des pantoufles en poils de licorne. Mais les autres, les salopards comme moi qui ont sabré le champagne quand le grand manitou a claqué, il va les faire payer. J’veux pas me dire que ma vie va se finir aussi minablement, alors que je commence à peine à comprendre ce que je veux.

J’ai peur de mourir. Et surtout, j’ai peur de continuer à vivre si c’est pour passer mon existence au service de ce mec. Il peut tout me prendre, il l’a déjà fait une fois.

Vous savez ce que c’est que de se lever en regrettant tous ses choix ? et de passer vingt minutes chaque matin assis dans votre lit à repasser votre vie et à vous demander à quel moment vous avez fait le mauvais choix ? Où est ce que ça a dérapé ? c’était où le point névralgique de tout ça ? Et est ce que vous savez ce que c’est aussi, de voir passer le magicobus et de vous demander à chaque putain de fois si ça serait pas plus facile de juste faire un pas en avant et de vous jeter dessous ? vous avez jamais lorgné les couteaux, regardé les contrebas d’un pont en vous posant la question qui importe le plus quand on est dans ce genre de cul de sac : « à quel point ça peut faire mal de mourir » ?

Moi je les connais ces questions et je sais que j’y retourne je vais en mourir, je deviendrai juste un nom de plus dans la rubrique des faits divers. Ou alors je ferai exprès de me foirer monumentalement et c’est lui qui me tuera. Au moins j’aurai la satisfaction d’avoir été un sale gosse pour la dernière fois avant de claquer.

La brûlure se renforce et cette fois ça fait tellement mal que je bascule sur le sol, au pied de la table basse. Je chiale comme un môme et j’ai la voix cassée à force de crier. Les voisins doivent penser que je suis un addict à l’orviétan en crise de manque. Tant mieux, qu’ils dorment sur leurs deux oreilles les doux chérubins. Ce mensonge là sera toujours moins dégueulasse que la vérité.

Les secondes deviennent des minutes, et les minutes deviennent des heures. A un certain point dans le processus je perds toute notion du temps et de l’espace. Je sais que j’ai mal. Je sais que je suis terrifié et c’est à peu près tout, parce que le reste s’est transformé en bierraubeure dans ma petite tête de con.

Et alors que je réfléchis à potentiellement me défénestrer, mon regard tombe sur ma baguette qui est restée tout ce temps sur la table basse, près d’une bière que j’ai pas pu finir. Peut être que je la finirai jamais d’ailleurs, hein ? qui sait ?

Brûle là.

La pensée est venue rapidement, ça doit être mon instinct de survie qui parle, parce que tous les voyants sont passés au rouge et qu’il a pas envie que je clamse là tout de suite. Dingue les idées que le cerveau peut avoir quand il sent qu’on est sur la tangeante.

Brûle là. Tu sais comment faire.
BRULE-LA.


Je ne sais pas comment je fais pour choper ma baguette et encore moins pour me redresser contre mon canapé mais le fait est que j’y arrive. En sueur, et blafard. J’vais me vomir dessus, ou me faire dessus, un des deux, ou peut être les deux, mais faudrait que j’évite avant d’avoir fait la dernière chose que mon esprit malade envisage pour échapper à la chose qui, quelque part, est en train de renaître.
Je détache ma ceinture, puis je la serre autour de mon biceps, jusqu’à m’en faire mal, jusqu’à tirer avec les dents. J’en ai rien à foutre, faut juste que ça marche, et que ma tête arrête de vriller, que mon bras arrête de me faire souffrir le martyr comme ça.
J’en veux pas de cette vie. Alors je dis non bordel, je dis non ! merde à tout ça !

Quand je pointe mon arme sur ma peau, je tremble comme une feuille et j’ai les dents qui font des castagnettes. Ca va être atroce et je sais que j’ai beau essayer de m’y préparer, ça va me donner envie de mourir. Mais puisqu’on est déjà dans la thématique, autant continuer.

Le sort passe mes lèvres avec autant de fermeté que possible, mais c’est juste un filet de voix qui m’échappe et soudain, il y a un bruit chuintant. Il y a une flamme blanche, qui vient envelopper mon avant bras jusqu’au coude et même un peu plus haut vu que je dose que dalle.

Puis plus rien. Ou juste des moments de conscience, entrecoupés de black outs monumentaux pendant lesquels les flammes blanches continuent de faire leur œuvre. Je sais pas si je maudis ou si je bénis ma mémoire à ce moment précis, mais merci Flitwick, pour l’anecdote en première année, et merci pour la démonstration de feu Purificateur. On peut pas dire que vous nous ayez enseigné de la merde, vous.

Y’a de l’encre qui sort, j’peux pas vous expliquer comment, mais elle sort parce que ça hurle à l’intérieur de mon crâne en même temps que moi je hurle, et que cette saloperie sent le soufre et un mélange de sang et de cendre. Ca fait fondre le tapis et ça ronge le parquet, y’a une fumée âcre qui monte. Ca marche alors ? ca veut dire que ça marche ?

A vrai dire j’en sais rien. Mais ce que je sais, c’est que quand je reprends conscience à l’aube, je baigne dans ma sueur et dans tout le sang que mon avant-bras a voulu lâcher. Je sais aussi que j’entends plus rien. Pour le moment, j’suis seul dans ma tête, aussi bizarre que ça soit de le dire.

J’ai du mal à respirer. J’ai envie de gerber, d’ailleurs c’est ce que je fais, en bougeant juste assez la tête pour pas retomber pile dedans. Mon bras est un amas de chairs crâmées y’en a pour toutes les couleurs de l’arc en ciel là. Avec quand même une prédominance de mauve et de noir. J’ai de la chance qu’on me voit pas os. Une mare noirâtre s’étale sur le sol, et elle a bien bouffé le bois, j’espère vaguement que ça goutte pas chez le voisin du dessous.

J'arrive à regarder, au travers de mes cheveux qui font la guérilla. Il reste des bouts. Un bout de crâne, un bout de serpent. Juste assez pour qu'elle soit encore là, cette saloperie, et juste assez pour qu'elle le nargue l'air de dire : "je ferai toujours partie de toi. Toujours".

J'aurais eu plus de forces, je me serais amputé tiens. Mais là j'en ai aucune. Et puisqu'elle veut jouer la guerre d'usure, puisque TU veux jouer la guerre d'usure, patron, on la jouera comme ça. J'peux pas te supprimer, j'peux pas t'effacer. Mais j'peux te jurer que la terre rentrera en collision avec la lune avant que cette marque redevienne autre chose qu'un croquis bousillé.

Je te reprends tout ce que tu m'as pris, salopard.
Et accessoirement, je me colle dans la merde. Histoire de.

Way to go Corban.


❝ Alpha Male ❞Octobre 1994 ,quartier moldu de Camden

Montage créé avec bloggif

la nuit est tombée depuis un moment quand je sors de chez mon père. Le vrai hein. Celui dont les petits nageurs de compétition ont permis à la mère d'accoucher après neuf mois de gastro. Ca fait un moment maintenant qu'on se fréquente, même si au début il a du me prendre pour un taré.

Après tout quel genre de malade reste pendant trente minutes à fixer la devanture de votre magasin de musique sans oser entrer, et vous suit jusque chez vous? sérieux, des nerfs d'acier le bonhomme, j'sais pas comment il fait son compte. Parce que moi je me serais fait enfermer depuis un moment. Parfois je me dis qu'il m'avait déjà reconnu à ce moment là et qu'il attendait que je me bouge. Parce que quand on nous voit l'un à côté de l'autre on dirait le même modèle en deux exemplaires. Il a chialé quand il m'a rencontré pour la première fois. Moi aussi, un peu. Parce qu'il m'a raconté comment il avait rencontré ma mère, dans un concert moldu, comment elle lui avait raconté qu'elle avait fugué de chez elle. Et puis accessoirement comment elle l'avait plaqué à la seconde où elle était tombée enceinte, pour vite faire croire à son mari que le bébé était de lui. Je la juge pas, j'aurais fait...je sais pas ce que j'aurais fait. Mais j'aurais pas risqué de laisser un taré comme Helios buter mon gosse.

J'suis venu le voir ce soir pour renouveler les sorts de protection autour de sa maison. Mon père essaie de comprendre le monde des sorciers depuis qu'il m'a fait une demi crise cardiaque quand je lui ai révélé ce que j'étais. Il essaie vraiment, mais je crois qu'il pige pas à quel point c'est la merde, ni à quel point je suis dans la panade. Il se dit que c'est la guerre, ouais ça il pige, et il pige que ça va tuer à tour de bras d'ici peu. Il a été casque bleu, il en a vu d'autres.

Ce qu'il perçoit pas c'est à quel point la magie fait tout empirer. Les moldus sont bridés par les progrès de la technologie. Nous? putain mais on ressuscite des cadavres! What a time to be alive!

Alors que je tourne au coin d'une rue et que je m'engage dans les Stables Market, j'ai comme l'impression désagréable de me faire coller aux basques. Et elle se confirme quand je me retourne. Y'a trois types. Dont une femme. Et un putain de baraqué.

Oh. Je connais ces gaillards. Et subitement je sens l'angoisse monter. Depuis combien de temps ils me suivent. Est ce qu'ils ont vu d'où je viens?! Bordel de merde, mais qu'est ce que j'ai fait? qu'est ce que j'ai fait?.

Je me prépare à transplaner directement au domicile de mon père pour l'attraper et le mettre en sûreté, mais le plus grand s'approche et je vois distinctivement mes peurs prendre forme dans la personne de ce connard de Greyback. Il est resté le même. Large comme une armoire à glace, poilu, puant. J'suis sur qu'il a des puces.

Y'a aussi Alecto et Amycus, ces deux enfoirés. Toujours là pour rapiner derrière les gros bras qui font le sale boulot, ces salopards. D'ailleurs c'est pas eux qui parlent, c'est Fenrir Sac-à-puces Greyback:

-Yax'...notre très, très, très vieil ami...qu'est ce que tu deviens, petit salopard?

Je réponds pas, en partie parce que mon cerveau analyse toutes les issues possibles, et aussi parce que je me demande si je peux lui éclater le crâne avec un confringo avant de mourir. Ca ferait de la purée de loup-garou psychopate en plein quartier moldu. Pas la meilleure des options, mais à la guerre comme à la guerre.

-Ben alors Corban, t'as perdu ta langue?
qu'il me fait en me regardant dans les yeux.
-Ouais t'as perdu ta langue, beau parleur? renchérit Alecto.

Je leur sors mon pire sourire : celui qui donne envie de me foutre un poing dans la gueule tellement il pue le mépris.

-Mais qui voilà. Tic, Tac et Dingo. Ca fait combien de temps que vous me collez au cul comme une bande de vautours?
-Assez longtemps.
-Assez longtemps ouais.
-Ouais, depuis que t'es entré dans les Stables.

Alecto et Greyback jettent un regard furibond à leur collègue. Amycus, ce crétin. J'avais oublié à quel point ils étaient tous cons comme des manches, exception faîte de certains comme Rabastan ou Rookwood. Intérieurement, je commence à me dire qu'au moins s'ils me butent, ils n'auront pas mon père. Ils ne me traquent visiblement pas depuis assez longtemps pour savoir que je viens de chez lui. Ces salopards ont du apprendre que je fréquentais Camden et ont fait le guet au coeur du quartier.
Classique, bête, méchant, mais efficace.

-Qu'est ce que vous me voulez? j'vous manque à ce point?

On a tous la main sur notre baguette, au moins maintenant c'est clair, on sait comment ça va finir ce bordel. Greyback a un sourire qui découvre ses crocs et s'approche un peu.

-Ca fait un moment qu'on t'a pas vu dis moi...à aucune réunion du cercle...aucun meeting...aucune mission. Qu'est ce qu'y a Yax'? on est plus assez bien pour toi?

Ca tu l'as dit mon con, que vous êtes plus assez bien. En clair, vous l'avez jamais été, mais ça c'est un autre débat. Là tout de suite, j'ai surtout envie de vérifier si j'ai assez de force mentale et de colère pour faire fonctionner un avada. Sauf qu'ils sont trois et que...eh ben y'a que moi, ma bite et ma baguette en face. Va falloir la jouer fin.

-Le maître te veut. Toi et tout le contenu de ta petite tête...alors rends toi un bon gros service, Corby-boy...et viens avec nous sans faire d'histoires...tu voudrais pas qu'on commence à foutre le feu partout...ça en ferait du moldu cramé.
-Ouais ça en ferait

Ils sont tout à fait capables de faire ce qu'ils disent, c'est même un peu le principe. Alors mon cerveau tourne de plus en plus vite. Il faut pas que les civils paient pour ma tête de con. Sauf que ces putains de squale ont soif de sang et ils repartiront pas avant de l'avoir eu. A moins que le ciel ne leur tombe sur la t...

Une minute.

Très bonne idée ça mon petit Corban.

-J'aimerais pas vous casser vot' délire, mais je vais nulle part. Pas avec vous et encore moins pour retourner ramper aux pieds de l'autre là.
-Tu n'as pas d'autre choix, Yaxley.

Alors là ça me fait bien rire mon petit père. Je soulève ma manche gauche et je vois les Carrow afficher une expression entre l'horreur la plus totale et le dégoût, parce que ouais, ce genre de cicatrice c'est dégueulasse comme pas possible. Un vrai camaïeux de chairs violacées et rougeâtres au travers desquelles on voit encore un bout de serpent grimaçant, comme courroucé d'avoir été défiguré. Y'a aussi de la lymphe et tout le bordel. Bref, l'horreur.

-On va devoir s'accorder sur un désaccord, sac à puces. Parce que toi t'as peut être une laisse mais pas moi.


Ah, ça y est, il prend sa tête de gros pitbull, il va passer en mode berserk d'ici quelques secondes.

-Alors sois cool et retourne pisser sur le tapis de ton maître avec tes deux abrutis de copains.


Ca bouge, ça bouge vite et je pointe ma baguette vers le plafond de pierre du marché couvert.

CONFRINGO

Ca fuse dans ma tête, c'est mon sort favori, parce qu'il s'accorde bien à mon incapacité totale à gérer ma force. Le plafond explose, entrainant avec lui une partie des fondations et declenchant une réaction en chaîne plus importante que ce que j'aurais pu imaginer. Le métal des box grince, la pierre s'écroule, la poussière envahit l'air, et il m'en faut pas plus pour détaler, tirant par dessus mon épaule.

Un éclair vert me frôle, un autre, et un autre. Je comprends meme pas comme je suis pas encore étalé au milieu de la rue, crevé comme un poisson pêché y'a trois semaines.

Je saute un escalier, dérape dans une rue et m'enfonce dans les boyaux intriqués de Camden avant de remonter une volée de marches. Faut que je quitte le marché et que je rejoigne le métro moldu. Ces crétins savent pas l'emprunter, ils me paumeront à coup sur. Sauf que derrière moi y'a des halètement sourds, ceux d'une bête en pleine traque.

C'est le moment ou jamais de faire marcher mes capacités de sprint. Je m'élance, me retourne juste le temps de lancer un aura terram qui défonce la rue puis descend une pente légère avant de déboucher hors du marché par une arche creusée dans un mur de brique. Je suis sous un grand pont humide sur lequel passe une voie ferrée et en dessous duquel circulent normalement un nombre incalculable de voitures.Sauf qu'à cette heure ci et par ce temps de merde ça se bouscule pas au portillon. Autant pour le code du secret magique. Je mure l'entrée par laquelle je viens de passer d'un sortilège éxécuté approximativement, puis je trace. Le métro se trouve trois rues plus loin sur la droite.

Alors que je cours à m'en déchirer les poumons, je retrouve mon chemin. Remonter la rue, traverser le pont qui enjambe le canal, continuer sur l'avenue, tourner à droite, et prendre le métro. Prendre le métro putain.

J'arrive à mettre un peu de distance entre mes poursuivants et moi,les longues jambes ont leur utilité, mais l'écart se réduit trop vite alors que j'approche de la station Camden Town. Greyback c'est un chasseur endurant et moi j'suis juste le pauvre suricate qui essaie de sauver son cul. Si la rame n'est pas là au moment ou j'arriverai, il va m'avoir.

La panique me donne momentanément des ailes, parce que la perspective de me retrouver allongé sur la table de réunion des mangemorts en face du serpent géant et du Grand Manitou me colle la pire peur du monde. Ca me liquéfie les entrailles de trouille. Faut pas que je me fasse choper, pas après tout ça, et toutes les larmes, la douleur, la fièvre.

Je rentre dans la station, et manque de me casser la gueule sur le carrelage trempé par la pluie qui tambourine dehors. Je saute par dessus le tourniquet dans un bond souple et un rugissement me glace l'échine.

-YAXLEY! FILS DE PUTE!

Un sort fuse et c'est juste un sort d’électrochoc, mais le genre vicieux, qui me fait chuter dans les escalier, me fendre la lèvre inférieure, m'ouvrir l'arcade sourcilière et finir comme un connard près de la voie de métro. La seule raison pour laquelle il m'a pas tué c'est qu'il va m'achever à mains nues.

Et le voilà d'ailleurs, qui cavale. Il descend les marches, vite, trop vite. C'est le dernier métro, pour londres et pour moi visiblement. Alors j'essaie de me sauver, putain faut que j'arrive à rentrer dans la rame vide. Y'a trois passagers qui se battent en duel et ils nous regardent avec la peur habituelle des types lambdas confrontés à un combat de rue.

Je rampe en arrière et il lève sa baguette.

-Je te tiens, petite crevure.

Non. Pas comme ça. Ni ici, ni maintenant et pas non plus devant l'assemblée des mangemorts.

J'veux vivre. J'veux VIVRE.

Alors c'est un sort complètement inhabituel qui sort, et j'ai pas l'habitude de l'utiliser, mais là, sans mauvais jeux de mot, il marche comme un charme. Acidum Anguis.

Greyback recule en hurlant, une main sur le visage et j'en profit pour me relever et foncer vers la rame. Le bruit caractéristique de la fermeture retentit et pendant une minute j'ai l'impression que je vais m'en sortir.

Sauf que je ne passe qu'une moitié de corps dans la rame. Il m'a attrapé par les cheveux.

La porte se ferme sur ma taille, force un peu et s'ouvre de nouveau en voyant que le steak qui lui barre la route tien bon. Je me débats, mais c'est clairement inutile, il me bat niveau force physique. Alors c'est un nouveau sortilège qui part, plus agressif encore.

Presque aussi agressif que les dents qui se plantent dans l'arrière de mon cou.

Il hurle en même temps que moi, et me lâche, non sans emporter une mèche de cheveux avec lui. Il gueule parce que mon sort vient de l'atteindre au bas-ventre.

Moi je gueule parce que j'ai l'impression qu'on me décapite. Et alors que la rame s'éloigne, je me sens mourir à petits feu. Les passagers ont réagit, ca crie, ca gueule. Et moi je vogue vers le noir.

Y'a juste une forme au bout de l'obscurité. Quatre pattes, pelage noir. Gros. Très, très, très gros. Grands yeux jaunes, et dents de la taille de serpettes.

Il me regarde.

Et y'a un nom qui fuse, qui achève de me faire faire un black out total alors que les moldus appellent leurs urgences.

RAIGAR.





Dernière édition par Corban Yaxley le Ven 25 Nov 2016 - 14:35, édité 6 fois
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PAPAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA kr kr kr kr kr kr

Je reviens éditer quand je suis chez moi 8D

Edit :


Dernière édition par James Rowle le Ven 28 Oct 2016 - 17:39, édité 1 fois
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tmtc boss
Y a trop de loup garou ici gaah gaah
Mais Rab est un peu content (un peu... de loin, en fermant un oeil et en plissant fort l'autre)

(Craig jule)
REREREBIENVENUE SALE GUEUSE yeah

(Marc Antoine tmtc
Spoiler:
 
)

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ptn ce beauf de gueux de marde
j'crois chuis en amour de lui
we need so much moar sur sa vie de gueuserie

.... mais quel gueux ptn jolem
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Tout ceci n'est que gueuserie.
C'est fantastique.
C'est parfait.
j'aime ça :russe:
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Rohan Helvar
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‹ maison : il n'est jamais allé à Poudlard.
‹ gallions (ʛ) : 1702
‹ réputation : il est le filleul de la Ministre qui a subitement fait une réapparition après la guerre.
‹ particularité : un loup-garou, il a été mordu quand il avait dix ans.
‹ résidence : Storm's End.
‹ patronus : rien du tout, il n'a jamais appris à en faire un.
‹ épouvantard : James en train de rire avec ce type qui a tué Sarah.
‹ risèd : probablement lui, en uniforme d'élève de Poudlard.
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‹ âge : VINGT-HUIT ANS
‹ occupation : AUROR.
‹ maison : GRYFFONDOR
‹ scolarité : 1987 et 1994.
‹ baguette : 30 centimètres, bois de noisetier, crin de sombral.
‹ gallions (ʛ) : 2025
‹ réputation : on dit d'elle qu'elle est loyale et intransigeante + on la trouve parfois désagréable, mais c'est juste parce qu'on la connaît mal et qu'elle n'est pas très avenante au premier abord + elle est une auror brillante et fonceuse + on la sait proche de la cause des loups-garous. on a du mal à comprendre pourquoi elle a fait le choix de se lier par triumvirat à un loup-garou.
‹ particularité : animagus en formation + son animal est un ours brun massif.
‹ faits : amelia a fait sa formation d'auror avec un an d'avance + quand le lord est arrivé au pouvoir, elle est restée, en pensant que ça n'allait pas durer + coincée et surveillée, elle prétendu être à ses côtés + c'est lors de la vente aux enchères des rebuts (2001) qu'elle arrive à fuir sans se faire remarquer et à échapper à la surveillance des mangemorts + elle passe deux ans à fuir, en solitaire, une situation qui l'a rendue plus sauvage et froide + elle a rejoint les insurgés en 2003 et a mené de nombreuses missions pour eux, forte de sa formation et de son expérience d'auror + elle a participé à la grande bataille de décembre 2003 + pendant les combats, elle a choisi d'être liée par triumvirat à édouard douglas afin de lui sauver la vie in extremis. ils ont failli ne pas s'en sortir + elle s'est battue contre le gouvernement intérimaire mis en place après la guerre, qui a injustement envoyé édouard en prison pour en faire un exemple, et a participé à faire échapper plusieurs criminels injustement jugés de la prison d'azkaban + elle a repris son poste d'auror après la guerre.
‹ résidence : entre son appartement du londres sorcier et storm's end.
‹ patronus : UN RENARD
‹ épouvantard : perdre les membres du pack. surtout perdre eddie.
‹ risèd : UNE SOIRÉE HEUREUSE ENTRE AMIS.
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JE ME DISAIS BIEN QUE J'AVAIS VU CET ACTEUR QUELQUE PART iiih misfits tellement la vie trognon bref j'ai trop la hype iiih

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