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MessageSujet: Waiting for my friends [Ada]   Waiting for my friends [Ada] EmptyVen 31 Oct 2014 - 14:23

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Sorrow et Ada
Un soupir sur les lèvres et un éclat de lassitude dans ses yeux Sorrow continue d’essuyer mécaniquement une table couverte de crasse avec un chiffon d’une propreté lui aussi assez douteuse. Non pas qu’elle eut un jour l’espoir de trouver cet endroit propre. Il était simplement à l’image de sa clientèle la plus fidèle.  Sorrow secoue la tête. Elle déteste son travail.  Mais contrairement aux autres emplois qu’on lui a proposés jusque-là, ici personne ne lui demande la raison de ses absences. En fait elle sait pertinemment que les autres employés comme le patron s’en moquent totalement. Lui parce qu’il a l’habitude de fermer les yeux sur tout ce qui sort de l’ordinaire et que perdre de la main d’œuvre qualifiée mais payée pour un salaire de misère serait au-dessus de ses forces. Eux parce qu’ils n’ont plus ni force, ni espoir. Alors leur monde se retrouve limité à une infinité de gris et ils cessent de s’intéresser au reste du monde.

Et leur misère n’est rien d’autre qu’un avantage pour elle  …

Parce qu’elle est fatiguée de courir Sorrow. Fatiguée de s’enfuir. De toujours se cacher. De faire semblant de ne plus exister. De ne pouvoir garder ni appartement, ni amis de peur qu’un jour ou l’autre quelqu’un se rende compte qu’elle est plus que ce qu’elle prétend être. Alors finalement travailler dans ce bouge est probablement l’une des meilleures choses qui lui soit arrivé ces derniers temps. C’est dire à quel point elle est tombée bas. Rapidement la brune continue passer son chiffon sur la table et regarde autour d’elle. A cette heure le bar est encore presque vide. Il est trop tôt pour les affaires louches et les trafics. Pour l’instant il n’y a que quelques fidèles de l’établissement, le regard abrutis par l’alcool et la lippe tordue par une vie de débauche. Des êtres pitoyables en quelque sorte. Elle les plaindrait presque Sorrow. Presque. Parce qu’elle n’a pas le temps d’avoir pitié d’eux. Ni de qui que ce soit d’ailleurs.

Il y a elle. Elle et sa douleur et c’est bien suffisant. Pas de place pour les faibles dans ce monde impitoyable. Et ça elle le sait mieux que les autres. Avec lassitude , Sorrow se remet à tourner entre les tables et à apporter bierraubeurre et whisky pur-feu à ceux qui le demande. Observe leurs visages flageoler alors qu’ils sombrent dans le bienheureux oubli procuré par l’alcool. Ils se détruisent tout seuls sans en avoir conscience. Idiots. Sa bouche se pince alors qu’elle observe le décor. Du bois sombre. Bien souvent sale. Sauf pour certaines tables dans le coin de la salle, impeccablement nettoyés. Réservées à l’élite bien sûr. A condition que l’on puisse en trouver dans ces bas-fonds. Les éclairages tamisés plongent l’endroit dans un crépuscule constant. Plus discret pour les échanges d’argent sans doute. Bref. Un bar comme il en existe tant d’autre. Seul le lieu lui garantit d’être fréquenté par des gens toujours plus étranges ou dangereux. Après tout l’allée des Embrumes n’est pas un lieu comme un autre.

Mais alors qu’elle effectue un autre tour, Sorrow aperçoit soudain une chevelure connue appartenant à une silhouette assise à l’une des tables réservées. Et un petit sourire fleurit sur le visage sombre de Sorrow. Un sourire qu’elle s’étonne elle-même d’avoir eu. Mais c’est comme ça avec Ada. Sorrow n’a jamais voulu l’apprécier. Et pourtant c’est le cas. Au point de ne pas avoir envie de fuir. Pour la première fois depuis très longtemps. Alors elle se dirige rapidement vers le bar et murmure à l’un de ses collègues. « Je prends ma pause. Remplace-moi ! » Avec une autre personne il aurait surement râlé mais Sorrow sait qu’il ne dira rien. Surement parce qu’elle l’est l’une de seules serveuses à ne venir ni soûle, ni droguée au travail. Suffisant pour lui accorder quelques privilèges. Sans attendre elle se dirige vers son amie. Qui se trouve visiblement ennuyée par l’un des ivrognes du coin. Pas étonnant. Ada est belle. Fière. Bien différente des clientes habituelles du bar en somme.

« Casse-toi. » Sa voix est sèche. Irrespectueuse. Bien loin de l’attitude qu’elle devrait avoir en tant que serveuse. Mais sa voix est aussi chargée de menace. De cette colère que son loup-garou fait naitre en elle et qui ne s’apaise jamais. Dangereuse. Sans doute qu’il le sent car il recule et laisse les deux jeunes femmes seules. Alors aussitôt le sourire revient sur le visage de Sorrow. »Ada ». le prénom est susurré. Murmuré. Parce qu’avec elle Sorrow s’ouvre un peu plus. «  Ça faisait longtemps. Tu m’as manqué. » C’est aussi l’une des seule personne à qui elle oserait dire ça. Mais Ada à une manière de s’infiltrer dans sa vie bien à elle que Sorrow ne comprends pas vraiment. Mais qu’elle apprécie. « Tu est radieuse. Comme toujours. » Doucement elle penche la tête sur le côté. S’approche du visage d’Ada pour laisser s’attarder ses lèvres sur sa joue. A peine un léger frôlement. Une invite. « Bon anniversaire. En retard certes mais tout de même. » lentement elle se relève en laissant derrière elle une petite boite. « C’est pas grand-chose je sais bien … je suppose que tu as bien mieux mais … ». Ce n’est vraiment pas grand-chose d’ailleurs. Juste un bracelet fait de tresses de cuir avec un os d’argent sur le milieu. Compte tenu des goûts excentriques d’Ada elle s’est dit que cela lui plairait. Elle aurait voulu lui donner mieux Sorrow. Mais elle ne peut pas vraiment.
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MessageSujet: Re: Waiting for my friends [Ada]   Waiting for my friends [Ada] EmptySam 1 Nov 2014 - 22:26

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Cuisine, violon, potions, sortilèges et autres, parmi toutes les choses qu'Ada était en mesure de faire, elle excellait dans certains domaines. L'un d'eux se révélait être la capacité de se mentir à soi-même. A supposer qu'il ait pu s'agir d'un choix de carrière comme un autre, l'héritière Travers n'aurait eu aucun mal à devenir la référence dans ce domaine. Elle s'engouffra dans les bas-fonds de Londres sans l'ombre d'une inquiétude.

Ada avait établi plusieurs règles avec elle-même lors de ces petites sorties. Elle n'emmenait rien d'onéreux, quitte à se réfréner un peu sur sa tenue vestimentaire (peut-être que des chaussures coûtant un nombre astronomique de gallions auraient fait un peu too much quoi qu'il arrive), comptait sur les tatouages et runes que sa mère lui avait fait tatouer, emportait une ou deux potions et … Et croisait les doigts. Une certaine partie de ces précautions devaient être utile. Ada n'avait jamais été ennuyée que par rapport à la propreté de ces lieux. A cet effet, elle emportait des lingettes magiques dans son sac. Bien malin qui le lui aurait dérobé : il aurait acquis des lingettes magiques, des cotons démaquillants ensorcelés pour hydrater la peau et la protéger considérablement, et quelques effets personnels dans ce goût. A moins d'avoir une passion pour le maquillage, voler les affaires d'Ada Travers aurait constitué une bien mauvaise idée.

Le reste, l'essentiel, Ada le transportait avec elle. Un peu d'argent principalement, et ses fioles de potion s'il lui arrivait quelque chose. Le reste n'avait pas grande importance. Tandis qu'elle regardait où elle mettait les pieds, la sorcière gardait la main serrée sur sa baguette. En cas de gros problème, elle essaierait forcément de transplaner, mais des années de surprotection familiale ne l'empêchaient pas de prendre toutes les protections possibles. Dans son manteau évasé et sa robe patineuse, perchée sur des talons qui demandaient un excellent sens de l'équilibre, l'expérimage détonnait quelque peu.

Les lieux lui parurent de plus en plus familiers. A la prochaine à gauche, elle serait sûre de retrouver le bar où travaillait Sorrow et où s'épanouissaient les germes de nombreuses maladies. Ada poussa la porte et parcourut la salle des yeux. Elle nota les détails les plus importants et contourna soigneusement un groupe de quatre hommes avinés pour rejoindre le carré de tables réservés à l'élite. Merlin merci, on pouvait bénéficier d'une hygiène décente dans cette partie du bar. Dans le doute, Ada passa un coup de chiffon magique sur la table : il était hors de question que ses vêtements puissent être salis par la crasse que des poivrots auraient déposé. Non. Pas une robe violette de soie sorcière et des talons hauts assortis.

Confortablement installée, Ada détailla la carte des boissons qu'on avait laissée sur sa table. Ce n'était pas un mal : en dehors de Sorrow, le service lui avait toujours semblé … Désastreux. Un alcool léger mais pas trop fruité était-il possible ? Elle laissa de côté les cocktails portant les noms de Pisse-de-dragon et de Sang-de-mandragore. Par principe. Une Lady ne buvait pas une Pisse-de-dragon, une Lady ne parlait pas à ses amies de l'excellente Pisse-de-dragon qu'on pouvait se faire servir dans … Comment s'appellait ce rade, saperlipopette ? Tandis que la jeune femme étudiait soigneusement les possibilités qui s'offraient à elle et ne lui faisaient pas encourrir un coma éthylique, une ombre se glissa à côté d'elle. Mue par son flair, Ada ne daigna pas relever la tête. Elle savait reconnaître ceux qu'elle appellait des GNEMU.

Le digne représentant des Gros Nases En Milieu Urbain ne tarda pas à prouver son appartenance à ce groupe sociologique. Elle persista dans son mutisme quelques secondes et lança d'un air courroucé que si elle avait voulu parler à des individus de son genre elle se serait orientée vers une carrière dans la médico-proctologie. Le sel de sa remarque ne fut pas apprécié à sa juste valeur et Ada eut un profond soupir tandis qu'elle se demandait si elle faisait une scène pour qu'il parte (indigne d'une Lady) ou si elle changeait simplement d'endroit dans le bar (ce qui incommodait de déplacer son gracile fessier, un fait particulièrement injuste puisqu'elle n'avait rien demandé à personne).
Surgissant de nulle part mais pile au bon moment, Sorrow fit son apparition. Le visage radieux, Ada la contempla bouter le malotru hors de sa table. Merlin, que Sorrow était charismatique, belle, téméraire, pleine de qualités humaines, charismatique, belle … Enfin bref, que Sorrow avait du charme. Avec la satisfaction d'un enfant dégustant un chocolat chaud, Ada se délecta de l'arrivée de son amie. La façon dont elle prononça son prénom apporta une petite vague de chaleur chez l'expérimage. Ada eut un rougissement léger et détourna le regard dans une attitude que Sorcière Hebdo savait distinguée. Le rougissement devint bien plus fort, et Ada se sentit envahie d'une vague de chaleur quand Sorrow posa ses lèvres sur sa joue.

Sa première pensée fut de remercier le ciel de n'être pas cardiaque et de ne pas mourir d'une manière stupide (encore que le massage cardiaque ou le bouche-à-bouche moldus auraient été très appréciés – pensée une et demie). La deuxième pensée qui lui vint à l'esprit fut d'estimer les conséquences qu'il y aurait au fait de se saisir de Sorrow et lui rouler une pelle, comme disaient les jeunes. N'étant pas sûre que ce soit très indiquée et que le terme roulage de pelle soit encore de vigueur, Ada préféré s'abstenir. Elle laissa un sourire béat emplir son visage et passa ses bras autour de Sorrow dans un hug anglais et dénué de sous-entendus à défaut d'être dénué d'espoirs. Comme prévu, rien ne se passa. Pas d'embrassade de roman-feuilleton.

« Je … Je suis ravie de te voir ».

Revenant à elle, Ada eut l'agréable surprise que son anniversaire lui soit souhaité comme ça. Merlin, bien sûr qu'elle aurait du convier Sorrow à cette petite fête, insister un peu et … Non, elle s'en était déjà fait la réflexion, demander à son amie de rater une soirée de travail pour venir la voir aurait été d'une impolitesse crasse. Sorrow n'avait pas les moyens de faire un tel geste, et Ada n'en trouva la petite boîte que plus mystérieuse. Bien loin de l'image glaciale et impénétrable qu'offraient les Travers au reste du monde, leur benjamine poussa un couinement attendri en ouvrant la boîte. Ce braelet lui semblait splendide. La composition, qu'elle jugea simple mais raffinnée, lui plut instantanément et le fait qu'il vienne d'un être cher le nimba d'une valeur sentimentale. Ada eut l'agréable sentiment qu'elle ne pourrait pas s'en détacher de sitôt. Elle s'empressa de le mettre à son poignet, sans même avoir besoin de demander de l'aide : être pourrie-gâtée comme n'importe quel enfant sang-pur permettait de développer certaines compétences en accessoires.

« Il est splendide … C'est tellement gentil, Sorrow ... »

Ne sachant plus comment manifester son émotion, Ada haussa les épaules et se jetta dans les bras de Sorrow qu'elle serra contre elle quelques instants. S'écartant de son amie, la sang-pur eut beaucoup de mal à ne pas la noyer sous le flot de paroles qu'elle ne parvenait pas à endiguer.

« Je suis si contente, et si flattée que tu t'en sois souvenue ! Il me plaît beaucoup, merci ! Est-ce que tu as du temps, là ? J'ai tellement envie de fêter ça avec toi, et qu'on puisse parler, j'ai tellement envie d'avoir de tes nouvelles ! Tu finis dans bientôt, ici ? Oh, et est-ce que vous avez des cocktails qui ont des noms un peu plus raffinés et une composition meilleure que le Pisse-de-dragon ? Je ne peux pas décemment commander un Pisse-de-dragon si je veux attendre que tu finisses ton service ! »
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MessageSujet: Re: Waiting for my friends [Ada]   Waiting for my friends [Ada] EmptyMar 4 Nov 2014 - 16:47

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Sorrow et Ada
Il y a un petit et minuscule sourire qui se dessine sur les lèvres purpurines de Sorrow. La seule expression de sa joie. Mais même ce sourire parait un peu étrange. Un peu craquelé. Comme si le bonheur était une émotion qui lui était devenue étrangère. Ce qui quelque part était le cas. Les temps , à eux seuls, n’incitaient pas à sourire. Sa situation non plus. En réalité le monde semblait être plongé dans un nuage de noirceur qui s’emparait de tout. Détruisait tout, répandant des vrilles de souillures sur tout ce qui avait un jour été pur et beau. Et au milieu de tout cela il y avait Ada. Une lumière dans l’univers sinistre et fermé de Sorrow. Elle ne sait même plus quand elles se sont rencontrées exactement tant sa présence dans sa vie parait être une évidence. Elle sait que c’était il n’y a que peu de temps. Et pourtant quelque part cela semble faire une éternité.

Quand Ada est là, Sorrow est calme. Presque sereine. Reposée. Elle éloigne la tristesse et les soucis de Sorrow pendant quelques temps. Peut-être qu’il n’est pas sain de nier l’évidence et de vouloir oublier pendant ne serait-ce que quelques instants. Mais avec Ada cela parait soudain être naturel. Sorrow se penche en avant et soudain ses cheveux se déversent sur ses épaules, formant comme un rideau de soie noire autour de son visage. Elle entend Ada lui parler mais n’écoute pas vraiment. Toute concentrée qu’elle est à examiner les traits de son amie. Encore une fois elle ne peut s’empêcher de penser qu’Ada fait tâche dans ce milieu. Elle est trop belle, trop propre. Trop bien habillée pour rester dans ce bouge. Quand elle parle, elle s’exprime de manière distinguée. Posée. Bien loin donc du discours balbutiant des ivrognes du coin … ce qui semble malheureusement être leur principal mode de communication. Et elle ne peut s’empêcher de lui faire remarquer. « Je n’ai jamais compris pourquoi tu venais ici. Tu es beaucoup trop bien pour cet endroit ! »

Tu es beaucoup trop bien pour moi …

Sorrow ne prononce pas réellement cette phrase mais elle résonne violemment dans tête. Elle aussi vit ici. Dans le quartier ou seul réside la lie de l’humanité. Sous un vernis qui s’écaille, Sorrow ne vaut pas mieux qu’eux. En fait elle vaut probablement moins. Elle n’est rien d’autre qu’un loup-garou. Un monstre donc. Même plus réellement humaine. Alors qu’eux au moins, ils le sont. Alors oui, sans doute qu’elle ne mérite même pas de faire partie de la vie d’Ada. Et peut-être que si elle était une meilleure personne elle le lui dirait. Mais au fond Sorrow n’est pas quelqu’un de bien. Elle est égoïste, seule. Et terrifiée. Alors oui elle a besoin d’Ada. Probablement plus que quiconque. Sorrow secoue la tête. Chasse les mauvaises pensées. Tout cela n’a plus d’importance maintenant. Alors elle regarde. Regarde Ada rougir avec bonheur. Peut-être même une pointe de fierté quelque part. S’enlise dans ses bras alors que la jeune femme l’enlace. Essaye de se fondre dans cette étreinte réconfortante dont elle à tant besoin. Mais elle finit par se dégager. Comme toujours. Avec un soupir de regret certes mais elle le fait tout de même.

Un sourire se dessine sur son visage et ses traits s’adoucissent. Jusqu’à presque redevenir ceux de l’ancienne Opale. Mais pas totalement. « C’est normal. Je suis ravie qu’il te plaise en tout cas. Je l’espérais. » Et puis Ada se jette de nouveau dans ses bras. Et lentement Sorrow enroule ses bras autour d’elle. Enfoui son visage dans ses cheveux. Ce bracelet vaut chacune des pièces qu’elle a dépensées pour lui puisque maintenant Ada lui sourit ! Sorrow hausse les épaules. « J’aurais été une bien mauvaise amie si j’avais oublié ! » Quand elle lui demande si elle à du temps Sorrow retourne la tête regarde le barman et lève trois doigts. Sa pause dura plus longtemps que prévu. Et elle s’en moque. Elle en a le droit, elle n’en prend jamais … pourquoi le ferait-elle ? Elle n’a personne à qui parler. Personne avec qui rester. Donc elle travaille plus pour oublier cet état de fait. Alors elle sait pertinemment, Sorrow que jamais son patron ne reprochera de prendre une pause plus longue. Pas alors qu’elle est l’une des employées les plus qualifiés de ce trou à rat.

Elle regarde Ada. « Maintenant j’ai du temps ! Ne t’inquiète pas je peux rester. » Elle hausse les épaules. Sorrow n’aime pas parler de sa vie. C’est un sujet qui devient rapidement trop personnel et quand c’est le cas elle se sent automatiquement mal à l’aise. Alors elle retourne la question Ada. « Pas grand-chose. Mais il ne se passe rien ici … enfin mis à part les petites magouilles habituelles disons. Mais et toi ? Comment vas-tu ?! » Cela intéresse vraiment Sorrow. Elle veut être sûre qu’ Ada va bien. Plus question de tourner la tête comme autrefois et de faire semblant de ne rien voir. Elle ne peut plus faire cela depuis qu’elle a revue Hannah. Depuis qu’elle a compris combien elle avait laissé tomber ceux qu’elle avait aimé en décidant de fuir et de se concentrer sur sa propre douleur en oubliant le monde. Un acte égoïste à l’époque basé sur le désespoir qu’elle ressentait. Persuadée que nul ne l’accepterait avec son nouveau statut. Quelque chose dont elle est toujours persuadée d’ailleurs. Mais maintenant elle sait aussi qu’elle ne fuira plus. Qu’elle ne peut plus faire quelque chose pareil.

Soudain un petit gloussement jaillit de la bouche de Sorrow et chasse avec lui toutes les mauvaises pensées. Il est discret mais suffisamment sonore pour être entendu par certains habitués qui se retourne, un air curieux sur le visage. Ce n’était pas souvent que l’on entendait Sorrow rire de bon cœur. En fait ce n’était peut-être même jamais arrivé. « Bien sûr, je comprends. C’est tout sauf raffiné après tout. Et le nom est pas brillant mais le patron ne veut pas changer … il dit que ça correspond à l’ambiance du lieu. Ce en quoi il n’a pas vraiment tort d’ailleurs … attend une minute je vais te faire quelque chose d’accord ? » Rapidement elle s’éloigne et se glisse doucement derrière le bar pour mélanger quelques alcools. Cette fois c’est un cocktail moldu. Elle ne le dira pas à Ada d’ailleurs. Mais elle a appris à le faire juste après être partie de chez elle. Elle avait pensé qu’en tant que loup-garou elle devait fuir le monde magique et vivre comme une moldu. Mais elle y avait renoncé au bout de quelques mois à peine, incapable de se passer du monde magique. Cela remontait à quasiment trois ans maintenant. Mais elle se souvenait encore de quelques petites choses apprises alors qu’elle travaillait dans un bar. Doucement elle revient vers Ada et dépose un verre devant un elle. « Tiens. C’est un Black velvet … c’est plus convenable pas vrai ? J’espère que tu aimeras en tout cas. » Lentement Sorrow s’assoit en face d’elle. « Maintenant je veux tout savoir sur ce qu’il s’est passé depuis la dernière fois que je t’ai vue ».
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MessageSujet: Re: Waiting for my friends [Ada]   Waiting for my friends [Ada] EmptyLun 17 Nov 2014 - 21:32

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Ada haussa les épaules en entendant Sorrow la trouver beaucoup trop bien pour cet endroit. La Ada que tous connaissaient, jeune femme de bonne famille propre sur elle, était peut-être un peu trop bien pour cet endroit. Encore fallait-il ne pas oublier l'autre, celle qu'elle était bien consciente d'être : une scientifique obnubilée par son travail et sa poursuite incessante de la frontière entre la vie et la mort. Une Ada qui se souciait bien moins de la morale que l'autre. Le ministère la payait pour accomplir la quête d'une vie, Voldemort distribuait des largesses aux gens qui comme elles essayaient de percer ce secret, et ne pas s'embarrasser de considérations telles que l'éthique ou des odeurs délicates était une bonne chose pour travailler sur ce domaine. Si elle l'avait pu, la soigneuse en aurait fait part à son amie, mais les mots ne franchirent pas ses lèvres. Elle avait confiance en Sorrow, peut-être trop. Mais il y avait des tabous qu'elle préférait ne pas briser, et Ada avait en tête que le Seigneur des Ténèbres n'aimait pas qu'on brise les clauses de confidentialité, si informelles soient-elles. Au fond, elle ressentait aussi une petite frayeur : comment la douce et courageuse Sorrow aurait-elle supporté de savoir son amie à ce point fascinée par le morbide ? Sorrow devait déjà s'occuper des ivrognes de son bar, qu'une personne à qui elle faisait confiance ne vive que pour l'attrait intellectuel que représentait la mort, ce serait la goutte de potion débordant de sa fiole.

Tout en tendant le bras devant elle pour admirer sous toutes les coutures ce bracelet, Ada bredouilla quelques mots à défaut de dire la vérité à son amie.

- Je suis sûre qu'un jour, cet endroit aussi pourra devenir fashionable, un lieu où la Haute magique se retrouve et prend un verre, annonça-t-elle en haussant les épaules. Son regard se porta sur les traces douteuses qui ornaient la table. Mais peut-être pas tout de suite. Après l'ère du Pisse-de-dragon et quand la tendance sera à nouveau aux bas-quartiers.

Ce qui est bien plus satisfaisant pour Ada, c'est indéniablement de voir Sorrow communiquer par quelques signes au type taciturne qui a l'air de tenir l'endroit. La soigneuse comprend que son amie aura du temps à la consacrer et un vif bonheur lui fait rosir les joues et remonte les commissures de ses lèvres. Une mandragore fraîchement rempotée ne serait pas plus satisfaite de son sort. Si elle n'avait ni le sens des convenances ni envie de prendre soin de ses affaires ni le goût d'un peu de distance avec les autres, Ada aurait presque pu lui serrer la main pour le remercier, mais entrer en contact direct avec quelqu'un tolérant que ses tables collent un peu n'était pas recommandable.

- Oh, c'est une longue histoire à raconter. J'espère que ton siège est confortable. Et merci pour le verre.


Ada eut un sourire de remerciement quand Sorrow proposa de s'occuper de sa boisson. Elle l'accueillit avec satisfaction en entendant le nom : c'était bien plus appréciable comme ça. Curieux qu'elle n'ait jamais entendu ce nom, il faudrait qu'elle demande à son amie d'où venait ce curieux breuvage. Ada le sirota joyeusement pendant quelques secondes, tendant à nouveau machinalement son bras devant elle pour admirer ce bracelet qu'elle avait envie de montrer à la terre entière : Susanna, Juliet, Siwan ... Non, pas Siwan. Siwan ne serait pas aussi contente qu'elle. Mais elle allait le montrer à tout le monde pour partager sa joie, ouaip.

- C'est très bon, merci Sorrow. Pour répondre à ta question ... Ca se passe toujours bien au Ministère. Pas de fulgurante découverte, pas de catastrophe non plus.
Ada marqua une pause. Elle aurait aimé en parler plus, détailler le sel de ses journées qui se trouvait dans les infimes détails, les luttes insignifiantes face à la Mort dans l'espoir de la faire reculer. Mais ça, cela resterait sous le sceau du secret. Longtemps. Au niveau familial, oh, je ne sais pas par où commencer. Mon frère est égal à lui-même, mes parents sont très pris de leur côté mais on prévoit de passer un peu de temps avec ma mère ces jours-ci, peut-être un petit séjour dans la famille si on a le temps, enfin, une activité entre nous. Mais Roman, oh, ciel, Roman ...

Ada passa une main dans ses cheveux. Dans sa tête, l'organisation de ce qu'elle voulait dire se faisait aussi clairement que s'il avait été question de rendre un parchemin à un de ses professeurs. Le propos introductif : check. La première partie : check. Elle allait pouvoir s'occuper de la partie deux qui concernait son oncle. Et comme à son habitude, en élève studieuse et appliquée, Ada s'appliqua à remettre les choses dans le contexte. Elle regardait Sorrow avec l'assurance que lui donnait le fait d'être absorbée sur une tâche intellectuelle, quand toute la maladresse sociale pouvait s'évanouir. Inconsciemment, Ada se rapprochait d'elle, captivée par le charisme du visage entouré par tant de boucles brunes dans lesquelles elle aurait aimé plonger la main.

- J'ai déjà du t'en parler, mais je suis très proche de notre oncle, Roman. Il s'est beaucoup occupé de nous lorsque nous étions enfants. Dans ma tête, Roman était la personne qui ne se laisse fléchir par personne, restera célibataire par choix et par envie de mener sa vie tranquillement. On se laisse souvent du temps l'un l'autre et des moments de calme quand on se voit, et je pense que cela nous a considérablement rapprochés. Enfin bref, il me considère un peu comme sa fille et c'est génial d'avoir un oncle comme lui. A bout de souffle, Ada marqua une pause. Elle reprit d'un ton plus pincé, un peu amer. Sauf que toutes les bonnes choses ont une fin. Il va se marier. Roman va se marier. J'ai fait une sale tête en l'apprenant. Un coup à finir fripée comme le portrait dans l'aile est du troisième étage de Poudlard. Le pire, c'est qu'il se marie avec quelqu'un que je connais. Et je n'imagine pas du tout cette personne devenir ma tante. Je ne sais même pas ce que c'est, une tante. Surtout quand la tante a plutôt mon âge que le sien.

Ada retourna à son cocktail et en prit une grande gorgée. Elle se sentait un peu plus sereine maintenant que la bombe était lâchée. Elle en parlait une bonne fois à Susanna aussi : elles géraient leurs émotions fortes ensemble à grand renfort de papoteries très longues où elles refaisaient le monde et de couinement d'émotion indignée ou approbatrice.

- Pour le reste, je vais bien. J'ai commencé à apprendre un nouveau morceau au violon, et j'aimerais te le faire écouter. Tu es libre, ce soir après ton service ? Tu pourrais rester à la maison, et mon elfe te préparera un petit-déjeuner si tu t'en vas après moi.


Et en partie trois, Ada relançait la conversation pour aider son interlocuteur à lui répondre plus facilement. Son père et ses professeurs auraient étaient très fier de son petit développement et son ouverture en fin de copie. Maintenant que le spectre rassurant de ce petit cadre s'évaporait, Ada put être à nouveau toute entière dans sa contemplation de Sorrow. Sorrow si belle, si charismatique, si ...
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MessageSujet: Re: Waiting for my friends [Ada]   Waiting for my friends [Ada] EmptyMar 18 Nov 2014 - 14:55

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Sorrow et Ada
Il y a Ada et son sourire, Ada et ses longs cheveux bruns qui coulent en douce vagues le long de ses épaules, Ada et ses grands yeux clairs. Et Sorrow qui ne peut pas s’empêcher de la bouffer du regard. Comme si elle était la dernière goutte d’eau au milieu du désert. Elle n’y peut pas grand-chose Sorrow. Mais il faut dire que depuis qu’elle a changée, depuis qu’elle a fui en laissant derrière elle sa vie et tous ceux qu’elle aimait, Sorrow est habituée à la misère. Aux ombres et aux lieux sales pleins de crasses et de gens aussi crades. Et avec tout cela est venue l’indifférence. Indifférence de ceux qui valaient mieux. Plus riches. Mieux habillés. Et parce qu’ils étaient tout cela ils jetaient des faux regards de commisération à Sorrow, des regards qui contenaient d’avantage de condescendance que de compassion.

Alors elle s’était sentie aussi sale. Aussi misérable que ce que montrait le reflet de leurs yeux …

Stupide ? Peut-être. Elle aurait du être plus forte. Comprendre que sa valeur ne venait pas de quelque chose d’aussi futile que l’endroit ou elle habitait. Mais elle l’avait crue. Se méprisant d’autant plus. Se regardant sans voir autre chose qu’une coulure de boue sur le miroir. Raclure. Et puis Ada était arrivée. Sans jugement. Avec un sourire sur les lèvres et de la lumière dans les yeux. Et Sorrow étaient redevenue humaine. Fière. Peut-être pas heureuse non. Mais le bonheur lui semblait impossible d’accès depuis le jour ou elle s’était fait mordre. Pourtant Ada lui avait donné quelque chose de précieux. Sans aucun doute. Et depuis ce jour Sorrow s’accrochait à elle. De toute ses forces. De toute son âme. Peut-être est-ce pathétique. Peut-être. Mais c’est tout ce qu’elle peut faire Sorrow. Tout ce qu’elle sait faire.

Alors un rire lui échappe lorsqu’Ada parle. « Les bas-fonds à la mode ? Mais ce jour n’arrivera que lorsque les Acromentules auront des ailes ! Ou alors les bas-fonds ne seront plus des bas-fonds … parce qu’une Dâââme- elle traine sur les syllabes accentue le mots avec un peu de mépris. Ce mépris qu’elle ressent pour ceux qui la jugent indigne- respectable ne pourrait jamais s’aventurer dans ce lieu de débauche sans se pâmer ! » Un ricanement lui échappe. Elle ne devrait pas être ainsi critique. Certaines des amies d’Ada sont sans doute ainsi. Mais elle n’y peut rien. Un peu amère Sorrow. Parce qu’elle aurait sans doute été ainsi … du moins si elle n’avait pas tout perdue.

Sorrow penche la tête en avant, s’appuie sur son coude et laisse ses longs cheveux noirs glisser le long de son bras. « J’ai tout mon temps. J’ai toujours tout mon temps pour toi. » Un sourire mince se dessine sur ses lèvres. Involontairement séductrice Sorrow. Ou peut-être justement volontairement. Avec Ada elle n’en est jamais sûre. Tout ce qu’elle sait c’est qu’elle ne peut pas s’en empêcher. Alors elle continuer à écouter Ada. Et sa vie au Ministère. Ada n’en dit jamais grand-chose mais les secrets ne dérangent pas Sorrow. Elle en a plus que sa part alors elle peut tout à fait accepter ceux de son amie. Sans broncher. Au contraire. Puisqu’Ada en à elle se sent bien moins mal de garder des informations pour elle. Cela la soulage. La rassure. « Un séjour dans ta famille te fera du bien, c’est toujours bon de retourner aux sources ! » Elle dit ceci sans vraiment connaitre la famille d’Ada. Elle dit ceci uniquement parce que sa famille à elle lui manque. Et ce malgré tous les dysfonctionnements. Parce qu’elle crève d’envie d’y retourner … tout en sachant pertinemment qu’elle ne le fera jamais. Opale est morte. Et Sorrow n’a pas de famille. Peut-être que le regret et la tristesse brillent dans ses yeux durant quelque secondes mais très vite elle essaye de changer de sujet.

« Je te comprends. C’est toujours dur de devoir se séparer de quelqu’un que tu aime. Surtout quand tu pensais que ce quelqu’un resterait toujours avec toi. Et d’autant plus si ce Roman t’a élevé. Mais peut-être que ce n’était pas suffisant pour lui ? D’ailleurs corrige-moi si je me trompe mais … vous n’êtes pas censés vous marier pour … perpétuer la lignée ? » Elle essaye d’être délicate Sorrow. De dire vous, au lieu des sangs-purs. Elle ne veut pas être méchante. « Je ne veux pas être indiscrète tu sais mais … » Elle s’emmêle les pinceaux. Sotte petite Sorrow. Alors elle secoue la tête. Décide de changer de sujet rapidement pour ne pas rendre Ada mal à l’aise là ou elle ne voulait pas même pas. « Désolé. Je dois avouer que je ne sais pas vraiment comment te consoler. Je n’ai jamais eu une bonne relation avec un membre de ma famille alors … je ne sais pas vraiment comment ça marche pour être franche. » C’est probablement la chose la plus personnelle qu’elle ait dit à quiconque ses trois dernières années. Mais c’est Ada. Et elle ne veut pas la blesser. Jamais. Une grimace déforme soudain ses traits.

« Outch. Et tu l’apprécie ? Je comprends que ce soit d’autant plus dur alors ! » Et Sorrow ne sait pas ce qui est le pire. Qu’elle soit amie avec la fille en question ou qu’elle la déteste … peut-être qu’il n’y pas de bonnes réponses ? En tout cas elle n’aimerait pas être à la place de la jeune femme. Alors elle hoche la tête. « Bien sûr. Ce sera avec plaisir. Si tu as besoin de moi c’est normal que je vienne ! Mais je devrais partir tôt naturellement parce que … » Elle ouvre soudain grand les yeux. « J’ai oublié de te le dire en fait ! Mais j’ai trouvé un travail ! » Elle espère lui changer les idées en lui disant cela Sorrow. Parce qu’elle veut voir Ada sourire. L’entendre s’épanouir. Sorrow se penche un plus vers elle. Lui serre doucement la main. Amicalement. Peut-être un peu plus. Elle n’y peut rien. Sorrow se sent soudain bien ici. Dans ce bar minable, au lieu de ses gens vulgaires. Un sourire se dessine sur ses lèvres. Oui elle se sent bien.

Parce qu’il y a Ada…
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MessageSujet: Re: Waiting for my friends [Ada]   Waiting for my friends [Ada] EmptyMar 6 Jan 2015 - 9:35

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Il y a sans doute deux raisons au bonheur d'Ada ce soir-là : la présence de son amie et le fait qu'elle soit, soyons honnêtes, un peu pétée. Comme un coing. Bourrée. Ronde comme un vif d'or, pour les intimes ou les plus jeunes – du moins l'expression faisait-elle fureur quand la soigneuse faisait ses classes à Poudlard. Un sourire béat pour ne pas dire bête emplit son visage, mais la digne représentante de la famille Travers s'en fiche comme d'une guigne. Il n'y a personne qui puisse dignement venir la voir et lui parler de cette fois où elle était alcoolisée dans un pub minable. A moins d'admettre soi-même avoir posé ses miches dans ce pub minable, une chose qu'aucun sorcier respectable ne se risquerait à faire. Or Ada ne parle qu'aux sorciers respectables. Et à Sorrow, cela va sans dire.

La sorcière glousse aux remarques de son amie, devenant sans le vouloir l'incarnation d'une parfaite idiote. Le ton que Sorrow prend lui semble être le plus comique du monde, il lui rappelle toute cette gêne de s'être sentie mal à l'aise dans la haute société sorcière lorsqu'elle était enfant : aux yeux d'Ada, prendre le thé avec ses poupées était infiniment plus agréable qu'une réception où elle aurait l'impression de faire des claquettes sur des oeufs. Désormais, Ada a le regard un peu embué, tout son amour pour Sorrow lui semble se déverser autour d'elle. Ca se voit ? Merlin, que ce ne soit pas visible, pour ne pas briser cet instant avec son amie … L'esprit ailleurs, Ada débite ses problèmes. Et la réponse qu'elle désirait ne se fait pas attendre.

Quand Sorrow enchaîne, parle de ce qui se passe dans sa vie comme Ada l'attendait, celle-ci laisse échapper un petit cri de surprise – disons un criet. Pour un peu, la sorcière taperait dans ses mains pour féliciter son amie. Mais Ada a bu un peu vite pour quelqu'un à jeûn et se lancer dans des grands mouvements serait une décision extrêmement dangereuse pour son équilibre.

«  C'est formidable ! Qu'est-ce que tu vas faire ? De la vente ? Du conseil ? Un truc moins glauque et mieux désinfecté qu'ici, hein, rassure-moi ? Je pourrais venir te voir ? ». Dans un soupçon de lucidité, Ada avait veillé à baisser la voix. Un groupe d'ivrognes faisait du raffut à l'autre bout de la salle, mais elle préférait être certaine que l'employeur de Sorrow n'allait pas entendre les critiques sur son établissement. Même s'il aurait mérité l'envoi d'un médicexpert de l'hygiène.

« Je suis si contente pour toi ! Viens on va fêter ça ! » D'un geste un peu trop habile pour une demoiselle de la haute société, la Travers fait comprendre à un des serveurs restants de venir renouveller leurs boissons. Ses doigts délicats insistent sur le chiffre deux : ce soir, elle paie un verre de ce délicieux cocktail presque inconnu à Sorrow. « Bon, j'espère que les gros nases du coin ne vont pas croire qu'on peut te faire picoler dans ton boulot, hein, dis. Si on t'ennuie, il faut que tu me le dises. » pépie Ada en jetant un œil noir au groupe de soûlards du fond de la salle, inconsciente que si quelqu'un revêt sans mal le rôle de demoiselle en détresse, c'est bien elle. Sorrow est bien assez grande pour se défendre, mais l'employée du ministère joue bien assez de son charme pour qu'on prenne sans cesse sa défense.

« Je te propose qu'on prenne un dernier verre ici et qu'on quitte ce rade si tu peux. Tu es sensée finir à quelle heure ? Tu dois faire des choses pour ta fin de service, comme lancer un récurvite et tout ça ? Enfin, si vous lancez des récurvite ici. »

Avec satisfaction, la jeune femme voit approcher un des collègues de Sorrow, plateau à la main. Deux boissons sont posées dessus, les yeux d'Ada pétillent. De son élégante bourse en satin, elle tire une somme approximative en gallions, avec assurance. Si vous montrez que vous avez l'air hésitant dans un bar, le serveur essaie de vous pigeonner. Surtout si les tarifs ne sont pas précisés clairement. En tout cas, c'est ce qu'on lui a toujours dit. Que lui avait dit son époux quand ils sortaient dans les bas-fonds de la ville il y a quelques années de cela, par envie stupide d'exotisme – et parce qu'il fallait bien qu'il découvre le pays. A la pensée de son cher français, Ada se crispe un peu. C'est un fantôme du passé, maintenant. Il ne va pas revenir brusquement et lui parler de son dernier voyage pour le travail. Un goût amer envahit son palais, Ada s'empresse de prendre une gorgée de sa boisson en grimaçant. On lui rend sa monnaie, le serveur s'en va. Au fond de la salle, le groupe d'ivrognes fait de grands gestes. « Mais qu'est-ce qu'ils fichent ... » bougonne la petite brune.
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MessageSujet: Re: Waiting for my friends [Ada]   Waiting for my friends [Ada] EmptyDim 11 Jan 2015 - 10:34

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To come and break me out
Sorrow et Ada
Un lent sourire se dessine sur le visage de Sorrow alors qu’elle regarde les joues d’Ada rougir et son rire se faire plus fort et plus aisé. Pompette. Bourrée. Appeler ça comme vous voulez. Mais ses yeux pétillent un peu plus et ses gestes sont légèrement plus gourds. Et Sorrow qui habituellement ne supporte pas les gens qui perdent le contrôle d’eux-mêmes ne peut s’empêcher de trouver cela Adorable. Avec un grand oui. Voir Ada ainsi, si souriante, si insouciante lui donne envie de la serrer dans ses bras et de ne jamais la laisser partir. Parce qu’Ada c’est la plus belle lumière que Sorrow connaisse. Et quand elle la voit rayonner de cette façon, la louve à l’impression que son cœur se gonfle et que l’horizon devient plus clair.

Si elle s’en souvenait elle se rendrait compte que c’est ça le bonheur …. Mais ça fait trop longtemps depuis qu’elle à éprouvé ça pour la dernière fois …

Sorrow s’appuie lentement sur son coude, ses longs cheveux viennent doucement glisser autour de son visage comme un rideau de soie noire. Et lentement, presque imperceptiblement elle se rapproche d’Ada. Elle le fait sans même s’en rendre compte. C’est juste que Sorrow est comme l’un de ces papillons attirés par la flamme. Pour elle qui vit depuis si longtemps dans les ténèbres le moindre éclat de lumière est profondément attirant. Et donc Ada est forcément la tentation ultime n’est-ce pas ? Parfois Sorrow se demande pourquoi la jeune femme la fréquente toujours. Il faut dire qu’elle n’est pas vraiment un modèle d’humanité. Pauvre. Pas forcément très classe. Travaillant dans un bar miteux. Sans avenir … il ne lui reste pas grand-chose. Le pire serait sans doute si Ada apprenait que Sorrow était une louve-garou. Jamais la brune ne pourrait s’en remettre.  Elle peut accepter le dégoût et la haine de tous les autres. Mais pas d’elle.

Si elle ne sait pas encore pourquoi Sorrow. Elle sait d’ors et déjà que le rejet d’Ada la briserait. La détruirait aussi surement qu’un coup de poignard. Elle secoue rapidement la tête. Pas la peine de s’angoisse durant une aussi belle soirée pas vrai ? Alors elle plaque un nouveau sourire sur son visage et se recentre sur la conversation. Un petit rire lui échappe. « Oui quelque chose de mieux qu’ici ne t’inquiète pas ! Mais de toute façon on ne peut pas dire que ce soit vraiment dur de faire mieux que cet endroit ! » Et un de ses sourcils se lève pour désigner le bar en signe de dédain. Après tout ce n’est pas parce qu’elle travaille ici qu’elle doit apprécier l’ambiance crasseuse et vulgaire de l’établissement. Tout de même pas ! Sorrow se retourne vers le visage radieux de son amie.

« Je suppose que tu connais Lucrezia Rowle ? » Sorrow se doute bien que oui. Après tout le monde des sangs-purs est minuscule comme chacun le sait. « Et bien elle m’a proposé de travailler comme mannequin dans sa boutique de bijoux. Donc mon travail consiste simplement à la suivre en me baladant avec des bijoux sur moi et à me taire devant les clients. C’est incroyablement reposant comme tu peux t’en douter ! » Elle ponctue sa déclaration d’un immense éclat de rire. Mais pour Sorrow qui passe ses journées à trimer dans un bouge pour un salaire de misère le travail proposé par Lucrezia s’avère être un cadeau inespéré ! « Alors évidemment que tu pourras venir me voir ! »

Sorrow regarde Ada faire gracieusement un signe vers le serveur qui lui adresse alors un regard nerveux. Mais Sorrow appuie l’ordre de son amie d’un signe de la tête. Elle est en pause. Il n’est peut-être pas pertinent de boire sur son lieu de travail amis contrairement à d’autres elle n’arrive ni bourrée, ni droguée dans ce lieu de perdition. Et rien que ce seul fait réussi à faire d’elle une des meilleures employées du bar. Elle sait que son patron ne se séparera d’elle pour rien au monde. Il ne pourra trouver nulle part ailleurs quelqu’un d’aussi compétent acceptant de travailler autant pour si peu. Donc il ferme les yeux sur ses petits écarts et Sorrow continue à faire ce qui lui plait. «  Les gros nazes ? » Sorrow questionne avant de comprendre. «  Ah …ceux-là … ne t’inquiète pas pour eux, ils sont majoritairement inoffensifs et pour ceux qui ne le sont pas … et bien disons que j’ai plus d’un tour dans mon sac. » Et Sorrow conclue sa déclaration avec un grand sourire froid, une lueur de sauvagerie aux fonds des yeux. Avant certains ont essayés de l’ennuyer oui. Il y a quelques temps … mais ils avaient très vite renoncés. Après bien sûr que quelques « malencontreux » accidents leurs soient arrivés.

La brune saisit délicatement le verre que lui tend le serveur, James, tout en continuant de sourire à Ada. Et lentement elle prend une gorgée de la boisson, laissant l’alcool réchauffer doucement sa gorge avant de déglutir. «  Non tu as de la chance. Ce soir je ne fait pas la fermeture. Et je pense qu’en demandant on me laissera partir plus tôt. Après tout je travaille souvent plus longtemps que prévu … sans bien sûr être payée plus. Donc ils ne peuvent pas dire grand-chose ! » C’est agréable pour une fois d’avoir un peu de pouvoir. En l’occurrence même celui aussi minime que de pouvoir décidé à quelle heure quitter son travail. Soudain le regard de Sorrow se porte sur le groupe d’ivrogne au fond et une lueur d’inquiétude passe dans son regard. « Peut-être devrait-on partir plus tôt ? Ce n’est sans doute rien mais au cas ou je ne voudrais pas qu’il t’arrive quoi que ce soit ! » Elle est toujours terriblement inquiète Sorrow quand on vient à Ada.
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