sujet; Makhÿx — « Because I am tout seul, il n'y a personne beside me »

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L
ueur assassine au fond des prunelles tandis qu’elle remonte les escaliers menant au salon. Derrière elle, un feu, un bûcher embrase les murs entre lesquels elle a achevé la fin de sa journée. Ce n’est là que le résultat d’un nouvel échec, un de plus, alors que les livres se consument, que les créatures qui y résident s’évanouissent dans la fumée, sans autre possibilité que de demeurer là où elles sont enfermées. La Ténébreuse y a veillée, entouré la cave de sortilèges destinés à protéger le manoir tout entier des flammes mais aussi des morts qui règnent en maitre en ce simple lieu. Foutaises, encore et toujours, alors qu’elle avance, ne se détourne pas de la sortie, laisse les grondements se mêler aux crépitements jusqu’à ouvrir la porte et la refermer derrière elle. Lasse. Epuisée, fatiguée de ces échecs qui n’en finissent pas. Son unique consolation demeurait en ce fait immuable : personne avant elle n’a réussi cette entreprise, pas même son rival et mentor, Roman Travers. Maigre consolation en effet. S’accolant finalement à la porte elle laissa son regard observer le salon, désert. Étrange fait, sa belle-sœur trainant toujours dans les parages, elle qui n’avait rien de plus à faire, femme au foyer, à défaut d’autre chose. Parfois, la jeune héritière se demandait si elle ne surveillait pas ses allées et venues. Tant mieux, un peu de paix ne lui ferait pas de mal. Avisant finalement un étrange scintillement, ce fut avec une certaine assurance qu’elle se dirigea vers cette dernière, se laissant émerveiller par son éclat tentateur, allant jusqu’à porter l’objet de son désir vers un autre, le mariant à merveille. Et enfin, à ses lèvres, s’étirant d’une légère mimique bien moins contrariée, dès lors que l’alcool originaire de son pays traversa sa gorge et enflamma son gosier. Baba Yaga que c’était bon ! Inutile de se contenter d’un verre, tandis que la bouteille appelait à être conquise, vidée. Pourquoi s’en priver alors ?

Adieu convenance, bien paraître, alors qu’elle emporte la bouteille avec elle, s’installant confortablement dans le fauteuil le plus proche, agitant la baguette en direction du phonographe, laissant la musique envahir la pièce, adoucir son humeur noire. Une nouvelle gorgée de vodka et c’est sans plus de prétention qu’elle détache sa chevelure brune et détache quelques boutons de son chemisier. La paix, un bien grand mot. Nouvelle gorgée, et s’annonce une soirée euphorique. Seule. Autant oublier ses soucis le temps d’une nuit, d’oublier son but, ce qu’elle est, ce qu’elle fait, ce qu’elle est prête à faire. Et les minutes s’écoulent, puis les heures, tandis que les verres eux-mêmes coulent à flot, jusqu’à la mener à l’abandon de ses pensées, ses lèvres fredonnant l’air que l’appareil crachait, augmentant finalement le volume d’un nouveau coup de baguette, posant le verre sur la table basse avant d’elle-même se lever, d’esquisser quelques pas de danses, et de chanter un peu plus fort, dépassant presque l’appareil. Adieux soucis, bonjour folie passagère ! De toute manière, puisqu’il n’y a personne, elle peut bien faire ce qu’elle souhaite non ?
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Une nouvelle gorgée alors que son âme se noie sous les larmes salées, alcoolisées. Tout est secret, tout en est en dedans. La russe ne sait pas montrer ses propres faiblesses, elle n’aspire pas même à le faire, le visage neutre, prunelles perdues dans un feu de cheminé qui lui rappelle celui en train de dévorer son laboratoire et les créatures qui y résident. Il n’y a pas de quoi pleurer ces morts-là, ils ne sont rien d’autres que des marionnettes dépourvues d'esprit, des pantins aux ficelles solides. Ils n’ont rien d’intéressant que l’échec qu’ils miroitent. Son échec. Songe qui poignarde une nouvelle fois son myocarde et dont seule la vodka peut abréger la souffrance. Ce soir, il faut oublier, demain tout recommencer. Tout n’est qu’éternel renouveau. Et le verre se vide, cristal qui brille sous ses doigts tremblants. La ténébreuse part à la dérive tandis qu’elle verse le poison dans le récipient, se tue à petit feu sans désir d’être sauvé, s’acharne à réchauffer un corps qui n’est que de glace, qui n’est que le reflet d’une Sibérie désertée. Mais plus elle tente, et plus l’objectif lui paraît lointain, impossible à atteindre. Pas faute d’essayer.

Alors elle s’engonce un peu plus dans ce fauteuil, ce trône improvisé, tandis que ses pieds jouent d’une cadence qui se rapproche de la musique qui crache sa mélopée un peu trop entrainante dans l’immense salon dont elle vomit la décoration. Trop de féminisme, trop de futile, à l’image de la maîtresse de la demeure. Ce n’est pas la demeure Dolohov, ce n’est pas l’identité de la famille dont elle porte le triste patronyme. Ah ! Si elle en était Reine, nul doute que les coussins fleuris iraient brûler dans l’enfer de l’âtre, ou de la cave. Les romans à l’eau de rose s’en iraient nourrir les esprits faibles, ou elle se plairait à en remplir la gorge de cette belle-sœur détestée, haïe, créature indigne de l’homme dont la prestance lui vaut sa loyauté, son amour inconditionnel. Monstre d’égoïsme, elle ne partage pas, refuse de perdre l’unique pilier de son monde, se tient sur le pied de guerre prête à tuer quiconque voudrait lui arracher l'indivisible amour de sa vie.

Insupportable vision de sa propre existence qu’elle noie sous une rasade bien trop conséquente. Ses doigts repoussant en arrière ce long rideau ténébreux, ses lèvres exultant d’un soupir rassasié, alanguie. Rien ne saurait être meilleur que la saveur de la patrie désertée, brûle sa gorge et endort son esprit tourmenté. Exit le bien-paraître, quand sa silhouette change de position pour mieux se laisser aller en travers du trône, dos calé contre un accoudoir tandis que ses jambes se perdent dans le vide. Et puis ce rire, sardonique qui ferait vibrer n’importe quelle sainte. L’annonce imminente de son monde, alors que ses prunelles céruléennes se tournent paresseusement vers lui. Grand, tant de prestance que c’en est douloureux, jalousie au bord des lèvres. Comme elle doit être pitoyable face à lui, à ses côtés ! Pauvre enfant oubliée dans un coin de la pièce, condamnée à chérir le sang de son sang de loin, avec l’espoir d’un jour atteindre cette même grandeur, d’allumer l’étincelle de fierté dans l’œil patriarcale. Hélas, voilà qu’elle détourne le regard, pudeur suintant le long de ses joues quant à la tenue inadéquate qu’il présente. Une sortie de lit brutale, à n’en pas douter. Par sa faute ? Il est vrai que la musique n’aide pas au calme, et c’est presque avec un cruel retour de conscience qu’elle attrape sa baguette pour mieux jeter un sortilège de confinement. Juste elle et lui dans un silence de mort pour le reste de la maisonnée. Sourds et aveugles, enfermés à l’abri de toute intrusion néfaste. Il est vrai qu’elle ne supporte aucune des créatures féminines qui peuplent l’endroit.

Et la question, fatidique mais qui n’éveille aucun remord, aucun sentiment de honte, alors que ses lèvres trempent déjà dans l’alcool clair. « Seulement cette bouteille. Et peut-être une autre. » avoue t’elle sans détour. Nul besoin de mentir au nouveau chef du clan. Et si elle esquisse un étirement de lèvres sous le reproche de son éducation, ce n’est que pour mieux en rire. « Il est bien trop tard pour une tasse d’eau chaude et d’herbes. Laisse-moi oublier pour une nuit que je suis une jeune femme bien élevée. » Affirme ses propos par une nouvelle gorgée, bien avant que la question ne réveille son esprit alanguie. Les macchabées. Ses inferis, sa légion, ses tristes soldats dépourvus de volonté propre. « Réduits en cendres. » murmure t’elle alors qu’un nouveau tour de baguette incite un verre à léviter vers elle. « Tu m’accompagnes ? » réplique t’elle de nouveau, ses prunelles se noyant dans celles de son frère, n’y cherchant que le consentement, le réconfort de ne plus être seule.

Sitôt balayé pourtant par la chamaillerie d’une sœur à son frère. « J’imagine, à ta tenue et ta mine, que tu n’as pas obtenu satisfaction cette nuit. » Que sa putain réside dans le lit, abandonnée et incapable de concevoir. C’est une autre raison de la haïr, et des raisons, la Ténébreuse pourrait en trouver une infinité pour peu que son compagnon achève enfin cette union insensée et stérile.
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Il lui suffit de l’observer, de laisser chaque foutue cellule de son iris s’abreuver de lui, pour comprendre que quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe, sa vie n’aurait plus de sens s’il venait lui aussi à déserter ce triste monde, son univers aux couleurs passées, délavées. Sien. C’est ce qu’il est depuis sa naissance, depuis qu’elle peut observer ses proches, qu’elle peut porter le nom sur sa personne. Elle a perdu le plus âgé des deux, celui qu’elle n’a connu que par de trop brèves entrevues, mais pas lui. C’est la raison pour laquelle elle l’a suivie, forçant un destin qui aurait voulu qu’elle pourrisse dans leur Russie natale. Lui, seulement lui. Alors qu’elle repousse ses prunelles loin de son image, loin de l’incandescence de cette vision, écarte mille possibilités fantasques et se cache pour mieux oublier. Il est l’allégorie d’une perfection regrettable, qui brûle l’âme et détruit tout organe. Cette douloureuse affliction qui broie chaque parcelle, nécrose tout sur son passage. Elle hait cette sensation quand lui la repousse, encore et encore, à l’image paternelle qu’elle a haït de toutes ses forces, qu’elle a finit par bannir, jeté au cachot, brûlé, détruite et éparpillé aux quatre vents. Elle maudit sa présence autant qu’elle la désire, se plie de mille façons pour lui plaire, pour l’inciter à poser le regard sur la poupée qu’elle n’est que de façade. Et cette nuit, elle peine à respirer, ne rêve que d’un passé où tout semblait si simple, où il lui suffisait d’aller se lover dans les bras de l’aîné pour que les monstres tapis sous le lit disparaissent, pour que les maux s’évaporent. Ce soir, le monstre porte son reflet, de prunelles céruléennes à lèvres rosées, de chevelure ténébreuse à silhouette sacralisée. Est-ce la raison de l’éloignement ? La fragrance envenimée est-elle si insoutenable ? Une nuit, une seule dans ses bras, sans poser de questions, sans chercher plus de raison. Seulement l’oubli, le réconfort, de n’être qu’un comme la Lune va former l’éclipse avec le Soleil, comme l’amant s’approprie sa maitresse, comme les cinq doigts de deux mains en forment dix.

Hélas, cette nuit sera toute aussi stérile que les précédentes et les suivantes, à ceci près qu’ils partagent une intimité occasionnelle, que la Ténébreuse gâche par son penchant pour l’autodestruction exceptionnelle. La raison n’est pas encore perdue, mais quelques verres de plus pourraient aisément y remédier, ajouté à la nervosité, le mal qui ronge et s’arrange pour ne laisser aucune trace. Voilà qu’elle ose finalement s’activer de nouveau, se redresse pour mieux faire face à son aîné, sa jambe gauche se repliant pour ne plus laisser de place à l’oisiveté qu’elle offre en spectacle depuis quelques minutes. Déesse qui reprend peu à peu le contrôle de la situation tandis que son vis-à-vis observe, se délecte certainement de la souffrance qui émane de chaque pore de son épiderme. Et si elle esquisse de nouveau une mimique amusée, ce n’est que pour répondre à la constatation qui dépeint son attitude. « Je n’ai que deux verres d’avance sur toi. » Défie t’elle, lève son verre pour mieux trinquer dans le vide. Elle ne doute pas un instant que son frère, son modèle, viendra mettre un terme à son règne et la mettra au pied du mur. Il lui a mainte fois prouvé sa résistance, son acharnement et son ivresse honteuse.

« Crois-moi, tu n’as pas envie que je m’étende… » Et elle ne peut qu’acquiescer, écœurée d’avance à l’idée d’imaginer son frère martelant la créature des bas-fonds, cherchant à gonfler son abdomen d’un enfant qui ne vient jamais. Une tristesse pour la famille, un soulagement pour celle qui refuse d’être la tante de l’enfant d’une créature exécrée. Qu’il en finisse une bonne fois pour toute, qu’il la renvoie dans l’enfer d’où elle est sortie, qu’il en choisisse une autre bien moins futile, bien plus à sa hauteur. Hélas, il demeure cet autre problème, cette tique qui s’accroche, ce parasite indestructible qui dort ici-même, dans l’une des chambres du manoir et qui n’inspire rien de positif à la dernière héritière de la famille. « Je sais que ça ne va pas te plaire, mais aux vues de la situation et de l’infertilité de mon épouse-adorée, je songe de plus en plus à léguer quelques héritages à Svetlana. » Un arrêt, et déjà son regard accroche celui du patriarche de la famille, se fait aussi venimeux que dangereux. « Ne t’avise même pas d’aller plus loin dans cette idée Maksim. » Bruit sec, le verre trouve sa place sur la table basse, alors qu’elle se redresse, emprunte sa prestance à un courage inné et qu’elle n’utilise qu’en de rares occasions contre lui… Car si elle aime son frère de toute son âme, elle ne peut nier la crainte qu’il glisse sous sa peau chaque fois qu’il ose porter la prestance due à un leader. « N’y pense même pas. Je ne te laisserai pas donner notre nom, notre héritage à cette chose sortie du ruisseau. » Siffle t’elle entre ses dents. Jamais, alors qu’elle se redresse, qu’elle ose enfin quitter son fauteuil pour mieux se planter devant lui. « Tu n’es pas encore à portée de la faucheuse. Sépare-toi de ton inutile épouse, demande moi d’envoyer un Inferi dans son lit s’il le faut ! » Un pas, deux pas, la déesse infernale s’échappe, se dirige vers le feu qui reflète les tourments de son âme. « Fais-ce que tu veux, mais je t’interdis de continuer dans cette folie. » Un éclat de rire nerveux, alors que ses mains accrochent l’âtre, qu’elle laisse son regard rejoindre les enfers. « Par Raspoutine, je serai même prête à te le donner cet héritier s’il le faut ! » Pour ne rien perdre, pour ne pas laisser le nom des Dolohov rejoindre le néant et l’oubli. Folie de la raison, quand son regard se perd sur le visage de son frère, de son parfait égal.
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