sujet; Christmas, a day with the Reichsführer — Caleb Selwyn

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❝Don't Stop Me Now❞ Queen.15'05 pm & Winter Tales

La confiance avait toujours été un poison plus que délicat au travers de l’histoire des sorciers. Elle se manifestait sous autant de formes qu’il existait de personnes foulant cette terre. Confiance en soi lorsque l’on s’élançait, balai au vent, au ciel d’un stade de Quidditch grondant, confiance en l’autre lorsque d’une poignée de main le Magister scellait le destin de son nouveau Sous-Secrétaire d’Etat. Ce sentiment de destins engagés par le respect et la dignité appartenait aux êtres possédant le plus de noblesse ou le plus d’ambition ; d’acier ou de brindilles un tel pacte tantôt se brisait, tantôt survivait au contexte de l’Angleterre. L’échiquier était délicat ; depuis qu’elle était de retour de sa chasse, voilà quatre mois, Bellatrix Lestrange n’avait cessé de se poser une tonne de question – et c’est encore un euphémisme – remettant sur le tapis sa confiance indomptable en elle-même. Quelle place prendrait son époux dans sa nouvelle vie ? Sa famille devait être une nouvelle alliée soudée ou continuer à être une ennemie à craindre ? L’audace de l’ainée de la noble famille Black demeurait dans ses consultations, de ci de là, glanant autant de rencontres fructueuses que de conseils avisés. Ses succès, aperçu comme un nouvel âge d’or de la brune en bataille, rétablissait la sorcière sur son Trône de sang. La reine des ténèbres qu’elle souhaitait avoir toujours été avait tourné d’une toute autre façon. Sa plus belle plume avait parcouru, confiante, un parchemin destiné à Tissard et Brodette. Il était temps de renouveler son image de marque.

Voici venu le moment de ressortir le monstre enfoui dans ses entrailles et de reprendre les rennes des rangs des partisans. Lord Voldemort s’était doté d’un nouveau Goebbels au ministère, les Mangemorts verraient le retour de leur Himmler renouvelé. La mine glaciale tranchée de rangées de dents sanguinaires, il n’y avait plus rien qui ne comptait que les vestes d’apparat qu’elle revêtirait dès à présent. L’an 2003 serait l’an pire. La lettre partit par hibou, arrivant bien vite chez son destinataire qui mit ses équipes au travail. Des pièces uniques pour l’épouse Lestrange ne se réalisaient pas en un jour. Le Général du Seigneur des Ténèbres reprenait sa charge la tête haute, les épaulettes relevées et la botte robuste. La baguette de Noyer dans la manche, Bella transplana aux abords du marché de Noël. On entendait encore en échos les rires distrayants et l’apparente ferveur du peuple, ignorant un moment leurs soucis. La coiffure cintrée en un chignon aussi redoutable que complexe, la gravité de la Favorite ne présageait pas qu’elle n’était là que pour se divertir. A ses côtés, se dressaient deux Mangemorts de rang inférieur qui n’était là que pour décorer. La mesure n’était ni relative à la sécurité ni destinée à la coquetterie. Seule la Terreur formait un but assez important pour expliquer cette escorte. Cette parade était toute calculée puisqu’il fallait rappeler que les porteurs de la Marque n’étaient pas seulement les grattes papiers du Ministère de la Magie, mais aussi une vraie force de frappe loyale au Lord et dans laquelle il pouvait avoir confiance. La trahison n’avait jamais tenté les protégés de l’ainée Black qui pouvaient se vanter d’être les bourreaux les plus efficaces du régime, ceux qui faisaient que désormais le Marché d'Hiver n’avait pas la même saveur qu’avant leur arrivée.

Comme enfermée dans un moule inconfortable, le corps de Bellatrix se tenait droit mais laissait ça et là deux bras dégingandés glaner poignées de main aussi rapides que dégoutantes pour la belle et signes de la main rigides aux quelques amoureux du régime qui la voyait encore et toujours comme une héroïne de guerre. Néanmoins, si tout cela se faisait avec un visage de marbre, froid et hautain, animé par un orgueil dédaigneux, les quelques regards terrifiés qu’elle croisa au passage lui arrachèrent des petits sourires acides, emprunt d’un réel plaisir. Au fond des yeux de peuple affamés elle captait le surplus de haine qui la nourrissait et qui la rendait inquiétante. Bientôt, quelqu’un viendrait lui parler, l'importuner ou dans un éclair d'imbécilité tenter de la mettre en colère, elle le savait alors elle continua de profiter de ce bain de foule douteux, vêtue de sa veste au dessin militaire, repoussant en coups de talons chirurgicaux les enfants qui souhaitaient l'observer de plus près. Salazar qu'elle détestait les enfants des gueux.


Dernière édition par Bellatrix Lestrange le Ven 1 Jan 2016 - 16:36, édité 1 fois
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Le marché d'hiver, qu'elle excellente idée. Caleb n'était pas aveugle à la misère ambiante, les citoyens pauvres et affamés, les gens qui bavaient devant les étals et les regards éteints. Caleb était même très au courant de ce qui causait cette misère puisque ça faisait parti de son propre département au Ministère de la Magie. Ces derniers temps, le blocus commercial qu'ils subissaient mettait à mal leur économie déjà déstabilisée par la montée en pouvoir du Magister. Évidemment, leur ambassadeur et tout le personnel de leur étage faisaient leur possible pour rétablir les liens entre les différents pays, mais la situation était compliquée si on prenait en compte le fait que leurs voisins craignaient visiblement que les ambitions du Magister ne se limitent pas à l'Angleterre.

Cependant, Caleb n'était pas venu ici pour s'enfoncer dans des idées noires ou pour démêler l'inextricable situation dans laquelle le pays se trouvait, mais bien pour trouver un petit quelque chose à rapporter à Gwen. Après tout, il était suffisamment riche à la fois pour se permettre de faire ses courses ET pour ignorer royalement les pauvres et les défavorisés. Comme quoi, l'argent et les privilèges formaient une barricade réelle et pourtant intangible entre lui et les couches sociales inférieures.

Alors qu'il observait un étal présentant divers bijoux qu'il jugea rapidement sans valeur, un léger murmure, comme une vague silencieuse et bruyante tout à la fois, lui indiqua qu'il y avait dans les environs une personne qui méritait qu'il cesse un instant de chercher pour s'y intéresser. Il se détourna donc pour suivre les bruits, scrutant la foule du regard jusqu'à trouver l'origine de ce discret affolement.

Puis il la vit, fendant la foule dans son nouvel uniforme, l'air incroyablement supérieure au reste de la masse et à la fois suffisamment magnanime pour permettre au commun des mortels de lui serrer la main, quelques fois. Peu de gens pouvaient se vanter d'avoir la prestance dangereuse de Bellatrix Lestrange. Peu de gens pouvaient aussi prétendre inspirer autant de peur dans le cœur des gens. Caleb était dans son camp, bien évidemment, il portait la marque, il l'admirait et pourtant elle l'effrayait. Cependant, ce qu'il ressentait était de la bonne peur. De la peur saine. La peur qui incite au respect. La peur qui créé l'envie. Caleb enviait son pouvoir. Il enviait la façon qu'elle avait de se faire craindre. Il enviait aussi son importance et sa prestance. Il tâcha de remettre sa tenue correctement, bien qu'il n'y ai rien à modifier, puis alla rejoindre le reste de la foule pour se tenir sur le côté et avoir une occasion de la saluer personnellement. Malgré son aura effrayante, Caleb se sentait un devoir d'aller lui parler, au moins juste pour échanger quelques politesses.

-Madame Lestrange, je suis navré de vous importuner, mais je souhaitais vous saluer et avoir l'honneur de vous serrer la main, puisque le hasard nous a fait nous rencontrer à ce marché de Noël.

Il essayait de rester calme, s'il pouvait se faire bien voir par Bellatrix Lestrange, ça ne serait qu'un avantage en plus. Sans compter que même en mettant le pouvoir de côté, Bellatrix est aussi la tante de Gwen, avoir son appui sur ce point également ne serait pas de refus, bien qu'il soit à des années lumières d'y penser pour le moment. Bellatrix était à la fois un modèle et une inspiration pour lui.
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Caleb Selwyn lui cracha son escorte à l’oreille, conseillé de l’ombre parmi les autres Mangemorts inférieurs qui résidait dans son ombre terrifiante. Bellatrix la Sanguinaire toisa le jeune homme qui fendait la foule et que ces accompagnateurs avaient repéré. Les porteurs de la Marque avait toujours mérité plus d’estime que le vulgaire peuple. Elle arracha à une femme de l’Elite sa main meurtrière et saisit le sorcier de bonne famille au menton alors qu’il s’adressait à elle. Ses doigts s’étaient tellement refermé sur les joues en losange du mâle qu’elle transforma sa bouche en une Duckface ridicule. L’épouse Lestrange, par mimétisme, arbora la même mine grotesque tout en inspectant minutieusement son nouveau jouet. Oui, elle était comme cela, s’arrêtant d’un pas net au milieu d’une rue bondée, au risque de voir les pauvres se bousculer pour ne pas la toucher. La peur les empêchait de s’en prendre à la Favorite du Magister alors leur attention se rivait sur Caleb, le gratifiant d’admiration mêlée de dégoût. L’envieuse rentière dédaigneuse jusqu’à la jeune héritière convoitait désormais ce jeune homme pour l’importance que Bellatrix Lestrange lui donnait. Le vieux riche et le blanc bec jalousait les regards féminins envoutés par le rang béni de Mangemort et d’ami de l’ainée des Black. La vérité comptait peu alors que le calme investissait le pavé. Qu’allait-elle dire ? Avec elle, tout était loin d’être prévisible.

Ses lèvres tremblèrent un instant. « Voyons, on ne me dérange pas facilement ». La phrase était lancée avec ce rythme rapide et chuchotant dont elle avait le secret, ponctuée par des claquements de fouets dans le ton. D’un geste sec, le regard écarquillé d’un sourire amusé, elle attira Caleb auprès d’elle, dans ce cercle préservé d’intimité, ultime privilège de la notoriété. Elle attendit le grognement discret d’un des acolytes dans son dos. Bella balaya la contestation d’un geste intimant de fermer son bec. « Donne moi ton bras » glissa-t-elle à l’oreille du jeune partisan alpagué surement pour son plus grand bonheur. Comment pouvait-il en être autrement puisqu’il avait désormais l’honneur de se balader sous l’aile du Général de Voldemort ? Elle continua à saluer la foule ça et là, une foule autant pétrifiée par les horreurs historiques de la femme que fascinée par cette pièce de musée encore vivante. S’en était même étonnant lorsqu’on connaissait les rivalités des membres du Cercle et l’ardeur de la résistance au régime pour en faire tomber les symboles les plus spectaculaires. « Regarde les, chacun d’entre eux, il y a tellement de peur au creux de leurs entrailles qu’elle se vomit sur leurs faces de Scroutt. ». Se confessant à moitié, les petites pensées de Bella se partageaient allégrement avec le second des Selwyn, surement pendu à ses lèvres ou peut-être aussi effrayé que les badauds. Pour accompagner la parole, elle lui enfonça un doigt épineux dans le visage, juste au creux des pommettes. Cela la fit rire un peu, dans des éclats glacés qui résonnaient dans l’assistance. Les béni-oui-oui édentés rigolèrent grassement en même temps qu’elle, vrais pouilleux espérant un seul regard qu’elle ne leur accordera néanmoins jamais. « Ils n'ont de souhait qu'un peu de reconnaissance des leaders. Mais comme nous assumons nos atrocités, nous laissons ces pitoyables gens mourir de faim sans une once de regret. Délicieuse méthode. » Continuant sa marche lente, elle poursuivit : « Et toi.. euh… Charles ? (on lui chuchota quelque chose de nouveau) Oh ! Caleb, oui. Et toi Caleb, que veux tu le plus en cette fin d’année ? » Elle jouait au père Noël la matriarche Lestrange, affublé de son sourire aimable clignotant de névrose. Maintenant que sa belle-sœur par alliance avait passé l’arme à gauche, elle se sentait d’humeur maternelle avec tout le monde, pourvu que ce monde porte la marque des Ténèbres ou un trace conséquente d’un sang commun.
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À peine Caleb avait-il finit de parler que Bellatrix l'attrapait d'une main ferme par le bas du visage pour l'observer minutieusement alors qu'il commençait à se demander s'il avait effectivement bien fait de venir lui parler. La femme ne semblait pas en colère cependant et faisait une grimace qui devait sans doute refléter la sienne, causée par sa poigne de fer. Il sentait les regards s'apesentirent sur eux, envieux pour certains, sans aucun doute, légèrement narquois pour d'autres. Il était devenu le nouveau jouet de la femme la plus célèbre et la plus crainte du pays. Cette crainte ne lui était d'ailleurs pas étrangère, il avait beau être dans son camp, ça ne le mettait pas forcément à l'abris.

Puis, enfin, elle lui parla, brisant la tension et faisant retomber la nervosité qui n'avait cessé de croître en Caleb. Même dans un simple chuchotement était impressionnant venant d'elle et son sourire trouva rapidement un écho timide sur les lèvres du jeune Mangemort lorsque celui-ci se fit attirer à elle. Il vivait un moment d'exception, c'était certain. Il le sentait dans les prunelles jalouses des passants, dans les murmures et les grognements qui les accompagnait désormais. Bellatrix lui demande de prendre son bras et Caleb n'hésite pas un instant avant de s'exécuter. On fait pas attendre une telle dame.

Il se sentait le fébrile receveur d'un honneur qu'il ne comptait pas gâcher en faisant le moindre faux pas. Sans doute oublierait-elle ce moment à l'instant même où elle le quitterait, mais Caleb savait d'ors et déjà qu'il se souviendrait de ce moment pendant encore de longues années après qu'il soit passé. Cette figure, la plus grande parmi les Mangemort, lui parlait comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Caleb buvait ses paroles tout en observant ce qu'elle décrivait sur les autres. Encore une preuve de son incontestable supériorité sur les autres, là où lui, Caleb Selwyn, décidait d'ignorer la misère et peur, Bellatrix s'en repaissait. Caleb aimait son travail de Mangemort, mais il se fichait des conséquences pour les autres tant qu'elles étaient positives pour lui. Madame Lestrange semblait en savourer toutes les facettes. Elle lui enfonça un doigt dans la joue, comme pour le tester et Caleb tourna la tête vers elle pour l'observer, toujours aussi perdu entre l'admiration et la crainte qu'il ressentait. Il ne remarqua même pas qu'elle se trompait de nom pour lui parler.

-Je crains de ne pas me montrer très original, madame.

Il était comme le reste de son espèce. Il voulait plus de pouvoir. Il était également comme tous les éternels deuxième nés des familles de sang pur. Il voulait plus de reconnaissance. Il voulait le respect et il voulait prouver sa valeur au Lord. Il était le parfait petit Mangemort en herbe, prêt à pousser pour devenir la relève de terreur et d'efficacité que le peuple craignait. Il voulait faire mieux encore que les anciens comme Bellatrix. Il voulait la crainte, mais il voulait aussi l'adoration, il voulait que l'on ressente pour lui ce qu'il ressentait pour ce monument parmi les Mangemorts qu'était Bellatrix Lestrange.

-Je souhaite m'élever. Je souhaite prouver ma valeur au Lord et obtenir plus de pouvoir. Je... souhaite devenir comme vous.

Qui ne le voudrait pas ? Sa voix avait légèrement tremblé vers la fin. Il voulait vraiment devenir comme elle, mais dans sa propre version des choses. Il souhaitait beaucoup d'autres choses, mais ce n'était pas des points à aborder en public. Caleb connaissait la foule. Il savait quels sujets aborder ou pas à portée d'oreilles probablement hostiles. Il souhaitait que les Mangemorts soient plus unis dans cette guerre afin d'écraser la résistance plus rapidement. Il souhaitait le redressement d'un pays qui courait à la ruine si les frontières ne se rouvrait pas. Puis il se demanda ce qu'une femme qui avait déjà tout souhaiterait obtenir le plus au monde en cette fin d'année et osa lui poser la question.

-Et vous ? Quel serait votre vœu en cette fin d'année ?
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Devenir comme vous. La formule résonna en son fort intérieur comme l’écho de jours passés, un fantôme surgit d’outre-tombe sans prévenir. C’était là une chose dont elle éprouva une réelle douleur rien que d’y penser. Bellatrix Black se revoyait au temps jadis, le sourcil épais et la mâchoire carrée revancharde. Qu’en était-il advenu ? De sa voix autoritaire, emprunte d’admiration, elle l’avait elle aussi lâchée cette formule à son mentor, à celui qui lui avait appris les pires horreurs qu’un sorcier peu commettre, au Magister en personne. Elle le revoyait se dresser face à elle, les traits comportant les signes du serpent, héritier de Salazar Serpentard connu sous un nom effrayant. La peur étreignait les intellectuels d'antan qui avaient regardé son ascension et celle de ses partisans. Il l’avait choisie, sans doute en y voyant la folie meurtrière et l’appétit dévorant de pleurs dont elle était emplie. Voilà bien des années que les arts noirs s’étaient infiltrés dans les pores sanguins de la Favorite, soigneusement confié par le Maitre. Elle l’avait toujours été, elle avait toujours été faite pour parader accompagnée par la Terreur. Sa gorge redoutable éclaircit sa voix en un raclement profond, ravalant les souvenirs du passé et se replongeant dans l’instant, au cœur de ce marché d’hiver avec le jeune Caleb Selwyn.

« My little boy, lâcha-t-elle avec un rien d’émotion dans le timbre, assez exceptionnel chez cette femme de puissance et d’atrocité. Ton souhait est le plus terrible et le plus fascinant des cadeaux. » Elle resserra sa prise sur le bras du garçon, l’attirant à elle pour sentir une proximité hiérarchique alors que sa démarche se faisait plus souple, telle une marionnette devenue incontrôlable d’excitation. Mentor, voilà un travail qu’elle n’avait jamais expérimenté que sur Draco Malfoy, son neveu, dans des leçons contraignantes d’Occlumancie. La nouveauté la remplissait d’une joie étrange, éclairant son visage d’un empressement enfantin. « Mon voeu le plus cher serait de voir notre Maitre ne souffrant plus d’aucune contestation, puissant et sublime, le Rebelles écrasés et l’infâme sang-mêlé bébé Potter déchiqueté par notre puissance. Rien d’autre ne me ferait plus plaisir que de me tenir à ses côtés comme je me tiens maintenant, la peur sur leur visage, et la Marque comme seul emblème de la suprématie du sang. » Sa voix se faisait fébrile lorsqu’elle parlait de son Maitre, seul idole de son cœur d’adolescente, ce terrible amour qu’elle n’assouvirait jamais que par le meurtre et la torture. Le regard illuminé des fanatiques les plus fous, elle marqua un long silence alors que son esprit naviguait dans l’imagination, se rêvant première dame d’un empire d’injustice et de répression. Très vite, ce songe s’effaça au profit d’un autre sentiment.

Elle fit claquer la surface tendue son palais. Sa cavité buccale souffrait du contact râpeux et amer de sa langue épaisse et sèche. Bellatrix Lestrange avait soif. Incapable de produire suffisamment de salive pour s’en contenter, son pas triomphant s’arrêta net devant une échoppe de dégustation qui servait des alcools divers. Aux abords, une table surélevée permettait de jouer les piliers de bar en plein air. Elle claqua des doigts trois fois avant de désigner l’endroit d’un index sévère. Les badauds n’eurent pas le temps de s’écarter de sa route qu’elle se frayait un chemin dans la foule en enfonçant ses serres acérées dans les visages, sans distinction d’âge ni d’état de santé. Ainsi, sans doute creva-t-elle un œil à un jeune homme encore scolarisé et lacéra-t-elle la nuque d’une vieille femme qui se retrouvait projetée à terre, à moitié piétinée par les autres et réellement amochée. Combler sa soif était bien plus prioritaire que le destin du peuple. « Commande ce que tu veux cutie pie, aujourd’hui tu es mon invité. »
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La voix de la Favorite se tâche d'une légère émotion qui manque de faire tressaillir Caleb alors qu'elle lui donne ce surnom qu'il juge presque affectueux. Peut-être n'était-ce là que l'ambition des jeunes hommes, ou bien l'espoir qui le caractérisait lui plus particulièrement, mais il ne voyait pas ceci comme une façon de le diminuer, de lui dire qu'il n'était qu'un petit garçon, mais bien un jeune esprit plein de potentiel et de promesses. Après tout, qu'est-ce que les garçons faisaient de mieux ? Ils grandissent.

Elle le rapproche de lui et Caleb est trop prit par sa propre fébrilité pour remarquer celle du grand Général du Seigneur des Ténèbres en personne. Caleb avait fait le bon choix, visiblement, en parlant de ses ambitions et de ses envies de grandeur. Ses envies d'être comme elle, finalement. Elle ne le regarde plus en parlant, mais Caleb ne peut détacher ses yeux de sa figure impressionnante, presque dramatique dans le sens théâtrale du terme.

Alors Bellatrix Lestrange se confia à Caleb Selwyn. Il n'apprit rien de neuf, il ne reçu aucune information que n'importe quel sorcier anglais aurait pu deviner par lui-même, mais entendre les mots sortir de la bouche assassine de la pire de tous les Mangemorts avait quelque chose de bien plus puissant, comme si désormais, elle avait imprégné de pouvoir ces mots à la promesse si sombre et pourtant si belle, comme une prophétie qui n'attendait qu'à être réalisée. N'était-ce pas une prophétie qui avait ramené à eux leur maître à tous ?

Caleb approuvait ce qu'elle disait, il était pour la suprématie du sang, pour la fin des rebelles et pour l'idée que leur Maître règne sans contestation possible. Que les gens aient peur de Bellatrix Lestrange et du Maître lui-même était nécessaire. L'intimidation imposait des retenues qu'il était dur d'outrepasser, sauf pour les esprits trop stupides pour se soumettre. Pour sa part, Caleb appréciait l'idée d'être craint, mais il ne vouait sans doute pas aux classes inférieures tous le dégoût qui leur était dû. Caleb savait que chacun avait son utilité et il respect ce besoin qu'ils avaient du peuple tout autant qu'il attendait du peuple toute la révérence qu'il devait à leur éclatante supériorité dû au sang qui coulait dans leurs veines.

Soudainement, avec la brusquerie qui caractérise son être tout entier, Bellatrix Lestrange fait claquer sa langue et s'arrête. Son regard rempli de la folie que seuls les véritables fanatiques connaissaient se fade alors qu'elle pointe une échoppe proposant de la boisson de doigt. Madame a soif et ses claquements de doigts rapides et pressant sont une indication, une mise en garde. Personne ne doit se trouver sur son chemin et ceux parmi les badauds qui furent trop lents pour s'écarter subirent un sort peu enviable. Caleb prit soin de les ignorer comme il se devait avant d'arriver devant l'étal. Elle lui demandait de choisir ce qu'il voulait parmi la variété de divers alcools présentés, le désignant comme son invité. Il s'inclina légèrement devant elle pour lui témoigner son respect, encore une fois.

-Merci madame, c'est un véritable honneur pour moi. Il se redressa pour examiner les vins présents mais se décida rapidement. On ne faisait pas attendre Madame Lestrange. J'opterais pour un verre de ce vin blanc.

Caleb était friand de vin blanc. Il aimait les choses sucrées et n'appréciait que peu le goût persistant de certains vins rouges, peu importe leur qualité ou leur année. On s'empressa de servir l'invité de la femme la plus effrayante du pays avec une main un eu tremblante, manquant de renverser le breuvage sur la cape de Caleb qui s'écarta juste assez pour éviter la catastrophe.

-Attention ! Gronda-t-il d'un ton sec. Cette cape vaut probablement plus cher que ce qui te sert de maison.

Le verre fut posé sur le bar avec un regard terrifié en direction de Bellatrix et Caleb pu enfin s'en emparer en paix. Bien entendu, on ne servait pas des vins royaux comme ceux qui se trouvait dans les caves Selwyn dans une échoppe de dégustation en plein air, le breuvage serait donc particulièrement moyen, néanmoins il devait être buvable et c'était tout ce qui comptait. Il revint au sujet de conversation qu'ils avaient quitté avant de venir jusqu'ici, attendant que Bellatrix soit servie pour goûter sa commande.

-Les rebelles ne sont pas plus près de gagner maintenant qu'à leur début. Leur chute définitive n'est qu'une question de temps. Votre vision se réalisera.

Il s'inquiétait plus des relations internationales que des Insurgés, mais impossible de parler de sujet aussi sérieux en présence de tant d'oreilles qui traînaient.

-Pour rester sur des notes joyeuses, j'imagine que vous êtes ravie des fiançailles de votre neveu avec Miss Ollivander. C'est une belle union et c'était une très belle cérémonie.

Il ne savait rien des problèmes de fertilité de Nyssandra Ollivander, mais quoi qu'il arrivait, c'était une cérémonie de fiançailles entre deux familles de sang-pur et Caleb avait été satisfait malgré tout d'y assister, grâce à Gwen.
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« Appelle moi Bellatrix ! » grinça-t-elle au bout du énième madame qui sorti de la bouche du jeune Selwyn. Elle le trouvait d’agréable compagnie mais un refrain qui revenait sans cesse l’obligeait à se montrer un peu plus catégorique, d’un seul coup sans prévenir. Le nuage passa très vite et elle récupéra son sourire. Un verre du même vin se nicha devant elle et, distraite, elle en parcouru le bord du doigt, gracieusement affalée pour moitié sur la table de fortune. Le produit de la vigne n’avait jamais trop été sa tasse de thé mis à part lorsqu’il arborait une robe épaisse et sanguine. Un liquide translucide qui semblait trop bien glisser contre sa paroi ne présageait pas vraiment des effluves les plus forts ni de profondes bouffées de chaleur. Tant pis, il fallait bien qu’elle cesse avec ses envies de Whisky Pur-Feu, héritée du bar ostentatoire de son manoir d’Herpo Creek. Alors qu’elle ne supportait pas les excès de Rodolphus, son retour l’avait guidée vers les alcools qu’on affectionnait entre leaders des forces du mal. « Bien sûr, ma vision se réalisera, petite perruche. Bientôt, on arrivera à désintégrer ces animaux et les insurgés mangeront la terre pour des siècles et des siècles. Salazar en soit loué. » En buvant sa première gorgée, elle eut un petit rire mauvais suivi d’un hoquet de rage qui la fit porter la main à son col.  

L’ainée des Black réprima des envies de cracher sur la foule, sa langue imbibée de la pire sensation qui soit. Le jus de raisin macéré n’était vraiment pas fait pour ses augustes papilles. Serrant sa poigne furieuse sur le contenant, le verre se brisa dans sa paume redoutable sans qu’elle ne quitte des yeux Caleb qui était en train de parler des récentes aventures de la famille Lestrange. Le vin vint se glisser dans les plaies nouvelles ce qui lui arracha un rictus peu élégant, déformé par un large sourire forcé. Elle n’en pouvait rien, c’était une sorcière démente et complétement incapable de rester « normale » suffisamment longtemps pour créer l’illusion. « Excuse-moi deux toutes petites minutes ». Elle s’extirpa de sa compagnie comme un serpent qui rampait en marche arrière pour rejoindre son escorte installée quant à eux non loin de là, profitant d’héritières particulièrement avenantes avec les deux partisans du régime. Elle les insulta sans doute, à voix basse en jetant des regards furtifs par dessus son épaule, mais elle obtint un unique gant de cuir duquel elle recouvra sa main meurtrie. Non, aucun bout de verre ne fut retiré et aucune inspection ne fut nécessaire. Franchement, la douleur était bien le cadet de ses soucis, et le bon sens demeurait un mot inconnu à son champ lexical.

« Nyssandra est tout à fait crédible pour cette union » Le pragmatisme d’une sang-pur se ressentait jusque dans ses jugement alors qu’on lui apportait un verre au liquide plus robuste. Elle se le mit dans le cornet sans cérémonie aucune. Réajustant son gant, ce qui lui arracha une deuxième grimace étrange, l’épouse Lestrange poursuivit sur un ton à la cadence militaire. «  Aramis est un jeune homme de talent… Dommage qu’il porte le fardeau de son père… Rabastan les a trop préservés à mon goût... Notre idée de la société ne peut se passer de quelques initiations importantes… S’ils les avaient reçus, peut-être mon beau-frère ferait-il moins sa jouvencelle au ministère… » Accélérations, chuchotements, signes de la tête fébriles et sifflements rageurs avaient accompagné sa prose, suivi du même rire mauvais que plus tôt dans la conversation. « Et toi mon petit et tendre Caleb, es-tu engagé ? »
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Caleb avait du mal à s'habituer aux différents surnoms que lui donnait Bellatrix Lestrange. Il avait réellement l'impression d'être un enfant à ses yeux et sans doute était-ce le cas. Non pas qu'elle était vieille, jamais il n'oserait penser une chose pareille bien entendu, mais elle avait vécu bien plus de choses que lui, était passée à travers d'autres guerres, d'autres massacres, des années à Azkaban qui l'avaient rendue... encore plus imprévisible qu'elle ne l'était avant, sans doute.

D'ailleurs, alors qu'il déballait des mondanités, elle sembla soudainement s'étrangler et porta une main à sa gorge. Était-elle en train de s'empoisonner ? Non, elle semblait tout simplement furieuse et Caleb prit le grand soin de ne surtout pas bouger, ne pas reculer, ne pas faire de geste brusque qui pourrait exciter sa rage et faire de lui une cible potentielle à cause de sa peur. Le marchand avait plongé derrière son bar et on ne le voyait plus, mais Caleb l'entendit distinctement sangloter lorsque le verre de Bellatrix se brisa dans sa main. Il le comprenait. Il se répéta encore une fois qu'il était particulièrement heureux de ne pas faire partie de ses ennemis lorsqu'elle s'éloigna de lui pour rejoindre son escorte.

Il en profita pour souffler et se passer une main dans les cheveux, se recoiffant légèrement au passage et observant son verre toujours plein d'un œil soupçonneux. Était-ce si mauvais que ça ? Sans doute, si on s'appelait Bellatrix Lestrange. Il ne prit même pas la peine d'insulter le pauvre hère qui se cachait toujours derrière son bar, tremblant certainement, il n'avait pas l'habitude d'avoir une telle noblesse dans son échoppe voilà tout. Il aurait du refuser. Après ça en revanche, nul doute que son bar improvisé perdrait en popularité. Les aléas de la vie étaient décidément bien cruels avec le petit peuple.

Bellatrix revint sur ces entrefaites, un gant cachant sa main blessée par les éclats de verre, comme si rien n'était jamais arrivé. Pas d'esclandre, tout allait bien. Il en aurait soupirer de soulagement s'il n'avait pas été élevé dans la retenue. Elle poursuivit la conversation en prétendant que Nyssandra était un choix tout à fait logique, ou plutôt crédible pour cette union. Caleb reconnaissait bien là la moralité des sang pur. On ne pouvait approuver une union dans la famille que si les deux familles avaient un sang de même qualité.

Quand à ce qu'elle disait d'Aramis... Caleb ne pouvait pas vraiment relever. Il ne connaissait pas bien cet homme, à part qu'il était l'un des frères de Gwen et qu'il ne l'appréciait pas. Caleb ne comptait pas lui faire l'honneur d'avoir une opinion sur quelqu'un qui le jugeait sans même le connaître simplement parce qu'il était désormais en couple avec sa sœur.

-De quelles initiations voulez-vous parler ? Demanda-t-il avec curiosité.

Il voulait bien lui donner tous les Bellatrix qu'elle voulait, avec difficulté, mais arrêter de la vouvoyer était une épreuve qu'il ne se sentait pas prêt à relever. En revanche, des épreuves... pourquoi pas. La question qu'elle lui posa le prit légèrement au dépourvu. Engagé ? Dans quel sens ? Envers qui ?

-Je suis un enfant de l'élite. Mon engagement pour le Lord est sans faille, qu'il commande, j'obéirais, je n'attends que cet honneur. Pour ce qui est de mes engagements personnels, je ne suis pas fiancé, mais je fréquente votre nièce, Cedrella.

Ce n'était plus un secret, il était venu avec elle, lui avait tenu la main pendant les fiançailles de Nyssandra et Aramis. Il s'était trahi avec des regards envers elle qui voulaient sans doute tout dire à un observateur attentif. Il la couvait du regard.

-Soyez assurée que j'éprouve pour elle les plus tendre sentiments.

Comme si c'était important pour des engagements de sang pur. En revanche, il paraissait important de préciser ça pour sa famille. Histoire de dire qu'il ne comptait pas la maltraiter ou lui faire du mal. Il ne comptait pas finir empalé sur une baguette parce qu'il aurait manqué de respect envers la femme qu'il aimait.
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Elle lâcha un rire peu convaincant à la question du jeune Selwyn. Quelles initiations ? Vraiment ? Il avait bien une petite idée de quoi elle parlait. Non ? Pourtant, c’était très simple. Bellatrix Lestrange avait une fois rêvé du jour où elle aurait un enfant. Bien sûr, ce désir était commun à toutes les femmes qui passaient un certain cap de leur vie. Qu’adviendrait-il seulement d’un enfant entre les mains de la Favorite du Maitre… Incapable d’aimer quelqu’un, mis à part Lord Voldemort, l’ainée des Black dispenserait une éducation terrible, voire dangereuse pour la vie même de son héritier. La magie la plus noire aurait coulé dans les veines du gosse, sans aucune demi-mesure. Les arts noirs auraient été privilégiés à n’importe quel enseignement traditionnel chez les sangs-purs. Le but aurait été de créer un parfait soldat des Ténèbres, aussi imprévisible que l’orage et aussi destructeur que le feu. Evidemment, ça aurait été un mâle aux cheveux épais, la mâchoire forte et le regard polaire. La sorcière lança un soupire alors qu’elle se projetait les sublimes tortures mentales faites à son simulacre de garçonnet, poupée imaginaire qui ne verrait jamais le jour. « Il faut que les enfants soient baignés du même amour pour le Maitre que les premiers Mangemorts – dont au passage je faisais partie. Vous auriez du voir les premiers pas vers les ténèbres des plus faibles d’entre nous. Ils se condamnaient à cause d’initiations subtiles et dont il ne comprenait pas la portée. L’éducation devrait passer par le même genre d’épreuve. Même les anciennes familles peuvent engendrer des êtres trop faibles pour la cause, on le voit aujourd’hui. Il y a des traitres dans notre grande organisation. » Exaltée par ses pensées, elle trempa un doigt dans le whisky qu’on lui servit en tremblant et le porta à ses lèvres pour les en badigeonner. Sa langue passa au travers de l’ouverture pour lécher jusqu’à ses commissures le liquide ainsi répandu, imbibant le tout d’un étrange érotisme inconscient.

Son enfant de fantasme ne pouvait être autre que le fils du Magister en personne. Y penser la rendait fébrile, dilatant ses pupilles à outrance. C’en était presque glaçant. Le regard encore un peu vitreux, elle revint sur terre pour ne capter que très partiellement les paroles de Caleb – mais assez pour disserter sereinement sur le cas de Cedrella. « Cedrella ressemble beaucoup à ce qui se fait de mieux chez les Lestrange. C’est une héritière qui enfantera de solides enfants. » Son verre fut porté à sa bouche par la main blessée dissimulée dans le gant. Une goutte de sang coula sur son poignet dans la plus grande indifférence. Au contraire, elle fixait cet élément liquide avec une fascination mystique. Le sang, une chose si familière à l’essence enfouie de Bellatrix, d’une pureté de braise. Voilà qu’il ne ressemblait en rien aux rivières d’hémoglobine qu’elle avait fait couler depuis sa plus tendre jeunesse. Elle avait toujours été une tortionnaire et la voir ainsi bloquée sur un infime part d’elle-même, s’échappant sinueusement sur sa peau, la rendait presque fragile, presque émue. Souriant comme sourirait une enfant malade, la lieutenant retira le gant, découvrant une main couverte d’un rouge sombre « Les sentiments, bien sûr, quelle chose réconfortante. » Elle ne le pensait pas. L’hypocrisie n’allait pas à ses yeux exorbités, dont l’appétit s’ouvrait de plus en plus, faim qui bafouait le peu de raison de la grande dame. Sa blessure encore pleine de débris tranchant, elle captura dans sa paume la main de Caleb, lui enfonçant également du verre dans la peau. S’empêcher de faire souffrir tenait de l’impossible, mais c’était une preuve d’attachement. Bien sûr, elle avait vu Caleb aux fiançailles. Rien ne pouvait échapper à son œil curieux. Comment pouvait-il penser qu’un inconnu aurait eu le privilège de passer un peu de temps en sa compagnie ? La jeunesse était naïve.  

Carnassière, elle plongea ses yeux sombres dans le regard du fils Selwyn alors qu’elle serrait davantage sa prise entre ses doigts, blessant leur peau respective avec un plaisir non dissimuler. « Je vois en toi un homme de valeur Caleb Selwyn. Alors, je me suis dis que je pourrais t’apprendre quelques tours de magie, te conseiller pour ton ascension et participer au succès de ton engagement envers ma chère nièce. » Vautrée contre le rebord de la table, elle le toisait avec fascination et sauvagerie, vraie furie motivée par l’odeur ferreuse des sangs qui se mélangeaient en cette poignée de main odieuse.
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Ainsi donc Bellatrix avait décidé de parler des traîtrises qui survenaient au sein même de leur clan. Caleb n'était pas ignorant du fait que certaines des familles les plus anciennes et les plus nobles avaient su produire des héritiers qui étaient totalement étrangers à leur cause. Les Rosiers, par exemple. Les Rowle. Même les Malfoy avaient récemment été mis sur la sellette jusqu'à qu'on ne les juges totalement innocents des accusations dont ils faisaient l'objet.

Ce n'était pas le cas des Selwyn. Caleb portait sa marque avec fierté ainsi que son frère avant lui. Tous les deux avaient choisi cette voie et l'assumaient avec un pleine et entière assurance. Leurs parents avant eux soutenaient le Lord et considéraient qu'avoir leurs deux fils à son service était un incommensurable honneur pour leur famille qui avait su rester toujours aussi pure, de génération en génération, sans perdre une seule goutte de leur sang royal désormais dilué avec celui toujours pur des conjoins de leurs ancêtres. Bellatrix Lestrange avait beau être un modèle d'intégrité et de pureté, Caleb savait que son propre sang avait plus de valeur que le sien, ce qui ne l'empêcherait pas de se mettre à son service pour apprendre tout ce qu'il devait savoir pour devenir un grand et redoutable sorcier, malgré cette appréhension naturelle que représentaient les initiations dont elle lui parlait.

Le sujet revint sur un terrain connu, orienté vers Gwen. Selon Bellatrix, elle était une valeur sûre des Lestrange, une jeune femme pleine de potentiel qui saura enfanter des héritiers probablement attendus par la famille. Sans doute pas pour tout de suite cependant, Caleb tenait n'y avait pas réellement pensé jusqu'à ce que Bellatrix lui souligne ce détail. Ils n'étaient pas ensemble depuis suffisamment de temps pour penser à des enfants.

Il suivit le chemin de son regard jusqu'à sa main pleine de sang et fut traversé par la pensée que c'était sans doute ainsi que l'on s'attendait à voir la main de Bellatrix Lestrange. Couvertes de sang. Pas du sien cependant, qui savait le nombre de victimes qu'elle avait à son tableau de chasse ? Celui de Caleb s'étoffait doucement, mais il était loin d'arriver à son niveau. Il ne pu répondre à son affirmation sur les sentiments car au moment même où il ouvrait la bouche, elle s'empara de sa main qu'elle serra pour enfoncer les éclats de verre dans sa paume également.

Caleb serra les dents et la regarda droit dans les yeux, soutenant son regard. C'était douloureux, bien évidemment, mais moins qu'on pourrait le penser. Elle serra plus fort et il fit de son mieux pour retenir un grognement alors que le verre lui déchirait la peau entre leur deux mains serrées. Caleb se mit alors à serrer à son tour, par réflexe, mais ne faisant que contribuer à ce petit jeu qui mélangeait leur sang dans une poignée de fer. Elle semblait adorer ça. Pour sa part, il mettait un point d'honneur à lui prouver qu'il n'était pas en sucre. La violence des Selwyn coulait dans ses veines et ce n'étaient pas les Yaxley du côté de sa mère qui allaient atténuer ça. Cette étreinte entre leurs paumes ne faisait qu'exciter des pulsions furieuses qui sommeillaient la plupart du temps en lui. Lorsqu'il desserra les dents pour lui répondre, sa voix tremblait, non pas à cause de la douleur, mais à cause de cette rage de répondre à la violence par de la violence qu'il contenait le plus possible.

-Je serais honoré de recevoir vos précieux conseils, Bellatrix. Je ne pourrais rêver de meilleure main pour me guider, ni de meilleur appui pour mon engagement avec votre nièce.

Il ne lâcha pas sa main. Il avait comme l'impression que quelque chose de mystique se produisait entre eux, comme si leur poignée de main scellait une promesse qu'elle lui faisait et à laquelle il répondait en lui jurant à la fois d'être un élève appliqué et obéissant jusqu'à ce qu'il soit prêt à reprendre le flambeau aux meilleurs, ou aux pires de tous les Mangemorts.

-Croyez vous au destin ? Demanda-t-il brusquement. Je ne crois pas que ça soit le hasard qui m'aie poussé sur votre route aujourd'hui. Je compte faire de grandes choses en l'honneur de notre Lord et je sais que personne d'autre que vous ne pourrait m'apporter le pouvoir de les accomplir.

Rien ne paraissait impossible pour lui à présent que Bellatrix Lestrange l'avait remarqué. Redresser le pays ne serait pas un problème. Des solutions viendraient à eux, il les chercherait lui-même et les trouverait, puis ils n'auraient plus qu'à partir à la conquête du monde.
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