house of cards
Insecure again, dangerous again ; so bad (why,
urin). Enduring more, holding out is so hard (
an dwae). As time passes by, we only mess it up more. It's collapsing again : a house made of cards,
and us inside.
☾☾☾ C'est parce que t'es partie sans dire au revoir. Et ça, ils t'en voudront longtemps. Tous. Kid et Elias et Harry et peut-être même Emily. Si elle se souvient de toi. Peut-être que ce sera pas le cas. Peut-être qu'ils vont tous t'oublier, et après ça t'auras plus de comptes à rendre à personne, après ce sera plus simple, ouais, surement plus simple ; mais encore plus solitaire, aussi. Tu pourrais glisser hors du monde et personne ne s'en soucierait. Est-ce que ce serait pas affreux, ça ? Savoir que t'as pas compté. (Arrête de te dissocier, Neelam, putain.) Savoir que
j'ai pas compté. J'sais pas, j'sais plus. J'suis devant la porte et j'arrive pas à l'ouvrir. Il y a un poids sur mes épaules, là, oui juste là, confortablement installé et qui refuse de partir. Pourtant, moi, j'refuse pas de partir, jamais ; moi j'éprouve des facilités à me faire la malle, à disparaître dans la nature, à prendre conscience du fait que j'suis
inadaptée. Au monde, à eux (je les aime pourtant), et même à la Résistance (je l'aime pourtant). Voilà, ça se délite, ça disparait, j'ai donné ma vie, j'ai tellement donné ma vie,
que maintenant j'sais plus où elle est.
«
Vous allez rester là longtemps ? » Le sorcier se plaint en me voyant lamentablement arrêtée devant le battant. Je m'efface (comme je sais si bien le faire), glisse sur le côté, me colle au mur pour lui faire de la place en bredouillant un «
désolée » presque inaudible. C'est pas souhaitable qu'on entende ma voix dans un endroit comme ça, où j'suis pas sensée être, et puis une voix ça se retient trop facilement, ça reste en tête, c'est reconnaissable en deux temps trois mouvements. Il grogne en guise de réponse, la porte vérifie qui il est avant de grogner à son tour en s'ouvrant. Et moi je reste figée, les yeux bloqués sur les dessins magiques du battant, chargés d'empêcher l'entrée aux personnes non désirées.
Inspiration, expiration,
Je me place à mon tour devant leurs pupilles malaisantes qui me fixent, me triturent, m'inspectent de haut de bas. Mes mains tressautent de frustration tandis que l'attente s'allonge, s'étire sur l'espace de quelques secondes. Et enfin un cliquetis libérateur. Je pose mes doigts à plat sur la surface, donne une impulsion, fais un pas et déjà les bruits de l'intérieur m'envahissent, comme des fourmillements, me submergent. La musique du bar, les conversations étouffées cachées par d'autres conversations étouffées qui forment un brouhaha impénétrable, les gens mélangés aux autres sous des tas de fausses identités. Les volutes de fumée incompréhensibles, les odeurs qui font tourner les sens. J'apprécie de me noyer là dedans, même si officiellement, on m'a filé une mission
(officieusement, on m'a dégagée). Pense pas ça, Neelam, le pense pas (
putain de renaissance du phénix à la con.).
C'est dans un coin reculé que je me cale, l'air faussement nonchalant. Les autres coins reculés sont occupés,
forcément, et c'est comme ça que j'me retrouve à côté d'un autre solitaire. On s'ignore savamment, je fais semblant de ne pas l'avoir remarqué, mes cils vagabondent vers l'autre côté de la pièce pour nier l'existence de cette compagnie non désirée. Un verre, puis deux. Les boissons semblent décaféinées depuis que l'orviétan a achevé de détruire ce qu'il y avait de bon chez moi, mais je prétends quand même ressentir un goût lorsque le liquide dévale ma gorge. «
Autre chose ? —
Pareil. » Trois verres. Je grappille les informations qui s'offrent à moi en faisant mine de noyer mon désespoir au fond d'un alcool dont je ne connais même pas le nom. C'est peut-être bien ce que je fais, en vrai. J'ai perdu foi en la seule cause à laquelle j'croyais.
un
autre
verre
Le silencieux d'à côté remue, et soudainement je prends conscience d'à quel point il m'est
familier. Ses traits en eux-mêmes ne me rappellent rien de ce que j'ai pu connaître, néanmoins ; c'est quelque chose d'autre, comme l'avoir connu quelques années auparavant -
avant, avant toutes ces conneries, la guerre et puis nous qui avons tenté de grandir au milieu. Sourcils froncés, tout à l'intérieur de moi tourne à plein régime pour remettre un nom sur sa présence. Et ça vient soudainement, déclic, comme le cliquetis de la porte plus tôt,
clic, je le connais, malgré le fait qu'on se planque tous les deux, je le connais, malgré tout ce qu'on a changé,
je le connais je le reconnais. «
As- » L'intonation sort trop fort, un autre sorcier me lance un regard en biais. J'esquisse un sourire d'excuse avant de me tourner subitement vers celui qui m'intéresse. Voix feutrée, comme interdite - et surprise, si surprise, pourtant presque heureuse, je murmure : «
Aspen ? »