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Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: Draco Malfoy
Draco Malfoy

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Rechercher dans: Fiches poussiéreuses   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: Draco Malfoy    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptyDim 1 Nov 2015 - 19:36
Nyssandra :STALKING
28.10.02
@Draco Malfoy joking about the waitress keeping serving alcohol to @Aramis Lestrange despite the fact that he keeps saying he does not drink alcohol.
While choosing wines and spirits for #aranyss #engagement party with @Eris Burke , @C. Guenièvre Lestrange & @Ardal Ollivander .
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: Nyssandra.
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Rechercher dans: MSN, ancienne version   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: Nyssandra.    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptyDim 1 Nov 2015 - 14:53
Nyssandra :STALKING
28.10.02
{@=3}Draco Malfoy{/@} joking about the waitress keeping serving alcohol to {@=393}Aramis Lestrange{/@} despite the fact that he keeps saying he does not drink alcohol.
While choosing wines and spirits for {#}aranyss{/#} {#}engagement{/#} {#}party{/#} with {@=397}Eris Burke{/@} , {@=192}C. Guenièvre Lestrange{/@} & {@=548}Ardal Ollivander{/@} .
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: Nyssandra.
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Rechercher dans: MSN, ancienne version   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: Nyssandra.    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptySam 31 Oct 2015 - 13:33
Nyssandra :STALKING
25.10.02
Cake tastings at Mendl's for {#}aranyss{/#} {#}engagement{/#} {#}party{/#}. If you like their sweets, pray that neither {@=397}Eris Burke{/@}, neither {@=192}C. Guenièvre Lestrange{/@} are going to traumatize them. {#}myfriendsarethebestofall{/#}
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: Nyssandra.
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Rechercher dans: MSN, ancienne version   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: Nyssandra.    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptySam 31 Oct 2015 - 13:23
Nyssandra :STALKING
25.10.02
English breakfast with {@=397}Eris Burke{/@} & {@=192}C. Guenièvre Lestrange{/@} at Natalie's. Just before cake tastings for {#}aranyss{/#} {#}engagement{/#} {#}party{/#}.
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: ARANYSS #4 ► There is always another secret
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: ARANYSS #4 ► There is always another secret    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptyLun 12 Oct 2015 - 1:09
there is always another secret

I'm out on the edge and I'm screaming my name
Like a fool at the top of my lungs
Sometimes when I close my eyes I pretend I'm alright
But it's never enough
10 JUILLET 2002 ; {#}Aranyss{/#} 4


« J'ai cru ... » - que tu m'avais oublié, laissé. Et les mots qu'il ne dit pas s'enfoncent dans sa chair en invisibles sillons, lacèrent le coeur comme cette dent qui perce la lèvre d'une perle de sang. (il a raison, Eudoxie, parce que c'est ce que tu fais toujours, pas vrai ?) Au fond, ce n'est pas surprenant si Aramis ne lui fait pas confiance, s'il doute de ses serments, de sa constance. D'elle toute entière. C'est normal, elle n'a pas tenu le premier serment, entre tous. Pourquoi la croirait-il encore ? C'est normal, ce n'est pas le problème ... elle a juste cru que ça deviendrait moins ... douloureux. « Ne t'en veux pas. Tu avais autre chose à faire. » Sur sa langue, les mots ont un goût de cendres froides quand elle les ravale. Qu'aurait-elle à lui dire ? Un autre joli mensonge enrubanné de protestations ? Elle secoue la tête, et la coiffure devient bancale, fragile dans son déséquilibre. Un peu à son image. « Je » - devais recoller les morceaux de moi-même, tu es cruel de croire que je ne t'aime pas assez pour penser à toi. (tu ne peux pas lui reprocher les conséquences de ton propre égoïsme, Eudoxie) « Tu n'avais pas à te priver pour moi. »

(ce sont tes choix qui ont causé tout ça)
(tu es la seule fautive s'il pense comme ça)
(tu n'as pas à te plaindre, tu n'es la victime que de tes propres choix)

Tout ce qu'elle peut faire, au fond, c'est promettre. « Et je reste ... là. Si tu veux. » Encore et encore. « Je ferais gaffe, si tu fais gaffe. Tu me promets ? » Encore et toujours. « Je le promets sur la Magie. » Le serment de leur enfance lui vient naturellement aux lèvres. Elle fera attention autant qu'elle peut. A ne pas le blesser, à ne pas le mettre en danger. A rester à ses côtés jusqu'à ce que la folie l'emporte ou que la mort la fauche. Elle fera attention à ne lui offrir que de jolis souvenirs avant la fin. « Reste. » De la tête, elle esquisse un oui mais le corps est figé, crispé. La raison et l'amour bataillent, se déchirent pour une retraite en arrière, pour une fuite en avant. « Reste. » Et le compromis se trouve ici, debout à côté du lit, sans trop l'approcher pour ne pas le casser. Avec seulement ses doigts accrochés à son poignet pour lui donner un peu de chaleur, lui rappeler ce qu'est la douceur. Elle ne peut pas en demander plus.

Elle ne doit pas accepter plus. Et pourtant, c'est « là. » qu'est son centre. C'est dans ses bras qu'elle trouve son équilibre. Sans lui, qu'est-elle, sinon une ballerine vacillant au-dessus du vide ? Qu'est-elle, sinon une ruine d'esprit ravagé par les émotions ? N'est-ce pas lui, un peu, qui l'a sauvée ? « Que t'a-t-il dit d'autres ? » « Peu » Peu qu'elle se souvienne. Peu qu'elle ait entendu, perçu, déglinguée qu'elle était par les milliers d'émotions étrangères, par les réactions qui n'étaient pas les siennes mais que son cœur s'appropriait jusqu'à l'implosion. « Juste ... votre état. » Juste assez pour qu'elle se sente coupable de les avoir tous détestés dans son égoïsme coutumier. Juste assez pour qu'elle se promette de ne plus recommencer. « Je croyais que Serguei est venu te chercher. Tu peux m'expliquer ? » « Les Mangemorts qui s'occupaient de » me tenir tranquille « nous, ils en parlaient. J'ai demandé à Serguei aussi. Et j'ai lu les journaux. » Usé jusqu'à la trame à force de répétitions, le mensonge se glisse avec aisance. Dame Menteuse, Nyssandra a le doigté des gens habitués aux vérités défigurées. « Je vais bien. » Doucement, sa main fait courir les doigts d'Aramis contre sa joue et les paupières retombent sur le brun tandis qu'elle savoure le contact, cette chaleur oubliée. Il lui a tellement manqué. Elle a eu tellement froid sans lui. « Tu as bien vu que je n'avais rien. » D'un sourire maternel, de ceux qu'elle offre à Scorpius pour le rassurer, Nyssandra persiste, elle signe le crime de duplicité. Si rien ne se voit, si rien ne se sait, c'est qu'il n'y a rien, n'est-ce pas ? Tout ça, tout ce qui s'est passé devient chimère délavée. Rien qu'un mauvais rêve à oublier. « Je suis soulagé que tu ailles bien. »

Mais c'est tout le contraire. Rien ne va.
Elle va encore tout foirer avec ses aveux mal placés, ses déclarations déplacées.

Précipitamment, Nyssandra se lève, sa jupe battant contre ses jambes nues. Contre une pile de grimoires, elle manque de buter quand elle fuit vers le bureau, vers les échecs, la bichromie d'un monde aux règles bien tracées, aux limites bien définies. « Nyssandra » appelle Aramis, mais elle ne le voit pas plus qu'elle n'entend le lit grincer sous les mouvements du brun. Tremblants, les doigts se pressent sur les cases de corne et d’ébène précieux. Sur le plateau, elle sait jouer. Elle sait quand avancer, quand reculer. Quand prendre et quand donner. Sur le plateau, les échecs sont vite effacés, rapidement oubliés quand les pièces sont replacées sur leurs cases. Contrairement à la vraie vie, les erreurs ne sont pas irréversibles dans ce monde de cases. Son Roi n'y meurt jamais pour de vrai. « Lâche ce plateau. » La surprise de l'entendre si proche d'elle la bouscule et le déséquilibre fait chuter le coffret de jeu qui en vomit son éclaté de pièces sur le tapis coûteux. « Regarde-moi. » Il ne faut pas. (tu vas encore faire un faux pas, ne te retourne pas) Mais de ses doigts contre son ventre, de ses lèvres contre son cou, il la fait valser à son gré et contre son gré, Nyssandra se retrouve à le fixer, le brun chaud contre le bleu délavé. « Regarde. » Les iris tombent, s'accrochant aux doigts qui tremblent contre le tracé, qui brûlent contre la peau d'Aramis. « C'est de toi. » « Je suis désolée de toujours imposer mes caprices. » Glisse-t-elle, parce que c'est la vérité, n'est-ce pas ? De leur premier baiser, arraché dans cette chambre, jusqu'à son je t'aime ; c'est toujours elle.

« Pardon, je ne sais pas dire … ça. » « Tu n'es pas obligé, je- ce n'est pas grave. » - si tu n'as pas les mots. Mais l'ancienne vérité s'est muée en mensonge. C'est grave. Parce qu'elle ne peut plus écouter son cœur, ses émotions lui sont désormais étrangères, loin de sa portée. Et l'angoisse s'accumule dans sa gorge, l'obstrue de ses nœuds. « Alors ressens-moi. » Le tout se cimente de larmes qu'elle veut rejeter, vomir avec la vérité (elle ne peut pas, elle ne peut plus). Est-ce qu'il va la détester pour ça ? Est-ce qu'Aramis sent, tandis qu'ils s'embrassent, les désespoirs qui se pressent contre sa langue ?

Quand il la soulève, virant la logique, installant le règne des passions, ses doigts s'enfoncent dans la chair de l'épaule, et un couinement s'échappe sous la surprise. « Attends ... » La demande est fragile, portée par un murmure lorsque l'index le réduit au silence et que le front s'appuie contre le sien. Un instant, les yeux fuient vers la porte fermée, l'idée de s'échapper l'effleure. Mais est-ce que c'est si mal ? Un peu de douceur, est-ce qu'elle ne l'a pas mérité ? (tu as promis) Aramis le demande, non ? (non. il ne sait pas ce qu'il demande, il ne sait pas que tu es une meurtrière) Mais il ne l'apprendra jamais. Parce qu'elle a promis. Elle a juré de le cacher. « Montre-moi » Supplie-t-elle dans un souffle alors que sa main retrace, du creux de la paume, la courbe du cœur. (il ne va aimer qu'une image faussée de toi, qu'un souvenir de Nyssandra). Mais elle s'en fiche. Elle s'en fiche tellement si elle peut sentir son cœur qui s'affole sous la pulpe de ses doigts. (ce n'est pas toi qu'il aime) Et elle s'en moque, et ses jambes l'enlacent à la taille, le rapprochent contre elle. « Aime-moi » Demande-t-elle, guidant la main d'Aramis contre son coeur désespéré de son affection. Elle ne peut pas le perdre.

Elle ne peut pas.
Est-ce que c'est mal de s'accrocher un peu à l'amour ?
Est-ce que c'est mal de le retenir un peu à elle ?
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: ARANYSS #6 (warning) ► Somewhere only we know
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: ARANYSS #6 (warning) ► Somewhere only we know    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptyDim 20 Sep 2015 - 3:42
somewhere only we know

If I lay here, If I just lay here
Would you lie with me, And just forget the world?
11 SEPTEMBER 2002 ; {#}Aranyss{/#} 6


Il a dit qu'il ne rentrerait pas ce soir. Mission ordonnée par le Magister.
Elle a répondu « très bien » avec un sourire aux lèvres. Alors qu'elle avait tout prévu.

Elle avait prévu le repas, simple mais pensé uniquement selon les goûts d'Aramis, qu'ils auraient partagé, avec peut-être un peu de rosé pétillant pour elle puisqu'il refuse de boire. Elle avait prévu une soirée tranquille, près de la cheminée, à raconter des préparatifs pour la fête de fiançailles parce qu'en ce moment, les filles et elle cherchent une salle, choisissent un traiteur, un pâtissier et que, pour la première fois, Nyssandra trouve vraiment amusant d'organiser ça. Elle avait prévu, aussi, de ne pas préparer le gâteau au chocolat qu'elle avait promis, pour le plaisir de le contrarier avant de lui dévoiler la surprise qu'elle a aussi prévue, sur ce large plateau qui les attend sur le lit de la chambre à coucher, chargé de crème pâtissière, de glace au chocolat et de framboises. Elle avait même prévu le champagne pour trinquer le premier anniversaire sans séparation qu'ils devaient fêter depuis des années. Elle avait même prévu la lingerie fine qui traîne encore, abandonnée sur la couette.

Nyssandra avait tout prévu. Sauf ça.
Cet homme qui lui vole tout, même son fiancé.

Parfois, elle en a assez. Ca lui donne envie de tout briser, de tout déchirer.
De dépit, elle en aa même cassé une assiette, brisures de porcelaine laissées sur le parquet. Un verre où traînait un reste de vin a fini en éclats de cristal contre un mur. Le dîner est abandonné sur la table, intact, sinon pour la bouteille qu'elle a emmené dans la chambre qui de sienne est devenue leur.

Il est à elle.
S'il rentre égratigné ou abîmé, elle va mordre.
Même si c'est fou, même si c'est stupide, elle avait tout prévu.

Et quand Aramis rentre, enfin, dans une maison où toutes les lampes magiques sont éteintes, la bouteille est encore là, à peine entamée et maintenant tiède, sur la table près de la causeuse. A côté, sur le fauteuil, Nyssandra repose, endormie sous le plaid dans lequel elle se blottit souvent quand les nuits refroidissent. Sa lecture, elle, s'est échappée d'entre ses doigts pour s'écraser, se froisser dans la chute. Les cheveux encore humides de sa douche, elle n'est vêtue que d'une chemise à lui, d'un peu de son odeur contre elle. Un ersatz du réconfort qui lui permet de dormir, même si elle n'est pas dans leur lit, même si elle n'a pas le nez enfoui dans son coussin, les poumons pleins de son parfum. Car, si elle a abandonné l'idée qu'il rentrerait à la maison aux douze coups de minuit, l'Ollivander n'a pourtant pas voulu rejoindre le lit, pas voulu défaire sa surprise sans lui.

C'est son cadeau après tout.

« Aramis ... » soupire-t-elle, entre le sommeil et l'éveil, quand la lumière rallumée de la chambre dérange son sommeil devenu trop léger quand il n'est pas là pour la tenir. Et, aussitôt, les bras s'ouvrent en invitation à la tendresse : « tu es revenu. »

Tu m'es revenu. A moi.
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: (MISSION ; ARANYSS#5 ) 'cause love is war and war is love
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: (MISSION ; ARANYSS#5 ) 'cause love is war and war is love    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptyMar 8 Sep 2015 - 1:34
'cause love is war and war is love

Love for the dead is pointless.
We fight to keep them alive, that is all.
25 JUILLET 2002 ; {#}Aranyss{/#} 5


L'amour éclate en braises au creux du ventre, impatient, pressé. Il est la caresse de sa main sur sa hanche, de sa bouche contre la sienne. Et pourtant, il oppresse. Il est la promesse de tout ce qu'elle a et de tout ce qu'elle peut perdre. Droit au cœur, il se perfuse, dilué, noyé dans des craintes d'abandon et de solitude. Il annonce déjà les ères glacières et les tempêtes de neige quand elle oscille entre l'abandon de la raison et celui des passions. « Tu ne te foutrais pas un peu de moi ? » Face à l'accusation, Nyssandra n'arrive pas vraiment à jouer l'indignation des adultes malhonnêtes, pas vraiment à glisser ses piteuses excuses des enfants repentants. A mentir encore, toujours. Oui, il a raison : elle se fout de lui. Elle lui vend l'or quand elle n'est plus que du toc plaqué, un doré artificiel, pas précieux pour deux noises. Elle joue les précieuses, alors qu'elle est seulement ridicule. Ridiculement faible, ridiculement pitoyable. Ridiculement elle. « Ça fait deux fois, chérie, il va falloir trouver autre chose pour m'esquiver. »

Il va falloir trouver autre chose pour le garder.
Parce que déjà la vérité leur éclate à la gueule et plante ses crocs glacés dans leurs chairs. Et il recule, il l'abandonne. Aramis se refait glace, reprend ses habitudes de prince tyran. Sa chaleur lui échappe ; à nouveau, elle agonise d'angoisse et de solitude. Et sous le regard dégoûté, les doigts se recroquevillent et la main retombe contre la mousseline soyeuse. Contre la paume, dans les plis trop blancs de la robe, ils cachent la laideur et la saleté encrassées sous la peau. De honte, ils dissimulent les horreurs commises et les crimes coupables. Et pourtant, elle reste. Et pourtant, elle s'approche et ses doigts l'accrochent. Elle ignore les tremblements de ses mains, la peur au ventre, l'envie de fuite qui veut la tirer en arrière. Nyssandra sacrifiera ce qu'il faut, elle donnera ce qu'ils veulent d'elle. Mais elle ne peut pas le perdre, pas lui. Plutôt mourir. Elle ne veut pas être de nouveau avalée par la solitude. Elle ne veut pas être privée de lui.

C'est déjà trop tard.
Il est dans sa vie depuis trop longtemps.
Maintenant, elle ne souvient plus comment vivre sans lui.

Alors elle promet. Elle promet que rien ne changera parce qu'il n'y a pas de raison que ça change. Ces soirées ne sont que des cauchemars. Si elle fait assez d'efforts, elle peut les effacer au réveil, en chasser les traces au matin. De son esprit fatigué, de son visage défait. Elle peut être encore la Nyss qu'il aime. Elle la connaît par cœur, elle connaît ses dialogues et ses gestes, il n'y a pas une ligne du script qu'elle ignore. Et, bientôt, elle s'habituera, n'est-ce pas ? On dit que les êtres humains s'habituent à tout. Elle a juste besoin d'un peu plus de temps. D'un jour de plus. Une semaine, une année. Une vie.

(Elle a juste besoin qu'il reste)

« Non ! » Le cri la surprend, lui arrache un sursaut et les mains s'écartent comme brûlées par le rejet. « Arrête de me mentir. » Accuse-t-il dans un souffle défait, et pourtant, les mots lui meurtrissent les chairs et le coeur. « Je ne mens pas, Aramis, et son murmure laisse une traînée de larmes sur sa langue, le murmure a la saveur de son enfance : Je fais de mon mieux, pourquoi est-ce que tu ne veux pas me croire ? » La question vient s'échouer entre eux comme elle se fracassait aux pieds de son père. Pourquoi est-ce que tu ne veux pas m'aimer ? Il se rapproche, et un instant, elle en respire mieux. Le souffle s'allège, un instant, avant de se glacer dans sa gorge quand ses yeux accrochent les yeux trop clairs, deux iris comme du verre prêt à se briser. Est-ce que, comme Ascleus, c'est sa présence qui rend tout douloureux, tout rugueux ? « Comment pourras-tu me pardonner ? Je ne veux pas ... » Dans sa cage d'os, le coeur se contracte et se dilate à un rythme d'oiseau paniqué. Aramis ne veut pas rester. (pourquoi est-ce que ça t'étonne ?) Aramis ne veut pas rester. (tu savais que ça finirait comme ça, n'est-ce pas ?) Aramis ne veut pas rester. (tu finis toujours par décevoir les hommes que tu aimes, non ?) Les voix qui ont pavé son histoire bourdonnent dans ses oreilles, fantômes de douleurs pas vraiment révolues, de complexes pas totalement résolus. « Parle-moi ... Aramis. » Les mots tremblent, la gorge se noue et elle étouffe. Elle voudrait crever. S'il l'abandonne, rien ne pourra jamais aller mieux. Et ça aussi, c'est une certitude. « Je, je ne peux plus sentir, tes ..., s'il te plaît, explique moi ... »

Dis-moi que tu m'aimes toujours.
Dis-moi que tu me trouves toujours belle.
Dis-moi que je peux rester encore un peu.

« Aramis- » Mais il s'écrase contre elle de tout son corps, de tout son cœur. Et elle couine la surprise contre sa bouche, presse le soulagement sur sa langue. Nyssandra connait ses mots maladroits, un peu patauds : leurs jeux d'enfants capricieux ont trop aiguisé leurs mots, c'est souvent encore qu'ils ne savent pas se parler sans se couper les doigts. Mais Nyssandra s'en fout un peu, au fond, d'un peu de peau abîmée. Car elle les connait déjà par cœur, ces gestes qui en disent plus long que des milliers de mots. Qui épellent les déclarations contre sa peau. Soignent les déchirures et les malentendus.

Il l'aime encore.
Il va rester.

« Epouse-moi. » Sous les cils, les yeux fauves le fixent, sans comprendre. Un instant, Nyssandra croit mal entendre. Est-ce qu'elle délire comme la dernière fois ? Bones prétend que les effets secondaires sont une chose normale, banale avec les potions expérimentales - et la chroniqueuse lui a suggéré de cesser de trouver des excuses à son incompétence crasse. « Pardon ? » Demande-t-elle, perdue. Elle veut lui dire qu'elle ne se sent pas très bien, qu'elle hallucine des choses impossibles. Quand le velours noir se dévoile, les mots lui manquent et le regard s'écarquille, s'éclate de surprise sous la répétition : « Epouse-moi. » Tout va trop vite. Beaucoup trop vite. Comme toujours, Aramis s'impatiente, se précipite sans regretter les fossés où il se jette. « Sois mienne. » Et elle, sale égoïste égocentrique, envisage un instant de l'y pousser. Qu'il sombre avec elle. Qu'il ne puisse jamais se défaire d'elle. « Je ne vais plus t'abandonner. »

« Je suis à toi, je suis toujours à toi. » Les doigts fins, délicats accrochent les siens, tissent la promesse. Parce qu'elle est incapable de vivre sans lui. Qu'ils se déchirent ou s'attirent, elle a toujours été à lui. Dans les disputes et les amours, il est son éternel partenaire. « Je ne pars pas. » Les baisers déposés sur ses doigts tracent le serment. L'amour la tient, la retient. Elle ne fuira pas, elle va rester. Peut-être qu'elle a encore plus peur du manque de lui que de la folie, finalement. Peut-être qu'elle préfère les enfers de l'addiction à la douloureuse liberté du sevrage. « Mais on n'épouse pas les gens par pitié ou parce qu'on se sent responsable d'eux, Amour. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. » Un sourire triste s'esquisse. Nyssandra ne sait pas vraiment comment lui expliquer sans le dégoûter complètement. Comment le garder et le préserver à la fois. « Je n'en demande pas tant. » L’œil fauve capte l'éclat trop limpide de la potion, le cristallin trop clair du poison. Aramis verra de toute façon, pas vrai ? Car si le devoir se brise, il sera puni, et ce n'est pas envisageable. C'est une route qu'elle barre d'impossibilités. Ses cicatrices sont déjà trop nombreuses. Elle refuse de le marquer hors de l'amour, elle refuse de le blesser. Pour lui, elle n'a que des tendresses comme cette main qui épouse la joue, comme ce pouce qui s'égare sur la pommette. « Tu n'as pas à être pardonné, tu n'es pas responsable. C'est mon choix. De rester. » Quand les doigts se referment sur le cristal froid de la fiole, elle s'écarte, recule hors de sa portée, la potion déjà cachée dans son dos et une main tendue devant elle pour l'arrêter, le dissuader. « Tu reposeras la question si tu trouves que ça en vaut encore la peine, d'accord ? souffle-t-elle comme une promesse pour atténuer l'amer de son geste en traître - et le pouce déloge la cire qui scelle la fiole : Ce sera ta dernière occasion de me fuir. Je ne te laisserai plus partir si tu recommences. »

Elle ne saura pas être raisonnable s'il recommence.

Le goût de la potion est trop sucré contre sa langue, écœurant à lui en donner la nausée l'espace d'un instant. Dans sa gorge, la sensation est poisseuse, de celles visqueuses dont le souvenir s'attarde trop, et une grimace tord la bouche, abat les paupières sur les iris bruns. Le souffle se creuse, un peu tremblant. « Ca va aller. » C'est seulement la potion. L'empathie se dépêtre de ses entraves, elle sent la magie qui s'agite, brise le barrage et crée les fissures. Mais pour le moment, c'est seulement la potion. « Ce n'est pas vraiment un grand cru, croit-elle plaisanter et un des sourires signature de la mondaine Nyssandra s'esquisse, instinct trop bien inscrit sur ses nerfs, avant qu'elle ajoute d'un air de rien, pour le rassurer, l'apaiser : Il me faut du champagne, est-ce qu'on y va ? »
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: (ARANYSS) please say you won't let go of me
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: (ARANYSS) please say you won't let go of me    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptyDim 16 Aoû 2015 - 15:49
please say you won't let go of me

{#}Aranyss{/#} 3
And tightly hold me so

« Et elle ne pourra jamais plus se venger qu'Eris Burke. » « Je parlerai à Eris. » promet-elle avec un haussement d'épaules. Nyssandra n'en veut ni à l'un, ni à l'autre (ou, peut-être un peu quand même, parce que ses yeux gonflés et rougis ne s'assortissent avec aucune de ses tenues et qu'ils promettent déjà d'être une misère à dissimuler demain). Mais, sous la maladresse d'Aramis, elle comprend la tendresse amoureuse, timide. Et sous le sabotage d'Eris, elle devine la blessure gangrénée de rancune. « C'était plus contre moi que contre toi, je t'assure. » Car Nyssandra n'a pas raconté alors que l'habitude lui dicte de tout raconter à sa meilleure amie. Ou, du moins, Eris juge qu'elle lui dit l'essentiel.

Nyssandra n'a rien raconté simplement parce qu'elle croyait qu'il n'y avait rien à raconter.
(Peut-être simplement qu'elle avait peur d'être encore la seule à se souvenir ?)

« Tu m'en veux ? » Le sourire se dessine plus franchement quand elle fait non de la tête. « Ou seulement demain matin ? Quand je devrais me préparer pour aller travailler. » La taquinerie teinte en notes claires sous la gravité de ses futiles préoccupations. Et, comme toujours, Nyssandra glisse entre sérieux et amusement, elle oscille entre cette sorcière trop à la mode, uniquement soucieuse des apparences et l'empathe trop fouineuse, plus intéressée par les coeurs et les motivations. « Je ne regrette pas. Je ne regretterai jamais. » L'aveu la surprend un peu, lui fait relever les yeux vers lui. « C'est trop tard pour regretter ... » Le rire s'esquisse, et pourtant Nyssandra ne plaisante pas, ne taquine plus. Elle n'est déjà qu'à lui, exclusive et possessive enfant agrippée à son coeur. Il a avoué, elle n'a besoin que de ça pour sombrer, se laisser chuter complètement. « Il ne fallait pas avouer. » Souffle-t-elle. Et elle ne ment pas, déjà persuadée que les excès et les travers dans lesquels elle ne manque jamais de trébucher finiront pas le miner de remords. Elle n'est pas vraiment faite pour les amours pour toujours, elle a cette laideur à l'intérieur, et ça finit toujours par ressortir, par tout détruire.

Comme lorsqu'elle lui avoue la présence de Jeremiah.

« Tu as accueilli, chez toi, un criminel ? Un putain de criminel. » « C'est un journaliste. » La protestation jaillit hors de sa bouche sans qu'elle ne goûte au sel de ses mots. Mais le seul crime de Jeremiah, c'est de trop chercher la vérité, de ne pas savoir l'enfermer, de ne pas savoir la fermer. Est-ce qu'une plume trop bavarde et un esprit trop franc, ça le rend dangereux ? « Oh ? Pardon. Si il n'est pas dangereux, après tout. Nyssandra, rappelle-moi ta taille. » Cette fois, ls bras se croisent, cachent la blessure, la plaie mal refermée de ses incapacités. Tu es faible, crisse-t-il en fait, et Nyssandra le connait trop bien pour ne pas entendre le sous-entendu grinçant. « Et arrête de me prendre pour un con. » « C'est un ami. » Peut-être qu'elle ment un peu, qu'elle devrait tout conjuguer au passé dès qu'il s'agit de Jeremiah. C'était un ami. C'était un coup de tête pour sauver une amitié, une brusque envie d'être une fille bien. Et c'est une tentative qu'elle n'assume déjà plus qu'à moitié.

(Abandonner, c'est ce que tu fais de mieux, Eudoxie)
Mais elle ne veut pas abandonner Aramis. Plus maintenant. Plus jamais.

Alors elle essaie de lui expliquer, de lui faire comprendre. Elle ignore les jalousies aux acides corrosifs qui ont laissé de vieilles cicatrices sur son coeur. Elle a toujours cru que c'était contre elle, que c'était simplement un moyen de se venger de l'abandon, des abandons. Elle pense encore que le problème de ces fiançailles, c'était qu'il la détestait trop pour accepter qu'elle se trouve enfin une place quelque part. Elle n'a rien compris et le nom qu'elle lâche en toute innocence est comme un sort jeté en pleine figure. « Cinq minutes. » « Aramis ? » Quand il disparaît, le corps s'avance instinctivement vers l'avant. « Aramis ? » « Merde, merde, merde. » Elle n'entend qu'une série de marmonnements, des syllabes qui ne s'emboîtent pas entre elles sur fond de ravages qui s'accordent avec les carnages à l'étage. « Aramis ! » L'affolement la pousse vers le feu de la cheminée, la chaleur des flammes lui lèche le visage en même temps que la pierre brûlante de l'âtre lui mord la paume, pousse quelques larmes sur les cils. Et Nyssandra couine sa douleur en reculant brusquement. « Ce con prétentieux ? Jamais, je ne pourrais l'oublier. » La brûlure de sa main autant que l'agacement de le revoir revenir en grand prince quand elle s'est inquiétée lui serre la mâchoire, faisant grincer les dents, crisser l'email. Elle n'aime pas quand il parle comme ça de Ian et elle a beau le reprendre, Aramis n'en fait jamais qu'à sa tête (et c'est parfaitement stupide parce que Ian est mort de toute façon - pourquoi s'acharner sur un décédé, sérieusement ? elle ne comprend pas, n'a jamais compris). « Si il respire de travers, je le tue. Si il te touche, je le tue. Si il te fait le moindre mal, je le tue. Maintenant, écarte-toi. J'arrive. » Sûrement pas, veut-elle opposer et protester. Elle doit éloigner Jeremiah d'abord. Elle n'est pas stupide au point de laisser deux éléments explosifs se côtoyer d'aussi près. Elle veut lui dire de s'arrêter mais déjà les flammes vertes le recrachent et Nyssandra a à peine le temps de s'écarter brusquement, retombant en arrière sur ses fesses et ses mains pour éviter qu'il ne lui marche dessus quand il arrive.

Un baiser l'accueille, de bonne grâce, de bon coeur, faisant taire un peu le manque qui fourmille sous sa peau. Et, un instant, elle pense qu'il va s'excuser, que la paix va être signée. « Bonsoir. » Les sourcils se froissent, prouvent la contrariété de se voir donner des ordres. Dans le regard brille brusquement la compréhension des émotions. « Bordel, tu recommences. » Le reproche siffle et gifle comme la main qui imprime sa marque sur la joue de l'homme. Vaguement maladroite, elle se relève, se perche sur ses courtes jambes avant de continuer : « Est-ce que tu penses parler à une Astoria ? » Nyssandra n'est pas une poupée qu'on manipule selon son bon vouloir, elle a payé trop cher son émancipation pour se faire traiter comme n'importe quelle gamine pourrie gâtée de bonne famille. « Parce que tu t'inquiètes, tu crois pouv- » Mais à l'étage, le bruit d'un miroir fracassé fauche sa phrase au milieu, l'explose d'un soupir exaspéré. Elle va le tuer s'il a explosé son Miroir à Double Sens. Elle va vraiment le tuer, c'est un des objets les plus précieux qu'elle possède. « Je m'occupe de lui. » Elle a déjà tiré sa baguette de sa poche mais l'acacia joue contre sa paume cloquée, danse déséquilibrée et fragile. Mais Nyssandra ignore la brûlure, s'inquiète plutôt pour ses affaires en haut, ... et de ce qui pourrait se passer si Aramis et Jeremiah se croisent. Bordel. Le pied est déjà sur la première marche quand elle pense à se retourner vers Aramis. « Tu restes ici. Et quand je reviens, je t'apprends comment on entre chez moi. Puis on mangera ce gâteau. »

Et quand elle reviendra, elle lui donnera le double des clés puisque c'est le seul moyen qu'elle a pour le rassurer.
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: (MISSION ; ARANYSS#5 ) 'cause love is war and war is love
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: (MISSION ; ARANYSS#5 ) 'cause love is war and war is love    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptyDim 9 Aoû 2015 - 3:41
'cause love is war and war is love

Love for the dead is pointless.
We fight to keep them alive, that is all.
25 JUILLET 2002 ; {#}Aranyss{/#} 5


C'est la troisième fois déjà. Et ses mains tremblent toujours autant. Sa gorge se noue toujours et elle a déjà le goût des larmes en fond de bouche. Mais bientôt, se promet-elle. Bientôt, elle s'habituera. Bientôt, ce ne sera plus rien.

Bientôt.
Bientôt.
Bientôt.

(Mais c'est quand "bientôt" ?)
Parce que la vérité, c'est qu'elle ne s'habitue à rien. Ni les silences glacés de ses nouvelles solitudes, ni les chaos assourdissants où elle se noie, ni les intrusions qui lui arrachent ses vérités. Elle ne s'habitue à rien. Sinon aux paquets de cigarettes dans sa poche, dans ses tiroirs jusqu'à celui du chevet de sa chambre. Ca, et les sorts de glamour, chaque matin avant de sortir, chaque soir avant de partir. Nyssandra n'est plus qu'une comédienne, porteuse de masques et diseuse de mensonges, et ses drames se jouent sur les scènes usées du quotidien.

Comme ce salon où elle a prétendu devoir s'isoler pour un appel de cheminée urgent.
Mais la seule urgence véritable est celle qui lui noue les entrailles et l'enjoint à sortir d'ici au plus vite. A sauter par la fenêtre s'il le faut - mais à fuir loin d'ici, loin de tout ça. Elle veut que la soirée se termine. Nyssandra ne veut pas recommencer. Elle n'a pas besoin de cauchemars en plus, de monstres supplémentaires à cacher sous le lit. Les siens lui suffisent pour une vie entière, elle ne veut pas de ceux des autres.

Maladroitement, ses doigts tirent un paquet de son sac avant de s'acharner à capturer sa dernière cigarette - son simulacre de calme, sa contenance 100% artificielle. Le clic d'une serrure qui cède résonne, et le simple bruit la jette hors du fauteuil, biche surprise à l'étang. Il n'en faudrait pas tellement plus pour qu'elle aille se terrer derrière un des rideaux du salon. Elle ne veut pas rester ici. Merlin, elle ne veut vraiment pas.

Et elle ignore seulement à quel point elle ne veut pas.

« Nyssandra ? » Les regards s'accrochent, et son coeur se comprime et s'écrase quand elle le voit. Quand elle voit encore les lézardes et les failles dans la glace, quand elle revoit les cicatrices qui courent sous le riche tissu. Et ...  elle va tout foutre en l'air, tout casser. (encore) (toujours) « J'ignorais que tu serais là. » Elle ignorait aussi qu'il serait là. Et loin du soulagement, le regard se perd nerveusement vers l'horloge qui tique l'heure dans un tac morbide de compte à rebours. Son escorte ne va pas tarder. Et Aramis ne doit surtout pas rester. Il ne doit pas savoir. Elle ne peut pas le perdre. Pas même un peu. « Aramis, tu ne peux pas rester, je d- » Mais les mots sont fauchés, jetés au loin quand il l'attrape de ses doigts contre sa hanche, de sa bouche sur ses lèvres, de son amour contre elle. Naturellement, comme le geste le plus évident du monde, le corps plie sous l'étreinte, lui cède tout et abdique, laissant les tendresses et les maladresses soigner ses maux. Et contre sa langue, vibre un gémissement dont la passion a des notes de désespoir, un quelque chose de sanglots. « Tu m'as manqué. » Souffle Aramis, et elle frissonne du manque de lui qui lui râcle constamment la peau. Reste reste reste, crient les doigts qui ont froissé la chemise, abandonnant le paquet et la cigarette à leurs pieds pour s'accrocher à lui. Pourtant, c'est un autre discours que tient la bouche dont le rouge a été saccagé : « Je suis désolée. Je ne peux pas rester, je dois trava- » Le mensonge vient presque naturellement maintenant. Deux fois déjà qu'il gobe la même couleuvre (qu'elle a du travail, qu'elle va rentrer tard, qu'il est encore convalescent, il ne doit pas veiller pour elle - ils se verront le lendemain, elle lui fera un gâteau). Jamais deux sans trois, dit-on. Espère-t-elle.

Mais Aramis Lestrange ne suit jamais les scripts, ne respecte jamais les scénarios qui régissent les clichés.
A la place, il s'arrache à elle. (et malgré elle, un couinement étranglé coule le long de sa gorge quand le froid lui mord à nouveau le coeur et la peau) « Merlin, c'est toi. » Accuse-t-il. L'incompréhension flashe dans la prunelle fauve.  C'est elle qui ... ? Qui quoi ? Et l'absence d'empathie lui brûle la gorge quand elle cherche à le ressentir, à l'atteindre. Instinctivement sa main se tend vers lui, cherche la chaleur de ses doigts. « Qu'est-ce qu'Il t'a fait ? » Qu'est-ce qu'on ... La réalisation lui explose au visage, la repoussant d'un pas en arrière et laissant l'angoisse éclater dans son ventre, enfoncer ses échardes dans ses nerfs. « Je ... » Les mots s'effondrent, laissent un goût de cendres dans sa bouche. (Tu as encore tout foiré, Eudoxie - tu es fière de toi, j'espère ? Tu ne vas pas le protéger, tu vas juste tout gâcher.) « Aramis, je ... » La lèvre plie sous la morsure d'une dent. Elle ne va rien rater. Elle peut encore tout rattraper. Alors, en deux pas, elle est de nouveau tout proche de lui. Doucement, des mains hésitantes viennent embrasser le visage d'Aramis. « Regarde-moi. Regarde-moi, s'il te plaît. Ca va aller. » Nyssandra lui offre les mêmes promesses que celles avec lesquelles elle se berce parce que c'est ce qu'elle a de mieux. En dehors de la vérité (sale)(moche)(répugnante) qui lui volerait Aramis, c'est tout ce qu'elle peut lui offrir. Des chimères, des hypothèses de futur. Mais ses mains tremblent à nouveau et la panique imprime une fébrilité inhabituelle dans ses paroles. « Ce n'est rien, d'accord. R-rien de plus que ce qu'ils t'ont dit. Et ça va bientôt aller mieux. Fais-moi confiance et donne-moi les potions, s'il te plaît. » Il ne peut pas se rebeller, l'empathe connait trop bien ses allégeances et ses serments. Et elle sait surtout qu'elle va le perdre si jamais il les rompt d'une façon ou d'une autre.
Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 DgxnSujet: ARANYSS #4 ► There is always another secret
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Rechercher dans: Trésors rpgiques   Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 Nonew12Sujet: ARANYSS #4 ► There is always another secret    Tag aranyss sur EXCIDIUM - Page 5 EmptyDim 2 Aoû 2015 - 16:54
there is always another secret

I'm out on the edge and I'm screaming my name
Like a fool at the top of my lungs
Sometimes when I close my eyes I pretend I'm alright
But it's never enough
10 JUILLET 2002 ; {#}Aranyss{/#} 4


« Nyss. »

Le surnom l'accroche, la retient.
Mais elle ne sait pas quoi répondre. Elle ne sait pas comment réagir à la faiblesse qui l'étreint, qui embrasse les basses de sa voix, s'exhibe sur la peau mate. Aramis a toujours eu son histoire gravée à même la peau, les souvenirs logés entre les imperceptibles imperfections et les invisibles déchirures. Elle sait que sur la tempe, il a cette ligne minuscule aux airs de virgule, tracée par l'impact d'une pièce d'échecs qu'elle lui a jetée au visage, la veille de sa soirée de fiançailles. Elle sait que sur l'intérieur du bras s'est installé le souvenir d'un jeu malheureux de leur enfance, écorchure d'un quotidien banal. Sa peau est une carte qu'elle ne se lasse jamais d'examiner du bout des doigts pour en retracer les histoires, des lèvres pour en épouser les déboires. Nyssandra aime les cicatrices d'Aramis  (elle aime tout ce qui fait d'Aramis, Aramis). Pas parce qu'elles témoignent d'exploits, de gloire et de devoirs accomplis. Mais parce qu'elles le montrent plus humain, plus imparfait. Un peu plus à la portée de la sorcière banale qu'elle est.
Mais là ...

Là, c'est différent.
Les blessures trop fraîches tracent une réalité qui ne lui plaît pas, une vulnérabilité nouvelle qui ne sied pas à l'homme qu'elle connait. Les cicatrices trop rouges esquissent les courbes des crevasses et des ravins dans lesquels il a manqué de sombrer, les pansements forment des ponts de fortune sur les gouffres qu'il a tutoyés de trop près, enferment les ombres qui ont failli l'avaler.

Il est fragile. (pas simplement égratigné, mais fissuré, érodé)
Il n'est pas invincible. (mais humain, vulnérable).
On peut le lui voler.

Alors elle ne peut pas l'accabler d'un poids de plus. Elle ne peut rien dire de peur d'agrandir les failles et les entailles. Elle ne doit rien trahir de crainte qu'il se brise plus encore (et elle le connait, elle le connait trop bien : en amour, il en fait toujours trop). Elle peut bien se débrouiller seule, n'est-ce pas ? Elle l'a déjà fait, elle l'a toujours fait. (Et ce n'est pas si terrible que ça) Oui, voilà. Elle exagère encore, elle dramatise : sa situation n'est pas si difficile que ça. (Ce serait tellement pire s'il n'était plus là - Merlin, elle en crèverait, c'est certain).

Elle ne doit pas le déranger.
Alors la petite brune s'excuse, maladroite et incertaine. Ballerine figée sur le fil, elle est incapable de savoir si elle doit avancer ou reculer. Effrayée de se faire gober par le vide sous ses pieds.

« C'est bien toi ? » Et Nyssandra hoche la tête, incapable de dire oui ou c'est moi. Incapable de mentir. Les mots se bloquent dans sa gorge pour y étouffer, les mensonges échouent tout assassinés sur sa langue. Alors elle acquiesce, en silence. Oui, c'est elle (mais elle ne sait pas vraiment, plus vraiment ce qu'elle est encore). « Je ne rêve pas ? » La tête est secouée. Non, il ne rêve pas, mais elle est certaine de cauchemarder en revanche. Elle veut se réveiller, que rien ne se soit passé. Elle préfère encore revenir au temps des silences menteurs et des affrontements tueurs si on veut bien tout faire cesser. Qu'Aramis ne soit pas blessé, que ses amis ne soient que rires et joie. Qu'elle n'ait plus peur d'elle-même.

« Tu n'es pas assez proche. » Une épaule se hausse avec incertitude. Elle ne veut pas le déranger. Elle est déjà trop proche avec ses mains sales. Tellement sales, trop sales. S'il l'apprend ... s'il voit, elle ne se pardonnera jamais. La pensée crispe nerveusement ses doigts contre le tissu de la chemise, enfonce les ongles dans la chair tendre de la main. Juste un peu. Elle peut s'approcher encore un peu, non ? Il suffit d'éviter les contacts, de faire comme elle n'avait pas des fourmis de tendresses rassurantes qui lui mordent les doigts. D'ignorer que, contre ses nerfs, se pressent des pulsions d'étreintes protectrices. Elle peut s'acheter quelques mètres de moins, un peu plus de chaleur à ce prix, non ? Alors, à pas nerveux et raides, Nyssandra s'approche et dépose le cadeau sur le chevet, prenant garde à ne pas déranger les grimoires qui s'y empilent. « Merci. » « Ce n'est pas grand chose ... » L'aveu court dans un souffle désolé et imprime une moue dépitée sur son visage. Elle aurait dû venir plus tôt, plus vite. Elle aurait dû venir avec autre chose que des pâtisseries. Et brusquement, l'odeur de framboises la répugne et la dégoûte, faisant remonter une bile amère dans sa gorge. Elle se sent tellement inutile, tellement puérile. Elle ne peut même plus partager son fardeau, elle ne peut même plus le sentir. Elle ne peut rien pour lui.

(Elle ne fait rien comme il faut)
(Elle n'est pas ce qu'il lui faut)

Alors elle lui demande, bien obligée de tâtonner dans le vide, à la recherche d'indices. « Je ne sais pas. » La lèvre est mordue quand l'inquiétude égoïste enfle et gronde, encouragée par l'aveu de faiblesse à peine soufflé. Il ne sait pas et ses incertitudes s'additionnent aux siennes, se démultiplient dans son cœur. « Je te remercie pour Gwen, sincèrement. Mais, s'il te plaît, fais attention à toi aussi, d'accord ? » La demande se perd dans un murmure, dans un regard fuyant, dans un peu de rouge sur les joues. « Et je reste ... là. Si tu veux. » Elle ne précise pas jusqu'à quand, ni pour combien de temps. Elle sous-entend que c'est pour toujours. Jusqu'à la fin des temps - elle ne dit pas que c'est seulement jusqu'à ce qu'elle fasse son temps. Parce qu'elle a besoin qu'il aille mieux. Il est un peu d'elle, un morceau de son être. Il est la partie qu'elle aime le plus, celle qu'elle chérit. Rien peut tourner rond s'il n'est pas là pour être le centre de son monde. « Viens. » La jeune femme se fige, hésitante face à l'invitation. (Tu as promis de ne pas prendre plus, de ne pas risquer plus - pour une fois dans ta vie, tiens une promesse) « Viens. » Un sursaut l'agite quand les doigts s'enroulent autour de son poignet. Et pendant l'espace d'un instant aussi bref qu'un coup de tonnerre, l'anxiété la tétanise, le souffle se suspend et le cœur s'explose contre les côtes.

(Pas de vision, pas de vision, s'il vous plaît, pas de vision)
(Il ne doit pas savoir - s'il vous plaît, laissez-le moi)

Mais rien ne vient, les muscles se détendent alors que l'Ollivander lui abandonne son bras, s'abandonne au contact, à la caresse. Et, de nouveau, le fourmillement revient embrasser la paume, revient grignoter ses nerfs. Elle aussi veut le toucher. Le sentir sous ses doigts, s'assurer qu'il est bien là. « Toi ? » Les doigts se recroquevillent contre la paume pour ne pas céder. (Ca devrait de suffire, non ?) Mais Nyssandra n'a jamais su s'arrêter avec lui, jamais pu se contenter de ce qu'elle avait quand il s'agissait de lui. « Ca va, j'ai juste perdu ma baguette, et elle tire du sac sa nouvelle compagne comme si ce n'était pas grand chose, un dommage collatéral bien vite réparé : Je me suis surtout inquiétée pour vous trois. » Elle lui peint une demi-vérité, effaçant du décor les brisures et les fissures qui couturent son esprit, les ruines et les gravas de barrières. Elle offre une moitié d'aveu, estompant les pleurs et les peurs, cachant les monstres sous le lit et les ombres dans le placard. Elle se persuade que c'est pour son bien à lui, qu'elle n'a pas d'autre choix. Mais ça aussi, c'est seulement à moitié vrai. C'est surtout qu'elle préfère subir sa colère et sa déception que de subir sa perte. « Viens contre moi. » Dans le brun de ses yeux, brille le besoin de se rapprocher, de combler les distances. Aramis est loin, trop loin, tellement hors de portée qu'elle en est malade sous les sorts de glamour. A demi-mots, l'Ollivander admet la détresse, elle avoue la faiblesse. Elle a eu peur. « N'aie pas peur, je suis là. » Bien sûr qu'elle a peur. Il est là aujourd'hui, mais demain ? Alité, il est éclaté de douleurs, lézardé d'horreurs. Merlin, qui sait quand est-ce qu'il va se briser ? Elle craint presque qu'il ne se brise entre ses bras. « Je- non, je vais te faire mal. Tes blessures. »

Et ses mains sales.
Elle va l'infecter, le gangréner ...

« Aramis ! » Le cri de protestation vient s'écraser contre le torse, bientôt rejoint par le visage. Les yeux se ferment, le brun s'éclipse sous les paupières et le souffle s'approfondit, les poumons s'emplissent de son odeur. Le citron l'enveloppe, guérit un peu les blessures, éloigne les fantômes. « Je me suis plus inquiété pour toi. » Égoïstement, l'aveu la réchauffe, la console. Elle s'est sentie tellement seule là-bas. Bouffée par la colère, elle les a détesté de ne pas se souvenir d'elle. Étouffée par le désespoir, elle a supplié pour qu'on vienne la sauver. Étranglée d'impuissance, elle a cru mourir dans les langueurs glacées de la solitude, écrasée par le poids de milliers d'émotions étrangères, et ça lui a fait peur. Jusqu'à ce qu'un russe vienne la sortir des enfers, qu'il dise venir la ramener chez elle pour Aramis. « Je sais, ton ami russe me l'a dit quand il est venu me chercher. » Aramis l'a un peu sauvée au fond. Il ne l'a pas oubliée. « Mais je n'ai rien. » A contrecœur, son corps s'arrache à l'étreinte, à la chaleur. Assise sur le lit, à ses côtés, le poignet se libère doucement pour permettre aux doigts de s'entrelacer, aux paumes de s'embrasser. Contre sa peau court un frisson de terreur à nouveau, mais elle se force à l'ignorer comme elle s'oblige à tisser l'expression du réconfort sur son visage, à courber un sourire sur ses lèvres. « Regarde, je n'ai rien. » Rien qui soit visible, rien qu'elle ne puisse montrer, pas même à lui qui connait ses pires laideurs. Alors elle va tout enfermer dans un boîte de Pandore, tout sceller loin de lui. Que ça ne l'affecte pas. Que ça ne ronge pas ses failles. Elle peut se débrouiller seule, elle l'a toujours fait. Et elle a trop besoin de lui pour le risquer. « Tu avais ton portoloin ? » Elle acquiesce, fait oui de la tête en espérant qu'Eris ne dira rien à personne. Ne racontera pas ce qu'elle a vu. « J'étais loin quand tout a dérapé. » Quand Eris et Sue ont été prises en otage. Quand Draco s'est brisé. Quand Gwen a été blessée. Quand Aramis s'est sacrifié. Quand leur monde s'est effondré.

« Tout va aller mieux. » Promet-t-elle (et peut-être que si elle le répète assez souvent, alors ça deviendra leur nouvelle réalité). Avant qu'elle ne le réalise, sa main libre s'est glissée dans les boucles brunes adorées, et les doigts courent contre l'arrière du crâne en une caresse aimante qui va s'échouer dans le creux de la nuque. « Je t'aime tellement. » Les dents assassinent les lèvres, mais c'est trop tard, les mots se sont échappés, volés. Dans son silence choqué, Nyssandra les entend encore qui hantent la chambre, qui s'attardent entre les demi-ombres. Les mots nouveaux devraient l'enchanter, mais la peur la glace, et même les sorts ne cachent pas son pâlissement brutal. (Tu n'en as jamais assez, pas vrai ? Tu jures toujours mais tu ne respectes jamais ta parole) Merlin, elle vient de tout empirer. Elle le sait. « Je-je - Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? demande-t-elle, voulant changer de sujet - faire comme si rien n'avait été dit, rien n'avait été avoué pour la première fois : Les tartelettes. Est-ce que tu en veux ? Avec du thé ? Et une partie d'échecs ? » Déjà la main s'échappe, le corps aux attaches fines se relève quand elle s'affaire à aller chercher elle-même le plateau de jeux posé sur un coin de bureau.
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