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Indiana Alderton
Indiana Alderton
‹ inscription : 11/11/2016
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Indiana Berlioz AldertonHeavy steps on hardwood floors, into my room through broken doors, try to leave this day behind me but peace will never find me
❝ We're running in circles again ❞hunted ; inventé (famille issue des films)

☇ pseudo complet & surnom(s) ; Indiana, du nom d'un personnage emblématique de la culture moldue, aventurier nourrissant l'imaginaire de la communauté sœur. C'est de son sang-mêlé de père qu'elle tient ce prénom aux consonances mixtes, bien qu'il ait plus d'une fois clamé que sa source d'inspiration pour un tel choix n'était autre que son épouse — vélane avide de liberté qu'il avait su enchaîner à lui, mais sans jamais acquérir un gramme d'affection de sa part. Généralement, on se contente d'Indie, mais dans la rue on la surnomme Mist. Son deuxième prénom, Berlioz, est dépourvu de sens particulier et n'a pas non plus été hérité d'un quelconque ancêtre : ce n'était pas trop la coutume au sein de sa famille. C'est sûrement pour ça qu'ils ont été partiellement décimés, les Alderton ; parce qu'ils n'étaient pas de ceux dont la vie est couturée de traditions. Parce qu'ils n'étaient pas ce qu'on qualifiait d'Elite avant que l'Angleterre ne soit réduite à feu et à sang.
☇ naissance ; le 29 février 1987, année bissextile à Londres, d'un père british et d'une vélane norvégienne. 16 ans d'instabilité, d'apprentissage sur le tas, à l'arrache. 16 ans et pas un gramme d'avenir à l'horizon, rien que désillusion pour un déchet de société en devenir.
☇ ascendance; impure, mêlée, pire : hybride. Une véritable hérésie en temps de guerre mais par chance, Indie, elle était terrée au-delà des frontières durant le gros des conflits.
☇ métier ; pickpocket, pilleuse, jobbeuse — elle vit de débrouillardise, Indie, de larcins et de boulots au noir. Doigts agiles et spontanéité constituent les éléments clé de son curriculum vitae. C'est le genre d'aptitudes qui font la survie, dans le microcosme féroce qu'est la rue. Révoltée contre rien, contre tout, jeunesse égarée gueulant contre la corruption et les abus, à corps et à cris sur un décor de casse, semant inévitablement destruction et chaos à chaque rassemblement.
☇ camp ; neutre, elle n'a pas la capacité de soutenir une quelconque resistence et ne correspond pas aux critères de valeur de la société sorcière actuelle.
☇ réputation ; ombre anonyme sans éducation, orpheline sans toit, elle n'a pas de réputation pour les gens bien car à leurs yeux, elle n'existe pas. Tout juste une gamine sans visage, une incompétente pesant sur les épaules de la communauté sorcière épuisée par la guerre. C'est une honte, vraiment, ce manque de savoir vivre, cet emploi hasardeux et intuitif de la Magie — car dépourvu d'une formation cadrée. Ces perpétuels conflits de gangs ternissant le décor londonien. Indie n'existe vraiment, individuellement, que dans l'underworld de Londres, mais en tant que Mist, recrue d'un gang répondant au nom de Shadow Moses. La poupée en guenilles aux traits envoûtants dont le vert aqueux des yeux cache une tempête, un ouragan : les indomptables tourments d'un petit ange déchu. On murmure que Mist, fort des talents hérités de sa mère, peut faire lever sur les rues un brouillard subtile ou épais comme de la poix et qu'alors, la vermine du gang allège les passants de leurs bourses de gallions. Mist, elle bouffe un bras quand on lui tend une main, pille les bonnes âmes qui lui offrent nourriture et logis pour la nuit. Elle est ingrate, car les promesses à ses yeux ne valent rien ; elle est enfant sauvage, poings vifs, frêle carrure accoutumée à encaisser les coups, à force d'hivers sur les trottoirs et de bagarres dans les ténèbres des ruelles sinueuses.
☇ état civil ; célibataire. Indie, elle sait pas trop ce que ça implique d'être en couple ; elle se souvient que son père était un vrai papa, lui, mais n'a pas connait la gêne qui fait râler les autres enfants lorsque leurs vieux se bécotent sous leurs yeux. Parce que même lorsque tout allait bien, son modèle de couple était un duo disloqué, mal accordé.
☇ rang social ; hors la loi, sale gosse vivant en marge de la communauté.
☇ baguette ; bois de Tremble, baguette de révolutionnaire longue de 24,7cm. Aussi capricieuse que flexible, elle recèle un cheveux de vélane arraché à nulle autre que la grand-mère maternelle d'Indiana. C'est une création signée Jimmy Kiddell, fabriquant de seconde main aux prix raisonnables et vieil ami du père Alderton, pour qui il l'a créée. Puisque son père ne l'utilisait quasi pas, cracmol qu'il était, Indie la lui a chapardée.
☇ épouvantard ; un univers de néant tout autour d'elle, obscurité épaisse représentant non la nuit, qui est son domaine, mais la solitude absolue.
☇ risèd ; elle et sa jumelle, sans tiers indésirable, sans adultes peu fiables incrustés dans leur paysage. Elle voudrait sa sœur, un toit, de la nourriture et retrouver leur frère aîné, Darren, enfin.
☇ patronus ; elle n'a vraiment pas le niveau pour en créer.
☇ particularités ; demi-vélane. Vestiges d'un héritage de charmes dilués à l'arrivée de ses 16 ans, puisqu'elle n'a pas accompli les rites qui auraient su faire d'elle une vélane accomplie. En résulte une affinité avec l'eau. C'est ce qui lui a valu d'être surnommée Mist — brume pour les esprits vulnérables que son regard translucide trouble, brume pour l'amas de fines gouttelettes ou de cristaux de glace microscopiques dont elle sature l'air. L'attraction par contre est moins bien contrôlé. Elle a plutôt eu tendance à la brider, pendant longtemps, ayant vécu dans des milieux assez hostiles où il était préférable de passer inaperçue ; écœurée par l'attention des hommes, dans le regard desquels elle se voyait objet, fantasme. Ecoeurée par le sexe en lui-même, dont elle n'avait vu que le visage le plus sale ; prostituées dégradées à même les murs poisseux des ruelles, dénigrées, injuriées, abusées ; propositions crasses. A présent elle s'aperçoit qu'elle peut en faire de son charme, hésite, s'y essaye, déterminée toutefois à garder des barrières. Mais elle n'a pas vraiment de guide et faute parfois au moment de gérer l'intensité ; trop, trop peu, question de dosage et d'expérience, de compréhension d'elle-même et de sa cible, il lui faudra encore de la pratique pour en venir à bout.
☇ animaux ; aucun, et c'est là un sujet très sensible. Indiana estime que les animaux, au même titre que les créatures et les Êtres, n'ont pas à être domptés, domestiqués, avilis. Que les aimer implique de leur laisser leur pleine liberté. Que les respecter nécessite de renoncer à un titre de possessivité. Car ils ont leur volonté propre et n'ont pas à être réduits à l'état de réceptacles vivants des besoins passionnels et autres caprices de sorciers en mal d'affection — ou assoiffés d'autorité.
☇ Avis sur la situation actuelle :Sans avoir une idée précise et détaillée de la situation politique et des décrets du gouvernement, Indie en connait intimement les abus, dont elle fait partie des premières victimes. Prolétaire et pauvre à l'origine, ciblée par la commission d'enregistrement des nés-moldus du fait de faux témoignages, elle a vu sa famille décimée dès la chute du ministère en 1997. Depuis, son lot quotidien est l'illégalité. Si elle n'est pas activement recherchée, élément de bien peu de valeur sur le grand échiquier du monde sorcier, elle n'en évite pas moins les autorités avec application, vivant de larcins au sein d'une jeunesse désabusée, d'un gang formé d'orphelins rendus cruels par ce système les ayant littéralement abandonnés. Indie, elle ne pense rien si ce n'est que ce monde-là n'est juste que pour les bien lotis. Elle ne croit rien si ce n'est que pour tous les autres, il est pourri jusqu'à la trame. Chaque jour est une bataille et les conflits armés, les idéaux ont perdu leur sens à ses yeux ; elle lutte juste pour sauver sa peau.

☇ Infos complémentaires ;#1. Éducation ; Indie est issue de l'une de ces familles prolétaires désargentées qui voyaient les études au pire comme une futilité, au mieux comme un luxe seulement offert aux plus exceptionnels des rejetons d'une portée. Le temps, c'est des gallions, rabrouait William, son père, d'une voix fatiguée, désabusée. Il était un peu rustre, un peu grognon, et ses taloches faisaient tourner la tête à 180°, mais il se décarcassait pour les nourrir, ses gosses, l'ossature voutée par l'usure, la veste toujours à l'envers, employé au plus méprisé des départements du ministère : la maintenance magique. C'était pourtant un ancien Ethnomage, un aventurier, respecté en son temps. Curieux de tous les peuples, moldus comme sorciers et Êtres de tous horizons. Auteur entre autres d'un livre requis pour le cours d'Etude des moldus et d'un ouvrage en trois volets sur les vélanes, mage nomade toujours à la conquête de quelque terre sauvage, à se pencher sur les mœurs et coutumes de peuplades méconnues. C'est en Scandinavie qu'il a rencontré la Vélane de sa vie ; il lui a volé un vêtement, suivant la mythe, lui dérobant ainsi sa liberté. S'il était conquis, la réciproque n'était pas vraie. Il l'a ramenée en Angleterre avec lui et elle lui a donné trois enfants, aimante à leur égard mais toujours froide vis-à-vis de celui qu'elle voyait comme son geôlier. Il est revenu un jour de l'un de ses voyages — son dernier — gravement malade. A failli perdre la vie du fait d'une malédiction, s'en est tiré avec toutefois une magie amoindrie, presque inexistante. Fait révélé par la presse magique : privé de sa crédibilité, William a peu à peu sombrer. Son ultime livre a fait un véritable flop, les médisants affirmant ses récits erronés : comment considérer les récits rocambolesques d'un Squib, sinon comme un ramassis de mensonges. Le pire était qu'ils avaient raison et ainsi, William a raccroché la baguette, cherchant du travail où il pouvait en trouver — des jobs minables au sein du monde sorcier, l'entourage des moldus lui étant interdit du fait de ses restes de magie instables et difficiles à contrôler. A son retour au domicile familial, sa compagne n'éprouvant que plus de mépris encore pour lui, il lui a rendu sa liberté, ne parvenant que de justesse de l'empêcher de lui arracher leurs filles. Plus tard, il avait échoué au ministère, en tant qu'homme à tout faire.

Indie l'appelait le vieux (ou l'vieux squib), tantôt affectueusement, tantôt avec un rien de mépris dans le ton et de rancœur au creux de la gorge. Mais elle le déchaussait le soir quand il s'endormait tout vêtu dans son fauteuil favori aux ressors défoncés, massait ses doigts enflés d'avoir récuré et fait briller à la main les moindres recoins de l'antre des politicomages et juristes.
Poudlard avait beau ne rien exiger en termes de frais de scolarité, William prévoyait de n'y envoyer que son aîné. Pas parce que Ren était un garçon ; simplement parce qu'il avait un potentiel extraordinaire et constituait un espoir : celui d'un poste haut placé qui se répercuterait sur toute la famille. D'une ascension fulgurante, jusqu'au rang de ministre de la Magie pourquoi pas ? A côté Indie ne semblait guère exceptionnelle. Elle avait des difficultés à lire, intervertissait des lettres ; trouble léger qui, pour un père n'ayant guère le temps de corriger le problème, a suffi à la classer trop bête pour apprendre. Elle devait donc avoir droit à un apprentissage maison, la cadette, et plus physique qu'intellectuel ou magique ; il en serait d'ailleurs de même pour sa jumelle, period.

#2. Mom ; Freyja. Indie le formulait précautionneusement, ton teinté de respect et étoiles plein les yeux. C'était une femme splendide, sa mère, mais au caractère terrible. Elle avait un parfum d'ailleurs et créait de ses mains des trésors d'artisanat qui venaient décorer le cou, les poignets, les oreilles et les cheveux de se filles. Et dans sa besace, tant d'histoires, de récits palpitants et envoûtants qu'Indie ne rêvait que de la suivre à travers d'autres contrées. Mais elle est partie seule, Mom, en jurant de les récupérer un jour, sa jumelle et elle. Elles ne l'ont plus jamais revue.

#3. Fratrie ; ils étaient trois : Darren, Indiana et Heaven. L'aîné donc, Darren, le fils prodige, talentueux, cultivé. Grand frère adorable qui compensait en dehors des périodes de cours les nombreuses absences de leur père abusé par le système. Après qu'il se soit fait coincer injustement par le gouvernement en 97, les filles ont été forcées de fuir sans savoir ce qu'il était advenu de lui. On raconte que ceux ayant été emprisonnés à l'époque ont passé quelques années à Azkaban avant d'être faits rebuts. Et que lesdits rebuts ont, plus tard, été exécutés. Indie refuse d'associer ces faits et de tirer la conclusion qui s'impose. Certains s'en sont tirés. Elle veut croire que Ren fait partie de ceux-là.
La benjamine, Heaven ou Nevaeh, comme elle se fait appeler depuis que leur monde a été complètement bouleversé. Fausses jumelles, Neva et Indie se sont toujours simplement considérées comme deux sœurs du même âge ; non comme une entité. Fusionnelles certes, mais non affectivement ou physiquement dépendantes, car très distinctes l'une de l'autre : l'une blonde, l'autre brune, chacune dotée d'un caractère propre, de préférences similaires ou divergents, d'aptitude personnelles. Différentes jusque dans l'héritage, l'une maîtrisant l'eau, l'autre la lecture de l'avenir sous ses formes les plus variées. Nevaeh n'en est pas moins le point d'ancrage d'Indie, ultime élément d'une famille décimée par la guerre. Aucune annonce dans le journal, aucun témoin, pas une piste exploitable. Depuis sa disparition, la cadette de la famille n'a de cesse de chercher à comprendre ce qui a pu advenir d'elle. Quelque part, Indiana espère qu'arpenter les rues lui permettra tôt ou tard de dénicher quelques informations.

#4. Demi-Vélane ; les souvenirs de sa mère se sont peu à peu effacés avec le temps, mais Indie garde certains d'entre eux gravés dans la chair et jusqu'à l'âme, de par son héritage. Spectre des rires d'antan, bulles d'eau suspendues dans les airs telles des perles au bout de fils invisibles ; certains s'amusent à trouver des formes aux nuages, Freyja apprenait à ses filles à sculpter l'insaisissable élément aqueux pour l'une, et à scruter l'avenir pour l'autre. Encore aujourd'hui, se retrouver immergée lui donne la sensation d'être protégée et compense pour l'absence de cette mère qui l'a abandonnée. Si l'appel de sa nature vélane s'est manifestée au cours de son adolescence, il a été bridé, Indie n'ayant pas une mère désireuse de la ramener à ses côtés dont craindre le pouvoir d'attraction. Elle était en exil alors, à travers l'Europe et les pays de l'est, et les quelques crises de somnambulisme dont sa soeur et elle ont été victimes ont été stoppées par le sorcier avec lequel elles se déplaçaient. Elles se réveillaient ligotées à leur lit, avec une étrange sensation d'épuisement ; rien de plus. Ses 16 ans étant révolus, elle a définitivement perdu la possibilité de devenir une vélane à part entière mais n'est que plus ou moins consciente de la mort discrète de cette part de son identité.

#5. Shadow Moses ; gang brutal, assemblement de vermines né de la guerre et ayant grandi avec elle, microcosme de jeunes survivants s'étant liés pour déjouer la mort — ou se jouer d'elle. A leur tête trône Mood, impitoyable leader. Un Grand, du haut de ses 23 ans. Ses bras armés ensuite, numéros deux et trois, chacun chargé d'une troupe de voleurs : le Path pour l'un, les Breaches pour l'autre. Juste sous eux, les Hitters : chargés de récupérer et de centraliser le butin pour le remettre aux deux responsables. Le Path sillonne les rues, allées pavées, marchés et ponts. Ses membres sont une armée qui déferle dans le Tout-Londres dès le point du jour, ribambelle de mômes, ado et jeunes adultes aux mains vives. Les plus expérimentés sont Pickpockets, détroussant les passants et les marchands — poches, bourses, étals. Les plus jeunes et les moins doués pour piller discrètement, mais comédiens dans l'âme, sont Troublemakers, réquisitionnés pour faire diversion et favoriser les vols des autres. Larmes de crocodile, mère soit-disant perdue, malaise feint, mises en garde erronées pointant des innocents tandis que les vrais voleurs se tirent en sens inverse : leurs méthodes sont variées. Les Breaches sont bien moins nombreux, plus sélectifs et vivent après le coucher du soleil. Acrobates se faufilant des tuiles des toits aux conduits des cheminées, déverrouillant les fenêtres, crochetant les serrures, glissant entre les barreaux, cassant à l'aide de petits artefacts puissants les sorts de protections posés sur les trésors. Fantômes nocturnes dérobant tout à la faveur de la lune : gallions, bijoux et contenu des garde-manger. Aucun contact avec des sorciers à moins de se faire surprendre ; et alors, comme dans la rue, tous les moyens sont bons pour faire taire la victime, quitte à la supprimer si nécessaire.

#6. Illettrée ; quand William a tenté de lui apprendre à déchiffrer ses premières lettres, Indie, bien futée, s'est avérée plus lente que prévue à assimiler les notions inculquées. Entre les inversions de lettres, de syllabe, de certains mots, les omissions, adjonctions, substitutions, le début lent hésitant, saccadé, syllabique, la difficulté à saisir le découpage des mots ou à tenir compte de la ponctuation, il a vite abdiqué, trop débordé pour dépenser des trésors de pédagogie et d'imagination. En a résulté une profonde blessure : quelque part, Indie est persuadée d'être stupide, attardée, et autres joyeusetés du même acabit. Les chiffres n'ont pas de mystères pour elle, mais l'alphabet lui joue de curieux tours, s'inverse, la rend chèvre. Elle a tenté d'apprendre seule et, ne parvenant à aucun résultat probant, a fini par se convaincre de n'être pas assez intelligente pour lire et écrire. Vulnérabilité qui, paradoxalement, l'a rendue forte en la poussant à dépasser ses propres limites : elle met un point d'honneur à prouver qu'elle est capable de se débrouiller seule, de s'en sortir. De fait, elle use de toutes sortes d'astuces pour masquer cette lacune, ce handicap. Lorsqu'elles étaient ensemble, Nevaeh se chargeait de cette tâche pour elles deux, bien que son éducation lacunaire n'ait pas rendu sa maîtrise de l'exercice fluide et naturel. Adolescentes en fuite, elles se sont appairées à un sorcier migrant, Dawson, qui se faisait passer pour son père. Échange de bon procédé : il remplissait les dossiers, les demandes, contrôlait les faux papiers, et son prétendu statut de père lui conférait plus de chance de voir ses demandes d'asile, de logement et d'aide couronnées de succès. A l'heure actuelle, le sujet n'est plus spécialement d'actualité et Indie continue de garder son lourd secret soigneusement enterré, comme une honte, une enclume. Au sein du gang parmi lequel elle évolue, personne n'a encore rien remarqué à ce sujet et elle est à peu près certaine de ne pas être la seule à souffrir de son analphabétisme, mais elle n'en serait pas moins humilié si le fait était révélé au grand jour. Au final, elle a toujours simplement manqué d'un guide assez patiente et créatif pour l'aider à surmonter son trouble — ou à comprendre qu'elle pouvait réussir, même en faisant des erreurs.

#7. Acouphènes ; c'était en 97 — après que son père ait disparu, puis son frère, il y a eu la descente des forces de l'ordre à leur domicile, armés et porteurs d'une convocation injustifiée à la commission d'enregistrement des nés-moldus. Basse vengeance d'une Ombrage nourrissant une haine sans limite à l'encontre de son propre père et l'étendant à tous ceux l'ayant côtoyé... tous ceux conscients, de fait, des mensonges qu'elle distillait en se prétendant sang-pur. Le soir où les BPM ont envahi la demeure presque abandonnée des Alderton, il y a fuite, les explosifs, le choc. C'est physique, c'est psychologique, c'est émotionnel : l'impact s'est fait chronique, traumatisme acoustique. Alors depuis, les contrecoups se manifestent n'importe quand, sans crier gare. Bourdonnements subtiles, grésillements persistants ou sifflements assourdissants. Survenant brutalement ou progressivement. Dans une seul oreille ou les deux. Tantôt tout à fait supportables, si bien qu'elle cille à peine, ne remarque quasi pas ces sons parasites ; tantôt juste gênants, chassant le sommeil, annihilant les efforts de concentration, accroissant l'anxiété et ses manifestations physiques — doigts qui frappent la table à intervalles réguliers, jambe battant nerveusement la cadence, palpitant qui s'emballe sans raison apparente. Et tantôt assourdissants à se rouler par terre. Elle a appris à s'y faire, à avancer même avec l'impression de sentir son crâne se fendre en deux, mais il arrive encore qu'elle en perde le nord, clouée sur place par la pression et les vertiges qui en résultent, et c'est incroyablement peu pratique quand on passe les trois quarts de ses journées à échapper aux autorités.

#8. Enfant du monde ; elle a passé des années clés de sa vie à errer d'un pays à l'autre, Indie. De fait, elle a l'oreille pour les langues, capte des mots, apprend relativement aisément à condition de s'y mettre sérieusement. Elle n'a toutefois eu de réelle utilité que pour l'anglais (sa langue natale) et un ukrainien (langue d'adoption) truffé de mots russes du fait de la région où elle a évolué. Elle en parsème un peu ses phrases encore aujourd'hui, mais de moins en moins puisqu'il n'y a personne pour la comprendre. C'est lorsqu'elle est vulnérable que cela ressort : aux premières minutes du réveil par exemple, si elle est un peu déboussolée. Quand certaines émotions la submergent également, colère, tristesse. Tout ce qui est à même de déborder et qui s'avère trop fort pour les mots communs, au point de lui inspirer le réflexe de bifurquer entre deux langues. D'autres fois encore, c'est tout simplement un moyen de combler des vides : quand un mot lui échappe en anglais, question de fatigue ou simple oubli temporaire, l'équivalent ukrainien se glisse dans sa phrase sans qu'elle s'en aperçoive.

#9. Cercle protecteur ; après le départ de sa mère, Indie est passé par une phase d'incertitude. Peur du noir inavouée, peur de la solitude, déprime les jours de pluie trop semblables à celui ayant marqué la séparation, dévalorisation d'elle-même, amalgame d'émotions négatives dans lesquelles elle s'embourbait honteusement, en manque de l'affection maternelle trop tôt perdue. Elle se serait attendue à ce que Heaven s'en aperçoive et tente de la réconforter. A ce que Darren comprenne et la charrie gentiment pour la secouer. Mais non. C'est son père qui l'a remarqué. C'est lui qui l'a réconfortée. Par de petites attentions au quotidien, des remarques, des marques d'affection maladroite comme il n'en avait pas habituellement. Et puis un soir, au moment de partir pour prendre son service, il a tracé autour d'elle un cercle en lui disant que tant qu'elle restait à l'intérieur, rien ne l'atteindrait. Que les dangers passeraient autour sans la voir : qu'elle leur était invisible, intouchable, protégée. Indiana, qui voulait tant être forte et imperturbable, a gardé cette habitude en secret. Un bâton de craie traine toujours dans sa besace et, quand elle se trouve dans un lieu peu rassurant, squattant par exemple un lieu désaffecté pour la nuit, elle trace un cercle au sol, se recroqueville à l'intérieur et dort là, à même le sol. Elle s'y sent plus à l'aise, plus à l'abri que sur un matelas confortable, car peu importent les courbatures au réveil quand, au coucher, il lui semble entendre la voie de son père lui assurer qu'elle est protégée.

❝ Nothing compares to you ❞Deux mots sur l'IRL

Appelez-moi Lydie. J'ai 24 ans, je viens de France et j'ai connu le forum via jule . Si tout va bien vous me verrez connecté(e) 1939683277859193 jours sur 7. Pour les scénarii uniquement : j'ai l'aval du créateur concernant ma fiche [] oui / [] non. Un dernier mot ? mot.

Approuvé par le Ministère de la Magie


Dernière édition par Indiana Alderton le Jeu 2 Fév 2017 - 1:14, édité 2 fois
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Lay my head down in the darknessthere ain't no rest for the wicked, money don't grow on trees and ain't nothing in this world for free. No, I can't slow down, I can't hold back, oh, no, there ain't no rest for the wicked
until we close our eyes for good
❝ In this house where I grew up,
with cozy chairs and broken cups, memories piled up to the ceiling ❞
Chemin de Traverse

J'm'en fous t'façon j'me casse de ce trou à rats ! C'est d'une claque retentissante qu'elle écope en guise de réponse. Le choc lui tourne la tête et elle reste un instant figée dans sa colère, à bouillir de frustration, poings serrés, un rideau de cheveux emmêlés masquant les larmes qui perlent à ses cils clairs et dégringolent le long de sa joue qui rougit à grande vitesse. Nom d'un cocatrix enragé, tu crois qu'tu parles à qui là, hein ? Elle devrait juste baisser la tête et s'excuser, hésite un bref instant en apercevant la silhouette de Heaven qui observe curieusement la scène. Mais elle est fière Indie, fière et surtout blessée, elle a l'impression que le monde s'effondre sous ses pieds, alors son regard défiant se fige dans celui de son père. C'est pas parce que t'es un pauvre Squib et un raté qu't'as l'droit d'pourrir mon avenir. La deuxième taloche ne tarde pas à suivre et cette fois, elle en recule d'un pas. Sale môme ingrate, bien comme ta mère. T'es de corvée sol et lessive pour la s'maine, ça t'apprendra à prendre de haut ton vieux père. Il quitte le logis en claquant la porte, qui rebondit dans l'encadrement branlant au lieu de se fermer, et Indiana y balance un coup de pied rageur — qui lui bousille joliment l'orteil sans guère soulager sa mauvaise humeur. Derrière elle, la sucette d'Heaven s'extirpe de ses lèvres avec un pop humide. Tu veux partir Indie ? Elle ne l'a jamais autant voulu qu'à cet instant. Carrément ouais, elle réplique en bataillant avec la poignée récalcitrante pour la verrouiller. Si tu pars maintenant, tu vas manquer le retour de Ren. ça a au moins le mérite de la dérider, même de lui tirer un bref éclat de rire. Heaven et elle... elles n'ont de jumelles que le nom. Sa douce cadette est aussi brune qu'elle est blonde, aussi candide qu'elle est acide. Non idiote, j'parle pas de sortir juste quelques minutes. Je veux... voir autre chose, tu comprends ? Quitter ce fichu taudis et mener une plus belle vie, peut-être rejoindre Mom en Scandinavie... mais papa dit qu'on n'ira pas à Poudlard. On s'ra nulles en magie comme lui et Mom voudra jamais m'prendre avec elle. C'est froid là-bas, de toute façon, non ? Et maman ne nous aimait pas beaucoup. La preuve, elle est partie. Tu me quitterais pour elle ? Candide peut-être, mais rancunière, trop pour pardonner les étrangetés de leur génitrice — celles-la même qui fascinent tant Indie. Je compte pas te laisser derrière, juré. On partira ensemble, rien que nous deux. Le nez de sa sœur se fronce en une moue dubitative qui lui souffle mouais, mais papa et Ren- ; l'objection n'a pas le temps d'être formulée cela dit, car de dehors quelqu'un force sur la porte d'entrée jusqu'à parvenir à la rouvrir. La poupée brune qu'est Heaven fonce aussitôt dans les pattes du nouveau venu en chantant une litanie de Darren, Darren, Darren, t'en rentréééé ! ; mais au lieu de la rejoindre, Indie part s'affaler dans un fauteuil défoncé, bras croisés et visage fermé. Un lourd soupire résonne derrière elle. Il a dit non, c'est ça ? Tu crois quoi ? J'suis pas le grand génie Darren Alderton alors ouais, ce s'rait une perte de temps de m'envoyer à l'école. Dis pas ça, tu sais bien qu'il le fait pas contre toi. J'essaierai d'lui parler ok ? Elle s'adoucit, un peu. C'est qu'il lui manque son frère, quand il part des semaines, des mois durant découvrir les mystères de la sorcellerie sur les bancs de Poudlard. L'avenir qui se profile devant elle est bien différent : plonge au Chaudron Baveur dans un premier temps, puis apprentissage auprès d'un Tavenier : son père n'a rien pu lui dégoter de mieux. Elle voit d'ici les prochaines années à transporter des pichets de bière et à récurer un bar collant d'alcool, en se faisant tripoter à chaque passage par des clients éméchés. Alors oui, elle envie terriblement son frère, Indie... mais pas assez pour lui en vouloir pour de bon. T'y arriveras pas, c'est une vraie tête d'hippogriffe. Ah tiens, t'as pas pris ça loin alors, il lance en retour, taquin, en lui ébouriffant les cheveux. ça coûte rien d'essayer et au pire, j't'apprendrai à lire moi. Et je vous montrerai la Magie aussi, qu'est-ce que vous en dites ? La perspective est déjà plus crédible et à cette promesse, Indie s'illumine. Vrai ? ça me dit trop oui, montres des sorts, alleeez, s'te plait ! C'est trop tôt, vous n'avez pas encore de baguette. Mais y'a bien une chose que je peux déjà vous enseigner, jeunes apprenties. Il a ce sourire en coin gorgé de malice qui trahit des intentions douteuses et quelques instants plus tard, la fratrie est affalée pêle-mêle sur le canapé moisi, à exploser de rire aux valseuses velues d’un Troll des Montagnes, bordel de goule en slip de bain, face de croupion de scrout-à-pétard et autres insultes colorées dont leur terrible grand-frère les régale.

Heavy steps on hardwood floors, into my room through broken doorsdécembre 1997 à janvier 98 & Chemin de Traverse

Pourquoi les Mutmags doivent se faire enregistrer tout à coup ? Utilise pas ce terme, bon sang d'Merlin ! Tu veux qu'on s'fasse tuer ou quoi ? J'dois dire quoi, Mudb- ? Faut imiter ces enfoirés du ministère maintenant, c'est ça ? J'ai pas dit ça. Né-moldu c'est neutre, c'est politiquement correct, contente-toi de ça non ? C'est politiquement correct aussi de les recenser comme... je sais pas, comme on compte du bétail ? Ils vont faire quoi, les garder à l’œil comme s'ils sont dangereux, leur cracher dessus comme ils le font pour les Loups-garou ? Les priver de leurs droits ? Darren se masse les paupières, frustré au possible. Si tu me parles encore de Lycans j'te préviens, je t'en colle une Indie. C'est qu'elle n'en finit plus avec ce sujet, depuis qu'il lui a révélé quelques vérités sur ce cas, démontant les remarques bourrées de préjugés qu'elle avait toujours entendues jusque-là. Elle a aussitôt embrassé cette nouvelle cause et il regrette de lui avoir ouvert les yeux sur le sujet — ça suffisait déjà qu'elle râle à tout va sur l'objectification des vélanes, le traitement des Elfes et la stigmatisation des Harpies. Elle adore formuler de longs mots, ka gamine parce qu'ils lui donnent l'impression d'être meilleure, moins bête, même si elle est infoutue d'orthographier quoi que ce soit. Ok Ren, ok- mais reste ? S'il te plait ? J'veux pas que t'y ailles, tout le monde dit qu'elle est super louche cette histoire et tu sais bien que la Ombrage c'est une saleté de banshee. Elle déteste papa, elle va se venger sur toi- Tu mélanges tout, c'est pas une question de griefs personnels dont on parle là. C'est un décret ministériel, tu crois qu'ils font n'importe quoi là-bas ? Y'a des règles, un protocole, je risque rien. Déjà cette convocation est une erreur, on est sangs-mêlés alors- Moi j'te dis que ça pue, ce sont tous des corrompus au ministère- Ah parce que t'y connais quelque chose toi, au monde de la politicomagie ? Ou en droit magique peut-être ? Non mais j'ai des oreilles, et tu sais c'qu'on dit ? Que les Cattermole ils en sont jamais revenus, de leur convocation ! Et la mère Tatcher, elle se traine dans les rues comme une âme en peine en disant qu'ils ont enfermé son mari- Elle a toujours été timbrée, la mère Tatcher. Sûr, son homme a juste profité de la situation pour se tirer en lui laissant leur marmaille sur les bras. Comme papa ? ça jette un froid. Voilà une semaine qu'il est pas rentré, papa, et ça fout les jetons. Darren dit qu'il s'est sûrement écroulé sous une table de bar avec son vieil ami Neil Moriarty, mais Indie n'y croit pas : c'est vraiment pas son genre de boire comme un trou jusqu'à oublier qui il est, de ne pas se présenter au boulot, d'abandonner les gosses pour lesquels il n'a jamais cessé de se tuer à la tâche, même après que Mom ait cessé de donner des nouvelles. Te bile pas comme ça, et arrête de voir des complots partout. C'est juste une formalité, j'serai rentré dans l'heure. Papa travaille au ministère depuis des années, ils savent bien qui on est. Le malentendu sera vite réglé, on sera tranquilles et d'ici un jour ou deux le vieux réapparaitra à son tour. Fais-moi confiance d'ac ?

Elle n'aurait pas dû. Elle n'aurait pas dû le croire, pas dû le laisser partir, parce que voilà cinq jours qu'il a franchi le seuil, cinq jours qu'elle compte les secondes en attendant qu'il réapparaisse. Il n'y a plus que Heaven et elle maintenant, blotties l'une contre l'autre à se chauffer les mains au-dessus de la dernière bougie, allumée à la main. Elle ne maîtrise aucun sort Indie, et il ne reste quasi rien dans les placards, alors pour trouver de quoi manger elles se faufilent dehors le soir ; ravalent leur orgueil et mendient. Les sorciers ne débordent pas de générosité et elles passent surtout la majorité de leur temps à geler paumes vers le ciel, mais que faire d'autre ? Le vieux a toujours dit qu'il faut toujours demander, jamais se servir d'office, quand on n'est pas à même de payer sa pitance. Alors elles demandent, elles supplient. Mais même un pignon de pain devient un luxe difficile à acquérir et si le premier jour les passants s'attendrissent, au bout du quatrième, du cinquième, ils s'agacent de voir encore et encore leurs visages familiers. Vous comptez vivre sur le dos des autres ? C'est pas qu'elles en aient envie, c'est juste qu'elles n'ont rien d'autre, qu'on n'a pas besoin de gamines dans les boulots qui se font le jour, et que la nuit leur fait peur. Ce qui se trame sous le sceau lunaire n'est jamais beau à voir, ça aussi c'est le vieux qui l'a dit.

Indie lève-toi, lève-toi, y'a des gens qui crient dehors ! Elle émerge avec peine sous la pression qu'exercent sur son épaule les mains de sa sœur — la nuit a été courte, elle est encore glacée jusqu'à l'os et le froid transperce leur couverture rapeuse, pourtant épaisse. Rendors-toi, c'est sûrement rien d'important, juste- Le grabuge qui s'élève dehors l'interrompt et, tout à fait réveillée cette fois, Indiana bondit hors de la couche pour jeter un coup d'oeil par la fenêtre. Oh la poisse, la poisse ! Elle ferme rapidement derrière elle, saute dans une paire de chaussettes dépareillées et un pantalon, jette à Heaven dans un blouson. Qu'est-ce qui se passe ? chuchote sa jumelle, mais Indie ne sait pas quoi lui répondre. Elle décolle juste à l'instinct, comme toujours. ça grouille de woo dehors, faut qu'on s'en aille d'ici. Woo pour BPM, de l'argot fwoopers (Focifères) par lequel on qualifie les tireurs d'élite de baguette magique dans les quartiers moins favorisés de l'Angleterre. Ce n'est jamais bon, ici, quand ils se ramènent. Parce qu'ils ne défendent pas les plus pauvres — ils les rabrouent et les briment, uniquement. Les cartes ne t'ont rien dit ? A grands mouvements précipités elle balance dans un sac à dos sans fond ensorcelé par Ren tout ce qui lui tombe sous la main et qui peut s'avérer utile. Non, j'étais trop crevée, j'me suis endormie sans regarder. Heaven se triture nerveusement les mains, l'air coupable. Prends tout ce que tu peux, on revient pas ici. Tes mitaines tu les as ? La couverture, un oreiller, ton Tarot- sachets de thé, biscuits, couteau de poche, des vêtements roulés en boule, la petite trousse de soins d'urgence que le vieux insistait pour avoir toujours à portée de main, même si Indie ne connait pas l'usage de la moitié des produits qu'il y a rangés — le tout est sauvagement empilé dans le sac à dos et alors qu'elles s'apprêtent à descendre pour filer, la porte vole en éclats. Indie étouffe d'une paume ferme le cri de Heaven. Brigade de Police Magique ! Présentez-vous mains levées et il ne vous sera fait aucun mal. La fenêtre, elle chuchote d'un ton pressant, aidant sa sœur à s'y hisser. Ascensio, formule-t-elle en visant les pieds de Heaven — puis les siens, une fois la plus jeune arrivée sur le rebord de la fenêtre d'à côté. Elle est encore trop jeune pour savoir donner assez de puissance à l'unique sortilège lévitation que lui a enseigné Darren en secret, quand elle a dérobé la baguette de leur père, mais il lui a montré comment rendre pratique l'usage minime qu'elle en fait : en dosant la petite impulsion qu'elle imprime dans le sort, elle sait ôter suffisamment de leste à sa cible pour lui permettre de sauter plus loin ou plus haut. Heaven et elle ont plus que l'habitude de s'en servir, lorsqu'elles s'amusent à grimper sur le toit dans le dos de leur vieux, pour regarder les étoiles. L'exercice est familier jusque-là, et elles atteignent les tuiles sans encombres ; mais alors, tout se gâte. Un éclair lumineux fuse à une distance ridicule de la tête de Heaven, qui en perd l'équilibre. Sous son pied, une tuile cède et avec horreur, Indiana la voit trébucher jusqu'au rebord du toit, auquel elle se raccroche de justesse. INDIE ! Elle clame de toute la force de ses poumons, et sa sœur s'empresse de descendre jusqu'à elle, assise sur le toit instable et usant de ses mains et de ses pieds pour se déplacer, baguette coincée entre les dents. Les woo ne cessent de gueuler soyez raisonnables, rendez-vous et ils sont déjà presque sur elles ; Indiana tente d'aider Heaven à remonter, manquant par trois fois de perdre l'équilibre. Mais leurs assaillants envahissent finalement le toit, poussant les gamines agrippées l'une à l'autre à reculer, reculer, reculer jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'échappatoire. Rendez-vous sans faire d'histoire, qu'ils répètent, froidement agacés. Indie secoue frénétiquement la tête en signe de négation mais des liens jaillissent de deux des baguettes et elles s'effondrent à genoux, liées des épaules aux cuisses. Elles sont finies, finies, ils vont sûrement les liquider et jeter leurs corps dans le caniveaux, ou les enterrer vivantes, ou leur arracher leur magie, ou leurs yeux pour les accrocher sur des portes — la mère Tatcher dit qu'ils font ça au ministère, orner les portes avec des globes oculaires ; qu'il y en a un dont la prunelle tourne dans son orbite, sur la porte du bureau d'Ombrage. Elles sont finies ; mais l'explosion qui retentit sans crier gare ne vient pas des Woo, elle vient d'ailleurs et est dirigée contre eux. ça surgit de partout et de nulle part, des petites bulles magiques qui éclatent et laissent derrière elles d'épais nuages de fumée aveuglante qui pique terriblement les yeux. Indie effleure frénétiquement le bout des doigts de Heaven à travers les liens qui l'immobilisent, pleurant et priant elle ne sait quel Mage d'antan pour que quelqu'un leur vienne en aide. L'un des explosifs s'active juste à côté de son oreille, lui vrillant violemment le tympan et elle perd l'équilibre, rejetée en arrière par le souffle. Des bras interrompent sa chute. Elle se débat avec véhémence, Indie, assourdie par les bourdonnements qui résonnent follement entre ses tempes et aveuglée, paniquée, mais la robe de sorcier contre laquelle elle se retrouve pressée n'est pas aux couleurs des Woo et quand elle distingue enfin le visage qui la surmonte, il y a de l'inquiétude dans le regard rivé sur elle. Les lèvres s'agitent sans qu'elle n'entende rien, mais elle y lit tout ira bien, juste avant de perdre connaissance.


Dernière édition par Indiana Alderton le Jeu 2 Fév 2017 - 1:40, édité 2 fois
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OUTCAST • all hail the underdogs
Indiana Alderton
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❝ Try to leave this day behind me, but peace will never find me ❞1999 & Allemagne

De l'ombre à la lumière, de l'obscurité à l'éclat d'un soleil étranger ; des crissements des pneus de voitures dans les rues moldues aux chuintements des portoloins s'activant sur fond de crépitements de baguettes ; des sons des corps crevés heurtant lourdement le sol aux voix rassurantes des bénévoles réclamant de l'ordre pour la distribution d'un repas chaud ; elles ont fait du chemin. Indie se sent déstabilisée, paumée dans cette masse mouvante de réfugiés aux traits fatigués. Perdue dans un amas de sorciers en terre d'exil... ça l'a prise aux tripes, lorsqu'elles ont échoué là après que les passeurs les aient largués à terre suivant le contrat : le sentiment d'impuissance à l'arrivée, tandis que des mains inconnues la manipulaient, la fouillaient, s'assurant qu'elle ne cache rien d'interdit, nulle part. Lorsqu'ils l'ont relâchée, elle s'est sentie dépossédée de tout, de sa dignité même, presque nauséeuse de ne pouvoir épargner cette étape humiliante à sa sœur. Cela remonte à quelques jours à présent et la sensation s'est tassée, arrière-goût révoltant relégué au second plan.

Sur les visages qui la cernent, il y a tantôt du désespoir, tantôt les restes d'une peur tenace, tantôt les prémices d'un soulagement encore empreint de scepticisme — il y a la rumeur d'un bonheur naissant, mais teinté de douleurs sourdes. Pour les uns c'est le début d'une course vers une vie meilleure. Pour elle, c'est un naufrage. Ballotée, cœur en exode, le regard rivé sur l'horizon au-delà duquel se trouvait sa maison, avant. Tu crois qu'on rentrera un jour ? Il y a la tête de Heaven Nevaeh (comme elle se fait appeler désormais) blottie au creux de son cou et Indie y puise du réconfort ; mais l'amertume lui pèse comme une enclume. On vient à peine de dégager de ce pays de merde et tu parles déjà d'y retourner ? J'espère ne jamais y r'foutre les pieds. Elle ment si franchement, si éhontément. ça lui arrache un bout d'elle-même d'être là, si loin de tout ce qui fait qu'elle a un jour été elle. Mais tu crois- tu penses qu'on se sentira chez nous ailleurs qu'en Angleterre ? Bouge, c'est l'heure de la soupe. Elle s'arrache au coin de murs dont elles ont fait leur territoire, rejoint la file qui s'allonge et au sein de laquelle on se bouscule un peu, beaucoup, en dépit des réprimandes et demandes des bénévoles.

Ils sont tous des survivants. Et survivre change les gens.

Indie a quelque chose d'un animal traqué, cet air de rapace à l'affût d'une opportunité, sous la frange brune qui cache en partie son visage baissé. Son regard étudie en biais ce qui l'entoure, les poches accessibles dans lesquelles ses doigts se glissent subrepticement, et lorsqu'elle retrouve son coin avec un bol chaud entre les paumes Neva a les lèvres serrés, sévères. N'ose pas la regarder. On n'a plus besoin de faire ça. Faire quoi ? D'un coup de pied sa sœur cogne la poche du manteau où elle a calé son maigre butin avant de se laisser tomber, assise, à ses côtés. C'est un nouveau départ- Tu vois quoi autour de toi ? Je vois- La misère. Des gens privés de tout, jusqu'à leur identité. Un campement aux allures de refuge et d'espoir cachant une réalité sale : la précarité dans toute sa laideur. Je vois qu'on est en vie, c'est un bon début. Indie ne répond que par une moue dégoûtée. Ton optimisme me fout la gerbe, elle souffle de sa voix limpide mais brusque à une Nevaeh qui arrive à éclater de rire ; un rire un peu triste, un peu hanté, mais qui réchauffe le cœur. Elle ne sait juste plus le dire, Indie. Elle ne sait juste plus avouer qu'il y a de bons moments, ou du moins, de moins mauvais que d'autres ; elle ne sait plus voir le verre autrement qu'à moitié vide, trop obnubilée par les cicatrices, trop angoissée par l'avenir. C'est pas simple, de cesser de se laisser prendre à la gorge par l'inquiétude après l'avoir eue pour fidèle compagne, jour et nuit, pendant un an. Je vois une impasse, avoue-t-elle. Parce qu'elle n'ose pas croire qu'aux frontières, on répondra favorablement aux centaines de demandes d'asile qui se préparent, alors que le monde se moque bien de la détresse des sorciers anglais. Et parce qu'avant les frontières il y aura les semaines à camper dans la boue, à dormir sur une oreille, à se battre pour échapper aux dangers, à essuyer les regards hostiles des habitants, terrés au camp sans pouvoir mettre un pied à l'extérieur. Il y aura les rats et l'insalubrité et la peur aux tripes, les menaces d'expulsion tatouées sur les lèvres des politicomages. C’est une prolongation de l'année de cauchemar qui vient de s’écrouler – et pourtant, quelque part, Nevaeh n’a pas tort. Elles sont en vie. Peut-être y a-t-il une amélioration, vraiment, à présent que le moindre grésillement de magie incontrôlée ne risquera plus d’attirer une flopée de rafleurs, de mangemorts, et de les obliger à courir, courir, courir pour prolonger le sursis, jusqu'à la prochaine embuscade.

Pourquoi j'm'encombrerais de deux gamines ? Il est ennuyé et impatient et Indie serre les dents. Elle ne peut pas répondre parce que je sais pas lire. Elle préférerait crever que d'avouer ça, comme ça, alors que le fait creuse des ridules d'autodépréciation au plus profond de son âme. Parce que les familles passent mieux les frontières. J'ai regardé. Elle est peut-être trop attardée pour lire et écrire, Indie, selon les adultes, mais elle observe, constate, s'adapte. Cet homme est là depuis avant elles et il n'aboutit à rien, se heurte à une impasse. Et elles, elles sont trop jeunes. La vie au camp est risquée — c'est un combat constant. Impossible de fermer l’œil, la moindre inattention coûte trop cher. Elles ne peuvent pas écrire non plus, et c'est handicapant. Il leur faut pouvoir compter sur quelqu'un. L'homme les dévisage de la tête aux pieds, pensif. Finit par tendre une main. Dawson. Mais tu peux m'appeler dad, il ricane. Indie lève le nez d'un air mitigé, mais le soulagement la submerge. Ravie de faire affaire avec toi, qu'elle répond en se donnant un air important.

Quoi, qu'est-ce qu- qu'est-ce qu'il y a, pourquoi tu..? Ramasse tes affaires. Mais qu'est-ce qui se passe ? Ramasse tes affaires ! Neva ne bouge pas assez vite à son goût, alors elle lui arrache la couverture sous laquelle elle est recroquevillée, la lève de force, récoltant les maigres effets qu'il leur reste et les quelques acquisitions qu'elle a dérobées depuis leur arrivée au camp. Sa sœur est perdue, figée, tétanisée par ces mots qu'elles avaient cru ne plus jamais entendre ou formuler. Pourquoi tu fais ça ? Parce qu'on part. Maintenant. Tout de suite. Faut prévenir Dawson. C'est comme un coup au cœur. Brusquement, les bras lui en tombent, la panique se fraye un chemin sinueux jusqu'à son palpitant — et sans crier gare, un tintement résonne entre ses tempes, sourd puis strident, audible à ses tympans seuls. Les acouphènes la plient en deux, infernaux ; ses mains lâchent les objets dont elle venait de se saisir et les bras de Nevaeh s'enroulent autour d'elle, tentant de la soutenir. ça ne va pas marcher-, elle explique, un goût de cendres et d'échec et de désespoir sur la langue. La demande d'asile- refusée, elle a été refusée. Neva secoue la tête de droite à gauche, l'air de refuser d'y croire. Sort précipitamment son Tarot, ses mains agiles volant au-dessus des cartes, et puis elle se fige. Tu as v-vu quoi ? Ses cartes héritées de sa mère, encore étalées sur le matelas, les suivent de leurs yeux mouvants. J'ai vu- j'ai vu l'échec, j'ai vérifié deux fois- L'Impératrice et le Pendu à l'envers les narguent, paire déclarant perfidement leur projet voué à péricliter. C'est peut-être une erreur- Laisse tomber, s'il te plait, arrête de parler, prends juste tout ce que tu peux- Elle ne peuvent pas attendre. Elles ne peuvent pas. La réponse interceptée par Indie tandis qu'elle se glissait à travers le campement sera officialisée sous peu et alors, ce sera la déportation. Si elles partent à temps, si elles s'enfuient avant, elle pourront rejoindre un autre camp, changer de nom, se fondre dans la masse le temps de retenter leur chance. S'il te plait Neva- La douleur s'intensifie et elle se mord si fort la langue que les relents âcres de la mauvaise nouvelle se diluent au profit d'une saveur métallique. D'accord. D'accord. Il y a une pointe d'hystérie dans la voix de sa petite sœur et elle a mal, Indie, de lui infliger ça. La déception, encore. Comme à chaque fois, sa main cherche celle de sa cadette, à l'aveugle. On y arrivera, ok ? On essaiera autant de fois qu'il le faudra, mais on arrivera quelque part. O-on se sentira chez nous quelque part.

❝ In this bed where I rest
I'm homeless. This house I know
best
, but I'm homeless. ❞
2002 & Ukraine & Chemin de Traverse

septembre. La tasse heurte trop fort le journal abandonné là par Dawson, l'éclabousse, faisant couler les lettres comme les larmes d'encre. Elle ne devrait pas trainer, Indie. Ne devrait pas interrompre sa routine matinale, empressée, bien huilée, pas alors que les secondes s'égrainent et qu'aucun retard n'est acceptée pour elle, petite immigrée égarée dans le sud de l'Ukraine, sans diplômes ni réelles compétences en Magie ; pas alors que les conditions de travail sont si dures, mais pourraient être encore pires. Elle ne devrait pas s'arrêter et pourtant ses muscles ne répondent plus à la moindre sollicitation, ses pensées même se sont figées, tentant vainement de s'enrouler autour de l'annonce qui vient de tomber comme un couperet.

Voilà des mois qu'elle évolue en apnée, des années qu'elle ne sait plus très bien comment exister, des lustres qu'elle s'adapte, caméléon dépourvu de réelle identité. Sa terre natale est à feu et à sang et les journaux en font leur cheval de bataille, usant le sujet jusqu'à la corde, prétextant un intérêt là où règne un sensationnalisme révoltant. Et pourtant Nevaeh est là, sur le pas de la porte, pâle, ses yeux électrisants écarquillés et entre ses phalanges tremblantes, cette lettre. Ils vont nous- Indie soutient son regard ; déglutit péniblement. Elle sait le cauchemar éveillé qui embrume ces prunelles, elle sait les nuits d'angoisse, elle sait les indicibles peines. Elle sait l'envie de se retrouver quelque part, l'espoir d'être acceptée, adoptée par un peuple, de se faire sédentaire, elle sait les peines des nomades sans cesse ex- -pulser. Ses paupières se ferment sous la brutalité du mot. La tasse lui échappe et bascule, le journal se froisse sous l'assaut du liquide brûlant. Neva scrute avec difficulté la lettre pour la déchiffrer, se basant sur les mots les plus familiers pour deviner le contenu. Notre dossier a été réexaminé et ils disent- ils considèrent que la situation dans notre pays d'origine n'est plus assez critique pour que soit maintenu l-le droit d'asile. Parce que c'est là, bien sûr, tout ce à quoi se résumait leur présence ici : asile, exile, stabilité feinte, sursis, toujours.

Depuis 97, c'est le thème clé autour duquel tourne leur existence.

Il y a eu les rues du Londres moldu. Les refuges, vite désertés du fait des questions dérangeantes — d'où venez-vous ? Que fuyez-vous ? Et l'école, vous allez à l'école, n'est-ce pas ? C'est important, l'école — comment répondre à ça ? C'est fou, elle a découvert, Indie, que les moldus sont obnubilés par l'école, parlent constamment d'études et de métiers d'avenir et de crise. Elle s'est retrouvée plus d'une fois, lèvres ouvertes sur des mots qui ne voulaient (ne pouvaient) sortir, car comment parler de guerre lorsque lesdits conflits armés constituent un fantôme, l'ombre d'un autre monde ? Il y a eu les rues du Londres moldu, donc, et la menace des services sociaux, leur acharnement à les coincer comme de foutues criminelles, pour les séparer et les classer dans un système — un système fait de cases et de normes et d'exigences qu'elles ne connaissaient pas.

Il y a eu les contacts sorciers, des fuyards comme Neva et elle, croisés sans s'attarder ; juste le temps de s'échanger un Daily Prophet clandestin, périmé de plusieurs jours, pour se tenir un minimum au fait des progrès (inexistants) d'une guerre civile ravageuse. Qu'elle ne parvenait pas à lire et sur lesquels Neva s'usait les yeux pendant des heures, jusqu'à comprendre les articles.

Il y a eu les erreurs d'abord presque permanentes, puis répétées, plus espacées, mais toujours synonymes de danger : la Magie bouleversée, incontrôlée, échappant à leur attention et à leurs doigts maladroits, mise à jour par leurs émotions tourmentées — et les transplanages qui ne tardaient jamais à suivre, apparitions de représentants des forces de l'ordre à l'affut de hors-la-loi survivants auxquels arracher les yeux. Il y a eu les fuites incessantes, pour échapper à leur cruauté.

Il y a eu les gangs et les menaces permanentes, les offres indécentes, la violence des bas-fonds, les bagarres, tout le temps. Les drogues moldues, à peine essayées, vite abandonnées — qui décimaient autour d'elles sans pourtant distiller leurs effets nuisibles dans leurs organismes trop différents pour être atteints. L'Orviétan effrayant, goûté et aussitôt fui.

Puis il y a eu ce mot l'oreille, glissé au détour d'une ruelle : 280 ʛ/personne le passage des frontières magiques, soit 1400 ‎£ pour chacune d'elles, offre onéreuse mais inespérée. Le Rendez-vous à Douvres, aux environs d'une faille, la prise de contact avec des passeurs sans scrupules. La fuite par voies moldues : bateau de fortune, corps misérablement entassés subissant les assauts de la mer du nord. Ils ont bordé les côtes de la France sans s'y arrêter, contourné des terres pour s'arrêter en Allemagne, là où des contacts sorciers attendaient leur arrivée. Il y a eu le premier camp, les premières fouilles, les premières demandes officielles, tonne de paperasse rejetée à la frontière. La première fuite, pour échapper à la déportation. Nouveau camp, nouveau nom, nouvel essai — nouvel échec. La maladie feinte pour repousser l'échéance et avoir le temps de s'échapper avant le transfert. Puis Melilla, enclave espagnole au Maroc, les refus encore, la fuite en portoloin avec d'autres migrants sorciers refoulés à la frontière d'une Pologne rebutée par les flux migratoires et enfin, l'Ukraine. Ce n'était pas leur premier choix, mais il s'est imposé comme une option rationnelle : peu de demandes et par le fait même, plus de chance de voir passer leurs dossiers. Le calcul s'est avéré payant — mais aujourd'hui tout s'effondre.

On les renvoie à la case départ.

Qu'est-ce qu'on fait ? Indie rit. Rit jaune. Avale son thé d'une traite, cœur en berne ; Nevaeh se penche sur les tracés mystérieux laissés par les plantes au fond du récipient, alors même que l'instinct d'Indie lui souffle qu'il est déjà trop tard. De quand est daté le courrier ? questionne-t-elle soudain et Nevaeh s'empresse de retourner étudier scrupuleusement le parchemin, les yeux plissés, avant d'indiquer que l'envoi a pris pas moins d'une semaine. Indiana blêmit. Il n'y a pas besoin de prédiction, tout compte fait, pour savoir ce qui les attend. On n'aura le temps de rien faire, affirme-t-elle finalement. Ils nous traineront eux-mêmes dehors, d'un instant à l'autre. L'échéance est déjà dépassée.

La rue est brutale. Amante peu scrupuleuse qui attire et entraine ceux qui lui cèdent dans un cercle vicieux, leur fait miroiter des possibles et les enfonce, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus ni retour en arrière ni voie ouverte : rien d'autre qu'une impasse. On se dit d'abord que ça ira, que c'est temporaire, qu'on s'en sortira, et il faut du temps pour assimiler que non. Il faut du temps pour comprendre que rien ne sera jamais plus comme avant.

Elle l'a assimilé depuis longtemps, Indie. A l'instant même où elles ont foulé à nouveau le sol anglais, déchargées sur leurs terres par les étrangers qu'elles encombraient, elle sait qu'à l'horizon ne se profile qu'une nuit sans fin. Ils ne les ont pas juste jetées hors de leurs frontières : ils les ont déportées, lâchées dans leur pays d'origine sans souci pour la guerre qui continue de faire rage. Elles sont rentrées comme elles sont parties : un sac sur le dos contenant l'ensemble de leurs effets. Mais les poches trop vides pour tenter une énième fuite. Et ce vers quoi elles retourne n'est qu'amas de ruines et d'objets brisés. Il y a eu des émeutes, il y a eu des casses, il y a eu des squatteurs. Il n'y a plus quoi que ce soit d'intact ici et les fondations mêmes sont instables, branlantes, menaçant de s'effondrer. Il ne reste vraiment plus rien, commente platement Neva, les mains dans la poussière, cherchant sous les lattes éventrées les cachettes qu'elles utilisaient avant et qui ont été trouvées, vidées depuis longtemps. Indie est assise un peu plus loin, à même le sol, le visage au creux des paumes. Elle réfléchit, elle cherche, elle ne sait pas quoi faire à présent. Il reste un toit, lâche-t-elle finalement. On peut toujours dormir ici cette nuit et demain- demain on cherchera quoi faire. Ici ou dans le Londres moldu... Neva ? elle a une idée, mais une idée horrible. Ici on est des fugitives, mais chez les moldus il y a... il y a les services sociaux, tu te souviens ? La mine de sa sœur s'assombrit aussitôt. Tu veux qu'on se sépare ? Les secondes de silence qui s'en suivent sont pesantes, gorgées d'angoisse, et semblent s'étirer à l'infini. Peut-être que- peut-être que c'est le mieux pour- elle entame à contre-coeur, un nœud dans la gorge, mais les doigts de Nevaeh s'ancrent brusquement dans ses épaules, l'obligeant à croiser son regard. Elle a un air féroce quand elle vocifère Pas question. On reste ensemble, on survit ensemble, on crève ensemble. Leurs fronts se heurtent, leur mains s'agrippent à la nuque de l'autre, cherchant un point d'ancrage et Indie se déteste, elle se déteste d'être soulagée alors qu'elles viennent de sceller leur destin. T'es sûre de vouloir affronter ça à nouveau ? La rue, la faim, les vols, l'errance ? Je sais que tu détestes et si on reste ensemble c'est tout ce qu'on aura- Mais je t'aurai toi, même si t'es pas un cadeau, elle lève dramatiquement les yeux au ciel et Indie ricane en la punissant d'une pichenette — Toi par contre, tu m'auras moi et en toute humilité, c'est un sacré bon plan. Secoue tes chevilles enflées alors, on a intérêt à se reposer tant qu'on peut. Demain... La phrase reste en suspend. Pas besoin d'explications, vraiment. Pas besoin de détails, elles savent toutes deux ce qui les attend. Et elle se déteste, Indie, parce qu'elle sourit et que ses yeux brillent de satisfaction au lieu de forcer sa sœur à entendre raison ; parce que la rue est brutale et qu'elles se condamnent, mais avec l'illusion qu'à deux elles peuvent bien tout encaisser. Tu crois qu'on retrouvera Darren ?

octobre. Elle a disparu, Nevaeh — partie pour un plan simple, un vol banal, mais jamais rentrée. Et Indie restée en arrière, navire à la dérive, privé de son ancre, sans savoir où, qui, pourquoi, comment. Indie restée seule, tellement seule, avec sa culpabilité et ses remords.

❝ My hunger it grows and it won't let me go. And it burns in my chest, I'm homeless. ❞2003 & Angleterre

mars. Et elle a quoi d'intéressant, ta recrue ? La voix est railleuse, ennuyée. N'a rien de rassurant, vraiment. Le visage masqué sous sa capuche, Indie l'observe de ses yeux durs et mornes à travers leur écrin de cils pâles, ce Grand (puisque clairement âgé de plus de vingt ans) entre les mains duquel repose son sort. Il est le chef du gang, visiblement ; le fameux Mood aux humeurs changeantes, et souvent massacrantes, que craint tant le garçon qui l'a trouvée. On murmure son nom avec respect et dégoût dans la rue, et elle n'a jamais aspiré à se retrouver face à lui. Et pourtant — voilà qu'elle s'y retrouve. Avance, montre-lui, ordonne d'un ton rude celui qui l'a trainée dans ce pétrin. Shit, elle avait rien demandé de tout ça. Il l'a coincée à voler alors qu'elle n'avait pas conscience de se trouver sur le territoire du gang, l'a coursée à travers les rues sinueuses — et il a cogné, cogné, cogné pour ne s'arrêter que lorsqu'elle lui fiché dans le dos des mains ses larmes transformées en copeaux de glace. Alors ? Donne-moi une bonne raison de ne pas te dessiner un second sourire et t'égarer dans la Tamise. Elle frissonne au ton léger sur lequel il parle de l'éventualité de l'égorger. Serre les mains en poings furieux, incroyablement frustrée de ne parvenir à imaginer une escapade.

Son agresseur lui a fait traverser la ville jusqu'à un cimetière oublié, inusité. Monter la colline, sillonner les tombes. Elle était sûre qu'il comptait la tuer et elle s'est débattue, beaucoup, jusqu'à ce qu'il l'assomme à moitié et la traine derrière lui, après avoir emmitouflé ses membres frigorifiés dans une grande cape chaude. Dans un état de semi-conscience, elle a vu des silhouettes observer la progression de leur étrange duo ; des orphelins crasseux tapissant la poussière et les ombres des caveaux abandonnés. Et puis l'inconnu l'a hissée dans l'une des vieilles tombes, mais à l'intérieur, point de cadavre. Juste un passage, entrée débouchant sur un vaste réseau de tunnels et de galeries creusés pour relier plusieurs des caveaux entre eux. On a exhumé les corps et on les a jetés à l'eau, a-t-il brièvement expliqué, moqueur, tandis qu'elle s'agrippait à lui à contre-cœur, craignant de voir surgir un tas d'ossements vengeurs ou de trébucher sur des restes humains. Et ils ont fini là : dans un mausolée qui constitue le centre du repère, et dont la véritable entrée a été condamnée par l'effondrement de l'avant du monument. Tenter de fuir serait fou et suicidaire, alors muette, Indie s'exécute.

Ses mains s'élèvent, doigts écartés tels ceux d'un marionnettiste. Cherchent à capter les particules liquides que recèle le sol creusé pour les accueillir, les racines et la végétation qui s'y cache. Ses paumes se tournent ensuite, face vers la voûte de terre, et autour d'eux l'air s'alourdit, humide et chargé. Des vrilles de brumes se tissent à travers les couloirs sous-terrains environnants, s'enroulant autour des chevilles de leurs occupants. Mood se redresse sur le siège qu'il occupe, se penche en avant, l'intérêt piqué. Approche. Et si elle répugne à obéir, elle est trop consciente de n'avoir le choix de refuser de le faire. Alors elle le rejoint, réticente, jusqu'à être suffisamment près pour qu'il agrippe d'un poing la capuche et la rabatte comme la brute qu'il est. Il l'observe comme une nouvelle acquisition, le pouce et l'index encadrant son menton pour lui faire tourner la tête d'un côté, puis de l'autre. Tu n'es pas humaine ? qu'il questionne, un soupçon de délice dans son timbre. Indie s'arrache à sa prise d'un brusque mouvement de menton et baisse les yeux, les lèvres serrées en une moue amère. Depuis son retour en Angleterre, c'est une question sensible. On parle de remèdes à base de sang de vélanes ; de vélanes exploitées pour des traitements médicaux onéreux ; on parle de prostitution, de tueries. Traquées, décimées, vendues entières ou en pièces sur le Marché Noir. Indiana n'y a réchappé que grâce à son instinct de survie et ne pas savoir où se trouve sa sœur creuse un gouffre de désespoir au plus profond de son âme. Et si Neva était tombée entre les mains des monstres qui déciment leurs consœurs ? Sii elle était morte ? C'est en partie pour ça qu'elle a les pieds comme cimentés au sol, trop lourds pour courir vers une fuite impossible. Si Shadow Moses l'accepte, alors... alors sa vie changera, et elle ne sera plus vraiment libre, mais elle sera sous la protection de Mood. Il parait qu'il y a une entente entre ce gang et le Marché Noir. Qu'ils se foutent mutuellement la paix, tant que certaines closes sont respectées ; et que parfois, les membres du gang remplissent certaines missions pour se faire des sous tout en renforçant leur pacte. Si elle se joint à leurs rangs, elle aura plus de marge de manœuvre pour chercher sa sœur. Le ricanement appréciateur de Mood lui met les sens aux aguets. Et elle a du caractère, avec ça. Le constat roule dans sa gorge, lourd de satisfaction. Les jeunes de la rue sont redoutables d'inventivité, mais la Magie n'est pas toujours leur point fort. Manquant d'éducation en la matière, ils ont appris à survivre autrement, à se fondre entre les deux mondes ; de fait, les rares d'entre eux à maîtriser un tant soit peu des pouvoirs sont intéressants — selon l'intensité de leurs capacités. Un mouvement presque imperceptible attire ses prunelles sur la gauche ; il y a un autre garçon, là, fondu dans la pénombre, immobile à observer la scène, les traits imperturbables. ça la laisse amère. Si Mood la butait là, sûrement qu'il ne lèverait pas un doigt pour l'en empêcher — au contraire, il l'aiderait à tous les coups. Tu sais te battre ? Elle hésite. Je sais encaisser, répond-elle finalement, car si elle a la fougue d'un chat sauvage, la rixe de tout à l'heure l'a rendue lucide quant au fait qu'elle n'est pas à la hauteur de ce qu'ils appellent se battre. La remarque est suivie d'un coup de pied qui la cueille en plein ventre. Elle ne l'a pas vu venir. Il la plie en deux et elle recule de quelques pas, pour garder l'équilibre, ses bras enroulés autour de la taille, les yeux écarquillés par le choc. Sont-ils tous fous ? Tu peux encore t'améliorer à ça. Et il te faudra apprendre à cogner en retour. Privée d'oxygène, Indie inspire profondément pour gonfler ses poumons, le corps douloureux et l'impression de s'être fait perforer par le talon clouté. Un soupire exaspéré s'élève quelque part devant elle et elle s'oblige à rouvrir les yeux qu'elle n'avait même pas conscience d'avoir fermés. Oh, remets-t'en, ce n'est même pas le dixième de ce qui t'attend ce soir. Ce soir ? Qu'est-ce qu'il y aura, ce soir ? Bonne prise, Crow. On la garde. Et sur ces mots, il leur fait signe de dégager ; le dénommé Crow la tire derrière lui pour émerger à la surface, là où le soleil achève déjà sa course quotidienne. Bien joué, gamine. Ce soir tu deviendras l'une des nôtres.

Numéro Trois. La lumière du jour, mourant pourtant, suffit à la déconcerter alors qu'ils émergent du passage. Indie ne répond pas, cherchant à retrouver ses repères, puis finit par froncer un sourcil et arquer l'autre, l'air de dire de quoi tu jactes ? Son guide lui retourne un bref coup d’œil sombre, chargé de menaces, qui la pousse à ranger ses griffes. Il y a une hiérarchie. Plus le grade est élevé, plus tu es polie. Mood au sommet. Son bras droit, Fox. Je suis le quatrième. Le type de tout à l'heure, celui que tu as aperçu, c'est le numéro trois. Fangs. Elle hausse les épaules et s'oblige à contenir le frisson qui lui court le long de l'échine, peu désireuse de laisser percevoir qu'il l'a marquée. Son visage de marbre. Son regard tranchant, à l'éclat sauvage. Elle déteste ce goût de cendres qu'il lui a laissé, Indie. Ce gars qui l'a regardée se faire frapper sans broncher. J'vois pas, elle bluffe, jouant la nonchalance. Mauvaise réponse. Son interlocuteur — dont le vrai pseudonyme est en fait Scarecrow, l'arrête d'une main sur l'épaule, elle ne grimace pas à la force avec laquelle il la broie. Voler, c'est pas qu'une question de savoir piquer deux trois bricoles. Tu dois être la meilleure et pour ça, il te faut être attentive, observatrice, curieuse de tout. Engranger chaque information qui se présente, la stocker, la réutiliser à bon escient. Transformer la moindre ouverture en opportunité. Pigé ? Elle acquiesce, en accord bien qu'à contre-cœur avec la remontrance. Les gallions passent — mais le savoir que tu engranges à propos des autres est un trésor impérissable. Il te donne du pouvoir sur eux. Plus tu en sais, mieux tu diriges tes coups. See- Il lui décoche une droite qu'elle bloque instinctivement, lui servant une mine outrée. Pourquoi tu- Je l'ai vu dans la rue. Tu protèges bien le haut de ton corps. Tu es sûr tes gardes, vision périphérique à l'affut des attaques. Mais lorsqu'il lui balance un coup de pied dans la hanche droite, la frappe perce sa défense trop lente et elle jure entre ses dents en encaissant le choc. Répond en le bousculant aux épaules — mais il attrape ses mains au vol avec un sourire carnassier. Mais t'as une faille, là. Mood l'a perçue immédiatement. Le danger peut surgir de partout, Mist. Mist ? On t'appellera comme ça. Sa lèvre supérieure s'ourle d'agacement. J'ai déjà un prénom, elle proteste. J'ai l'air de demander ton avis ? A vrai dire, ça sonne bien à son oreille, Mist. Elle continue juste de râler dans sa barbe, pour la forme.

C'est le deuxième jour, la deuxième leçon seulement — mais déjà la dernière avant qu'on ne la jette sur le terrain. Elle a les muscles en compote d'avoir essuyé l'acharnement de ses nouveaux frères et sœurs la veille au soir, mais avec Crow, pas question de dormir après que les premiers rayons du soleil ne se soient timidement révélés. Il faut sillonner le Tout-Londres, moldu comme sorcier, dès le point du jour. On forme le Path, parce que notre domaine, c'est la rue, qu'il dit. Les allées pavées, les marchés, les ponts surplombant la Tamise. Il lui explique les deux équipes qui y règnent : les plus expérimentés dans leur "art", les pickpocket, pour détrousser les passants et les marchands — poches, bourses, étals. Les plus jeunes et les moins doués pour piller discrètement, mais comédiens dans l'âme, les troublemakers, réquisitionnés pour faire diversion. Larmes de crocodile, mère soit-disant perdue, malaise feint, mises en garde erronées pointant des innocents tandis que les vrais voleurs se tirent en sens inverse. La deuxième troupe, c'est celle de Dunstan : les Breaches. Bien moins nombreux, plus sélectifs, vivant après le coucher du soleil. Se faufilant des tuiles des toits aux conduits des cheminées, déverrouillant les fenêtres, crochetant les serrures, glissant entre les barreaux, cassant à l'aide de petits artefacts puissants les sorts de protections posés sur les trésors. Fantômes nocturnes dérobant tout à la faveur de la lune : gallions, bijoux et contenu des garde-manger. Tu commences en bas de l'échelle, et tu grimpes en prenant l'ascendant sur tes pairs. Les petites mains plument toutes les proies qu'elles trouvent, les Hitters récupèrent et centralisent le butin, le remettent respectivement à Dunstan et à moi. Mood reçoit nos rapports. Qui bosse mange, c'est comme ça et pas autrement. Si t'es pas rentable, ne crois pas que ça ne se saura pas : y'aura toujours quelqu'un pour vendre la mèche et tu finiras au sol à bouffer les racines et une pluie de coups avant d'avoir eu le temps de dire magie. Une pluie de coups, c'est un peu votre réponse à tout, quoi. T'apprends vite, il se moque, alors qu'elle grimace. Et si tu me fais regretter de t'avoir ramenée, je te fais la peau, définitivement. Il a une sorte de soft spot pour elle, elle le sent. Le côté vélane, sûrement ; quelque chose lui dit qu'il n'aurait même pas pris la peine d'expliquer, même brièvement, s'il n'y avait pas eu ça. Qu'il l'aurait juste jetée à l'eau en lui ordonnant de se démerder pour apprendre à nager. Alors elle note que le charme et la maîtrise du pouvoir hérité de sa mère peuvent réellement devenir des atouts en sa faveur, si elle les exploite au mieux. Mais ses lèvres tiraillent, déchirées aux commissures — et sur toute leur largeur à vrai dire ; enflées. Ses pommettes sont bleuies. Les paumes de ses mains parsemées de coupures entre lesquelles s'est logée de la terre. Sa respiration est sifflante, ses côtes douloureuses, ses jambes en coton. Cérémonie de bienvenue. Tout cela lui rappelle que ces jeunes là restent sans scrupules et dangereux ; que soft spot ou pas, il est vraiment capable de la buter si l'envie lui prend de le faire et qu'elle lui donne une raison d'y céder. La seule façon de ne pas embrasser la poussière, c'est d'apprendre à tenir plus longtemps sur tes pattes, Mist. Il saute à bas du tombeau sur lequel ils s'étaient posés le temps du topo et, de son index et son majeur joints sur sa tempe, la salue avant de partir de son côté. C'est son premier jour, et elle accompagnera les troublemakers. S'agace un peu de n'accéder directement aux rangs des pickpocket, mais prend son mal en patience. Tandis qu'elle s'éloigne de l'ombre de la tombe pour prendre son poste, au même rythme sec et rapide que la procession de petits vauriens émergeant ça et là pour encombrer les ruelles, elle voit de loin rentrer les Breaches, Aspen Dunstan à leur tête, au terme de leur nuit de larcins. Elle jurerait voir ses prunelles vaciller dans sa direction, une fraction de seconde ; juste le temps d'un battement de paupières. Mais son visage reste tourné droit devant lui et rien ne change à son allure, alors peut-être l'a-t-elle imaginé.



Dernière édition par Indiana Alderton le Dim 15 Jan 2017 - 18:58, édité 4 fois
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OUTCAST • all hail the underdogs
Aspen Dunstan
Aspen Dunstan
‹ inscription : 11/11/2016
‹ messages : 496
‹ crédits : sierra.
‹ dialogues : seagreen.
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‹ âge : 20 (né le 10/10/83)
‹ occupation : n3 du gang shadow moses, il est le lieutenant du groupe des Breaches.
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : 1996-1997
‹ gallions (ʛ) : 1844
‹ particularité : méta animal et maître de la terre.
‹ résidence : au Wuthering Heights Cemetery (QG des SM).
http://www.smoking-ruins.com/t5788-ad-bang-see-you-on-the-street
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jhgfbdcfghtyjuiouyjtr

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fight like the underdog, don't tell me that you've had enough. left, right, left, we're marching on.
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HERO • we saved the world
Murtagh Scamander
Murtagh Scamander
‹ inscription : 06/11/2016
‹ messages : 196
‹ crédits : ♠MOONY.
‹ dialogues : firebrick
7 - INDIE + through the valley of the shadow of death Tumblr_inline_o7h0rb2ny21scq4k2_500

‹ liens utiles : rohan » badass werewolf marcus » ex-ff, prisoner mylan » angry & hungry midget shin » or is it nazir? salvatore » ff beater & international asshole sirius » the mighty godfather elliott » just another asshole.
‹ âge : 31 ans
‹ occupation : apothicaire, propriétaire du LAZARUS' PIT, au Chemin de Traverse.
‹ maison : Serpentard
‹ scolarité : 1983 et 1990.
‹ baguette : 29cm, bois de saule, écaille de Kappa.
‹ gallions (ʛ) : 1351
‹ réputation : on dit que c'est le meilleur apothicaire de Diagon Alley, qu'il est intelligent et sans pitié, qu'il fait les meilleures infusions du coin, qu'il est fort aimable mais qu'il faut toujours se méfier.
‹ faits : il a capturé un Leprechaun quand il avait huit ans et depuis, il est à son service et protège la famille Scamander - c'est un brillant potioniste, le meilleur de sa génération dit-on - il aime voyager et partir à la recherche de ses ingrédients lui-même - c'est un inventeur, il ne cesse jamais de créer de nouvelles décoctions - la famille, c'est sacré - il a aidé la RDP en les fournissant en potions, ingrédients, informations, etc... - c'est un excellent menteur.
‹ résidence : un vaste appartement à Londres.
‹ patronus : un Shire
‹ épouvantard : les cadavres de Ceallagh, Laoghaire, Rolf et Susan alignés sous mes yeux.
‹ risèd : Susan, c'est assez pathétique, non ?
http://www.smoking-ruins.com/t6855-murtagh-the-life-and-death-of
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PTN.
pareil j'lis demain psk DODO BORDEL.

mais UGH.
jpp de toi, de VOUS. gaah gaah gaah

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there she goes, my beautiful world
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WIZARD • always the first casuality
Pansy Parkinson
Pansy Parkinson
‹ disponibilité : dispo bitches
‹ inscription : 25/10/2014
‹ messages : 4640
‹ crédits : prométhée
‹ dialogues : 'lightcoral'
7 - INDIE + through the valley of the shadow of death 1481838266-pangif

‹ liens utiles :
pansy parkinson ft. adelaide kane, nephtys shafiq ft. phoebe tonkin, kid o'faolain ft. richard harmon, maksim dolohov ft. tom hiddleston, amara bataglia ft. rowan blanchard

‹ âge : vingt-quatre ans (née le 5 mars 1980)
‹ occupation : rentière déchue, mondaine destituée.
‹ maison : le choixpeau s'est a peine attardé sur sa tignasse brune avant de l'envoyer à Serpentard, dont elle est devenue préfète en 5ème année.
‹ scolarité : de 1991 à 1998.
‹ baguette : Elle faisait 19 centimètres, en merisier et cheveux de vélane, capricieuse et imprévisible, sensible aux sentiments négatifs. Cette baguette a cependant été volée par le Limier et aujourd'hui, elle en utilise une autre, bien moins adaptée à sa main.
‹ gallions (ʛ) : 7213
‹ réputation : Rien qu'une sorcière de salon, une bonne à pas grand-chose en dehors des ragots et commérages, une peste se régalant du malheur des autres, une idiote aveuglée par ses sentiments, moralisatrice en dépit de son propre penchant pour les écarts et les erreurs. Le roquet de Malfoy, puis celle que Blaise Zabini a cocufié, abandonné puis engrossé avant de partir à nouveau. Une garce qui mérite tout ce qui lui arrive. Une enfant gâtée, malgré l’aide donnée aux insurgés dans l’infirmerie de fortune de Poudlard.
‹ particularité : Complètement à la dérive depuis la fin de la guerre, on la croise souvent alcoolisée et cruelle, prête à se greffer à la moindre rixe, au moindre esclandre.
‹ faits : Elle a perdu la garde de ses filles, les jumelles Violet et Briar-Rose (née en Aout 2002) à la fin des combats, car on a jugé son sang pur comme inapte à les élever et ce même si leur père, Blaise Zabini, est considéré comme un héros de guerre. Elle a également perdu sa fortune et son statut et n’a plus aucune influence. Personne n'est tendre avec elle car les anciens rebelles la voient comme une garce à abattre et les sorciers lambda n'ont l'image que d'une gamine pourrie gâtée qui vivait dans une tour d'ivoire alors qu'ils crevaient de faim. Condamnée à vivre dans une demeure autrefois grandiose mais maintenant totalement insalubre, elle ère coincée entre sa mère tyrannique et sa tante furieuse, désœuvrée et désabusée.
‹ résidence : Dans l'hôtel particulier Parkinson, situé dans le quartier de Barkwith, sur le Chemin de Traverse. Ancien symbole d'une grandeur aujourd'hui étiolée, la demeure tombe en ruine et menace de s'écrouler depuis les émeutes de janvier 2002. Ses parents possédaient un manoir à Herpo Creek, il n'en reste qu'un tas de cendres et elle n'a plus accès à son bel appartement de la Bran Tower depuis la désertion de Draco durant laquelle elle a également pris la fuite.
‹ patronus : Une hirondelle à peine corporelle
‹ épouvantard : Les corps inanimés de Briar-Rose et de Violet.
‹ risèd : Simplement un matin ordinaire, des draps clairs et propres, une chambre lumineuse, des rires d'enfant emplissant le couloir avant que les deux têtes brunes ne sautent sur l'épais duvet. Un avenir pour elles, aussi, surtout.
http://www.smoking-ruins.com/t3200-pansy-fleur-du-mal
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rip rip rip

bave yeux

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Some days I feel everything, others are numbing, can never find the in between, it's all or nothing. Half my bones in city streets, the other in my sheets, and I don't think they'll ever get the chance to meet. I never wanted to be here now, one foot in the grave, other on the ground. I can't process what I'm feeling now, this skin I can do without.
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WIZARD • always the first casuality
Kenna Fitzgibbons
Kenna Fitzgibbons
‹ inscription : 16/10/2016
‹ messages : 378
‹ crédits : .CRANBERRY SIGNA BY EXCEPTION.
‹ dialogues : indianred
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‹ âge : 26 ANS
‹ occupation : ACTRICE, LANCELOT CENTRAL (intern lysa montez)
‹ maison : POUFSOUFFLE
‹ scolarité : 1988 - 1995.
‹ baguette : VINGT-SIX CENTIMETRES, BOIS DE POIRIER, PLUME D'OISEAU-TONNERRE.
‹ gallions (ʛ) : 1763
‹ réputation : elle apparaîtra dans la prochaine saisons de lancelot central + elle a été l'une des victimes des brainwash pendant la guerre + elle est proche des scamander + elle assume tout, n'a peur de rien + elle est très affectueuse, pleine d'amour et de bonne humeur + elle adore faire des pranks.
‹ faits : elle a grandi dans une famille stable et aimante + était une vraie party girl quand elle était à poudlard, elle en a organisé plus d'une, d'ailleurs + à la sortie de poudlard, elle est devenue assistante puis gouvernante dans un hôtel sorcier + elle a ensuite été employée par newt et tina scamander pendant plusieurs années + pendant la guerre, la plupart de ses proches sont devenus des insurgés, elle a choisi de conserver sa place dans la société pour faire passer des informations et aider à des sabotages, faisant le lien entre la rébellion et la société civile + elle a été capturée par le gouvernement lors d'une mission, et afin de la sauver des sanctions réservées aux insurgés, les scamander ont accepté à contre-coeur le brainwash pour elle, en pensant que c'était le seul moyen de la sauver + elle a vécu un an persuadée que le lord avait la solution à leurs problèmes, et qu'il fallait se débarrasser des insurgés + après la guerre, elle a suivi le programme réservé aux victimes + elle a encore parfois du mal à démêler le vrai du faux, ses faux souvenirs des vrais, et elle commence tout juste à renouer avec ses anciens amis + elle fait encore de violents cauchemars et peut se réveiller complètement désorientée, elle en veut encore aux scamander + kenna a enchaîné les petits jobs, mais vient d'être castée pour la nouvelle saison de lancelot central.
++ kenna a toujours eu un problème d'alcool, plus ou moins violent selon les périodes, mais n'a jamais voulu l'assumer + elle recherche très, très souvent l'affection, et elle a un tableau de chasse à faire pâlir le plus fier des playboys. il n'est pas rare qu'elle ramène quelqu'un chez elle, même si ça s'est calmé ces derniers temps.
‹ résidence : DANS UN APPARTEMENT DU LONDRES SORCIER. ELLE VIT SEULE.
‹ patronus : un chimpanzé.
‹ épouvantard : la solitude.
‹ risèd : avoir quelqu'un qui l'aime vraiment. vraiment, vraiment.
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VOUZICI? gaah
nicola. peltz. je. suis. morte.
voilà.
marry me? trognon

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   I WATCHED IT BEGIN AGAIN
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HERO • we saved the world
June Winchester
June Winchester
‹ inscription : 13/02/2014
‹ messages : 2868
‹ crédits : moi et ma signature à crackle bones.
‹ dialogues : lightblue
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‹ liens utiles : présentation - reaghan - ronald - daphne - mood - lyanna - lorcàn - remus
‹ âge : trente ans. (01/06/1974)
‹ occupation : à la renaissance du phénix, je n'ai pas de métier (la faute au gouvernement qui estime que les loups-garous sont trop dangereux pour avoir un métier).
‹ maison : gryffondor
‹ scolarité : septembre 1984 et juin 1991.
‹ baguette : Elle est en bois d'ébène avec une plume de phénix à l'intérieur et mesurant vingt-quatre centimètres.
‹ gallions (ʛ) : 5990
‹ réputation : À Poudlard et jusqu'à sa morsure, on la connaissait parce qu'elle ne ressentait pas la douleur et qu'elle passait plus de temps à l'infirmerie pour vérifier qu'elle ne s'était pas fait mal qu'en cours. Elle a été joueuse de Quidditch aussi et pas une mauvaise. C'est un sport qu'elle a toujours adoré et qu'elle aurait bien continué par la suite. Puis après sa morsure, sa maladie s'est guérie grâce (ou à cause du) au gène loup-garou et on a fini par l'oublier. Puis après elle a été recherchée parce qu'elle a fait partie de l'Ordre du Phénix puis des insurgés. On l'a connu comme étant le rebut de Severus Snape. Puis de nouveau une insurgée. Puis héros de guerre, mais un héros qu'on remercie par un simple sourire et une petite somme d'argent, pas un héros qui mérite l'Ordre de Merlin. Vous comprenez, elle n'est pas normale. L'Ordre de Merlin, June s'en moque, mais elle ne supporte pas le snobisme de ce gouvernement qui se veut tolérant. Depuis la fin de la guerre, June se renfonce dans l'anonymat et ça lui va très bien.
‹ particularité : Loup-garou. Totalement. Elle a été mordue par Claevis, un membre de la meute de Thurisaz en 1995. La cicatrice est toujours visible et bien brillante sur son flanc gauche. Le gène lui a permis de guérir de sa maladie d'insensibilité congénitale à la douleur, mais il lui a fait perdre son boulot d'Auror aussi.
‹ faits : uc
‹ résidence : à storm's end.
‹ patronus : un renard roux
‹ épouvantard : le feu.
‹ risèd : Teddy avec Dora et Remus. Et puis elle avec Elijah et leurs enfants. Des enfants qui ne souffrent pas du gène du loup-garou.
http://www.smoking-ruins.com/t6908-june-shadow-of-the-colossus
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NICOLA MY LOVE I love you
jpp de ce personnage et j'avais trop hâte que tu le fasses.
t'es si belle jpp jtm bave  tbe
rebienvenue chez toi yeah

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she wolf but i can't compete with the she-wolf, who has brought me to my knees. what do you see in those yellow eyes? 'cause i'm falling to pieces.
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HUNTED • running man
Theodore Nott
Theodore Nott
‹ disponibilité : always.
‹ inscription : 08/05/2016
‹ messages : 978
‹ crédits : killer from a gang pour l'avatar, tumblr, crooked fingers.
‹ dialogues : sienna.
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‹ liens utiles :
rolf ft. ryan gosling, astoria ft. lily collins, theodore ft. dylan o'brien, édouard ft. bob morley, neville ft. daniel sharman, elijah ft. chris evans, ambroise ft. sen mitsuji, alexander ft. alfie enoch, olivia ft. emeraude toubia, brienne ft. natalia dyer, dean ft. john boyega, gregory ft. alden ehrenreich, priscilla ft. daria sidorchuk, charles ft. james norton, hwan ft. vernon choi, jay ft. gong yoo, hiram ft. abel tesfaye, adidja ft. reece king.


‹ âge : vingt-quatre ans. (21/06)
‹ occupation : un ancien langue-de-plomb, désormais un Mangemort en fuite.
‹ maison : serpentard
‹ scolarité : 1991 et 1998.
‹ baguette : m'a été rendue par Mafalda. Vingt-deux centimètres virgule trois, ventricule de dragon (boutefeu chinois) et bois de chêne rouge.
‹ gallions (ʛ) : 2558
‹ réputation : je suis un déchet, un étudiant qui a un jour été prometteur, et n'est plus que l'ombre de lui-même.
‹ faits : j'étais un Mangemort défectueux, déterminé mais sans passion. J'ai été capturé par Blaise et Draco peu avant la Bataille et ai passé deux mois dans les cachots de Poudlard à additionner les crises de manque et quelques crises cardiaques sympathiques, dues à mon addiction à l'Orviétan (Excess).

J'ai été condamné au Baiser du Détraqueur quelques jours avant l'abolition de la peine de mort. J'ai été condamné à perpétuité à la place. Je me suis évadé d'Azkaban avec Penelope Clearwater, avec l'aide extérieure de Percy Weasley et vit désormais la vie du parfait moldu.
‹ résidence : dans un petit cottage sorcier posé.
‹ patronus : impossible à invoquer
‹ épouvantard : des milliers frelons qui tournent autour de lui et l'achèvent; la résurrection de Voldemort; le cadavre de sa filleule Cat.
‹ risèd : l'indépendance, une vie paisible et sans remous, aux côtés de Nephtys.
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NICOLA TROP BELLE CETTE FICHE QUI PROMET TROP REBIENVENUE JTM C TROP PERF

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He wondered about lots of things. He wondered about himself (whether he was broken, or special, or better, or worse) and about other people (whether they were all really as stupid as they seemed). He wondered about life, and people, and science, and magic, and God, and whether he believed in any of them.
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OUTCAST • all hail the underdogs
Indiana Alderton
Indiana Alderton
‹ inscription : 11/11/2016
‹ messages : 173
‹ crédits : wicked game.
‹ dialogues : lightblue.
‹ liens utiles :
‹ âge : 16 ans
‹ gallions (ʛ) : 1286
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JE DÉTAILLE PAS PSK PHONE = FLM MAIS JLDYLGDJLI hug général voilà brille

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We Found Love in a hopeless place
mine, mine, mine • It's like you're screaming, and no one can hear. You almost feel ashamed that someone could be that important, that without them, you feel like nothing. Yellow diamonds in the light, now we’re standing side by side as your shadow crosses mine, what it takes to come alive.
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I know chasing after you is like a fairytale
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